[0001] La présente invention concerne un procédé d'amélioration de la cintrabilité des tubes
de cuivre écrouis. Elle s'applique plus particulièrement aux tubes de cuivre droits,
écrouis, mis en oeuvre pour les installations sanitairesdont le diamètre externe se
situe le plus souvent entre 8 et 22 millimètres, et dont l'épaisseur est généralement
de 1 millimètre.
[0002] La mise en oeuvre de ces tubes comporte des opérations de cintrage qui s'effectuent
soit sur chantier avec des cintreuses manuelles, soit en atelier avec des cintreuses
automatiques à commande pneumatique ou hydraulique.
[0003] Les tubes de cuivre droits sont fabriqués le plus souvent à partir d'une ébauche
tubulaire de gros diamètre obtenue par filage ou perçage à chaud, puis laminage à
froid et étirage de cette ébauche jusqu'aux dimensions finales sans recuit intermédiaire.
[0004] L'écrouissage des tubes finis est donc très important et les caractéristiques mécaniques
en traction sont en moyenne :

dans le cas de cuivre de qualité dite Cu/b, à 99,90% de Cu, désoxydé au phosphore.
[0005] En raison de cette faible ductilité, le cintrage -surtout s'il est effectué sur des
machines pneumatiques dont l'action est très brutale- tend à provoquer des criques,
des amorces de rupture et même des casses.
[0006] Par ailleurs, l'emploi de tube recuit est exclu en raison de sa ductilité excessive
qui conduit à des déformations inesthétiques dans le cas d'installations où le tube
est apparent.
[0007] Il serait donc intéressant de disposer d'un procédé permettant d'augmenter la ductilité
des tubes droits, et d'obtenir ainsi des cintrages sans défaut, même sur de petits
rayons de courbures et avec des cintreuses à action rapide, sans aller toutefois jusqu'au
recuit total pour la raison précédemment indiquée.
[0008] La demanderesse a découvert que ce résultat pouvait être obtenu par un recuit partiel
qui, de façon surprenante n'intéresse que la zone corticale externe du tube, et laisse
les zones profondes intactes ; le recuit est effectué à basse température entre 150
et 350°C, et pendant une durée comprise entre 5 minutes et 24 heures, et en pratique,
comprise entre 15 minutes et 1 heure, la température étant alors comprise.entre 260
et 310°C.
[0009] La figure 1 montre l'aspect micrographique d'un tube traité selon l'invention.
[0011] On a procédé au recuit dans un four à air chaud, ventilé, dans les conditions suivantes
:

[0012] A la suite de ces recuits, on constate que :

[0013] Au-délà de ces associations durée-température, l'adoucissement global se produit
rapidement, et l'on arrive alors a des caractéristiques mécaniques typiques de l'état
recuit, avec : Rm = 250 MPa, R
0,2 = 60 MPa et A
200 = 38 à 42 %, ce qui est inacceptable pour les installations sanitaires apparentes.
[0014] Si l'on examine par micrographie (en coupe longitudinale) un tube (1) écroui brut
et un tube recuit partiellement, selon l'invention, on constate que :
- le tube brut de fabrication, écroui, montrait un fibrage longitudinal avec des bandes
de cisaillement (2) faisant un angle de ±35° par rapport à l'axe du tube,
- le tube partiellement recuit, selon l'invention (fig.1), est inchangé dans toute
l'épaisseur à l'exception de la zone corticale (3) qui est recristallisée à grain
fin sur une épaisseur de l'ordre de 0,02. mm, ce qui est un résultat tout à fait inattendu.
[0015] Pour des durées et/ou températures plus élevées, la recristallisation progresse par
bandes puis envahit progressivement toute la section du tube.
[0016] Des essais de cintrage ont été effectués sur des tubes traités selon l'invention,
- soit avec une cintreuse manuelle équipée de poulies de cintrage, permettant de faire
des cintres de rayons (r = 38 mm) très inférieurs à ceux réalisés avec des poulies
équipant normalement cet appareil (r = 50 mm),
- soit avec une cintreuse pneumatique d'atelier employée dans des conditions les plus
sévères (poulies fournies avec la machine pour cintrer de petits rayons).
[0017] Dans tous les cas, une amélioration significative de la cintrabilite (diminution
des casses et amorces de casses) a été notée sur les tubes traités par rapport aux
tubes bruts de fabrication.
[0018] La recristallisation de la zone corticale inhibe le développement d'une striction
sur la fibre externe du tube, lors du cintrage, ce qui supprime pratiquement tous
les défauts superficiels, tandis que, la limite élastique restant élevée, les tubes
gardent une grande rigidité, ce qui permet leur utilisation dans les mêmes conditions
que les tubes droits écrouis utilisés jusqu'à présent.
1. Procédé d'amélioration de la cintrabilité d'un tube de cuivre écroui, caractérisé
en ce que le tube écroui est soumis à un recuit partiel, intéressant la zone corticale
uniquement, à une température comprise entre 150 et 350°C pendant une durée comprise
entre 5 minutes et 24 heures.
2. Procédé, selon revendication 1, caractérisé en ce que le recuit est effectué de
préférence à une température comprise entre 260 et 310°C pendant une durée comprise
entre 15 minutes et 1 heure.