[0001] L'invention se rapporte à un procédé pour ajuster la composition d'un alliage de
zinc, destiné à la galvanisation au trempé d'aciers, y compris aciers au silicium,
l'alliage étant constitué de zinc de pureté commerciale avec une teneur pondérale
de 1 000 à 15 000 p.p.m. de plomb et à titred'additifs de l'aluminium, de l'étain
et du magnésium à des teneurs pondérales choisies dans les gammes respectives (Al)
100 à 5 000 p.p.m., (Sn) 300 à 20 000 p.p.m., et (Mg) 10 à 1 000 p.p.m., le procédé
consistant à ajouter, à l'alliage de zinc en fusion, déficitaire en au moins un additif,
au moins une composition métallique, soluble dans le zinc en fusion, et comportant
à teneur relativement élevée au moins un additif en quantité telle que le déficit
soit compensé. L'invention se rapporte également à des compositions métalliques adaptées
à la mise en oeuvre du procédé.
[0002] Le brevet français 2 366 376, déposé le 1er Octobre 1976 sous le n° 76 29545 et délivré
le 27 Octobre 1980, décrit un alliage répondant à la composition précitée, et qui
s'avère efficace dans la galvanisation au trempé d'aciers au silicium, désignés usuellement
par aciers semi-calmés, calmés,et à haute teneur en silicium.
[0003] On rappellera brièvement l'effet des composants de cet alliage. Le zinc à pureté
commerciale correspondant aux normes AFNOR NFA, classes Z6 et Z7 comporte des teneurs
maximales définies en Cuivre, Cadmium et Fer. En outre il comporte des teneurs maximales
en plomb (15 000 p.p.m. pour la classe Z6, 5 000 p.p.m. pour la classe Z7). Ces teneurs
en plomb, définies à l'origine par les conditions d'élaboration du zinc, se sont avérées
favorables à la galvanisation en abaissant la viscosité du zinc en fusion, de sorte
qu'elles ont été maintenues alors que l'évolution des procédés métallurgiques permet
l'élaboration de zinc avec des teneurs en plomb inférieures à 1 000 p.p.m. Fréquemment
les catégories Z6 et Z7 sont obtenues actuellement par ajout de plomb au zinc.
[0004] La présence d'aluminium réduit la réactivité du couple fer/zinc, et aux teneurs indiquées
précédemment, la réactivité du zinc vis-à-vis des aciers au silicium. L'étain et le
magnésium sont actifs pour réduire ou supprimer les manques de recouvrement que provoque
l'alumine formée par oxydation de l'aluminium. La présence simultanée d'étain et de
magnésium conduit à des résultats remarquables.
[0005] Cependant les bains de galvanisation au trempé voient leur composition évoluer au
cours des opérations, les vitesses d'oxydations des-composants, zinc, plomb et additifs,
à la température d'utilisation (voisine de 450°C) et en présence de flux de galvanisation
(chlorures de zinc et d'ammonium) étant différentes, et pratiquement d'autant plus
élevées que le métal est oxydable. L'oxydation se produit en surface du bain, et au
contact du flux et de l'air entraîné par les pièces lors de leur immersion. Les déficits
d'additifs par suite de l'oxydation portent essentiellement sur le magnésium et l'aluminium.
[0006] Or précisément les ajouts d'aluminium et de magnésium présentent des difficultés
particulières, liées à la faible densité de ces métaux, à leur grande oxydabilité,
et dans une certaine mesure au fait que ces métaux ne sont pas liquides à la température
des bains de zinc en fusion vers 450°C. En effet, durant la phase qui précède la dispersion
complète des ajouts par diffusion, ces métaux légers flottent à la surface du bain
où ils sont exposés à l'oxydation par l'air ambiant. La vitesse de diffusion est fonction
de la diffusivité des métaux additifs dans le zinc à 450°C, et de la surface effective
de contact entre phases. Bien que les diffusivités de l'aluminium et du magnésium
soient relativement élevées, la surface de contact se réduit à la surface des parties
immergées des blocs de métaux additifs, et l'efficacité de diffusion est fortement
réduite par la présence d'une couche d'oxydes à l'interface. L'oxydation des métaux
aluminium et magnésium, dans ces conditions, est prépondérante sur la dispersion.
Il ne sert à rien de fragmenter les métaux additifs pour augmenter la surface de contact
avec le zinc en fusion, la surface offerte à l'oxydation croissant dans la même proportion.
Enfin, à 450°C, le magnésium, surtout finement fragmenté, risque de s'enflammer et
de provoquer des explosions. Par contraste l'étain, à densité et points de fusion
voisins de ceux du zinc, et possédant une vitesse de diffusion comparable à celle
de ces métaux, s'ajoute au zinc sans difficultés. Le plomb, qui diffusant mal aurait
tendance à se rassembler au fond du bain, est le moins oxydable des éléments présents,
et ne nécessite pratiquement jamais d'ajout dans le bain de galvanisation.
[0007] Il est connu en métallurgie, pour apporter à un métal de base des éléments d'alliage
en quantité dosée, d'ajouter au métal de base fondu des compositions métalliques où
les éléments d'alliage sont relativement concentrés. Mais, si ce concept est connu
en soi, les natures et teneurs des constituants des compositions métalliques doivent
être déterminées en fonction des propriétés nécessaires, et, si plusieurs compositions
doivent être utilisées simultanément, de leur compatibilité.
[0008] On remarquera que, à partir du moment où l'on est capable de combler le déficit de
chacun des additifs de l'alliage de galvanisation, on sera par là même en état de
constituer cet alliage à partir de zinc de pureté commerciale et on complètera l'alliage
par apport, au zinc en fusion, des additifs manquants. Autrement dit ajuster la composition
de l'alliage signifie aussi bien élaborer cet alliage que lui restituer sa composition
antérieure.
[0009] Aussi l'invention propose un procédé pour ajuster la composition d'un alliage de
zinc, destiné à la galvanisation au trempé d'aciers; y compris aciers au silicium,
l'alliage étant constitué de zinc de pureté commerciale avec une teneur pondérale
de 1 000 à 15 000 p.p.m. de plomb, et à titre d'additifs, de l'aluminium, de l'étain
et du magnésium à des teneurs pondérales choisies dans les gammes respectives (Al)
100 à 5 000 p.p.m., (Sn) 300 à 20 000 p.p.m. et (Mg) 10 à 1 000 p.p.m., procédé suivant
lequel on ajoute, à l'alliage de zinc en fusion, déficitaire en au moins un additif,
au moins une composition métallique soluble dans le zinc en fusion et comportant à
teneur relativement élevée au moins un additif, en quantité telle que le déficit soit
compensé, caractérisé en ce que, tandis que la composition d'étain est ce métal à
l'état pratiquement pur, la composition de magnésium est un alliage ternaire zinc,
magnésium, aluminium avec en poids 5 000 à 50 000 p.p.m. de magnésium et 10 à 500
p.p.m. d'aluminium, et la composition d'aluminium, ajoutée en quantité qui tient compte
de l'ajout éventuel de ternaire zinc/magnésium/aluminium, est un alliage binaire zinc/aluminium,
à teneur pondérale en aluminium voisine de 5
51.
[0010] On a déjà signalé que l'addition d'étain au zinc en fusion ne faisait aucune difficulté.
On a choisi, pour apporter de l'aluminium sans pratiquement modifier la teneur des
autres additifs, un eutectique zinc aluminium, possédant un point de fusion de 385°C.
Cet alliage connu en soi, est à 450°C nettement moins oxydable que l'aluminium, du
fait de la dilution de ce métal dans le zinc. Le choix de la composition métallique
pour l'apport du magnésium a présenté quelques difficultés. L'eutectique binaire zinc
magnésium, à 30 000 p.p.m. de magnésium, possède un point de solidification à 367°C
; mais les alliages binaires zinc/magnésium voisins de l'eutectique sont trop fragiles
pour être façonnés en lingots manipùlables. L'addition d'aluminium permet de remédier
à la fragilité. L'action défragilisante de l'aluminium, pour les teneurs en magnésium,
proche de celle de l'eutectique commence à être sensible à partir de 10 p.p.m.
[0011] Bien entendu, la composition choisie de l'alliage de zinc pour galvanisation correspondra
aux compositions préférées présentées par le brevet français 2 366 376.
[0012] Cependant la poursuite des travaux qui ont conduit aux compositions d'alliage de
galvanisation précitées ont fait apparaître l'intérêt d'ajouter au zinc de pureté
commerciale à 1 000-15 000 p.p.m. de plomb et aux additifs aluminium, étain et magnésium,
du beryllium à des teneurs pondérales comprises entre 4 et 100 p.p.m. en réduisant
l'oxydation superficielle-de l'alliage fondu, et l'écoulement de l'alliage fondu à
la surface des pièces au sortir du bain. Le beryllium est très peu soluble dans le
zinc pur (vers 450°C la solubilité est de l'ordre de 100 p.p.m.) et il est pratiquement
exclu d'apporter le beryllium sous forme de binaire zinc/beryllium. La solubilité
du beryllium dans des métaux courants, n'est notable que pour le cuivre, le nickel,
le fer et l'aluminium. Le nickel et le cuivre sont des métaux à éviter dans les recouvrements
de galvanisation considérés. On aurait pu tolérer le fer eu égard aux traces de fer
qui inévitablement se dissolvent dans l'alliage lors de l'immersion de pièces en acier.
Mais les alliages fer beryllium ne se dissolvent pratiquement pas dans le zinc à 600°C.
L'apport de beryllium est obtenu à l'aide d'un alliage ternaire zinc/aluminium/beryllium,
élaboré par dissolution d'un alliage aluminium beryllium à 4-8 % de béryllium dans
un zinc pur. La composition pondérale de l'alliage ternaire est : aluminium 5 000
à 50 000 p.p.m., rapport pondéral aluminium beryllium 11,5 à 24 et zinc le reste.
[0013] On précise que le terme zinc est utilisé ici dans son acception usuelle de métal
de base contenant des impuretés courantes à des teneurs où les propriétés du métal,
en relation avec l'application envisagée, ne sont pas affectées de façon appréciable.
On distingue ainsi les impuretés des éléments alliants ou additifs qui, aux teneurs
spécifiées, agissent sur les propriétés du métal de base, en relation avec l'application
envisagée. Cependant lorsque le métal de base contient, comme impureté initiale un
élément qui est prévu comme additif, à une teneur nettement supérieure à celle de
l'impureté initiale, la teneur à titre d'additif s'entend de la somme de la teneur
initiale en impureté, et de la quantité d'additif ajoutée par la suite.
[0014] Une composition pondérale préférée d'alliage de galvanisation avec additifs aluminium,
étain, magnésium et beryllium correspond à : étain 500 + 25 p.p.m., aluminium 375
+ 25 p.p.m., magnésium 60 + 3 p.p.m. et beryllium 6,5 + 0,5 p.p.m., du zinc à 1 000-15
000 p.p.m. de plomb constituant le reste.
[0015] Les alliages ternaires préférés pour apporter respectivement du magnésium et du beryllium
ont des compositions pondérales magnésium 30 000 + 1 500 p.p.m., aluminium 100 + 5
p.p.m., et aluminium 9 000 + 450 p.p.m., beryllium 470 + 50 p.p.m., dans les deux
cas le reste étant du zinc.
[0016] Pour éviter d'avoir à contrôler trop fréquemment la teneur d'un bain de galvanisation
au trempé, on peut compenser systématiquement les pertes en additifs qui se consomment
au cours de la galvanisation, par des ajouts de compositions métalliques. Des essais
ont montré que par tonne d'articles galvanisés en acier on devait ajouter 2 à 25 kg
de ternaire au beryllium et 0,5 à 5 kg de ternaire au magnésium ; les valeurs d'ajout
préférables sont de 12,5 + 0,6 kg de ternaire au beryllium et 1,4 + 0,07 kg de ternaire
au magnésium.
[0017] Les caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront d'ailleurs de la description
qui va suivre, illustrée par des exemples.
[0018] Les développements relatifs à l'alliage pour galvanisation objet du brevet français
2 366 376 ont fait apparaître, comme il était qualitativement prévisible, que, au
cours des opérations de galvanisation au trempé, la composition de l'alliage de zinc
en fusion se modifiait, avec un appauvrissement en additifs les plus oxydables au
fur et à mesure que des pièces étaient galvanisées. Cette oxydation, lente sur un
bain en repos sur lequel se forme une couche d'oxydes protecteurs, est accélérée fortement
par l'action des flux de galvanisation (chlorures de zinc et d'ammonium), et de l'air
entraîné par les pièces à l'immersion. Les produits de réaction du flux et de l'alliage,
en présence d'air, (chlorures, oxydes, oxychlorures...) sont pour une part volatils,
et pour une autre part forment les crasses superficielles éliminées par râclage ou
spatulage. Il était donc très intéressant pour utilisateurs de l'alliage de galvanisation
de pouvoir périodiquement réajuster la composition de l'alliage en fusion à sa composition
d'origine, afin d'éviter d'avoir à vider les cuves où l'alliage était parvenu aux
limites de composition convenables, et reconstituer les bains avec de l'alliage neuf.
Ces opérations de renouvellement des bains de galvanisation par immersion se révélaient
coûteuses au moins en immobilisation d'installation et manutention, si le fabricant
d'alliage reprenait l'alliage usagé pour le rénover.
[0019] Parmi les constituants de l'alliage, le zinc, qui constitue au moins 95 % de l'alliage
en poids, peut supporter quelques pertes par oxydation sans que la composition de
l'alliage soit sensiblement modifiée ; le plomb et l'étain, moins oxydables que le
zinc, ne subissent que des pertes négligeables par oxydation. Par contre l'aluminium
et le magnésium disparaissent par oxydation relativement rapidement. Le réajustement
de la composition de l'alliage exige des ajouts préférentiels d'aluminium et de magnésium.
[0020] Or, si des ajouts d'étain (densité 7,34 point de fusion 231,8°C) et de zinc de pureté
commerciale (densité 7,14 point de fusion 419°C) ne présentent aucune difficulté d'addition
à un bain de zinc allié à une température d'environ 450°C, il n'en est pas de même
pour l'aluminium (densité 2,7 point de fusion 658°C) et le magnésium (densité 1,74
point de fusion 6510t). La dissolution de ces derniers métaux ne peut se produire
que par diffusion dans le zinc en fusion ; du fait de leur faible densité ils ont
tendance à flotter sur le bain de zinc. En outre la couche d'alumine en surface de
l'aluminium fait écran pour la diffusion de l'aluminium. Enfin, à la température du
bain de zinc, le magnésium s'oxyde en profondeur, et est proche de sa température
d'inflammation spontanée dans l'air. D'ailleurs, pour l'élaboration normale de l'alliage
de galvanisation, on opère en sorte de minimiser l'oxydation de l'aluminium et du
magnésium en évitant qu'ils soient en contact avec de l'air.
[0021] Il était donc nécessaire d'effectuer les ajouts d'aluminium et de magnésium sous
forme de compositions métalliques ou alliages qui répondent aux critères suivants
:
- ne contenir que des métaux entrant dans la composition de l'alliage de galvanisation
;
- ne pas être trop rapidement oxydables à la température de fusion, et ne pas nécessiter
de précautions anormales d'emploi ;
- de préférence posséder un point de fusion voisin de 450°C, pour aider la diffusion
par une dispersion de l'additif fondu.
[0022] En outre il est souhaitable, pour permettre une souplesse d'ajustement de composition
de l'alliage de galvanisation, que chacune des compositions métalliques utilisées
soit affectée à un métal additif particulier, en ce sens que la concentration de l'additif
visé dans la composition doit être très supérieure à la concentration dans l'alliage,
tandis que les rapports de concentration des autres métaux dans la composition ne
soient pas trop éloignés de ce qu'ils sont dans l'alliage ou tout au moins que les
rapports de concentration des constituants de la composition par rapport à celle de
l'additif visé soient .nettement plus faibles que les rapports dans l'alliage.
[0023] Pour ce qui est de l'aluminium, il existe un alliage zinc aluminium à 5 % en poids
d'aluminium, sa composition correspondant à l'eutectique à point de fusion 385°C,
et convient donc comme composition métallique affectée à l'aluminium.
[0024] Pour ce qui est du magnésium, il existe un eutectique zinc/magnésium à 3 % en poids
de magnésium, avec un point de -― fusion de 367°C. Cet eutectique est malheureusement
trop fragile pour être industriellement utilisable, les lingots coulés se brisant
au refroidissement, ou au cours des transports et manipulations indispensables. Les
compositions suffisamment voisines de l'eutectique pour avoir un point de fusion acceptable
(inférieur à environ 450°C) sont pratiquement également ·trop fragiles. Mais il s'est
avéré que l'ajout de faibles quantités d'aluminium diminuaient de façon importante
la fragilité des binaires zinc/magnésium. L'effet commence à se faire sentir à 10
p.p.m. (en poids) d'aluminium. En outre la présence d'aluminium diminue l'oxydation
du magnésium à la coulée du lingot. Vers 100 p.p.m. d'aluminium la fragilité ne décroît
pratiquement plus lorsque la teneur en aluminium croît ; il est inutile de dépasser
500 p.p.m. d'aluminium, aucun avantage ne venant compenser la perte de souplesse d'ajustement
de la composition de l'alliage de galvanisation ; cette perte de souplesse résultant
de ce qu'un déficit en magnésium seul se compense par un enrichissement en aluminium.
On obtient des compositions métalliques convenables avec de 5 000 à 50 000 p.p.m.
en poids de magnésium et les quantités d'aluminium précitées. On préfère une composition
proche de l'eutectique avec 30 000 + 1 500 p.p.m. de magnésium et 100 + 5 p.p.m. d'aluminium.
[0025] Exemple 1. Elaboration d'un ternaire zinc, magnésium, aluminium.
[0026] Dans un four à induction à fréquence industrielle, avec un creuset de 150 litres,
équipé pour travailler en atmosphère contrôlée, on met en fusion sous atmosphère neutre
485 kg de zinc qualité Z9 ; on porte la température du zinc liquide à 600°C et on
ajoute 15 kg de magnésium à 99,9 % de pureté ; puis on ajoute 50 g d'aluminium à 99,5
% de pureté. La température est alors abaissée à environ 500
0C et maintenue à cette température pendant 15 minutes, pour que le brassage électromagnétique
assure l'homogénéité de l'alliage. Puis on coupe le chauffage, et on coule l'alliage
en lingotières refroidies alors que la température est comprise entre 450° et 420°C.
[0027] Exemple 2. Constitution d'un bain de galvanisation à l'étain, aluminium, magnésium.
[0028] Dans une cuve de galvanisation de capacité 150 tonnes de zinc, on met 80 tonnes de
zinc Z6 à 1.,4 % de plomb, 67,3 tonnes de zinc Z7 à 0,45 % de plomb, 375 kg d'étain,
et 1,8 tonne d'alliage zinc aluminium à 5 X en poids d'aluminium. Après fusion des
métaux, on ajoute 500 kg d'alliage élaboré selon l'exemple 1. Une analyse du bain
donne en poids Plomb 9 500 p.p.m., Etain 2 500 p.p.m., Aluminium 600 p.p.m., Magnésium
99 p.p.m., le reste étant du Zinc avec les impuretés usuelles à teneur tolérée.
[0029] Des travaux complémentaires sur les alliages pour galvanisation par immersion précédents
ont montré que le beryllium, connu comme élément réduisant la vitesse d'oxydation
d'alliages de fonderies à base d'aluminium ou de zinc, avait des effets favorables
sur les alliages pour galvanisation :
- une réduction de la vitesse de formation d'une couche superficielle d'oxyde sur
les bains en fusion ;
- un meilleur écoulement du zinc fondu sur la surface de pièces à la sortie du bain
de galvanisation, cet effet résultant semble-t-il de la réduction de l'épaisseur et
de la ténacité de la couche d'oxyde sur le recouvrement de zinc, cette couche d'oxyde
retenant l'excès de zinc ;
- une amélioration de la facilité d'évacuation des crasses superficielles vers les
bords de cuve en préalable à l'émersion des pièces, opération dite couramment spatulage.
[0030] L'action du beryllium se fait sentir pour des teneurs très faibles, à partir de 4
p.p.m. (en poids). Au-delà de 100 p.p.m. on constate qu'il se produit, à la température
usuelle des bains de galvanisation en opération, une ségrégation du beryllium qui
se rassemble en surface et est évacué avec les crasses. On a constaté en outre, à
partir de 15 p.p.m. en poids de beryllium, pour des bains à teneur en aluminium relativement
élevée, supérieure à 550 p.p.m., une action synergique de l'aluminium et du beryllium
sur la cinétique de la réaction fer-zinc (formation de composés intermétalliques).
[0031] Lors des travaux préparatoires, on a consulté des études sur la solubilité du beryllium
dans le zinc, en partant d'alliages frittés de beryllium à 99 % de pureté et de zinc
pur.
[0032] La courbe de liquidus sur le diagramme binaire passe par les points suivants :

[0033] Ce tableau fait ressortir que, même en utilisant un alliage binaire de composition
correspondant au liquidus à 696°C, et refroidi suffisamment rapidement pour que le
béryllium reste en sursaturation, les tonnages à utiliser pour que l'alliage final
soit dans la gamme 4-100 p.p.m. représentent de 0,5 à 12,5 % de la masse totale de
l'alliage, soit pour un bain de 150 tonnes, de 0,75 à 18,75 tonnes. Par ailleurs,
la diffusion du beryllium dans le zinc en fusion, à des températures éloignées du
point de fusion du beryllium (1 280°C) est lente, et l'élaboration de l'alliage binaire
à des températures au-delà de 700°C est difficile en raison notamment de la tension
de vapeur du zinc (point d'ébullition 910°C). L'élaboration de tels alliages est prohibitive
à l'échelle industrielle.
[0034] Pour introduire des teneurs relativement élevées de beryllium dans le zinc, on a
imaginé d'apporter ce beryllium sous forme d'un alliage aisément soluble dans le zinc
en fusion à des températures raisonnablement élevées, cet alliage étant de préférence
un alliage commercialisé, pour des raisons évidentes de prix de revient. On a trouvé
des alliages usuels Cu-Be à 4 %, Al-Be à 5 %, Fe-Be à 10%, et Ni-Be à 25 %. La présence
de cuivre ou de nickel dans les bains de galvanisation au trempé est pratiquement
exclue ou tout au moins strictement limitée. Comme le fer est toujours présent dans
les bains de galvanisation de pièces en acier par suite de la dissolution du fer des
pièces, on aurait pu tolérer d'ajouter un peu de fer. Le binaire fer beryllium s'est
avéré pratiquement insoluble dans le zinc à 600°C ; après 48 heures à cette température,
les quantités d'alliage fer-beryllium dissoutes sont impondérables.
[0035] On a par contre obtenu de bons résultats en dissolvant de l'alliage aluminium beryllium
à 5 % dans le zinc, à une température où cet alliage est fondu. Pratiquement on peut
utiliser un alliage binaire contenant 4 à 8 % de beryllium en poids, de sorte que
le rapport pondéral aluminium/beryllium dans l'alliage ternaire sera compris entre
24 et 11,5. Les teneurs en aluminium du ternaire doivent être telles que le point
de fusion soit de l'ordre de 450°C, soit 0,5-5 % en poids. Toutefois il est préférable
d'utiliser une teneur en aluminium vers le bas de la gamme indiquée pour réduire la
tendance à la ségrégation du beryllium.
[0036] Exemple 3. Elaboration d'un ternaire zinc-aluminium-beryllium.
[0037] Dans le four à induction utilisée à l'exemple 1, on porte à fusion, sous atmosphère
neutre 495 kg de zinc Z9. On élève la température vers 600
0C et on ajoute 4,75 kg d'alliage aluminium beryllium à 5,25 % de beryllium. On maintient
la température de 600
0C jusqu'à dispersion intime de l'aluminium beryllium dans le zinc, sous l'action du
brassage électromagnétique.
[0038] Puis, dès la coupure de l'alimentation, on coule l'alliage dans des lingotières énergiquement
refroidies.
[0039] L'addition de béryllium a permis en outre de réduire quelque peu les teneurs de bain
en étain, étant donné que l'étain est prévu notamment pour prendre le relais du magnésium
lorsque la teneur de ce dernier métal s'est abaissée dans le bain par suite d'oxydation,
et que le beryllium réduit la vitesse d'oxydation du magnésium.
[0040] Exemple 4. Constitution d'un bain de galvanisation à l'étain, aluminium, magnésium,
beryllium.
[0041] Dans une cuve de galvanisation de capacité 150 tonnes, on met 147 tonnes de zinc
Z7, à 0,31 51 en poids de plomb, 75 kg d'étain et 750 kg de binaire zinc aluminium
à 5 % d'aluminium. On porte à température de fusion. Puis lorsque tout le bain est
en fusion, on ajoute 300 kg de ternaire zinc-magnésiùm-aluminium préparé suivant l'exemple
1, et 2 020 kg de ternaire zincaluminium-beryllium préparé suivant l'exemple 3.
[0042] Une analyse du bain donne en poids : plomb 3 000 p.p.m., étain 500 p.p.m., aluminium
370 p.p.m., magnésium 60 p.p.m, beryllium 7 p.p.m.
[0043] On a déjà signalé que la mise au point de l'utilisation de combinaisons métalliques
concentrées en un additif avait été faite plus spécialement pour permettre de réajuster
les teneurs en additifs des alliages de galvanisation au fur et à mesure de l'épuisement
en additifs consécutif à la galvanisation de pièces, la première constitution des
bains de galvanisation au trempé bénéficiant de la souplesse de composition permise
par l'utilisation de ces combinaisons métalliques.
[0044] La consommation des composants du bain est due, d'une part, au prélèvement d'alliage
constituant les recouvrements de pièce, et d'autre part à l'oxydation de certains
de ces composants au contact soit du flux de galvanisation, soit de l'air entraîné
par les pièces à l'immersion dans l'alliage en fusion.
[0045] Les travaux effectués par le Demandeur ont établi que, si de façon stricte les consommations
en aluminium, magnésium et beryllium étaient sensiblement proportionnelles à la quantité
de flux mis en oeuvre, c'est-à-dire à la surface des pièces à recouvrir, il s'établissait
une perequation entre des pièces minces et des pièces épaisses (en considérant une
épaisseur fictive rapport du volume à la surface de pièce), de sorte que les apports
en compositions métalliques peuvent être proportionnels au tonnage de pièces galvanisées,
sans que la composition du bain de galvanisation évolue trop vite. Ceci permet d'espacer
les analyses de composition, et les réajustements de composition qui y correspondent.
[0046] Pour un alliage de galvanisation élaboré suivant l'exemple 4, on a déterminé que
le maintien de la composition nécessitait des ajouts de compositions métalliques élaborées
suivant les exemples l` et 3, respectivement dans les gammes 0,5-5,0 kg et 2-25 kg
par tonne d'acier galvanisé.
[0047] Exemple 5. Entretien d'un bain de galvanisation au trempé.
[0048] Dans une cuve de galvanisation de capacité 150 tonnes, contenant cette quantité d'alliage
de galvanisation élaboré suivant l'exemple 4, on galvanise des pièces en acier de
construction au silicium, à la cadence moyenne de 20 tonnes/jour.
[0049] Des essais ont montré que, pour des pièces de ce genre la composition du bain était
stabilisée au mieux par ajout de 1,4 kg d'alliage ternaire suivant l'exemple 1, et
12,5 kg d'alliage ternaire suivant l'exemple 3. En conséquence, on ajoute chaque jour
au bain, de préférence dans une période d'inactivité, 28 kg de composition métallique
au magnésium suivant l'exemple 1, et 250 kg de composition métallique au beryllium
suivant l'exemple 3.
[0050] On peut envisager l'élaboration de composition métallique quaternaire, telle que
celle qui résulterait du mélange des ternaires suivant les exemples 1 et 3, dans les
proportions correspondant aux ajouts d'entretien de l'exemple 5.
[0051] Pour réaliser une telle composition métallique, on porte à fusion 494 kg de zinc
Z9 sous atmosphère neutre, et on élève la température jusqu'à 675°C. On ajoute 1,5
kg de magnésium, on laisse descendre la température à 625°C, on ajoute 4,25 kg d'alliage
aluminium-beryllium à 5,25 % en poids de beryllium, et, dès que le brassage électromagnétique
a assuré la dispersion de l'aluminium-beryllium, on coule en lingotières énergiquement
refroidies.
[0052] Bien entendu l'invention n'est pas limitée aux exemples décrits, mais en embrasse
toutes les variantes d'exécution. Notamment les compositions d'alliages peuvent varier
dans l'étendue des fourchettes indiquées. En outre, là où une composition est indiquée
par une teneur chiffrée pour chaque composant, il va de soi que la valeur chiffrée
s'entend comme valeur centrale dans une fourchette usuelle, telle que + 5 X.
1. Procédé pour ajuster la composition d'un alliage de zinc, destiné à la galvanisation
au trempé d'aciers, y compris aciers au silicium, l'alliage étant constitué de zinc
de pureté commerciale avec une teneur pondérale de 1 000 à 15 000 p.p.m. de plomb,
et à titre d'additifs, de l'aluminium, de l'étain et du magnésium à des teneurs pondérales
choisies dans les gammes respectives (Al) 100 à 5 000 p.p.m., (Sn) 300 à 20 000 p.p.m.,
et (Mg) 10 à 1 000 p.p.m., procédé suivant lequel on ajoute, à l'alliage de zinc en
fusion, déficitaire en au moins un additif, au moins une composition métallique soluble
dans le zinc en fusion et comportant à teneur relativement élevée au moins un additif,
en quantité telle que le déficit soit compensé, caractérisé en ce que, tandis que
la composition d'étain est ce métal à l'état pratiquement pur, la composition de magnésium
est un alliage ternaire zinc, magnésium, aluminium avec en poids 5 000 à 50 000 p.p.m.
de magnésium et 10 à 500 p.p.m. d'aluminium, et la composition d'aluminium, ajoutée
en quantité qui tient compte de l'ajout éventuel de ternaire zinc/magnésium/aluminium,
est un alliage binaire zinc aluminium, à teneur pondérale en aluminium voisine de
5 °o.
2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que les gammes de teneur
d'additifs de l'alliage de zinc sont (Al) 300 à 600 p.p.m., (Sn) 1 000 à 3 000 p.p.m.,
(Mg) 20 à 200 p.p.m.
3. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce que les teneurs choisies
d'additif sont sensiblement (Al) 370 p.p.m., (Sn) 2 500 p.p.m., (Mg) 100 p.p.m.
4. Procédé pour ajuster la composition d'un alliage de zinc, destiné à la galvanisation
au trempé d'aciers, y compris aciers au silicium, l'alliage étant constitué de zinc
de pureté commerciale avec une teneur pondérale de 1 000 à 15 000 p.p.m., et à titre
d'additif de l'aluminium, de l'étain et du magnésium à des teneurs pondérales choisies
dans les gammes respectives (Al) 100 à 5 000 p.p.m., (Sn) 300 à 20 000 p.p.m., (Mg)
10 à 1 000 p.p.m., procédé suivant lequel on ajoute, à l'alliage de zinc en fusion,
déficitaire en au moins un additif, au moins une composition métallique soluble dans
le zinc en fusion et comportant à teneur relativement élevée au moins un additif,
en quantité telle que le déficit soit compensé, caractérisé en ce que, l'alliage de
zinc contenant à titre d'additif complémentaire, du beryllium à teneur pondérale comprise
entre 7 et 100 p.p.m., la composition d'étain est ce métal à l'état pratiquement pur,
la composition de magnésium est un alliage ternaire zinc/magnésium/aluminium avec
en poids 5 000 à 50 000 p.p.m. de magnésium et 10 à 500 p.p.m. d'aluminium, la composition
de beryllium est un alliage ternaire zinc/ aluminium/beryllium avec 5 000 à 50 000
p.p.m. en poids d'aluminium, le rapport pondéral aluminium/beryllium étant compris
entre 11,5 et 24, et la composition d'aluminium, ajoutée en quantité qui tient compte
des ajouts en alliages ternaires zinc/magnésium/aluminium et zinc/aluminium/beryllium,
étant un alliage binaire zinc/aluminium à teneur pondérale en aluminium voisine de
5 Ü.
5. Procédé suivant la revendication 4, caractérisé en ce que les teneurs choisies
d'additifs sont étain 500 + 25 p.p.m., aluminium 375 + 25 p.p.m., magnésium 60 + 3
p.p.m., beryllium 6,5 + 0,5 p.p.m.
6. Alliage ternaire au magnésium pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'une quelconque
des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il contient en poids de 5 000 à 50
000 p.p.m. de magnésium et 10 à 500 p.p.m. d'aluminium, le reste étant du zinc.
7. Alliage selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'il contient en poids 30
000 + 1 500 p.p.m. de magnésium et 100 + 5 p.p.m. d'aluminium.
8. Alliage ternaire au beryllium pour la mise en oeuvre du procédé suivant la revendication
4 ou la revendication 5, caractérisé en ce qu'il contient en poids de 5 000 à 50 000
p.p.m. d'aluminium, du beryllium en rapport pondéral avec l'aluminium 1/11,5 à 1/24,
et le reste de zinc.
9. Alliage selon la revendication 8, caractérisé en ce qu'il contient en poids 9 000
+ 450 p.p.m. d'aluminium, et 470 + 50 p.p.m. de beryllium.
10. Procédé suivant la revendication 5 pour maintenir la composition de l'alliage
de zinc au cours de la galvanisation de pièces en acier, par ajout d'alliage ternaire
au magnésium selon la revendication 7 et d'alliage ternaire au beryllium selon la
revendication 9, caractérisé en ce que par tonne de pièces en acier galvanisées on
ajoute de 2 à 25 kg de ternaire au beryllium et de 0,5 à 5 kg de ternaire au magnésium.
11. Procédé suivant la revendication 10, caractérisé en ce que, par tonne de pièces
galvanisées, on ajoute 12,5 + 0,6 kg de ternaire au béryllium et 1,4 + 0,07 kg de
ternaire au magnésium.