Domaine technique
[0001] La présente invention a pour objet un procédé et un dispositif pour fabriquer simultanément
une pluralité de filaments par voie électrostatique, ainsi que des produits susceptibles
d'être obtenus à l'aide d'un tel procédé.
Technique antérieure
[0002] La formation de fibres ou filaments par tirage électrostatique est une technique
développée depuis longtemps. Les différentes méthodes proposées jusqu'à présent pour
une telle formation de fibres ou filaments ne sont cependant pas sans présenter un
certain nombre d'inconvénients.
[0003] Il a déjà été ainsi proposé, à titre d'exemple, de former des fibres par tirage électrostatique
à partir d'une substance thermoplastique fondue disposée à la surface d'un substrat
filiforme servant d'électrode débitrice (comme décrit dans le brevet anglais 1.484.584).
L'avantage majeur de ce procédé réside dans son aptitude à pouvoir former simultanément
un grand nombre de fibres, de sorte qu'il se prête particulièrement bien à la fabrication
de produits non tissés. Un tel procédé présente cependant le grand inconvénient de
ne donner lieu qu'à des fibres de longueur limitée, du fait de la masse finie de matière
thermoplastique fondue dépo- sable sur l'électrode filiforme (la matière thermoplastique
résiduelle restant sur l'électrode en fin de tirage devant par ailleurs être éliminée
de cette électrode par brûlage, avant de pouvoir procéder à un nouvel apport de matière,
ce qui constitue un inconvénient supplémentaire pour le procédé). Le choix des matières
filables selon ce procédé est en outre réduit à celles des matières thermoplastiques
capables d'être broyées à l'état pulvérulent (le moyen le plus approprié pour former
une oouche régulière de matière thermoplastique fondue sur l'électrode filiforme consistant
en effet à revêtir cette électrode de matière en poudre et à faire ensuite fondre
cette matière en poudre), de sorte que ce choix reste relativement limité (toutes
les matières ne pouvant en effet être broyées à l'état de poudre).
[0004] Il a déjà été également proposé de former des fibres ou filaments par tirage électrostatique
à partir de solutions pulvérisées dans le champ électrostatique (ccmne décrit par
exemple dans le brevet US 1.975.5o4). Un tel procédé nécessitant généralement l'utilisation
de buses pour procéder à la pulvérisation de la solution, il s'ensuit que la production
simultanée d'une pluralité de fibres ou filaments requiert l'utilisation d'un nombre
équivalent de buses, ce qui n'est pas sans entraîner une complication certaine de
l'appareillage dans le cas où l'on désire produire simultanément un grand nombre de
filaments. Un tel procédé est par ailleurs strictement limité au tirage électrostatique
de substances solubles.
Exposé de l'invention
[0005] La présente invention a précisément pour but de remédier au moins partiellement aux
inconvénients sus-mentionnés, en propasant un procédé particulièrement simple permettant
de produire simultanément un grand nombre de fibres ou filaments, cette production
pouvant par ailleurs être opérée à partir de matériaux se présentant sous des formes
initiales très diverses.
[0006] A cet effet, la présente invention a pour objet un procédé pour fabriquer simultanément
une pluralité de filaments par voie électrostatique, caractérisé par le fait qu'il
consiste à :
- former en continu sur au moins une surface inclinée une couche d'un matériau normalement
diélectrique maintenue, au moins dans la partie inférieure de cette surface inclinée,
dans un état suffisamment fluide pour pouvoir s'écouler en continu par gravité jusqu'au
bord inférieur de cette surface inclinée, ledit matériau étant par ailleurs capable
de solidification relativement rapide après cessation dudit maintien à l'état fluide
et,
- soumettre au moins la portion de ladite couche fluide arrivant sur ledit bord inférieur
à l'action d'un champ électrostatique intense suffisamment concentré au voisinage
de cette portion de couche fluide pour entraîner le tirage, à partir de cette portion
de couche fluide de groupes de molécules progressant alors le long des lignes de forces
électrostatiques en donnant lieu à la formation de filaments, lesquels se solidifient
ensuite progressivement en s'éloignant dudit bord inférieur de ladite surface inclinée.
[0007] La présente invention a également pour objet un dispositif pour la mise en oeuvre
d'un tel procédé, caractérisé par le fait qu'il comprend :
- au moins une surface inclinée,
- des moyens pour former en continu sur ladite surface inclinée une couche dudit matériau
normalement diélectrique, et pour maintenir cette couche, au moins dans la partie
inférieure de cette surface inclinée, dans un état suffisamment fluide pour permettre
son écoulement continu par gravité jusqu'au bord inférieur de ladite surface inclinée,
et,
- des moyens pour 'x'umettre au moins la portion de cette couche fluide arrivant sur ledit bord inférieur
à l'action d'un champ électrostatique intense suffisamment concentré sur cette portion
de couche fluide pour entraîner son tirage sous la forme de filaments.
[0008] La présente invention a enfin pour objet les différents produits susceptibles d'être
obtenus à l'aide d'un tel procédé et/ ou dispositif.
[0009] On voit ainsi que l'une des caractéristiques essentielles du procédé et/ou dispositif
sus-décrits réside dans la formation en continu sur au moins une surface inclinée
d'une couche d'un matériau normalement diélectrique maintenue, au moins dans la partie
inférieure de cette surface inclinée, dans un état suffisamment fluide pour pouvoir
s'écouler en continu par gravité jusqu'au bord inférieur de cette surface inclinée,
la formation simultanée d'une pluralité de filaments étant alors obtenue par tirage
électrostatique d'au moins la portion de cette couche fluide arrivant en continue
sur ce bord inférieur. La réalisation d'un tel écoulement continu de matériau filable
le
'long d'une surface inclinée présente l'avantage majeur de permettre un apport continu
de matériau au niveau du bord inférieur de cette surface inclinée, et par conséquent
le renouvellement constant de ce matériau au niveau de ce bord inférieur, au fur et
à mesure qu'il se trouve prélevé pour donner lieu à la formation de filaments. Le
renouvellement constant de matériau dans la zone de tirage électrostatique (assuré
au demeurant, ainsi qu'on peut le constater, de manière particulièrement simple) peut
notamment être mis à profit pour assurer la formation de filaments de longueur indéfinie.
[0010] Les matériaux normalement diélectriques susceptibles d'être ainsi filés par le procédé
selon l'invention peuvent être de nature très diverse, l'essentiel étant qu'ils puissent
être temporairement maintenus dans un état suffisamment fluide pour permettre leur
écoulement continu sous la forme d'une couche régulière le long d'une surface inclinée,
en même temps que leur tirage électrostatique sous la forme de filaments (un matériau
diélectrique quelconque ne pouvant en effet être filé électrostatiquement que si sa
viscosité peut être abaissée suffisamment pour permettre aux forces électrostatiques
de l'emporter sur les forces de réaction développées par la viscosité), tout en étant
néanmoins capables de solidification relativement rapide après cessation de leur maintien
dans cet état fluide (afin de permettre que les filaments obtenus présentent, en arrivant
sur leur surface réceptrice, un degré de solidification suffisamment prononcé pour
ne pas être contraints de redonner automatiquement lieu à une oouche fluide continue).
Comme matériaux susceptibles de répondre aux exigences susmentionnées, ont peut ainsi
notamment envisager, de manière particulièrement avantageuse, d'utiliser des matériaux
thermoplastiques,ou thermofusibles, à savoir des matériaux capables d'être amenés
dans un état suffisamment fluide par chauffage, et d'être ensuite resso- lidifiés
suffisamment rapidement (d'autant plus rapidement qu'il s'agit alors de filaments
de relativement faible section) par simple refroidissement (en principe refroidissement
naturel, néanmoins susceptible d'être renforcé par tout moyen approprié, tel que par
exemple circulation de gaz à contre- courant du sens de progression des filaments).
Canne matériaux thermoplastiques ou thermofusibles possibles (l'expression "matériaux
thermoplastiques" devant ici être entendue dans un sens beaucoup plus large que celui
normalement utilisé dans le domaine des matiéres plastiques), on pourra ainsi envisager
de filer des matières plastiques telles que le polypropylène, le polyethylène, etc...,
des matières inorganiques telles que des verres, etc... ou encore d'autres matériaux
très divers tels que du brai de houille ou de pétrole, du chocolat, etc... La couche
destinée à être formée en continu sur la surface inclinée selon l'invention au moyen
de tels matériaux thermoplastiques, ou thermofusibles pourra avantageusement être
maintenue dans un état suffisamment fluide (pour permettre son écoulement continu
le long de cette surface inclinée) par chauffage adéquat de cette surface inclinée,
un tel chauffage de cette surface inclinée pourra, de manière particulièrement avantageuse,
être réalisé par effet Joule, en prévoyant alors d'utiliser une surface inclinée faite
en un matériau électriquement conducteur (un tel matériau électriquement conducteur
devra toutefois être choisi de façon à présenter une résistivité suffisamment élevée
pour permettre une bonne dissipation d'énergie, ainsi qu'une résistance à l'oxydation
suffisamment forte pour prévenir tout risque d'oxydation lors de son chauffage, de
sorte qu'il pourra être avantageusement constitué par l'un des types de matériaux
normalement utilisés comme élément de chauffage résistif dans les appareils de chauffage
électrique). La formation proprement dite de la couche de matériau thermoplastique
ou thermofusible sur la surface inclinée pourra, quant à elle, être réalisée de manières
fort diverses (qui seront décrites ultérieurement), le matériau thermoplastique ou
thermofusible pouvant notamment être déversé sur la surface inclinée sous une forme
encore solide (et amené dans un état suffisamment fluide seulement après avoir contacté
la surface inclinée) ou au contraire sous une forme déjà fluide ou voire même complètement
fondue. On voit donc que le processus de formation sus-décrit de l'écoulement continu
de matériau le long de la surface inclinée autorise l'utilisation de matériaux thermoplastiques
ou thermofusibles susceptibles de se présenter sous les formes initiales les plus
diverses telles que poudre, granules, paillettes, masse paeuse, masse fondue, etc...
[0011] Carme autres matériaux susceptibles d'être filés par le procédé selon l'invention,
on peut également envisager d'utiliser des matériaux maintenus temporairement en solution
dans des solvants facilement évaporables, ces matériaux sous forme de solutions étant
alors déversés directement sur la surface inclinée de façon à former une pellicule
de liquide s'écoulant en continu par gravité jusqu'au bord inférieur de cette surface
inclinée, les filaments tirés électrostatiquement à partir de ce bord se solidifiant
alors progressivement sous l'effet de l'évaporation du solvant (en principe évaporation
naturelle, néanmoins susceptible d'être renforcée par tout moyen approprié).
[0012] La formation sus-décrite d'un écoulement de matériau filable le long de la surface
inclinée sera avantageusement mise en oeuvre de façon à procurer un débit de matériau
au niveau du bord inférieur de cette surface inclinée qui soit adapté au taux de production
des filaments (un débit trop élevé risquant en effet de
don- ner lieu à la formation d'un film ou voile au lieu des filaments désirés, et un
débit trop faible risquant inversement de donner lieu à la simple formation de gouttelettes).
Cet écoulement continu de matériau filable le long de la surface inclinée sera par
ailleurs de manière préférentielle, réglé de façon à donner un débit de matériau au
niveau du bord inférieur de cette surface inclinée qui soit régulier sur toute l'étendue
du bord inférieur ainsi que constant dans le temps, de façon à permettre la formation
de filaments réguliers aux caractéristiques constantes et reproductibles dans le temps
(le diamètre des filaments obtenus dépendant notanment directement de ce débit de
matériau au niveau du bord inférieur de la surface inclinée). Ce réglage du débit
de matériau pourra être effectué de manières diverses, qui seront explicitées ultérieurement.
[0013] L'établissement d'un champ électrostatique intense, suffisamment concentré au voisinage
de la portion de matériau fluide arrivant sur le bord inférieur de la surface inclinée
pour permettre le tirage électrostatique de cette portion sous la forme de filaments,
peut être quant à lui mis en oeuvre, de manière bien connue grâce à l'utilisation
de deux électrodes appropriées reliées à l'une et l'autre bornes d'une source haute
tension continue adéquate, à savoir, une première électrode pourvue d'une arête relativement
vive s'étendant à proximité immédiate de la portion de matériau à tirer électrostatiquement,
et une seconde électrode (ou contre-électrode) de relativement grande extension s'étendant
en regard et à distance de cette première électrode. Cette première électrode pourvue
d'une arête relativement vive peut, de manière particulièrement avantageuse, être
précisément constituée par le bord inférieur de la surface inclinée supportant la
couche fluide de matériau filable, dans le cas où cette surface inclinée est faite
en un matériau électriquement conducteur ( ce bord inférieur devant alors être conformé
selon un profil suffisamment "vif" pour donner lieu à la concentration de champ requise).
Cette première électrode pourvue d'une arête relativement vive peut néanmoins, dans
certains cas d'application, être constituée par une électrode annexe entièrement distincte
de ce bord inférieur (la surface inclinée pouvant alors notamment dans un tel cas
être faite en un matériau non électriquement conducteur).
[0014] Les filaments ainsi obtenus par tirage électrostatique peuvent être recueillis directement
sur la oontre-électrode disposée à distance de l'électrode concentratrice de champ,
ou alternativement sur toute autre surface réceptrice appropriée interposée devant
cette contre-électrode (par exemple surface réceptrice constituée par du tissu, du
papier, ou tout autre matériau approprié). Les filaments ainsi obtenus par tirage
électrostatique peuvent en outre (compte tenu de l'aptitude du procédé selon l'invention
à pouvoir produire des filaments de longueur indéfinie) être avantageusement soumis
à une opération d'étirage avant d'atteindre leur surface réceptrice, cette opération
d'étirage pouvant être réalisée par tous les noyons appropriés (tel que par exemple
trains d'étirage disposés sur le trajet des filaments en amont de leur surface réceptrice).
Les filaments ainsi recueillis sur toute une surface réceptrice appropriée peuvent
alors faire l'objet d'applications très diverses telles que production de produits
non-tissés, formation d'un revêtement continu sur une surface appropriée par fusion
subséquente des filaments ainsi recueillis sur cette surface, ect...
[0015] Dans le procédé et/ou dispositif selon l'invention, la surface inclinée destinée
à permettre un apport continu d'un matériau filable dans la zone de tirage électrostatique
peut enfin revêtir des formes très diverses, selon le type d'applications envisagées.
Cette surface inclinée peut ainsi revêtir la forme d'une plaque plane (inclinée par
rapport à la verticale) de relativement grande extension longitudinale, dans le cas
ou l'on désire par exemple recueillir les filaments sur des surfaces réceptrices planes
(la contre-électrode pouvant alors dans un tel cas être avantageusement constituée
par une plaque conductrice plane d'extension longitudinale sensiblement équivalente
à celle de la zone de tirage, disposée horizontalement en dessous et à distance du
bord inférieur rectiligne de cette plaque inclinée plane). Cette surface inclinée
peut également revêtir la forme d'une surface tronconique, dans le cas ou l'on désire
par exemple recueillir les filaments sur des surfaces réceptrices tubulaires (la contre-électrode
pouvant alors dans un tel cas être avantageusement constituée par une plaque conductrice
annulaire disposée concentriquement à l'axe de révolution de la surface inclinée tronconique,
à hauteur et à distance du bord inférieur circulaire de jette dernière.
[0016] Le procédé et/ou dispositif selon l'invention n'est enfin, bien entendu, aucunement
limité à l'utilisation d'une surface inclinée unique (bien qu'il ait été fait mention
jusqu'à présent d'une seule surface dans la description), et il est au contraire tout
à fait possible d'envisager l'utilisation simultanée, dans un même appareillage, d'une
pluralité de surfaces inclinées disposées les unes à côté des autres, de façon à permettre
la production simultanée de plusieurs pluralités de filaments. Une telle production
peut notamment être mise à profit de façon à permettre la réalisation de produits
non-tissés multicouches d'épaisseur globale relativement importante (surface réceptrice
défilant alors successivement à l'aplomb de chacune des surfaces inclinées), les produits
mn-tissés ainsi réalisés pouvant par ailleurs être éventuellement composites (en prévoyant
alors un apport de matériaux différents sur les différentes surfaces inclinées).
Brève description des dessins
[0017] Le dessin annexé illustre, schématiquement et à titre d'exemple plusieurs formes
d'exécution ainsi que des variantes de dispositifs pour la mise en œuvre du procédé
selon la présente invention.
La fig.l est une vue en perspective schématique, illustrant une première forme d'exécution.
La fig.2 est une vue en coupe longitudinale partielle aggran- die, selon l'axe II
- II de la fig.l, illustrant un détail de cette première forme d'exécution.
La fig.3 est une vue en coupe longitudinale, illustrant une variante de cette première
forme d'exécution.
La fig.4 est une vue en coupe longitudinale analogue à celle de la fig.3, illustrant
une deuxième forme d'exécution.
La fig.5 est une vue en coupe longitudinale analogue à celle de la fig.3 illustrant
une première variante de cette deuxième forme d'exécution .
La fig.6 est une vue en coupe longitudinale analogue à celle de la fig.3, illustrant
une seconde variante de cette deuxième forme d'exécution.
La fig.7 est une vue en coupe axiale, illustrant une troisié- me forme d'exécution.
La fig.8 est une vue en coupe longitudinale, illustrant une quatrième forme d'exécution.
Meilleures manières de réaliser l'invention
[0018] La première forme d'exécution représentée aux fig.l et 2 can- prend une plaque plane
électriquement conductrice 1 de forme rectangulaire, dont l'extension longitudinale
est relativement élevée par rapport à son extension transversale (par exemple extension
longitudinale d'environ 100cm pour une extension transversale d'environ 2cm). Cette
plaque conductrice plane 1 est montée par ses extrémités respectives à la et lb sur
deux bras isolants inclinés 3a et 3b (eux-mêmes reliés à un châssis 4), de façon à
se trouver maintenue en position inclinée par rapport à la verticale dans son sens
transversal (inclinaison de la plaque 1 choisie de l'ordre de 45°) tout en s'étendant
sensiblement horizontalement dans son sens longitudinal. La plaque conductrice 1 est
par ailleurs montée sur les bras inclinés respectifs 3a et 3b de façon à pouvoir être
mise sous tension mécanique dans son sens longitudinal. A cet effet, l'une des extrémités
la de cette plaque 1 se trouve maintenue en position fixe sur le bras incliné correspondant
3a (par exemple au moyen de vis), cependant que son autre extrémité lb se trouve raccordée
à l'autre bras incliné 3b par l'intermédiaire de tiges filetées coulissant librement
au travers de ce bras 3b, de façon à permettre la mise en tension mécanique de la
plaque 1 par compression, au moyen d'écrous 7, de ressorts 6 enfilés sur l'extrémité
libre des tiges 5 faisant saillie de la face arrière du bras incliné 3b. L'extrémité
inférieure de cette plaque inclinée 1 est par ailleurs recourbée vers l'arrière, de
façon à délimiter un bord inférieur rectiligne 2 présentant un profil arrondi de relativement
faible rayon de courbure (par exemple rayon de courbure de l'ordre de 0,4mm, l'épaisseur
de la plaque 1 étant par ailleurs de l'ordre de 0,3mm).
[0019] A l'aplomb de la face avant de cette plaque inclinée 1 se trouve par ailleurs disposée
une contre-plaque plane électriquement conductrice 8 de forme rectangulaire, dont
l'extension longitudinale est équivalente à celle de la plaque 1, et dont l'extrémité
inférieure est également avantageusement recourbée vers l'arrière (à savoir vers sa
face opposée à celle en regard de la plaque 1) de façon à délimiter un bord inférieur
rectiligne 9 au profil arrondi. Cette contre-plaque conductrice 8 est montée par ses
extrémités respectives 8a et 8b sur deux bras isolants verticaux 10a et 10b (eux-mêmes
reliés à un châssis 11), de façon à se trouver maintenue dans son sens transversal
dans une position sensiblement verticale, tout en s'étendant par son bord rectiligne
inférieur 9 au-dessus de la partie sensiblement centrale de la face avant de la plaque
1. Le montage de cette contre-plaque 8 sur ses bras verticaux respectifs 10a et 10b
est par ailleurs réalisé de façon analogue au montage de la plaque 1 sur ses bras
inclinés respectifs 3a et 3b, de façon à également permettre la mise en tension mécanique
de cette contre-plaque 8.
[0020] La plaque inclinée 1 et la contre-plaqué verticale 8 se trouvent ainsi agencées l'une
par rapport à l'autre de façon telle que la contre-plaque verticale 8 délimite en
coopération avec la partie supérieure le de la plaque 1 un espace longitudinal 12
en forme de V, le bord rectiligne inférieur 9 de la contre-plaque 8 délimitant par
ailleurs avec la portion correspondante de la plaque 1 une ouverture longitudinale
13 de largeur constante (sous laquelle vient s'étendre la partie inférieure Id de
la plaque 1 munie de son bord rectiligne inférieur 2). La largeur de cette ouverture
longitudinale 13 est au demeurant susceptible d'être réglée par déplacement vertical
du châssis 11, à l'aide de moyens appropriés non représentés au ôessin (déplacement
vertical schématisé au dessin par la flèche F).
[0021] Au-dessus de l'espace longitudinale 12 en forme de V ainsi délimité par les plaques
1 et 8 se trouve disposée une trémie 15 faite en un matériau électriquement isolant,
fixée aux bras respectifs 3a et 3b du châssis 4 par l'intermédiaire de pattes de fixation
16. Cette trémie 15, qui est destinée à être remplie par un matériau thermoplastique
à l'état solide susceptible de se présenter sous toute forme initiale appropriée,
est agencée au-dessus de l'espace longitudinal 12 de façon que ses parois longitudinales
viennent juste affleurer les bords supérieurs respectifs des pla7 ques 1 et 8 (fig.2),
en vue de permettre que le matériau thermoplastique délivré par cette trémie 15 puisse
venir contacter librement les parois en regard des plaques respectives 1 et 8 (cette
trémie 15 étant par ailleurs conçue de façon que ses parois d'extrémités s'étendent
par contre jusqu'au fond de l'espace 12 en forme de V, en vue d'empêcher que le matériau
12 ne puisse s'échapper latéralement).
[0022] Les plaques électriquement conductrices 1 et 8 sont en outre destinées à être parcourues
par un courant électrique longitudinal en vue de permettre leur échauffement par effet
Joule, de façon à provoquer un ramolissement suffisant du matériau thermoplastique
ainsi amené à leur contact (le matériau électriquement conducteur constitutif de ces
plaques 1 et 8 devant être alors choisi de façon à être suffisamment résistif pour
permettre une bonne dissipation d'énergie, ainsi que suffisamment résistant à l'oxydation
pour empêcher toute corrosion lors de son échauffement). A cet effet, les extrémités
respectives lb et 8b de ces plaques sont destinées à être reliées à l'un des pôles
d'une source de tension alternative S (de l'ordre de 10V) dont l'autre pôle est relié
à la masse, les autres extrémités la et 8a de ces plaques étant par ailleurs également
reliées à la masse.
[0023] Au-dessous et à distance du bord rectiligne inférieur 2 de la plaque conductrice
1 se trouve enfin disposée une plaque métallique horizontale 18 d'extension longitudinale
sensiblement identique à celle de la trémie 15, destinée à être reliée à l'un des
(pôles positif ou négatif) d'une source haute tension continue HT (de l'ordre de 20
à 40 kv) dont l'autre pôle est relié à la masse.
[0024] Cette plaque métallique 18 ainsi susceptible d'être portée à une haute tension continue
est destinée à permettre l'établissement en coopération avec le bord rectiligne inférieur
2 de la plaque 1 reliée à la masse (abstraction faite de la faible tension alternative
établie dans le sens longitudinal de la plaque 1), d'un champ électrostatique intense
venant se concentrer sur ce bord inférieur 2 (ce bord inférieur 2 jouant donc le rôle
d'une électrode concentratrice de champ dans le dispositif ainsi décrit, et la plaque
métallique 18 celui d'une oontre-électrode). Devant la contre-électrode 18 se trouve
enfin interposée une surface réceptrice souple 19, susceptible d'être tirée en continu
depuis un rouleau d'alimentation 20 pour être réenroulée en continu sur un rouleau
de stockage 21, au moyen d'un moteur d'entrainement 22 monté sur l'arbre du rouleau
21 .
[0025] Le fonctionnement de l'appareil sus-décrit est alors le suivant :
La trémie 15 étant remplie de matériau thermoplastique 23 à l'état solide (l'ouverture
13 délimitée entre les plaques 1 et 8 étant au besoin fermée par abaissement de la
plaque 8 en vue d'empêcher le passage de particules solides 23, au cas où ces dernières
auraient une taille inférieure à la largeur de l'ouverture 13 désirée pour la suite
du processus), la source de tension alternative S est alors branchée sur les plaques
respectives 1 et 8 comme indiqué précédemment, de façon à permettre leur échauffement
par effet Joule. Cet échauffement par effet Joule a alors pour effet d'entraîner la
fusion des portions de matériau thermoplastique se trouvant au contact des plaques
1 et 8, puis de proche en proche, la fusion des portions de matériau thermoplastique
plus éloignées de ces plaques, donnant ainsi rapidement lieu à la formation d'un bain
fondu 24 occupant tout l'espace 12 délimité entre les plaques 1 et 8.
[0026] L'ouverture 13 est alors rétablie à la largeur désirée pour la suite du processus,
donnant ainsi lieu à la formation d'une couche fondue régulière 25 s'écoulant en continu
par gravité le long de la partie inférieure ld de la plaque 1, selon un débit parfaitement
constant dans le temps. Le caractère parfaitement constant de ce débit s'explique
par le fait qu'il dépend uniquement de la hauteur du bain fondu 24, laquelle se trouve
fixée de manière précise par la hauteur libre des plaques chauffées 1 et 8 au-dessus
de l'ouverture 13, ainsi que de la largeur de l'ouverture 13, laquelle se trouve également
fixée de manière précise par l'agencement rigoureux des plaques 1 et 8 l'une par rapport
à l'autre (tout risque d'écart dans la largeur de cette ouverture 13, susceptible
de survenir en raison de l'échauffement des plaques 1 et 8, étant précisément supprimé
par la mise en tension mécanique de ces plaques 1 et 8).
[0027] L'écoulement continu 25 ayant progressé par gravité jusqu'au bord inférieur 2 de
la plaque 1, la source haute tension continue HT est â_ors branchée sur la contre-électrode
18 comme indiqué précédemment, de manière à assurer l'établissement d'un champ électrostatique
intense dont les lignes de forces électrostatiques viennent se concentrer suffisamment
sur le bord inférieur 2 pour entraîner le tirage électrostatique, à partir de la portion
d'écoulement 25 arrivant sur ce bord inférieur 2, de groupes de molécules progressant
ensuite le long des lignes de forces sous la forme de filaments 26 propulsés en direction
de la contre-électrode 18 (ces filaments 26 encore fluide à proximité de'la zone de
tirage électrostatique se solidifiant par ailleurs progressivement en s'éloignant
de cette zone de tirage). Les filaments 26 ainsi propulsés en direction de la contre-électrode
18 sont alors recueillis sur la surface réceptrice souple 19, la distance entre cette
surface réceptrice 19 et l'électrode concentratrice de champ 2 étant par ailleurs
choisie suffisamment grande pour que les filaments 26 arrivent sur cette surface réceptrice
avec un degré de solidification suffisant pour leur permettre de garder leur forme
de filaments. Les filaments 26 ainsi obtenus sont par ailleurs susceptibles d'être
tirés selon des longueurs indéfinies, compte tenu du renouvellement constant de la
portion de matériau 25 amenée en continu sur l'électrode concentratrice de champ 2.
[0028] Le tirage électrostatique sus-décrit n'est bien entendu rendu possible que par le
fait que le matériau à filer se trouve indubitablement chargé électrostatiquement
en arrivant au niveau de l'électrode 2 (un champ électrostatique appliqué sur une
particule non électriquement chargée restant en effet bien évidemment sans action
sur cette particule). Il est néanmoins difficile de donner une explication scientifique
rigoureusement exacte du mécanisme par lequel ce matériau thermoplastique se trouve
effectivement chargé à son arrivée sur l'électrode 2. On peut toujours tenter d'expliquer
un tel mécanisme de charge par le fait que la concentration de champ au niveau de
l'électrode 2 doit vraisemblablement s'avérer suffisante pour ioniser l'atmosphère
ambiante régnant autour de cette électrode, de sorte que cette atmosphère ionisée
peut alors à son tour charger la portion d'écoulement 25 arrivant au niveau de l'électrode
2 (effet "corona"). Un tel nécanisme de charge imputable à l'effet "corona" pourrait
éventuellement se trouver renforcé par un autre récanisme de charge, imputable quant
à lui à un certain déplacement de charges à l'intérieur du matériau thermoplastique
fondu arrivant au niveau de l'électrode (déplacement de charges rendu possible par
le fait que certains matériaux thermoplastiques sont susceptibles, alors qu'ils sont
normalement diélectriques à l'état solide, de présenter des propriétés seyi=conductrices
à l'état fondu). L'explication rigoureusement exacte d'un tel mécanisme de charge
n'est toutefois absolument pas essentielle pour la bonne compréhension du procédé
selon l'invention, l'enseignement donné par ailleurs quant à ce procédé paraissant
en effet amplement suffisant pour permettre sa reproduction par l'homme de l'art,
même sans connaissance précise sur ce mécanisme de charge.
[0029] Le dispositif représenté aux fig.l et 2 a pu ainsi, à titre d'exemple, être mis à
profit pour assurer la formation de filaments de polypropylène de longueur indéfinie.
Pour ce faire, les particules de polypropylène introduites à l'état solide dans la
trémie 15 ont été chauffées à l'aide des plaques 1 et 8 jusqu'à une température d'environ
250°C, de façon à donner lieu (la longueur de l'ouverture 13 étant fixée à environ
lmm, et la hauteur du bain fondu 24 à environ 10mm) à la réalisation d'un écoulement
continu 25 le long de la partie inférieure de la plaque inclinée 1 qui présente une
viscosité de l'ordre de 100 Newtons x sec/m
2, ainsi qu'un débit massique de l'ordre de 5mg/sec par unité de longueur (mètre) de
la plaque inclinée 1. L'application sur la contre-électrode 18 (disposée à environ
10cm au-dessous de l'électrode concentratrice 2) d'une haute tension continue de l'ordre
de 20 KV permet alors d'obtenir la production de filaments de polypropylène de longueur
indéfinie, présentant une forme cylindrique relativement régulière (notamment sans
aucune présence de gouttes) d'environ 5 microns de diamètre.
[0030] Dans l'exemple sus-décrit, on peut par ailleurs choisir de former des filaments "multi-branches"
au lieu de former des mono- filaments comme précédemment, en prévoyant alors d'appliquer
sur la contre-électrode 18 une haute tension continue qui soit supérieure à 40 KV.
[0031] La fig.3 illustre une variante de la forme d'éxécution des fig.l et 2, qui diffère
essentiellement de cette dernière (les éléments identiques restant affectés des mêmes
signes de référence du dessin) par le fait que la partie inférieure ld de la plaque
inclinée 1 est ici recourbée vers la face arrière de la partie supérieure lc de cette
plaque 1, au lieu de s'étendre dans le prolongement de cette partie supérieure le
comme précédemment), dans le but de permettre la réalisation d'une couche régulière
25 qui s'écoule en continu sous cette partie inférieure ld, au lieu de s'écouler sur
cette partie inférieure comme précédemment (l'écoulement 25 restant ici néanmoins
plaqué contre la partie inférieure ld grâce à la tension superficielle). Cette variante
présente l'avantage de permettra que toute l'étendue de l'écoulement 25 soit située
en regard de la contre-électrode 18, au lieu de la seule portion inférieure de cet
écoulement comme précédemment, ce qui permet d'assurer une meilleure charge électrique
du matériau à tirer électrostatiquement (le champ électrostatique se trouvant en effet
ici appliqué sur toute l'étendue de l'écoulement 25, au lieu d'être appliqué sur la
seule portion inférieure de cet écoulement comme précédemment).
[0032] La fig.4 illustre une seconde forme d'exécution du dispositif selon l'invention,
qui diffère de la première forme d'exécution des fig.l et 2 essentiellement par les
moyens mis en OEuvre pour former l'écoulement continu de matériau thermoplastique
25 sur la plaque inclinée 1. (Les éléments de cette seconde forme d'exécution identiques
à ceux de la première exécution restant affectés des mêmes signes de référence au
dessin). Dans cette seconde forme d'exécution représentée à la fig.4, les moyens permettant
de réaliser un réservoir de matériau fondu au-dessus de la plaque inclinée 1 (à savoir,
utilisation d'une trémie 15 en combinaison avec une contre-plaque verticale 8) sont
ici tout simplement supprimas, et remplacés par une simple trémie 31 disposée à l'aplomb
de la partie supérieure de la plaque inclinée 1. Cette trémie 31 est chargée de déverser,
par l'intermédiaire d'une vanne réglable 32, des particules de matériau thermoplastique
à l'état solide directement sur la partie supérieure de la plaque 1. L'échauffement
de cette plaque 1 par effet Joule a alors pour effet de provoquer l'adhérence des
particules solides arrivant à son contact, ces particules adhérant sur la plaque 1
se ramollissant ensuite progressivement sous l'effet de l'échauffement de cette plaque
pour donner lieu à la formation d'une couche régulière rapidement amenée dans un état
suffisamment fluide pour entraîner son écoulement continu 25 le long de la plaque
1. Le débit de cet écoulement continu 25 peut quant à lui être réglé à la valeur désirée
par actionnement approprié de la vanne de réglage 32. L'écoulement continu 25 ainsi
réalisé peut ensuite être tiré électrostatiquement sous forme de filaments 26, au
fur et à mesure qu'il arrive au niveau de l'électrode 2, de la manière déjà décrite
précédemment.
[0033] La fig.5 illustre une première variante de la forme d'exécution représentée à la
fig.4 (les éléments identiques restant affectés des mêmes signes de référence au dessin),
qui diffère essentiellement de cette dernière par l'utilisation complémentaire d'un
fil additionnel électriquement conducteur 41 s'étendant au-dessous du bord inférieur
de la plaque inclinée 1. Ce fil 41 est également relié à la masse de sorte qu'il sert
d'électrode concentratrice de champ en lieu et place du bord inférieur 2 (les lignes
3e champ venant en effet se concentrer sur ce fil 41 au lieu de se concentrer sur
le bord inférieur comme précédemment). Le champ électrostatique n'agissant plus au
niveau du bord inférieur 2, la couche 25 maintenue en écoulement continu le long de
la plaque inclinée 1 par l'échauffement de cette plaque vient alors tout simplement
se déverser sur le fil 41 également échauffé par effet Joule, de sorte que les filaments
26 se trouvent maintenant tirés en continu à partir de ce fil 41.
[0034] Cette variante présente l'avantage majeur de permettre que le matériau thermoplastique
soit échauffé en deux étapes successives de durées inégales, à savoir une première
étape de relativement longue durée au niveau de la plaque inclinée 1, durant laquelle
le matériau est échauffé à une température sufisamment faible pour éviter sa dégradation
(mais néanmoins suffisante pour permettre son écoulement le long de cette plaque),
et une seconde étape de courte durée au niveau du fil 41, durant laquelle le matériau
est rapidement échauffé jusqu'à une température suffisante pour permettre son tirage
électrostatique (température permettant d'abaisser sa viscosité à une valeur suffisamment
basse pour que les forces électrostatiques l'emportent sur les forces de viscosité).
[0035] La fig.6 illustre une seconde variante de la forme d'exécution représentée à la fig.4.
(les éléments identiques restant affectés des mêmes signes de référence au dessin),
selon laquelle les filaments sont tirés à partir d'un matériau en solution au lieu
d'un matériau thermoplastique ou thermofusible comme précédemment. Dans cette seconde
variante, la trémie 31 est remplacée par un tube 51 pourvu d'une fente longitudinale
52, disposé à l'aplomb de la partie supérieure de la plaque inclinée 1. Ce tube 51,
qui se trouve raccordé par l'intermédiaire d'une vanne de réglage 53 à un réservoir
54 rempli de matériau en solution, est chargé de déverser sur la plaque inclinée 1
une pellicule de solution 25 s'écoulant en continu par gravité le long de cette plaque
1 (le débit de cet écoulement continu 25 étant par ailleurs susceptible d'être réglé
au moyen de la vanne 53). La plaque 1 n'ayant dans cette variante pas besoin d'être
échauffée par effet Joule en vue d'assurer l'écoulement continu du matériau à filer,
cette dernière peut alors très bien être faite en un matériau diélectrique au lieu
d'un matériau conducteur comme précédemment. La concentration de champ nécessaire
pour assurer le tirage électrostatique des filaments peut alors dans un tel cas être
avantageusement assurée par une électrode annexe en forme de lame 55 reliée à la masse,
disposée de façon que son arête vive 55a pointe en direction de la portion de solution
25 arrivant au niveau du bord inférieur 2 de la plaque 1. Dans le dispositif de cette
fig.6, la surface réceptrice 19 est en outre, à titre de variante complémentaire,
constituée en un matériau électriquement conducteur (par exemple treillis nétallique),
de sorte qu'on peut alors envisager de supprimer purement et simplement la contre-électrode
18, et de relier la source haute tension HT directement à cette surface conductrice
19, par l'intermédiaire d'un contact glissant 56.
[0036] La fig.7 illustre une troisième forme d'exécution du dispositif selon l'invention,
destinée à permettre le tirage de filaments à partir d'une zone de tirage circulaire,
en vue d'obtenir que ces filaments puissent être recueillis sur une surface réceptrice
tubulaire. Cette forme d'exécution comprend une surface inclinée électriquement conductrice
61 de forme tronconique, pourvue d'un bord inférieur circulaire 62. Cette surface
tronconique 61 se trouve électriquement interrompue dans le sens circonférentiel par
une bande isolante 63 s'étendant le long d'une de ses génératrices, de manière à permettre
son échauffement par effet Joule au moyen d'une source de courant alternative S convenablement
reliée par ses deux pôles à cette surface 61 (c.a.d de part et d'autre de la bande
isolante 63, l'un des pôles de cette source S étant par ailleurs mis à la masse).
A l'aplomb du sommet de la surface tronconique 61 se trouve par ailleurs disposée
une trémie 64, chargée de déverser un matériau thermoplastique pulvérulent sur la
partie supérieure de la face externe de cette surface tronconique 61. L'échauffement
par effet Joule de cette surface 61 donne alors lieu à la formation d'une couche régulière
65 s'éooulant en continu sur tout le pourtour de la surface tronoonique 61, jusqu'à
venir atteindre le bord inférieur circulaire 62 de cette surface 61. Concentriquement
à la surface 61, et à hauteur du bord 62, se trouve par ailleurs disposée une contre-électrode
annulaire 68, reliée à l'un des pôles d'une source haute tension continue HT dont
l'autre pôle est relié à la masse. La portion de matériau 65 arrivant en continu sur
le bord inférieur circulaire 62 se trouve ainsi soumis à un champ électrostatique
intense suffisamment concentré sur cette portion pour permettre le tirage électrostatique
de cette dernière sous la forme de filaments 26, lesquels sont alors susceptibles
d'être recueillis sur une surface réceptrice tubulaire 69 en défilement axial devant
la contre-électrode 68.
[0037] La fig.8 illustre une quatrième forme d'exécution du dispositif selon l'invention,
qui diffère de la première forme d'exécution des fig.l et 2 essentiellement par le
fait qu'elle comporte une pluralité de zones d'étirage rectilignes disposées les unes
à côté des autres au lieu d'en comporter une seule comme dans cette première forme
d'exécution (les éléments identiques restant affectés des mêmes signes de référence
au dessin). Cette forme d'exécution comprend ainsi une pluralité de plaques inclinées
1 s'étendant les unes à côté des autres sur un même niveau horizontal, à chacune desquelles
se trouve associée une contre-plaque 8 comme décrit précédemment aux fig.l et 2. Les
différents espaces longitudinaux 12 en forme (le V délimités entre ces pluralités
de plaques 1 et 8 sont susceptibles d'être alimentés en matériau thermoplastique à
l'état pulvérulent par une trémie unique 75, l'échauffement par effet Joule de ces
pluralités de plaque 1 et 8 donnant alors lieu à la formation d'écoulements continus
25 progressant le long de la partie inférieure de chacune des plaques 1 jusqu'à venir
atteindre leurs bords rectilignes 2. Les différentes pluralités de filaments 26 tirées
électrostatiquement à partir de chacun de ces bords rectilignes 2 (au moyen d'une
contre-électrode unique 18 s'étendant au-dessous des différentes électrodes ooncen-
tratrices 2) peuvent alors être recueillis successivement sur une surface réceptrice
appropriée unique 19 défilant devant la contre--électrode 18, en vue de permettre
par exemple la réalisation de produits non-tissés multicouches d'épaisseur globale
relativement élevée. Les produits non-tissés ainsi obtenus sont par ailleurs susceptibles
d'être composites, en prévoyant alors de réaliser des apports de matériaux différents
sur les différentes plaques inclinées 1 (en prévoyant alors par exemple d'utiliser
une trémie 75 compartimentée, comme esquissé en pointillés au dessin, de façon à permettre
le remplissage des différents compartiments au moyen de matériaux différents).