[0001] La présente invention est relative à divers emballages métalliques fermés, à usage
unique, remplis avec un produit consommable, et dont au moins une paroi est constituée
en tout ou partie par une tôle d'acier doux.
[0002] Afin d'illustrer l'invention, on la décrira en référence à la fabrication de cartouches
de petite capacité, à usage unique, perforables, et contenant un gaz de pétrole liquéfié,
par exemple du butane.
[0003] La présente demanderesse a déjà fabriqué et commercialisé de telles cartouches à
des millions d'exemplaires pour l'alimentation d'appareils portatifs d'éclairage,
de cuisson, de soudage, etc...
[0004] La matière première permettant d'obtenir ces emballages perdus de gaz liquéfié est
en général une tôle d'acier doux de faible épaisseur dont les deux faces sont pourvues
d'un revêtement protecteur permanent contre la corrosion, qu'il s'agisse d'oxydation
atmosphérique ou d'attaque par d'autres produits. La protection est réalisée de chaque
côté de la tôle d'acier par une couche de très faible épaisseur d'un métal ou alliage
inoxydable tel que l'étain, le chrome, le nickel, etc... Lorsqu'il s'agit d'étain,
la matière première en question est généralement appelée fer blanc. On applique sur
la couche de métal inoxydable une ou plusieurs couches de vernis de protection ou
de finition.
[0005] La matière première précédente est ensuite façonnée, par exemple par découpage et
emboutissage, pour réaliser des emballages à usage unique qui sont ensuite remplis
avec du butane liquéfié et fermés par un fond serti.
[0006] On obtient ainsi des cartouches qui ne sont pas en règle générale attaquées de l'intérieur
par leur contenu, à savoir l'hydrocarbure liquéfié, étant donné le caractère inerte
de ce dernier. Mais dans certains cas particuliers, elles sont soumises néanmoins
à une oxydation interne, c'est-à-dire initiée à partir du contenu de la cartouche,
et qui progresse vers l'extérieur. Le cas d'une oxydation externe provenant de l'air
ambiant n'est pas envisagé dans les présentes.
[0007] Les conditions nécessaires au développement d'une oxydation interne, dans les cas
particuliers précités, se rencontrent notamment dans les situations suivantes :
1. Le revêtement protecteur intérieur peut présenter des discontinuités ponctuelles
ou quasi ponctuelles, résultant soit de défauts dans la fabrication du fer blanc,
par exemple de défauts d'étincelage, soit de détériorations occasionnées par son façonnage,
par exemple écaillage ou fissurage du revêtement au moment de l'emboutissage, notamment
aux endroits où la feuille travaille à froid de manière importante.
2. Hormis le butane, le contenu de la cartouche présente toujours un certain nombre
d'impuretés introduites en quantités infinitésimales au moment du remplissage ; parmi
ces impuretés, on peut citer l'oxygène de l'air présent à l'état gazeux dans le ciel
de la cartouche, et à l'état dissous dans le butane liquide. Par exemple, dans une
cartouche d'environ 200 g de butane, se trouvent ainsi introduits au total environ
15 mg d'oxygène. De la même manière, de l'eau en très faible quantité est insérée
dans la cartouche au moment du remplissage, notamment à partir de l'air atmosphérique.
[0008] Au total, dans les cas particuliers précités, toutes les conditions pour une attaque
électrochimique interne de la tôle métallique sont réunies, et l'on assiste alors
au développement de points d'oxydation progressant de manière rayonnante vers l'extérieur
de la cartouche. De tels points de corrosion peuvent se développer au point de percer
de part en part la tôle métallique qui est en général de faible épaisseur, par exemple
de l'ordre de quelques dixièmes de millimètres dans ces cas extrêmes, on aboutit alors
à des micro-fuites de gaz butane, évidemment inacceptables pour des raisons de sécurité.
[0009] La présente invention se propose de trouver une solution permettant de diminuer de
manière substantielle les risques d'oxydation interne, tels qu'exposés précédemment.
[0010] Suivant la présente invention, on a découvert que l'on diminuait ces risques en supprimant
le revêtement protecteur permanent, et notamment la couche de métal ou alliage inoxydable,
qui existent normalement du côté intérieur des emballages considérés précédemment.
Et par conséquent, selon l'invention on obtient des emballages comportant du côté
intérieur, soit une face nue en contact direct avec le produit consommable, soit une
face initialement revêtue par un enduit non métallique, assurant une protection temporaire
contre l'eau et l'oxygène avant façonnage et remplissage de l'emballage, la tôle étant
à terme et du côté intérieur en contact avec le produit ; dans chacun de ces cas,
le produit emballé n'est pas agressif à l'égard de l'acier doux.
[0011] Pour la fabrication de cartouches de butane, on aboutit ainsi à des récipients perforables
et à usage unique ne présentant du côté interne aucune protection effective, au sens
de l'absence d'au moins une couche d'un matériau réellement efficace contre oxydation,
par exemple un métal inoxydable.
[0012] Conformément à l'invention, on a en effet découvert de manière surprenante que l'élimination
de toute protection contre l'oxydation de la face intérieure diminuait ses risques
de corrosion interne, tels qu'exposés précédemment. En effet, toute la surface intérieure
de la cartouche, et non plus quelques discontinuités internes, ponctuelles ou quasi
ponctuelles, se trouve exposée à l'action de la quantité infinitésimale d'oxygène
présente dans le contenu de la cartouche. On opère ainsi, en quelque sorte, une dilution
de l'oxygène présent dans la cartouche par rapport à toute la surface intérieure de
celle-ci, au lieu de concentrer la même quantité d'agent oxydant sur quelques points
de très faible superficie. Dans ces conditions, la quantité d'oxygène disponible dans
une cartouche est insuffisante pour transformer la tôle métallique en oxyde ferreux
ou ferrique sur toute sa surface intérieure et dans toute son épaisseur. On assiste
seulement à une corrosion superficielle, donc très limitée en épaisseur, de toute
la surface intérieure précitée, alors que, précédemment à l'invention, pour une surface
très limitée des défauts de protection interne, la quantité d'oxygène disponible était
très largement suffisante pour oxyder toute l'épaisseur de la tôle métallique.
[0013] Bien entendu, le mécanisme de corrosion interne expliqué plus haut ne vaut que pour
une oxydation, et suppose que le contenu de la cartouche est inerte par ailleurs,
c'est-à-dire, n'exerce aucune action agressive contre la tôle métallique mise à nue.
[0014] Concernant les réservoirs métalliques rechargeables, par exemple destinés à contenir
des gaz de pétrole liquéfiés, il est connu de laisser nue la face interne de la tôle
utilisée ; c'est par exemple ce que montre la demande de brevet français publiée sous
le n° 2 291 446. Dans ce secteur technique, le contact direct de la tôle (du côté
intérieur) et des traces éventuelles d'eau et d'oxygène ne soulève dans la pratique
aucune difficulté, car ou il est prévu au moment de la conception et de la fabrication
une surépaisseur de métal, dite de corrosion, destinée à être consommée par cette
dernière pendant la durée de vie du réservoir, ou le métal utilisé est lui-même inoxydable.
[0015] Outre la diminution de prix de la matière première nécessaire à la fabrication des
cartouches, l'invention apporte en outre les avantages essentiels suivants :
1. Le façonnage du produit selon l'invention, notamment par emboutissage, peut se
trouver facilité puisqu'il peut être moins soigné et précis qu'auparavant, du fait
qu'on n'a plus à se préoccuper du maintien d'une continuité absolue de la protection
permanente.
2. Pour des emballages à usage unique, ceux-ci une fois vides peuvent s'auto-détruire
plus aisément, puisqu'en présence d'air atmosphérique, une corrosion totale par l'intérieur
se propage très rapidement.
[0016] Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention,
les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de
procurer :
Figure 1 est une vue en élévation d'une cartouche réalisée au moyen d'un matériau
suivant l'invention.
Figure 2 est une coupe partielle à grande échelle de la paroi d'une cartouche réalisée
de manière classique.
Figure 3 est une vue semblable à celle de fig. 2 mais illustrant une paroi établie
conformément à l'invention pour constituer la cartouche de fig. 1.
[0017] La fabrication et l'obtention d'emballages à usage unique remplis avec un produit
inerte consommable, pose évidemment le problème de l'oxydation intermédiaire et temporaire
de la face nue du matériau utilisé selon l'invention, tant que celui-ci n'est pas
façonné et refermé sur lui-même, à l'état de cartouche, boîte, etc.
[0018] Ce problème peut être résolu de différentes façons.
[0019] On peut tout d'abord effectuer en continu, c'est-à-dire sans temps mort important
entre les différentes opérations, l'obtention de la tôle d'acier comportant au moins
d'un côté une face nue, le façonnage et le remplissage. Ceci suppose évidemment une
organisation industrielle verticale des différentes opérations, dès l'obtention de
la matière première de l'invention.
[0020] Ensuite dans le cas où l'opération d'obtention de la tôle d'acier nue d'au moins
un côté d'ine part, et les opérations de façonnage et remplissage d'autre part, ne
peuvent pas être effectuées en continu, la tôle, recouverte par exemple, par un revêtement
permanent d'un côté, est protégée temporairement de l'autre côté, avant façonnage
et remplissage, contre toute oxydation. Cette protection temporaire peut être obtenue
de différentes manières. Tout d'abord, la tôle d'acier telle que décrite précédemment,
sous forme de demi- produit, peut être emballée à la sortie de l'unité de fabrication
correspondante, dans un film plastique étanche, rempli éventuellement avec une atmosphère
inerte. Ensuite,-la face nue de la tôle peut être recouverte par un enduit protecteur
temporaire contre l'oxydation, de nature non métallique, par exemple matériau dit
pelable ; subséquemment, l'enduit peut être éliminé avant que l'emballage soit complètement
refermé sur lui-même, en présence du produit consommable, et dans ce cas l'enduit
est éliminé immédiatement avant ou au cours du processus de façonnage et remplissage,
par exemple en arrachant le matériau pelable ; ou subséquemment, l'enduit peut subsister
du côté intérieur dans l'emballage terminé, contenant le produit consommable, c'est-à-dire
après terminaison du processus de façonnage et remplissage, et dans ce cas, le produit
consommable est à terme en contact avec la tôle métallique, soit parce que l'enduit
est progressivement traversé par ledit produit et les agents de corrosion en quantité
infinitésimale, soit parce que l'enduit disparaît dans le produit consommable, par
exemple par dissolution dans ce dernier.
[0021] On a représenté en fig. 1 une cartouche 1 ou récipient fermé renfermant un gaz liquéfié
tel que le butane, et qui est destiné à être associé à un appareil portatif d'éclairage,
de cuisson, de soudage et analogues. Elle est constituée par une paroi cylindrique
2 dont la partie supérieure est fermée par un dôme 2a tandis que sa partie inférieure
est obturée par un fond rapporté 3 serti par rapport à la base de la paroi 2.
[0022] La fabrication d'une telle cartouche s'effectue en deux opérations distinctes. La
première consiste à découper et à emboutir une bande ou feuille de matière plastique
multicouche identique à celle illustrée en fig. 2 pour former la paroi 2 et son dôme
2a, tandis qu'ensuite cette pièce crèuse est retournée pour être remplie de gaz liquide,
la seconde opération comprend la fermeture de la pièce creuse par le fond 3.
[0023] La fig. 2 correspond à une coupe partielle de la paroi 2 effectuée au voisinage immédiat
de la surface du gaz liquéfié 4 que contient la cartouche 1. Bien entendu, celle-ci
n'est pas complètement remplie si bien que le niveau 4a du liquide se trouve généralement
en peu en dessous de la jonction de la paroi 2 avec le dôme 2a. La paroi 2 est constituée
d'une âme métallique 5 consistant en une tôle mince d'acier doux dont les deux faces
sont chacune protégées par une couche 6 de métal non ferreux tel que que l'étain.
L'ensemble de la tôle 5 et de ses revêtements 6 est appelé dans la technique fer blanc.
Le revêtement intérieur 6 de métal non ferreux reçoit lui-même une couche 7 de vernis
protecteur destiné à isoler ledit revêtement du contenu utile de la cartouche. Le
revêtement extérieur 6 de la tôle 5 reçoit un vernis d'accrochage 9 facilitant l'adhérence
d'une pellicule de peinture 10 recouvrant entièrement la paroi 2 et son dôme 2a. Cette
pellicule de peinture constitue support pour des inscriptions représentées par l'épaisseur
11. Enfin un enduit 12 est appliqué sur toute la surface extérieure de la paroi 2
et son dôme en vue de constituer une protection générale.
[0024] Comme on l'a expliqué plus haut, suivant l'invention, on part d'un produit métallique,
connu en soi, sous forme de feuille ou de bande, sans revêtement intérieur 6 et sans
couche 7 de vernis protecteur. Ce matériau est destiné à la réalisation de cartouches
telles que celle 1 représentée en fig. 1. La fig. 3 est une vue semblable à celle
de fig. 2 ; elle montre que rien n'a été changé en ce qui concerne la face extérieure
de la tôle 5, puisqu'on retrouve son revêtement métallique non ferreux 6, la couche
9 de vernis d'accrochage, la pellicule 10 de peinture, l'épaisseur 11 correspondant
aux inscriptions, et enfin l'enduit 12. Par contre la face intérieure de la tôle 5
est nue pour être directement en contact, d'une part avec le gaz liquéfié 4, et d'autre
part avec le gaz qui se trouve dans l'espace 8.
[0025] En dehors des cartouches de butane, l'invention peut aussi être appliquée au conditionnement
des aérosols en général, pouvant accepter une légère corrosion interne, aux boîtes,
bidons, cartouches, etc... de produits neutres (c'est-à-dire non agressifs), solides,
liquides ou gazeux, sous pression ou non, par exemple de peintures, huiles et vernis.
1. Emballage fermé, à usage unique, comprenant une paroi en tôle d'acier doux, et
contenant un produit consommable avec des quantités infinitésimales d'oxygène et d'eau,
caractérisé en ce que, du côté intérieur, la tôle comporte une face nue en contact
direct avec le produit, ce dernier étant non agressif à l'égard de l'acier doux.
2. Emballage fermé, à usage unique, comprenant une paroi en tôle d'acier doux, et
contenant un produit consommable avec des quantités infinitésimales d'oxygène et d'eau,
caractérisé en ce que, du côté intérieur, la tôle initialement revêtue par un enduit
non métallique temporaire de protection contre l'eau et l'oxygène avant façonnage
et remplissage est à terme en contact avec le produit consommable, ce dernier étant
non agressif à l'égard de l'acier doux.
3. Emballage selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'enduit temporaire de
protection est soluble dans le produit consommable.
4. Emballage selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
le produit consommable est un gaz de pétrole liquéfié.
5. Emballage selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'il a la forme d'une cartouche
perforable.
1. Single-use closed pack, comprising a wall of sheet mild steel, and containing a
consumable product with infinitesimal quantities of oxygen and water, characterised
in that the interior side of the sheeting comprises a bare surface in direct contact
with the product, the latter being non-agressive with regard to the mild steel.
2. Single-use closed pack, comprising a wall of sheet mild steel, and containing a
consumable product with infinitesimal quantities of oxygen and water, characterised
in that the interior side of the sheeting which is initially covered by a non- metallic
temporary coating for protection from water and oxygen before forming and filling,
is finally in contact with the consumable product, the latter being non-agressive
with regard to the mild steel.
3. Pack according to Claim 2, characterised in that the temporary protective coating
is soluble in the consumable product.
4. Pack according to any one of Claims 1 to 3, characterised in that the consumable
product is a liquified petroleum gas.
5. Pack according to Claim 4, characterised in that it is in the form of a perforable
cartridge.
1. Geschlossener Einwegbehälter, der eine aus Weichstahlblech bestehende Wand aufweist
und ein sich verbrauchendes Produkt mit Spurenmengen an Sauerstoff und Wasser enthält,
dadurch gekennzeichnet, dass die Oberfläche des Bleches an der Behälterinnenseite
blank ist und mit dem Produkt in direkter Berührung steht, welches bezüglich des Weichstahles
nicht agressiv ist.
2. Geschlossener Einwegbehälter, der eine aus Weichstahlblech bestehende Wand aufweist
und ein sich verbrauchendes Produkt mit Spurenmengen an Sauerstoff und Wasser enthält,
dadurch gekennzeichnet, dass die Innenseite des Behälterbleches vor der Formgebung
des Behälters und seiner Füllung anfänglich mit einem nichtmetallischen, temporären
Schutzüberzug gegen Wasser und Sauerstoff versehen worden ist und auf Zeit mit dem
zu verbrauchenden Produkt in Berührung steht, das in bezug auf den Weichstahl nicht
agressiv ist.
3. Behälter nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, dass der temporäre Schutzüberzug
in dem zu verbrauchenden Material löslich ist.
4. Behälter nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass das zu
verbrauchende Produkt ein verflüssigtes Gas auf Erdölbasis ist.
5. Behälter nach Anspruch 4, dadurch gekennzeichnet, dass der Behälter die Form einer
durchstossbaren Kartusche aufweist.