[0001] La présente invention concerne un procédé et un dispositif pour la mesure du niveau
et pour l'appréciation de l'état physique de la scorie dans un récipient métallurgique,
notamment dans un convertisseur d'aciérie.
[0002] La connaissance du niveau de la scorie dans un convertisseur d' aciérie est importante,
tant du point de vue métallurgique, comme paramètre du degré d'avancement de l'affinage,
que du point de vue de la sécurité, en vue de prévenir un débordement.
[0003] Ainsi le déposant a développé un système de mesure du niveau de la scorie qui permet
en même temps une évaluation de la consistance de celle-ci, ce qui constitue une information
importante, surtout pour l'affinage de fontes phosphoreuses où une scorie d'une consistance
mousseuse était jugée désirable.
[0004] Ce système de mesure que le déposant a décrit dans le brevet luxembourgeois no. 71.261,
comporte un conduit acoustique ther- mostatisé qui est disposé au-dessus du convertisseur
et qui capte le bruit émis par la lance de soufflage d'oxygène. Après filtrage des
fréquences dont l'origine est étrangère aux paramètres qui intéressent pour la mesure
proprement dite, on retient un signal dont l'interprétation permet de conclure au
degré du bruit absorbé par la scorie et par là au degré du caractère mousseux présent
ainsi qu'à son niveau dans le creuset.
[0005] Le développement de procédés d'affinage plus élaborés, comme celui décrit dans la
demande de brevet luxembourgeois no. 81.207 du 30 avril 1979, qui comporte en plus
du soufflage d'oxygène sur la surface du bain un barbotage du bain au moyen de gaz
inerte introduit par le fond du creuset, résulte en la formation d'une scorie de consistance
essentiellement non-mousseuse, ce qui apporte des avantages considérables, notamment
en ce qui concerne le taux de post-combustion du CO au-dessus du bain. Par suite de
l'absence d'une scorie mousseuse le système de mesure décrit plus haut n'est plus
apte à fournir des résultats facilement interprétables pour déterminer le niveau de
la scorie dans le creuset.
[0006] La présence d'une scorie plus dense, due à l'effet du barbotage de gaz inerte introduit
par le fond du creuset, exige par conséquent l'élaboration d'un système de mesure
basé sur des paramètres de mesure autres que le degré d'absorption du bruit émis par
la lance de soufflage.
[0007] Le but de l'invention consistait donc à proposer un système de mesure du niveau de
la scorie et de son état physique, ce système de mesure étant largement indépendant
du degré de moussage de la scorie et ses performances étant du moins équivalentes
à celles des systèmes connus.
[0008] Ce but est pleinement atteint par le procédé de mesure suivant l'invention qui est
caractérisé en ce que l'on prévoit à différents niveaux au-dessus du niveau de remplissage
du creuset au moins deux prises de la pression hydrostatique, balayées par des jets
de gaz inerte à débit réglable, que l'on ajuste les pressions des dites prises à des
valeurs égales entre elles, que l'on capte ensuite les pressions existant aux dites
prises et que l'on détermine le niveau de la scorie dans le creuset en interprétant
les déviations des pressions mesurées par rapport à leurs valeurs initiales.
[0009] Le balayage des prises au moyen du gaz inerte, qui est de préférence de l'azote,
assure que l'embouchure à la face intérieure du réfractaire dans lequel sont logées
les prises de pression, soit toujours dégagée et le moins possible affectée par d'éventuelles
éclaboussures.
[0010] L'idée qui est à la base de l'invention consiste donc à mesurer et à interpréter
les différences de la pression hydrostatique déterminées à plusieurs niveaux bien
définis au-dessus du niveau du bain dans le creuset.
[0011] Le principe de fonctionnement du procédé est le suivant: On considère p.ex. 3 prises
de pression, dont 2 (A
l et A
2) se trouvent à un même niveau et la 3e (B) est placé à un niveau plus élevé, la différence
des niveaux étant égale à H. Les trois prises sont balayées par des débits d'azote
tels que les pressions P
A1' PA2 et P
B soient égales si les prises débouchent librement dans la cavité du creuset, en d'autres
termes, en l'absence de scorie. Cette situation se présente entre les phases d'élaboration
et on en profite pour aligner les trois pressions à la même valeur avant le début
de soufflage.
[0012] La prise A
1 est choisie comme prise de référence. Son débit d'azote ajusté détermine la valeur
de départ de la pression P
A1. On annule ensuite les différences PAl - PA2
resp. P
A1 P
B.
[0013] A partir du moment où le niveau de la scorie monte au-dessus du niveau A, les valeurs
des pressions P
A1 et PA2 augmentent à leur tour d'un montant x h, où α est le poids spécifique instantané
de la scorie et h est la hauteur dont la niveau de la scorie dépasse le niveau A.
[0014] Si la scorie monte au-delà du niveau B, la pression P
B s'écarte à son tour de sa valeur initiale.
[0015] En principe la différence des indications P
A1 ou P
A2 et P
B étant égale à α H, permet de calculera, puisque H est connu.
[0016] La différence entre l'indication momentanée de P
A et sa valeur initiale permet de calculer le niveau absolu de la scorie à partir du
moment où celle-ci est supérieure.à B.
[0017] Dans le but de disposer d'un moyen de contrôle et d'une sécurité supplémentaire on
a donc prévu au même niveau A deux prises, qui, en principe, fournissent à tout moment
des résultats identiques.En d'autres termes, elles permettent une appréciation relative
de leur comportement. Si après quelques campagnes on constate que le comportement
des 2 prises est satisfaisant, c.à.d. fiable et reproductible, on peut supprimer l'une
des prises au niveau A, ainsi que l'appareillage y associé.
[0018] Le dispositif nécessaire à la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention comprend
au moins deux capteurs individuels, qui sont encastrés à deux niveaux différents dans
la paroi verticale d'un creuset. Chaque capteur comprend un tube rigide de prise de
pression logé dans le réfractaire du creuset lequel tube est rattaché à un tube souple
qui traverse la carcasse du creuset et établit la communication avec un instrument
conventionnel de mesure de la pression.
[0019] Suivant l'invention il suffit de munir la carcasse du creuset, ainsi que le réfractaire
de perforations suffisantes pour livrer un passage aux tubes rigides resp. souples
et de prévoir dans le garnissage, entre la carcasse et le réfractaire, une chambre
que traverse le tube souple et de plier ce dernier en U à l'intérieur de ladite chambre.
[0020] De ce fait la possibilité d'un déplacement relatif entre le réfractaire et la carcasse
est donnée sans danger de cisaillement du tube de prise de pression.
[0021] D'autres avantages et caractéristiques ressortiront de la description des dessins.
Dans ces dessins la fig. 1 représente de manière non-limitative le schéma d'une forme
d'exécution préférée d'un capteur de pression suivant l'invention, tandis que la fig.
2 montre un schéma de principe d'une forme d'exécution possible de l'ensemble de mesure.
[0022] En fig. 1 on distingue la brique de prise de pression (1), qui peut avoir la taille
des briques réfractaires voisines normales et qui contient la prise de pression. Cette
prise est constituée par un tube en un matériau réfractaire (11), de préférence céramique,
qui conserve sa forme, c.à.d. sa section de passage pour le gaz de balayage, aux températures
élevées.
[0023] Le tube (11) est logé dans un tube métallique (12) le protégeant à l'égard des efforts
mécaniques surgissant surtout lors de la cuisson du convertisseur et en début de campagne
jusqu'au moment où la cuisson peut être considérée comme terminée. La combinaison
des deux tubes, qui s'usent parallèlement avec le réfractaire, doit assurer une perte
de charge -due au gaz de balayage- stable et reproductible durant toute la campagne
du creuset.
[0024] A l'extrémité "froide" de la prise de pression est fixé un tube souple (13) p.ex.
en cuivre qui est plié en U, afin de rattraper un déplacement relatif éventuel entre
le réfractaire et la carcasse (5) du creuset.
[0025] Du côté du garnissage permanent (30) la brique de prise de pression est logée dans
un matelas en fibres réfractaires qui a pour but d'atténuer les efforts de cisaillement
auxquels elle risque d'être exposée au niveau de la face séparant les deux couches
de réfractaires.
[0026] La brique de prise de pression (1) y compris les tubes (11), (12) et (13) sont des
éléments d'usure qui sont remplacés lors de chaque maçonnage du creuset. Le travail
à exécuter lors de chaque remplacement est d'enlever le bouchon (21), d'insérer le
tube (13), de remettre le bouchon (21), de serrer le bourrage (22) afin de rendre
la prise étanche vis-à-vis de la carcasse.
[0027] La transmission de la pression vers l'instrument de mesure se fait par un tube (41)
d'un diamètre suffisamment grand pour qu'il n'y ait pas de perte de charge appréciable
due à l'écoulement du fluide de balayage, en l'occurrence de l' azote.
[0028] En fig. 2 on distingue les 3 prises de pression Al, A2 et B. Ces prises sont utilement
disposées en-dessous du tourillon du creuset. Les prises Al et A2 se trouvent au même
niveau au-dessus de la ligne de remplissage du creuset, tandis que la prise B est
placée à une certaine distance au-dessus des prises Al et A2, la différence entre
les niveaux des prises étant égale à H.
[0029] Les trois prises sont balayées par des débits d'azote tels que les pressions P
A1 PA2 et P sont égales si les prises débouchent librement dans la cavité du creuset,
ce qui est le cas en l'absence de scorie. On ajuste donc les trois pressions à la
même valeur avant le début de soufflage et/ou entre les phases de soufflage.
[0030] La prise (A
.) est choisie comme prise de référence. Le débit d'azote (N2) est ajusté manuellement
à l'aide d'un détendeur (D). Ce débit détermine la valeur de départ de la pression
(P
A1). Deux régulateurs (R) annulent les différences P
A1-PA2
res
p. P
Al -
PB par action sur les vannes (VA2) et (V
B). Cet alignement accompli -opération qui prend quelques secondes- les entrées des
régulateurs (R) sont court-circuitées ce qui a pour effet de figer les vannes de réglage
dans leur dernière position p.ex. par l'intermédiaire de régulateurs de position.
En casde vannes de réglage commandées par un moteur électrique, il suffit de couper
la sortie des régulateurs (R) afin de bloquer les vannes dans leur dernière position.
[0031] On distingue également les manomètres ou convertisseurs de pression (QA1, QA2 et
QB) qui, combinés aux tuyères à détente critique (TA1, TA2 et TB) remplacent avantageusement
les débitmètres onéreux.
[0032] L'acquisition des données A peut être centralisée en un calculateur qui se charge
de la transformation des résultats de mesure en informations significatives pour le
personnel de l'aciérie ou en un ordinateur qui assume la conduite de l'élaboration
de l'acier.
1. Procédé pour la mesure du niveau et pour l'appréciation de l'état physique de la
scorie dans un récipient métallurgique, notamment dans un convertisseur d'aciérie,
caractérisé en ce que l'on prévoit à différents niveaux au-dessus du niveau de remplissage
du creuset au moins deux prises de la pression hydrostatique, balayées par des jets
de gaz inerte à débit réglable, que l'on ajuste les pressions des dites prises à des
valeurs égales entre elles, que l'on capte ensuite les pressions existant aux dites
prises et que l'on détermine le niveau de la scorie dans le creuset en interprétant
les déviations des pressions mesurées par rapport à leurs valeurs initiales.
2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'on utilise de l'azote
comme gaz inerte.
3. Procédé suivant les revendications 1-2, caractérisé en ce que l'on prévoit trois
prises de pression hydrostatique dont deux sont situées à un même niveau, tandis que
la troisième est située à un niveau plus élevé de la paroi verticale du creuset.
4. Procédé suivant les revendications 1-3, caractérisé en ce que l'on utilise l'une
des deux prises de pression hydrostatique qui sont situées à un même niveau de la
paroi verticale du creuset comme prise de référence vis-à-vis de la prise de pression
hydrostatique située à un niveau plus élevé et que l'on utilise l'autre des deux prises
comme prise de contrôle de la fiabilité de la mesure.
5. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé suivant les revendications 1-4, caractérisé
en ce qu'il comprend au moins deux capteurs individuels, qui sont encastrés à deux
niveaux différents dans la paroi verticale d'un creuset, chaque capteur comprenant
un tube rigide de prise de pression qui est rattaché à un tube souple traversant la
carcasse du creuset et établissant la communication avec un instrument conventionnel
de mesure de la pression.
6. Dispositif suivant la revendication 5, caractérisé en ce que l'on prévoit dans
le réfractaire et dans la carcasse du creuset des perforations suffisantes pour livrer
un passage aux tubes rigides resp. souples et que l'on prévoit dans le garnissage,
entre la carcasse et le réfractaire, une chambre que traverse librement le tube souple
qui est plié en U à l' intérieur de ladite chambre.
7. Dispositif suivant les revendications 5-6, caractérisé en ce que le tube rigide
est constitué d'un tube extérieur en métal réfractaire et d'un tube concentrique intérieur
en un matériau réfractaire.
8. Dispositif suivant les revendications 5-7, caractérisé en ce que à l'extérieur
de la carcasse du creuset le tube souple passe par un bouchon perforé muni d'un bourrage
et aboutit dans une chambre fixe, qui est reliée au moyen d'une conduite rigide à
un instrument conventionnel de mesure de la pression.
9. Dispositif suivant la revendication 8, caractérisé en ce que la conduite rigide
présente un diamètre suffisamment élevé pour minimiser les pertes de charge dues à
l'écoulement du fluide de balayage.
10. Dispositif suivant les revendications 5-9, caractérisé en ce que les prises de
pression hydrostatique sont disposées en-dessous du tourillon du creuset.
11. Dispositif suivant les revendications 5-10, caractérisé en ce que les instruments
de mesure sont reliés à un processeur électronique qui se charge de l'interprétation
des signaux de mesure et qui les convertit en signaux de commande.