[0001] La présente invention concerne le laminage sans contrainte de métaux et, plus précisément,
un procédé et un dispositif pour un tel laminage applicable à un train de laminage
continu incluant au moins deux cages non réversibles dont les moteurs d'entraînement
respectifs sont commandés au moyen d'un circuit connecté à un régulateur de vitesse.
On connaît des procédés permettant de détecter et de corriger une éventuelle tension
ou compression du métal entre deux cages successives, procédés selon lesquels la valeur
du glissement avant ou arrière du métal dans chaque cage est régulée en tant que caractéristique
essentielle de toute contrainte sur le métal. Par exemple, le brevet français 2 395
086 décrit un tel procédé.
[0002] D'une part, les capteurs de vitesse qui doivent être utilisés sont généralement soit
imprécis, tels les générateurs tachymétriques, soit onéreux, tels les corrélateurs
électroniques, et sont pratiquement inutilisables pour certaines mesures, du fait
des conditions ambiantes de température. D'autre part, ce procédé ne tient pas compte
des variations des parasites du foyer de laminage et en particulier du débit volumique
du produit laminé. Il en résulte une certaine imprécision du calcul de la valeur du
glissement qui est, de ce fait, maintenue à une valeur telle que chaque cage exerce
une traction du métal, étant entendu qu'une très légère traction du métal est tout
à fait préférable à une compression du métal, voire même au seul risque d'une éventuelle
compression.
[0003] Un procédé qui fait l'objet du brevet français 2 354 154, a été développé pour obvier
à ces inconvénients bien connus. Selon ce procédé, juste avant l'introduction du métal
dans la deuxième cage, la valeur du couple de laminage de la première cage est déterminée
et enregistrée, puis dès l'introduction du métal dans la deuxième cage, la valeur
du couple de laminage de la première cage est maintenue constante par action sur la
référence de vitesse du régulateur de vitesse de la première cage, jusqu'à stabilisation
de la vitesse de cette première cage, et immédiatement après et jusqu'à la fin du
laminage, le rapport des vitesses des deux cages est maintenu constant par action
sur la référence principale du régulateur de couple de la première cage. Toutefois,
ce dernier procédé ne tient pas compte des éventuelles variations de la section du
métal dont il peut résulter des forces de traction ou de compression non négli- gables.
[0004] La présente invention a pour but d'obvier à l'ensemble des inconvénients précités.
[0005] Le procédé selon l'invention, comprend trois étapes essentielles :
Au cours de la première, juste avant l'introduction du métal dans la cage d'ordre
(n+l), la valeur du couple de laminage dans la cage d'ordre (n) est déterminée et
enregistrée, puis dans une deuxième étape, dès l'introduction du métal dans la cage
d'ordre (n+1), la valeur du couple de laminage dans la cage d'ordre (n) est maintenue
constante par action sur le régulateur de vitesse de la cage d'ordre (n) jusqu'au
moment précédant l'introduction du métal dans la cage d'ordre (n+2), puis, dans une
troisième étape, se poursuivant jusqu'à la fin de l'opération de laminage de la cage
d'ordre (n), le débit volumique du métal est maintenu constant au droit de chaque
cage, notamment par application d'un coefficient multiplicateur au signal représentatif
du rapport des vitesses de deux cages successives.
[0006] L'invention sera mieux comprise et d'autres buts, avantages et caractéristiques apparaîtront
plus clairement à la lecture de la description qui suit d'un mode de réalisation donné
à titre non limitatif, description à laquelle deux planches de dessins sont annexées.
[0007] La figure 1 représente le schéma synoptique de fonctionnement de deux cages successives
non réversibles d'un train de laminage continu pour produitslongs, conformément à
l'invention, et la figure 2 représente plus précisément le détail de l'une des unités
de commande représentées figure 1.
[0008] En référence maintenant à 7a figure 1, le métal 1 est introduit entre les cylindres
de la cage 2 de laminage d'ordre (n) avant d'être introduit dans la cage 3 d'ordre
(n+1). Les trains de laminage continu non réversibles comprennent généralement plusieurs
cages successives désignées ici symboliquement par leur quantième, par exemple (n),
(n+1) dans lesquels n est un nombre entier au moins égal à 1.
[0009] Chaque cage est pourvue d'un moteur d'entraînement, respectivement 4 et 5, couplé
à un générateur d'impulsions 6, 7, dont la fréquence est proportionnelle à la vitesse
de rotation d'un moteur auquel il est couplé.
[0010] Devant chaque cage, une cellule photo électrique 8, 9 par exemple permet de détecter
l'introduction immédiate du métal dans la cage, tandis qu'une jauge de contrainte
10, 11, disposée dans la cage, permet d'engendrer un signal représentatif de l'effort
de laminage de la cage correspondante.
[0011] Les moteurs d'entraînement 4, 5 sont alimentés à partir de la ligne secteur 12 au
moyen de convertisseurs 13, 14, notamment à thyristorso
[0012] Ces convertisseurs sont commandés respectivement par une unité de commande 15, 16
dont le schéma sera étudié plus en détail au moyen de la figure 2.
[0013] Chaque unité de commande par exemple 15 associée à la cage d'ordre (n), reçoit à
sa borne d'entrée 20 les informations relatives à l'unité de commande 16 associée
à la cage d 'ordre immédiatement supérieure(n+l), et, à ses bornes d'entrée 21, 22,
23, 24 et 25, les signaux issus respectivement de la cellule photo électrique 9 disposée
à l'entrée de la cage d'ordre (n+1), de la jauge de contrainte 10 disposée dans la
cage 2 d'ordre (n), du capteur 17 de l'intensité du courant circulant dans le convertisseur
13 qu'elle commande, des générateurs d'impulsions 6, 7 couplés aux cages d'ordres
(n) et (n+1). De plus, un signal 18 de référence générale de vitesse de toutes les
cages est appliqué à la borne d'entrée 26 de toutes les unités de commande de manière
à faire varier uniformément la vitesse de laminage de l'ensemble du train considéré.
[0014] Enfin, chaque unité de commande 15 a au moins deux bornes de sortie 27 et 28, l'une
connectée à l'unité de commande aval et l'autre au convertisseur 13 qu'elle commande.
L'unité de commande 15 de la cage d'ordre (n) est représentée plus en détail figure
2 avec les mêmes références.
[0015] Cette unité de commande 15 comprend essentiellement, outre la logique 30, un régulateur
de vitesse 31 dont la sortie est reliée à un régulateur de courant 32 lui-même connecté
à la borne d'entrée 23 de l'unité, borne qui est reliée au capteur 17. Le régulateur
32 est connecté à la borne de sortie 28 de l'unité 15
9 elle-même reliée au convertisseur 13. Le signal issu du générateur d'impulsions 6
est appliqué, par la borne d'entrée 24 de l'unité 15, à un convertisseur 33 à la sortie
duquel est engendré un signal numérique représentatif de la fréquence des impulsions.
Cette sortie est connectée, d'une part, au régulateur de vitesse 31, d'autre part,
à un circuit de détermination du couple de laminage 34 qui est également connecté
à la sortie du régulateur de vitesse 31, et enfin, à un circuit diviseur 35 qui effectue
le rapport des vitesses des cages d'ordres (n) et (n+1), et à l'autre entrée duquel
est appliqué le signal numérique issu d'un convertisseur 36 identique au convertisseur
33 mais connecté à la borne d'entrée 25 de l'unité 15 elle-même reliée au générateur
d'impulsions 7 couplé au moteur 5 de la cage 3 d'ordre (n+1).
[0016] L'une des sorties du circuit 34 de détermination du couple de laminage est connectée
à l'une des entrées du régulateur de vitesse 31 par l'intermédiaire d'une boucle de
régulation du couple de laminage de la cage d'ordre (n). Cette boucle inclut, de manière
connue, une première mémoire 37, un comparateur 38 et un circuit 39 de régulation,
fonctionnant pendant la première étape du procédé selon l'invention, et une deuxième
mémoire 40 utilisée lors de la deuxième étape du procédé. Ce circuit 34 de détermination
du couple a également une sortie reliée à une entrée d'un circuit 41 d'élaboration
d'un coefficient multiplicateur, dont une autre entrée est connectée à la borne d'entrée
22 de l'unité 15, elle-même reliée à la jauge de contrainte 10 disposée dans la cage
d'ordre (n).
[0017] Ce circuit 41 d'élaboration est relié:à un circuit multiplicateur 42, à l'autre entrée
duquel est appliqué le signal issu du circuit diviseur 35.
[0018] La sortie du circuit multiplicateur 42 est connectée à l'une des entrées du régulateur
de vitesse 31 par l'intermédiaire d'une boucle de régulation du débit du métal laminé
fonctionnant au cours de la troisième étape du procédé. Cette dernière boucle inclut
une mémoire 43, un comparateur 44 et un régulateur 45.
[0019] Enfin le régulateur de vitesse 31 a une borne d'entrée reliée à la borne d'entrée
26 de l'unité 15 à laquelle est appliqué le signal de référence générale de vitesse
18.
[0020] Les bornes d'entrée de la logique 30 sont respectivement connectées aux bornes d'entrée
24, 22, 21 et 20 de l'unité 15 et à une borne de sortie du circuit 34 de détermination
du couple de laminage, tandis que ses bornes de sortie sont connectées d'une part
à la borne de sortie 26 de l'unité 15 reliée à l'unité de commande de la cage d'ordre
(n-1), et respectivement aux bornes de commande des mémoires 37 et 40 et du circuit
39 de la boucle de régulation du couple, ainsi qu'aux bornes de commande de la mémoire
43 et du régulateur 45 de la boucle de régulation du débit.
[0021] Le fonctionnement du dispositif est le suivant : la prise en charge de la cage 2
d'ordre (n) est détectée par l'apparition d'un couple de laminage dans le moteur 4,
ou bien au moyen de la jauge de contrainte 10.
[0022] Juste avant l'introduction du métal 1 dans la cage 3 d'ordre (n+1), la valeur du
couple de laminage, qui est alors effectué sans contrainte, est déterminée par le
circuit 34 et est enregistrée dans la mémoire 37. Le moment précis peut être déterminé
par exemple, soit au moyen d'une cellule photo-électrique 9 disposée à l'entrée de
la cage 3 comme représenté figure 1, soit au moyen d'un compteur connecté à la sortie
du générateur d'impulsions 6 étant entendu que la distance séparant les deux cages
successives est bien connue.
[0023] Lors de l'introduction du métal 1 dans la cage 3 d'ordre (n+1) détectée au moyen
de la jauge de contrainte 11 ou de l'apparition d'un couple de laminage dans le moteur
5, la valeur du couple de laminage dans la cage 2 d'ordre (n) est maintenue constante
au moyen de la boucle de régulation connectée au régulateur de vitesse 31 commandée
de manière connue par la logique 30. Juste avant l'introduction du métal dans la cage
non représentée d'ordre (n+2), le signal de correction issu du comparateur 38 est
enregistré dans la mémoire 40, et reste appliqué en permanence jusqu'à la fin du laminage
ou régulateur de vitesse 31 La logique 30 qui a déjà commandé la succession des opérations
précitées, commande alors la mise en service de la boucle de régulation de débit jusqu'à
la fin du laminage effectué par la cage d'ordre (n). Cette régulation du débit est
obtenue en appliquant un terme correctif au rapport des vitesses. Ce terme correctif
est un coefficient multiplicateur qui a la forme de l'expression 1 + k dans laquelle
k est fonction, entre autres, de l'effort de séparation des cylindres de la cage considérée,
du coefficient de cédage de cette même cage, du rayon des cylindres et également de
l'épaisseur de la fente entre les cylindres notamment au point neutre. Ce terme correctif
est élaboré par le circuit 41 et est appliqué au rapport desvitesses des cages d'ordre
(n) et (n+1) au moyen du circuit multiplicateur 42
o Le signal issu de ce dernier circuit 42 est alors traité dans une boucle identique
à une boucle de régulation de vitesse des cages.
[0024] Un tel procédé est favorablement mis en oeuvre pour le laminage de produits longs
tels des rails, des profilés, despou- trelles, étant entendu que le produit se trouve
simultanément au cours du laminage, en prise dans plusieurs cages successives non
réversibles. Dans ce cas, les tractions ou la compression du produit entre deux cages
successives provoque des déformations dans le profil recherché du produit fini et
le procédé selon l'invention permet d'éviter de tels inconvénients.
[0025] Bien que seul un mode de réalisation du procédé ait été décrit, il est évident que
toute modification apportée par l'Homme de l'Art dans le même esprit ne sortirait
pas du cadre de la présente invention.
1- Procédé pour le laminage sans contrainte de métaux applicable à au moins deux cages
successives non réversibles d'un train de laminage continu comprenant, pour chaque
cage, un régulateur de couple et un régulateur de vitesse agissant respectivement
sur un circuit de commande du moteur d'entraînement des dites cages, et comprenant
une première étape, juste avant l'introduction du métal dans la cage d'ordre (n+1)
au cours de laquelle la valeur du couple de laminage de laçage d'ordre(n) est déterminée
et enregistrée, puis une deuxième étape, commençant dès l'introduction du métal dans
la cage d'ordre (n+1), au cours de laquelle la valeur du couple de laminage de la
cage d'ordre (n) est maintenue constante en agissant sur le régulateur de vitesse
de la cage d'ordre (n), caractérisé en ce que la dite deuxième étape se poursuit jusqu'au
moment précédant l'introduction du dit métal dans la cage d'ordre (n+2) et est suivie
d'une troisième étape se poursuivant jusqu'à la fin de l'opération de laminage de
la cage d'ordre (n), au cours de laquelle le débit volumique du dit métal est maintenu
constant au droit de chaque cage.
2- Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que le dit débit volumique est
maintenu constant par application d'un coefficient multiplicateur variable au signal
représentatif du rapport des vitesses des cages d'ordres (n) et (n+1).
3- Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications
1 et 2 caractérisé en ce que l'unité de commande (15) du convertisseur (13) d'alimentation
du moteur (4) d'entraînement des cylindres de la cage (2) d'ordre (n) comprend notamment
un circuit (34) de détermination de la valeur du couple de laminage de la cage d'ordre
(n), un circuit diviseur (35) engendrant un signal représentatif du rapport des vitesses
de la cage d'ordre (n) et de la cage d'ordre (n+l) et un régulateur de vitesse (31)
du moteur de la cage d'ordre (n), le dit circuit 34 de détermination du couple de
laminage ayant l'une de ses bornes de sortie reliée au dit régulateur de vitesse (31)
par l'intermédiaire d'une boucle de régulation du couple, et une autre borne de sortie
reliée à un circuit (41) d'élaboration du dit coefficient multiplicateur dont une
autre borne d'entrée est reliée à une jauge de contrainte (10) disposée dans la dite
cage d'ordre (n), le dit circuit diviseur (35) étant relié à un circuit multiplicateur
(42) auquel est également appliqué le signal issu du dit circuit (41) d'élaboration
du dit coefficient multiplicateur et dont la sortie est reliée au dit régulateur de
vitesse (31) au moyen d'une boucle de régulation agissant alors sur un signal représentatif
du débit volumique du métal dans la dite cage d'ordre (n).
4- Dispositif selon la revendication 3 caractérisé en ce que deux générateurs (6,7)
d'impulsions respectivement couplés aux moteurs (4,5) d'entraînement des dites cages
d'ordres (n) et (n+1) sont reliés aux bornes d'entrée du_dit circuit diviseur (35)
déterminant le rapport des vitesses des dites cages par l'intermédiaire de deux convertisseurs
(33,36) à la sortie desquels est engendré un signal numérique représentatif de la
fréquence des impulsions engendrées par les dits générateurs (6,7).