[0001] La présente invention concerne une nouvelle souche de levures comportant des plasmides
hybrides.
[0002] Récemment des procédés mettant en oeuvre des plasmides bactériens ont permis d'obtenir
des souches de bactéries produisant des peptides et des protéines très intéressants
sur le plan industriel comme la somatostatine, l'insuline et l'ovalbumine.
[0003] Toutefois, ces systèmes bactériens, compte tenu des différences qui existent dans
les systèmes de transcription et de traduction eucaryotes et procaryotes, sont soumis
à de sérieuses limitations. En outre, un certain nombre de gènes eucaryotes sont discontinus
et présentent des insertions (jusqu'à 7 pour l'ovalbumine de poule). Cette situation
explique que de tels gènes ne peuvent être correctement traduits par un procaryote,
à moins évidemment de construire un gène sans insertion.
[0004] Il est donc clair que, dans ce domaine, les levures qui sont des microorganismes
eucaryotes offrent la possibilité de. s'affranchir de ces contraintes et présentent
donc un grand intérêt potentiel pour de multiples applications pratiques.
[0005] Toutefois, jusqu'à une date récente, on ignorait comment faire rentrer un acide désoxyribonucléique
(ADN) exogène dans une levure et obtenir qu'il s'y maintienne sous forme stable et
s'y exprime.
[0006] Cet obstacle a récemment été levé par les travaux de A. Hinnen, J. B. Hicks et G.
R. Finck en utilisant un plasmide bactérien portant le gène LEU
2+ de la levure (vecteur). Les clones de levures obtenus par traitement à l'aide de
ce plasmide se sont avérés avoir intégré tout ou partie du vecteur sans toutefois
que celui-ci se maintienne à l'état libre dans le cytoplasme.
[0007] Ce procédé présente toutefois le désavantage de ne pas permettre l'amplification
de l'ADN d'origine exogène. On sait, en effet, que certains plasmides bactériens existent
à l'état de copie multiple dans les bactéries qui les portent et, par ailleurs, on
sait qu'il existe dans certaines souches de levures, en particulier Saccharomyces
cerevisiae, un plasmide désigné par le sigle 2 µ en raison de sa longueur. Ce plasmide
2 µ existe au nombre de
°50 à 100 exemplaires par cellule et si on ne lui connaît pas, jusqu'à présent, de
fonction génétique précise, on sait qu'il est transcrit au moins en partie et qu'il
peut ainsi constituer un vecteur potentiel d'un grand intérêt.
[0008] La présente invention a pour but de fournir une souche de Saccharomyces cerevisiae
transformée par des vecteurs plasmidiques permettant d'introduire à volonté un gène
particulier dans ladite souche.
[0009] Un autre but de l'invention est que le gène particulier ainsi introduit soit stable,
puisse s'exprimer et soit amplifié. "
[0010] Grâce à cette invention, on dispose ainsi d'un moyen permettant de modifier les propriétés
d'une levure de façon prédéterminée et ce dans des proportions très supérieures aux
techniques de mutations connues.
[0011] La présente invention concerne une souche de Saccharomyces cerevisiae transformée
par un plasmide hybride comportant l'ADN d'un plasmide bactérien, tout ou partie de
l'ADN du plasmide 2 µ de levure et un segment d'ADN d'environ 1,1 kb incorporant le
gène URA
3+ de levure qui est limité par 2 sites de restriction Hind III.
[0012] Il peut être utile de rappeler que le plasmide 2 µ de levure est connu et une étude
très complète peut en être trouvée dans « Viruses and Plasmid in Fungi éditeur Paul
A. Lemke, cet ouvrage pourra également être utilisé comme référence pour la définition
de certains termes dont la définition complète ne serait pas donnée dans la présente
description.
[0013] Le gène URA
3+ est le gène codant pour l'orotidine-5'-phosphate-décarboxylase, en son absence la
levure ne peut se développer que sur un milieu contenant de l'uracil. La présence
ou l'absence de ce gène permet de « cribler les levures en utilisant un milieu avec
et sans uracil.
[0014] Dans un mode de réalisation préféré du plasmide selon la présente invention, le segment
d'ADN renfermant le gène URA
3+ de levure est inséré dans l'ADN du plasmide 2 µ de levure, en particulier le segment
d'ADN renfermant le gène URA
3+ de levure est inséré dans l'ADN du plasmide 2 µ de levure entre les sites de restriction
Hind III (2) et Hind III (3) avec perte du segment correspondant de l'ADN du plasmide
2 µ de levure. ,
[0015] Les sites de restriction Hind III correspondent aux endroits de la molécule ADN qui
sont coupés par une enzyme particulière, l'endonucléase Hind III (qui sera appelée
ci-après par abréviation Hind III). Ces sites de restriction Hind III sont au nombre
de 3 sur le plasmide 2 µ et sont appelés Hind III (1), Hind III (2) et Hind III (3)
(qui seront appelés ci-après par abréviation H1, H2 et H3).
[0016] Dans un autre mode de réalisation des plasmides selon la présente invention, le segment
d'ADN renfermant le-gène URA
3+ de levure est inséré dans l'ADN du plasmide bactérien.
[0017] Parmi les ADN de plasmide bactérien utilisables il faut citer plus particulièrement
l'ADN du plasmide pCR1 et du plasmide pBR322 (Bethesda Research Laboratory Inc., in
Rockville, Maryland).
[0018] Dans un mode de réalisation particulièrement intéressant de la présente invention,
en particulier lorsque le segment d'ADN renfermant le gène URA
3+ est inséré dans l'ADN du plasmide 2 µ, l'ADN du plasmide bactérien comporte l'insertion
d'un ADN exogène provenant d'un organisme procaryote ou surtout d'un organisme eucaryote
tel qu'une levure.
[0019] On peut également prévoir dans le cadre de la présente invention des plasmides hybrides
dans lesquels le plasmide 2 µ comporte une insertion d'un ADN exogène provenant d'un
organisme procaryote ou surtout eucaryote.
[0020] Les plasmides vecteurs selon la présente invention peuvent être préparés par des
techniques connues.
[0021] On donnera, ci-après, une technique générale permettant de préparer deux plasmides
selon la présente invention particulièrement intéressants.
[0022] Afin de faciliter la compréhension du procédé, certains des plasmides mis en oeuvre
dans cette technique sont représentés sur les figures annexées où :
la figure 1 représente le schéma de l'ADN du plasmide PTY39,
la figure 2 représente le schéma de l'ADN du plasmide G9,
la figure 3 représente le schéma de l'ADN du plasmide G18.
la figure 4 représente le schéma de l'ADN du plasmide pFL1 ,
la figure 5 représente le schéma de l'ADN du plasmide pMA1,
[0023] On part d'un plasmide hybride PTY39 décrit dans l'article de Hollenberg et al., Proc.
Nat. Acad. Sci. USA, 73, 2072-2076, (1976). Ce plasmide est représenté à la figure
1.
[0024] Le plasmide PTY39 est constitué de deux séquences :
l'ADN du plasmide 2 µ de levure et
l'ADN bactérien de pCR1 sur lequel on a indiqué en pointillé et par les lettres KANR le gène du plasmide qui lui permet de conférer le caractère de résistance à la kanamycine.
[0025] Le fragment d'ADN correspondant au plasmide pCR1 ne possède qu'un site de restriction
Hind III désigné par H et situé dans le gène KAN
r.
[0026] L'ADN du plasmide 2 µ de PTY39 comporte pour sa part trois sites de restriction Hind
III qui sont numérotés H1, H2 et H3 et un site de restriction Eco R1, noté R1, entre
H1 et H3 en plus des sites de restriction Eco R1 de jonction, comme précédemment,
la présence de ces sites de restriction Eco R1 signifie que l'ADN est coupé à ce niveau
par l'endonucléase Eco R1.
[0027] Il est important de noter que le site de restriction Eco R1 est situé entre les sites
de restriction Hind III (1) et Hind III (3).
[0028] Les éléments hachurés de l'ADN du plasmide 2 µ situent les séquences répétées inverses.
[0029] Ce plasmide hybride PTY39 est accumulé en un très grand nombre de copies en traitant
la bactérie qui en est porteuse par le chloramphénicol.
[0030] D'un autre côté, on utilise un plasmide hybride pMB9-URA
3+ constitué d'un plasmide bactérien pMB9 dans lequel on a inséré un fragment d'ADN
de levure portant le gène URA
3+ encadré par deux sites de restriction Hind III.
[0031] On effectue tout d'abord une digestion modérée du plasmide PTY39 par l'endonucléase
Hind III.
[0032] Puis une digestion complète du plasmide pMB9-URA
3+ par la même enzyme suivie d'une séparation des fragments de restriction par électrophorèse
et on isole un fragment de 1,1 kilobase portant le gène URA
3+.
[0033] On mélange alors le plasmide PTY39 partiellement digéré avec le fragment portant
le gène URA
3+ isolé précédemment en présence de ligase.
[0034] Puis on transforme des bactéries pyrF (c'est-à-dire affectées dans le gène de l'orotidine-5'-phosphate-décarboxylase)
par l'ADN obtenu après ligation à l'étape précédente.
[0035] On sélectionne ensuite les clones se développant sur milieu minimum qui sont les
Escherichia coli pyr
+ qui ont donc intégré les plasmides portant le gène URA
3+.
[0036] Parmi ces Escherichia coli pyr
+ on sépare les clones sensibles à la kanamycine, on obtient ainsi deux types de souches
:
Escherichia coli pyr+ Kanr et
[0037] Escherichia coli pyr+ Kans.
[0038] On extrait alors de ces deux types de souches deux types de plasmides selon l'invention
:
le plasmide G9 qui confère le phénotype pyr+ Kanr et
le plasmide G18 qui confère le phénotype pyr+ Kans.
[0039] Les plasmides G9 et G18 sont représentés respectivement sur les figures 2 et 3.
[0040] Le plasmide G9 comporte une partie d'ADN bactérien provenant de pCR1 identique à
celle que l'on trouvait dans PTY39. Quant à la partie ADN de levure, on a représenté
en trait noir épais le segment d'ADN porteur de gène URA
3+ et qui s'est fixé entre les sites de restriction H1 et H3 avec une perte du segment
de plasmide 2 µ correspondant.
[0041] Il est important de noter que le remplacement du segment d'ADN du plasmide 2 µ situé
entre les sites de restriction Hind III (1) et Hind III (3) par l'ADN de levure portant
le gène URA
3+ a pour effet de faire disparaître le site de restriction Eco R1 se trouvant à l'origine
dans l'ADN du plasmide 2 µ entre les sites H1 et H3.
[0042] G18 comporte intégralement l'ADN du plasmide 2 µ comme pour PTY39, par contre le
fragment d'ADN bactérien provenant de pCR1 comporte l'insertion, au niveau du site
de restriction Hind III, du fragment d'ADN portant le gène URA
3+ représenté en trait noir.
[0043] Les plasmides hybrides G9 et G18 ainsi obtenus peuvent être conservés tel quel ou
dans une levure ou une bactérie où ils se multiplieront et pourront en être extraits
à la demande.
[0044] Ces plamides peuvent être intégrés dans une levure par le procédé suivant.
[0045] On utilise une souche de levure de Saccharomyces cerevisiae URA
3-, dans le cas présent et afin de mieux étudier le phénomène on utilise une levure
à faible taux de reversion.
[0046] Cette souche cultivée sur milieu complet est récoltée en phase exponentielle.
[0047] Les cellules sont alors transformées en protoplastes par digestion des parois à l'aide
d'hélicase en présence d'un stabilisateur osmotique.
[0048] Les protoplastes sont mis en présence de l'ADN du plasmide hybride G9 ou G18 pendant
environ 10 minutes puis on mélange avec du polyéthylène glycol à 30 % et on laisse
agir pendant environ 15 minutes. On centrifuge et le culot est remis en suspension
dans un milieu complet contenant un stabilisant osmotique. On incube pendant 1 heure
à 30 'C puis on procède à une deuxième centrifugation. Le culot est alors resuspendu
dans un milieu hypertonique contenant de l'agar (3 %) maintenu en surfusion à 44 °C
et 0,03 % d'extrait de levure.
[0049] L'ensemble est coulé dans des boîtes de Pétri.
[0050] Aux fins de comparaison, on traite de la même façon des levures témoins mais sans
ajouter d'ADN de plasmide hybride.
[0051] Au bout de 3 à 5 jours, il apparaît de nombreuses colonies sur les boîtes correspondant
aux cellules traitées par l'ADN alors qu'il n'y en a pas sur les boîtes témoins.
[0052] Les colonies ainsi obtenues sont appelées « transformants " et constituent des microorganismes
entrant dans le cadre de l'invention à la fois comme source de plasmide hybride G9
ou G18 et comme moyen notamment pour la préparation de l'orotidine-5'-phosphate-décarboxylase.
[0053] En effet, on a mesuré l'activité spécifique de l'orotidirie-5'-phosphate-décarboxylase
dans la souche sauvage URA
3+ et dans un certain nombre de transformants, c'est-à-dire de souches selon la présente
invention et on a constaté que si dans la souche sauvage l'activité de l'enzyme est
de deux unités, cette activité varie entre 10 et 35 chez les transformants, ce qui
représente un facteur multiplicatif de 5 à 18.
[0054] Cette description permet de comprendre les fonctions des différentes parties des
plasmides selon la présente invention :
le fragment URA3+ permet de « cribler » les microorganismes traités par les plasmides de l'invention
le fragment 2 µ permet d'amplifier les propriétés transférées par les plasmides de
l'invention.
[0055] Les souches selon la présente invention peuvent donc être envisagées comme moyen
de production de l'orotidine-5'-phosphate-décarboxylase qui est un produit utilisé
dans les industries enzymatiques.
[0056] Un autre intérêt des plasmides hybrides selon la présente invention, notamment des
plasmides hybrides G9 et G18, est qu'ils peuvent, dans le cadre de l'invention, être
modifiés afin de servir de vecteurs pour l'introduction d'ADN exogène dans la levure
qui, après transformation, font également partie de la présente invention.
[0057] Il faut remarquer, à ce propos, que dans le cas du plasmide hybride G9 ce dernier
ne présente de sites de restriction Eco R1 qu'à la jonction entre l'ADN de levure
et l'ADN bactérien et qu'en conséquence l'action de l'endonucléase Eco R1 conduit
à la séparation de l'ADN levure et de l'ADN bactérien et qu'ainsi on peut aisément
fixer sur le site Eco R1 de l'ADN levure un nouvel ADN bactérien portant par exemple
un ADN exogène.
[0058] Pour ce qui concerne le plasmide hybride G18. Celui-ci présente l'avantage de posséder
un ADN de plasmide 2 µ complet ce qui permet d'envisager sa répliquation et son maintien
dans une souche de levure par exemple de façon beaucoup plus sure que dans le cas
du plasmide G9 dont l'ADN du plasmide 2 µ a été amputé d'un segment entre les sites
de restriction Hind III (1) et Hind III (3). Toutefois, cet avantage doit être pondéré
compte tenu du fait que G18 possède deux sites de restrictions Eco R1 qui lors de
l'action de l'enzyme correspondante peuvent conduire à un fractionnement plus complexe
de l'ADN que dans le cas de G9 et rendre ainsi plus difficile l'introduction d'ADN
bactérien portant un ADN exogène.
[0059] Les exemples suivants sont destinés à illustrer un procédé de préparation de plasmides
hybrides et de microorganismes selon la présente invention sans pour autant qu'ils
puissent être considérés comme limitant la portée de ladite invention.
Exemple 1
Préparation des plasmides G9 et G18
[0060] On prépare un plasmide pMB9-URA
3+ par les procédés connus (T.D. Petes et al., Gene, vol. IV, 1978, p. 37-49) par exemple
en faisant digérer l'ADN d'une levure sauvage de Saccharomyces cerevisiae par l'endonucléase
Hind III, et en faisant de même digérer le plasmide pMB9 (Bolivar et al. Gene 2, 75-93
(1977) par la même enzyme. Les deux produits de digestion sont ligaturés par la ligase
ADN T4. On effectue ensuite le tri des plasmides obtenus en utilisant une souche de
Escherichia coli URA
3- que l'on transforme par lesdits plasmides qui sont les seuls à croître sur un milieu
minimum (sans uracil). On extrait alors les plasmides pMB9-URA
3+ des souches Escherichia coli URA
3+ sélectionnées.
[0061] 20 µg du produit de digestion du plasmide pMB9-URA
3+ par l'endonucléase Hind III (fourni par la firme Boehringer) sont soumis à une électrophorèse
sur un gel d'agarose à 1 %.
[0062] Le fragment de 1,1 kilobase portant le gène URA
3+ de la levure est récupéré à partir du gel par la méthode dite « Freeze et Squeeze
» (Thuring, 1975) et par précipitation à l'éthanol.
[0063] L'ADN circulaire du plasmide PTY39 est partiellement digéré par l'endonucléase Hind
III pour obtenir un maximum de molécule ne comportant qu'une seule coupure. Après
chauffage à 60 °C pendant 10 minutes pour inactiver l'enzyme et après dialyse, 1 µg
de l'ADN digéré de PTY39 est mélangé avec environ 0,05 µg du fragment de 1,1 kilobase
portant le gène URA
3+ de la levure. Les deux morceaux sont liés par de la ligase ADN T4 dans un volume
de 50 µl pendant 3 minutes à 37'C puis pendant 5 heures à 10 'C.
[0064] Le mélange de ligation (50 µl) est dilué par 900 µl d'un tampon contenant 10 mM de
Tris pH 7, 10 mM de CaCl
2, 10 mM de MgSO
4. 100 µl de ce mélange dilué sont ajoutés à 200 µl de cellules d'Escherichia coli
URA
3- préparé pour transformation par le procédé de Cohen et al. (1975). Le mélange de
transformation est abandonné sur la glace pendant 25 minutes puis soumis pendant 3
minutes à un chauffage pulsé à 37°C puis abandonné à la température ambiante pendant
10 minutes. 1 ml de milieu complet est alors ajouté et le mélange est agité à 37 'C
pendant 1 heure. Les cellules sont alors rassemblées par centrifugation puis étalées
sur un milieu minimum, c'est-à-dire un milieu M63, contenant du tryptophane. Les clones
URA
3+ obtenus sont alors sélectionnés en tenant compte de leur résistance à la kanamycine.
[0065] On sélectionne ainsi les clones d'Escherichia coli porteurs de G9 qui résistent à
la kanamycine et les clones d'Escherichia coli porteurs de G18 qui ne résistent pas
à la kanamycine.
[0066] Ces plasmides sont alors extraits.
Exemple 2
Préparation de levures
[0067] On prépare les souches de levures réceptrices URA
3- en les cultivant sur 500 ml de milieu complet jusqu'à une densité cellulaire d'environ
2.10
7 cellules/ml. Les cellules sont alors lavées dans 300 ml d'eau distillée et dans le
même volume de sorbitol 1,2 M. Elles sont remises en suspension dans 50 ml d'un mélange
de sorbitol 1,2 M, 0,05 M phosphate-citrate pH 5,8 et d'hélicase (fourni par l'Industrie
Biologique Française) qui est ajouté jusqu'à une concentration finale de 6500 unités
par ml. Les cellules sont incubées à 28 °C pendant 1 heure à 1 heure 30 sous légère
agitation. Durant l'incubation la formation des sphéroplastes est suivie par une méthode
optique.
[0068] Les sphéroplastes sont lavés par centrifugation à température ambiante et remis en
suspension trois fois dans 150 ml de sorbitol 1,2 M puis une fois dans une solution
de sorbitol 1,2 M, 10 mM de Tris pH 7,6 et 10 mM de CaCI
2. Les sphéroplastes sont concentrés dans le même tampon jusqu'à une densité cellulaire
d'environ 10
9 cellules/ml. L'ADN de plasmide obtenu précédemment dans CaC1
2 10 mM et Tris pH 6 10 mM (environ 10 µl) est mélangé avec 0,2 ml de sphéroplastes
jusqu'à une concentration de 5 à 15 µg par ml. Le mélange est abandonné à la température
ambiante pendant 10 minutes puis on ajoute 2 ml de Tris 10 mM, CaCl
2 10 mM dans du polyéthylène 4000 à 30 %. Après mélange, l'ensemble est abandonné 15
minutes à la température ambiante. Les sphéroplastes sont récupérés par centrifugation
à 2500 g pendant 10 minutes puis remis en suspension dans un milieu contenant 1,2
M sorbitol, 4 g/l d'extrait de levure, 6 g/l de glucose, 6 g/l de bactopeptone Difco,
10 mM de CaCl
2 et 10 mM de Tris pH 6 puis agité légèrement pendant 1 heure à 28 °C.
[0069] L'ensemble est centrifugé puis remis en suspension dans 0,2 ml du tampon précédent.
Les échantillons sont mélangés avec 8 ml de gélose (1,2 M sorbitol, 20 g/I de glucose,
0,8 g/I de bactotryptone Difco, 0,3 g/I d'extrait de levure, 30 g/I de gélose purifiée
Difco) à 44 °C et versé dans le même milieu à l'exception de la concentration en gélose
qui est de 20 g/I.
[0070] Les dilutions sont étalées par le même procédé dans les mêmes milieux supplémentés
avec 50 µg/l d'uracil de façon à mesurer l'efficacité de la régénération des sphéroplastes.
[0071] Les résultats obtenus sont rassemblés dans le tableau 1.
Exemple 3
[0072] On opère comme dans l'exemple 2 et on obtient les résultats rassemblés dans le tableau
1.

Etude de l'activité des levures obtenues
[0073] On dose l'activité d'orotidine-5'-phosphate-décarboxylase par prélèvement des cellules
en phase de croissance logarithmique sur milieu minimum et un extrait brut est préparé
par le procédé de Lacroute (1962).
[0074] L'essai enzymatique est conduit selon Beckwith et al. (1962) excepté le fait que
MgCl
2 est mis dans le mélange réactionnel. Les protéines sont dosées selon la méthode de
Lowry et al. (1951) la lysozyme étant utilisée comme étalon.
[0075] Les résultats obtenus sont rassemblés dans le tableau II.
[0076] Les souches TRA (transformants) sont des souches obtenues dans les exemples 2 et
3.
[0077] L'activité spécifique pour l'orotidine-5'-phosphate-décarboxylase est exprimée en
n.moles de substrat décarboxylé par minute et par milligramme de protéine.
[0078] L'augmentation de l'activité spécifique indique le rapport entre l'activité spécifique
des TRA après correction à l'activité spécifique de la souche sauvage.

[0079] De façon analogue aux exemples 1 et 2,
[0080] on prépare un plasmide pBR322 avec le fragment portant le gène URA
3+ inséré au niveau du site Hind III ;
[0081] on effectue la digestion partielle du plasmide obtenu par l'enzyme Eco R1 ;
[0082] on effectue la digestion partielle du plasmide 2 µ de la souche de S. cerevisiae
FI 100 ATCC 28 383 par l'enzyme Eco R1 ;
[0083] on mélange les deux produits de digestion après inhibition de l'enzyme Eco R1 et
on ligature les fragments du mélange avec la ligase une nuit à 10 °C ;
[0084] on extrait les plasmides obtenus et on transforme une souche de levure S. cerevisiae
réceptrice ura
3. C'est-à-dire ne pouvant croître sans uracile, et on sélectionne les transformats
capables de croître sur milieu sans uracile. De ces transformats URA
3+ on extrait les plasmides qui peuvent, comme cela a été décrit, être utilisés pour
transformer une souche E. coli URA
3-, laquelle par sélection des souches URA
3+ obtenues constitue un réservoir de plasmide dont la structure est donnée dans les
figures 4 et 5 ci-annexées.
[0085] La figure 4 représente le plasmide pFL 1 (représenté en traits pointillés) qui comporte
l'ADN du plasmide pBR 322 avec insertion de l'ADN du gène URA
3+ (représenté en double trait) au niveau du site Hind III de l'ADN de pBR 322 et insertion
au niveau du site Eco R1 de pBR 322 d'un fragment de l'ADN du plasmide 2 µ, le fragment
2 µD (fragment défini par rapport aux sites Eco R1).
[0086] Il a été isolé 3 autres plasmides, pFL 2, pFL 3 et pFL 4. Pour pFL 2 l'ADN du gène
URA
3+ a l'orientation inverse, c'est-à-dire que le site Pst 1 se trouve à 0,8 kb du site
Eco RI pris comme origine. Les plasmides pFL 3 et pFL 4 ont le fragment 2 µD dans
l'orientation inverse de celle observée respectivement pour pFL 1 et pFL 2. La longeur
totale de ce plasmide est de 7,652 kB ;
[0087] Le plasmide pBR 322 porte un gène de résistance à l'ampicilline (Ampl, gène qui code
pour une pénicillinasé. Dans une levure transformée par un plasmide de ce type (comme
pFL 1 ou pFL 2) ce gène bactérien est exprimé et on identifie une excrétion de pénicillinase
par les levures transformées, ce qui montre l'intérêt des plasmides décrits dans la
présente invention pour l'excrétion de protéines (enzymes en particulier).
[0088] Un autre avantage de ces plasmides est qu'ils démontrent que l'intégralité du plasmide
2 µ n'est pas indispensable à sa réplication et à son maintien dans la levure. L'avantage
de cette construction est qu'elle permet d'envisager de cloner des fragments d'ADN
étrangers de grande taille puisque le plasmide récepteur est plus petit. En effet,
des plasmides de trop grand taille sont plus fragiles, plus difficiles à manipuler
et à extraire des bactéries ou des levures.
[0089] De façon identique, on obtient le plasmide pMA 1 représenté à la figure 5.
[0090] Ce plasmide a la même structure que les précédents mais présente l'intégralité de
l'ADN du plasmide 2 µ(2 µA + 2 µD) au lieu du fragment 2 µD.
[0091] Un plasmide analogue à ceux décrits ci-dessus a été utilisé, voir Panthier J. J.
et col., Comptes Rendus Acad. Sciences, Série D, 1979, Séance du 29 octobre, en y
insérant l'ADN du gène lacZ d'E. coli pour transformer une souche de S. cerevisiae.
On observe dans la levure transformée la présence d'une galactosidase qui est absente
de la souche de départ, ceci permet de conclure que le gène bactérien lacZ est exprimé
chez la levure.