[0001] La présente invention a pour objet une montre électronique à affichage à aiguilles
comprenant un rouage entraînant les aiguilles et un moteur pas à pas entraînant le
rouage, et dans laquelle le rouage comprend une roue de comptage pourvue d'un dispositif
de repérage qui coopère avec un organe détecteur mobile lié à un circuit de détection
et à un compteur, ledit organe détecteur étant capable de provoquer l'émission de
signaux dans le circuit de détection quand la roue de comptage effectue un mouvement
de rotation
[0002] On connaît déjà des montres électroniques de ce genre. Ainsi, par exemple, dans le
brevet US 3 855 781", l'organe détecteur mobile est destiné à détecter la rotation
du rouage chaque fois qu'une impulsion est envoyée au moteur. Le dispositif de repérage
est constitué ici par une denture périphérique de la roue de comptage et cette denture
périphérique coopère avec un élément en forme de cliquet qui est fixé à l'extrémité
de l'organe détecteur. D'autre part, le brevet US 3 553 957 décrit également une pièce
d'horlogerie électronique équipée d'un dispositif détecteur. Dans ce cas, toutefois,
la réalisation du dispositif implique des contacts électriques. entre un disque mobile
et.des électrodes fixes, de sorte que la fiabilité du dispositif n'est pas assurée.
Ses fonctions ne sont remplies que d'une façon aléatoire. Du fait du manque de fiabilité
des détecteurs de rotation connus jusqu'à maintenant, l'introduction pratique de ces
détecteurs dans des montres destinées au commerce n'a pas encore pu se faire sur une
grande échelle.
[0003] Toutefois, l'étude du développement des montres électroniques à affichage à aiguilles
conduit les producteurs de ces montres à prévoir d'équiper ces dernières de fonctions
toujours plus sophistiquées et il apparaît que l'introduction d'un détecteur de rotation
dans le rouage d'une .telle montre électronique est susceptible de répondre à des
applications fort diverses, fort nombreuses et très intéressantes dans le sens qu'elles
élargissent dans une mesure considérable les possibilités d'introduire de nouvelles
fonctions dans les montres. Ainsi, l'utilisation d'un mobile détecteur de la rotation
du rouage n'est pas seulement utile pour permettre, par exemple, de rattraper automatiquement
les pas perdus accidentellement par le moteur, mais pour remplir certaines fonctions
de mise à l'heure ou pour remplir des fonctions de mémorisation de donnée dans un
circuit de mémoire et d'autres fonctions encore.
[0004] Le but de la présente invention est donc de proposer un dispositif détecteur qui
soit à la fois parfaitement fiable et d'un encombrement aussi réduit que possible.
[0005] Dans ce but, l'objet de la présente invention est caractérisé en ce que le dispositif
de repérage comporte au moins un élément saillant capable de déplacer ledit organe
détecteur différemment selon le sens de rotation .de la roue de comptage de façon
que les dits signaux permettent de compter algébriquement le nombre de tours effectués
par la roue de comptage.
[0006] On va décrire ci-après, à titre d'exemple, une forme de réalisation de l'objet de
l'invention en se référant au dessin annexé dont :
la fig. 1 est une. vue en perspective simplifiée et schématique du dispositif détecteur
de la montre,
la fig. 2 une vue en élévation latérale partielle, et à plus grande échelle, d'un
élément du détecteur de la fig. l,
la fig. 3 est un graphique montrant les signaux de détection dans deux cas de fonctionnement
différents du détecteur de la fig. 1, et
la fig. 4 est un schéma du circuit d'élaboration des signaux de détection.
[0007] La partie mécanique du détecteur est représentée à la fig. 1. On voit à cette figure
un disque 1, de forme circulaire, présentant une fente radiale 2 de faible profondeur
et dont la largeur est constante depuis la péri- phér.ie du disque jusqu'au fond de
cette fente. Les deux bords de la fente sont légèrement pliés, l'un vers le haut et
l'autre vers le bas. Le bord plié vers le haut . est désigné à la fig. 1 par 3a et
celui qui est plié . vers le bas par 3b. Ces deux bords pliés sont également visibles
à plus grande échelle à la fig. 2. Le disque 1 sera monté sur l'arbre d'un mobile
du rouage. A cet effet, il est découpé avec un trou central 4 mais il est bien entendu
que toute autre forme de montage peut également convenir. Tel qu'il est représenté
à la fig. 1, le disque 1 est une plaque mince qui peut être une plaque métallique.
On pourrait aussi prévoir, par exemple, une plaque un peu plus épais.se et dans laquelle
les bords de la fente .seraient taillés en oblique.
[0008] La vitesse de rotation du disque 1 n'est pas une donnée critique du dispositif décrit.
Cela signifie que, suivant les cas, .ce disque peut être monté, par exemple, sur la
roue des secondes, sur la roue des minutes ou sur une roue intermédiaire entre la
roue des secondes et la roue .des minutes. D'autre part, on a représenté au dessin
un disque 1 pourvu d'une seule fente radiale 2 mais il doit être bien entendu qu'un
disque pourvu d'un plus grand nombre de fentes régulièrement réparties à sa périphérie
peut également fonctionner exactement dans les mêmes conditions que celles qui seront
décrites ci-après.
[0009] Les organes mécaniques du détecteur comportent en outre une lame détectrice désignée
par 5. Il s'agit d'une lame métallique, par exemple en bronze au béryllium, susceptible
de fléchir élastiquement. Cette lame sera fixée à un élément de bâti du mouvement
par exemple un plot représenté en 6. Elle s'étend radialement en direction de l'axe
du trou 4. Dans l'exécution représentée schématiquement au dessin, elle est fixée
par une vis 7, toutefois, tout autre mode de fixation plus complet peut également
convenir. Comme on le voit, la longueur de la lame 5 est telle que son extrémité libre
située du côté du disque 1 déborde légèrement sur ce disque. Une lame piezo-électrique,
par exemple une lame mince de quartz désignée par 8 est fixée, par exemple par collage
sur une des faces de la lame 5. La lame 5 sera elle-même connectée à la masse du mouvement
par des connexions non représentées au dessin. Quant à la face supérieure de la lame
8, elle sera connectée par un fil 9 à un circuit" d'élaboration des signaux de détection
qui sera décrit plus loin. On comprend que si la lame fléchit, vers le haut par exemple,
par rapport à sa position de repos, une tension d'une certaine polarité, par exemple
positive, apparaîtra dans le fil 9 tandis que si elle fléchit . vers le bas, la tension
qui apparaîtra dans ce fil sera une tension de polarité inverse, par exemple négative.
Lors du montage, la lame 5 sera orientée et positionnée de façon à se trouver exactement
dans le plan du disque 1, .de sorte que, lorsque son extrémité repose sur la surface
supérieure de ce disque, comme on le voit à la fig. l, la lame piezb-électrique 8
est légèrement cintrée vers le haut. Il en résulte qu'une légère tension, par exemple
positive, apparaît dans la connexion 9 et se maintient aussi longtemps que la lame
reste dans la position relative montrée 'à la fig. 1 par rapport au disque 1.
[0010] La fig. 2 montre comment l'extrémité de la lame 5 coopère avec le disque 1 et en
particulier avec les bords relevés 3a et 3b lorsque le disque 1 tourne. En admettant
que ce disque tourne dans le sens de la flèche 10, visible aussi bien à la fig. 2
qu'à la fig. 1, on voit que tous les points de la périphérie du disque passent successivement
sous l'extrémité de la lame 5. Lorsque le disque a effectué presque un tour complet,
le bord relevé 3a arrive dans la zone de la lame 5, de sorte que cette dernière est
sollicitée vers le haut et arrive dans la position a représentée à la fig. 2. Le disque
continuant sa rotation dans le sens de la flèche 10, le bord relevé 3a passe sous
l'extrémité de la lame 5 et arrive dans une position où la lame se trouve entièrement
libérée dans la .fente 2. Elle tombe alors, sous l'effet de son élasticité, et tend
vers une position médiane qu'elle atteint après avoir effectué quelques vibrations.
Si le disque 1 continue à tourner dans le même sens, la lame 5 revient en contact
avec le disque 1 mais cette fois avec la face supérieure du bord plié 3b. Lorsque
le disque a effectué un tour complet, la lame se retrouve dans la position b représentée
à la fig. 2 et qui correspond à la position de la fig. 1.
[0011] Supposons maintenant que le sens de rotation du disque 1 soit renversé et que ce
dernier se mette à tourner dans le sens de la flèche 11, également visible à la fig.
2. L'extrémité de la lame 5, partant de la position b, glisse sur la face supérieure
du disque 1 et, en particulier, du bord 3b plié. vers le bas. Elle arrive dans la
position médiane représentée en traits pleins à la fig. 2, puis. vient en contact
avec la face inférieure du bord 3a. Finalement, el.le parvient à la position relative
désignée par d à la fig. 2. Ensuite, si le disque 1 continue à tourner dans le sens
de la flèche 11, l'extrémité de la lame 5 suit la périphérie du disque 1 le long de
sa face inférieure et finit par atteindre la position désignée par la lettre c à la
fig. 2 où elle est sollicitée à la flexion vers le bas par le bord plié 3b. Ensuite
on comprend que la lame sera libérée brusquement au moment où elle se trouvera au
droit de l'échancrure 2 et effectuera un mouvement de vibration jusqu'à ce qu'elle
se retrouve dans la position médiane.
[0012] On sait que chaque flexion de la lame dé quartz 8 produit une tension dans le fil
9. La courbe des tensions ainsi produites dans les deux modes de rotation qui viennent
d'être décrits est représentée à la fig. 3. A la partie supérieure de cette figure,
on voit la courbe correspondant au déplacement b a b de la lame 5 par rapport aux
différentes portions du disque tandis qu'à la partie inférieure de la fig. 3, on voit
la courbe correspondant au déplacement d c d, c'est-à-dire lorsque la lame 5 a passé
du côté de la face inférieure du disque 1. On voit que, à la courbe supérieure, on
a d'abord une pointe de tension positive suivie par une pointe de tension négative
tandis qu'à la courbe inférieure, on a d'abord une pointe de tension négative suivie
par une pointe de tension positive. C'est cette différence entre les deux signaux
émis qui permet de détecter , non seulement le passage de la lame 5 dans l'échancrure
2, mais également le sens dans lequel le mobile 1 tourne. On obtient ainsi un moyen
de créer des signaux qui peuvent être traités et transmis à un compteur.
[0013] La fig. 4 représente schématiquement comment un circuit de détection et de comptage
apte à remplir ces fonctions peut être réalisé. On voit au dessin, la lame de quartz
8, le fil 9 et une connexion 110 qui relie la face inférieure de la lamelle 8 à la
masse et qui symbolise la fixation de cette lame de quartz sur la lame élastique 5.
Le fil 9. est connecté au point milieu entre deux résistances 111 et 112 placées en
série entre la source de tension V et la masse. Ce point milieu est connecté à une
entrée d'un amplificateur 113 dont la sortie comporte une branche supérieure 114 et
une branche inférieure 114'. Les pointes de tension positives seront sélectionnées
et mises en forme dans le circuit de discrimination 115 tandis que les pointes de
tension négatives le seront dans le circuit discriminateur 116. Les sorties de ces
deux circuits donnent des impulsions rectangulaires calibrées chaque fois qu'une pointe
de tension positive ou négative est enregistrée. Les deux circuits 115 et 116 peuvent
être constitués par des bascules monostables. Le circuit 117 est un détecteur qui
détermine si les impulsions venant des circuits 115 et 116 doivent être comptées positivement
ou négativement et qui dirige ces impulsions vers le compteur 118. Ce dernier comporte
une entrée reliée au détecteur 117 et une entrée reliée par une porte 119 à la sortie
des-deux circuits 115 et 116. Le compteur 118 effectue le comptage algébrique des
impulsions reçues et détermine par conséquent .le nombre de tours effectués par le
disque 1 en comptant positivement lorsque le disque tourne dans un sens et négativement
lorsqu'il tourne dans l'autre.
[0014] On réalise de cette manière un dispositif qui ne comporte qu'un .seul élément détecteur
et qui détermine simultanément l'amplitude de la rotation et son sens. En outre, ce
détecteur ne comporte aucun contact matériel. Le couple de freinage qu'il exerce sur
le mobile 1 est minimum, étant donné qu'il suffit d'une sollicitation à la flexion
minime pour faire apparaître une tension détectable entre les bornes de la lame 8.
En outre le dispositif évite les difficultés et les inconvénients liés à l'utilisation
.de dispositifs électro-optiques.
[0015] On notera encore qu'il n'est pas nécessaire de se limiter à une zeule échancrure
2 à la périphérie du disque 1. En utilisant toujours une seule lame détectrice 5,
on peut prévoir un mobile de comptage qui est pourvu de plusieurs encoches régulièrement
réparties le long de sa périphérie, ce qui permet de déterminer l'angle dont a tourné
le mobile 1 .avec des précisions qui peuvent être bien supérieures aux 360° que représente
la présence d'une seule encoche. En particulier, l'utilisation d'une seule lame détectrice
permet de réaliser des détections angulaires beaucoup plus fines que lorsqu'on utilise
plusieurs contacts ou plusieurs diodes photosensibles disposées le long de la périphérie
du disque.
[0016] Le dispositif décrit ci-dessus peut être utilisé par exemple dans un système de mise
à l'heure de la montre. Si l'on constate que la montre retarde, il faut injecter au
moteur des impulsions de façon à le faire tourner rapidement dans le sens positif
jusqu'à ce que l'aiguille des secondes se trouve sur 60 par exemple. En revanche,
si la montre avance, il peut être intéressant de faire reculer rapidement l'aiguille
des secondes jusque sur la position de 60 afin que, dans les deux cas, la montre s'arrête
avec son aiguille des secondes dans la position de départ et puisse être réenclenchée
instantanément au moment du top seconde. Il suffit pour cela de disposer d'un moteur
capable de tourner, soit dans un sens, soit dans l'autre, en fonction de la polarité
des impulsions que sa bobine reçoit et de commander cette rotation dans un sens ou
dans l'autre suivant la manoeuvre qu'il y a lieu d'effectuer. Un détecteur tel que
décrit peut également être utilisé dans une montre dont la position de l'aiguille
des heures peut être cor- rigée par saut d'une 'heure, d'une demi-heure ou .de quinze
minutes afin d'être ajustée à un nouveau fuseau horaire.' D'autres fonctions encore
peuvent être réalisées au moyen d'un tel dispositif.
1. Montre électronique à affichage à aiguilles comprenant un rouage entraînant les
aiguilles et un moteur pas à pas entraînant le rouage, et dans laquelle le rouage
comprend une roue de comptage pourvue d'un dispositif de repérage qui coopère avec
un organe détecteur mobile lié à un circuit de détection et à un compteur, ledit organe
détecteur étant capable de provoquer l'émission de signaux dans le circuit de détection
quand la roue de comptage effectue un mouvement de rotation, caractérisée en ce que
le dispositif de repérage comporte au moins un élément saillant capable de déplacer
ledit organe détecteur différemment selon le sens de rotation de la roue 'de comptage
de façon que les dits signaux permettent de compter algébriquement le nombre de tours
effectués par la roue de comptage.
2. Montre selon la revendication 1, caractérisée en ce que le mobile de comptage comprend
un disque muni d'une ou de plusieurs échancrures radiales dont les bords constituent
des éléments saillants, et en ce que le dispositif détecteur comprend une lame élastique
disposée radialemerit par rapport au mobile de comptage en un emplacement fixe et
munie d'un élément piezo-électrique, cette lame étant normalement maintenue fléchie
par appui sur l'une ou l'autre des faces du disque,l'échancrure étant conformée de
façon que lorsqu'elle arrive au droit de la lame détectrice, celle-ci se redresse,
puis vibre et revient en appui sur la même face du disque ou passe sur l'autre sans
vibrer, suivant le sens de rotation du mobile de .comptage.
3. Montre selon la revendication 2, caractérisée en ce que le mobile de comptage est
un disque mince à périphérie circulaire présentant une fente radiale dont la largeur
est égale à celle de la lame détectrice et en ce que 'les bords de ladite fente radiale
sont relevés l'un d'un côté,. l'autre de l'autre,. en dehors du plan du disque.
4. Montre selon la revendication 2, caractérisée en ce que l'élément piezo-électrique
de détection est monté sur la lame au voisinage .de son extrémité fixée au bâti et
en ce que l'une des faces de cet élément piezo-électrique. est mis à la masse par
l'intermédiaire de la lame tandis que l'autre est connectée à un circuit d'élaboration
des signaux de comptage.