[0001] La présente invention concerne un nouveau papier de sécurité utilisable pour éviter
les falsifications en cas d'utilisation d'un stylo à encre effaçable.
[0002] On a récemment commercialisé un nouveau stylo à bille à encre effaçable décrit notamment
dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique 4 097 290.
[0003] La particularité de ce stylo réside dans la composition originale de son encre spécialement
mise au point pour pouvoir s'effacer par des moyens mécaniques classiques et plus
particulièrement par gommage. Ce nouveau type de moyen d'écriture effaçable facilement,
représente un avantage certain pour l'usage courant, mais constitue un danger lorsqu'il
est utilisé pour remplir des documents de sécurité, des titres de paiement : chèques
ou autres, toutes pièces en général susceptibles d'être falsifiées.
[0004] Il est donc utile de disposer d'un papier, utilisable notamment pour les titres de
paiement qui empêche la possibilité de falsification lorsqu'on utilise un nouveau
stylo tel que décrit ci-dessus.
[0005] On a déjà proposé dans le brevet français 2 280 154 un procédé de protection et de
détection qui consiste à utiliser un support recouvert d'une couche. Le support et
la couche possédant des propriétés différentes de réflexion spectrale dans les domaines
visibles, ultraviolet ou infrarouge, toute altération de la couche par grattage, ou
gommage, sera décelée par un appareil approprié.
[0006] Cette solution est valable pour lutter contre l'effacement de moyens d'écriture difficilement
effaçables tels que les stylos à bille classiques, les crayons-feutres, etc., mais
s'est révélée inutilisable pour lutter contre d'éventuelles falsifications, par gommage,
lors de l'utilisation des stylos à encre effaçable tels que décrits dans le brevet
des Etats-Unis d'Amérique 4 097 290.
[0007] On a par ailleurs décrit, dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique 4 143 891, un
moyen pour rendre infalsifiable un document se présentant sous forme d'une liasse.
Ce moyen consiste à combiner les propriétés d'une cire colorèe transférable, située
au verso d'une feuille, avec celles de l'acide oléique déposé , dans des microcapsules,
sur la recto de la feuille sur laquelle ladite cire est transférée. Cette technique
ne peut être directement transposée pour résoudre le problème posé par l'utilisation
d'une encre effaçable telle que préconisée dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique
4 097 290.
[0008] Il a été trouvé, et c'est là l'objet de la présente invention, que l'on peut empêcher
toute falsification d'un papier, écrit en utilisant un instrument à encre effaçable
telle que décrite dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique 4 097 290, en disposant
à la surface dudit papier des microcapsules contenant un solvant convenable de ladite
encre, ces microcapsules étant déchirées lorsque l'on écrit sur ledit papier.
[0009] La présente invention concerne donc un papier de sécurité caractérisé en ce qu'il
comporte sur au moins une partie de sa surface,destinée à recevoir l'écriture, des
microcapsules déchirables contenant au moins un solvant de l'encre effaçable.
[0010] Les microcapsules contenant des fluides divers ont été décrites et utilisées dans
de nombreux domaines techniques. On pourra dans la présente invention employer une
quelconque des méthodes connues pour réaliser ces capsules ; il suffira de faire en
sorte, et les techniciens feront les tests nécessaires, d'être sûr qu'avec les stylos
à encre effaçable utilisés la pointe (ou la plume) dudit stylo déchire effectivement
lesdites microcapsules lors de l'écriture.
[0011] Ces microcapsules seront disposées sur la couche superficielle du papier de façon
à être effectivement déchirées lors de l'écriture. Cette couche superficielle devra
contenir de 30 à 70'70 en poids, par rapport au poids de la couche, de microcapsules.
Une quantité insuffisante de capsules ne permettrait pas de modifier suffisamment
la pénétration de l'encre dans le papier ; une quantité trop grande de capsules ne
permettrait pas la réalisation d'une couche ayant des propriétés mécaniquessuffisantes.
[0012] Les solvants utilisables à l'intérieur des microcapsules sont tous les solvants qui,
en contact avec l'encre déposée par le stylo sur le papier, augmentent la vitesse
de diffusion de l'encre à l'intérieur du papier. On utilisera par exemple des solvants
de nature aromatique, ou aliphatique ou des produits chlorés ou des mélanges de ces
solvants. Ces solvants pourront contenir un plastifiant tel que le dioctylphtalate
par exemple.
[0013] La couche superficielle renfermant les capsules pourra recouvrir la totalité de l'une
et/ou de-l'autre face du papier. Ce sera le cas, par exemple comme décrit ci-dessous,
lorsque les capsules seront intégrées dans la couche de couchage (procédé papetier)
ou lorsqu'on utilisera un procédé d'impression embrassant la totalité de la surface
du papier.
[0014] Il est également possible, notamment en utilisant une technique d'impression, d'introduire
les capsules dans une composition convenable qui ne sera déposée que localement. Lorsque
les microcapsules sont insérées dans la couche de couchage du papier, ladite couche
de couchage contenant les microcapsules aura, outre ces capsules, une composition
connue à base de liant de charge. Il peut être cependant souhaitable, pour protéger
les capsules et pour permettre une meilleure répartition de ces capsules dans la couche,
d'ajouter aux constituants connus des couches de couchage, un distanceur de microcapsules.
Ce distanceur de microcapsules est un produit se présentant sous forme de grains solides
(amidon calibré, poudre de cellulose, etc.) qui est mélangé aux ingrédients formant
la couche de couchage et qui dans la couche finie se disperse entre les microcapsules.
On peut utiliser de 3 à 20% en poids, par rapport au poids de la couche de couchage,
de ce distanceur.
[0015] Comme indiqué ci-dessus les autres ingrédients de la couche de couchage sont des
produits connus notamment un liant, par exemple amidon, PVA, latex, qui pourra être
utilisé à raison d'environ 5 à 20% en poids par rapport au poids de la couche, une
charge, par exemple kaolin, carbonate qui pourra être utilisé à raison d'environ 15
à 45% en poids par rapport au poids de la couche et les divers additifs connus et
utilisés pour la réalisation des couches de couchage.
[0016] Bien évidemment les papiers selon l'invention pourront comporter en outre, dans leur
masse et dans leur couche de couchage, les éléments connus qui sont utilisés ou utilisables
pour lutter contre les falsifications.
[0017] Le procédé de réalisation de l'invention utilise n'importe quel procédé papetier
qui permet l'incorporation dans les couches de couchage des microcapsules contenant
le solvant.
[0018] Les exemples non limitatifs suivants illustrent l'invention ; dans ces exemples les
pourcentages et les quantités de matière données dans les exemples sont exprimés en
poids de matière sèche par rapport au poids de la couche (exprimé en matière sèche).
Exemple 1
[0019] Sur un support collé en masse on dépose, par un moyen de couchage conventionnel,une
couche composée de 10% d'amidon oxydé, 55% de capsules renfermant un solvant du type
White-Spirit à faibles teneurs en aromatiques (tel que la DILUTINE M5 de SHELL CHIMIE,
EXSOL D 145/195 d'ESSO CHIMIE ; point d'ébullition entre 100 et 195°C),12% d'amidon
calibré servant de distanceur de microcapsules et 23% de kaolin d'une qualité de couchage.
[0020] Les microcapsules sont obtenues par un procédé connu, la paroi étant constituée d'un
polyuréthanne.
[0021] Ces capsules ont un diamètre de 10 microns environ.
[0022] La dépose nécessaire pour obtenir une bonne couche selon l'invention est d'environ
5 à 6 g de couche par mètre carré.
[0023] Le papier ainsi obtenu permet de déceler les tentatives de falsification par grattage
ou gommage des mentions manuscrites avec un stylo à bille effaçable. En effet, sous
la pression d'écriture les capsules éclatent et libèrent le solvant. Celui-ci dilue
l'encre, abaisse sa viscosité, augmente sa pénétration dans le support et surtout
empêche un effaçage parfait quel que soit le type de gomme ou de grattoir utilisé.
Ainsi, après une tentative d'effaçage par gommage ou grattage, il subsistera toujour
au moins une trace colorée des mentions manuscrites due à la pénétration de l'encre
dans le support, elle-même entourée d'une tache colorée plus ou moins importante.
Exemple 2
[0024] On reprend la composition de la couche donnée dans l'exemple 1 dans laquelle on remplace
le solvant du type White-Spirit à faible teneur en aromatiques par un solvant du type
essence (Essence E de SHELL CHIMIE ou EXSOL DSP 100-130 d'ESSO-CHIMIE : point d'ébullition
entre 100 et 130°C).
[0025] On dépose aussi 5 à 6 g/m2 de couche.
[0026] Le comportement est identique à celui du papier décrit dans l'exemple 1.
Exemple 3
[0027] On reprend la composition de la couche donnée dans l'exemple 1 dans laquelle on remplace
les capsules renfermant le solvant du type Nhite-Spirit à faible teneur en aromatique
par un mélange 50/50 de ce solvant avec du phtalate de di-(éthyl
-2 hexyle) (DOP de RHONE POULENC par exemple).
[0028] Pour la même dépose de 5 à 6 g/m
2 de couche on obtient le même comportement que dans les exemples 1 et 2.
Exemple 4
[0029] On reprend la composition de la couche donnée dans l'exemple 1 dans laquelle on remplace
les capsules de 10 microns par des capsules de 5 microns de diamètre renfermant le
même solvant.
[0030] Le comportement du papier est identique à celui du papier décrit dans l'exemple 1.
Exemple 5
[0031] Sur un support collé en masse on dépose par un moyen de couchage conventionnel une
couche composée de 12% d'amidon oxydé, de 46% de capsules de 10 microns de diamètre
renfermant un solvant du type Essence (Essence E), de 9% d'amidon calibré et de 33%
de kaolin de couchage.
[0032] Avec une dépose de 5,5 à 6,5 g de couche par mètre carré, on obtient un papier sur
lequel toutes les tentatives d'effaçage des mentions manuscrites avec un stylo à bille
effaçable laisseront une trace colorée suffisamment visible.
Exemple 6
[0033] Sur un support collé en masse, on dépose par un moyen de couchage conventionnel une
couche composée de 10% d'amidon oxydé, 11% d'amidon calibré, 25% de kaolin et 54%
de microcapsules de 7 microns de diamètre renfermant un mélange de solvants type White-Spirit
(40%) et paraffines chlorées (Meflex DC 024 D de IMPERIAL CHEMICAL INDUSTRIES) (60%).
[0034] On a déposé une couche de couchage à raison de 5 à 6 g de couche au mètre carré.
Le comportement du papier, vis-à-vis d'une écriture à l'aide d'une encre effaçable,
est le même que celui du papier décrit dans l'exemple 1.
Exemple 7
[0035] On reprend la composition de la couche donnée dans l'exemple 6 en utilisant des capsules
renfermant un mélange de solvants du type aromatique (BAYMICRON V.P. FE 2101) 80%
, et du type aliphatique (ISOHEXADECAN BAYER) 20%.
[0036] On a déposé une couche à raison de 6 g/m2. Le comportement du papier vis-à-vis d'une
écriture à l'aide d'une encre effaçable est le même que celui du papier décrit dans
l'exemple 1.
Exemple 8
[0037] Sur un support collé en masse, on dépose par un moyen de couchage conventionnel une
couche composée de 9% d'un liant synthétique acrylique (ACRONAL S320 de BASF) ou à
base de styrène- butadiène (CA 36034 de BAYER), 23% de kaolin, 12% d'amidon calibré
et 56% de microcapsules telles que celles décrites dans l'exemple 6.
[0038] On a déposé une couche à raison de 6 g/m2. Le comportement du papier vis-à-vis d'une
écriture à l'aide d'une encre effaçable est le même que celui du papier décrit dans
l'exemple 1.
Exemple 9
[0039] Sur un support collé en masse, on dépose par un moyen de couchage conventionnel une
couche composée de 4,57 d'une protéine naturelle de soja comme liant (PROCOTE 200
LV de PURINA) ; 24,5% de kaolin; 12% d'amidon calibré et 59% de microcapsules telles
que celles décrites dans l'exemple 6.
[0040] On a déposé une couche de couchage à raison de 5 à 6 g/m2. Le comportement du papier
vis-à-vis d'une écriture à l'aide d'une encre effaçable est le même que celui du papier
décrit dans l'exemple 1.
Exemple 10
[0041] Sur un support collé en masse dans lequel on a introduit en masse les réactifs habituellement
introduits dans les papiers de sécurité infalsifiables par les agents chimiques (colorants
par exemple), on dépose la couche donnée dans l'exemple 1 dans laquelle on a rajouté
les réactifs habituellement introduits en presse encolleuse (réactifs aux agents alcalins
par exemple) aux doses nécessaires pour obtenir des quantités de réactifs au mètre
carré identiques à celles obtenues dans les papiers de sécurité classiques.
[0042] La dépose de 5 à 6 g/m2 de couche permet d'obtenir un papier d'une part infalsifiable
par des agents chimiques acides, basiques.oxydants, réducteurs, par les couples oxydant-réducteurs,
par les solvants,pour les moyens d'écriture classique et d'autre part sur lequel les
moyens d'écriture effaçable laisseront une trace colorée très visible après gommage
ou grattage.
1. Papier de sécurité utilisable pour lutter contre les falsifications pouvant survenir
du fait de l'utilisation d'une encre effaçable telle que décrite dans le brevet des
Etats-Unis d'Amérique 4 097 290, caractérisé en ce qu'il comporte,sur au moins les
parties de sa surface où l'on veut éviter les falsifications, une couche comportant
de 30 à 70% en poids, par rapport au poids de ladite couche, de microcapsules contenant
au moins un solvant de ladite encre.
2. Papier selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit solvant est choisi
parmi les solvants organiques aromatiques ou aliphatiques, les solvants chlorés et
les mélanges de ces solvants.
3. Papier selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le solvant
contient un plastifiant.
4. Papier selon l'une des revendications 1, 2 et 3, caractérisé en ce que ladite couche
comporte de 3 à 20% en poids, par rapport au poids de ladite couche, d'un distanceur
de microcapsules.
5. Papier selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il comporte,
en outre, au moins un autre moyen connu de lutte contre les falsifications.
6. Papier selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ladite couche
contenant les microcapsules est la couche de couchage.
7. Papier selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ladite couche
contenant les microcapsules est déposée par un procédé d'impression sur la totalité
de la feuille ou seulement localement.