[0001] Dans de très nombreux processus, on éprouve fréquemment le besoin de détecter des
changements dans les caractéristiques d'un milieu fluide, qu'il s'agisse de changements
discontinus de l'état de ce fluide (par exemple présence ou absence de liquide) ou
de changements continus dans les propriétés physiques ou chimiques de ce fluide (par
exemple degré de concentration d'une solution, proportion d'un des constituants d'un
fluide composite, variations de température d'un liquide...), ceci en vue d'applications
variées telles que réalisation de mesures, opérations de contrôle ou de vérification,
réalisation d'asservissement.
[0002] On a déjà proposé, dans les cas où il existe une corrélation entre les caractéristiques
du milieu fluide à déterminer et son indice de réfraction, de détecter les changements
dans ces caractéristiques en observant les variations de cet indice de réfraction,
ceci au moyen de méthodes optiques diverses. La plupart de ces méthodes optiques sont
basées sur l'exploitation des phénomènes de réflexion et de réfraction se déroulant
au voisinage de l'angle limite. Elles consistent essentiellement à véhiculer de la
lumière à l'intérieur d'une structure transparente conductrice de lumière immergée
dans le milieu fluide à détecter, en faisant subir à cette lumière une pluralité de
réflexions internes sur les parois de la structure, et à observer l'intensité de la
lumière ainsi transmise par réflexions multiples, la variation brusque de cette intensité
au voisinage de l'angle limite permettant de déterminer l'indice de réfraction du
fluide.
[0003] Pour effectuer des mesures continues d'indice, on connaît ainsi déjà à titre d'exemple
des dispositifs du genre comprenant une tige droite transparente équipée respectivement,
à l'une de ses extrémités, d'un système optomécanique chargé d'injecter dans la tige
un pinceau lumineux sous un angle d'incidence bien déterminé, et à son autre extrémité,
d'un détecteur photoélectrique chargé de mesurer l'intensité lumineuse ainsi transmise
à travers la tige par réflexions internes multiples d'incidence bien déterminée :
la tige étant immergée dans le milieu fluide à mesurer, on fait alors décroître de
façon continue l'angle d'incidence du pinceau lumineux injecté dans la tige tout en
observant l'intensité lumineuse transmise, la chute brusque d'intensité qui se produit
lorsque l'angle d'incidence des réflexions multiples dépasse l'angle limite par rapport
au fluide considéré permettant ainsi de déterminer cet angle limite, et par conséquent
l'indice de réfraction du fluide. Cependant, les dispositifs de ce type présentent
l'inconvénient majeur d'être extrêmement compliqués, étant donné qu'ils nécessitent,
entre autres, la présence d'un système d'injection de lumière relativement sophistiqué,
puisqu'il doit assurer à la fois la parallélisa- tion du pinceau lumineux incident
à l'aide de moyens optiques, et la variation continue de l'angle d'incidence de ce
pinceau à l'aide de moyens mécaniques.
[0004] Pour effectuer de simples mesures de niveau, on connaît déjà par ailleurs un certain
nombre d'autres dispositifs, du type comprenant un prisme (ou un cône) accolé contre
l'extrémité inférieure d'une tige transparente introduite à l'intérieur du récipient
contenant le liquide dont on veut déterminer le niveau, dans lesquels l'indication
de niveau est obtenue par injection de lumière dans l'extrémité supérieure de la tige
et par observation visuelle de la lumière susceptible d'être renvoyée par le prisme
jusqu'à cette extrémité supérieure (cette extrémité supérieure apparaissant claire
en cas d'absence de liquide au niveau du prisme, et plus sombre dans le cas contraire).
Cependant, les dispositifs de ce genre ne sont pas sans présenter un certain nombre
d'inconvénients : le faible nombre de réflexions ainsi réalisées (réflexion simple.
ou double) ne permet tout d'abord d'obtenir qu'un contraste lumineux peu élevé, cependant
que le facteur de transmission de la lumière reste relativement faible ; la construction
de tels dispositifs s'avère par ailleurs relativement compliquée. Mais avant tout,
ces dispositifs présentent l'inconvénient majeur de ne pouvoir fonctionner que dans
deux états bien distincts l'un de l'autre du fait du caractère fixe de l'incidence
de la lumière, de sorte qu'ils ne sont guère adaptés pour effectuer des mesures continues
d'indice et qu'ils restent presque exclusivement limités à des détections de changement
d'état telles qu'indication de niveau.
[0005] En vue de remédier aux inconvénients susmentionnés, on a en outre proposé d'utiliser
des dispositifs constitués par de simples tiges transparentes comportant une section
intermédiaire incurvée en forme de U destinée à être immergée dans le liquide à tester,
dans lesquels l'indice de réfraction de ce fluide est déterminé par injection de lumière
par l'une des extrémités de la tige et par observation de la lumière transmise à son
autre extrémité. Dans de tels dispositifs, la section incurvée de la tige a pour effet
de provoquer le passage par réfraction dans le liquide d'une quantité de lumière qui
s'avère être sensiblement fonction de l'indice de réfraction de ce liquide, de sorte
que la quantité de lumière transmise à l'autre extrémité de la tige constitue une
grandeur caractéristique de cet indice de réfraction (un dispositif de ce type se
trouve à titre d'exemple décrit dans l'article « A photoelectric Refrac- tometer par
E. Karrer et R. Orr., Journal of the Optical Society of America, Volume 36 n° 1, pages
42 à 46, Janvier 1946). De tels dispositifs apparaissent a priori particulièrement
avantageux, étant donné leur grande simplicité et leur faible coût, ainsi que le fait
qu'ils semblent pouvoir en principe être utilisés aussi bien pour détecter des changements
discontinus que des changements continus des caractéristiques du liquide à tester.
Cependant, ces dispositifs présentent l'inconvénient majeur d'être doués d'une très
faible sensibilité, de sorte que non seulement leur utilisation comme réfractomètres
s'avère des plus limitées (en raison de leur inaptitude à pouvoir détecter de faibles
variations de l'indice de réfraction de liquide à tester), mais que même leur utilisation
comme simples indicateurs de niveau s'avère loin d'être satisfaisante (en raison de
faibles contrastes susceptibles d'être enregistrés).
[0006] On a proposé plus récemment d'apporter différentes variantes à ces dispositifs constitués
par des tiges transparentes incurvées. Mais aucune des variantes proposées jusqu'à
l'heure actuelle ne s'est traduite par une amélioration notable de leur sensibilité.
On a ainsi à titre d'exemple proposé de remplacer la tige incurvée en forme de U par
une tige présentant une courbure d'au moins 360° (brevet US 3.282.149) ; mais ce remplacement
avait pour simple but de permettre une linéarisation de la mesure, sans changement
notable quant à la sensibilité. On a aussi à titre d'exemple proposé de remplacer
la tige transparente par une fibre optique incurvée (brevet FR 2.130.037), dans le
but essentiel de permettre une miniaturisation de l'appareillage, ce simple remplacement
n'ayant là aussi pratiquement aucun effet sur la sensibilité.
[0007] La présente invention a précisément pour but de pallier les inconvénients susmentionnés,
en proposant un dispositif simple doué d'une excellente sensibilité, qui puisse détecter
aussi bien des changements d'état discontinus d'un fluide que des variations continues
de diverses caractéristiques de ce fluide liées à son indice de réfraction.
[0008] A cet effet, la présente invention a pour objet un dispositif pour élaborer un signal
lumineux caractéristique de l'indice de réfraction d'un fluide, comportant un seul
corps longiligne conducteur de la lumière se composant d'une section d'entrée et d'une
section de sortie raccordées l'une à l'autre par une section intermédiaire incurvée,
ladite section d'entrée étant destinée à recevoir de la lumière par son extrémité
libre et au moins ladite section incurvée étant destinée à être immergée dans ledit
fluide, la courbure de ladite section incurvée étant par ailleurs choisie suffisamment
prononcée pour donner lieu à un passage de lumière non négligeable par réfraction
dans ledit fluide, fonction de l'indice de réfraction dudit fluide, l'indice de réfraction
du corps longiligne étant supérieur à celui du fluide, caractérisé par le fait que
ladite section intermédiaire incurvée présente un profil comprenant au moins deux
courbures alternées successives suffisamment prononcées, alternativement concaves
et convexes.
[0009] La présente invention a également pour objet l'utilisation d'un tel dispositif pour
détecter la présence ou l'absence dudit fluide, ou pour mesurer l'indice de réfraction
dudit fluide.
[0010] Dans la présente description, les expressions « corps longiligne conducteur de la
lumière ou « guide de lumière •, entendent désigner tout corps longiligne capable
de véhiculer de la lumière par réflexions internes multiples. Ces expressions entendent
ainsi notamment englober aussi bien des guides de lumière constitués par une simple
tige faite en un matériau transparent, que des guides constitués par une fibre optique
(cette tige transparente ou cette fibre optique étant par ailleurs conformées de façon
à comporter une section intermédiaire incurvée présentant le profil désiré).
[0011] On voit ainsi que la caractéristique essentielle du dispositif selon l'invention
réside dans l'utilisation d'un guide de lumière comprenant une section intermédiaire
incurvée se composant d'une pluralité de courbures alternées (nombre de courbures
au moins égal à 2). Une telle structure à courbures alternées présente l'avantage
majeur de conférer au dispositif de l'invention une sensibilité particulièrement importante
(le degré de sensibilité d'une telle structure pouvant être déterminé par l'importance
de la variation de l'intensité lumineuse transmise pour une variation donnée de l'indice
de réfraction du fluide à mesurer), et en tout état de cause notablement supérieure
à celle susceptible d'être obtenue avec une structure à courbure unique (qu'il s'agisse
d'une courbure en forme de U ou d'une courbure d'au moins 360°).
[0012] La section intermédiaire à courbures alternées du guide de lumière constitutif du
dispositif selon la présente invention peut revêtir des formes multiples, pourvu que
les différentes courbures de cette section intermédiaire restent arrangées les unes
à la suite des autres de façon que l'une quelconque de ces courbures soit toujours
tournée en sens inverse des courbures qui lui sont adjacentes. Comme structures possibles
pour cette section intermédiaire, on peut ainsi envisager d'utiliser des structures
à double courbure, dans lesquelles la courbure aval se trouve tournée en sens inverse
de la courbure amont, ou bien des structures à triple courbure, dans lesquelles la
courbure médiane se trouve tournée en sens inverse des courbures amont et aval, ou
encore des structures présentant un nombre de courbures plus élevé. Dans toutes les
structures susmentionnées, les différentes courbures peuvent par ailleurs être raccordées
les unes aux autres par des portions intermédiaires droites, ou au contraire être
directement jointives (c'est-à-dire raccordées directement les unes aux autres sans
être séparées par des portions droites). Dans le cas des courbures raccordées entre
elles par l'intermédiaire de portions droites, ces portions droites seront par ailleurs
choisies de manière avantageuse de façon que leur longueur reste relativement faible
par rapport à celle des courbures auxquelles elles sont raccordées.
[0013] Dans les structures à courbures alternées telles .que sus-définies, chacune des courbures
peut par ailleurs revêtir une forme quelconque pourvu qu'elle soit suffisamment prononcée.
Comme formes de courbure possibles, on peut ainsi envisager de concevoir des courbures
présentant un rayon de courbure constant revêtant la forme d'un arc de cercle, l'extension
de cet arc de cercle pouvant par ailleurs être variable (demi- cercle, quart de cercle,
tour complet, etc...), ou au contraire des courbures présentant un rayon de courbure
variable, ce rayon pouvant alors varier de manière croissante ou décroissante. De
manière préférentielle, le rayon de courbure R des différentes courbures alternées
sera choisi, pour un guide de lumière cylindrique donné de rayon r, de façon que le
rapport R/r soit compris entre environ 3 et 5.
[0014] Dans le cas d'un guide de lumière constitué par une simple tige transparente, cette
tige pourra être faite en tout matériau transparent approprié. Ce matériau doit cependant
être choisi dans le cas où le dispositif est utilisé pour déterminer des variations
continues d'indice, de façon à avoir un indice de réfraction supérieur à celui du
liquide à détecter, alors qu'il pourrait très bien avoir, dans le cas où le dispositif
est utilisé comme indicateur de niveau, un indice de réfraction quelconque, supérieur
ou inférieur à celui du liquide à détecter. Comme matériaux transparents possibles,
on peut ainsi envisager d'utiliser des matières plastiques telles que le polystyrène
(n = 1,65), le polyméthylmétacrylate (n = 1,49), etc... ou des verres tels que silice
(1,458), verres au borosilicate (n typique = 1,5) verres au plomb (n typique = 1,7),
verre au fluor (n typique = 1,35), etc. La grandeur de la section droite de la tige
conductrice de lumière à courbures alternées selon l'invention a peu d'importance
par elle-même, puisque c'est le rapport R/r du rayon de courbure R des différentes
courbures et du rayon r de la tige qui est en fait déterminant pour l'obtention de
l'effet désiré. Il s'ensuit qu'on peut en pratique utiliser aussi bien des tiges à
section droite très faible que des tiges à section droite relativement élevée ; il
suffit simplement d'adapter dans chaque cas l'importance de la courbure à la valeur
de la section droite que l'on a choisie pour la tige. Il n'est par ailleurs pas obligatoire
que cette section droite soit circulaire, et on peut très bien envisager d'utiliser
des tiges à section droite carrée, hexagonale, elliptique (le rayon de courbure R
devant alors, dans un tel cas, être suffisamment faible par rapport à celle des dimensions
de ladite section droite qui se trouve contenue dans le plan de courbure).
[0015] Dans le cas d'un guide de lumière constitué par une fibre optique, on pourra en principe
envisager d'utiliser tout type de fibre approprié (ces fibres pourront par ailleurs
être faites en des matériaux aussi bien à base de verres qu'à base de matières plastiques).
De manière particulièrement avantageuse, on choisira toutefois d'utiliser plus spécialement
des fibres dites à saut d'indice. Dans le cas d'utilisation de fibres optiques, la
présence d'une gaine autour du coeur conducteur de la lumière présente l'avantage
additionnel d'empêcher, dans les parties non incurvées de la fibre, tout risque d'influence
parasite. En ce qui concerne les portions incurvées de ces fibres, on pourra par ailleurs
envisager soit de les dénuder complètement de leur gaine, de façon à permettre un
contact direct du coeur central avec le milieu fluide à tester, soit au contraire
de les laisser telles quelles, complètement protégées par leur gaine. Les résultats
permettent en effet de montrer que la présence d'une gaine autour des portions incurvées
de la fibre ne modifie pas de manière fondamentale les phénomènes de pertes de lumière
par réfraction au passage de ces portions incurvées ; la présence de cette gaine ne
se traduit en effet que par une légère diminution du contraste, l'intensité de la
lumière transmise restant toujours caractéristique de l'indice de réfraction du milieu
fluide environnant à tester. Dans ce dernier cas toutefois (portions incurvées non
dénudées), on choisira de manière préférentielle d'utiliser des fibres possédant une
gaine de relativement faible épaisseur.
[0016] Dans la présente description, le terme « angle d'incidence d'un rayon lumineux sur
une surface sera par ailleurs utilisé selon sa définition habituelle à savoir « angle
que fait ce rayon lumineux par rapport à la normale à cette surface d'incidence ».
Selon cette définition, une augmentation de l'obliquité du rayon lumineux par rapport
à la surface d'incidence équivaut donc à une diminution de son angle d'incidence.
[0017] On va enfin donner ci-après la définition de deux grandeurs qui seront fréquemment
utilisées dans la suite de l'exposé pour mieux préciser les effets procurés par la
section incurvée du dispositif selon l'invention, à savoir le « coefficient de transmission
dans l'air» et le «coefficient de contraste du dispositif. Soient, à cet égard, respectivement
1
0 l'intensité lumineuse injectée à l'entrée du guide de lumière incurvé, I
ta l'intensité lumineuse transmise par ce guide lorsque le milieu environnant la section
incurvée est de l'air, et I
tl l'intensité lumineuse transmise par ce guide lorsque le milieu environnant la section
incurvée est un liquide d'indice de réfraction n (ce liquide pouvant par ailleurs
être le liquide à tester ou un liquide de référence). On appelera respectivement «
coefficient de transmission dans l'air » le rapport I
tall
o de l'intensité lumineuse I
ta transmise par le guide en présence d'air : l'intensité lumineuse 1
0 injectée dans le guide (ce coefficient permettant en quelque sorte se définir les
pertes de lumière par réfraction en présence d'air), et « contraste ou « coefficient
de contraste r le rapport I
ta/I
ti de l'intensité lumineuse I
ta transmise en présence d'air à l'intensité lumineuse I
ti transmise en présence de liquide. Selon cette dernière définition, la « sensibilité
du dispositif peut donc aussi se définir comme étant représentée par l'importance
de la variation de contraste obtenue pour une variation d'indice prédéterminée (sensibilité
correspondant à la pente des courbes du diagramme de la fig. 6). Le dessin annexé
illustre, schématiquement et à titre d'exemple, plusieurs formes d'exécution ainsi
que des variantes du dispositif objet de la présente invention.
[0018] Les figures 1a et 1b sont des vues en coupe longitudinale schématique, illustrant
deux dispositifs connus de l'état de la technique.
La figure 2 est une vue en coupe longitudinale schématique, illustrant une première
forme d'exécution du dispositif selon l'invention.
La figure 3 est une vue en coupe longitudinale partielle, illustrant une variante
de cette première forme d'exécution.
La figure 4 est une vue analogue à celle de la figure 3, illustrant une seconde forme
d'exécution.
La figure 5 est une vue analogue à celle de la figure 4, illustrant une variante de
cette seconde forme d'exécution.
La figure 6 est un diagramme illustrant les résultats obtenables avec le dispositif
selon l'invention, comparés avec ceux obtenables avec les dispositifs connus de l'état
de la technique.
La figure 7 est une vue en coupe longitudinale d'une installation pour la détection
d'une pluralité de niveaux, utilisant plusieurs dispositifs selon l'invention.
[0019] Les figures 1a et 1b illustrent à titre d'exemple deux dispositifs connus de l'état
de la technique. Ces deux premières illustrations ont pour but de faire clairement
ressortir les différences essentielles qui existent entre ces dispositifs connus et
les différentes formes d'exécution du dispositif selon l'invention qui vont être décrites
par la suite. Le dispositif représenté à la figure 1a comprend une tige transparente
1 en forme de U se composant d'une section incurvée 2 de forme semi-circulaire se
prolongeant à chacune de ses extrémités par des sections droites 3 et 4. L'extrémité
libre 3a de l'une des sections droites 3 est utilisée pour réaliser l'injection de
lumière dans la tige 1, cependant que l'extrémité libre 4a de l'autre section droite
4 est utilisée pour la détection de la lumière transmise à travers la tige 1 (injection
et sortie de lumière schématisées par des flèches au dessin). La section incurvée
2 étant immergée dans un liquide 9 à tester, on constate que la quantité de lumière
émergeant à l'extrémité 4a est fonction de l'indice de réfraction du liquide 9. Le
dispositif représenté à la figure 1 b est analogue à celui de la figure 1a, mis à
part le fait que la section incurvée 2 de forme semi-circulaire est ici remplacée
par une section 2' incurvée à 360°.
[0020] La figure 2 illustre une première forme d'exécution du dispositif selon l'invention,
suivant laquelle on utilise un guide de lumière constitué par une simple tige transparente
pourvue de deux courbures alternées. Le dispositif représenté sur cette figure comprend
une tige 10 faite en un matériau transparent, qui se compose respectivement d'une
section intermédiaire incurvée 11 en forme de S, et de deux sections droites 15 et
16 s'étendant sensiblement verticalement à partir de chacune des extrémités de cette
section incurvée 11. Les sections droites 15 et 16 sont destinées à servir respectivement
de section d'entrée et de section de sortie pour la tige 10. La section incurvée 11
en forme de S se compose respectivement quant à elle de deux portions incurvées 12
et 13 en forme d'arc de cercle raccordées l'une à l'autre par une portion intermédiaire
droite 14, ces deux portions incurvées 12 et 13 étant par ailleurs agencées de façon
à être sensiblement symétriques l'une par rapport à l'autre, tout en étant tournées
en sens inverse l'une de l'autre. La tige transparente 10 présente une section droite
circulaire de rayon r, cependant que les portions incurvées 12 et 13 présentent un
rayon de courbure constant R.
[0021] A proximité de la face d'extrémité plane 15a de la section d'entrée 15 se trouve
disposée une source de rayonnement lumineux 5 chargée d'injecter de la lumière dans
la tige transparente 10, cependant qu'à proximité de la face d'extrémité 16a de la
section de sortie 16 se trouve disposé un système de détection 6 chargé de déterminer
l'intensité lumineuse transmise par la tige 10. A titre d'exemple, ce système de détection
6 peut être constitué par un détecteur photoélectrique 7 relié électriquement à un
dispositif de mesure et/ou d'affichage 8. La section incurvée de ce dispositif est
destinée à être immergée dans un liquide 9 d'indice de réfraction n, dont on désire
déterminer l'une des caractéristiques liées à cet indice de réfraction. Le matériau
transparent constitutif de la tige 10 est enfin choisi de façon à avoir un indice
de réfraction n supérieur à l'indice de réfraction n du liquide à tester.
[0022] La géométrie de la structure à double courbure qui vient d'être décrite est essentiellement
contrôlée par trois paramètres : le rayon de courbure R de chacune des portions incurvées
12 et 13 (ou encore le quotient R/r normalisé au rayon r de la tige), la distance
D séparant les centres de courbure de chacune de ces portions, incurvées, et le déplacement
horizontal H. De manière avantageuse, on a intérêt à choisir un rayon de courbure
R relativement faible par rapport à r si on désire accroître de manière optimale le
contraste et la sensibilité du dispositif. De manière préférentielle, ce rayon de
courbure R sera choisi de façon que le quotient R/r soit compris entre environ 3 et
5. Pour les mêmes raisons également, on a par ailleurs intérêt à maintenir la distance
D au voisinage du minimum permis par le rayon de courbure (c'est-à-dire environ (2
R = 2 r)). Toujours pour les mêmes raisons de contraste et sensibilité, on a enfin
intérêt à choisir la distance H sensiblement nulle ou faiblement positive (cas représenté
à la figure 2).
[0023] Le fonctionnement du dispositif qui vient d'être décrit peut s'expliquer de la manière
suivante :
[0024] La section incurvée 11 de ce dispositif étant immergée dans le liquide 9 à tester,
on injecte de la lumière dans la tige transparente 10 au moyen de la source 5. Le
faisceau de lumière délivré par cette source 5 peut a priori avoir une ouverture quelconque,
étant donné que la quantité de lumière effectivement piégée par la tige transparente
10 dépend seulement, ainsi qu'il est bien connu, de l'« ouverture numérique » de cette
tige et non pas de l'ouverture du faisceau incident. On sait en effet que seuls sont
piégés à l'intérieur de la tige les rayons incidents qui frappent sa paroi sous un
angle d'incidence supérieur à son angle limite par rapport au milieu environnant (air),
les autres rayons d'angle d'incidence inférieur se trouvant réfractés en dehors de
la section droite 15. La lumière effectivement piégée à l'intérieur de la tige transparente
10 se trouve alors transmise par réflexions internes multiples à travers la section
droite 15, jusqu'à son arrivée dans la section incurvée 11 immergée dans le liquide
9 à tester.
[0025] La première courbure 12 de cette section incurvée 11 a pour effet de modifier l'incidence
des rayons qui viennent frapper ses parois, en provoquant en particulier une réduction
de l'angle d'incidence de ceux des rayons qui viennent frapper sa surface extérieure
(cette réduction d'angle d'incidence étant par ailleurs fonction de l'importance de
la courbure), de sorte que ceux des rayons incidents dont l'angle devient inférieur
à l'angle limite par rapport au liquide environnant 9 sont alors contraints de passer
par réfraction dans ce liquide (comportement illustré par le rayon
P1 au dessin). Pour une courbure donnée, cette réduction d'incidence n'est au demeurant
pas identique pour tous les rayons qui arrivent avec la même incidence dans cette
portion incurvée 12, puisqu'elle dépend au contraire de la profondeur à laquelle ces
rayons ont pu pénétrer dans cette portion incurvée avant de venir en frapper sa surface
extérieure, de sorte qu'une partie seulement des rayons qui arrivent sous la même
incidence est susceptible de passer hors de la tige 10 par réfraction dans le liquide
environnant. Cette partie plus ou moins grande de rayons qui sont susceptibles de
sortir par réfraction dans le liquide environnant est évidemment fonction de l'indice
de réfraction de ce liquide puisque l'angle limite de réflexion totale dépend de cet
indice. La partie restante des rayons qui ne s'est pas échappée de la tige lors de
cette première incidence sur la portion incurvée est alors réfléchie totalement à
l'intérieur de la tige et transmise par réflexions successives jusqu'à la seconde
courbure 13 (il est facile de montrer que c'est la première incidence sur la portion
incurvée qui détermine le passage éventuel des rayons dans le milieu environnant,
un rayon réfléchi totalement après cette première incidence se réfléchissant en effet
ensuite ultérieurement dans la première courbure suivant des angles d'incidence constants
(égaux à celui de la première incidence) qui ne l'autorisent plus à sortir de la tige
jusqu'à la prochaine courbure). Les rayons totalement réfléchis par la première courbure
12, qui avaient déjà tendance à progresser le long de la surface extérieure de cette
première courbure, sont alors contraints à leur arrivée dans la seconde courbure 13,
du fait de l'inversion de cette dernière, de venir frapper ses parois sous une incidence
extrêmement faible pour la plus grande partie d'entre eux, de sorte que la majeure
partie de ces rayons se voit alors contrainte de passer par réfraction dans le milieu
environnant (comportement illustré par le rayon p2 au dessin). Cette majeure partie
des rayons contrainte de passer par réfraction dans le liquide environnant est évidemment
aussi fonction de l'indice de réfraction de ce liquide, étant donné que l'angle limite
de réflexion totale dépend là encore de cet indice. La partie restante des rayons
qui ne s'est pas échappée de la tige lors de cette première incidence sur la seconde
courbure 13 est ensuite réfléchie totalement à l'intérieur de la tige (les incidences
ultérieures ayant en effet lieu suivant des angles égaux à celui de la première incidence),
et donc transmise par réflexions internes successives jusqu'à son autre extrémité
16a (comportement illustré par le rayon t au dessin).
[0026] Il s'ensuit que l'intensité lumineuse émergeant ainsi à l'autre extrémité 16a de
la tige, qui est sensiblement égale à l'intensité lumineuse injectée dans la tige
diminuée des pertes par réfraction subies au passage des portions incurvées 12 et
13 (aux pertes près par absorption dans la tige), est donc également fonction de l'indice
de réfraction du milieu environnant la portion incurvée. Cette intensité lumineuse
transmise constitue donc bien un signal lumineux caractéristique de l'indice de réfraction
du milieu environnant la section incurvée de la tige.
[0027] Le signal lumineux ainsi élaboré par le dispositif qui vient d'être décrit diffère
cependant d'une manière fondamentale de celui élaboré par les dispositifs connus des
figures 1a et 1b (bien qu'il soit dans les deux cas caractéristique de l'indice de
réfraction du fluide à tester) par le fait qu'il présente ici une sensibilité beaucoup
plus importante, ce résultat tout à fait inattendu étant dû à la présence de la seconde
courbure 13 disposée en sens inverse de la première courbure 12 qui joue en quelque
sorte un rôle d'amplification des effets déjà observables lors de la traversée de
cette première courbure. Cette seconde courbure 13 disposée en sens inverse permet
en effet de décupler les effets obtenus lors du passage de la première courbure 12,
en raison du fait que les rayons pénétrant dans cette seconde courbure ont déjà vu
leur trajet suffisamment modifié lors de leur passage dans la première courbure pour
devoir être contraints de venir frapper la seconde courbure sous une forte obliquité,
laquelle forte obliquité oblige ainsi la majeure partie de ces rayons à sortir par
réfraction de la tige au niveau de cette seconde courbure (forte obliquité au demeurant
impossible à réaliser lors de la pénétration dans la première courbure, du fait de
l'« ouverture numérique limitée à la section d'entrée 15 de la tige transparente).
L'obtention d'une sensibilité particulièrement importante dans le dispositif selon
l'invention (et donc l'obtention d'un contraste élevé) sera clairement mise en évidence
dans les exemples qui seront décrits dans la suite de l'exposé.
[0028] On a dit plus haut que c'était la première incidence à l'entrée de la première courbure
qui déterminait les pertes par réfraction dans cette courbure, les rayons totalement
réfléchis après cette première incidence ayant ensuite tendance à progresser le long
de la surface extérieure de la courbure sous des angles d'incidence constants et peu
élevés. On voit donc qu'il est tout à fait inutile d'accroître la longueur de cette
courbure en lui faisant subir plusieurs tours dans le même sens (cas du dispositif
connu de la figure 1b) si l'on désire améliorer la sensibilité étant donné qu'une
telle mesure aurait seulement pour résultat d'entraîner une réduction de transmission
(augmentation des pertes par absorption dans le matériau transparent) sans accroître
en aucune manière le contraste et la sensibilité. La seule mesure qui s'avère efficace
pour accroître de manière notable ce contraste et cette sensibilité est précisément
celle mise en oeuvre dans la présente invention, à savoir le fait de faire suivre
cette première courbure d'au moins une seconde courbure disposée dans le sens inverse
à la première.
[0029] L'explication qualitative qui vient d'être donnée ci-dessus en ce qui concerne l'effet
des courbures n'est en fait qu'approximative. Une telle explication est en effet valable
essentiellement pour les rayons méridionaux (c'est-à-dire rayons inter- sectant l'axe
du guide de lumière), mais non pour les rayons obliques (c'est-à-dire rayons n'inter-
sectant pas cet axe), lesquels rayons obliques (« skew rays •) véhiculent pourtant
ainsi qu'il est connu, la majeure partie de l'énergie lumineuse injectée dans la tige
transparente. Cependant, il est pratiquement impossible d'effectuer une analyse théorique
globale du phénomène, compte tenu du comportement hautement complexe de ces rayons
obliques. On pourrait tenter d'effectuer une approche théorique plus complète prenant
en compte le comportement de ces rayons obliques, en utilisant un traitement mathématique
basé sur l'analyse des modes de propagation à l'intérieur de la tige transparente.
Cependant un tel traitement, s'il est déjà complexe à établir dans le cas d'une courbure
unique soumise à la pénétration d'un rayonnement réparti uniformément, s'avère pratiquement
impossible à réaliser dans le cas d'une seconde courbure alternée, du fait de la non-uniformité
de la répartition spatiale de la lumière à son arrivée dans la seconde courbure (non-uniformité
due à l'effet de la première courbure qui entraîne une concentration de l'énergie
lumineuse au voisinage de la surface extérieure de cette courbure).
[0030] L'explication qualitative sus-énoncée, bien qu'approximative est néanmoins amplement
corroborée dans la pratique par les différents résultats expérimentaux obtenus grâce
à la mesure de l'intensité lumineuse transmise (lesquels prennent en compte aussi
bien les rayons obliques que les rayons méridionaux), ainsi que le montreront clairement
les exemples décrits par la suite.
[0031] La figure 3 illustre une première variante du dispositif selon l'invention, selon
laquelle on utilise une structure constituée par une tige transparente 21 présentant
trois courbures alternées. La tige 21 en forme de W représentée sur cette figure se
compose, respectivement, de trois portions incurvées 22, 23 et 24 en forme d'arc de
cercle raccordées les unes avec les autres par deux portions intermédiaires 25 et
26 (la portion incurvée médiane 23 étant disposée en sens inverse des courbures externes
22 et 24), les extrémités libres des courbures externes 22 et 24 se prolongeant par
ailleurs par les portions droites 27 et 28.
[0032] La figure 4 illustre une seconde forme d'exécution du dispositif selon l'invention,
basée sur l'utilisation d'une fibre optique à double courbure. Cette structure est
analogue à celle de la figure 2, mis à part que la tige transparente 10 faite en un
matériau unique est ici remplacée par une fibre optique 31, se composant d'un coeur
central 32 entouré par une gaine de faible épaisseur 33, cette fibre optique 31 restant
par ailleurs non dénudée sur toute sa longueur. La géométrie de cette structure diffère
par ailleurs de celle représentée à la figure 2 par le fait que les courbures 12 et
13 sont ici directement jointives (pas de portion intermédiaire entre les courbures)
et de formes semicirculaires, le déplacement horizontal H étant par ailleurs choisi
égal à zéro.
[0033] La figure 5 illustre une variante du dispositif de la figure 4, selon laquelle la
fibre optique 31 est pourvue d'une section incurvée 35 comportant quatre courbures
alternées (au lieu de deux comme à la figure 4), cette section incurvée 35 étant par
ailleurs complètement dénudée de sa gaine 33 (coeur 32 mis à nu).
Exemple 1
[0034] Cet exemple a pour but de permettre d'établir la comparaison entre les résultats
observables avec le dispositif selon l'invention et les dispositifs connus de l'état
de la technique, de façon à montrer les différences fondamentales existant entre ces
dispositifs.
[0035] On utilise comme matériau de départ des fibres optiques plastiques PS/PMMA de 1,15
mm de diamètre externe, se composant respectivement d'un coeur central de 1,03 mm
de diamètre fait en polystyrène (indice égal à 1,59) et d'une gaine de 60 microns
d'épaisseur faite en polyméthylmétacrylate (indice égal à 1,49). A l'aide de ces fibres,
on réalise les différentes structures suivantes (toutes ces structures conservant
leur gaine dans les portions incurvées) :
a) une première structure comportant une simple courbure à 180° (géométrie analogue
à celle de la figure 1a), qui présente un rayon de courbure R égal à 1,75 mm ;
b) une deuxième structure comportant une simple courbure à 360° (géométrie analogue
à celle de la figure 1b), dont le rayon de courbure est aussi égal à 1,75 mm ;
c) une troisième structure comportant une double courbure alternée (géométrie analogue
à celle de la figure 2), gouvernée par les paramètres suivants : R choisi égal à 1,75
mm, D choisi égal à 4,65 mm (2 R + 2 r), et H choisi égal à + 0,97 mm ;
d) une quatrième structure comportant une quadruple courbure alternée (géométrie analogue
à celle de la figure 5), gouvernée par les paramètres suivants : R choisi égal à 1,75
mm, D choisi égal à 4,65 mm (2 R + 2 r), et H choisi sensiblement nul.
[0036] Les structures susmentionnées peuvent à titre d'exemple être réalisées par chauffage
de la fibre à une température comprise entre environ 100 et 200 °C, et par conformation
de la fibre ainsi chauffée autour de matrices cylindriques de dimensions appropriées
(matrices présentant notamment un rayon externe égal à 1,75 mm.
[0037] On effectue ensuite des mesures de transmission de lumière à travers chacune de ces
structures au moyen d'une source constituée par une lampe quartz-iode de 150 W de
puissance et d'un détecteur constitué par une photodiode au silicium présentant une
réponse spectrale comprise entre 400 et 950 nm avec un pic à 700 nm. On effectue toute
une série de mesures, en immergeant ces différentes structures dans une succession
de liquides d'indices connus. Les résultats ainsi obtenus sont reportés sur le diagramme
de la figure 6, qui illustre la variation du coefficient de contraste r en fonction
de l'indice de réfraction n du liquide testé pour les différentes structures susmentionnées,
les courbes A et B correspondant respectivement à la première et à la deuxième structures
connues de l'état de la technique, et les courbes C et D à la troisième et à la quatrième
structures selon l'invention (les courbes A et B étant pratiquement confondues à l'échelle
du dessin). Ce diagramme illustre à l'évidence non seulement la nette supériorité
des performances (tant en ce qui concerne le contraste que la sensibilité) des structures
selon l'invention par rapport à celles connues de l'état de la technique, mais aussi
et surtout l'effet synergétique tout à fait inattendu procuré par les courbures alternées
permettent en effet l'obtention de performances décuplées par rapport aux courbures
uniques de l'état de la technique, et non pas des performances simplement doublées
ou quadruplées comme on pourrait normalement s'y attendre.
Exemple 2
[0038] Cet exemple a pour but d'illustrer la façon dont varie l'intensité lumineuse transmise
par le dispositif selon l'invention en fonction de l'importance des courbures imprimées
à la tige conductrice de lumière de ce dispositif.
[0039] On utilise comme matériau de départ des fibres optiques (vendues dans le commerce
sous le nom de CROFON par la Société Dupont de Nemours) de 1 mm de diamètre externe,
se composant respectivement d'un coeur central fait en une première matière plastique
d'indice égal à 1,49 (polyméthylmétacrylate), et d'une gaine faite en une seconde
matière plastique d'indice égal à 1,39 (l'épaisseur de la gaine étant inférieure à
50 microns).
[0040] On réalise trois structures de fibre optique à double courbures identiques à celles
illustrées à la figure 4 (à savoir structure présentant une distance D égale à (2
R + 2 r) et une distance H nulle), ces courbures se différenciant les unes des autres
simplement par le fait que le rayon de courbure R est choisi différent dans chacun
des cas, à savoir respectivement 2 mm, 1,75 mm et 1,5 mm (D étant alors respectivement
égal à 5 mm, 4,5 mm et 4 mm). On immerge successivement chacune de ces structures,
respectivement, dans l'air et dans un liquide de référence d'indice égal à 1,39 (essence),
et on mesure à chaque fois la lumière transmise à travers ces structures de la même
façon que précédemment. Les mesures obtenues permettent de déterminer, pour chacune
de ces structures, un coefficient de contraste respectivement égal à environ 8, 18
et 75, ainsi qu'un coefficient de transmission dans l'air respectivement égal à 55
%, 50 % et 43 %.
[0041] On voit ainsi clairement que le contraste croît fortement en fonction de l'importance
des courbures cette forte croissance quant au contraste s'accompagnant par ailleurs
d'une relativement faible diminution du coefficient de transmission dans l'air.
[0042] L'élaboration par le dispositif selon l'invention d'un signal lumineux caractéristique
de l'indice de réfraction du fluide dans lequel il est immergé peut être mise à profit
aussi bien pour détecter des changements d'état discontinus de ce fluide que pour
déterminer différentes caractéristiques de ce fluide liées à son indice de réfraction
(ou des variations continues de ces caractéristiques).
[0043] Dans la première des applications qui vient d'être citée, le dispositif selon l'invention
pourra de manière particulièrement avantageuse être utilisé pour détecter la présence
ou l'absence d'un fluide à un endroit déterminé, et plus particulièrement la hauteur
ou le niveau d'un fluide dans un récipient donné, les différentes courbures constitutives
de la section incurvée du conducteur de lumière étant alors disposées au niveau que
l'on désire détecter. Dans cette application comme indicateur de niveau, le dispositif
peut être simplifié à l'extrême, étant donné qu'il doit détecter seulement deux états
très différents : on peut ainsi supprimer complètement le système de détection de
la lumière transmise et le remplacer par une simple observation visuelle, la courbure
des portions incurvées étant par ailleurs choisie avantageusement de façon à occasionner
des pertes de lumière minimes en l'absence de liquide, de sorte que l'extrémité de
détection du conducteur de lumière apparaîtra sombre si le liquide est au niveau désiré
ou au contraire deviendra claire s'il vient à manquer du liquide. On peut aussi envisager
de supprimer la source de lumière montée à demeure à l'extrémité d'injection du conducteur
de lumière, et la remplacer par une simple source de lumière annexe (par exemple lampe
portative telle que lampe de poche) avec laquelle on éclairera cette extrémité d'injection
de lumière au moment où l'on désire effectuer la vérification de niveau. En ce qui
concerne cette détection de niveau, on pourra par ailleurs envisager de réaliser aussi
bien une détection discrète (mesure d'un niveau unique) qu'une détection quasi continue
(mesure de différents niveaux possibles à l'intérieur d'un même récipient, par exemple
niveaux maximum et minimum), en installant un dispositif à chacun des niveaux à détecter.
[0044] La figure 7 illustre à titre d'exemple une installation pour mesurer trois niveaux
distincts à l'intérieur d'un récipient 40 (niveaux maximum, moyen et minimum). Cette
installation comprend trois fibres optiques selon l'invention 41, 42 et 43 montées
à l'intérieur d'un conduit tubulaire 44 immergé dans le récipient 40, ces trois fibres
optiques présentant des sections incurvées 41a, 42a et 43a en forme de W disposées
à hauteur de chacun des niveaux à mesurer. Dans cette installation, l'injection de
lumière dans les sections d'entrée des fibres est réalisée à l'aide d'une source de
lumière unique 45, cependant que l'indication de niveau est obtenue par simple observation
visuelle de l'extrémité libre des sections de sortie de ces fibres. Le récipient étant
à titre d'exemple au trois-quarts plein au dessin, seule l'extrémité de sortie de
la fibre 41 apparaît claire au dessin, les extrémités des deux autres fibres 42 et
43 restant sombres.
[0045] Les applications du dispositif selon l'invention comme indicateur de niveau sont
multiples. On peut tout d'abord envisager de l'utiliser dans le domaine de l'instrumentation
automobile (ou même aéronautique), pour détecter des niveaux tels que les niveaux
du réservoir d'essence, de l'huile du moteur ou de la transmission, du liquide de
freinage, de l'électrolyte de la batterie, du liquide pour laver le pare-brise, etc.,
les différentes extrémités de contrôle des fibres optiques utilisées pour détecter
tous ces niveaux étant par exemple montées sur le tableau de bord du véhicule. On
peut également envisager d'utiliser un tel indicateur de niveau dans bien d'autres
domaines, tels que stockage de gaz liquéfiés (où les mesures de niveau sont généralement
difficiles à effectuer compte tenu des risques de feu, des températures réduites et
de l'environnement corrosif), réservoir de stockage de produits chimiques, etc.
[0046] Le dispositif selon l'invention peut également être utilisé comme réfractomètre,
en vue de mesurer, soit directement l'indice de réfraction d'un fluide, soit d'autres
caractéristiques de ce fluide liées à son indice de réfraction, telles que concentration
d'une solution, proportion d'un des constituants d'un fluide composite, température
d'un fluide liquéfié, etc... Dans une telle application comme réfractomètre, le système
de détection de la lumière transmise peut être constitué par un système électrique
comprenant par exemple un phototransistor relié à un dispositif de mesure, (susceptible
d'être élaboré de façon à donner directement la valeur de la caractéristique à mesurer)
ou au contraire par un simple système visuel basé sur l'observation d'une atténuation
de luminosité ou d'un changement de couleur (éventuellement susceptible d'être comparée
avec ceux d'une fibre de contrôle).
[0047] Les domaines d'application d'un tel réfractomètre sont multiples : industrie chimique,
domaine médical, instrumentation en général, instrumentation automobile ou aéronautique,
etc... Dans le domaine de l'instrumentation automobile, on peut ainsi envisager d'utiliser
un tel réfractomètre pour des applications telles que détermination de l'état de charge
d'une batterie acide-plomb ou détermination de la résistance à la congélation de l'antigel.
En ce qui concerne cette première application à la batterie, on sait qu'on peut déterminer
l'état de charge d'une batterie acide-plomb classique en mesurant les variations de
l'indice de réfraction de l'électrolyte, cet indice tombant de 1,378 en pleine charge
à 1,348 lorsque la batterie est à plat : le diagramme de la figure 6 montre que ce
changement d'indice correspondrait à une variation du coefficient de contraste d'environ
88 à 35 pour la fibre optique correspondant à la courbe D (respectivement une variation
du coefficient de contraste d'environ 35 à 19 pour la fibre optique correspondant
à la courbe C), ce qui peut être facilement mesuré de manière visuelle ou électroniquement.
En ce qui concerne la seconde application à l'antigel, on sait par ailleurs que le
propylène glycol tend de plus en plus à remplacer l'éthylène glycol, dont l'utilisation
comme antigel est maintenant interdite dans de nombreux pays en raison de sa toxicité
: la détermination du pourcentage d'éthylène glycol à l'aide d'un densitomètre ne
peut malheureusement plus être appliquée pour le propylène glycol, étant donné que
la densité de ce dernier est très voisine de celle de l'eau, de sorte que le dispositif
selon l'invention constitue dans ce cas une solution de remplacement particulièrement
avantageuse pour cette application.
[0048] Le dispositif selon la présente invention présente de nombreux avantages par rapport
aux jauges de niveau ou réfractomètres connus : simplicité tant dans sa construction
que son utilisation, faible coût, contraste élevé le rendant particulièrement attrayant
pour son utilisation comme indicateur de niveau, excellente sensibilité aux changements
d'indices de réfraction permettant une bonne utilisation comme réfractomètre.
1. Dispositif pour élaborer un signal lumineux caractéristique de l'indice de réfraction
d'un fluide, comportant un seul corps longiligne conducteur de la lumière se composant
d'une section d'entrée et d'une section de sortie raccordées l'une à l'autre par une
section intermédiaire incurvée, ladite section d'entrée étant destinée à recevoir
de la lumière par son extrémité libre et au moins ladite section incurvée étant destinée
à être immergée dans ledit fluide, la courbure de ladite section incurvée étant par
ailleurs choisie suffisamment prononcée pour donner lieu à un passage de lumière non
négligeable par réfraction dans ledit fluide, fonction de l'indice de réfraction du
corps longiligne étant supérieur à celui du fluide, caractérisée par le fait que ladite
section intermédiaire incurvée présente un profil comprenant au moins deux courbures
successives suffisamment prononcées, alternativement concave et convexe.
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ladite section
intermédiaire incurvée présente un profil comprenant au moins trois courbures successives
suffisament prononcées alternativement.
3. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ladite section
intermédiaire incurvée présente un profil comprenant une pluralité de courbures successives
suffisamment prononcées.
4. Dispositif selon les revendications 1, 2 ou 3, caractérisé par le fait que lesdites
courbures successives sont raccordées entre elles par l'intermédiaire de portions
intermédiaires droites dont la longueur reste relativement faible par rapport à celle
desdites courbures.
5. Dispositif selon les revendications 1, 2 ou 3, caractérisé par le fait que lesdites
courbures successives sont tangentes à un point commun.
6. Dispositif selon les revendications 1, 2 ou 3, caractérisé par le fait que ledit
corps longiligne présente une section droite circulaire, le rayon de courbure desdites
courbures étant par ailleurs préférentiellement choisi de façon à être de trois à
cinq fois supérieur au rayon de la section droite dudit corps longiligne.
7. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ledit corps longiligne
conducteur de la lumière est constitué par une tige faite en un matériau transparent.
8. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ledit corps longiligne
conducteur de la lumière est constitué par une fibre optique se composant d'un coeur
fait en un premier matériau transparent entouré d'une gaine faite en un second matériau
transparent d'indice de réfraction inférieur à celui dudit premier matériau transparent.
9. Dispositif selon la revendication 8, caractérisé par le fait que la section intermédiaire
incurvée de ladite fibre optique est dénudée de sa gaine.
10. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il comporte en
outre une source lumineuse agencée en regard de l'extrémité libre de ladite section
d'entrée, destinée à permettre l'injection d'un faisceau lumineux déterminé dans ladite
section d'entrée.
11. Dispositif selon la revendication 10, caractérisé par le fait que ladite source
lumineuse est agencée de façon à permettre l'injection d'un faisceau divergent dans
ladite section d'entrée.
12. Dispositif selon les revendications 10 ou 11, caractérisé par le fait qu'il comporte
de plus un transducteur photoélectrique agencé en regard de l'extrémité libre de ladite
section de sortie, destinée à élaborer un signal électrique représentatif de la quantité
de lumière émergeant de cette section de sortie.
13. Utilisation du dispositif selon la revendication 1, pour détecter la présence
ou l'absence dudit fluide.
14. Utilisation du dispositif selon la revendication 1 pour déterminer l'indice de
réfraction dudit fluide.
1. A device for processing a light signal which is characteristic of the index of
refraction of a fluid, comprising a single elongate light-conducting body comprising
an input portion and an output portion connected to one another by a curved intermediate
portion, the said input portion being designed to receive light through its free end
and at least the said curved portion being designed to be immersed in the fluid the
curvature of the curved portion being selected so as to be sufficiently pronounced
to enable a non- negligible passage of light by refraction in the fluid as a function
of the index of refraction of this fluid, the index of refraction of the elongate
body being greater than that of the fluid, characterised in that the curved intermediate
portion has a profile having at least two sufficiently pronounced successive curves
which are alternately concave and convex.
2. A device as claimed in claim 1, characterised in that the curved intermediate portion
has a profile having at least three sufficiently pronounced curves which are alternately
concave and convex.
3. A device as claimed in claim 1, characterised in that the curved intermediate portion
has a profile having a plurality of sufficiently pronounced curves.
4. A device as claimed in claims 1, 2 or 3, characterised in that the successive curves
are connected together by means of straight intermediate portions whose length is
relatively small relative to the lengths of the curves.
5. A device as claimed in claims 1, 2 or 3, characterised in that the successive curves
form tangents to a common point.
6. A device as claimed in claims 1, 2 or 3, characterised in that the elongate body
has a circular cross section, the radius of curvature of the curves being preferably
selected so as to be three to five times greater than the radius of the cross section
of the elongate body.
7. A device as claimed 1, characterised in that the elongate light-conducting body
is constituted by a rod made of a transparent material.
8. A device as claimed in claim 1, characterised in that the elongate ligh-conducting
body is constituted by an optical fibre composed of a core of a first transparent
material surrounded by a sheath of a second transparent material having an index of
refraction which is lower than that of the first transparent material.
9. A device as claimed in claim 8, characterised in that the curved intermediate portion
of the optical fibre has the sheath removed from it.
10. A device as claimed in claim 1, ctiaracteris- ed in that it further comprises
a light source arranged opposite the free end of the input portion and designed to
enable the injection of a given light beam into the input portion.
11. A device as claimed in claim 10, characterised in that the light source is arranged
in such a way as to enable the injection of a divergent beam into the input portion.
12. A device as claimed in claims 10 or 11, characterised in that it further comprises
a photoelectric transducer arranged opposite the free end of the output portion and
designed to process an electrical signal representative of the quantity of light being
discharged from this output portion.
13. The use of the device as claimed in claim 1 to detect the presence or the absence
of the fluid.
14. The use of the device as claimed in claim 1 to determine the index of refraction
of the fluid.
1. Vorrichtung zum Verarbeiten eines für den Brechungskoeffizienten eines Fluids charakteristischen
Lichtsignals, bestehend aus einem einzigen langgestreckten Lichtleiterkörper, der
sich aus einem Eingangsabschnitt und einem Ausgangsabschnitt zusammensetzt, die durch
einen gekrümmten Zwischenabschnitt miteinander verbunden sind, wobei der Eingangsabschnitt
das Licht mit seinem freien Ende aufnehmen und mindestens der gekrümmte Abschnitt
in das Fluid eingetaucht werden soll, und wobei die Krümmung des gekrümmten Abschnitts
im übrigen ausreichend ausgeprägt gewählt wird, um einem nicht unbeachtlichen Lichtdurchlass
durch Brechung in das Fluid als Funktion des Brechungskoeffizienten in diesem Fluid
stattzugeben, wobei der Brechungsindex des langgestreckten Körpers über dem des Fluids
liegt, dadurch gekennzeichnet, dass der gekrümmte Zwischenabschnitt ein Profil mit
mindestens zwei aufeinanderfolgenden, ausreichend ausgeprägten Krümmungen aufweist,
die abwechselnd konkav und konvex sind.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, das der gekrümmte Zwischenabschnitt
ein Profil mit mindestens drei aufeinanderfolgenden, ausreichend ausgeprägten Krümmungen
aufweist, die abwechselnd konklav und konvex sind.
3. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der gekrümmte Zwischenabschnitt
ein Profil mit einer Vielzahl von aufeinanderfolgenden, ausreichend ausgeprägten Krümmungen
aufweist.
4. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1, 2, oder 3, dadurch gekennzeichnet, dass
die aufeinanderfolgenden Krümmungen mittels gerader Zwischenteile miteinander verbunden
sind, deren Länge im Verhältnis zu derjenigen der Krümmungen relativ schwach bleibt.
5. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1, 2 oder 3, dadurch gekennzeichnet, dass
die aufeinanderfolgenden Krümmungen sich an einem gemeinsamen Punkt berühren.
6. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1, 2 oder 3, dadurch gekennzeichnet, dass
der langgestreckte Körper einen kreisförmigen Querschnitt aufweist, wobei der Radius
der Krümmungen im übrigen vorzugsweise so gewählt ist, dass er drei- bis fünfmal über
dem Radius des Querschnitts des langgestreckten Körpers liegt.
7. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der langgestreckte Lichtleiterkörper
aus einer Stange aus durchsichtigem Material besteht.
8. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der langgestreckte Lichtleiterkörper
aus einer optischen Faser besteht, die sich aus einem ersten durchsichtigen Material
bestehenden Kern zusammensetzt, der von einer Hülle aus einem zweiten durchsichtigen
Material mit einem unter dem des ersten durchsichtigen Materials liegenden Brechungskoeffizienten
umgeben ist.
9. Vorrichtung nach Anspruch 8, dadurch gekennzeichnet, dass der gekrümmte Zwischenabschnitt
der optischen Faser von seiner Hülle abgemantelt ist.
10. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, das sie weiterhin eine gegenüber
dem freien Ende des Eingangsabschnitts angeordnete Lichtquelle aufweist, die die Eingabe
eines in diesem Eingangsabschnitt begrenzten Lichtbündels ermöglichen soll.
11. Vorrichtung nach Anspruch 10, dadurch gekennzeichnet, dass die Lichtquelle so
angeordnet ist, dass sie die Eingabe eines sich in dem Eingangsabschnitt zerstreuenden
Bündels ermöglicht.
12. Vorrichtung nach Anspruch 10 oder 11, dadurch gekennzeichnet, dass sie ausserdem
einen photoelektrischen, gegenüber dem freien Ende des Ausgangsabschnitts angeordneten
Umwandler aufweist, durch den ein elektrisches Signal verarbeitet werden soll, das
repräsentativ für die aus diesem Ausgangsabschnitt austretende Lichtmenge ist.
13. Verwendung der Vorrichtung nach Anspruch 1 zur Festellung des Vorhandenseins oder
Fehlens des Fluids.
14. Verwendung der Vorrichtung nach Anspruch 1 zur Bestimmung des Brechungskoeffizienten
des Fluids.