[0001] La présente invention concerne un procédé pour rectifier deux surfaces tronconiques,
l'une intérieure et l'autre extérieure concourantes à l'extrémité d'une pièce à rectifier
où elles forment une arête de jonction circulaire.
[0002] Elle concerne également un dispositif porte-meules pour machine à rectifier, pour
la mise en oeuvre du procédé en question, destiné au rectifiage de deux surfaces tronconiques,
l'une intérieure et l'autre extérieure, concourantes à l'extrémité d'une pièce à rectifier
où elles forment une arête de jonction circulaire. L'invention concerne encore une
pièce à deux surfaces tronconiques rectifiées concourantes résultant du procédé, elle
concerne également l'utilisation du dispositif et l'application du procédé pour l'obtention
d'une telle pièce.
[0003] Lorsque l'extrémité d'une pièce ayant la forme générale d'une douille présente deux
surfaces tronconiques, l'une intérieure et l'autre extérieure qui se rencontrent,
la jonction entre ces deux surfaces tronconiques forme une arête circulaire. Pour
certaines utilisations, notamment les buses d'injecteur d'essence pour moteur à explosion,
ces deux surfaces tronconiques doivent être rectifiées et elles doivent être très
précises, de même que doit être très précis le diamètre de l'arête circulaire de jonction
de ces surfaces.
[0004] Les procédés de rectification de même que les dispositifs de rectification proposés
jusqu'ici pour de telles surfaces tronconiques concourantes font appel à deux opérations
subséquentes, l'une de rectification de la surface tronconique intérieure et l'autre
de rectification de la surface tronconique extérieure.
[0005] Pour que toutes les opérations de rectification puissent être réalisées dans les
meilleures conditions, en particulier les exigences concernant la concen- tricité
des différentes surfaces de révolution cylindriques et coniques, il importe que la
pièce reste montée sur le même dispositif d'entraînement rotatif ou que le passage
d'un agencement à Un autre puisse être réalisé de manière à assurer un centrage et
un positionnement axial parfaits.
[0006] De plus, le fait de rectifier les deux surfaces coniques en deux opérations successives
implique, malgré la précision des systèmes d'avance, une certaine dispersion des résultats
et par là même des difficultés à obtenir un diamètre très précis de l'arête concourante
formée par les surfaces tronconiques.
[0007] Le but de la présente invention est en particulier de fournir un procédé et un dispositif
permettant d'assurer l'obtention de la performance susmentionnée, que l'art antérieur
n'assurait pas.
[0008] Conformément à l'invention, ce but est atteint par la présence des caractères mentionnés
dans les revendications indépendantes (1,4) annexées.
[0009] Selon une forme de réalisation particulière de l'objet de l'invention, destinée au
rectifiage des surfaces tronconiques concourantes dans le cas où celles-ci présentent
le même angle de conicitê,une importante simplification peut être obtenue par le fait
que les deux broches porte-meule sont montées l'une et l'autre de manière complètement
fixe sur la table qui les supporte. On fait alors l'économie de certains moyens à
coulisse utilisés dans le cas général où les deux angles de conicité ne sont pas égaux.
[0010] Les revendications dépendantes annexées définissent des formes d'exécution particulièrement
avantageuses du procédé et du dispositif selon l'invention, en particulier la forme
avantageusement simplifiée susmentionnée. D'autres caractères ou combinaisons de caractères
présents, dans les revendications dépendantes annexées, assurent à l'objet de l'invention,
dans certaines de ses formes d'exécution, des avantages particuliers dans le cadre
de la technologie du rectifiage de haute précision. Le dessin annexé illustre, à titre
d'exemple, des formes d'exécution de l'objet de l'invention; dans ce dessin:
la fig. 1 est une vue schématique en plan d'une forme d'exécution du dispositif en
question, utilisable d'une façon générale pour la mise en oeuvre du procédé proposé,
quels que soient les angles de conicité des surfaces tronconiques à rectifier, ces
angles n' étant pas égaux dans le cas général,
la fig. 2 est une vue schématique explicative du fonctionnement du dispositif selon
la fig. 1,
la fig. 3 est une vue schématique en plan du dispositif destiné à la mise en oeuvre
du procédé proposé dans le cas particulier (pouvant le plus souvent être appliqué)
où les deux angles de conicité des surfaces tronconiques à rectifier sont égaux,
la fig. 4 est une vue schématique illustrant la façon dont les meules sont dressées
dans le cadre du procédé en question mis en oeuvre par le dispositif selon la fig.
3, et
[0011] la fig. 5 est une vue schématique analogue à la fig. 4 montrant l'opération par laquelle
les deux meules rectifient les surfaces tronconiques en question, lors de l'utilisation
du dispositif selon la fig. 3.
[0012] La fig. l représente un dispositif porte-meules pour une machine à rectifier destiné
à être placée devant la broche porte-pièce ou le mandrin porte-pièce de cette machine
à rectifier. Sur cette broche ou mandrin porte-pièce, en rotation autour de l'axe
00, se trouve placée et entraînée en rotation, de façon connue, une pièce à rectifier
1, non représentée à la fig. 1, mais visible à la fig. 2. La fig. 1 montre seulement
l'agencement support de meules qui constitue en fait un accessoire pour machine à
rectifier, placé devant celle-ci. Ce dispositif comporte une première table 2 qui
est montée sur une partie de bâti, ou support similaire (non représenté), de la machine
à rectifier. Cette table 2 peut se mouvoir parallèlement à l'axe 00 de la machine
à rectifier, à l'aide de moyens non représentés. On note que la direction du déplacement
de la table 2 pourrait également faire un certain angle γ avec l'axe 00. Dans le cas
de la fig. 1, cet angle est donc nul (γ
1 = O).
[0013] Cette première table 2 porte une seconde table 3, pouvant être déplacée sur la table
2 dans une direction oblique dénommée "direction angulaire primaire" et d'une façon
générale la direction α, dans la forme d'exécution représentée à la fig. 1, correspond
à l'angle α
1. On verra par la suite que cet angle est en étroite liaison avec le travail de rectification
de la machine à rectifier et avec un angle de conicité d'une surface rectifiée. Cet
angle α est de préférence ajustable; dans un dispositif destiné à une fabrication
permanente de pièces identiques en très grandes séries, cet angle α pourrait également
être ajusté une fois pour toutes, au lieu d'être ajustable. La seconde table 3 porte
une première broche porte-meules 4 fixée sur cette table de façon que l'axe de rotation
de la broche soit approximativement parallèle à l'axe 00 de la machine à rectifier.Ce
parallélisme n'est toutefois pas une condition de bon fonctionnement et en variante
l'axe de la poupée porte-meule 4 pourrait faire un angle avec la direction de l'axe
00. Une meule 5 à surface active conique est fixée sur l'arbre de la broche 4. Cette
meule 5, de petites dimensions, sera entraîné en rotation par la broche 4 à une vitesse
angulaire très élevée.
[0014] A côté de cette première broche porte-meules 4, la seconde table 3 porte une seconde
broche porte-meules 6, dont l'axe de rotation est, de préférence, parallèle à celui
de l'autre broche porte-meules. Cette seconde broche porte-meules 6 est solidaire
de la seconde table 3 dans la direction perpendiculaire à l'axe 00 de la pièce à rectifier,
elle peut par contre coulisser par rapport à la table 3 dans la direction parallèle
à l'axe 00. Une meule à surface active tronconique 7, notablement plus grande que
la meule à surface conique 5, est montée sur 1 arbre de la seconde broche porte-meules
6. La meule 7 présente un diamètre relativement grand car sa surface active doit venir
à proximité de celle de la meule 5, et la meule 7 doit donc avoir un rayon proche
de la distance entre les axes des deux broches. Lorsque la seconde table 3 effectue
par rapport à la première table 2 un mouvement oblique dans la direction primaire
la première poupée,4, suit exactement ce mouvement tandis que la seconde poupée, 6,
subit la même composante de déplacement dans le sens perpendiculaire à l'axe 0, par
contre son mouvement est différent dans la direction de l'axe O.
[0015] Un dispositif de guidage directionnel 8 est fixé sur la première table 2, et il comporte
une coulisse 9 qui peut, avec le dispositif de guidage 8, être positionnée selon différentes
orientations par rapport à la table 2. Un téton, doigt suiveur ou organe exempt de
jeu analogue/fixé sous la partie arrière de la carcasse de la deuxième broche 6, pénètre
dans la coulisse 9 de sorte que la direction de cette dernière, formant un angle β
1 avec la direction de l'axe 00 de la pièce à rectifier se trouve imposée comme direction
de déplacement à la seconde broche 6, lorsque celle-ci est par ailleurs entraînée
par un mouvement oblique de la seconde table 3 par rapport à la première table 2.
[0016] Un mouvement oblique, dans la direction primaire α, de la seconde table 3 se traduit
donc par un déplacement de la broche porte-meules 4 et de la meule 5 dans cette même
direction primaire α, et par un déplacement de la seconde broche porte-meules.6 avec
sa meule 7 dans une direction oblique déterminée par la pièce de guidage 8 et qui
est en l'occurrence la direction angulaire secondaire β, ayant la valeur β
1 dans l'état du dispositif représenté à la fig. 1.
[0017] Les deux meules 5 et 7 se déplacent donc chacune selon une direction angulaire qui
leur est propre, on voit donc que leur partie conique ou tronconique active est dressée
conformément à ces deux directions α
1,β
1.
[0018] Le fonctionnement du dispositif pour rectifier simultanément deux surfaces coniques,
l'une intérieure et l'autre extérieure, à l'extrémité de la pièce à rectifier 1, sera
maintenant expliqué en liaison avec la fig. 2.
[0019] Sur celle-ci, on voit que la pièce à rectifier 1 présente à sa partie avant deux
surfaces tronconiques à rectifier, respectivement 11 et 12, la première étant une
surface tronconique intérieure et la seconde une surface tronconique extérieure. L'angle
de conicité de la surface à rectifier intérieure 11 est l'angles α
1 tandis que-l'angle de conicité de la surface tronconique à rectifier extérieure 12
est l'angie α
1. un voit que les surfaces tronconiques actives 5a, 7a des meules 5 et 7 ont la conicité
voulue pour rectifier adéquatement ces surfaces 11 et 12. Les génératrices de chacune
de ces surfaces tronconiques actives de meules 5a et 7a se déplacent respectivement
sur une ligne de direction primaire ℓ
p et sur une ligne de direction secondaire ℓ
s. Les angles de ces lignes directrices primaire p et secondaire
s par rapport à l'axe O de la pièce à rectifier correspondent aux directions angulaires
respectivement primaire et secondaire selon lesquelles les deux broches porte-meules
4 et 6 se déplacent (fig. 1) lorsque la seconde table 3 est déplacée obliquement sur
la première table 2. On voit que les lignes de directions primaire et secondaire ℓ
p, ℓ
s se croisent à une distance hc
1 de l'axe O de la pièce à rectifier et cette "distance de croisement" hc
1 revêt une grande importance, conjointement aux deux angles α et β de directions angulaires
primaire et secondaire, pour l'obtention des dimensions exactes de rectification de
la pièce 1.
[0020] Les relations voulues concernant les positions et les lignes de déplacement des génératrices
des surfaces actives de meules 5a et 7a sont assurées par un positionnement adéquat
de deux outils de dressage, un premier, 13, destiné au dressage dela meule 5 et un
second, 14, destiné au dressage de la meule 7. Les pointes actives, respectivement
13a et 14a des deux outils de dressage 13 et 14 doivent se situer le premier sur la
ligne de direction primaire ℓ
p et le second sur la ligne de direction secondaire i
s. Dans ces conditions, un mouvement oblique, dans la direction angulaire primaire
α, de la seconde table 3 par rapport à la première table 2 assure un dressage des
meules tel que la génératrice de ces dernières occupera automatiquement, en position
de travail de rectification la position voulue pour cette rectification. Il y a bien
lieu de comprendre que, pour passer de la situation de dressage des meules à la situation
de travail de rectifiage, de même que pour assurer le rattrapage d'usure de meule
pour le dressage de celles-ci,de même aussi que pour assurer le fonçage de rectification
voulu lors de l'opération de rectification, des déplacements longitudinaux de la première
table 2 seront effectués. Il n'est pas nécessaire que le positionnement des outils
de dressage 13 et 14 soit effectué par rapport à la pièce à rectifier elle-même, mais
il doit être effectué en respectant les conditions géométriques précédemment énoncées
(lignes de directions primaire et secondaire ℓ
p, ℓ
s, formant respectivement les angles et β voulus et se croisant à la distance hc de
l'axe O).
[0021] On comprend que s'il n'y avait pas une corrélation bien déterminée entre la rectification
de la surface conique intérieure 11 et la rectification de la surface conique extérieure
12, l'arête circulaire 15 qui se forme à la jonction de ces deux surfaces coniques
pourrait avoir différentes valeurs de diamètre. Or, dans le cas de la pièce 1 à rectifier,
la valeur de ce diamètre D
a de l'arête de jonction circulaire 15 doit être établie et maintenue avec une très
grande précision, du même ordre de grandeur que la précision obtenue d'une façon générale
par des opérations de rectification, c'est-à-dire l'ordre du micron ou de quelques
microns.
[0022] Le diamètre D a de l'arête 15, de même que les angles de conicité α
1 et β
1, étant donnés, il faut que les deux lignes de directions primaire ℓ
p et secondaire ℓ
s aient bien sûr les angles voulus et de plus se croisent à la distance hc
1 de l'axe O, laquelle distance est donnée par l'expression

[0023] Dans cette expression r a est le rayon (ou demi-diamètre) de la circonférence formée
par l'arête de jonction des surfaces coniques à rectifier et les angles α etl3 sont
ceux que l'on vient de décrire. Dans cette expression on a omis les indices, étant
donné que cette expression a une valeur générale qui ne s'applique pas seulement à
la disposition constructive géométrique représentée à la fig. 2.
[0024] On note que, puisque les surfaces actives 5a et 7a des deux meules se déplacent,
sous l'effet d'un déplacement oblique de la table 3 dans la direction angulaire primaire
α
1, sur des lignes qui, en cours d'opération de rectifiage, se confondent exactement
avec les génératrices des surfaces tronconiques à rectifier 11 et 12, il est possible
de faire effectuer à ces meules, par l'intermédiaire de la table 3, un mouvement de
battement au cours de l'opération de rectification, les meules "glissant" le long
de leur génératrice, ce qui assure un fini de rectification nettement meilleur.
[0025] En pratique, les deux outils de dressage 13 et 14 sont fixés l'un à côté de l'autre
d'une façon oblique, avec leurs axes approximativement perpendiculaires à la direction
angulaire primaire α
1, la distance entre les axes de ces deux outils de dressage étant de préférence fixe,
à la valeur "e". On peut par ailleurs établir, perpendiculairement aux axes des outils
de dressage et donc parallèlement à la direction angulaire primaire α
1, la distance "m" entre l'axe du premier outil de dressage 13 et l'endroit où la ligne
de direction ℓ
p coupe l'axe 0 de la pièce à rectifier (et de la machine à rectifier). Dans ces conditions,
pour établir le positionnement voulu du second outil de dressage 14, étant admis que
l'angle de direction primaireα
1 a été préalablement établi, il faut faire avancer ce second outil de dressage perpendiculairement
à la ligne de direction primaire Ip de façon que sa pointe vienne à une distance d'
en avant de cette ligne primaire ℓ
p et sur la ligne de direction secondaire ℓ
s. Pour que cette condition soit satisfaite, il suffit que la distance d'
1 dont la pointe 14a de l'outil de dressage 14 s'avance au-delà de la ligne de direction
primaire ℓ
p réponde à la condition:

[0026] Dans cette expression, les différentes grandeurs correspondent à ce qui a été défini
ci-dessus; à nouveau, on a omis les indices, du fait de la portée générale de l'expression.
[0027] On note que, en augmentant quelque peu la distance "m" par rapport à ce qui est représenté
à la fig. 2, la pointe 14a de l'outil de dressage 14 viendrait sur le point de croisement
des deux lignes de direction, et pourrait même venir en arrière de la ligne de direction
primaire ℓ
p, au-delà de ce point de croisement. Cette situation aurait l'avantage de permettre
un dressage des meules sans avoir à escamoter les outils de dressage ou à retirer
vers l'arrière l'ensemble des meules pour pouvoir amener celles-ci en situation de
dressage à partir de la situation de travail de rectification. Dans le cas de la fig.
2, on voit que pour faire passer les meules 5 et 7 de la situation de rectification
(dessinée en traits pleins) à la situation de dressage (dessinée en traits pointillés),
il est nécessaire de reculer soit les meules soit les outils, faute de quoi la meule
5, dans son trajet vers l'outil de dressage 13, se heurterait à l'outil de dressage
14. Par l'augmentation de la valeur "m", on pourrait éviter cet inconvénient.En variante,
on pourrait également, pour autant que les angles et/3 aient entre eux une différence
de valeur de l'ordre de celle représentée à la fig. 2, positionner à demeure les deux
outils de dressage 13 et 14 de façon que leurs deux pointes se situent sur la ligne
de direction i , en modifiant selon les nécessités la distance "m" de façon que la
pointe de l'outil de dressage 14 vienne au point de croisement des deux lignes et
se trouve ainsi également sur la ligne λ
s où il doit se trouver.
[0028] Les fig. 3, 4 et 5 illustrent une variante du dispositif pour un cas particulier
d'usinage qui permet de très nombreuses simplifications. Sur ces trois figures, les
parties qui sont identiques à des parties de la forme d'exécution des fig. 1 et 2
sont représentées par les mêmes signes de référence.
[0029] Cette forme d'exécution simplifiée est destinée au cas où les deux surfaces tronconiques
à rectifier présentent l'une et l'autre le même angle de conici- t
é (α
2 =β
2).
[0030] Dans cette seconde forme d'exécution, on retrouve la première table 2, déplaçable
dans le sens axial, c'est-à-dire dans une direction faisant un angle δ
2 = 0 avec la direction de l'axe de la pièce à rectifier, on retrouve également la
seconde table 3, déplaçable obliquement selon la dite direction angulaire primaire
(α
2), de même que la première broche porte-meules 4 fixée sur la table 3 et portant une
petite meule conique 5.
[0031] Par contre, on ne retrouve plus le dispositif de guidage 8, 9, 10, et la seconde
broche porte-meules, 16, est elle aussi totalement fixée sur la seconde table 3. Par
ailleurs, elle porte une meule 17 à surface active tronconique 17a qui présente la
même conicité que la surface active conique 5a de la première meule. La pièce à rectifier,
18, présente une surface intérieure conique 11 semblable à celle de la pièce 1 dans
le cas de la première forme d'exécution mais elle diffère de celle-ci quant à sa surface
conique extérieure 20, qui présente le même angle de conicité que la surface conique
intérieure. En d'autres termes, on a identité entre les directions angulaires primaire
et secondaire, c'est-à-dire α
2 =β
2. Cette forme d'exécution est notablement plus avantageuse étant donné qu'elle fait
l'économie de moyens de coulissement pour la seconde broche porte-meules et de moyens
de guidage obliques spécifiques à celle-ci. Dans cette forme d'exécution, on n'a pas
de point de croisement entre les lignes de direction ℓ'
p et ℓ'
s, ou plus exactement ce point de croisement se situerait à l'infini (puisque β = α,
ctg (β-α) =∞). Les deux lignes de direction sont parallèles et ont entre elles une
distance d
2 qui représente également la distance dont la pointe 21a du second outil de dressage
doit s'avancer au-devant de la ligne de direction ℓ'
p, c'est-à-dire au-devant de la pointe 13a du premier outil de dressage 13. Dans cette
forme d'exécution, on a représenté les outils de dressage d'une façon plus technologique,
ces outils étant montés sur un bloc porte-outils de dressage 22. Des organes de réglage
23 et 24 permettent de régler, perpendiculairement à la ligne de direction ℓ'
p' la position des pointes actives 13a, 2la des outils de dressage 13, 21.
[0032] Dans cette forme d'exécution, on note que des distances "m" et "e" ne jouent aucun
rôle pour la détermination de la distance d
2 entre les pointes des outils de dressage, perpendiculairement aux lignes de directions.
En échange, la solution consistant à rendre "m" suffisamment grand pour que la situation
de dressage puisse être gagnée à partir de la situation de rectification sans escamotage
des outils de dressage ou retrait axial momentané des broches porte-meules n'est plus
possible puisque la distance d
2 reste constante quelle que soit la valeur de "m". On note que, dans le cas de cette
forme d'exécution selon les fig. 3, 4 et 5, la direction de déplacement de la première
table 2 ne devrait pas obligatoirement être parallèle à l'axe O de la pièce à rectifier,
c'est-à-dire à l'axe de la broche porte-pièces de la machine à rectifier. Selon les
configurations de meule et les différentes conditions accessoires, on pourrait prévoir
un angle α non nul entre la direction de l'axe de la pièce à rectifier et la direction
de déplacement de la première table 2. La condition générale qui doit en tous les
cas être réalisée est:

[0033] On note que, également dans cette forme d'exécution selon l,es fig. 3 à 5, on donne
avantageusement aux meules, au cours de l'opération de rectification, un mouvement
de battement réalisé par un déplacement alternatif de la table 3 dans la direction
oblique qui est sa direction de déplacement (à savoir la direction angulaire primaire
et secondaire commune).
[0034] On note enfin que, selon les formes de meule et les circonstances, il peut s'avérer
avantageux de disposer les axes des broches porte-meules avec un certain angle par
rapport à l'axe de la pièce à rectifier, en particulier lorsque l'on a un angle de
conicité très faible, une telle orientation permettant alors d'utiliser une meule
légèrement moins fragile pour la rectification de la surface conique intérieure.
[0035] La première meule, 5, de très petites dimensions, tourne naturellement à la plus
haute vitesse possible compte tenu des caractéristiques de la broche porte-meules;
la meule 17 (de même que la meule 7 dans la première forme d'exécution) de plus grand
diamètre, tourne naturellement moins vite.
[0036] La conception inédite ci-décrite englobe également, et même primairement, le procédé
de rectification par lequel deux meules procèdent simultanément à la rectification
d'une surface tronconique intérieure et d'une surface tronconique extérieure à l'avant
d'une pièce à rectifier. Le procédé décrit, même s'il était mis en oeuvre à l'aide
d'autres dispositifs agencés en l'occurrence à cet effet, n'en continuerait pas moins
à être conforme à la conception particulière proposée par l'invention.
[0037] On note que les outils de ressage sont souvent des molettes diamantées et non des
outils à pointe de diamant. Dans ce cas, toute la tranche active de la mollette doit
se situer sur la ligne de direction appropriée (ℓ
p ou ℓ
s).
1. Procédé pour rectifier deux surfaces tronconiques, l'une intérieure et l'autre
extérieure, concourantes à l'extrémité d'une pièce à rectifier où elles forment une
arête de jonction circulaire, caractérisé en ce que, devant l'extrémité avant de la
dite pièce à rectifier montée sur un dispositif d'entraînement rotatif, on dispose
une première table déplaçable dans une direction définie par l'angle (γ1; γ2) qu'elle fait avec l'axe (O) de la pièce à rectifier, et, sur cette première table,
une seconde table, déplaçable obliquement par rapport à celle-ci, selon une direction
angulaire primaire correspondant à l'angle de conicité (α1; α2) désiré pour l'une des dites surfaces tronconiques, on monte une première broche
porte-meule fixement sur cette seconde table de façon qu'elle se déplace avec elle
selon la dite direction angulaire primaire, et on monte, sur cette seconde table,
une seconde broche porte-meule d'une façon telle qu'elle soit liée à la seconde table
au moins dans une direction, en établissant pour cette seconde broche porte-meule
un agencement apte à lui assurer en réponse à un déplacement de la seconde table en
la dite direction angulaire primaire, un déplacement oblique selon une direction angulaire
secondaire correspondant à l'angle de conicité (β1;β2) désiré pour l'autre des dites surfaces tronconiques, et on fait agir deux meules
coniques ou tronconiques, portées respectivement par les deux broches porte-meule,
sur l'extrémité avant de la pièce à rectifier, après avoir procédé au dressage des
meules montées respectivement sur la première et sur la seconde broches, à l'aide
respectivement d'un premier et d'un second outil de dressage de meule, ces outils
de dressage de meule étant pour cela positionnés, relativement à l'axe (0) de la pièce
à rectifier, d'une façon adéquatement établie pour l'obtention du diamètre (D ) désiré
pour la dite arête circulaire de jonction, lequel diamètre, pour des valeurs d'angles
2) données, dépend seulement de la position des outils de dressage, une action de
rectification de la pièce à rectifier, résultant de l'action des deux dites meules
sur cette pièce, étant assurée à la suite du dressage des meules par un déplacement
oblique de la dite seconde table dans la dite direction angulaire primaire, puis par
un déplacement de la dite première table faisant avancer celle-ci vers la pièce à
rectifier, l'orientation de ce mouvement étant telle que soit assurée la satisfaction
de l'équation: (α-β)·δ = 0 dans laquelle α est l'angle de conicité (α1; α2) correspondant à la dite direction angulaire primaire, β l'angle de conicité (β1; β2) correspondant à la dite direction angulaire secondaire et Y est l'angle (γ1; γ2) que la direction de déplacement de la dite première table fait avec la direction
de l'axe (O) de la pièce à rectifier.
2. Procédé selon là revendication 1, caractérisé en ce que, lors de l'opération de
rectification, on impartit à la dite seconde table un mouvement de battement dans
la dite direction angulaire primaire, de façon à améliorer l'état de fini des surfaces
rectifiées.
3. Procédé selon l'une des revendications 1 à 2, destiné à rectifier deux dites surfaces
tronconiques ayant l'une et l'autre le même angle de conicité, caractérisé en ce que,
pour agencer la dite seconde broche porte-meule de façon que son mouvement par rapport
à la dite première table ait la direction angulaire voulue, on fixe d'une façon complète
la dite seconde broche porte-meule sur la dite seconde table, les deux outils de dressage
étant en position active, positionnés de façon que leur pointes actives se situent
respectivement sur deux lignes obliques parallèles faisant par rapport à l'axe (O)
de la pièce à rectifier un angle (α2) égal au dit angle de conicité commun aux deux dites surfaces tronconiques, l'écart
(d2) de ces lignes étant donné par l'expression :
d = Dacosα dans laquelle d est le dit écart(d2), Da est le diamètre de la dite arête de jonction circulaire, etc{ est l'angle de conicité
(α2) commun aux deux dites surfaces tronconiques à rectifier, l'outil de dressage pour
la meule destinée à la rectification de la surface tronconique extérieure étant placé
plus près dudit axe (0) que l'autre outil sur celle des deux dites lignes qui croise
cet axe le plus en avant de la pièce à rectifier.
4. Dispositif porte-meules pour machine à rectifier pour la mise en oeuvre du procédé
selon la revendication 1, destiné à la rectification de.deux surfaces tronconiques,
l'une intérieure et l'autre extérieure, concourantes à l'extrémité d'une pièce à rectifier
où elles forment une arête de jonction circulaire, caractérisé en ce qu'il comprend
une première table déplaçable dans une direction définie par son angle d'orientation
(γ1; γ2) par rapport à l'axe (0) de la pièce à rectifier, une seconde table montée sur la
première et déplaçable obliquement par rapport à celle-ci, selon une direction angulaire
primaire correspondant à l'angle de conicité (α1;α2) désiré pour l'une des dites surfaces tronconiques, une première broche porte-meule,
montée fixement sur la dite seconde table de façon à se déplacer avec elle selon la
dite direction angulaire primaire, et une seconde broche porte-meule liée à cette
seconde table au moins dans une direction, et présentant un agencement apte à lui
assurer, en réponse à un déplacement de la seconde table en la dite direction angulaire
primaire, un déplacement oblique selon une direction angulaire secondaire correspondant
à l'angle de conicité (β1; β2) désiré pour l'autre des dites surfaces tronconiques, et deux outils de dressage
de meule pour dresser, respectivement, une meule montée sur la dite première broche
porte-meule, et une meule montée sur la dite seconde broche porte-meule, ces outils
de dressage étant, en leur situation de travail, positionnés, relativement à l'axe
(O) de la pièce à rectifier et compte tenu des deux dits angles de conicité (α1,β1;α2,β2) désirés, d'une façon telle que après dressage des meules, l'opération de rectification
des deux surfaces tronconiques assure l'obtention du diamètre (D ) désiré pour la
dite arête de jonction circulaire. a
5. Dispositif selon la revendication 4, destiné à la rectification de deux dites surfaces
tronconiques présentant des angles de conicité (α1,β1) différents, dans lequel ledit
angle (γ1) d'orientation par rapport au dit axe (0) de la direction de déplacement de la dite
première table est "O", caractérisé en ce que, les deux dites broches porte-meules
étant disposées avec leur axe au moins approximativement parallèle à l'axe (O) de
la pièce à rectifier, la dite seconde broche porte-meule est liée à la dite seconde
table à l'égard des déplacements en direction perpendiculaire à l'axe (O) de la pièce
à rectifier et peut coulisser sur cette table en direction parallèle à cet axe (0),
le dit agencement de cette seconde broche porte-meule consistant en la présen- sans
jeu ce d'un dispositif de guidage à glissement/liant cette seconde broche porte-meule
à la dite première table, d' une façon permettant à la seconde broche porte-meule
de se déplacer par rapport à cette première table seulement dans la dite direction
angulaire secondaire (β1).
6. Dispositif selon la revendication 5, dans lequel la dite direction angulaire primaire
correspond à l'angle de conicité (α1) désiré pour la dite surface tronconique intérieure, caractérisé en ce que les dits
outils de dressage sont positionnés pour que leurs pointes actives respectives se
situent respectivement sur deux lignes obliques coucourantes dans un plan passant
par l'axe (0) de la pièce à rectifier, l' une de ces lignes concourantes étant une
ligne de direction primaire (f ) inclinée sur l'axe (O) de la pièce à rectifier d'un
angle (α1) correspondant à la dite direction angulaire primaire, et l'autre de ces lignes concourantes
étant une ligne de direction secondaire (ℓs) inclinée sur le dit axe (0) d'un angle (β1) correspondant à la dite direction angulaire secondaire, et ces deux lignes étant
situées l'une par rapport à l'autre de façon à se croiser en un point éloigné du dit
axe (O) d' une distance (hcl) déterminée par l'expression hc = 1/2 Da (cos 2α + sin 2α. ctg(β-α)) expression dans laquelle hc est la dite distance (hc
) entre le dit axe et le point de croisement des dites lignes, Da est le diamètre de l'arête de jonction circulaire, α est l'angle d'inclinaison (α1) de la dite ligne de direction primaire (ℓ p) , et β est l'angle d'inclinaison (β1) de la dite ligne de direction secondaire (ℓs).
7. Dispositif selon la revendication 6, dans lequel le second outil de dressage, ayant
sa pointe active sur la dite ligne de direction secondaire (ℓ
s), est ajustable ou ajusté dans une direction perpendiculaire à la dite ligne de direction
primaire (ℓ p), de façon qu'une distance constante "e" existe, le long de la dite
ligne de direction primaire (ℓ
p) entre le point où se situe la pointe active du premier outil de dressage et le point
qui se trouve, sur la dite ligne de direction primaire (ℓ
p), au droit de la pointe active du second outil, une distance constante "m" existant
par ailleurs, le long de cette même ligne de direction primaire (ℓ
p) entre le point où se situe la pointe active du premier outil de dressage et le point
de croisement de cette ligne avec l'axe (O) de la pièce à rectifier, caractérisé en
ce que la pointe du second outil, pour se situer adéquatement sur la dite ligne de
direction secondaire (ℓ
s) est avancée par rapport à la ligne de direction primaire (ℓ
p) d'une certaine distance (d'
1) dont la valeur répond à l'équation:

expression dans laquelle d' est ladite certaine distance (d'
1), "m" et "e" correspondent aux grandeurs susdéfinies et D a est le diamètre désiré
pour la dite arête de jonction circulaire, tandis queoα et β sont respectivement l'angle
correspondant à la dite direction angulaire primaire (α
1) qui est aussi l'angle d'inclinaison de la ligne de direction primaire (ℓ
p) et l'angle correspondant à la dite direction angulaire secondaire (β
1) qui est également l'angle d'inclinaison de la dite ligne de direction secondaire
(ℓ
s).
8. Dispositif selon l'une des revendications 4 à 7, caractérisé en ce qu'il comprend
des moyens pour impartir à la dite seconde table, alors que les meules sont en position
de travail de rectification, un mouvement de battement dans la dite direction angulaire
primaire, de façon à améliorer l'état défini des surfaces rectifiées.
9. Dispositif selon la revendication 4, destiné à la rectification de deux surfacestronconiques
présentant des angles de conicité égaux (β2 =α2), caractérisé en ce que le dit agencement de la dite seconde broche porte-meule consiste
en un montage fixe de celle-ci sur la dite seconde table, la dite direction angulaire
secondaire étant la même que la dite direction angulaire primaire.
10. Dispositif selon la revendication 9, caractérisé en ce que les deux outils de
dressage sont positionnés, en position active, de façon que leurs pointes actives
se situent respectivement sur deux lignes obliques parallèles faisant par rapport
à l'axe (O) de la pièce à rectifier un angle (α2) égal au dit angle de conicité commun aux deux dites surfaces tronconiques, l'écart
(d 2) de ces lignes étant donné par l'expression: d. = D a cos α expression dans laquelle
d est le dit écart (d) D est le diamètre de la dite arête de jonction circulaire,
et α est l'angle de conicité (α2) commun aux deux dites surfaces tronconiques à rectifier, l'outil de dressage pour
la meule destinée à la rectification de la surface tronconique extérieure étant placé
plus près dudit axe (0) que l'autre outil, sur celle des deux dites lignes qui croise
cet axe le plus en avant de la pièce à rectifier.
11. Pièce à deux surfaces tronconiques concourantes rectifiées résultant de l'application
du procédé selon l'une des revendications 1 à 3.
12. Pièce selon la revendication 11, caractérisée en ce qu'elle constitue une buse
d'injection d'essence pour moteur à explosion.
13. Application du procédé selon l'une des revendications 1 à 3 pour le rectifiage
des deux surfaces tronconiques, respectivement intérieure et extérieure, d'une buse
d'injection d'essence pour moteur.
14. Utilisation du dispositif selon l'une des revendications 4 à 10 pour le rectifiage
des deux surfaces tronconiques, respectivement intérieure et extérieure, d'une buse
d'injection d'essence pour moteur.