Domaine technique
[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l'horlogerie. Elle concerne, plus
particulièrement, un engrenage destiné à être mis en oeuvre dans un mouvement pour
pièce d'horlogerie, du type comportant une roue menante et une roue menée dentées
susceptibles d'engrener l'une avec l'autre par leurs dentures respectives. L'une de
ces deux roues peut éventuellement prendre la forme d'un pignon. La roue menante comporte
au moins un premier secteur denté, d'entraînement, définissant sa denture et au moins
un deuxième secteur non denté, de positionnement, agencé à un niveau constant intermédiaire
en référence à la hauteur de la denture.
[0002] Dans un mode de réalisation préféré de l'invention, la pièce d'horlogerie correspondante
est du type comportant un mécanisme d'affichage d'une grande date, c'est-à-dire comprenant
des moyens respectifs d'affichage des unités et des dizaines de quantième séparés.
Etat de la technique
[0003] De tels mécanismes sont bien connus de l'état de la technique, comme par exemple
du brevet
CH 310559, délivré le 31 octobre 1955 au nom de la Fabrique d'Horlogerie de Fontainemelon. Ce document décrit un mouvement
horloger comprenant des moyens pour afficher une grande date répondant à la définition
ci-dessus. A cet effet, le mouvement comporte notamment trois roues coaxiales et solidaires
en rotation, dont une première est entraînée par un élément du rouage de finissage
du mouvement, une deuxième, menante, étant agencée pour assurer l'entraînement d'un
disque d'affichage des unités du quantième tandis que la troisième, également menante,
est agencée pour assurer l'entraînement d'un disque d'affichage des dizaines du quantième.
[0004] La première roue comporte trente et une dents et est entraînée à raison d'une dent
par jour.
[0005] La deuxième roue comporte trente dents de même longueur et une dent présentant une
troncature s'étendant jusqu'au fond de la denture pour définir un secteur non denté,
de longueur correspondant à une dent. Cette roue engrène avec un pignon comprenant
dix dents et solidaire d'un disque portant les chiffres de 0 à 9. Ces différents constituants
du mécanisme sont assemblés de telle manière que, lorsque le quantième affiché passe
du trente et un d'un mois au premier du mois suivant, le disque d'affichage des unités
n'est pas entraîné, du fait que le secteur non denté de la deuxième roue se déplace
en regard du pignon correspondant.
[0006] Ce mécanisme présente toutefois un inconvénient en ce qu'en cas de choc violent,
lorsque le secteur non denté fait face au pignon, ce dernier est susceptible de tourner
librement et ce, malgré la présence typique d'un sautoir permettant de définir ses
positions angulaires stables.
[0007] Une solution technique permettant de supprimer complètement le risque de sauts intempestifs
du pignon des unités est également connue de l'état de la technique. Cette solution
consiste à prévoir une hauteur du secteur non denté, intermédiaire en référence à
la hauteur de la denture et, suffisante pour empêcher la rotation du pignon des unités
d'un pas complet, un sautoir assurant le retour du pignon dans sa position stable
après le choc. En effet, au moment du choc, lorsque le pignon tourne sur lui-même,
une de ses dents entre en collision avec le secteur non denté de la roue d'entraînement,
par sa pointe, pour limiter sa rotation.
[0008] Une telle solution technique, bien qu'efficace, présente un inconvénient important
directement lié à la collision mentionnée ci-dessus, qui peut conduire, après des
chocs successifs, à une déformation de l'une ou de plusieurs des dents de la roue
menée, ou pignon, voire à leur rupture. Bien entendu, dans une telle éventualité,
le mécanisme d'affichage de la grande date serait mis hors service et nécessiterait
un remplacement du pignon endommagé par un horloger. En outre, si l'utilisateur tarde
à déceler le disfonctionnement de l'affichage, dans le cas où l'une au moins des dents
du pignon est cassée, des fragments de cette dernière pourraient endommager d'autres
parties du mouvement horloger.
Divulgation de l'invention
[0009] La présente invention a pour but principal d'améliorer la fiabilité et la longévité
des engrenages de l'art antérieur, en proposant une solution technique permettant
d'éviter les sauts intempestifs des organes d'affichage en cas de choc, tout en améliorant
la résistance mécanique de la denture de la roue menée impliquée.
[0010] A cet effet, l'invention concerne un tel engrenage, caractérisé par le fait que la
roue menée comprend au moins une première dent tronquée pour présenter une forme sensiblement
complémentaire de celle du secteur de positionnement lorsqu'elle est disposée en regard
de ce dernier. Par ailleurs, l'engrenage est en outre caractérisé par le fait que
les dentures respectives des roues menante et menée sont agencées et nombrées de telle
manière que, lorsque le secteur non denté est disposé en regard de la roue menée,
la première dent tronquée de cette dernière lui fait face.
[0011] Grâce à ces caractéristiques particulières, la dent tronquée de la roue menée permet
une rotation de la roue menante sans que la première ne soit entraînée pendant que
le secteur de positionnement se déplace en regard de cette dernière. En outre, le
fait que la portion libre de la dent tronquée n'est pas pointue, comme la tête d'une
dent conventionnelle, permet de limiter les contraintes mécaniques qu'elle est susceptible
de subir en cas de choc et donc les risques de dommages.
[0012] Dans un mode de réalisation préféré, un engrenage de ce type est mis en oeuvre pour
réaliser l'affichage d'un quantième du type grande date, plus précisément, de l'affichage
de la valeur de l'unité de ce quantième. A cet effet, la roue menée comporte un multiple
m de dix dents, dont m premières dents tronquées. La roue menante, ou roue des unités,
présente un nombre de dents égal à trente-et-une fois le multiple m moins (m+une)
dents, soit 31 m - (m+1), la périphérie de la roue correspondant à la longueur d'une
denture de 31 m dents.
[0013] Préférablement, le multiple m est pris égal à deux, ce qui correspond à cinquante
neuf dents pour la roue des unités, le secteur non denté présentant une longueur correspondant
à trois dents, et vingt pour la roue menée, dont deux dents tronquées pour présenter
des surfaces libres de formes respectives sensiblement complémentaires de celle du
secteur de positionnement lorsqu'elles sont disposées en regard de ce dernier.
[0014] La présente invention concerne également un mouvement horloger dans lequel un tel
engrenage est mis en oeuvre, ainsi qu'une roue répondant aux caractéristiques de la
roue menée énoncées ci-dessus.
Brève description des dessins
[0015] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement
à la lecture de la description détaillée qui suit, faite en référence aux dessins
annexés présentés à titre d'exemples non limitatifs et dans lesquels:
[0016] - la figure 1a représente une vue schématique de dessus d'un engrenage comprenant
une roue menante et une roue menée en prise avec cette roue menante, selon un premier
mode de réalisation préféré de la présente invention, à un premier instant donné de
sa mise en oeuvre;
[0017] - les figures 1b et 1c représentent respectivement une vue schématique de dessus
d'un détail de l'engrenage de la figure 1 a, à un deuxième et à un troisième instants
successifs de mise en oeuvre du premier mode de réalisation, ultérieurs au premier
instant de la figure 1a;
[0018] - la figure 2 représente une vue en élévation des roues représentées sur la figure
1a, lorsqu'elles sont mises en oeuvre dans un mécanisme d'affichage d'un quantième
de type grande date, et
[0019] - la figure 3 représente une vue en élévation d'une roue menante et d'une roue menée
selon un deuxième mode de réalisation préféré de la présente invention.
Mode(s) de réalisation de l'invention
[0020] Les figures 1 a, 1 b et 1 c représentent une vue schématique d'un exemple de réalisation
préféré d'une roue menante 1 et d'une roue menée 2, ou pignon, en prise l'une avec
l'autre, destinées à équiper un mouvement pour pièce d'horlogerie intégrant un affichage
de quantième du type grande date, à trois instants successifs, en cours de fonctionnement.
[0021] La roue menante 1 comporte un secteur d'entraînement, présentant une denture de type
épicycloïdale de cinquante neuf dents 100 identiques, et un secteur non denté, de
positionnement, 101 s'étendant sur une largeur correspondant à trois dents 100. Le
secteur de positionnement 101 présente un niveau constant par rapport au fond de la
denture correspondant sensiblement à la hauteur du pied des dents 100. Plus précisément,
la portion libre 102 du secteur de positionnement présente sensiblement la forme d'un
arc de cercle dont le centre est confondu avec celui de la roue 1.
[0022] La roue menante 1 comporte une ouverture centrale 3 destinée à coopérer avec un arbre
ou un tenon (non représenté) permettant d'en assurer le maintien et le guidage radial.
[0023] En outre, une pluralité de trous 4 est également prévu dans la roue menante 1, notamment
pour assurer le positionnement et la fixation de la roue menante sur une roue à trente
et une dents conventionnelle, tel que cela sera exposé en relation avec la description
détaillée de la figure 2. La roue menée, ou pignon, 2 comporte une denture présentant
vingt dents 200 dont deux premières dents 201 et 202 sont tronquées au niveau de leurs
têtes respectives. Une deuxième et une troisième dents, 203 et 204, sont également
tronquées de manière plus importante que les premières dents 201 et 202, leurs portions
libres étant sensiblement rectilignes, à titre d'exemple non limitatif.
[0024] La roue menée 2 comporte une ouverture centrale 5 destinée à coopérer avec un arbre
ou un tenon (non représenté) permettant d'en assurer le maintien et le guidage radial.
[0025] En outre, un trou 6 est prévu dans la roue menée, à distance de son ouverture centrale
5, qui peut être mis à profit pour assurer son positionnement angulaire relatif par
rapport à un élément constitutif du mécanisme d'affichage de quantième. On constate,
dans la configuration représentée sur la figure 1a, que les portions libres 210 et
220 des premières dents tronquées 201 et 202 présentent des formes incurvées particulières.
En effet, ces portions libres sont préférablement conformées de manière à épouser
sensiblement la forme de la portion libre 102 du secteur de positionnement 101.
[0026] Ainsi, à partir de cette configuration, si la roue menante 1 tourne dans le sens
horaire, le secteur de positionnement 101 se déplace en regard de la roue menée 2
sans entrer en contact avec cette dernière qui n'est donc pas entraînée. L'entraînement
de la roue menée 2 reprend lorsque la dent 100 située immédiatement après le secteur
de positionnement 101 entre au contact de la première dent 202 de la roue menée, après
être passée en regard de la dent 204 sans avoir interagit avec elle.
[0027] Il ressort, de la figure 1 a, que grâce aux formes particulières des premières dents
201 et 202 de la roue menée 2, le risque de sauts intempestifs de cette dernière est
supprimé en cas de choc intervenant pendant que le secteur de positionnement 101 est
situé en regard de la roue menée.
[0028] Ces dents présentant des portions libres 210 et 220 de formes complémentaires à celle
de la portion libre 102 du secteur de positionnement 101, tout en étant très proches
de ce dernier. Le débattement angulaire possible de la roue menée 2 dans cette situation
est très faible.
[0029] En effet, on constate que, dans la configuration représentée sur la figure 1a, si
la roue menée 2 devait tourner dans le sens anti-horaire suite à un choc, la dent
201 viendrait immédiatement buter contre le secteur de positionnement 101 pour l'empêcher
de tourner. A l'inverse, si la roue menée 2 devait tourner dans le sens horaire suite
à un choc, la dent 202, disposée en regard d'un creux 103 de la denture adjacent au
secteur de positionnement, viendrait buter contre le bord du secteur de positionnement
101 pour l'empêcher de tourner. Ainsi, les portions de la roue menée susceptibles
d'entrer en collision avec la roue menante 1, présentent une forme permettant de limiter
les risques de dommage par rapport à une denture conventionnelle avec laquelle les
chocs sont localisés au niveau des pointes de dents, particulièrement fragiles.
[0030] Ces caractéristiques confèrent à l'engrenage, selon le présent mode de réalisation
de l'invention, des qualités importantes par rapport aux engrenages de l'art antérieur,
en termes de fiabilité et de tenue dans le temps.
[0031] On notera que selon le présent mode de réalisation, la roue menante 1 qui comporte
cinquante neuf dents est destinée à être entraînée par une roue à trente et une dents
avançant d'un pas par jour. Ainsi, à chaque pas de la roue à trente et une dents,
communément appelée roue de trente et un, la roue menante 1 effectue un pas de deux
dents 100. De même, un pas de la roue menée 2 correspond à un déplacement angulaire
de deux dents 200. Pour cette raison, et d'après les dimensions respectives particulières
des roues menante 1 et menée 2 de la figure 1a, il est prévu de tronquer les dents
situées de part et d'autre des deux premières dents 201 et 202. Ainsi, les deuxième
et troisième dents 203 et 204 sont tronquées pour être dégagées de la portée de la
denture de la roue menante 1, lorsque les dents 201 et 202 sont disposées en regard
de cette dernière.
[0032] Avant de se trouver dans la configuration de la figure 1a, lors du pas précédent,
la dernière dent 100 de la roue menante, adjacente au secteur non denté 101, s'est
déplacée dans le sens de rotation anti-horaire de cette roue, à partir du voisinage
de la dent tronquée 201, en passant devant la deuxième dent tronquée 203 sans l'entraîner.
Dans le même temps, le secteur non denté 101 s'est déplacé devant les premières dents
tronquées 201 et 202 sans entrer en contact avec elles, jusqu'à ce que la première
dent 100 du secteur d'entraînement de la roue menante 1 parvienne contre la première
dent tronquée 202, tel qu'apparent sur la figure 1 a. Cette dernière opération a lieu
sans rotation de la roue menée, du fait de la troncature ménagée sur la troisième
dent 204 de manière qu'elle soit située hors de portée de la denture de la roue menante.
[0033] Comme cela vient d'être exposé ci-dessus, à tout moment de ce déplacement, la roue
menée 2 est sécurisée en rotation, du point de vue d'un choc éventuel qui tendrait
à la faire tourner.
[0034] Lorsque la roue menante 1 poursuit sa rotation, sous l'effet de sa liaison avec la
roue de trente et un, la première dent 100 du secteur d'entraînement exerce une force
sur la première dent tronquée 202 provoquant la mise en rotation de la roue menée
2 dans le sens horaire, tel que représenté sur la figure 1 b.
[0035] La rotation de la roue menante entraîne un déplacement du creux 103 par rapport à
la roue menée, ce qui libère le passage, en rotation, pour la première dent tronquée
201.
[0036] La troisième dent tronquée 204 se positionne alors entre les première et deuxième
dents 100 du secteur d'entraînement, tel que représenté sur la figure 1c, avant d'être
entraînée par la deuxième de ces dents 100 et, que les roues 1 et 2 engrènent de manière
conventionnelle par leurs dents 100 et 200. On constate en effet, sur cette figure,
que les dents tronquées 201 à 204 présentent une hauteur suffisante pour permettre
leur entraînement normal par les dents 100.
[0037] Par ailleurs, il apparaît que le niveau du secteur de positionnement, par rapport
au fond de la denture de la roue menante, est tel, que le fonctionnement de l'engrenage
peut être bloqué si le secteur de positionnement se trouve situé en regard de dents
ordinaires 200 à un moment ou à un autre des cycles de rotation des roues 1 et 2.
[0038] Ainsi, il est nécessaire que les dentures respectives des roues menante et menée
soient telles que, lorsque le secteur non denté 101 de la roue menante est disposé
en regard de la roue menée, les premières dents tronquées 201 et 202 de cette dernière
lui font face. Autrement dit, il est nécessaire que la période de rotation de la roue
menante soit égale à, ou soit un multiple de, la période de rotation de la roue menée.
[0039] Dans le cas présent, l'engrenage étant destiné à être mis en oeuvre dans un mécanisme
d'indication du quantième tel que celui représenté sur la figure 2, à titre illustratif,
la roue menée est montée coaxiale et solidaire d'un disque 20 portant les chiffres
de 0 à 9, définissant dix pas pour le mouvement de rotation du disque et, prévus pour
afficher l'unité de la valeur du quantième.
[0040] La roue menée 2 est en outre solidaire d'une étoile 21 qui lui est coaxiale et sur
laquelle agit l'extrémité d'un sautoir 22 assurant la stabilité de certaines positions
angulaires prédéfinies du disque 20. Ce dernier portant dix chiffres, il doit effectuer
un tour complet sur lui-même en dix pas. L'étoile 21 comporte, pour cette raison,
dix dents entre lesquelles il est prévu que l'extrémité du sautoir vienne se loger
pour stabiliser les dix positions angulaires ainsi définies. La roue menée 2 doit
comporter un nombre de dents 200 qui est un multiple de dix pour qu'un nombre de pas
entiers de la roue menée corresponde à un nombre de pas entier du disque 20.
[0041] Il apparaît également de la figure 2 que le disque 20 comporte une fente 23 pour
effectuer une indexation angulaire visuelle sur la position angulaire de l'étoile
21 ou de la roue menée 2. Le fait que ce repère d'indexation prenne la forme d'une
fente permet également d'utiliser un outil adapté pour ajuster la position angulaire
du disque 20 en agissant directement au niveau du repère.
[0042] Comme cela a été mentionné précédemment, la roue menante 1 est montée coaxiale et
solidaire d'une roue de trente et une dents 24, ou roue de trente et un, destinée
à être entraînée par un rouage de finissage de mouvement horloger, par l'intermédiaire
d'un rouage de minuterie. La roue de trente et un 24 fait un tour complet sur elle-même
en trente et un jours, en avançant d'un pas par jour, généralement en fin de journée.
Du fait de sa liaison avec la roue de trente et un, la roue menante effectue également
un tour sur elle-même en trente et un jours.
[0043] Tel que cela ressort mieux de la figure 1a, le secteur d'entraînement de la roue
menante 1 comporte cinquante neuf dents. Ce nombre permet en effet de remplir la condition,
énoncée plus haut, concernant la multiplicité nécessaire de la période de la roue
menante 1 par rapport à celle de la roue menée 2.
[0044] Grâce à ces caractéristiques et, en prévoyant un agencement particulier du disque
20, connu de l'état de la technique, l'entraînement de celui-ci intervient trente
fois en trente et un jours, la roue menée 2 n'étant pas entraînée par la roue menante
1 lors des passages du trente et unième jour d'un mois donné au premier du mois suivant,
du fait du déplacement sans entraînement du secteur de positionnement en regard de
la denture de la roue menée.
[0045] On constate en outre, sur la figure 2, que le mécanisme d'indication de quantième
comprend un second disque 25 d'indication de la valeur de la dizaine du quantième
et portant à cet effet les chiffres de 0 à 3. Un pignon 26 à huit dents est monté
coaxial et solidaire du disque 25 pour assurer son entraînement. Le pignon est agencé
pour engrener avec une roue d'entraînement des dizaines 27 montée coaxiale et solidaire
de la roue de trente et un 24. La roue d'entraînement des dizaines 27 comporte quatre
dents espacées de manière à entraîner une rotation d'un pas de deux dents du disque
25 lors des changements de dizaine de la valeur du quantième, de manière similaire
à ce qui est décrit dans l'art antérieur.
[0046] On peut noter qu'un deuxième sautoir 28 agit sur le pignon 26, tandis qu'un troisième
sautoir 29 agit sur la roue de trente et un 24, pour assurer le positionnement de
leurs positions angulaires stables respectives.
[0047] L'ensemble du mécanisme qui vient d'être décrit est destiné à être monté sur une
platine de mouvement horloger ou encore sur un module de complication, de manière
conventionnelle.
[0048] La figure 3 représente, dans une vue en perspective, un deuxième mode de réalisation
préféré de la présente invention.
[0049] Dans cette mise en oeuvre, le secteur d'entraînement de la roue menante 31 présente
une denture du type en chant, c'est-à-dire située en dehors du plan de la planche
de la roue. Le principe de fonctionnement de ce dispositif est identique à celui qui
a été décrit en relation avec les figures 1a, 1b et 1c.
[0050] On constate que le secteur de positionnement 32, non denté, de la roue menante 31
présente une surface libre 33 située à un niveau intermédiaire constant en référence
à la hauteur de la denture, de même que dans le premier mode de réalisation. Ainsi,
cette surface libre 33 est plane, dans la mesure où le fond de la denture du secteur
d'entraînement décrit un anneau contenu dans un plan parallèle au plan de la planche
de roue, alors qu'il décrivait un ruban dans le mode précédent.
[0051] De ce fait, les premières dents tronquées 41 et 42 de la roue menée 40 présentent
des portions libres planes, 410 et 420, de manière à épouser la forme du secteur de
positionnement 32 lorsqu'il est disposé en regard de celles-ci. De même que dans le
premier mode de réalisation, la roue menée 40 comprend une deuxième et une troisième
dents 43 et 44 tronquées dans une mesure leur permettant d'être situées hors de portée
de la denture de la roue menante lorsque les première et deuxième dents tronquées
41 et 42 sont positionnées en regard de la roue menante.
[0052] La description qui précède s'attache à décrire des modes de réalisation particuliers
à titre d'illustration non limitative et, l'invention n'est pas limitée, par exemple,
au nombre de dents des roues décrites, à l'application mentionnée à des mécanismes
d'affichage de quantième, ou encore à des roues dont les dentures ne décrivent qu'un
segment unique. On peut notamment prévoir que la roue menante comprend une pluralité
de secteurs d'entraînement séparés les uns des autres par une pluralité de secteurs
de positionnement, sans sortir du cadre de la présente invention.
[0053] Par ailleurs, la notion de roue est à interpréter au sens large. En particulier,
comme cela a été mentionné précédemment, l'une au moins des roues peut prendre la
forme d'un pignon, ou encore d'une couronne dentée. En particulier, on pourrait également
prévoir que la roue menante est une couronne à denture intérieure, la roue menée étant
alors située à l'intérieur de la roue menante.
[0054] De même, l'invention n'est pas limitée au nombre de dents contribuant à l'engrenage
des deux roues et est applicable à un engrenage dans lequel une, deux ou plus de trois
dents, de chacune des roues interviennent dans la transmission du mouvement. Suivant
les cas de figures, l'homme du métier ne rencontrera pas de difficulté particulière
pour adapter le nombre de dents tronquées sur chacune des roues, ainsi que la forme
de leurs troncatures. Plus précisément, ces dernières peuvent par exemple être réalisées
de telle manière que les portions libres 210 et 220 des dents 201, 202 sont planes.
Les hauteurs relatives de la denture et du secteur non denté ont également été mentionnées
à titre indicatif non limitatif et peuvent être modifiées sans sortir du cadre de
la présente invention.
[0055] Il convient également de noter que les dents tronquées supplémentaires peuvent être
omises selon le nombre de dents contribuant à l'engrenage, les dimensions respectives
des deux roues, ou encore l'écartement prévu entre les roues en fonction de leurs
dimensions respectives, donc leur pénétration.
1. Engrenage pour mouvement horloger comportant une roue menante (1, 31) et une roue
menée (2, 40) dentées susceptibles d'engrener l'une avec l'autre par leurs dentures
respectives, ladite roue menante comportant au moins un premier secteur denté, d'entraînement,
définissant ladite denture et au moins un deuxième secteur non denté (101, 32), de
positionnement, agencé à un niveau constant intermédiaire en référence à la hauteur
de ladite denture,
caractérisé en ce que ladite roue menée comprend au moins une première dent tronquée (201, 202, 41, 42)
pour présenter une surface libre (210, 220) de forme sensiblement complémentaire de
celle dudit secteur de positionnement (101, 32) lorsqu'elle est disposée en regard
de ce dernier, et
en ce que lesdites dentures respectives sont agencées et nombrées de telle manière que, lorsque
ledit secteur non denté de ladite roue menante est disposé en regard de ladite roue
menée, ladite première dent tronquée (201, 202, 41, 42) de cette dernière lui fait
face.
2. Engrenage selon la revendication 1, caractérisé en ce que
ladite roue menante (1, 31) et ladite roue menée (2, 40) sont susceptibles d'engrener
l'une avec l'autre par au moins deux dents (100, 200, 201 à 204) de leurs dentures
respectives, lorsque celles-ci sont disposées dans des positions respectives prédéfinies,
et
en ce que ladite roue menée comprend en outre une deuxième dent tronquée (203, 43) adjacente
et en amont de ladite première dent tronquée (201, 202, 41), par rapport au sens de
rotation de ladite roue menée, ladite deuxième dent étant tronquée de manière à être
située hors de portée de la denture de ladite roue menante lorsque lesdites première
et deuxième dents tronquées sont positionnées dans ladite position prédéfinie.
3. Engrenage selon la revendication 2, caractérisé en ce que ladite roue menante (1, 31) et ladite roue menée (2, 40) sont susceptibles d'engrener
l'une avec l'autre par au moins trois dents de leurs dentures respectives, lorsque
celles-ci sont disposées dans des positions respectives prédéfinies, et
en ce que ladite roue menée comprend en outre une première dent tronquée supplémentaire (202,
42) également adjacente à ladite première dent tronquée (201, 41) et présentant une
surface libre (220) de forme sensiblement complémentaire de celle dudit secteur de
positionnement (101, 32) lorsqu'elle est disposée en regard de ce dernier.
4. Engrenage selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que ladite roue menée comprend une troisième dent tronquée (204, 44) disposée en aval
de celle (202, 42) desdites autres dents tronquées qui est située le plus en aval,
par rapport au sens de rotation de ladite roue menée, ladite troisième dent (204,
44) étant tronquée de manière à être agencée hors de portée de la denture de ladite
roue menante lorsque lesdites premières dents tronquées (201, 202, 41, 42) sont agencées
dans ladite position prédéfinie.
5. Engrenage selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit secteur de positionnement (101) présente une surface libre, susceptible d'être
disposée en regard de ladite roue menée, ayant une forme générale de portion de cylindre.
6. Engrenage selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'une desdites dentures est une denture de chant.
7. Engrenage selon la revendication 6, caractérisé en ce que ladite denture de chant est celle de ladite roue menante (31), et
en ce que ledit secteur de positionnement (32) présente une surface libre, susceptible d'être
disposée en regard de ladite roue menée (40), de forme générale plane.
8. Engrenage selon l'une quelconque des revendications précédentes, destiné à être mis
en oeuvre dans un mécanisme d'affichage d'un quantième, caractérisé en ce que la denture de ladite roue menée (2, 40) comporte un multiple m de dix dents (200,
201 à 204), tandis que la denture de ladite roue menante (1, 31) comporte 31 m - (m+1)
dents (100).
9. Mécanisme d'indication d'un quantième du type grande date destiné à être entraîné
par un rouage de finissage de mouvement horloger et, comprenant un engrenage selon
l'une quelconque des revendications précédentes, un organe mobile (20) d'indication
de l'unité dudit quantième entraîné par ladite roue menée (2) ainsi que des moyens
(25, 26, 27) d'indication de la dizaine dudit quantième.
10. Mouvement pour pièce d'horlogerie comprenant un rouage de finissage agencé pour entraîner
un mécanisme d'indication d'un quantième selon la revendication 9.
11. Pièce d'horlogerie comprenant un mouvement selon la revendication 10 et au moins une
ouverture apte à rendre apparent l'indication d'un quantième du type grande date.
12. Roue menée (2, 40) pour engrenage de pièce d'horlogerie, destinée à coopérer avec
une roue menante (1, 31) comportant au moins un premier secteur denté, d'entraînement,
définissant une denture et au moins un deuxième secteur non denté (101, 32), de positionnement,
agencé à un niveau constant intermédiaire en référence à la hauteur de ladite denture,
caractérisée en ce qu'elle comprend au moins une première dent tronquée (201, 202, 41, 42) pour présenter
une surface libre (210, 220) de forme sensiblement complémentaire de celle dudit secteur
de positionnement (101, 32) lorsqu'elle est disposée en regard de ce dernier.
13. Roue menée selon la revendication 12, caractérisée en ce qu'elle comporte en outre une deuxième et une troisième dents tronquées (203, 204, 43,
44) toutes deux adjacentes à ladite première dent tronquée (201, 202, 41, 42), chacune
desdites deuxième et troisième dents étant tronquée de manière à être agencée hors
de portée de la denture de ladite roue menante dès lors que la roue menée est dans
une position angulaire telle, en référence à ladite roue menante, qu'une autre de
ses dents est plus proche de cette dernière que ladite deuxième ou troisième dent
tronquée.