[0001] La présente invention concerne un patin amovible pour chaussure de ski destiné à
faciliter la marche avec de telles chaussures.
[0002] Les chaussures de ski modernes sont conçues essentiellement pour la pratique du ski
et non pour la marche. En effet, elles sont extrêmement rigides et n'autorisent pratiquement
plus aucune flexion au niveau de la cheville et du pied. En outre, pour conférer au
skieur une position correcte, inclinée vers l'avant sur ses skis, la tige de ces chaussures
est elle aussi inclinée vers l'avant par rapport à la perpendiculaire à la semelle
des chaussures. Il en résulte que de telles chaussures bloquent les articulations
naturelles de la cheville et du pied du marcheur, entraînant ainsi une démarche inconfortable,
inesthétique et bruyante.
[0003] Le Brevet français N° 69/42263 décrit un dispositif qui tente de remédier à certains
de ces inconvénients, au moyen d'une pièce amovible présentant une surface plane que
l'on applique contre la semelle de la chaussure à l'aide de bracelets élastiques,
et une surface bombée destinée à être en contact avec le sol.
[0004] Lorsque cette pièce est en position sur la chaussure et que celle-ci repose sur le
sol, la tige se trouve sensiblement à la verticale, ce qui permet d'éviter la flexion
des genoux de l'utilisateur à l'arrêt. Néanmoins,.ce dispositif ne permet qu'une très
faible adhérence car seuls l'arête du talon et le sommet de la surface bombée de la
pièce amovible, sont en contact avec le sol.
[0005] En outre, la fixation de la pièce par des bracelets élastiques passant sur le contrefort
avant de la chaussure est peu sûre.
[0006] D'autre part, de la neige peut s'accumuler dans l'espace vide délimité sous la semelle
entre la pièce rapportée et le talon, génant ainsi le chaussage ultérieur de la chaussure
sur un ski.
[0007] Enfin, l'extrémité avant de la chaussure ne reposant sur le sol que par l'intermédiaire
de la tangente de la surface bombée de la pièce, il en résulte une instabilité manifeste
de la chaussure, en particulier latéralement, lors de la marche, par exemple dans
les escaliers.
[0008] On connait par ailleurs, par le Brevet français N° 1.575.624 décrivant une semelle
amovible présentant une surface supérieure plane destinée à être appliquée contre
la semelle de la chaussure de ski et une surface inférieure comprenant sur environ
les trois quart arrière de sa longueur une partie plane parallèle au plan de la semelle
de la chaussure et une partie avant également plane mais inclinée vers le haut. Bien
que cette semelle amovible permette d'incliner légèrement la chaussure par rapport
au sol, avant de la soulever de terre, elle n'assure pas la compensation de l'inclinaison
de la tige, et par conséquent, du tibia du skieur dans la station debout, à l'arrêt.
[0009] Enfin, le Brevet français N° 2.315.872 décrit un corps de semelle amovible pour chaussure
de ski dont la face inférieure constitue une surface de marche incurvée suivant un
mouvement de roulement du pied. Il est important de préciser que la courbe continue
du corps de semelle en contact avec le sol tend à engendrer un mouvement oscillatoire
longitudinal difficile à maitriser par l'utilisateur, notamment à l'arrêt, dans des
escaliers, sur des plans inclinés, etc...
[0010] L'invention vise donc à réaliser un patin amovible pour chaussure de ski permettant
à la fois de compenser à l'arrêt l'inclinaison de la tige de la chaussure et donc
du tibia de l'utilisateur, et d'assurer une excellente stabilité à l'utilisateur aussi
bien à l'arrêt que pendant la marche, lui permettant de retrouver une démarche naturelle
tout en présentant un caractère prononcé d'adhérence sur tous terrains.
[0011] A cet effet, l'invention a pour objet un patin amovible pour chaussure de ski comprenant
une face supérieure de contact avec la semelle de la chaussure et une face inférieure
convexe de contact avec le sol, ainsi que des moyens de fixation du patin à la chaussure,
ce patin étant caractérisé en ce que la face inférieure convexe présente, à l'aplomb
de la tige de la chaussure, dans la position assemblée du patin avec la chaussure,
une surface plane s'étendant sur une majeure partie de la longueur du patin sensiblement
perpendiculairement à l'axe de ladite tige.
[0012] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention résulteront de la description
qui va suivre d'un exemple de sa réalisation illustré par les dessins annexés donnés
uniquement à titre d'exemple et sur lesquels :
La figure 1 est une vue en élévation latérale d'un patin amovible suivant l'invention,
fixé sur une chaussure de ski.
La figure 2 est une vue en plan de dessous du patin représenté à la figure 1.
La figure 3 est une vue en élévation latérale d'un organe complémentaire pouvant être
fixé de façon amovible au patin.
La figure 4 est une vue en élévation latérale d'un ski sur lequel est monté le patin
amovible des figures 1 et 2 lorsqu'il n'est pas utilisé pour la marche.
La figure 5 est une vue de dessus correspondant à la figure 3 et montrant le patin
fixé sur le ski.
[0013] En se reportant aux figures 1 et 2, le patin amovible I suivant l'invention est représenté
monté sur une chaussure de ski 2. Le patin I présente une face supérieure 3 de contact
avec la semelle de la chaussure 2 et une face inférieure convexe 4 de contact avec
le sol. Le patin I est fixé de façon amovible à l'avant de la chaussure 2 au moyen
d'un étrier 5 en forme de U dont les branches latérales sont articulées sur les côtés
du patin I et dont la partie centrale du U présente une découpe incurvée complémentaire
du bout de la chaussure. Le patin est d'autre part fixé au talon de la chaussure 2
au moyen d'un ressort 6 en forme d'arceau également articulé à ses extrémités sur
les côtés du patin I et sur lequel est monté un anneau 7 permettant la tension du
ressort 6 pour les manoeuvres d'accrochage et de décrochage du patin.
[0014] La face inférieure 4 du patin est constituée de quatre plans ou surfaces crantées
8, 9, 10, 11. La surface arrière 8 est disposée à l'aplomb de la zone du talon de
la chaussure 2 et est inclinée vers le haut et l'arrière de la chaussure, de manière
à favoriser la pose du talon au sol lors de la marche.
[0015] La surface suivante 9 s'étend sur la majeure partie de la longueur du patin, pratiquement
à l'aplomb de la tige (non représentée de
[0016] la chaussure). En outre, la surface 9 est sensiblement perpendiculaire à l'axe A-A
de la tige de telle sorte qu'un utilisateur peut se tenir debout à l'arrêt normalement,
c'est-à-dire, avec les jambes non fléchies. Etant donné que dans les chaussures modernes
l'axe A-A de la tige forme avec la semelle un angle d'environ 80° à 70° ( ), la surface
9 doit faire avec la face supérieure 3 un angle d'environ 10° à 20° ( ) pour respecter
les conditions précitées.
[0017] La troisième surface 10 est inclinée vers le haut et vers l'avant de la chaussure.
L'arête 12 du dièdre formé par les surfaces 9 et 10 est située sensiblement à l'aplomb
de l'articulation des phalanges du pied de l'utilisateur de la chaussure de façon
à lui permettre de retrouver un mouvement naturel de marche.
[0018] Enfin, la dernière surface II s'étend entre la surface 10 et l'extrémité avant du
patin et est inclinée vers le haut et l'avant selon un angle plus prononcé que ne
l'est la surface 10 de manière à favoriser le basculement de la chaussure vers l'avant,
contribuant ainsi à la souplesse de la marche.
[0019] Cet agencement de la face inférieure 4 du patin I permet donc de compenser le blocage
des articulations de la cheville et dupied
[0020] de l'utilisateur dans la chaussure 2. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée
aux nombres de surfaces précitées pour la face 4. Par ailleurs, les crans des surfaces
9 et 10 ont, de préférence, une dimension nettement plus importante que ceux des surfaces
[0021] 8 et 11. Les crans et le reste du patin I sont,de façon avantageuse, réalisés en
un seul bloc d'une matière plastique souple du type caoutchouc, ce qui assure le confort
de la marche par amortissement des chocs et des bruits.
[0022] Enfin, la face inférieure 4 présente un évidement central 13 dans le sens longitudinal
destiné à favoriser l'accrochage latéral du patin lors de la marche dans la neige.
[0023] La figure 3 montre un organe complémentaire 14 qui peut être fixé par tous moyens
appropriés, par exemple par encliquetage des tétons 15 dans des alvéoles 16 de l'évidement
13, et qui présente des crampons métalliques ou analogues 17 à l'extrémité des crans
de la face inférieure de l'organe 14 de façon à assurer l'accrochage du patin sur
des surfaces gelées ou verglacées.
[0024] Enfin, en se reportant aux figures 4 et 5, le patin I est représenté monté, appliqué
par sa face supérieure 3 contre la face supérieure d'un ski 18. A cet effet, deux
ferrures 19 et 20 sont fixées par adhésif ou autres sur la partie avant du ski 18
; l'une destinée à coopérer avec l'étrier 5 et l'autre avec l'anneau 7,de telle manière
que le patin I se trouve solidement arrimé
[0025] sur le ski 18 par tension du ressort 6. Cette disposition des patins sur les skis
constitue,d'une part,un moyen de rangement commode des patins lorsqu'ils ne sont pas
utilisés, et, d'autre part, un moyen permettant d'éviter le chevauchement des skis
lors de l'utilisation sur les pistes.
[0026] D'autre part, il est important de préciser que, de préférence, la dimension du patin
1, pour parfaitement coopérer à la chaussure de ski 2 doit être adaptée à la taille
de celle-ci.
1. - Patin amovible pour chaussure de ski comprenant une face supérieure de contact
avec la semelle de la chaussure et une face inférieure convexe de contact avec le
sol, ainsi que des moyens de fixation du patin à la chaussure, caractérisé en ce que
la face inférieure convexe (4) présente, à l'aplomb de la tige de la chaussure (2),
dans la position assemblée du patin (I) avec la chaussure (2), une surface plane (9)
s'étendant sur une majeure partie de la longueur du patin (I) sensiblement perpendiculairement
à l'axe (A-A) de ladite tige.
2. - Patin selon la revendication 1, caractérisé en ce que la face inférieure (4)
comporte une seconde.surface plane (10) inclinée vers le haut et l'avant du patin,
l'arête (12) du dièdre formée par lesdites surfaces planes (9, 10) étant située sensiblement
à l'aplomb de l'articulation des phalanges d'un utilisateur dans la chaussure de ski.
3. - Patin selon la revendication 2, caractérisé en ce que la face inférieure (4)
présente une troisième surface plane (II) s'étendant entre la deuxième surface plane
(10).et l'extrémité avant du patin (I) et incliné vers le haut et l'avant d'un angle
plus prononcé que la deuxième surface (10).
4. - Patin selon l'une quelconque des revendications 2 et 3, caractérisé en ce que
la face inférieure (4) présente une quatrième surface plane (8) s'étendant entre l'extrémité
arrière du patin (I) et la première surface (9), et incliné vers le haut et l'arrière
du patin (I).
5. - Patin selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que
la face inférieure (4) du patin (I) est crantée.
6. - Patin selon la revendication 5 lorsqu'elle dépend des revendications 2, 3 et
4, caractérisé en ce que les crans desdites première et deuxième surfaces (9, 10)
ont une dimension supérieure à ceux des troisième et quatrième surfaces (II, 8).
7. - Patin selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'il
présente dans sa face inférieure (4) un évidement central (13) s'étendant dans le
sens longitudinal.
8. - Patin selon la revendication 7, caractérisé en ce qu'il comporte un organe cranté
(14) adapté pour être monté de façon amovible dans l'évidement (13) et présentant
des crampons (17) pour surface verglacée.
9. - Patin selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que
lesdits moyens de fixation comprennent un étrier (5) en forme de U articulé au voisinage
de l'extrémité avant du patin (I) et dont la partie centrale du U présente une découpe
incurvée complémentaire du bout de la chaussure (2).
10. - Dispositif d'arrimage d'un patin selon l'une quelconque des revendications 1
à 9, sur un ski, caractérisé en ce qu'il comprend deux ferrures (19, 20) fixées audit
ski (18) et adaptées pour coopérer respectivement avec les moyens de fixation avant
(5) et arrière (6) d'un patin (I), afin d'assurer le verrouillage de ce dernier sur
le ski.
11. - Dispositif d'arrimage selon la revendication 10, caractérisé en ce que lesdites
ferrures (19, 20) sont fixées sur la partie avant du ski (18) de telle sorte que,
dans la position arrimée du patin, ce dernier constitue un dispositif anti-croisement
de ski.
12. - Patin selon l'une quelconque des revendications 1 à 11, caractérisé en ce que
la dimension du patin (I) doit nécessairement correspondre à chaque taille de chaussurepe
ski.
13. - Dispositif d'arrimage d'un patin, selon la revendication 10 fixé sur la partie
avant du ski, de telle sorte que l'une ou l'autre partie de ce dispositif constitue
un système d'anti-croisement de ski même en l'absence du patin.
14. - Patin selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, pouvant faire partie
intégrante d'une chaussure de ski.
15. - Dispositif selon les revendications 1 à 9, dans lequel le patin est réduit à
l'assemblage de tubes dont au moins trois d'entre eux sont situés à la jonction des
plans 8 et 9 - 9 et 10 - 10 et 11.
16. - Patin ou dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 9 et 15, tel
qu'il permette la reconstitution d'une démarche normale chez un individu handicapé,
par modification des surfaces et angles d'inclinaisons des plans 8.9.10.11.