[0001] On a décrit dans la demande de brevet n° 2.316.026, déposée le 4 Juillet 1975 par
la déposante et l'INSTITUT DE MECANIQUE de Grenoble, un dispositif pour confiner un
jet de métal liquide, caractérisé par le fait qu'il can- prend, en combinaison, au
niveau de l'orifice de sortie dudit jet formant busette, d'une part, des moyens pour
créer une surpression dans le jet constitués par une bobine entourant la busette et
disposée à la sortie de celle-ci, en combinaison avec des moyens pour faire parcourir
la bobine par un courant alternatif de fréquence élevée et, d'autre part, des moyens
pour supprimer cette surpression.
[0002] Le dispositif selon cette demande de brevet mettait donc en oeuvre, pour réaliser
le confinement d'un jet de métal liquide, la combinaison de deux moyens, savoir :
- d'une part, une bobine qui entoure la busette par où sort le jet et qui est-parcourue
par un courant alternatif de fréquence élevée, cette bobine créant une surpression
dans le jet à la sortie de la busette,
- d'autre part, des moyens pour supprimer cette surpression.
[0003] On précisait dans ladite demande que :
- la fréquence f du courant alternatif qui parcourt la bobine devait être suffisamment
élevée pour que la profondeur de pénétration 6 de l'induction ou champ magnétique
dans le jet réponde aux deux conditions suivantes :


R étant le rayon du jet de métal avant contraction et e l'épaisseur de l'écran métallique
; on devait donc avoir :

avec Q
m et Q
c représentant la conductivité électrique respectivement du métal qui constituait le
jet (par exemple l'acier ou l'aluminium) et du métal qui constituait l'écran (par
exemple le cuivre) et y désignant la perméabilité magnétique du métal liquide ;
- les moyens pour supprimer la surpression dans le jet étaient avantageusement constitués
par un écran en une matière conductrice de l'électricité, concentrique à la bobine
et pénétrant à l'intérieur de celle-ci par le bas (lorsqu'on considère le sens d'écoulement
du jet de métal liquide), des moyens étant prévus pour refroidir tant la bobine que
l'écran en éliminant la chaleur qui y est produite lorsque la bobine est parcourue
par ledit courant alternatif.
[0004] La première addition à la demande de brevet précitée, savoir l'addition n° 2.396.612,
déposée le 8 Juillet 1977 également par l'AGENCE NATIONALE DE VALORISATION DE LA RECHERCHE
et l'INSTITUT DE MECANIQUE de Grenoble, avait pour objet de réaliser une régulation
du débit d'un jet de métal liquide par mise en oeuvre du dispositif selon la demande
n° 2.316.026, en prévoyant en outre des moyens pour réduire à la valeur désirée la
section dudit jet au niveau de l'orifice de sortie afin de réaliser le débit désiré
; de préférence, ces moyens étaient constitués par des moyens pour faire varier l'intensité
dudit courant alternatif de fréquence élevée.
[0005] Dans tous les cas (demande de brevet principal et demande de brevet d'addition),
on prévoyait des moyens pour supprimer la surpression dans le jet de métal liquide,
ces moyens étant avantageusement constitués par un écran en une matière conductrice
de l'électricité, ledit écran, de forme cylindrique, étant concentrique à la bobine
et pénétrant à l'intérieur de celle-ci à partir du bas (en considérant le sens d'écoulement
du jet de métal liquide).
[0006] On expliquait, dans la demande de brevet n°2.316.026, que l'écran avait pour effet
de supprimer brutalement l'induction magnétique et dbnc de supprimer la surpression
dans le jet, ce qui entraînait une réduction de section du jet du fait de l'invariance
du débit Q
2 = SV, d'une part, et de la charge (hydrostatique) H =

, d'au- tre part, en appelant S la section, V la vitesse, P la pression et P la masse
volumique du métal liquide, et g l'accélération de la pesanteur. En effet, en diminuant
la pression au sein du jet de métal liquide, on augmente la vitesse V d'écoulement
du métal liquide (à cause de l'invariance de la charge H) et on diminue donc la section
(qui est inversement proportionnelle à la vitesse V du fait de l'invariance du débit
Q).
[0007] La réduction de section du jet et donc le décollement avaient lieu au niveau du bord
supérieur de l'écran dans le cadre de l'invention selon la demande n°2.316 .026 et
sa première addition.
[0008] Or, la demanderesse vient de constater avec surprise que l'on pouvait également réaliser
un confinement d'un jet de métal liquide en mettant en oeuvre une bobine parcourue
par un courant alternatif, non pas à fréquence élevée (plus précisément à une fréquence
répondant à l'inégalité (1) susindiquée), mais- à une basse fréquence, en fait à une
fréquence inférieure à la valeur de la fréquence pour laquelle la profondeur de pénétration
δ du champ magnétique dans le jet du métal liquide est égale au rayon du jet du métal
liquide une fois confiné par le champ magnétique ; on doit donc avoir δ > r, c'est-à-dire
:

p et σ
m ayant les significations indiquées ci-dessus et r désignant le rayon du jet de métal
liquide après contraction.
[0009] La demanderesse a constaté que la fréquence optimale f
o est celle pour laquelle la profondeur de pénétration 6 du champ électromagnétique
est égale au rayon R du jet métallique liquide non confiné, soit :

[0010] La demanderesse a en outre constaté que pour les basses fréquences ci-dessus précisées
et notamment au voisinage de la fréquence optimale f
o, la présence de l'écran n'était plus indispensable, le confinement étant produit
uniquement par la bobine parcourue par un courant alternatif à une telle basse fréquence.
Toutefois, en l'absence d'écran, le décollement ne se produit pas à un niveau stable
bien déterminé. Pour stabiliser à un niveau précis le décollement du jet de métal
liquide, on peut prévoir un écran concentrique à la bobine, cet écran pénétrant dans
la bobine, non pas à partir du bas (en considérant l'écoulement du jet) comme dans
la demande de brevet n°2.316.026, mais à partir du haut ; le décollement se produit
alors au niveau du bord inférieur de l'écran.
[0011] En résumé, dans le cadre de l'enseignement de la demande n
02.316.026, on mettait en oeuvre une bobine parcourue par un courant de fréquence f
>

en combi- naison avec un écran pénétrant à l'intérieur de la bobine depuis le bas,
le décollement ayant lieu au niveau du bord supérieur de l'écran, alors que selon
la présente inven- - tion, on met en oeuvre une bobine parcourue par un courant de
fréquence f <

(r, rayon du jet après confine- ment, étant inférieur à R, rayon du jet après confinement)
sans écran ou avec un écran pénétrant dans la bobine à partir du haut ; en l'absence
d'écran, le décollement a lieu à un niveau mal déterminable, tandis qu'en présence
d'écran ce décollement a lieu au niveau du bord inférieur de l'écran.
[0012] On connaît par ailleurs (brevet France n° 1.188.576 déposé le 12 Novembre 1957 par
la société W.C. HERAEUS et brevet Luxembourg n° 66.760 déposé le 28 Décembre 1972
par le CENTRE DE RECHERCHES METALLURGIQUES) des procédés et dispositifs de coulée
d'un métal liquide mettant en oeuvre un resserrement du jet de coulée au moyen d'une
bobine sans mise en oeuvre d'un écran. Aucune précision n'est donnée (dans ces deux
brevets) au sujet de la fréquence du courant qui parcourt la bobine. L'homme de l'art
ne peut donc savoir comment il faut travailler pour réaliser un confinement du jet
de métal liquide.
[0013] La demanderesse a découvert, d'une part, que si l'on voulait se passer d'écran, il
fallait mettre en oeuvre un courant alternatif dont la fréquence est inférieure à
une certaine valeur, et de préférence voisine d'une fréquence optimale f déterminée,
et, d'autre part, qu'à ces basses fréquences, la présence d'un écran pénétrant par
le haut dans la bobine permettait de fixer le niveau du décollement au bord supérieur
de l'écran. Aucun de ces enseignements permettant de réaliser un confinement correct
et à coup sûr d'un jet de métal liquide n'est donné ni dans le brevet France n° 1.188.576,
ni dans le brevet Luxembourg n° 66.760.
[0014] La notion de fréquence optimale qui est capitale n'apparaît pas dans les brevets
1.188.576 et 66.760 précités.
[0015] D'une part, parce que, pour toute fréquence plus élevée, le confinement est difficile,
voire impossible à obtenir, sauf dans des conditions peu réalistes où le jet métallique
est soumis à des instabilités de grande amplitude ; d'autre part, parce que, pour
toute fréquence inférieure, le confinement est possible (ce qui explique pourquoi
il est facile de choisir avec le maximum de chances de succès une fréquence conduisant
à un confinement), mais entraîne une consommation de puissance très importante. La
courbe de la figure 5 donnant C
f, coefficient représentatif de l'efficacité du champ magnétique, en fonction de la
fréquence le montre ; en effet, plus la fréquence diminue en deçà de la fréquence
optimale, plus l'efficacité du champ magnétique décroît. Ainsi, pour une puissance
donnée, fournie à la bobine, le confinement sera réalisé mais avec un coefficient
de contraction d'autant plus réduit que la fréquence sera plus faible. Autrement dit,
pour obtenir une contraction donnée, il faudra fournir d'autant plus de puissance
à la bobine que la fréquence sera plus éloignée inférieurement de la fréquence optimale.
La forte croissance de la courbe C
f pour des fréquences basses (inférieures à 5 kHz dans le cas particulier représenté)
montre clairement, sans qu'il soit besoin de faire le moindre calcul, que toute diminution
même très faible de fréquence conduit à une forte diminution de l'efficacité du champ
magnétique qui doit être compensée par une augmentation importante de la puissance
à fournir à la bobine. Par conséquent, si l'on ne s'intéresse pas seulement au phénomène
de confinement en lui-même, mais aux applications du procédé et du dispositif industriels,
et donc obligatoirement à l'aspect économique, l'apport de l'invention, vis-à-vis
de ces deux brevets antérieurs, est primordial du fait des précisions qu'elle apporte
en ce qui concerne la fréquence optimale.
[0016] L'invention a donc d'abord pour objet un procédé pour confiner un jet de métal liquide
en créant sensiblement au niveau où l'on veut réaliser le confinement une surpression
dans le jet au moyen d'une bobine entourant le jet à ce niveau et parcourue par un
courant alternatif, caractérisé par le fait que ledit courant alternatif a une fréquence
inférieure à l'inverse du produit de la perméabilité magnétique du métal liquide par
la conductivité électrique de ce métal et par le carré du rayon du jet de ce métal
après confinement, en unités cohérentes.
[0017] De préférence, cette fréquence est sensiblement égale à l'inverse du produit de ladite
perméabilité, par ladite conductivité et par le carré du rayon du jet métallique avant
confinement, en unités cohérentes.
[0018] L'invention a aussi pour objet un dispositif pour réaliser le confinement d'un jet
de métal liquide, par la mise en oeuvre du procédé susvisé, comportant une bobine
qui entoure le jet et des moyens pour faire parcourir la bobine par un courant alternatif,
caractérisé par le fait que lesdits moyens font parcourir cette bobine par un courant
alternatif dont la fréquence est inférieure à l'inverse du produit de la perméabilité
magnétique du métal liquide par la conductivité électrique de ce métal et par le carré
du rayon du jet de ce métal après confinement, en unités cohérentes.
[0019] De préférence, lesdits moyens sont tels qu'ils font parcourir la bobine par un courant
alternatif dont la fréquence est sensiblement égale à l'inverse du produit de ladite
perméabilité, par ladite conductivité et par le carré du rayoh du jet métallique avant
confinement, en unités cohérentes.
[0020] Avantageusement, le dispositif comporte en outre un écran en une matière conductrice
de l'électricité disposé concentriquement à la bobine et pénétrant à l'intérieur de
celle-ci à partir du haut si on considère le sens de déplacement du jet.
[0021] L'invention pourra, de toute façon, être bien comprise à l'aide du complément de
description qui suit, ainsi que des dessins ci-annexés, lesquels complément et dessins
sont, bien entendu, donnés surtout à titre d'indication.
[0022]
La figure 1 représente, en coupe, un dispositif selon la demande de brevet France
n° 2.316.026.
Les figures 2, 3 et 4 représentent, également en coupe, trois modes de réalisation
d'un dispositif selon- la présente demande, savoir respectivement un dispositif de
confinement d'un jet à la sortie d'une busette et ne comportant pas d'écran, un dispositif
de confinement d'un jet à la sortie d'une busette et comportant un écran et un dispositif
pour assurer le passage d'un joint et ne comportant pas d'écran.
La figure 5 illustre la variation, en fonction de la fréquence en kHz, d'un coefficient
Cf représentatif de l'efficacité du champ magnétique (pour une veine d'acier liquide
ayant 40 mm de diamètre).
Les figures 6 et 7, enfin, servent à expliquer comment le phénomène de contraction
a lieu, même en l'absence d'écran, lorsqu'on met en oeuvre, dans le procédé selon
l'invention, un champ magnétique de fréquence suffisamment faible.
[0023] Selon l'invention, et plus spécialement selon celui de ses modes d'application, ainsi
que selon ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, auxquels il semble
qu'il y ait lieu d'accorder la préférence, se proposant, par exemple, de réaliser
un procédé et un dispositif pour assurer le confinement des métaux liquides par mise
en oeuvre d'un champ électromagnétique, on s'y prend comme suit ou d'une manière analogue.
[0024] On se réfère tout d'abord à la figure 1 qui montre l'état de la technique tel que
décrit dans la demande de brevet antérieure n° 2.316.026, notamment la figure 1 de
cette demande de brevet, de manière à mieux faire comprendre les différences entre
la présente invention et ladite demande.
[0025] Sur la figure 1 annexée, on a utilisé les mêmes nombres et lettres de référence que
sur la figure 1 de la demande de brevet précitée.
[0026] Le dispositif de la demande antérieure comprend, autour d'une busette 1 avantageusement
de révolution et dont le diamètre de sortie est égal à D, en combinaison :
- une bobine 2 de même axe X-X' que la busette 1, cette bobine étant alimentée, par
des moyens non repré-- sentés, en un courant alternatif de fréquence élevée f, et
- un écran 3 également de révolution autour de l'axe X-X' et qui pénètre à l'intérieur
de la bobine 2 à partir du bas (dans le sens d'écoulement du jet de métal liquide),
ledit écran étant réalisé en une matière bonne conductrice de l'électricité, telle
que le cuivre.
[0027] Conformément à la demande de brevet n° 2.316.026, le jet de métal liquide 6 sortant
de la busette 1 décolle des parois 7 de cette busette au niveau h du bord supérieur
8 de l'écran 3. Le jet ainsi confiné présente un diamètre d inférieur au diamètre
D à partir du niveau h. On peut fixer avec précision l'endroit du décollement du jet
en fixant la position du bord supérieur 8 de l'écran 3 qui pénètre par le bas dans
la bobine 2. Par ailleurs, on peut régler le diamètre d du jet en modifiant l'intensité
du courant électrique alternatif de fréquence élevée parcourant la bobine 2.
[0028] Conformément à la demande de brevet précitée, le confinement est réalisé par la combinaison
de la bobine 2 et de l'écran 3 et la fréquence qui parcourt la bobine 2 doit être
telle qu'elle satisfasse aux conditions :

en appelant R le rayon du jet de métal liquide avant sa contraction (R = y), e l'épaisseur
de l'écran métallique 3, σ
m et σ
c les conductivités électriques respectivement du métal liquide constituant le jet
6 et de la matière bonne conductrice de l'électricité constituant l'écran 3 et est
la conductivité électrique du métal liquide. Le coefficient de contraction a est égal
au rapport d/D ou r/R (avec r =

).
[0029] En se référant maintenant aux figures 2 à 4, on va décrire trois modes de réalisation
d'un dispositif mettant en oeuvre les perfectionnements selon l'invention.
[0030] La figure 2 illustre schématiquement le mode de réalisation le plus simple, à savoir
un dispositif assurant le décollement d'un jet de métal liquide à la sortie d'une
tuyère sans mise en oeuvre d'écran, mais simplement d'une bobine parcourue par un
courant alternatif de fréquence suffisamment basse.
[0031] Sur la figure 2, on a illustré en la la busette et en 2a la bobine, le jet 6a passant
du diamètre D, avant confinement, au diamètre d sous l'effet du champ magnétique produit
par la bobine 2a lorsque celle-ci est traversée par un courant alternatif de fréquence
f telle que la profondeur de pénétration du champ magnétique dans le jet de métal
liquide soit supérieure au rayon r du jet du métal liquide confiné (r =

). De préférence, comme cela sera expliqué ci-après, la fréquence f est voisine d'une
fréquence optimale f telle que la profondeur de pénétration soit égale au rayon R
de la veine liquide non confinée :

[0032] La demanderesse a constaté que dans ces conditions, le décollement a lieu au niveau
j quelque peu au-dessus de la bobine 2a qui peut être plate et ne comporter qu'un
fil enroulé en spirale plane.
[0033] On expliquera ci-après, avec référence aux figures 5, 6 et 7, les raisons de ce décollement.
[0034] Sur la figure 3, on a illustré un mode de réalisation de l'invention comportant,
en plus de la bobine parcourue par un courant alternatif de basse fréquence (comme
défini ci-dessus avec référence à la figure 2), un écran en une matière bonne conductrice
de l'électricité.
[0035] Sur cette figure 3, on a illustré la busette lb, la bobine 2b et l'écran 3b, tous
trois de révolution autour de l'axe X-X'. Le jet de métal liquide 6b passe d'un diamètre
D, avant contraction, au diamètre d après contraction, la contraction et le décollement
ayant lieu au niveau k défini par le bord inférieur de l'écran 3b qui, contrairement
à l'écran 3 de la figure 1, pénètre dans la bobine 2 à partir du haut dans le sens
de l'écoulement du jet 6b.
[0036] - Sur la figure 4, on a représenté un dispositif mettant en oeuvre les perfectionnements
selon l'invention pour assurer le passage d'un joint et ne comportant pas d'écran.
Sur cette figure, on a un ensemble 11 de conduites lla et llb séparées par un intervalle
llc, le tout de révolution autour d'un axe X-X' par exemple. Pour réaliser le décollement
du jet 16 au niveau du joint ou intervalle llc entre les conduites lla et llb, on
prévoit, par la mise en oeuvre de l'invention, deux bobines 12a et 12b parcourues
chacune par un courant alternatif de basse fréquence, les deux bobines étant montées
en série de manière à être parcourues à chaque instant par le même courant en sens
contraires ; chaque bobine réalise vis-à-vis de l'autre un effet d'écran puisque,
du fait des sens opposés des courants qui les parcourent, il apparaît un point de
champ magnétique nul sur leur axe commun X-X' à égale distance de chacune d'elles.
Dans ces conditions, le décollement a lieu au niveau de la partie supérieure a de
la bobine supérieure 12a, tandis que le recollement se produit au niveau b à la partie
supérieure de la bobine supérieure 12b. Les parties supérieures des deux bobines sont
équidistantes du joint.
[0037] Des modes de mise en oeuvre de l'invention ayant été illustrés avec référence aux
figures 2, 3 et 4 avec au moins une bobine parcourue par un courant alternatif de
basse fréquence, on va expliquer maintenant, avec référence aux figures 5, 6 et 7,
le fonctionnement de ces dispositifs et les raisons du confinement.
[0038] Le confinement à basse fréquence résulte (comme d'ailleurs le confinement à fréquence
élevée, dans le cadre de la demande de brevet antérieure n° 2.316.026 précitée), d'une
part, de l'invariance des deux grandeurs débit Q = SV et charge H =

, et, d'autre part, de l'apparition, à l'intérieur de la veine de métal liquide, d'une
surpression produite par le champ magnétique engendré par la bobine 2a, 2b, 12a parcourue
par un courant alternatif à basse fréquence.
[0039] C'est la suppression de cette surpression qui entraîne le confinement et donc le
décollement. En effet, la diminution de la pression à l'intérieur de la veine de métal
liquide, donc de P, entraîne l'augmentation de V vitesse d'écoulement du jet, étant
donné la constance de H (les paramètres p et g restant inchangés) ; l'augmentation
de V entraîne la diminution de S car le débit Q est constant ; or, S est justement
la section du jet.
[0040] Dans le cas des fréquences élevées (demande de brevet n° 2.316.026), on ne peut annuler
la surpression d'origine électromagnétique qu'en annulant le champ magnétique lui-même
soit au moyen d'un écran, soit au moyen d'une seconde bobine alimentée par un courant
de sens opposé à celui parcourant la première bobine. Au contraire, la mise en oeuvre
d'un courant alternatif de basse fréquence parcourant la bobine qui réalise la surpression
à l'intérieur de la veine de métal liquide permet de faire disparaître cette surpression
sans annuler le champ magnétique par réduction à zéro de son efficacité.
[0041] Dans le cas où la profondeur de la pénétration δ du champ magnétique dans une veine
de métal liquide est inférieure au rayon de celle-ci, il apparaît une sur- pression

au centre du métal liquide (si B désigne la valeur efficace du champ magnétique à
la surface de la veine) puisque le champ magnétique est parfaitement nul au centre
de la veine. Par contre, si la profondeur de pénétration 5 est supérieure au rayon
de la veine métallique, le champ magnétique a une intensité B
a non nulle sur l'axe de celle-ci. La surpression qui apparaît alors dans la veine
métallique s'écrit :

ce qui correspond à une baisse d'efficacité du champ magnétique.
[0042] Si on suppose que la profondeur de pénétration δ est juste égale au rayon R de la
veine métallique non contractée, le champ magnétique étant nul au centre de la veine,
il apparaît, immédiatement au-dessous de l'arête inférieure de l'écran, une surpression
électromagnétique ΔP =

. Si une amorce de contraction de la veine métallique se produit à l'amont de cette
zone (et elle se produira nécessairement à cause de l'effet de traction de la pesanteur
combiné à la décroissance magnétique à l'extérieur de la bobine et aux instabilités
qui existent à la surface du jet), la profondeur de pénétration devient localement
supérieure au rayon de la veine métallique et l'efficacité du champ magnétique diminue,
puisque B cesse d'être nul. Il en résulte une diminution de pression dans le jet,
ce qui conduit à une augmentation locale de vitesse et à une augmentation de la contraction
d'origine. Le processus continue et la contraction affecte la totalité du jet. Le
joint de décollement remonte alors dans la bobine où, à cause de l'uniformité du champ
magnétique, il ne peut se fixer de façon stable, pour s'immobiliser au niveau de l'arête
inférieure de l'écran au-delà de laquelle la nullité du champ magnétique l'obligerait
à redescendre.
[0043] Le phénomène est tout à fait réversible et peut conduire au gonflement d'une veine
de métal liquide libre qui loin à l'amont de la bobine ne ressent pas le champ magnétique
et voit sa pression augmenter à mesure qu'elle se rapproche de celle-ci. Cette augmentation
de pression entraîne une diminution de vitesse et par conséquent, une augmentation
de section. Un tel gonflement est utilisé dans la réalisation du joint électromagnétique
pour faire recoller aux parois la veine métallique confinée à l'amont (cas de la figure
4) .
[0044] Pour un champ magnétique de valeur efficace B
o et un jet de métal de vitesse initiale Vo la contraction a (respectivement le gonflement

) rapport des diamètres après et avant contraction (respectivement gonflement) est
donnée par :

[0045] Le coefficient C
f tient compte du fait que, contrairement au cas des hautes fréquences, le rapport
de la profondeur de pénétration au rayon R de la veine métallique avant confinement
n'est pas très faible devant l'unité. Par suite, la pression moyenne dans une section
de la veine métallique ne peut plus être assimilée à :

mais est égale à C
f 
avec :

[0046] A titre d'exemple, les deux tableaux ci-après donnent les valeurs du coefficient
de contraction a et du coefficient de réduction de débit β =

(si ϕ et ϕo désignent respectivement les débits avec et sans champ magnétique), pour
une veine d'acier liquide de diamètre initial 40 mm sous une charge de 1 m de liquide,
pour différentes valeurs de Bo.

[0047] Les valeurs de C
fi pour ce cas particulier, sont représentées sur la figure 5, sur laquelle on a porté
en abscisses les fréquences en kHz et en ordonnées la valeur de C
f.
[0048] En ce qui concerne la valeur de l'optimum de fréquence, à savoir f
o =

, on va expliquer les raisons de cette valeur en se référant aux figures 6 et 7. On
rappelle que cette valeur de f
o correspond au cas où δ = R.
[0049] Sur les figures 6 et 7, on a représenté en 21 la paroi périphérique externe du jet
22 de rayon R avec une amorce de contraction d'amplitude ε en 23, l'épaisseur de pénétration
6 étant illustrée en 24.
[0050] 1°) D'après la courbe de la figure 5 donnant les valeurs de C
f en fonction de la fréquence f, il semblerait légitime de choisir la fréquence f aussi
élevée que possible, afin d'augmenter l'efficacité du dispositif en se rapprochant
au maximum d'un profil de pression uniforme dans la veine métallique (δ → O) . C'est
ce qu'il est souhaitable de faire dans le dispositif "haute fréquence" avec écran.
Par contre, dans le dispositif "basse fréquence, c'est le manque d'efficacité locale
du champ magnétique qui est mis à profit et conduit à respecter une nouvelle contrainte.
[0051] 2°) Par contre, si on suppose (figure 6) que la fréquence est telle que 6 soit très
inférieur à R, à toute amorce de contraction (due par exemple à une perturbation d'amplitude
E) correspond (figure 7) la même surpression

électromagnétique qui interdit le maintien de la contraction et conduit à un retour
au rayon R initial. Ainsi, pour avoir la certitude que toute amorce de contraction
s'amplifiera et permettra le confinement par la décroissance de la surpression au
niveau de la contraction, il faut respecter la condition δ ≥ R, soit :
[0052] 
[0053] Puisque la contrainte du paragraphe 1° impose de prendre f aussi grand que possible,
l'optimum de fréquence est donc :

qui correspond à δ = R.
[0054] Le procédé et le dispositif selon l'invention permettent de réaliser le confinement
des métaux liquides, notamment de l'acier liquide, de l'aluminium liquide ou du cuivre
liquide, ainsi que de leurs alliages.
[0055] Ils permettent de resserrer un jet de métal fondu, notamment d'acier, d'aluminium
ou de cuivre, ainsi que de leurs alliages, sortant d'un orifice en réalisant un jet
même de petit diamètre (de quelques millimètres).
[0056] Ils permettent également de réaliser le passage d'un joint.
[0057] L'invention permet notamment :
- d'utiliser un orifice de diamètre relativement grand, c'est-à-dire sans risque de
bouchage, pour former un jet de diamètre relativement petit ;
- de former des billettes de petit diamètre (de quelques mm de diamètre) ou même des
fils, en formant un jet de diamètre réduit à la sortie de l'orifice, par exemple d'une
poche de coulée ;
- de réaliser de resserrement d'un jet à-un joint entre deux éléments, d'où possibilité
de faire passer un métal liquide d'un premier élément à un second élément, sans accrochage
aux parois du joint ;
- de.supprimer l'une des étapes des opérations habituelles de filage, grâce à la formation
d'un jet de diamètre réduit par rapport au diamètre de l'orifice, ce qui permet de
diminuer l'investissement et les frais de fonctionnement d'une installation de tréfilage
; on peut ainsi réaliser des ébauches de fils métalliques (fils d'acier et d'aluminium
par exemple), des moyens de refroidissement étant prévus pour solidifier le jet contracté
;
- de résoudre de nombreux problèmes de jonction ou d'étanchéité aux joints, en contrôlant
la surface libre du métal liquide dans la région où cette surface est écartée des
parois, avec application particulière aux problèmes de jonction posés par l'alimentation
des lingotières de coulée continue horizontale des aciers ;
- de réaliser la régulation du débit d'un jet de métal liquide au niveau d'un orifice
de sortie situé à la partie inférieure d'un récipient contenant le métal liquide.
[0058] On notera la grande souplesse d'adaptation du dispositif selon l'invention à des
installations existantes du fait que ce dispositif n'impose aucune géométrie particulière,
ni aucune dimension précise à la bobine ou à l'écran.
[0059] Comme il va de soi, et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention
ne se limite nullement à ceux de ses modes de réalisation et d'application qui ont
été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes.