[0001] La présente invention concerne un acier apte au polissage et résistant aux acides,
qui présente une bonne soudabilité jusqu'à une teneur en carbone bien définie, ainsi
qu'une haute résistance, même à l'étatlaminé, et même sans traitement de trempe et
de revenu ou sans déformation à froid, acier qui convient notamment pour la construction
des machines et installations destinées aux industries du froid, des produits alimentaires
et de la viande, pour la fabrication des gabarits et des points de jonction ou noeuds
d'assemblage et de fixation pour l'industrie du bâtiment, ainsi que des éléments de
machines pour la réalisation des véhicules et des éléments de jonction à haute résistance,
dans le cas desquels le matériau subit de grandes sollicitations mécaniques et doit
présenter une surface résistante à la corrosion et apte à satisfaire à des exigences
bien déterminées sur le plan de l'hygiène.
[0002] L'accroissement constant des besoins de la société en ce qui concerne le ravitaillement,
l'habitat, et les autres nécessités des collectivités locales, impose une production
de masse des produits précédemment mentionnés ou rend nécessaire de les transformer
de façon intensive et à l'échelle industrielle pour la grande consommation.
[0003] Cette production industrielle en grande série entraîne la construction et la fabrication
de machines et d'installations modernes à haut rendement, ce qui rend aussi nécessaire
de produire des matières premières adaptées aux besoins actuels.
[0004] Les machines et installations des industries alimentaires, y compris les circuits
de la viande et les abattoirs, doivent non seulement pouvoir faire face aux sollicitations
qui interviennent habituellement en exploitation, mais doivent en outre satisfaire
à de rigoureuses prescriptions du point de vue de l'hygiène ainsi qu'en ce qui concerne
la qualité des surfaces et la résistance à la corrosion, les matériaux utilisés dans
leur fabrication devant par conséquent présenter des'propriétés particulières.
[0005] Dans le cas des installations de l'industrie du froid, les matériaux doivent satisfaire
à des exigences similaires.
[0006] Dans le cas des grands complexes de l'industrie du bâtiment, une des exigences essentielles
porte sur la qualité des surfaces intérieures des murs, qui doivent être parfaitement
lisses. Ce degré de finition est avant tout fonction de la qualité des surfaces et
de la résistance à la corrosion des gabarits.
[0007] La résistance mécanique et la résistance à la corrosion des noeuds d'assemblage et
de fixation et des éléments de jonction destinés à transmettre loe forces des plaques
préfa-briquées déterminent essentiellement la durée de vie des maisons construites
avec ces éléments. Un acier à haute résistance, soudable et résistant aux acides est
indispensable dans ce cas.
[0008] Pour satisfaire aux exigences relatives à l'hygiène, à l'esthétique et à la qualité
de surface, il y a tout avantage à utiliser un acier à haute résistance, présentant
une bonne soudabilité, ainsi qu'une résistance suffisante à l'usure et aux acides,
et qui, tout en n'entraînant que des frais de production minimes, puisse trouver une
large application industrielle et répondre, à un niveau élevé et dans toute leur complexité,
aux impératifs susmentionnés.
[0009] On connait des nuances d'acier qui présentent une bonne soudabilité jusqu'à une teneur
en carbone bien définie, ainsi qu'un état ferritique, martensitique ou austénitique
qui est fonction des éléments alliés et qui détermine leur résistance et leur domaine
d'application. Parmi ces nuances, ce sont en premier lieu les aciers ferritiques et
austénitiques soudables et résistants aux acides que l'on utilise pour répondre aux
besoins précédemment mentionnés.
[0010] La composition chimique de ces nuances d'acier est caractérisée par le fait qu'elles
contiennent au moins 12 % en poids de Cr, mais aussi au moins 8 % de Ni et/ou de Mn,
en ce qui concerne les aciers austénitiques. Pour permettre d'obtenir une réduction
de la corrosion intercristalline ou de la corrosion par piqûres ou locale, ces nuances
d'acier contiennent au moins 1 % de Mo ainsi qu'une proportion de Ti ou de Nb qui
correspond à 5-8 fois leur teneur en carbone.
[0011] En ce qui concerne les propriétés mécaniques de ces aciers, la résistance maximale
à la traction est comprise entre 300 et 500 N/mm
2 pour les nuances d'aciers ferritiques et austénitiques soudables les plus importantes,
ce qui n'excède même pas 50 % de la limite apparente d'élasticité .
[0012] L'utilisation de ces nuances d'acier pour les diverses constructions n'est pas économique
dans cet état, étant donnés leur faible résistance utile et lE frais élevés encourus,
et elle doit donc être exclue pour les réalisations à grande échelle, à l'exception
des cas où elle est impérative en raison des prescriptions de l'hygiène ou du point
de vue de la résistance à la corrosion.
[0013] On peut obtenir un accroissement notable de la résistance de ces nuances d'acier
par une déformation à froid appropriée. Cette propriété est aussi mise à profit dans
le cas d'autres nuances d'acier résistantes aux acides, pour la réalisation des structures
précédemment mentionnées. L'augmentation de la résistance mécanique de ces aciers
résistants aux acides se traduit par une diminution qui compense l'augmentation spécifique
du coût des matières premières, et permet en outre d'obtenir encore d'autres avantages
techniques, lors de la réalisation des constructions, par exemple un meilleur aspect
du point de vue esthétique et une réduction des frais d'entretien.
[0014] Bien que la résistance.à la corrosion des aciers résistants aux acides qui ont été
cités précédemment corresponde au but recherché, il n'en reste pas moins que leur
résistance mécanique ne peut être augmentée que par une coûteuse déformation à froid.
Il s'ensuit que l'on n'utilise pratiquement ces aciers que pour la fabrication des
profilés plats. Avec les aciers résistants aux acides et dont la résistance mécanique
a été augmentée par déformation à froid, l'application générale du soudage est limitée
par la diminution de la résistance dans la zone thermiquement affectée et il n'est
pas entièrement possible de toujours obtenir une surface parfaite du point de vue
des exigences de l'hygiène.
[0015] Les aciers connus, présentant une bonne soudabilité et une suffisante résistance
aux acides ont donc une faible résistance mécanique et une médiocre aptitude au polissage.
[0016] L'objet de la présente invention est d'élaborer un acier résistant aux acides et
présentant une bonne soudabilité, qui. offre de plus une résistance mécanique plus
élevée et une meilleure aptitude au polissage que les nuances d'acier connues jusqu'à
présent, la résistance de cet acier étant élevée même sans traitement de trempe et
de revenu et sans déformation à froid.-La présente invention a donc pour objet la
réalisation d'une nuance d'acier qui, du fait qu'elle possède les propriétés énumérées
ci-dessus, convienne particulièrement bien pour la construction de machines ou installations
subissant de grandes sollicitations mécaniques, qui doivent être résistantes à l'usure
et satisfaire aux prescriptions de l'hygiène, ou d'autres produits devant présenter
une bonne qualité de surface.
[0017] Il s'agit en premier lieu des machines et installations pour les industries du froid
et des produits alimentaires, ainsi que l'industrie de la viande, les gabarits et
les noeuds d'assemblage et de fixation pour les unités d'habitation, les éléments
de construction pour la réalisation des véhicules, les machines génératrices d'énergie,
les éléments de jonction ou de raccordement à haute résistance, etc.
[0018] La présente invention permet d'atteindre l'objectif fixé par le fait que l'acier
élaboré contient, outre le fer, et les éléments résiduels habituels au maximum 2,00
% (en poids) de C, au maximum 1,00 % (en poids) de Si, au maximum 5,00 % (en poids)
de Mn, au minimum 12,00 % (en poids) de Cr, au maximum 12 % (en poids) de Ni, au maximum
4,00 % (en poids) de Cu, au maximum 3,00 % (en poids) de Mo, au minimum 0,01 % (en
poids) de N, 0,02 à 0,25 % (en poids) de Zr, et/ou de Be, 0,02 à 0,20 % (en poids)
de Al, 0,04 à 1,50 % (en poids) de Nb et/ou de V, au minimum 0,001 % (en poids) de
Ca et au minimum 0,001% (en poids de B et/ou de Ce.
[0019] Une composition préférée des aciers selon l'invention est la suivante :

[0020] Quelques-uns des éléments alliés forment, lorsqu'ils sont dans le rapport selon la
présente invention, des composés métalliques complexes qui, en partie, produisent
déjà, dès le stade de la coulée, des germes actifs de dimension critique, qui sont
aussi, en partie, mis en solution dans les interstices en créant ainsi une précontrainte
dans le réseau du fer et en augmentant ainsi le nombre de défauts du réseau, et qui,
en partie, provoquent des précipitations métalliques ayant une grande résistance au
cisaillement, lesquelles augmentent et stabilisent en même temps, de façon cohérente,
la tension interne du réseau de matière de base. D'autres constituants de l'alliage
ou éléments alliés s'enrichissent aux limites des grains, ce qui retarde le processus
de formation des précipitations non cohérentes qui intervient à ces endroits, empêche
de ce fait l'enrichissement de ces précipitations le long des limites des grains et
conduit ainsi à une augmentation de la résistance des limites des grains.
[0021] L'augmentation du nombre de germes de dimensions critique entraîne une forte augmentation
de l'aptitude à la cristallisation que présente la coulée, une diminution du temps
de solidification et de la grosseur de grain primaire, une augmentation brusque des
surfaces des limites des grains et une limitation de la formation possible d'enrichissements
intermétal- liques.
[0022] Les propriétés et le rapport avantageux des composants créent, dans le système d'alliage
selon la présente invention, des conditions thermodynamiques, cinétiques et de germination
telles, pendant la mise en solution, la solidification, la recristallisation et la
déformation à chaud, que la disposition des composants à la mise en solution interstitielle,
la quantité de ces composants, ainsi que le nombre et le degré de contrainte des réseaux
ainsi mis sous précontrainte, se trouvent nettement augmentés.
[0023] Grâce à l'augmentation du nombre des réseaux présentant une précontrainte interstitielle
et de leur degré de contrainte, le nombre des dislocations produites par voie métallurgique
et qui favorisent et déterminent la formation ainsi que la dispersion des précipitations
métalliques se trouve fortement augmenté, ce qui augmente sensiblement l'efficacité
de la fonction d'ancrage ou de fixation des précipitations lors du mouvement de front
de dislocation que déclenchent les charges.
[0024] Les éléments encastrés et enrichis dans les défauts des limites des grains permettent
de réduire fortement la vitesse de diffusion des atomes métalliques voisins, de retarder
la formation de germes incohérents et finalement de diminuer le nombre de germes qui
se forment. On évite ainsi qu'il se constitue, le long des limites des grains, une
zone présentant une résistance mécanique et une résistance au fluage moindres par
suite du départ des éléments alliés ou des précipitations. Un éclatement prématuré
des limites des grains par suite des dislocations se trouve en outre retardé, et les
possibilités d'un allongement et d'une contraction de la rupture par fluage améliorées,
ce qui apporte une amélioration sensible de la plasticité, de l'aptitude à la déformation
à froid et à chaud, et de la résistance mécanique de l'acier.
[0025] Les composants selon la présente invention ou leur rapport avantageux assurent ainsi
automatiquement l'excellente qualité métallurgique de l'acier pendant son élaboration
et permettent la mise en valeur, même sans traitement de trempe et de revenu et sans
déformation à froid, de mécanismes de renforcement efficaces, dont l'action entraîne
une multiplication de la résistance mécanique et de la limite d'endurance ou de résistance
à la fatigue de l'acier.
[0026] La composition chimique de l'acier selon la présente invention comprend aussi des
éléments alliés qui améliorent d'environ 40 % l'aptitude au polissage et la qualité
de surface de l'acier, et augmentent sensiblement son aptitude à la déformation à
chaud et sa plasticité à froid.
[0027] Avec une teneur en carbone appropriée et un apport spé- cifi que de chaleur adéquat,
l'acier résistant aux acides, selon la présente invention, présente une bonne soudabilité.
Les propriétés de la zone thermiquement affectée de la soudure correspondent aux propriétés
du matériau de'base/
[0028] L'élaboration de l'acier selon la présente invention peut avoir lieu dans les mêmes
conditions que celles des aciers classiques résistants aux acides, et avec une technologie
identique, cet acier peut être façonné à chaud en un profil métallurgique quelconque,
et il peut être produit ensé- rie sans installations spéciales. Il présente d'excellentes
propriétés mécaniques, même sans traitement de trempe et de revenu etn sans déformation
à froid, ce qui permet par conséquent de continuer à appliquer des technologies de
transformation et de jonction classiques pour la fabrication de produits à partir
du nouveau matériau.
[0029] Etant donné que les frais de fabrication des produits réalisés avec l'acier selon
la présente invention ne dépassent pas un niveau moyen, le bénéfice obtenu sur le
plan économique de par les avantages techniques offerts par l'acier selon la présente
invention n'est pratiquement pas affecté du fait de la fabrication et de l'utilisation
du nouveau matériau de base. Les avantages techniques susmentionnés couvrent, entre
autres, les domaines suivants : économie d'énergie, réduction du poids, résistance
à la corrosion,-réductio-n des frais d'entretien, etc.
[0030] Par suite de l'augmentation de la résistance de l'acier selon la présente invention,
qui atteint plusieurs fois celle des aciers connus, il devient possible d'alléger
la construction des produits mentionnés en préambule à la présente demande de brevet,
de sorte que le coût des matériaux des produits réalisés avec le nouvel acier ne dépasse
pas celui des produits réalisés avec des nuances d'acier classiques, leur aspect esthétique,
leur durée de vie et d'autres propriétés déjà mentionnées étant en revanche sensiblement
supérieurs à ceux des produits classiques.
[0031] La présente invention sera mieux comprise à l'aide de la description détaillée de
plusieurs modes d'élaboration de l'acier, pris comme exempls non limitatifs, et de
ses propriétés mécaniques.
EXEMPLE 1
[0032] A titre d'exemple, on propose deux charges appartenant au domaine ferritique soudable
de l'acier selon la présente invention. Dans les exemples cités, la charge 1 a été
produite dans un four à arc de 10 t et s'est solidifiée sous forme de lingots de 1,5
t. A partir de ces lingots, on a produit, par laminage, sans écroutagé, des lingots
carrés présentant une longueur d'arête de 120 mm, qui ont été transformés, dans des
conditions normales, en ronds d'acier d'un diamètre de 6,4 et 15,5 mm enroulés, que
l'on a ensuite refroidis à l'air.
[0033] La charge 2 a été fondue dans un four à arc de 65 t, et ensuite raffinée dans une
installation métallurgique comportant une poche et coulée dans des lingotières de
6 t ayant un profil carré. Les lingots de 6 t ont été forgés en lingots carrés présentant
une longueur d'arête de 280 mm, qui ont été ensuite transformés par laminage, après
un nettoyage superficiel, et dans des conditions normales, en ronds d'acier d'un diamètre
de 20 mm, que l'on a refroidis à l'air sur des refroidisseurs. Le résultat des contrôles
et essais effectués sur les matériaux figure sur les tableaux suivants :

1.3. Grosseur de grain
[0034] Dans la charge 1, on a prélevé des échantillons qui ont été soumis à un recuit à
différentes températures pendant 60 minutes et contrôlés, et l'on a déterminé la grosseur
du grain de l'austénite de ces échantillons. Le contrôle a été effectué conformément
aux normes A.S.T.M. à l'aide de la méthode de comparaison, dont le résultat figure
sur le tableau 3 :

1.4. Essai de corrosion
[0035] Compte tenu de l'utilisation de l'acier dans les industries du froid, des produits
alimentaires et de la viande, y compris les abattoirs, on a soumis la charge 1 à un
contrôle de résistance à la corrosion. Comme base de comparaison, on a utilisé un
acier austénitique résistant aux acides, dont la composition chimique figure sur le
tableau 4.

[0036] Le résultat du contrôle et des essais est résumé sur le tableau 5.

[0037] Sur le tableau 6 figure le résultat de l'examen d'échantillons conserves pendant
10 jours à 40°C dans unn lieu dont la teneur en vapeur relative était de 96 %.

[0038] Au cours des essais effectués dans la solution d'hypochlorite de sodium, on a constaté
sur les éprouvettes servant de base de comparaison des piqûres de corrosion traversant
à 75 % le profil, piqûres qui excluent l'utilisation de cet acier en tant que matériau
de construction, en dépit de la perte de poids plus faible. Aucune piqûre de cor-rosion
ne s'est produite sur les éprouvettes de la charge 1.
1.- Acier à haute résistance, apte au pollisage et résistant aux acides, caractérisé
en ce qu'il contient, outre le fer et les éléments résiduels habituels au maximum
2,00 % (en poids) de C, au maximum 1,00 % (en poids) de Si, au maximum 5,00 % (en
poids) de Mn,; au minimum 12,00 % (en poids) de Cr, au maximum 12 % (en poids) de
Ni, au maximum 4,00 % (en poids) de Cu, au maximum 3,00 % (en poids) de Mo, au minimum
0,01 (en poids) de N, 0,02 à 0,25 % (en poids) de Zr, et/ou de Be, 0,02 à 0,20 % (en
poids) de Al, 0,04 à 1,50 % (en poids) de Nb et/ou de V, au minimum 0,001 % (en poids)
de Ca et au minimum 0,01 % (en poids) de B et/ou de Ce.
2.- Acier selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il contient outre le
fer et les éléments résiduels habituels, les éléments dans les proportions suivantes
: