[0001] La présente invention concerne l'ouverture des huîtres ou autres mollusques à coquille
bivalve analogues, en vue de leur consommation.
[0002] Dans la suite, on se référera par commodité aux huîtres, étant entendu que l'invention
ne se limite pas à cet exemple, mais s'applique à tout mollusque "à coquille bivalve",
tel que praires, coquilles Saint Jacques, etc... On entend qualifier par cette expression
tout coquillage constitué par un corps comestible enfermé dans une coquille à deux
valves s'appliquant étroitement l'une contre l'autre. Dans le cas des huîtres, les
valves sont articulées entre-elles à une extrémité,appelée "talon", par une charnière
à ligaments et sont maintenues fermées par un puissant muscle qui les relie l'une
à l'autre en un endroit légèrement excentré en direction de l'extrémité opposée au
talon et décalé sur la droite, l'huttre étant vue du dessus.
[0003] Toute opération d'ouverture des huîtres, en vue de leur consommation, se ramène finalement
à sectionner le muscle de retenue. Pour y parvenir, les écaillers se servent généralement
d'un petit couteau à lame effilée. Ce même instrument devient en revanche pratiquement
inefficace et de surcroît dangereux lorsqu'il est utilisé aux mêmes fins par un opérateur
occasionnel, tel que les consommateur.
[0004] I1 s'agit en effet d'introduire en force la lame dans la jointure des valves au voisinage
du muscle en exerçant sur le couteau un effort en direction de l'huître, donc également
en direction de la. main qui la tient. L'accident survient généralement à ce moment
là, suite à un ripage de la lame sur la coquille, consécutif à une erreur de détection
de la jointure, difficilement discernable pour un oeil non exercé notamment en raison
de l'aspect très mouvementé du feuilletage de la coquille à l'endroit considéré.
[0005] Les ouvre-huîtres connus destinés au grand public, et dont certains sont largement
diffusés dans le commerce, visent tous, plus ou moins, à améliorer la protection de
l'opérateur, mais aucun ne donne véritablement satisfaction.
[0006] On peut schématiquement les classer en deux catégories selon la méthode retenue pour
parvenir à pénétrer la coquille par un organe tranchant destiné à sectionner le muscle.
[0007] Les instruments de la première catégorie, dérivés du couteau pour écaillers, s'attachent
à déboîter puis à écarter les valves à l'aide d'une lame que l'on tente d'engager
à force dans la jointure pour atteindre le muscle.
[0008] On trouve parmi ceux-ci les ustensiles courants du commerce, comme les couteaux à
lame large et pointue, munis, au droit de l'extrémité de travail du manche d'une garde
de protection contre les ripages de la lame sur la coquille. En fait, la garde ne
protège correctement que la main qui tient le couteau et qui de toute façon ne risque
que des égratignures en venant au contact de la coquille, au contraire de l'autre
main qui, tenant l'huître, s'expose directement à la lame du couteau.
[0009] On a également pensé à garnir la main tenant l'huître d'un gant de protection. Mais
la rigidité inévitable du gant pénalise la facilité de l'opération d'ouverture au
profit d'une sécurité de l'opérateur qui, au demeurant, reste limitée.
[0010] Les instruments de la seconde catégorie procèdent.,, non plus par écartement des
valves, mais par enlèvement d'une portion de la coquille afin d'y ménager une ouverture
par laquelle un élément tranchant est alors introduit pour couper le muscle. L'enlèvement
de matière peut s'opérer, soit par découpe de l'extrémité opposée au talon à l'aide
d'une d'une pince coupante (Demande de Brevet français n° 1 536 939), soit par poinçonnage
d'une pastille sur la valve plate supérieure au voisinage immédiat du muscle à l'aide
d'un emporte-pièce tubulaire dans lequel coulisse un fil de sectionnement par rotation
(Demandes de Brevets français n° 2 173 803 et 2 383 635).
[0011] En plus des inconvénients liés aux difficultés opératoires ou à l'esthétique discutable
des huîtres ouvertes dans de telles conditions, ces dispositifs ne semblent pas de
nature à assurer la propreté indispensable du corps comestible à l'égard de débris
ou de fragments de coquille qui la rendraient impropre et même dangereux à la consommation.
[0012] On connait, d'autre part, un dispositif commun aux deux catégories précitées en ce
sens qu'il intervient par déboîtement et écartement des valves au voisinage du muscle
à l'aide d'un organe pénétrant, distinct de l'élément de sectionnement du muscle.
[0013] Ce dispositif, décrit dans la Demande de Brevet français n° 1 464 856, se compose
d'un manche équipé d'une tête de travail pourvue d'une lame courte disposée à côté
d'une vrille conique motorisée. Au fur et à mesure que l'on rapproche l'instrument
de l'huître, la vrille assure l'écartement progressif des valves au cours de son introduction,
pendant que la lame, légèrement en retrait, vient sectionner le muscle.
[0014] En fait, cet instrument cumule d'une certaine manière les inconvénients respectifs
des deux catégories évoquées auparavant.
[0015] En effet, les difficultés du positionnement initial de la pointe de la vrille dans
la jointure, et leurs conséquences souvent fa- cheuses pour la sécurité de l'opérateur,
demeurent entières.
[0016] Par ailleurs, la vrille rotative qui pénètre à l'intérieur de l'huître peut entraîner
avec elle des fragments arrachés sur les bords des valves et, de même, désagréger
le corps comestible, le rendant ainsi inapte à être consommer, ou tout au moins à
répondre aux critères de présentation de l'huître exigés par les consommateurs.
[0017] De plus, le moteur de la vrille, ainsi que les organes de transmission sont placés
à l'intérieur du manche, de sorte que celui-ci constitue plus un carter de protection
qu'un manche de préhension apte à répondre aux critères ergonomiques attachés à un
tel qualificatif.
[0018] On voit donc, au travers de cette rapide analyse de l'état de la technique, que les
ustensiles "ouvre-huîtres", destinés au grand public font montre d'une réelle incapacité
à assurer correctement et conjointement les impératifs antagonistes que sont la facilité
d'ouverture de la coquille, la sécurité de l'opérateur, et la présentation de l'huître,
tant au plan de l'esthétique qu'à celui de la propreté du corps comestible.
[0019] Le but de la présente invention est précisément de parvenir au meilleur compromis
entre toutes ces exigences contradictoires.
[0020] Un autre but est d'aboutir à une réalisation robuste, fiable, de conception simple
et d'un faible coût dé revient.
[0021] Un autre but encore est de mettre à la disposition des personnes inexpérimentées
un moyen pour ouvrir les huîtres qui soit d'un maniement aisé, associé à un mode opératoire
simple.
[0022] Avec tous ces objectifs en vue, l'invention a pour objet un ustensile pour ouvrir
les huîtres, ou autres mollusques à coquille bivalve analogues, comprenant un manche
de préhension de forme allongée, équipé à une extrémité d'une tête de travail pourvue,
d'une part, d'un organe de déboîtement et d'écartement des valves par le talon de
la coquille constitué par un embout présentant une base implantée dans le manche et
une partie libre dont l'extrémité est effilée st pointue et,d'autre part, d'un élément
de sectionnement du muscle constitué par un organe tranchant, tel qu'une lame, rétractable
dans le manche et coulissant, au moins à l'endroit de l'embout, à un niveau situé
entre la base et l'extrémité pointue de celui-ci.
[0023] Conformément à une réalisation préférée, la partie libre de l'embout présente, en
profil, une forme courbe, dirigée vers le haut.
[0024] De préférence,l'extrémité pointue de cette partie libre est infléchie vers l'horizontale.
[0025] Selon une disposition avantageuse, la partie libre au moins présente, en section,
une forme concave.
[0026] Selon une autre disposition de l'ustensile, la lame est assistée d'un ressort de
rappel exerçant un effort qui tend à la maintenir escamotée dans le manche, ledit
ressort étant de préférence logé dans un poussoir prévu sur la lame.
[0027] Comme on l'aura sans doute déjà compris, l'invention repose sur l'idée de réaliser
l'ouverture de l'huître selon un mode opératoire original, auquel participent deux
moyens distincts, intervenant l'un à la suite de l'autre pour assurer respectivement
et chronologiquement le déboîtement et l'écartement des valves puis le sectionnement
du muscle de retenue.
[0028] Contrairement au dispositif à vrille rotative évoqué ci-avant, l'organe de déboîtement
et d'écartement est fixe alors que le moyen de sectionnement, est mobile, selon un
mouvement de translation longitudinale.
[0029] Le mode opératoire, dans le cadre duquel a été spécialement conçu l'ustensile selon
l'invention, consiste à déboîter l'huître par son talon et non pas à la pénétrer latéralement,
au voisinage du muscle, comme le sùggère logiquement une première approche du problème
et comme le préconise, au demeurant, la plupart des solutions connues.
[0030] Les inventeurs se sont rendus compte, en effet, que le talon, malgré l'apparente
robustesse de l'huitre en cet endroit, constitue en fait le point de plus grande vulnérabilité
de la coquille et ceci en raison de l'existence, au niveau de l'articulation des valves,
d'une fente naturelle nécessaire à son bon fonctionnement.
[0031] La forme effilée de l'extrémité de l'embout a été spécialement étudiée pour pouvoir
traverser cette fente et s'engager sans effort important dans l'articulation en détruisant
au moins partiellement les ligaments.
[0032] L'écartement recherché s'opère alors par un mouvement simple et aisé de basculement
du manche du haut vers le bas par rapport à l'huître et, dans l'ouverture ainsi ménagée,la
lame. sortant du manche vient sectionner le muscle en passant entre la pointe et la
base de l'embout.
[0033] La lame doit être à la fois suffisamment longue pour pouvoir atteindre le muscle
à partir du talon et suffisamment courte, afin de ne pas faire obstacle à l'engagement
de l'embout dans la fente du talon.
[0034] En fait, ces deux exigences ne sont contradictoires qu'en apparence puisque le sectionnement
du muscle n'intervient qu'en phase terminale après déboîtement du talon, de sorte
qu'une lame escamotable apparaît parfaitement appropriée.
[0035] Par ailleurs, il est avantageux de rendre cette lame coulissante dans le manche,
puisque celui-ci,étant dimensionné pour assurer une bonne préhension de la part de
l'opérateur, présente une longueur largement compatible avec une course même importante
de la lame. De plus, une telle disposition permet à l'opérateur d'ajuster la course
utile de la lame selon les nécessités, en fonction de la taille de l'huître à ouvrir.
[0036] D'un autre côté, la courbure vers le haut de la partie libre de l'embout, conformément
à une caractéristique avantageuse de l'invention, est réalisée, entre-autres,afin
que la lame, en passant entre la pointe et la base de l'embout, pénètre facilement
l'huître entre les valves maintenues écartées par l'embout et atteigne le muscle à
un niveau en hauteur qui dépend du degré de basculement que l'on imprime au manche
lors du déboitement du talon.
[0037] On verra plus en détail par la suite comment cette courbure 'de l'embout améliore
en outre les conditions d'utilisation de l'ustensile en assurant notamment son verrouillage
dans le coquillage après déboîtement du talon.
[0038] Par ailleurs, conformément à une variante préférée, l'embout est de forme concave
en section droite. Une telle disposition a pour effet de faciliter la pénétration,
en épousant la forme en demi-cercle qui caractérise la fente à l'endroit des ligaments
d'articulation des valves.
[0039] En outre, la concavité de l'embout, de même que sa courbure, contribuent à renforcer
sa résistance mécanique, laquelle doit nécessairement être de bonne qualité, car l'embout,agissant
en levier lors de l'écartement des valves, se trouve donc soumis à des contraintes
en flexion relativement importantes.
[0040] Accessoirement, la concavité permet de faire jouer à l'embout un rôle de réceptacle
dans lequel se rassemblent les débris et salissures diverses inévitablement présentes
dans la fente d'articulation de l'huître.
[0041] On observera que l'embout selon l'invention est un moyen de déboîtement et d'écartement
des valves qui, contrairement aux moyens connus (notamment la vrille rotative évoquée
au début), ne pénètre pas a l'intérieur de l'huître, mais reste à la périphérie de
la cavité abritant le corps comestible.
[0042] Dans ces conditions, ce dernier n'est ni souillé, ni blessé et demeure donc dans
un état de propreté et de présentation irréprochables.
[0043] Il doit être souligné que l'ustensile selon l'invention, utilisé en conformité avec
le mode opératoire qui lui est étroitement associé, est de nature à permettre l'ouverture
des huîtres dans des conditions optimales de facilité, de sécurité et de propreté.
[0044] Conformément à une autre réalisation préférée de l'invention, la tête de travail
présente également une avancée dans le prolongement du manche, soit d'un côté de l'embout
ou de l'autre (selon que l'on destine l'ustensile à un droitier ou à un gaucber) soit
plus avantageusement des deux côtés. De préférence, cette avancée s'étend parallèlement
à l'embout.
[0045] Cette avancée est prévue pour venir en appui contre la paume de la main tenant l'huître
et procurer ainsi à l'opérateur à la fois une grande précision de manoeuvre dans la
phase d'engagement de l'embout dans la fente du talon et une maîtrise totale de l'effort
à exercer.
[0046] Elle constitue par ailleurs une garde de protection efficace et sécurisante. Il n'est
cependant guère aisé de décrire plus en détail cet aspect particulièrement original
et attractif de l'ouvre-huitres selon l'invention. Toutefois, l'opérateur pourra parfaitement
s'en rendre compte par lui-même lors de la première utilisation de l'ustensile, car
il sera amené de façon naturelle à se servir de l'avancée, comme indiqué ci-dessus,
afin de pouvoir parfaitement contrôler sa manoeuvre.
[0047] L'invention sera de toute façon bien comprise et d'autres aspects et avantages apparaîtront
clairement au vu de la description qui suit donnée à titre d'exemple et en référence
aux planches de dessins annexées sur lesquelles:
- les figures la et 1b sont des vues du dessus de l'ustensile, selon une réalisation
de l'invention, et montrant respectivement la lame en position rétractée et en position
complètement sortie;
- la figure le est une vue de face de la tête de travail de l'ustensile représenté
sur la figure la;
- la figure ld est une vue en coupe longitudinale axiale selon le plan AA de la figure
la;
- les figures le et lf sont des:coupes en section droite selon les plans BB et CC
respectivement de la figure ld;
- les figures 2a, 2b et 2c illustrent le mode opératoire de l'ustensile pour ouvrir
les huîtres;
- la figure 3a est une vue en coupe longitudinale partielle selon.le plan DD de la
figure 3b et montrant l'extrémité arrière de l'ustensile dans une réalisation différente
de celles des figures 1;
- la figure 3b est une coupe en section droite selon le plan EE de la figure 3a;
- la figure 4a est une vue du dessus,partiellement arrachée, d'une troisième variante
de réalisation;
- la figure 4b est une vue en coupe axiale longitudinale selon le plan FF de la figure
4a;
- la figure 5 représente, vu de dessus, un ustensile selon l'invention selon une variante
à lame à deux branches;
- les figures 6a et 6b sont des coupes transversales d'une cinquième variante de l'invention
selon le plan GG de la figure 6c et le plan HH de la figure 6d respectivement;
- les figures 6c et 6d sont des vues en section longitudinale selon le plan II de
la figure 6a et le plan JJ de la figure 6b respectivement;
- les figures 7, 8 et 9a représentent chacune, en coupe longitudinale axiale, une
autre variante de réalisation du dispositif selon l'invention;
- la figure 9b est une vue en coupe transversale selon le plan KK de la figure 9a;
- la figure 10 est une vue générale éclatée d'un ustensile selon l'invention dans
sa forme de réalisation préférée.
[0048] Sur toutes les figures, les mêmes éléments sont désignés par des références identiques.
[0049] Il est à noter que les figures peuvent avantageusement représenter en grandeur réelle
l'ustensile selon l'invention pour ouvrir les huîtres.
[0050] On se reférera en premier lieu aux figures 1 illustrant une première variante de
réalisation. La description complète qui va en être faite permettra de limiter la
description des autres variantes à leurs aspects particuliers qui les différencient
entre-elles ou par rapport à cette première variante.
[0051] L'ustensile ouvre-huîtres selon l'invention comprend un manche 1 droit allongé et
suffisamment épais pour assurer une bonne prise manuelle. Ce manche est équipé à une
extrémité d'une tête de travail 2 pour l'ouverture du coquillage.
[0052] La tête de travail est pourvue: d'un embout métallique 3 centré sur l'axe du manche,
symbolisé en 4; d'une lame 5 escamotable dans le manche et légèrement décalée sur
la droite de l'embout (lorsqu'on regarde l'ustensile du dessus); d'une languette transversale
inférieure 7 légèrement en retrait et d'une avancée dans le prolongement du manche,
constituée de deux branches 6 et 6' de part et d'autre de l'embout.
[0053] Chacun de ces éléments sont à présent décrits séparément.
[0054] L'embout 3 de forme concave, est solidement ancré dans le manche par sa base 3A.
Sa partie libre 3g, recourbée vers le haut et allant en se retrécissant jusqu'à son
extrémité effilée et pointue 3
C, lui confère une forme générale rappelant celle d'un bec.
[0055] Les deux branches latérales 6 et 6' prolongent le manche vers l'avant en s'écartant
à leur base d'une distance au moins égale à la largeur du talon de la coquille afin
de pouvoir engager la tête de travail autour de celui-ci et ainsi permettre l'introduction
de l'embout. Ces branches sont également recourbées vers le haut en épousant la courbure
de l'embout 3 (figure ld) de façon que celui-ci ne dépasse pas les limites du volume
défini par les branches entre-elles. Leur extrémité présente, par ailleurs, une forme
arrondie, pour venir, l'une ou l'autre, en appui contre.la main tenant l'huître en
autorisant une pression soutenue sans risque de blessures.
[0056] Ces dispositions permettent, comme on l'aura sans doute compris, de faire jouer à
cette avancée 6, 6' une fonction secondaire de garde de protection en enveloppant
l'embout 3.
[0057] Ainsi conçue, cette garde permet, sans pénaliser la visibilité de l'opérateur, de
"masquer" la pointe de l'embout, de sorte que toute blessure de la main tenant l'huître
est pratiquement exclue, et ceci même en admettant que des ripages de l'embout sur
la coquille, suite à une erreur de manoeuvre, soient possibles.
[0058] Il doit, par ailleurs, être remarqué que la courbure de l'embout contribue elle aussi
à limiter les risques de blessures. Cette forme recourbée est, par conséquent, en
soi un moyen de protection accessoire qui complète avantageusement le caractère purement
fonctionnel de l'embout.
[0059] La languette transversale inférieure 7 a été prévue en tant que garde de protection
de la main tenant le manche. Elle définit en outre, avec une seconde languette 8 prévue
à l'autre extrémité du manche, un emplacement pour la main de l'opérateur dans des
conditions de prise et de sécurité optimales.
[0060] La lame 5 est actionnée par un poussoir 9 coulissant sur la partie supérieure du
manche évidée à cet effet.
[0061] Dans l'exemple considéré le poussoir est formé par un simple repli de la lame 5.
Celle-ci est apparente par le dessus et coulisse à plat sur le fond d'un couloir d'évidement
10, large et peu profond, dont les flans 11, 11' servent avantageusement de rampes
de guidage pour le pouce de la main qui entraîne le poussoir.
[0062] La lame se prolonge à l'arrière du poussoir par une piage élargie 12, dont les rives,
en prise dans les rainures 13, 13' ménagées à cet effet à la base des flans 11, 11',
assurent à la fois le guidage en translation de l'ensemble mobile et son maintien
en position dans le fond du couloir 10.
[0063] D'autre part, la lame est pourvue d'un tranchant 14 sur le bord intérieur uniquement
pour réduire les risques de blessures. Dans le même but, son extrémité est de forme
arrondie. Cette dernière comporte également sur sa face supérieure un petit bossage
15 dont l'utilité apparaîtra par la suite, en référence aux figures 2.
[0064] Il est à observer que, vu du dessus, la lame 5 peut se trouver décalée à droite ou
à gauche de l'embout 3 Toutefois, dans le cas des huîtres, le décalage à droite est
préférable, car la lame peut alors atteindre plus facilement le muscle de retenue
des valves qui précisément se situe de ce côté.
[0065] En ce qui concerne la position relative en hauteur, il a déjà été dit que la lame
doit coulisser au moins au voisinage de l'embout à un niveau passant entre la base
3A de l'embout et sa pointe 3
C. De préférence, pour des raisons qui elles aussi apparaîtront mieux par la suite
en référence aux figures 2, la lame coulisse à environ 1 cm en dessous de la pointe
3
C. Cette disposition est illustrée sur la figure le, où l'on voit qu'une lumière 16,
prévue dans l'extrémité de travail 2 pour le passage de la lame 5, est distante de
la pointe de l'embout d'une distance, notée "h", de 1 cm environ.
[0066] On se rapporte à présent plus précisément aux figures ld et lf.
[0067] On observe sur ces figures que la lame 5 est assistée d'un ressort de rappel 17 qui
tend à la maintenir rétractée à l'intérieur du manche 1. Ce ressort, du type "hélicoïdal",
est logé dans une cavité longitudinale borgne 18 ménagée dans le corps du manche et
qui s'étend jusqu'au voisinage immédiat de la base 3A de l'embout.
[0068] Comme on le voit, le ressort 17 travaille en compression dans un sens opposé à celui
de la sortie de la lame 5. A cet effet, le ressort est sollicité par une pastille
19 reliée à la lame 5 par un fil de commande 20 qui traverse axialement le ressort
en passant par l'ouverture de la cavité 18 à l'arrière du manche.
[0069] Le ressort est en butée fixe sur une pièce 21, en forme d'entonnoir, rapportée dans
l'ouverture de la cavité 18. Cet entonnoir - présente un passage central aligné sur
l'axe du ressort 17 pour le centrage du fil 20. Celui-ci rejoint l'extrémité arrière
de la plage 12 de la lame en épousant le profil de la surface interne de l'entonnoir
dont la forme est déterminée pour imprimer au fil une courbure qui empêche tout coincement
et assure ainsi un fonctionnement correct de la lame.
[0070] La fixation du fil sur la plage 12 peut être réalisée par tout moyen approprié. L'exemple
considéré montre une fixation par boucle.22 (figures la et lb) en prise dans l'extrémité
recourbée 23 de la plage 12.
[0071] Par. ailleurs, une rainure 24 de logement et de guidage du fil est prévue sur l'entonnoir
21 et une plaquette de fermeture 25 vient s'appliquer à l'arrière du manche contre
l'entonnoir 21. La fixation de la plaquette est assurée par une vis 26.
[0072] On comprend dans ces conditions, qu'au moment de la sortie de la lame, la pastille
19 vient comprimer le ressort 17 et l'énergie ainsi emmagasinée est restituée ultérieurement
pour assurer le retour automatique de la lame 5 dans le manche.
[0073] Il doit être également compris que la présence du ressort de rappel 17 s'explique
par la recherche d'un maximum de commodité pour l'opérateur.
[0074] L'aspect "sécurité" n'intervient pas ici, puisque la lame ne pourrait être dangereuse
qu'au moment du déboîtement des valves. Or, à ce moment là, la lame 5 est nécessairement
rétractée pour permettre l'introduction de l'embout 3 dans le talon de l'huître.
[0075] On notera enfin qu'une troisième languette inférieure 27 est prévue au voisinage
de la garde 7 et dont la face en regard de cette dernière sert avantageusement de
retenue pour l'index de la main tenant le manche lorsque le pouce vient actionner
le poussoir 9.
[0076] On va maintenant décrire , en référence aux figures 2, le mode d'emploi de l'ustensile,
ce qui permettra de mettre en relief d'autres aspects avantageux de l'invention.
[0077] On a schématisé en 28 une huître creuse, vue en coupe verticale longitudinale passant
par le talon, désigné en 29.
[0078] On voit en 30 la valve plate supérieure, en 31 la valve creuse .inférieure, en 32
le plan de joint de ces valves, en 33 la charnière à ligaments au point d'articulation
de la coquille et en 34 le muscle de retenue. Le corps comestible n'a pas été représenté
pour éviter de surcharger inutilement les figures.
[0079] Comme on l'a déjà souligné au début, le talon de l'huître constitue un point d'approche
privilégié car la jointure des valves présente en cet endroit une fente naturelle
35 offrant un libre accès vers l'articulation à ligaments 33.
[0080] Au départ de l'opération, l'huître à ouvrir est tenue à plat dans une main, la valve
creuse 31 étant en contact de la paume et le talon 29 étant dirigé à l'opposé du pouce.
L'ustensile selon l'invention est tenu par l'autre main, la tête de travail étant
bien entendu dirigée vers l'huître.
[0081] On introduit alors l'extrémité pointue 3c de l'embout 3 dans la fente 35 du talon
selon la position visible sur la figure 2a.
[0082] Dans certains cas, la fente peut être localement rétrécie par un opercule dû à une
excroissance de la valve supérieure. Mais il est aisé de faire sauter cet opercule
à l'aide de la pointe 3
C de l'embout que l'on introduit dans le passage laissé disponible.
[0083] En exerçant une poussée sur le manche de l'ustensile, et en lui imprimant en même
temps de légers mouvements d'oscillation ou de rotation si nécessaire, on parvient
sans difficulté et sans gros effort à introduire l'extrémité de l'embout à l'intérieur
de l'huître au travers des ligaments 33, qui sont alors sectionnés, comme le montre
schématiquement la figure 2b.
[0084] La facilité de l'opération à ce stade est obtenue grâce à la finesse de la pointe
3
C de l'embout.
[0085] Cette facilité est encore améliorée si la portion 3
B de l'embout qui s'élargit après la pointe est concave,car elle épouse alors parfaitement
le profil en demi cercle de la fente de Jonction des valves. Ces particularités conformationnelles,
dont on pourra parfaitement se rendre compte en observant une huître ouverte, n'ont
pas été représentées pour éviter de trop surcharger les figures.
[0086] On achève ensuite de déboîter le talon en basculant le manche vers le bas, ce qui
a pour effet, comme le montre la figure 2c, de soulever la valve supérieure 30 et
ménager ainsi une ouverture suffisante pour permettre à la lame 5 sortant du manche
de venir au voisinage du muscle 34. La coupe de celui-ci est alors obtenue en imprimant
à l'ustensile un léger mouvement de pivotement sur l'horizontale.
[0087] Comme on le voit, l'opération d'ouverture à l'aide de l'ouvre--huîtres selon l'invention
est d'une extrême simplicité.
[0088] En plus des avantages déjà évoqués précédemment, il convient de souligner les particularités
suivantes:
Le déboîtement du talon 29 par l'embout recourbé 3 engagé dans la fente 35 se trouve
largement facilité grâce à l'abondance de matière à l'extrémité de la valve creuse
31 et qui, comme le montrent les figures, vient en avancée par rapport à l'extrémité
de la valve supérieure 30.
[0089] Cette proéminence constitue une plage d'appui pour l'embout lequel peut ainsi être
manoeuvré en levier de façon particulièrement efficace.
[0090] Bien que non obligatoire, la forme recourbée de l'embout présente néanmoins un intérêt
déterminant en ce sens que l'embout constitue dans ce cas un levier à action évolutive,
parfaitement adaptée aux besoins différenciés qui apparaissent au cours de l'opération
de déboîtement et d'écartement des valves.
[0091] En effet, au début (figure 2b) l'embout prend appui sur la coquille inférieure 31
en un point A très proche du point de levée B sur la coquille supérieure 30.
[0092] Puis, au cours du mouvement de bascule du manche, tel qu'indiqué par la flèche, le
point d'appui court le long de la génératrice de contact de l'embout et se stabilise
en A' à l'extrémité de la proéminence du talon (figure 2c).
[0093] On bénéficie ainsi, en début d'opération, d'un effet de levier, maximum, précisément
lorsqu'il s'agit de vaincre une résistance maximale de l'huître résultant de l'effet
conjugué du muscle de retenue 34,du collage des valves dans le plan de joint 32 et
de la traction résiduelle des filaments 33 non sectionnés.
[0094] Ensuite, par augmentation progressive du bras de levier BA, on bénéficie d'un effet
d'écartement qui va en s'amplifiant, précisément lorsqu'on recherche à ménager une
ouverture suffisante pour l'introduction de la lame et que l'huître n'oppose plus
qu'une résistance limitée à celle du muscle 34 qui, au demeurant, se distend de plus
en plus.
[0095] En outre, la forme recourbée de l'extrémité de l'embout lui permet d'épouser, au
cours de son introduction, un mamelon 36 de la valve supérieure sur lequel sont fixés
les ligaments 33 et qui assure l'articulation de la coquille en coopérant avec une
cuvette correspondante (non représentée) sur la valve inférieure.
[0096] Au cours de l'écartement, la pointe 3
C de l'embout vient progressivement prendre position derrière ce mamelon (figure 2c),
lequel sert alors de butée de verrouillage empêchant tout éventuel échappement de
l'ustensile.
[0097] Par ailleurs, ce mamelon ne devant pas constituer un obstacle au passage de la lame
5, on comprend que cette dernière doit coulisser à un niveau situé en-dessous de celui
de la pointe 3
C de l'embout.
[0098] Le décalage minimal à respecter dépend bien entendu de la taille du mamelon, mais
l'expérience montre qu'un décalage de l'ordre de 1 cm convient pratiquement dans tous
les cas.
[0099] La lame 5 passe ainsi au voisinage du mamelon 36 et le bossage 15 prévu à son extrémité
assure, le cas échéant, son glissement sur la paroi interne de la valve supérieure.
[0100] On comprend que l'ouverture s'opère, dans ces conditions, de façon extrêmement avantageuse
puisque, d'une part, la lame n'agresse pratiquement pas le corps comestible de l'huitre
et, d'autre part, vient sectionner le muscle 34 à sa partie supérieure au moyen d'un
simple mouvement de débattement à l'horizontale, que l'on peut répéter plusieurs fois
de suite si nécessaire.
[0101] On récupère ainsi la totalité de la substance comestible et la présentation de celle-ci
est parfaitement assurée sur le plan de l'esthétique.
[0102] La seconde variante de réalisation, illustrée sur la figure 3a et 3b, consiste à
remplacer le ressort à compression 17 par un ressort à traction du type "spirale"
à ruban enroulé 37 à axe flottant logé dans une chambre 38 ménagée à l'extrémité libre
du manche 1.
[0103] Le poussoir de la lame, représenté en 39, est, cette fois, une pièce rapportée.
[0104] Elle assure en même temps la liaison mécanique entre la lame et le ressort.
[0105] A cet effet, le poussoir 39 comporte deux tétons inférieurs 40 et 41 sur lesquels
viennent s'encliqueter respectivement l'extrémité de la lame 5 et l'extrémité du ressort
37 pourvues d'ouvertures à cet effet.
[0106] Cette variante présente l'intérêt de minimiser l'encombrement du ressort, de sorte
qu'il devient possible d'implanter la base de l'embout dans le manche 1 aussi profondément
que l'on veut.
[0107] De plus, le choix d'un ressort du type à "ruban enroulé" présente l'avantage de maintenir
sensiblement constant l'effort à exercer sur le poussoir au cours de la sortie de
la lame.
[0108] Une troisième variante, illustrée sur les figures 4, consiste à faire usage, cette
fois, d'un ressort à compression 42 du type à "lame accordéon".
[0109] La liaison mécanique avec la lame 5 s'effectue à l'aide d'une portée 43 réalisée
par pliage à angle droit de l'extrémité de la plage arrière 12 et qui, à l'état de
repos, vient en butée contre la plaque de fermeture 25.
[0110] Contrairement à la variante représentée sur les figures 1, le ressort est ici sollicité
en compression dans le même sens que celui de la sortie de la lame et son logement
44, ouvert sur le dessus, occupe pratiquement tout le demi-volume arrière du manche.
[0111] On retrouve dans une telle variante le même avantage que dans le cas du ressort à
ruban enroulé en ce qui concerne l'uniformité de l'effort à exercer sur le poussoir
9.
[0112] La figure 5 illustre une quatrième variante qui porte, cette fois, sur une réalisation
particulière de la lame de sectionnement du muscle.
[0113] ' Cette lame, référencée 45, est découpée en "V" dont les deux branches coupantes
46 et 46' coulissent de part et d'autre de l'embout 3.
[0114] Une lame de ce type contribue à faciliter la coupe du muscle.
[0115] Toutefois, sa réalisation est légèrement plus complexe que la lame 5 vue précédemment
et cet aspect peut être pris en compte dans une étude de coût de fabrication.
[0116] Il reste cependant que la lame à deux branches 45 est substituable à la lame 5 et
peut donc, en particulier, s'appliquer à toutes les variantes de réalisation qui sont
décrites ici.
[0117] Une cinquième variante est illustrée sur les figures 6a à 6d. La représentation détaillée
qu'en donnent ces figures s'explique par le fait que la réalisation considérée semble
correspondre à un coût de fabrication très compétitif pour un ustensile apportant
toutes les garanties de fiabilité et de robustesse.
[0118] Cette variante se caractérise essentiellement par deux originalités:
- d'une part, l'embout 3 a été légèrement excentré latéralement par rapport à l'axe
4 du manche 1,
- d'autre part, le ressort de rappel 47 utilisé est un ressort hélicoïdal à spires
non jointives, similaire à celui retenu pour la variante des figures 1, mais son travail
en compression s'effectue cette fois dans le même sens que celui de sortie de la lame
5.
[0119] Le décalage de l'embout 3 procure une plus grande disponibilité de place en profondeur
pour le logement 48 du ressort qui, comme on le voit, peut alors s'étendre pratiquement
sur toute la longueur du manche.
[0120] Cette particularité présente l'avantage de pouvoir conserver le bénéfice d'un effort
doux et pratiquement constant sur le poussoir 9 au cours de la sortie de la lame.
[0121] Le ressort 47 est sollicité en compression par une pastille 49 en appui au repos
contre la plaquette de fermeture 25 sous l'effet de la pression résiduelle du ressort.
Cette pastille est reliée à l'extrémité de la plage 12 de la lame 5 par une tigette
50 qui coulisse dans une fente 51 ménagée à cet effet dans le fond du couloir 10.
La pastille et la tigette peuvent avantageusement être réalisées par découpe et pliage
à angle droit de l'extrémité de la plage arrière 12 de la lame.
[0122] On comprend que la fente 51 met le logement du ressort en communication avec l'extérieur.
Toutefois, l'étanchéité de ce logement, à l'égard des salissures et débris divers,est
assurée de façon quasi--parfaite grâce, d'une part, à l'étroitesse de cette fente
et d'autre part et surtout, à sa localisation sous la lame 5 qui lui sert ainsi de
couvercle.
[0123] On notera que cette localisation particulière de la fente sous la lame découle simplement
de ce que, l'embout 3 étant décalé latéralement sur la tête de travail 2, le logement
48 du ressort vient se placer par construction sous la lame 5.
[0124] La figure 7 montre une sixième variante permettant de concilier un ancrage profond
de l'embout avec un ressort de rappel s'étendant sur toute la longueur du manche.
[0125] A cet effet, c'est l'embout 3 lui-même, ou plus précisément sa base insérée dans
le manche 1, qui sert de logement au ressort.
[0126] L'embout est centré sur l'axe du manche 1 et présente une base 3A pratiquement aussi
longue que ce dernier et dont le profil concave en "Ù" est sensiblement plus accusé
que dans les exemples décrits précédemment.
[0127] L'embout 3 est solidement ancré dans une gorge rectiligne 53 prévue à cet effet sur
le fond du couloir 10 de glissement de la lame 5, et le ressort 54 prend place entre
les branches du profil en "U".
[0128] Le logement du ressort étant ici laissé ouvert à sa partie supérieure, le ressort
54 retenu dans cette réalisation est du type "à traction" afin d'éviter les risques
d'ondulations que poserait un ressort "à compression" dans ce cas. Le ressort 54 est
maintenu fixé à son extrémité arrière sur la plaquette de fermeture 25. Il se trouve
sollicité en traction à son autre extrémité par une petite languette 55 réalisée en
"crevé" sur la lame 5 elle-même, en avant du poussoir 9.
[0129] Une septième variante est illustrée sur la figure 8. Son originalité réside dans
le fait que la languette d'appui de l'index au droit de la face inférieure du manche
1 (référencé 27, figure 1) constitue ici une gachette 56 montée coulissante dans le
manche et commandant la sortie de la lame 5.
[0130] 1 Celle-ci coulisse dans un évidement ménagé cette fois par le dessous du manche 1
et présente, au voisinage de la face inférieure de celui-ci, un retour 57 dont l'extrémité
est fixée à la gachette 56. Un ressort hélicoïdal à spires non jointives 58 est logé
au-dessus du retour 57 et son extrémité mobile vient en appui contre un épaulement
59 de la gachette qui le sollicite en compression dans le sens opposé à celui de sortie
de la lame.
[0131] Une huitième variante est représentée sur les figures 9a et 9b.
[0132] Cette réalisation s'appuie de façon rigoureuse sur des considérations à la fois fonctionnelles
et constructives.
[0133] Dans le cas d'un ressort hélicoïdal, qu'il soit sollicité en compression ou en traction,
il est nécessaire, compte tenu de la course importante de la lame, de ménager à l'intérieur
du manche un logement de grande profondeur pour le ressort.
[0134] Si le manche est réalisé par moulage -comme c'est avantageusement le cas- l'obtention
du logement pour le ressort impose la présence dans le manche d'un mandrin coulissant
de grande longueur.
[0135] Dans ces conditions, on obtient ùn manche 1 tel que représenté sur les figures 9,
totalement évidé axialement et dont l'évidement considéré 60 passe à un niveau inférieur
à celui de l'implantation de l'embout 3 pour déboucher sur la tête de travail 2 par
une ouverture 61.
[0136] On réalise ainsi un manche avec un minimum de matière, facile à produire en grande
série et dont le logement 60 pour le ressort répond largement à toutes les contraintes
fonctionnelles liées à la course de la lame.
[0137] Il est avantageux dès lors d'utiliser un ressort "à traction'' 62 qui, contrairement
au ressort "à compression" du même type, s'acco- mode d'un logement 60 de forme quelconque
n'épousant pas impérativement le gabarit du ressort.
[0138] Comme on le voit, le ressort 62 est fixé à une extrémité à un bouchon obturant l'ouverture
61.
[0139] Son extrémité mobile est reliée à la lame 5 selon le même principe que celui de la
variante représentée sur les figures 1, c'est--à-dire à l'aide d'un fil 20, guidé
par l'entonnoir 21 rapporté sur l'ouverture arrière du manche, et dont la portion
à l'intérieur du logement est bien entendu au moins égale à la course de la lame.
[0140] Le fil 20 est accroché à une petite languette 64 réalisée en "crevé" sur la lame
5.
[0141] La variante illustrée sur la figure 10 représente la meilleure forme de réalisation
que sachent faire les inventeurs actuellement.
[0142] Elle se caractérise par la présence d'un ressort de rappel 65 dans le poussoir 66
qui actionne la lame 5.
[0143] Ces trois éléments sont repris en détail ci-dessous.
[0144] Le poussoir 66 présente une section droite en forme de "T" prévue pour coulisser
dans le couloir 10 de même forme dans la partie supérieure du manche 1.
[0145] La base du poussoir, lequel est de préférence réalisé par moulage, comporte deux
cavités: une cavité 67 débouchant sur la face frontale et servant de logementà la
lame 5, l'autre, visible en 68, débouchant sur la face latérale de la base et servant
de logement au ressort 65.
[0146] La face supérieure du poussoir présente une forme ergonomique ondulée et striée pour
faciliter son actionnement par le pouce.
[0147] Le ressort de rappel 65 est du type "spirale" à ruban enroulé préformé. Son extrémité
extérieure est repliée en sens inverse de l'enroulement pour former une petite boucle
d'ancrage 69 qui vient se loger dans une petite cavité 70 prévue à cet effet à l'extrémité
arrière du manche à la base du flan 11 en regard de l'ouverture du logement 68 du
ressort.
[0148] Le ressort 65 présente une faible largeur et son encombrement est légèrement inférieur
au volume de son logement 68.
[0149] Le ressort 65 est placé à plat dans son logement, de sorte que son axe d'enroulement
est vertical. Par ailleurs, sa partie terminale extérieure sort en direction de l'extrémité
arrière du manche en passant dans une petite encoche 71 ménagée à cet effet sur la
face latérale de la base du poussoir, et reliant la face arrière 72 de ce dernier
au logement 68.
[0150] Dans ces conditions, le ressort se déroule en restant pratiquement invisible, la
partie de ruban déroulé se plaquant naturellement et sans gondoler contre la paroi
latérale de la base du couloir 10-.
[0151] La lame 5 de sectionnement du muscle présente avantageusement une faible largeur
sur toute sa longueur. Son extrémité arrière venant s'encastrer Jans la cavité 67
peut comporter des encoches en dents de scie par exemple, destinées à parfaire son
verrouillage.
[0152] Elle se fixe par emboitement et/ou par collage.
[0153] Elle peut également être rendue solidaire du poussoir 66 au moment du moulage,selon
la technique du surmoulage.
[0154] Une plaquette de fermeture 73 est prévue pour venir obturer l'extrémité arrière du
manche en prenant place dans un lamage de centrage 74. La fixation de la plaquette
est assurée par une vis 75 en prise dans la matière du manche.
[0155] Comme on le voit, la plaquette 73 présente à son extrémité supérieure un rétrécissement
76 enroulé vers l'avant.
[0156] Cette partie 76 forme une boucle qui, en venant se loger à l'extrémité du couloir
10, sert de butée au poussoir 66 en évitant notamment tout risque de blessure.
[0157] On aura compris que cette variante présente de nombreux avantages, tant sur les plans
pratique et esthétique que fonctionnel. On notera en particulier le nombre réduit
des éléments constitutifs. Leur assemblage, qui s'opère à la manière d'un jeu de construction,
est rapide, donc peu coûteux.
[0158] Il va de soi que bien d'autres variantes peuvent être envisagées sans sortir du cadre
de l'invention telle que définie dans les revendications annexées.
[0159] Il en est ainsi, en particulier, de la forme de l'avancée 6, 6' de l'extrémité de
travail, laquelle peut varier dans une large gamme de possibilités conformationnelles
dans la mesure où elle constitue un moyen de contact intermédiaire entre la main tenant
le manche et la main tenant l'huître en permettant de venir en appui sur cette dernière
lors de l'introduction de l'embout dans le talon, et,accessoirement, dans la mesure
où aucune partie effilée, donc dangereuse de l'embout (notamment la pointe 3
C) ne fasse saillie en dehors des limites du volume engendré par cette avancée.
[0160] La structure à deux branches 6, 6' a été retenue dans les exemples décrits, car elle
permet de remplir ce double rôle à la fois fonctionnel et de protection avec un minimum
de matière tout en restant esthétique et en préservant un maximum de visibilité à
l'opérateur.
[0161] De même, la lame et l'embout n'apparaissent pas nécessairement côte à côte sur la
tête de travail. On peut, en effet, réaliser un ustensile selon l'invention dans lequel
la lame et l'embout sont superposés, auquel cas, la lame passe au travers de l'embout
dans une fente horizontale ménagée à cet effet dans ce dernier. Il faut toutefois.
remarquer qu'avec une réalisation de ce type, on peut craindre à priori que la lame
entraîne avec elle à l'intérieur de l'huître des débris accumulés dans la concavité
de l'embout au cours de la phase initiale de déboîtement du talon.
[0162] D'autre part, comme évoqué auparavant, le manche peut aisément être réalisé par moulage
de matière plastique. Les différentes parties fixes en saillie sur le corps du manche,
autre que l'embout, peuvent avantageusement être moulés de fabrication et dans la
même matière que le manche. L'insertion de la base de l'embout peut alors être réalisée
facilement selon la technique du surmoulage.
[0163] Par ailleurs, la fabrication du manche peut encore être simplifiée.
[0164] Par exemple, les rainures longitudinales à la base des flans sur la face supérieure
du manche et dans lesquelles s'engagent les rives de la lame peuvent être supprimées.
[0165] Il est toutefois préférable de les conserver dans le cas des variantes décrites en
référence aux figures 4 et 10.
[0166] En effet, pour les autres variantes représentées, ces rainures sont surtout destinées
à brider la lame pour empêcher sa sortie éventuelle par le dessus du manche.
[0167] En fait, on peut considérer que cette fonction est implicitement déjà assurée par
la coopération d'autres moyens, à savoir, la fente de passage ménagée sur la tête
de travail, qui coopère à cet égard, soit avec la pastille de commande du ressort
venant en butée contre la paroi du logement du ressort (figure 6), soit avec le fil
de liaison (figures 1, 9) qui, sous l'action permanente du ressort, exerce sur la
lame une force ayant une composante verticale qui la maintient plaquée contre le fond
de son couloir de glissement.
[0168] En outre, de multiples aménagements ou perfectionnements peuvent être apportés aux
variantes de réalisation décrites en références aux figures.
[0169] A cet égard, les inventeurs se sont rendus compte qu'il pouvait être avantageux d'infléchir
vers l'horizontale l'extrémité pointue 3
C de l'embout courbe 3, comme on le voit clairement sur la figure 10.
[0170] Cette disposition permet, en effet, une pénétration plus naturelle de l'huître pour
l'opérateur, par la possibilité qui lui est offerte de donner au manche une inclinaison
sur l'horizontale, plus faible que dans le cas d'un embout intégralement courbe (figure
2a).
[0171] De même, la concavité que présente avantageuse ment l'embout peut ne pas s'étendre
jusqu'à la pointe 3.
[0172] Celle-ci peut en effet demeurer plate sans pénaliser la facilité de la pénétration,
car elle est suffisamment effilée et pointue pour s'insérer sans difficulté dans la
fente d'articulation des valves.
[0173] De même encore, on rappelle que la partie libre 3
8 de l'embout n'est pas obligatoirement courbe en profil longitudinal.
[0174] Dans un mode de réalisation, l'ustensile selon l'invention peut en effet comporter
un embout dont la partie visible 3
B présente une génératrice d'appui rectiligne sur la proéminence du talon (voir figure
2)
[0175] Cette partie visible, concave ou non peut être inclinée vers le haut par rapport
à l'axe longitudinal du manche ou même dans le prolongement axial de celui-ci.
[0176] Comme on le comprend, de multiples réalisations peuvent être envisagées, notamment
quant à la forme ou l'orientation de l'embout, dans la mesure toutefois où sont respectées
les caractéristiques essentielles de l'invention, telles que formulées dans la revendication
principale ci-jointe.
[0177] Celles-ci se résument schématiquement, d'une part, à une forme effilée et pointue
de l'embout et, d'autre part, à une orientation relative entre l'embout et la lame,
de manière que celle-ci coulisse, au moins au voisinage de l'embout, dans un plan
transversal à la partie libre 3
B c'est-à-dire dans un plan passant entre la base de l'embout et sa pointe, afin de
permettre l'introduction de la lame dans l'ouverture des valves maintenues écartées
par l'embout.
[0178] Ceci étant, d'autres variantes concernant divers aspects fonctionnels ou constructifs
peuvent être mises en oeuvre.
[0179] Par exemple, dans le cas de la variante illustrée sur les figures 1, on peut fort
bien, dans le but de réduire la profondeur du logement du ressort à compression, coupler
celui-ci à un ressort de traction coaxial, de même structure mais de taille nettement
plus petite, et que l'on interpose par exemple, entre la pastille et le fil de commande.
Le me résultat peut également être obtenu, sans ce petit ressort, à l'aide d'un fil
de commande 20 élastique.
[0180] De même, la variante décrite en référence à la figure 10, peut fort bien être réalisée
à l'aide d'un ressort de rappel 65 implanté dans le poussoir, non plus à plat, mais
verticalement (axe déroulement horizontal).
[0181] Dans un tel cas, le poussoir serait de taille plus importante en hauteur pour pouvoir
y loger le ressort.
[0182] De même encore, le ressort de rappel 65 pourrait être logé dans la partie arrière
du manche, comme dans la variante illustrée sur les figures 3, mais disposé à plat
et au niveau du couloir 10, de manière que sa partie déroulée, ancrée dans le poussoir
de la lame, demeure non apparente en restant plaquée contre la base du flan du couloir.
[0183] De manière plus générale, la caractéristique de l'invention selon laquelle la lame
est assistée d'un ressort de rappel doit être comprise comme incluant non seulement
un ressort, dans l'acception habituelle de ce terme, à savoir un organe mécanique
à déformation élastique, mais tout moyen susceptible d'exercer une action antagoniste,
élastique ou non, qui s'oppose au mouvement que l'on imprime à la lame.
[0184] L'homme de métier se rendra toutefois parfaitement compte, qu'en l'état actuel des
connaissances, un ressort, du genre de ceux retenus dans les exemples décrits précédemment,
représente à ce titre le moyen le mieux adapté à un dispositif tel qu'un ustensile
ouvre- huîtres, selon l'invention, destiné au grand public.
[0185] Par ailleurs, bien que ce dernier a été conçu à l'origine en vue de l'ouverture des
huîtres, il est clair que son domaine d'utilisation s'étend,comme on l'a déjà dit,
à tout autre mollusque à coquille bivalve analogue.
[0186] En outre, sa réalisation à la fois simple et robuste ne pose aucun problème non maîtrisé
et en fait un objet adapté à la production en grande série dans des conditions économiques
tout à fait concurrentielles à partir d'éléments et de matériaux disponibles à faible
coût dans le commerce.
[0187] L'ustensile selon l'invention, utilisé en conformité avec le mode opératoire qui
lui est étroitement associé, assure une ouverture des huîtres avec une efficacité,
une sécurité et une propreté qui semblent actuellement encore inégalées.
[0188] Si on le souhaite, la lame rétractable peut être pourvue de deux tranchants différenciés:
un tranchant principal bien affuté sur le bord intérieur de la lame et un tranchant
accessoire plus émoussé sur le bord extérieur afin d'empêcher toute possibilité de
blessure.
[0189] De même, on aura compris que le terme "lame" utilisé pour qualifier l'organe rétractable
de coupe du muscle, doit être entendu dans-son acception générale en tant qu'élément
tranchant.
[0190] Ainsi, ce terme recouvre, non seulement, une lame proprement dite dans le langage
usuel, à savoir un outil allongé, plat, peu épais et affuté sur une rive, mais tout
autre équivalent fonctionnel, tel qu'un élément filiforme, susceptible de pouvoir
trancher des chairs tendres, comme celles constitutives des mollusques et notamment
des muscles des huîtres.
[0191] Par ailleurs, il importe de souligner que les inventeurs se sont rendus compte qu'il
était possible d'améliorer encore sensiblement la facilité de coupe de ce muscle,lorsque,
l'élément tranchant étant une lame (prise ici dans son acception usuelle) celle-ci
présente une légère inclinaison latérale sur l'horizontale de manière que,l'ustensile
étant vu du dessus, le bord droit de la lame soit surélevé par rapport à son bord
gauche.
[0192] Cette position permet, en effet, au cours du mouvement de pivotement horizontal destiné
à couper le muscle par la lame en position complètement sortie, d'effectuer ce mouvement
de lame de l'intérieur de l'huître vers l'extérieur en direction du muscle en évitant
les obstacles de la paroi interne de la coquille.
[0193] Les inventeurs ont pu montrer qu'à cet égard une inclinaison de l'ordre de 30 degrés
sur l'horizontale convenait parfaitement sans que ces indications soient limitatives.
[0194] Il reste cependant possible de parvenir autrement à une facilité de coupe analogue,mais
en pratiquant alors un écartement plus important des valves, donc un mouvement plus
ample de basculement à la verticale du manche de l'ustensile.
[0195] L'ustensile selon l'invention est utilisé indifféremment par droitiers ou par gauchers.
[0196] Il peut être pourvu, comme on l'a vu, de protections sûres et non gênantes qui écartent
le moindre risque de blessure tout en rendant superflues d'autres mesures de sécurité,
tel que l'emploi d'un gant de protection, par exemple.
[0197] La forme ergonomique de son manche procure une excellente préhension manuelle et
la simplicité de son maniement, qui ne néces site aucune dextérité particulière, le
met à la portée du plus grand nombre.
[0198] L'ustensile, à cet égard, a été conçu pour laisser une certaine liberté d'initiative
à l'opérateur dont il adaptera la manoeuvre en fonction de la forme et de la taille
du coquillage qu'il souhaite ouvrir.
[0199] Les inventeurs ont voulu, en effet, préserver une telle faculté après avoir constaté
qu'une huître (ou un coquillage) "type", de forme et de taille représentatives de
l'ensemble de l'espèce n'existe pas, tout au moins pour ce qui concerne la définition
d'une solution assurant l'ouverture dans les excellentes conditions propres à l'invention.