[0001] La présente invention concerne un procédé d'injection de combustibles solides dans
un four à cuve, notamment dans un haut fourneau, ainsi qu'une installation pour la
mise en oeuvre de ce procédé.
[0002] Un haut fourneau est généralement pourvu d'une conduite circulaire reliée à la base
du four par une garniture de porte-vent et de tuyères d'injection de vent chaud qui
est produit dans une installation comprenant une soufflante, une batterie de cowpers
et une station de mélange ayant deux entrées reliées respectivement à la soufflante
et à chacun des cowpers et une sortie alimentant la conduite circulaire en vent chaud
à température réglée et constante.
[0003] En vue de l'entretien du processus de réduction dans le haut fourneau, le vent chaud
est généralement enrichi au moyen d'un combustible que l'on injecte dans ce vent chaud
au niveau des tuyères. Jusqu'à présent on a utilisé pour ainsi dire exclusivement
des combustibles liquides et plus particulièrement des produits pétroliers. En effet,
ces combustibles liquides ont l'avantage d'être très facilement manipulables et les
moyens mis en oeuvre pour leur injection dans les tuyères sont simples, peu coûteux
et ne perturbent pratiquement pas le fonctionnement d'autres organes ou installations,
notamment la température du vent chaud dans lequel ils sont injectés.
[0004] Toutefois, la hausse croissante du prix des produits pétroliers, ainsi que l'épuisement
progressif des réserves, ont ouvert la course au remplacement de ces produits par
d'autres combustibles, notamment du charbon ou de la lignite. Il est connu que ces
combustibles solides pourraient rendre les mêmes services que les combustibles liquides
en ce qui concerne l'entretien du processus de réduction dans le haut fourneau. Toutefois,
l'une des raisons principales pour lesquelles les combustibles solides n'ont pas été
utilisés jusqu'à présent, à cet effet, est qu'on ne disposait pas d'installations
de manipulation de combustibles solides qui auraient pu rendre ceux-ci concurrentiels
par rapport aux combustibles liquides.
[0005] L'un de ces problèmes, notamment celui du dosage et du transport par voie pneumatique
à contrepression a été résolu par la demande de brevet luxembourgeois No 81.388 du
15 juin 1979. Malgré cela, il subsiste toujours un problème au niveau de l'injection
des combustibles solides dans le courant de vent chaud dans les tuyères. En effet,
pour la maîtrise parfaite de l'opération du four, il est nécessaire que la température
du vent chaud soit constante ou, du moins, qu'elle soit contrôlable. A cet effet,
on a prévu en amont de la conduite circulaire une station de mélange dans laquelle
on mélange au vent chaud produit dans les cowpers et dont la température est susceptible
de fluctuations dans le temps, une certaine quantité d'air froid pour éliminer ces
pointes de fluctuations et réduire la température du vent chaud injecté dans le four
à une valeur constante. Si l'on utilise la voie pneumatique pour l'injection de combustibles
liquides dans les fours il faut envisager des quantités relativement importantes de
fluides de propulsion, qui est généralement de l'air. Or, pour éviter un auto-allumage
du combustible solide dans les conduites de transport pneumatiques, la température
de l'air de propulsion ne peut pas dépasser 80 à 120°C. Autrement dit, non seulement
on risque de rendre néant l'effet de la station de mélange en perturbant à nouveau
la température du vent chaud au moyen de l'air de propulsion, mais également il faudra,
ou bien augmenter la puissance des cowpers pour compenser cette perte de température,
ou bien se contenter d'une température opérative du vent chaud plus basse.
[0006] En conséquence, l'objectif de la présente invention est de prévoir un nouveau procédé
d'injection de combustibles solides dans un four à cuve qui permette d'éviter les
inconvénients précités, c'est-à-dire de ne pas influencer les paramètres d'injection
du vent chaud. Un objectif complémentaire de l'invention est la réalisation d'une
installation pour la mise en oeuvre de ce procédé.
[0007] Pour atteindre cet objectif, il est prévu un procédé d'injection de combustibles
solides dans un four à cuve pourvu d'une conduite circulaire reliée à la base du four
par une garniture de porte-vent et de tuyères d'injection de vent chaud, ce vent chaud
étant produit dans une installation comprenant une soufflante, une batterie de cowpers
et une station de mélange ayant deux entrées reliées respectivement à la soufflante
et à chacun des cowpers et une sortie alimentant la conduite circulaire en vent chaud
à température réglée et constante, caractérisé en ce que l'on transporte et injecte
le combustible solide sous forme pulvérulente, par voie pneumatique, dans chacune
des tuyères, en ce que l'on soutire en un point entre la soufflante et la station
de mélange une partie de l'air dosé destiné à la station de mélange, en ce que l'on
comprime cet air à une pression suffisante pour le transport et l'injection du combustible
dans les tuyères et pour la compensation des pertes de charges et en ce que l'on envoie
cette partie d'air dans un circuit de transport pneumatique du combustible.
[0008] L'installation pour la mise en oeuvre de ce procédé est essentiellement caractérisée
par un circuit parallèle au circuit d'alimentation de la conduite circulaire en vent
chaud, branché entre un point situé dans la conduite d'alimentation en air froid de
la station de mélange, d'une part et chacune des tuyères d'autre part et comprenant
un compresseur et au moins un dispositif d'admission du combustible solide.
[0009] Selon un mode de réalisation avantageux, il est préférable de prévoir immédiatement
en aval du compresseur un échangeur thermique afin de réduire la température de l'air
à une température égale à celle immédiatement en amont du compresseur, et d'éviter
ainsi le dépassement de la température d'auto-allumage du combustible.
[0010] Le dispositif d'admission du combustible est de préférence constitué par une série
de sas à rotor alvéolaire dont le nombre peut être égal à la moitié du nombre de tuyères
de sorte qu'un sas soit associé à une paire de tuyères.
[0011] D'autres particularités ressortiront de la description détaillée d'un mode de réalisation
présenté ci-dessous, à titre d'exemple, en référence à la figure unique qui montre
un schéma synoptique d'une installation d'injection de combustibles solides selon
la présente invention.
[0012] Cette figure montre schématiquement un haut fourneau 2 pourvu d'une conduite circulaire
4 d'alimentation en vent chaud. Cette conduite circulaire 4 est reliée à la base du
four au moyen d'une série de porte-vent 6 reliés à des tuyères non montrées encastrées
dans la paroi du four. Le vent chaud pour l'alimentation de la conduite circulaire
4 et des porte-vent 6 est produit dans une installation 8 comprenant essentiellement
une batterie de cowpers 12, 14 bien connus en soi. Ces cowpers sont, en fait, des
fours destinés à réchauffer l'air froid en provenance d'une soufflante 10 jusqu'à
une température supérieure à celle du vent chaud injecté dans le four. L'opération
d'un tel cowper comporte deux phases, à savoir une phase de réchauffement et d'emmagasinage
de chaleur et une phase de prélèvement de la chaleur emmagasinée et de réchauffement
de l'air froid. Par conséquent, pour assurer une opération continue, il faut au moins
une paire de cowpers travaillant en alternance.
[0013] La désignation de "froid" de l'air envoyé par la soufflante 10 dans les cowpers 12
et 14 n'est pas significative, étant donné que la température de cet air "froid" est
approximativement 100 à 120°C à cause du réchauffement dans la soufflante 10. La température
de l'air chaud à la sortie des cowpers dépend des besoins thermiques au niveau de
l'injection dans le four. Lorsque l'air chaud injecté dans le four doit avoir.une
température d'environ 1200°C, le réchauffement produit dans les cowpers 12, 14 doit
monter environ à 1300°C pour compenser les pertes thermiques et pouvoir assurer une
température constante dans une station de mélange 16.
[0014] Le but de cette station de mélange 16 est d'assurer une température constante du
vent chaud en vue de son injection dans le four. En effet, il n'est pas possible d'avoir
une température constante et uniforme à la sortie des cowpers où il existe toujours
des fluctuations de quelques dizaines de degrés. C'est donc la raison pour laquelle
il faut chauffer le vent chaud dans les cowpers à une température suffisante afin
de pouvoir la réduire à une température uniforme dans la station de mélange 16 par
admission d'une quantité dosée de vent froid à travers une conduite 18 reliée à la
soufflante 10. La quantité nécessaire d'air froid admis dans la station de mélange
16 à travers la conduite 18 est réglée automatiquement au moyen d'un clapet automatique
20 qui règle le débit d'air froid en fonction de la température du vent chaud dans
la conduite circulaire. De cette manière, on est assuré que la température du vent
chaud injecté dans le four reste constante.
[0015] Cette installation 8 de production de vent chaud telle que représentée sur la figure
constitue une installation classique bien connue en soi. Conformément à la présente
invention, on greffe sur cette installation 8 un circuit parallèle 22 pour l'injection,
par voie pneumatique, de combustibles solides dans chacune des tuyères du four. A
cet effet, on a prévu une conduite 24 branchée sur la conduite d'admission d'air froid
de la station de mélange 16 entre celle-ci et le clapet 20 et destinée à soutirer
la quantité d'air nécessaire pour la propulsion pneumatique du combustible solide.
Le réglage de la quantité d'air de propulsion dévié dans la conduite 24 est réglé
automatiquement par un clapet 26 en fonction des besoins.
[0016] Dans le circuit 22 on a prévu un compresseur 28 destiné à élever la pression de l'air
de propulsion dans le circuit 22 de manière à compenser les pertes de charge et assurer
l'injection dans le four. La différence de pression DP réalisée dans le compresseur
28 est généralement de 2 bars en comptant approximativement 1 bar pour la compensation
des pertes de charge et une réserve d'un bar pour assurer l'injection. Par conséquent,
si la pression du vent chaud à injecter dans le four est d'environ 2,5 bars la pression
de l'air de propulsion en aval des compresseurs 28 est environ de 4,5 bars.
[0017] L'admission du combustible solide, sous forme poudreuse ou pulvérulente dans le circuit
22 est effectuée à l'aide d'un sas de soufflage à rotor alvéolaire 30 bien connu en
soi. Ce combustible solide, qui peut être de la poudre de lignite ou de la poudre
de charbon est ensuite propulsé à travers la conduite 32 dans les tuyères du four.
On peut alimenter, par exemple, deux tuyères au moyen d'une seule conduite 32 de sorte
que le nombre de conduites 32 et le nombre de sas 30 sera égal à la moitié du nombre
de tuyères. Ce rapport peut être changé suivant les besoins.
[0018] Il est à noter que l'air de propulsion subit un réchauffement dans le compresseur
28. Afin d'éviter que la température de l'air de propulsion n'atteigne le seuil d'auto-allumage
du combustible solide et, également, pour réduire la température à une valeur approximativement
égale à la température à l'endroit de soutirage de l'air de propulsion, c'est-à-dire
entre le clapet 20 et la station 16, il est préférable de prévoir en aval du compresseur
28 un dispositif de refroidissement 33. L'activité de ce refroidisseur 33 peut être
commandée automatiquement en fonction du réchauffement dans le compresseur 28. De
cette manière, si la température de l'air froid circulant dans la conduite 18 est
approximativement de 120°C on peut faire en sorte que la température de l'air de propulsion
dans la conduite 32, notamment au moment de l'injection dans le four soit également
de 120° environ.
[0019] Comme on peut le constater, l'intégration du circuit 22 dans le circuit 8 de production
de vent chaud ne perturbe en aucune manière le fonctionnement de ce dernier et notamment
la température du vent chaud injecté dans le four. En effet, la quantité d'air froid
demandée par la station de mélange 16 pour le maintien d'une température constante
du vent chaud est déterminée par le clapet 20 et cette quantité passera toujours à
travers celui-ci. La différence est qu'une partie de l'air débitée par le clapet 20
n'est plus envoyée dans la station de mélange 16, mais à travers le circuit 22 de
sorte que la quantité totale d'air froid mélangée au vent chaud produit par les cowpers
ne change pas. Une partie du mélange, au lieu d'être effectuée dans la station de
mélange 16, est maintenant effectuée au niveau de l'injection du combustible dans
les porte-vent ou dans les tuyères.
[0020] Pour le cas où le four est mis en "veilleuse", c'est-à-dire que la quantité de vent
chaud est réduite au minimum, et que le clapet 26-est fermé, on a prévu un clapet
34 permettant l'admission d'air atmosphérique dans le circuit 22.
1. - Procédé d'injection de combustibles solides dans un four à cuve pourvu d'une
conduite circulaire reliée à la base du four par une garniture de porte-vent et de
tuyères d'injection de vent chaud, ce vent chaud étant produit dans une installation
comprenant une soufflante, une batterie de cowpers et une station de mélange ayant
deux entrées reliées respectivement à la soufflante et à chacun des cowpers et une
sortie alimentant la conduite circulaire en vent chaud à température réglée et constante,
caractérisé en ce que l'on transporte et injecte le combustible solide sous forme
pulvérulente, par voie pneumatique, dans chacune des tuyères, en ce que l'on soutire
en un point entre la soufflante et la station de mélange une partie de l'air dosé
destiné à la station de mélange, en ce que l'on comprime cet air à une pression suffisante
pour le transport et l'injection du combustible dans les tuyères et pour la compensation
des pertes de charges et en ce que l'on envoie cette partie d'air dans un circuit
de transport pneumatique du combustible.
2. - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on refroidit l'air
après l'avoir comprimé et en fonction du réchauffement subi lors de cette compression.
3. - Installation pour la mise en oeuvre du procédé selon les revendications 1 ou
2, dans un haut fourneau pourvu d'une conduite circulaire (4) reliée à la base du
four (2) par une garniture de porte-vent (6) et de tuyères d'injection de vent chaud
produit dans une installation (8) comprenant une soufflante (10), une batterie de
cowpers (12)(14) et une station de mélange (16) ayant deux entrées reliées respectivement
à la soufflante (10) et à chacun des cowpers (12)(14) et une sortie alimentant la
conduite circulaire (4) en vent chaud à température réglée et constante, caractérisée
par un circuit pneumatique (22) d'injection d'un combustible sous forme pulvérulente
dans chacun des porte-vent (6) ou tuyères, ce circuit (22) étant disposé parallèlement
au circuit d'alimentation de la conduite circulaire (4) en vent chaud et branché en
un point situé dans la conduite (18) d'alimentation en air froid de la station de
mélange (16), d'une part, et chacun des porte-vent (6) ou tuyères, d'autre part et
comprenant un compresseur (28) et au moins un dispositif d'admission de combustibles
solides (30).
4. - Installation selon la revendication 3, caractérisée par un échangeur thermique
(33) prévu entre le compresseur (28) et le dispositif (30) d'admission du combustible
solide.
5. - Installation selon l'une des revendications 3 ou 4, caractérisée en ce que le
dispositif (30) d'admission du combustible solide est constitué par des sas à rotor
alvéolaire.
6. - Installation selon la revendication 5, caracté- riséeen ce que le nombre de sas
à rotor alvéolaire (30) est inférieur au nombre de tuyères (6), chaque rotor (30)
étant relié à plusieurs tuyères.