[0001] La présente invention est relative à un nouveau procédé pour réaliser une mise en
forme des cheveux et à des dispositifs pour la mise en oeuvre dudit procédé. Le procédé
selon l'invention trouve son application soit dans la réalisation des mises en plis,
soit pour le défrisage d'une chevelure, ou d'une perruque de cheveux naturels, dont
on considère qu'elle est naturellement trop frisée.
[0002] Le procédé selon l'invention consiste à donner aux cheveux une forme non définitive,
c'est-à-dire une forme temporaire, qui disparait lorsque les cheveux sont à nouveau
mouillés, en particulier lorsqu'ils sont soumis à un shampooing ; la différence, qui
existe entre la déformation temporaire conférée par le procédé selon l'invention et
une déformation permanente, qui implique un traitement chimique, réside donc dans
le fait que les cheveux ayant subi le procédé de déformation selon l'invention retrouvent,
lorsqu'ils sont mouillés, la forme qu'ils avaient avant l'application du procédé alors
qu'après une déformation permanente, la forme des cheveux n'est pas altérée par un
mouillage ou par un lavage.
[0003] Pour une commodité de langage, on parlera, dans la suite de la présente description,
de procédé de mise en plis, étant entendu que ce vocable doit être considéré comme
englobant le défrisage sans traitement chimique ; de même, on parlera de chevelure,
étant entendu que ce vocable doit être considéré comme englobant les perruques de
cheveux naturels.
[0004] Le procédé de mise en plis de cheveux le plus couramment utilisé consiste à partir
de cheveux mouillés que l'on enroule sur des supports appelés "bigoudis" ou "rouleaux
de mise en plis", puis à sécher les cheveux sous casque à une température comprise
entre 30 et 60°C pendant un temps qui peut varier de 20 à 60 minutes selon la masse
des cheveux à sécher, à dérouler ensuite les bigoudis et à donner un coup de peigne
de finition à la coiffure. Dans une variante, le traitement humide initial est réalisé
à l'aide d'une lotion de mise en plis qui peut être constituée, par exemple, par une
solution d'agents de renforcement tels que des résines qui, après séchage, gainent
les cheveux et les maintiennent dans leur position.
[0005] On a constaté que les cheveux soumis à un tel procédé de mise en plis ont un comportement
qui évolue en fonction du temps après la fin du séchage. En premier lieu, on a constaté
que le traitement humide, auquel est soumis un cheveu lors d'un mouillage à l'eau
ou d'un shampooing, provoque une augmentation du poids des cheveux. La variation relative
de poids étant de l'ordre de 35 %. Le séchage des cheveux dans une circulation d'air
chaud entraîne une perte d'eau, qui est supérieure au gain de poids des cheveux lors
du traitement humide et, en fin de séchage, la variation relative du poids des cheveux
par rapport au poids avant traitement humide est généralement voisine de - 9 T. :
cette perte de poids est, bien entendu, essentiellement fonction du séchage et, en
particulier, de sa durée et de la température de l'air pulsé utilisé. Lorsque le séchage
est terminé, on constate que les cheveux reprennent progressivement de l'humidité
à l'air ambiant et ce comportement des cheveux a été représenté sur la figure 1 du
dessin annexé ; généralement, le retour des cheveux au poids qu'ils avaient initialement
avant le traitement humide s'effectue en plusieurs heures.
[0006] Lorsqu'une mise en plis a été réalisée par le procédé de l'état de la technique précédemment
indiqué, les cheveux sont déroulés des bigoudis juste après le séchage et, à ce moment,
ils présentent une frisure voisine de celle que l'on pourrait considérer comme idéale
pour les bigoudis utilisés. Pour repérer la frisure, on peut, à titre expérimental,
réaliser une mise en plis sur mèche et au moment où l'on déroule les cheveux, si l'on
suspend la mèche, on peut noter quelle est la longueur de ladite mèche. Si on laisse
ensuite la mèche ainsi suspendue et donc soumise à l'action de son propre poids, en
contact avec l'atmosphère extérieure, on constate que la longueur de la mèche augmente
au cours du temps, ce phénomène s'effectuant en même temps que la reprise d'eau, dont
il a été précédemment question. Il en résulte que l'efficacité de la mise en plis
disparaît progressivement au cours du temps, ce qui constitue, bien entendu, un inconvénient
non négligeable. Or, on a constaté que ce phénomène était très fortement influencé
par le moment où, après la fin du séchage, on procède au déroulement des cheveux en
retirant le bigoudi ; on a constaté, en effet, que si on laisse les cheveux en place
sur le bigoudi pendant un certain temps après la fin du séchage, on réduit considérablement
l'allongement des mèches au cours du temps. Sur la figure 2, on a représenté les courbes
explicitant ce phénomène ; sur ces courbes, on a porté en abscisse le temps exprimé
en heures, en ordonnée la longueur d'une mèche suspendue exprimée en millimètres et
on a mis en paramètre de courbe la durée A exprimée en heures, A. représentant le
temps entre la fin du séchage et le déroulage des mèches. On voit que, juste à la
fin du séchage, toutes les mèches présentent des boucles ayant sensiblement la même
longueur Lo et on a représenté en traits mixtes la courbe, qui correspondrait à une
tenue idéale de la mise en plis, c'est-à-dire à un maintien au cours du temps de la
forme acquise par le cheveu.
[0007] On voit en étudiant les courbes de la figure 2 que, pour obtenir un résultat satisfaisant,
il serait souhaitable de maintenir les bigoudis pendant un temps très long après la
fin du séchage. Or, la reprise d'eau des cheveux après la fin de séchage s'effectue
relativement rapidement comme le montre la figure 1. On constate donc qu'il se produit
dans le cheveu, un phénomène postérieur à la fin de reprise d'eau, ledit phénomène
ayant une très grande influence sur la tenue de la mise en plis au cours du temps.
On pense, sans que cette explication soit aucunement limitative, que ledit phénomène
est un réarrangement des molécules constitutives du cheveu ; si ce réarrangement intervient,
alors que les cheveux sont encore enroulés sur les bigoudis, la tenue de la mise en
plis est bien supérieure à ce qu'elle est, lorsque le réarrangement intervient alors
que les cheveux ont été déjà déroulés.
[0008] A titre d'hypothèse purement explicative et sans que cela puisse en aucun cas constituer
une limitation de l'invention, on pense que le traitement humide des cheveux permet
la pénétration de l'eau dans les cheveux et augmente la constante diélectrique du
milieu existant entre les sites chargés des molécules constitutives du cheveu, de
sorte que les liaisons hydrogène n'existent plus pour les cheveux mouillés. Lorsque
le séchage est réalisé, les molécules d'eau sont extraites du cheveu en quantité telle
que l'on constate une perte en poids par rapport au poids initial ; les sites chargés
des molécules constitutives du cheveu qui avaient été écartés en raison de la présence
des molécules d'eau, restent relativement écartés et ne permettent pas instantanément
à température ambiante, la reformation des liaisons hydrogène, cette reformation ne
s'effectuant que progressivement avec une vitesse relativement faible. Les molécules
d'eau, qui rentrent dans le cheveu à température ambiante pour assurer la reprise
d'eau après la fin du séchage, sont sous forme d'agglomérats d'autant plus gros que
la température est plus basse et le réarrangement de ces molécules d'eau dans le cheveu
s'effectue lentement. On voit donc que le réarrangement de la distribution de l'eau
dans le cheveu, d'une part, et la reformation des liaisons hydrogène dans le cheveu,
d'autre part, sont des. phénomènes qui, à température ambiante, se produisent de façon
lente et qui, vraisemblablement, constituent ce que l'on a appelé précédemment le
réarrangement du cheveu.
[0009] Selon la présente invention, on a pensé que l'on pouvait augmenter la vitesse de
réarrangement du cheveu en augmentant la température à laquelle s'effectue ce réarrangement.
Cependant, on a constaté également, selon l'invention, qu'il convenait pendant ce
réarrangement d'assurer la reprise en eau du cheveu pour le ramener à un état où il
se trouve approximativement en équilibre hygrométrique avec l'atmosphère extérieure
à température.ambiante. On a donc imaginé, selon l'invention, de faire suivre le séchage
des cheveux par une phase de conditionnement, pendant laquelle on maintient une hygrométrie
relative assez élevée pour permettre une reprise d'eau du.cheveu, reprise d'eau qui
est nécessaire, puisqu'en fin de séchage, le cheveu présente toujours une perte en
poids par rapport au poids initial avant traitement humide. Pour obtenir un réarrangement
rapide après séchage, on a constaté qu'il était nécessaire de placer le cheveu dans
une atmosphère ayant une température entre 35°C et 75°C environ et ayant une hygrométrie
relative comprise entre 40 et.80 % environ.
[0010] On a, en outre, noté, de façon surprenante, qu'il était nécessaire que le séchage
soit poussé jusqu'à un point où le cheveu présente une perte en eau par rapport à
sa condition initiale et que la phase de conditionnement devait nécessairement assurer
une reprise d'eau du cheveu ; en effet, si l'on arrête le séchage lorsque le cheveu
est revenu exactement à son poids initial avant mouillage, on constate que le réarrangement
attendu de la phase de conditionnement, que l'invention préconise, ne se produit que
de façon incomplète.
[0011] Toutes choses étant égales, par ailleurs, on a constaté que le rendement d'une mise
en plis selon l'invention était une fonction de l'hygrométrie relative pendant la
phase de conditionnement, ladite fonction présentant un maximum pour l'hygrométrie
relative qui correspond à l'hygrométrie relative de l'atmosphère extérieure au contact
de laquelle les cheveux se retrouvent après la fin de la phase de conditionnement.
En outre, on a constaté que, toutes choses étant égales par ailleurs, le rendement
de la mise en plis augmentait lorsque la température pendant la phase de conditionnement
augmentait. Ces deux phénomènes sont traduits par les courbes des figures 3 et 4 ;
sur la figure 3, le rendement est porté en ordonnée, l'hygrométrie relative exprimée
en % est portée en abscisse, les temps et température de séchage et de conditionnement
constituent des paramètres de valeur donnée ; sur la figure 4, le rendement exprimé
en % est porté en ordonnée, la température de conditionnement exprimée en °c est portée
en abscisse, le temps et la température de séchage ainsi que le temps de conditionnement
et l'hygrométrie relative pendant la phase de conditionnement constituent des paramètres
de valeur donnée. Sur la figure 4, la partie hachurée du plan correspond à la zone
qu'il n'est pas possible d'atteindre étant donné que les utilisateurs du procédé ne
pourraient pas supporter des températures de cet ordre. Pour les deux courbes des
figures 3 et 4, le rendement est exprimé en pourcentage d'amélioration par rapport
aux longueurs des mèches témoins, qui ont subi une mise en plis de type classique,
avec un séchage à 60°C pendant un temps total égal au temps de traitement complet
du procédé selon l'invention, suivie immédiatement d'un déroulement des mèches dans
une atmosphère standard (par exemple à 26°C et 56 % d'humidité relative).
[0012] Il convient de remarquer que le procédé selon l'invention est tout à fait différent
des procédés de traitement de cheveux qui jusqu'alors envisageaient de traiter les
cheveux par de la vapeur. En effet, on sait qu'une technique de mise en plis de type
connu consiste à soumettre des cheveux secs à un mélange d'air et de vapeur d'eau
à un niveau supportable pour le cuir chevelu, ce mélange étant propulsé vers les cheveux
à l'aide d'un casque soufflant ou d'un sèche- cheveux à main. Dans ce cas, on ne retrouve
pas la succession des phases de séchage et de conditionnement, dont on a constaté
selon l'invention qu'elle était nécessaire pour faire apparaître un bon rendement
de mise en plis et une bonne tenue au cours-du temps. Dans le brevet français 2 273
492, on a déjà proposé également de soumettre les cheveux à l'action de la vapeur
d'eau surchauffée pendant une période d'environ 1 à 60 secondes ; dans ce procédé,
d'une part, l'action de la vapeur d'eau surchauffée s'effectue dans un temps trop
court pour que la restructuration du cheveu après séchage intervienne et, d'autre
part, l'atmosphère autour du cheveu est à une hygrométrie relative de 100 % pendant
le traitement à la vapeur, ce qui est très différent d'une hygrométrie relative limitée
telle que celle qui est préconisée dans la phase de conditionnement du procédé selon
l'invention. On a constaté, en effet, que si la phase de conditionnement du procédé
selon l'invention était pratiquée avec une hygrométrie relative de 100 %, le rendement
de la mise en plis tendait vers zéro. C'est ainsi qu'un traitement du type de celui
qui est préconisé dans le brevet suisse 349 373 peut avoir un intérêt dans le domaine
de la teinture des cheveux mais produit un résultat nul en ce qui concerne l'effet
de mise en plis.
[0013] La présente invention a, en conséquence, pour objet un procédé pour réaliser une
mise en forme de cheveux, dans lequel on soumet les cheveux à un traitement humide,
on enroule les cheveux sur des corps de formes appropriées servant de bigoudis, on
assure le séchage des cheveux ainsi enroulés et on déroule les cheveux après séchage,
caractérisé par le fait qu'avant de dérouler les cheveux, mais après les avoir séchés
suffisamment pour qu'ils présentent une perte en eau par rapport à leur état initial
avant le traitement humide, on soumet les cheveux, pendant un temps compris entre
5 mn et 60 mn environ, à une phase de conditionnement pratiquée dans une atmosphère
ayant une hygrométrie relative comprise entre 35 % et 80 % environ, à une température
comprise entre 35°C et 75°C environ.
[0014] Lorsqu'on applique ce procédé, on constate une amélioration de la tenue de la mise
en plis. Les cheveux sont doux, brillants, faciles à coiffer et non électriques ;
la chevelure présente plus de volume.
[0015] Dans un mode préféré de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, on fixe l'hygrométrie
relative de la phase de conditionnement à une valeur voisine de l'hygrométrie relative
de l'atmosphère ambiante avec laquelle les cheveux se trouveront en contact, quand
ils seront déroulés ; on maintient la température pendant la phase de conditionnement
à une valeur comprise entre 45 et 60°C et, de préférence, voisine de 50°C ; on maintient
la température de l'atmosphère, où se trouvent les cheveux pendant la phase de conditionnement,
à une valeur voisine de la température pendant la phase de séchage des cheveux ; on
assure pendant la phase de conditionnement une reprise d'humidité des cheveux qui,
en pourcentage par rapport au poids des cheveux avant le traitement humide, ne diffère
de la perte en poids au séchage, exprimée en pourcentage par rapport au poids des
cheveux avant le traitement humide, que de moins de 2 % ; on maintient la phase de
conditionnement pendant un temps compris entre 10 et 20 minutes environ ; on réalise
la phase de conditionnement en injectant dans l'atmosphère, où se trouvent les cheveux,
de la vapeur d'eau ; au cours de la phase de conditionnement, on injecte dans l'atmosphère,
où se trouvent les cheveux, un produit de traitement.
[0016] Par le terme "produit de traitement", on entend un produit utilisé ordinairement
en cosmétique, tel que les agents anti-séborrhéiques, anti-pelliculaires, anti-chute,
les résines filmogènes, les déodorants, les désinfectants, les parfums, la brillantine
et analogues.
[0017] Avantageusement, on réalise le séchage des cheveux jusqu'à atteindre dans l'atmosphère,
qui entoure les cheveux, une humidité relative voisine de 15 % ; on réalise le séchage
des cheveux jusqu'à obtention d'une perte en poids, par rapport au poids des cheveux
avant le traitement humide, comprise entre 1 et 15 % et de préférence entre 5 % et
15 % ; on réalise le séchage des cheveux à une température comprise entre 40 et 75°C
pendant un temps compris entre 10 et 60 minutes ; on réalise le séchage des cheveux
par une ventilation d'air pris à l'extérieur et chauffé, en circuit ouvert.
[0018] On peut prévoir que le traitement humide initial des cheveux soit un mouillage à
l'eau et/ou un shampooing et/ou un traitement cosmétique impliquant le mouillage des
cheveux par une solution aqueuse ou hydro-alcoolique, par exemple une solution d'agents
de renforcement tels que des résines ; après le déroulage des cheveux, on peut leur
appliquer un traitement cosmétique non mouillant tel qu'une pulvérisation de laque.
[0019] Dans le cas où le procédé est destiné à obtenir une mise en plis de cheveux, les
corps servant à l'enroulage des cheveux sont des bigoudis ou des rouleaux de mise
en plis ; dans le cas où le procédé est destiné à obtenir un défrisage des cheveux,
les corps servant à l'enroulage des cheveux sont des rouleaux de grand diamètre. Les
cheveux traités par le procédé selon l'invention peuvent être des cheveux naturels,
décolorés, colorés ou permanentés.
[0020] La présente invention a également pour objet le produit industriel nouveau que constitue
un dispositif destiné à la mise en oeuvre du procédé ci-dessus défini, caractérisé
par le fait qu'il comporte des moyens pour assurer le séchage des cheveux humides
et des moyens pour régler l'humidité relative de l'atmosphère, où sont placés les
cheveux.
[0021] Dans un premier mode de réalisation, le dispositif selon l'invention est constitué
de deux appareils distincts, l'un assurant le séchage des cheveux et l'autre assurant
la phase de conditionnement en atmosphère plus humide ; l'appareil assurant le séchage
des cheveux peut être un casque-séchoir de type classique ; l'appareil assurant la
phase de conditionnement peut être une enceinte-étuve à faible circulation d'air.
[0022] Dans un deuxième mode de réalisation, le dispositif selon l'invention est constitué
d'un seul appareil fonctionnant selon deux cycles successifs, l'un correspondant au
séchage et l'autre à la phase de conditionnement. Dans une première variante, l'appareil
est constitué d'un bonnet souple placé sur la chevelure à traiter et alimenté en air
chaud par une canalisation reliée à un organe chauffant et/ou humidificateur. Dans
une autre variante, l'appareil est constitué d'un casque-séchoir de type classique
équipé d'un élément permettant une injection de vapeur dans l'air soufflé pendant
la phase de conditionnement ; le début de l'injection de vapeur peut être déclenché
automatiquement soit après un temps de séchage prédéterminé, soit lorsque l'on atteint
dans l'atmosphère de séchage une hygrométrie relative prédéterminée ; l'injection
de vapeur peut être asservie par un régulateur maintenant la valeur de l'hygrométrie
relative dé cet air à une valeur constante.
[0023] Pour mieux faire comprendre l'objet de l'invention, on va en décrire maintenant,
à titre d'exemples purement illustratifs et non limitatifs, plusieurs modes de mise
en oeuvre. Le dessin annexé fournit les courbes explicatives relatives au procédé
selon l'invention et des représentations schématiques relatives aux dispositifs destinés
à la mise en oeuvre du procédé.
[0024] Sur ce dessin
- la figure 1 représente la courbe donnant en fonction du temps la variation relative
de poids en % d'un cheveu mouillé soumis à un séchage à 60°C pendant 45 minutes puis
abandonné dans une atmosphère à 26°C et 56 k d'humidité relative ;
- la figure 2 représente un réseau de courbes montrant la variation de longueur d'un
cheveu soumis à un procédé de mise en plis de type classique, le paramètre du réseau
de courbe étant le délai entre la fin du séchage et le déroulement des cheveux ;
- la figure 3 représente la variation du rendement du procédé selon l'invention en
fonction de l'hygrométrie relative pendant la phase de conditionnement ;
- la figure 4 représente la variation du rendement du procédé selon l'invention en
fonction de la température pendant la phase de conditionnement ;
- la figure 5 représente schématiquement les deux appareils, qui constituent le premier
mode de réalisation du dispositif de mise en oeuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 6 représente schématiquement un appareil constituant une première variante
d'un deuxième mode de réalisation du dispositif de mise en oeuvre du procédé selon
l'invention ;
- la figure 7 représente schématiquement un appareil qui constitue une deuxième variante
du deuxième mode de réalisation du dispositif de mise en oeuvre du procédé selon l'invention
;
[0025] Comme on l'a déjà indiqué au début de la présente description, la figure 1 montre
qu'un cheveu subit au moment de son mouillage une augmentation de poids de 35 % puis
revient par séchage en 45 mn à 60°C à un poids inférieur de 9 % à son poids initial.
Le cheveu abandonné dans une atmosphère à 26°C et 56 t d'humidité relative reprend
à peu près son poids initial environ 2 heures après la fin de séchage.
[0026] Comme il a été également indiqué au début de la présente description, la figure 2
donne la variation de la longueur L d'une mèche de cheveux, exprimée en millimètres,
en fonction du temps it exprimé en heures lorsque 1a mèche, ayant subi un procédé
de mise en plis de type classique, est déroulée de son bigoudi à un temps A compté
en heures à partir de la fin du séchage. On voit que l'efficacité de la mise en plis
décroît très vite si l'on ne maintient pas les cheveux sur bigoudis pendant un temps
relativement long après la fin du séchage. Or, il est bien clair qu'une telle contrainte
n'est pas supportable pour les utilisateurs de mise en plis et il en résulte que les
mises en plis classiques ont une efficacité de très courte durée.
[0027] On a réalisé, à titre expérimental, sur des mèches de cheveux naturels et décolorés,
des mises en plis mettant en oeuvre le procédé selon l'invention.
[0028] Les tableaux I et II donnent les résultats expérimentaux pour un procédé, qui comprend
un séchage de 45 minutes à 60°C au moyen d'un casque-séchoir à ventilation suivi d'une
phase de conditionnement dont les caractéristiques sont données dans la première colonne
des tableaux 1 et II ; on a désigné par HR1'hygrométrie relative pendant la phase
de conditionnement et par θ
C la température de l'atmosphère qui entoure les cheveux pendant la phase de conditionnement.
La durée du conditionnement exprimée en minutes est indiquée dans la deuxième colonne
de ces deux tableaux. Dans la troisième colonne de ces tableaux, on a fait figurer
les longueurs des mèches soumises au procédé de mise en forme de l'invention après
un délai de 5 heures compté à partir du moment où elles sont déroulées de leur bigoudi-support.
On utilise à titre de comparaison une mèche témoin, qui a subi l'opération de séchage
dans les conditions ci-dessus indiquées mais qui n'a subi aucune phase de conditionnement,
les mèches étant déroulées juste après le séchage. Le rapport de la longueur d'une
mèche traitée par le procédé selon l'invention à la longueur de la mèche témoin (les
deux mesures étant faites cinq heures après le déroulement des mèches) donne en %
l'amélioration que permet d'obtenir le procédé selon l'invention ; cette amélioration
est indiquée dans la quatrième colonne des tableaux 1 et II. Enfin la cinquième colonne
des deux tableaux donne la reprise d'eau des mèches traitées, cinq heures après la
fin du traitement.
[0029] Il est clair, d'après les résultats des tableaux I et II, que dans toute la gamme
d'humidité relative explorée aussi bien pour les cheveux naturels que pour les cheveux
décolorés, le procédé selon l'invention permet d'obtenir un pourcentage d'amélioration
très significatif. Il est à noter que l'humidité relative de 56 % à laquelle on a
pratiqué certaines des expériences correspond à l'humidité relative de l'atmosphère
extérieure avec laquelle les mèches sont mises en contact après la fin du traitement.
On constate que pour une hygrométrie relative de 56 %, et pour des cheveux naturels,
l'efficacité de la phase de conditionnement est déjà très satisfaisante après 15 minutes
de conditionnement. Cette constatation est extrêmement intéressante car les utilisateurs
du procédé supportent généralement assez mal une augmentation du temps total du traitement
destiné à réaliser une mise en plis. Le traitement habituel comporte un séchage de
45 minutes et il est donc souhaitable de pouvoir amener le temps de mise en oeuvre
du procédé selon l'invention au voisinage de cette valeur de 45 minutes. or, on a
constaté que, si l'on réalisait un séchage de 30 minutes suivi d'un conditionnement
à 50°C et 56 % d'hygrométrie relative, les résultats étaient nettement meilleurs que
si le séchage était poursuivi pendant 45 minutes à la même température de 60°C. Il
est donc tout à fait envisageable de réaliser un séchage de 30 minutes à 60°C suivi
d'une phase de conditionnement de 15 minutes à 56 % d'hygrométrie relative et 50°C,
ce qui permet d'atteindre une amélioration de 28 % sans augmenter le temps de traitement
par rapport à un procédé classique de mise en plis. Il est bien clair que la multiplicité
des paramètres en présence permet de rechercher un optimum en tenant compte des cas
particuliers.
[0030] On a consigné dans le tableau III les résultats que l'on a obtenus sur des cheveux
naturels en faisant varier d'une part le temps de séchage à 60°C et, d'autre part,
les conditions de conditionnement (HR et θ
C ont les mêmes significations que dans les tableaux I et II). Dans ce tableau III,
le pourcentage d'amélioration et le pourcentage de reprise en eau ont été calculés,
comme il a été indiqué pour les tableaux I et II.
[0031] La figure 3 traduit schématiquement sur une courbe les résultats expérimentaux consignés
dans les tableaux I, II et III. Cette courbe montre la variation du rendement du procédé
selon l'invention (portée en ordonnée) en fonction de l'hygrométrie relative pendant
la phase de conditionnement, le rendement étant repéré par l'amélioration en % telle
qu'elle est calculée dans l'avant-dernière colonne des tableaux 1, II et III ; ce
graphique montre, sans aucune précision, la forme de la courbe et suppose constants
les autres paramètres, à savoir, la température de séchage (60°C), le temps de séchage
(30 minutes), la température de conditionnement (50°C) et le temps de conditionnement
(15 minutes).
[0033] Pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, on propose d'utiliser plusieurs
types de dispositifs.
[0034] Le premier type de dispositif est représenté schématiquement sur la figure 5. Il
comporte un casque-séchoir de type classique 1 destiné à réaliser la phase de séchage
du procédé de mise en plis selon l'invention et une enceinte-étuve 2, distincte du
casque-séchoir 1, ladite enceinte-étuve étant alimentée par la canalisation 3 de façon
que l'on y maintienne une hygrométrie relative constante. La température à l'intérieur
de l'enceinte-étuve 2 est maintenue également constante. L'utilisatrice, qui a subi
un mouillage des cheveux soit à l'eau, soit par shampooingnage et rinçage, éventuellement
avec application d'un agent polymérisable de renforcement, enroule ou fait enrouler
ses mèches de cheveux sur bigoudis et se place sous le casque-séchoir 1 pendant le
temps du séchage. A la fin de ce temps de séchage, l'utilisatrice place sa chevelure
dans l'enceinte-étuve 2 et l'y maintient pendant le temps de conditionnement prévu.
Ensuite, l'utilisatrice enlève ses bigoudis en déroulant les cheveux et effectue un
peignage de finition.
[0035] Le deuxième mode de réalisation du dispositif selon l'invention est représenté schématiquement
sur la figure 6. Sur cette figure, on voit que l'utilisatrice, dont les cheveux ont
été mouillés et enroulés sur bigoudis comme indiqué précédemment, place sa chevelure
à l'intérieur d'un bonnet souple 4, réalisé par exemple en matière plastique, ledit
bonnet étant relié par une canalisation 5 à un organe chauffant et/ou humidificateur
6. Pendant la phase de séchage, 1'.organe 6 envoie de l'air chaud dans le bonnet 4
et l'air est évacué par la canalisation 5 qui sert à la fois à l'amener et à l'évacuation
dudit air ; l'air de séchage est évacué à l'extérieur. Au moment où la phase de séchage
est terminée et où on commence la phase de conditionnement, la circulation d'air assurée
par l'organe 6 s'effectue non plus en circuit ouvert, mais en circuit fermé et l'organe
6 additionne à l'air de circulation une quantité d'eau suffisante pour maintenir à
l'intérieur du bonnet 4 une hygrométrie relative constante. A la place de l'eau, on
peut introduire dans l'air pendant la phase de conditionnement un liquide aqueux ou
hydroalcoolique de trâitement des cheveux ou du cuir chevelu.
[0036] Dans un autre mode de réalisation représenté sur la figure 7, on voit que le dispositif
selon l'invention est constitué d'un casque-séchoir 7 de type classique modifié pour
permettre la mise en oeuvre du procédé selon l'invention. Le casque-séchoir 7 est
équipé d'un ventilateur 8 qui aspire l'air extérieur selon la flèche F et le pulse
après chauffage en direction de la chevelure, l'air pulsé ressortant du casque autour
de la tête de l'utilisatrice selon les flèches F1. Le casque 7 est équipé d'un dispositif
9 permettant l'injection dans le flux d'air chaud pulsé d'une quantité de vapeur destinée
à maintenir une hygrométrie relative constante. Après que les cheveux mouillés de
l'utilisatrice aient été enroulés sur des bigoudis, on met la chevelure sous le casque
7 et l'on commence la phase de séchage du procédé. Quand le temps de séchage est écoulé,
on introduit la vapeur d'eau (ou un liquide de traitement à l'état vapeur) par la
canalisation 9 pendant toute la durée de la phase de conditionnement, la quantité
de vapeur étant régulée de façon à maintenir une hygrométrie relative constante autour
de la chevelure.
[0037] Il est bien entendu que les modes de mise en oeuvre et de réalisation ci-dessus décrits
ne sont aucunement limitatifs et pourront donner lieu à toutes modifications dési--rables,
sans sortir, pour cela, du cadre de l'invention.
1 - Procédé pour réaliser une mise en forme de cheveux, dans lequel on soumet les
cheveux à un traitement humide, on enroule les cheveux sur des corps de formes appropriées
servant de bigoudis, on assure le séchage des cheveux ainsi enroulés et on déroule
les cheveux après séchage, caractérisé par le fait qu'avant de dérouler les cheveux
mais après les avoir séché suffisamment pour qu'ils présentent une perte en eau par
rapport à leur état initial avant le traitement humide, on soumet lesdits cheveux,
pendant un temps compris entre 5 mn et 60 mn environ, à une phase de conditionnement
pratiquée dans une atmosphère ayant une hygrométrie relative comprise entre 35 et
80 % environ, à une température comprise entre 35°C et 75°C environ.
2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'on choisit une
hygrométrie relative pendant la phase de conditionnement voisine de l'hygrométrie
relative de l'atmosphère ambiante où se trouveront les cheveux après l'application
du procédé de mise en forme.
3 - Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'on réalise la
phase de conditionnement à une température comprise entre 45 et 60°C et, de préférence,
voisine de 5.0°C.
4 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait que l'on
réalise la phase de conditionnement à une température voisine de celle existant pendant
la phase de séchage des cheveux.
5 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que l'on
assure, pendant la phase de conditionnement, une reprise d'humidité des cheveux qui,
en pourcentage par rapport au poids des cheveux avant le traitement humide, ne diffère
de la perte en poids au séchage, exprimée en pourcentage par rapport au poids des
cheveux avant le traitement humide, que de moins de 2%.
6 - Procédé selon l'une des revendications 3 ou 4, caractérisé par le fait que l'on
réalise la phase de conditionnement pendant un temps compris entre 10 et 20 minutes
environ.
7 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé par le fait que l'on
réalise la phase de conditionnement en injectant dans l'atmosphère, où se trouvent
les cheveux, de la vapeur d'eau.
8 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé par le fait qu'au cours
de la phase de conditionnement, on injecte dans l'atmosphère, où se trouvent les cheveux,
un produit de traitement.
9 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé par le fait que l'on
réalise le séchage des cheveux jusqu'à atteindre dans l'atmosphère qui entoure les
cheveux une hygrométrie relative voisine de 15 %.
10 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé par le fait que l'on
réalise le séchage des cheveux jusqu'à obtention d'une perte en poids, par rapport
au poids des cheveux avant le traitement humide, comprise entre 1 et 15 %.
11 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisé par le fait que l'on
réalise le séchage des cheveux à une température comprise entre 40 et 70°C pendant
un temps compris entre 10- et 60 mn.
12 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé par le fait quel'on
réalise le séchage des cheveux par une ventilation, en circuit ouvert, d'air pris
à l'extérieur et chauffé.
13 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 12, caractérisé par le fait que l'on
réalise le traitement humide initial des cheveux par un mouillage à l'eau, et/ou un
shampooing, et/ou un traitement cosmétique impliquant le mouillage des cheveux par
une solution aqueuse ou hydroalcoolique.
14 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 13, caractérisé par le fait qu'après
le déroulage des cheveux, on leur applique un traitement cosmétique non mouillant
tel qu'une pulvérisation de laque.
15 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 14, destiné à obtenir une mise en
plis de cheveux, caractérisé par le fait que les corps servant à l'enroulage des cheveux
sont des bigoudis ou des rouleaux de mise en plis.
16 -.Procédé selon l'une des revendications 1 à 14, destiné à obtenir un défrisage
des cheveux, caractérisé par le fait que les corps servant à l'enroulage des cheveux
sont des rouleaux de grand diamètre.
17 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 16, caractérisé par le fait que l'on
traite les cheveux naturels, décolorés, colorés ou permanentés.
18 - Dispositif destiné à la mise en oeuvre du procédé selon l'une des revendications
1 à 17, caractérisé par le fait qu'il comporte des moyens (1,4,7) pour assurer le
séchage des cheveux humides et des moyens (2,6,9) pour régler l'hygrométrie relative
de l'atmposphère où sont placés les cheveux.
19 - Dispositif selon la revendication 18, caractérisé par le fait qu'il est constitué
de deux appareils distincts, l'un (1) assurant le séchage des cheveux par air chaud
et l'autre (2) assurant la phase de conditionnement en atmosphère plus humide.
20 - Dispositif selon la revendication 19, caractérisé par le fait que l'appareil
(1) assurant le séchage des cheveux est un casque-séchoir de type classique.
21 - Dispositif selon l'une des revendications 19 ou 20, caractérisé par le fait que
l'appareil (2) assurant la phase de conditionnement est une enceinte-étuve à faible
circulation d'air.
22 - Dispositif selon la revendication 18, caractérisé par le fait qu'il est constitué
d'un seul appareil fonctionnant selon deux cycles successifs, l'un correspondant au
séchage et l'autre à la phase de conditionnement.
23 - Dispositif selon la revendication 22, caractérisé par le fait qu'il est constitué
d'un bonnet souple (4) placé sur la chevelure à traiter et alimenté en air chaud par
une canalisation (5) reliée à un organe chauffant et/ou humidificateur (6).
24 - Dispositif selon la revendication 22, caractérisé par le fait qu'il est constitué
d'un casque-séchoir (7) de type classique équipé d'un élément (9) permettant l'injection
de vapeur dans l'air soufflé pendant la phase de conditionnement.
25 - Dispositif selon la revendication 24, caractérisé par le fait que l'injection
de vapeur dans l'air soufflé pendant la phase de conditionnement est asservie par
un régulateur maintenant l'hygrométrie relative de cet air à une valeur constante.
26 - Dispositif selon la revendication 24, caractérisé par le fait que le début de
l'injection de vapeur est déclenché automatiquement soit après un temps de séchage
prédéterminé, soit lorsqu'on atteint dans l'atmophère de séchage une hygrométrie relative
prédéterminée.