[0001] La présente invention concerne une pièce d'horlogerie telle que, en particulier,
une montre-bracelet, comportant une carrure et une lunette susceptible de tourner
sur la carrure, un joint d'étanchéité étant intercalé entre la lunette et ladite carrure.
[0002] Une montre du genre susmentionné est connue par la demande de brevet
européen EP 1 420 307 au nom de la société suisse Eterna. Cette montre comporte une carrure et une lunette
montée mobile en rotation sur la carrure. La carrure et la lunette définissent entre
elles une chambre annulaire et un interstice ouvert vers l'extérieur de la boîte.
Un joint d'étanchéité, intercalé entre la lunette et la carrure, est disposé dans
la chambre. Ce joint comporte une bague de forme annulaire en matériau de type fortement
déformable élastiquement et dont la section comprend deux lèvres, l'une en appui contre
la lunette et l'autre en appui contre la carrure. Un organe de compression est disposé
dans la chambre, du côté de l'interstice, intercalé entre et coopérant avec les lèvres
pour les presser respectivement contre la lunette et contre la carrure.
[0003] L'organe de compression est constitué d'un ressort annulaire qui se présente sous
la forme d'une bande de largeur sensiblement constante formant des ondulations régulières
disposées de part et d'autre d'un cercle dont le diamètre est sensiblement égal au
diamètre médian de la chambre. Les ondulations son repliées en V de part et d'autre
de la ligne constituant le diamètre du ressort. L'angle formé par les ondulations
est légèrement supérieur à celui que forment les lèvres de sorte que, lorsque le ressort
est mis en place, il contraint les extrémités libres des lèvres contre les parois
de la chambre. Le ressort annulaire est en contact avec les lèvres du joint par le
sommet des pliures en forme de V. C'est au niveau de ces pliures que la pression exercée
par le ressort sur le joint est la plus forte. Ainsi, au cours de l'utilisation de
la lunette tournante, les pliures du ressort viennent mordre le joint d'étanchéité
et s'enfoncent dans la matière dont est fait ce joint, ce qui altère irrémédiablement
les qualités d'étanchéité de celui-ci.
[0004] Le joint d'étanchéité a globalement la forme d'un U ouvert du côté de l'interstice
qui met en communication la chambre annulaire avec le milieu extérieur. Lorsque la
montre est immergée, l'eau compresse le joint et applique les lèvres contre les parois
de la chambre. On s'est rendu compte qu'un tel agencement dans lequel l'eau pénètre
à l'intérieur du joint du fait que celui est ouvert du côté de l'interstice n'assure
pas une étanchéité optimale. En outre, toutes sortes d'éléments solides sont susceptibles
de venir se loger entre les lèvres du joint en forme de U et de gripper le mécanisme
de lunette toumante.
[0005] La présente invention a pour objet de remédier aux problèmes susmentionnés ainsi
qu'à d'autres encore en procurant une pièce d'horlogerie comportant une lunette tournante
dont le fonctionnement soit notamment plus fiable.
[0006] A cet effet, la présente invention concerne une pièce d'horlogerie comportant une
lunette tournante et une carrure, la lunette tournante pouvant être entraînée en rotation
par rapport à la carrure, ladite lunette et ladite carrure définissant entre elles
une chambre annulaire en communication avec l'extérieur par l'intermédiaire d'un interstice,
un joint d'étanchéité à lèvres présentant un profil en forme de U étant disposé dans
la chambre de façon à rendre étanche l'ensemble formé par la lunette et la carrure,
et un organe de compression exerçant sur les lèvres un effort compressif sous l'effet
duquel lesdites lèvres sont pressées respectivement contre la lunette et contre la
carrure étant logé à l'intérieur du joint, la pièce d'horlogerie étant caractérisée
en ce que l'organe de compression présente une surface extérieure lisse.
[0007] Grâce à ces caractéristiques, la présente invention procure un organe de compression
dont la force de compression ne se transmet plus selon les points de contact seulement
au joint d'étanchéité. Ainsi, l'organe de compression ne blesse plus le joint, ce
qui permet de garantir un haut niveau d'étanchéité tout au long de la vie de la montre.
[0008] Selon une caractéristique complémentaire de l'invention, l'organe de compression
est un joint de type O-ring. Le taux de compression du joint d'étanchéité peut être
adapté librement en ajustant la dureté Shore ou la section du joint O-ring.
[0009] Selon une autre caractéristique de l'invention, la base du joint d'étanchéité qui
constitue une partie intermédiaire reliant les lèvres dudit joint est située du côté
de l'interstice de façon que la lèvre libre fasse effet de coin en cas de surpression
d'eau. En effet, un joint à lèvres est conventionnellement constitué par une armature
en acier sur laquelle a été moulée une partie en élastomère en forme de U. La partie
extérieure du joint vient faire étanchéité dans la chambre, tandis que la partie interne
possède une lèvre qui vient en contact avec l'organe de compression.
[0010] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention ressortiront plus
clairement de la description détaillée qui suit d'un mode de réalisation de la pièce
d'horlogerie selon l'invention, cet exemple étant donné à titre purement illustratif
et non limitatif seulement en liaison avec le dessin annexé sur lequel :
- la figure 1 est une vue partielle en coupe d'une boîte de montre conforme à la présente
invention;
- la figure 2 est une vue en coupe du joint d'étanchéité selon l'invention, et
- la figure 3 est une vue partielle en perspective du joint d'étanchéité selon l'invention.
[0011] La présente invention procède de l'idée générale inventive qui consiste à loger dans
un joint d'étanchéité profilé un organe de compression présentant une surface extérieure
lisse, de façon à éviter que le contact entre l'organe de compression et le joint
ne se fasse que selon un nombre fini de points, ce qui entraînerait une dégradation
du joint et une perte d'étanchéité.
[0012] La présente invention va être décrite en liaison avec une boîte pour montre-bracelet.
Il va de soi que cet exemple est donné à titre purement illustratif seulement et que
la présente invention peut s'appliquer à tout type de pièce d'horlogerie comme une
montre de poche.
[0013] Désignée dans son ensemble par la référence numérique générale 1, la boîte de montre
selon l'invention comprend un fond 2 et un ensemble formé par une carrure 4 et une
lunette 6 montée tournante sur la carrure 4. La carrure 4 et le fond 2 délimitent
un volume dans lequel sont logés les différents organes de la montre (non représentés
sur le dessin). Un verre 8 est fixé sur la lunette 6 avec interposition d'un joint
d'étanchéité 10 entre le verre 8 et ladite lunette 6.
[0014] Comme le montre la figure 1, la carrure 4 présente dans sa partie médiane une collerette
12 qui s'étend vers le centre de la boîte et sous laquelle est glissée une collerette
correspondante 14 ménagée sur le pourtour extérieur d'une bague 16 disposée du côté
intérieur de la carrure 4. On notera que dans une variante de réalisation simplifiée,
la bague 16 pourrait être omise. Sur la face supérieure de la collerette 12 de la
carrure 4 est posée une seconde bague18 qui présente à son extrémité supérieure un
rebord 20 qui vient en appui sur un épaulement 22 prévu à la base de la lunette tournante
6. Un joint plat 24 faisant office de patin de glissement est disposé entre le rebord
20 de la bague 18 et l'épaulement 22 de la lunette 6. Ainsi, la bague 18 et la bague
16 prennent la collerette 12 en sandwich, l'ensemble étant fixé au moyen de vis 28
dont une seule est représentée au dessin et dont le filetage est pratiqué dans ladite
bague 18.
[0015] Lorsque l'ensemble formé par les deux bagues 16 et 18, la carrure 4 et la lunette
6 est assemblé, on peut venir fixer le fond 2 de la boîte de montre 1 sur la carrure
4, par exemple au moyen de vis 30 dont une seule est représentée au dessin. D'autres
systèmes de fermeture connus tels qu'un joint sans fil, une fermeture à boules ou
le vissage du fond 2 sur la carrure 4 peuvent être également envisagés. Classiquement,
un joint d'étanchéité 32 est disposé entre le fond 2 et la carrure 4.
[0016] Un second joint plat 34 faisant office de patin de glissement est disposé dans un
interstice 36 entre la lunette tournante 6 et la carrure 4. Ce joint assure également
une certaine étanchéité d'une chambre annulaire 38 communiquant avec l'interstice
36 et délimitée par la lunette 6 et la carrure 4. Cette chambre annulaire 38 présente
deux parois latérales 38a et 38b respectivement formées par la lunette 6 et la carrure
4, une paroi supérieure 38c formée par la lunette 6 et une paroi inférieure 38d essentiellement
formée par la carrure 4.
[0017] Un joint d'étanchéité 40 présentant un profil en forme de U est disposé dans la chambre
annulaire 38 de façon à rendre étanche la boîte de montre 1 selon l'invention. Ce
joint présente deux lèvres 40a et 40b en appui respectivement contre les parois 38a
et 38b et reliées entre elles par une partie intermédiaire 40c qui constitue la base
du joint 40. Comme on peut le constater à l'examen de la figure 1, la base 40c du
joint 40 est en appui contre la paroi supérieure 38c de la chambre annulaire 38. Autrement
dit, le joint 40 s'ouvre vers le bas, à l'opposé de l'interstice 36 par lequel la
chambre 38 communique avec l'extérieur. De la sorte, la lèvre libre 40b fait effet
de coin en cas de surpression d'eau, ce qui garantit une étanchéité renforcée de la
boite de montre 1 selon l'invention.
[0018] A l'intérieur du joint 40 est logé un organe de compression 42 tel qu'un joint de
type O-ring. L'organe de compression 42 presse les lèvres 40a et 40b du joint 40 respectivement
contre les parois latérales 38a et 38b de la chambre annulaire 38. Le taux de compression
du joint d'étanchéité 40 peut être adapté librement en ajustant la dureté Shore ou
la section de l'organe de compression 42. Le taux de compression du joint d'étanchéité
40 détermine également le couple de rotation de la lunette 6.
[0019] Selon l'invention, la surface extérieure ou enveloppe de l'organe de compression
42 est lisse, exempte de tout élément saillant, de sorte que ledit organe de compression
42 ne risque pas de blesser le joint d'étanchéité 40.
[0020] Le joint d'étanchéité 40 est représenté respectivement en coupe et en perspective
sur les figures 2 et 3. A la figure 1, il est représenté en position de repos en traits
mixtes et en traits pleins en position comprimée dans la chambre annulaire 38. Comme
on peut le voir à l'examen de ces figures, en position comprimée, la lèvre 40a du
joint d'étanchéité 40 est partiellement recourbée sous l'organe de compression 42.
D'autre part, la lèvre 40b de ce même joint 40 présente à son extrémité libre un retour
44. De la sorte, tout risque que l'organe de compression 42 puisse tomber sous l'effet
de la gravité est évité.
[0021] La présente invention n'est pas limitée au mode de réalisation qui vient d'être décrit
et diverses modifications et variantes simples peuvent être envisagées par l'homme
du métier sans sortir du cadre de la présente invention tel que défini par les revendications
annexées. En particulier, tout type d'organe de compression peut être prévu pourvu
que sa surface extérieure soit lisse et ne risque pas de blesser le joint d'étanchéité.
Par ailleurs, le joint d'étanchéité peut être réalisé en tout matériau présentant
un coefficient de frottement peu élevé et une surface anti-adhérente tel que du polytétrafluoréthylène
mieux connu sous son acronyme PTFE.
1. Pièce d'horlogerie comportant une lunette tournante (6) et une carrure (4), la lunette
tournante (6) pouvant être entraînée en rotation par rapport à la carrure (4), ladite
lunette (6) et ladite carrure (4) définissant entre elles une chambre annulaire (38)
communiquant avec l'extérieur par l'intermédiaire d'un interstice (36), un joint d'étanchéité
à lèvres (40) présentant un profil en forme de U étant disposé dans la chambre (38)
de façon à rendre étanche l'ensemble formé par la lunette (6) et la carrure (4), un
organe de compression (42) exerçant sur les lèvres (40a, 40b) un effort compressif
sous l'effet duquel lesdites lèvres (40a, 40b) sont pressées respectivement contre
la lunette (6) et contre la carrure (4) étant logé à l'intérieur du joint (40), la
pièce d'horlogerie étant caractérisée en ce que l'organe de compression (42) présente une surface extérieure lisse.
2. Pièce d'horlogerie selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'organe de compression (42) est un joint de type o-ring.
3. Pièce d'horlogerie selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2. caractérisée en ce que la base (40c) du joint d'étanchéité (40) qui constitue une partie intermédiaire reliant
les lèvres (40a, 40b) dudit joint (40) est située du côté de l'interstice (36) de
façon que la lèvre libre fasse effet de coin en cas de surpression d'eau.
4. Pièce d'horlogerie selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que, en position comprimée, la lèvre (40b) de ce même joint (40) présente à son extrémité
libre un retour (44).
5. Pièce d'horlogerie selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que le joint d'étanchéité (38) est réalisé en polytétrafluoréthylène.