[0001] La présente invention concerne un perfectionnement à la chromisation par voie gazeuse
des aciers à plus de 0,2% de carbone, plus spécialement les aciers de construction
et les aciers à outils.
[0002] Dans le document EP-A-0 010 484, la demanderesse a décrit un procédé de chromisation
en trois temps successifs, constitués de préférence ainsi:
1. Une nitruration ionique, à une température comprise entre 450 et 650°C, utilisant
une atmosphère réactive d'azote et d'hydrogène sous une pression partielle d'azote
au plus égale à 150 Pascals et sous une pression gazeuse totale comprise entre 200
et 1000 Pascals.
2. Une chromisation à une température comprise entre 850° et 1100° C avec un cément
constitué par du ferrochrome avec une teneur en chrome allant de 50 à 75% et dont
la granulométrie est comprise entre 0,5 et 4 mm, sans liant alumineux ni magnésien,
mélangé à un halogénure.
3. Un traitement thermique comprenant une trempe à l'huile et un revenu entre 600°
et 650°C selon le niveau de résistance demandé pour le substrat.
[0003] Il est ainsi possible d'augmenter sensiblement l'épaisseur des couches chromisées
de haute dureté dans le cas des aciers alliés ayant plus de 0,2% de carbone. En effet,
grâce à cette innovation, il est possible de réaliser des couches d'épaisseur égale
à 50 micromètres alors que dans le meilleur des cas, la chromisation classique permet
d'atteindre 20 micromètres. D'autre part, l'innovation selon le brevet antérieur intéresse
également la structure des couches:
- dans la chromisation classique, les revêtements sont constitués de deux types de
carbures: M23C6, plus riche en chrome, vers la surface, et M7C3, plus pauvre en chrome, vers le substrat métallique.
[0004] A la suite du traitement en trois stades faisant l'objet du brevet principal, les
revêtements sont constitués essentiellement par le carbonitrure de chrome Cr
2 (C, N), dont la très forte teneur en chrome (Cr compris entre 75 et 85%), le niveau
élevé de dureté, compris entre 2000 et 2500 Vickers (sous 50 grammes) et la structure
hexagonale avec le plan de base de la maille dirigé parallèlement à la surface du
substrat, en font un composé particulièrement intéressant pour tous les problèmes
où l'on recherche une bonne résistance à la fois à la corrosion, au frottement et
à l'usure.
[0005] Toutefois, dans les conditions opératoires décrites dans le brevet antérieur, l'obtention
de couches monophasées de Cr
2 (C, N) peut être délicate dans certains cas en raison de l'apport trop important
de chrome en surface par rapport au flux d'azote provenant du substrat qui a subi
la première phase de nitruration ionique. Il en résulte que sur les joints des formations
basaltiques de Cr
2 (C, N) se forme localement le carbure M
23C
6, et la présence dans le revêtement de ce deuxième composé a plusieurs inconvénients:
- augmentation sensible de la rugosité superficielle,
- augmentation du risque d'amorçage de fissures à l'interface entre les deux constituants
M23C6 et Cr2 (C, N), d'où possibilité d'écaillage et de corrosion localisée.
[0006] Le but de la présente invention est la réalisation de couches monophasées de Cr
2 (C, N) par une réduction de l'apport superficiel de chrome.
[0007] A cet effet, l'invention a pour objet un perfectionnement au procédé de chromisation
par voie gazeuse des aciers à plus de 0,2% de carbone, constitué des trois traitements
successifs selon le document EP-A-0 010 484, à savoir: une nitruration ionique d'une
couche superficielle d'épaisseur comprise entre 100 et 350 micromètres, réalisée dans
une atmosphère constituée par un mélange d'azote et d'hydrogène, à une température
comprise entre 450° C et 650° C, pendant une durée comprise entre 5 et 40 heures,
de façon à obtenir entre 1,5% et 2,5% d'azote dans la couche nitrurée; une chromisation
gazeuse, d'une durée comprise entre 5 et 30 heures, et réalisée à des températures
comprises entre 850° et 1100°C; un traitement thermique comprenant une trempe à l'huile
de la pièce chromisée suivie d'un revenu à une température comprise entre 600° et
650° C, d'une durée comprise entre 30 minutes et 10 heures; ce perfectionnement se
rapportant à un traitement de chromisation gazeuse utilisant un cément pulvérulent
à base d'halogénure et de ferro-chrome à 50%/75% de chrome, avec une granulométrie
comprise entre 0,5 millimètre et 4 millimètres, sans liant alumineux ni magnésien,
et étant caractérisé en ce que l'on choisit un ferro-chrome dont la teneur en carbone
est comprise entre 1 % et 3%, et est de préférence voisine de 2%
[0008] Suivant une caractéristique particulière de l'invention, qui ne s'applique qu'aux
aciers dont la teneur en carbone est comprise entre 0,20% et 0,35%, l'halogénure du
cément est constitué par une poudre de chlorure d'ammonium, à une concentration comprise
entre 0,5% et 1,5% dans ledit cément.
[0009] Suivant une autre caractéristique particulière de l'invention, qui ne s'applique
qu'aux aciers dont la teneur en carbone est supérieure à 0,35%, l'halogénure du cément
est constitué par une poudre de chlorure de magnésium ou de fluorure d'ammonium, à
une concentration comprise entre 0,5% et 1,5% dans ledit cément.
[0010] Comme on le comprend, le pefectionnement principal introduit par la présente invention
par rapport au brevet antérieur consiste à n'utiliser que des ferro-chromes dont la
teneur en carbone est comprise entre 1% et 3%, et est de préférence voisine de 2%.
Cette présence du carbone du ferro-chrome permet d'obtenir en chromisation gazeuse
une couche parfaitement monophasée de carbonitrures de chrome Cr
2 (C, N), et d'éviter la formation de carbures M
zsC
e (M désignant un métal tel que le fer (Fe), le chrome (Cr), le nickel (Ni), etc.).
[0011] Un perfectionnement secondaire selon la présente invention par rapport au brevet
antérieur consiste, pour les aciers à teneur en carbone comprise entre 0,20% et 0,35%,
tout en conservant comme halogénure le chlorure d'ammonium, à l'utiliser à une concentration
un peu accrue, comprise entre 0,5% et 1,5%, au lieu de 0,4% à 1 %.
[0012] Un autre perfectionnement selon la présente invention par rapport au brevet antérieur
consiste, pour les aciers à teneur en carbone supérieure à 0,35%, à remplacer le chlorure
d'ammonium soit par du chlorure de magnésium, soit par du fluorure d'ammonium, qui
sont des halogénures plus stables que le chlorure d'ammonium.
[0013] Pour bient faire comprendre l'intérêt de l'invention selon la présente invention,
en vue de réaliser des couches monophasées de Cr
2 (C, N), voici deux exemples relatifs à deux aciers qui, par leur teneur en carbone,
se situent de part et d'autre de la limite de 0,35% précédemment définie.
[0014] Le premier exemple est relatif à un acier au chrome-molybdène-vanadium,du type 32
CDV 13, donc à 0,32% de carbone. Cet acier a subi la première séquence de nitruration
ionique dans les conditions précédemment défines et plus précisément entre 520 et
530° C, pendant 30 heures, sous une pression partielle d'azote comprise entre 10 et
50 Pascals, la pression de travail étant comprise entre 250 et 800 Pascals. Dans ces
conditions, la teneur moyenne en azote de l'acier entre 50 et 200 micromètres de profondeur
atteint 2,1% et la couche nitrurée ne contient pas de nitrures de fer ni de nitrures
de chrome.
[0015] L'échantillon d'acier 32 CDV 13 ainsi nitruré est introduit dans une caisse de cémentation
où va se faire la deuxième phase du traitement, qui est une chromisation gazeuse.
L'agent de cémentation est constitué par 99% de ferro- chrome à 65/70% de chrome et
2% de carbone, dont la granulométrie moyenne est voisine de 2,7 mm (extrêmes: 0,5
et 4 mm), et par 1% de chlorure d'ammonium, qui, lors de la montée en température,
va se décomposer pour donner la vapeur active de chlorure de chrome CrC1
2. L'enceinte est portée à une température moyenne de 950° C pendant une durée de 15
heures, et le traitement thermique ultérieur de la pièce d'acier est effectué immédiatement
après la phase de chromisation. Dans ces conditions, on obtient une couche parfaitement
monophasée de carbonitrures de chrome Cr
2 (C, N) dont l'épaisseur est voisine de 50 micromètres. Les caractéristiques de cette
couche sont les suivantes:
- dureté voisine de 2500 Hv dans l'échelle Vickers sous une charge de 50 grammes,
- composition chimique très homogène sur toute son épaisseur avec: 77% Cr, 10% Fe,
10% N2 et 3% C,
- structure basaltique avec le plan des basaltes dirigé parallèlement au plan de base
de la maille hexagonale,
- très bonne rugosité superficielle avec un RT inférieur à 4 micromètres (le RT est
un paramètre qui caractérise la rugosité superficielle d'une surface par la distance
qui sépare les plus hauts reliefs des creux les plus profinds notés sur l'enregistrement),
- absence de défauts ou de porosités entre les basaltes de Cr2 (C, N).
[0016] Une telle structure est évidemment très favorable pour tous les problèmes où l'on
recherche à la fois:
- une bonne résistance à la corrosion (donnée par la teneur en chrome et l'absence
de défauts superficiels),
- une bonne résistance au frottement et à l'usure (donnée par la dureté du composé,
sa structure cristallographique et la rugosité superficielle).
[0017] Le deuxième exemple est relatif à un acier au chrome-molybdène-vanadium du type 40
CDV 12, donc à 0,40% de carbone. Cet acier a subi la première séquence de nitruration
ionique dans les conditions qui ont été précisées lors de la description du premier
exemple.
[0018] L'échantillon d'acier 40 CDV 12 ainsi nitruré est introduit dans une caisse de cémentation
où va se faire la deuxième phase du traitement, qui est une chromisation gazeuse.
L'agent de cémentation est constitué par 99% de ferrochrome à 65/70% de chrome et
2% de carbone dont la granulométrie moyenne est voisine de 2,7 mm (extrêmes: 0,5 et
4 mm), et 1% de chlorure de magnésium, qui, lors de la montée en température, va se
décomposer pour donner la vapeur active de chlorure de chrome CrC1
2.
[0019] L'enceinte est portée à une température moyenne de 950°C pendant une durée de 15
heures et le traitement thermique ultérieur de la pièce d'acier est effectué immédiatement
après la phase de chromisation.
[0020] Dans ces conditions, on obtient une couche parfaitement monophasée de carbonitrures
de chrome Cr
2 (C, N) dont l'épaisseur est voisine de 40 micromètres et dont les caractéristiques
sont les mêmes que celles qui ont été décrites dans le premier exemple.
[0021] Il est bien entendu que l'on peut, sans sortir du cadre de l'invention, imaginer
des variantes et perfectionnements de détails, de même qu'envisager l'emploi de moyens
équivalents.
1. Procédé de chromisation des aciers à plus de 0,2% de carbone, constitué de trois
traitements successifs: une nitruration ionique d'une couche superficielle d'épaisseur
comprise entre 100 et 350 micromètres, réalisée dans une atmosphère constituée par
un mélange d'azote et d'hydrogène, à une température comprise entre 450°C et 650°C,
pendant une durée comprise entre 5 et 40 heures, de façon à obtenir entre 1,5% et
2,5% d'azote dans la couche nitrurée; une chromisation gazeuse, d'une durée comprise
entre 5 et 30 heures, et réalisée à des températures comprises entre 850 et 1100°C;
un traitement thermique comprenant une trempe à l'huile de la pièce chromisée suivie
d'un revenu à une température comprise entre 600 et 650°C, d'une durée comprise entre
30 minutes et 10 heures; ledit procédé se rapportant à un traitement de chromisation
gazeuse utilisant un cément pulvérulent à base d'halogénure et de ferro-chrome à teneur
en chrome comprise entre 50% et 75%, avec une granulométrie comprise entre 0,5 millimètre
et 4 millimètres, sans liant alumineux ni magnésien, et étant caractérisé en ce que
l'on choisit un ferro-chrome dont la teneur en carbone est comprise entre 1% et 3%.
2. Procédé selon la revendication 1, applicable aux aciers dont la teneur en carbone
est comprise entre 0,20% et 0,35%, caractérisé en ce que l'halogénure du cément est
constitué par une poudre de chlorure d'ammonium, à une concentration comprise entre
0,5% et 1,5% dans ledit cément.
3. Procédé selon la revendication 1, applicable aux aciers dont la teneur en carbone
est supérieure à 0,35%, caractérisé en ce que l'halogénure du cément est constitué
par une poudre de chlorure de magnésium, à une concentration comprise entre 0,5% et
1,5% dans ledit cément.
4. Procédé selon la revendication 1, applicable aux aciers dont la teneur en carbone
est supérieure à 0,35%, caractérisé en ce que l'halogénure du cément est constitué
par une poudre de fluorure d'ammonium, à une concentration comprise entre 0,5% et
1,5% dans ledit cément.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que
le ferro- chrome utilisé dans le traitement de chromisation gazeuse présente une teneur
en carbone de 2%.
1. Verfahren zur Inchromierung von Stählen mit einem Kohlenstoffgehalt von mehr als
0,2%, das aus drei aufeinanderfolgenden Behandlungen besteht: der ionischen Nitrierung
einer Oberflächenschicht mit einer Dicke von 100-350 Mikrometern, die in einer aus
einem Gemisch von Stickstoff und Wasserstoff bestehenden Atmosphäre bei einer Temperatur
von 450―650° C während eines Zeitraums von 5-40 Stunden durchgeführt wird, um in der
nitrierten Schicht einen Stickstoffgehalt von 1,5-2,5% zu erzielen; einer Inchromierung
unter Anwendung von Gas, während eines Zeitraums von 5-30 Stunden, bei Temperaturen
von 850°-1100°C; einer thermischen Behandlung, die darin besteht, daß das inchromierte
Werkstück einer Ölhärtung gefolgt von einer Vergütung innerhalb eines Temperaturbereichs
von 600° -650° C während eines Zeitraums von 30 Minuten bis 10 Stunden unterworfen
wird; das Verfahren betrifft eine Inchromierungsbehandlung unter Anwendung eines Gases
und eines pulverförmigen Einsatzmittels auf Basis von Halogenid und Ferrochrom mit
einem Chromgehalt von 50-75% mit einer Korngrößenverteilung von 0,5-4 mm ohne Bindemittel
auf Aluminium- oder Magnesiumbasis und ist dadurch gekennzeichnet, daß ein Ferrochrom
gewählt wird, dessen Kohlenstoffgehalt 1―3% beträgt.
2. Verfahren nach Anspruch 1, das auf Stähle mit einem Kohlenstoffgehalt von 0,20-0,35%
anwendbar und dadurch gekennzeichnet ist, daß das im Einsatzmittel enthaltene Halogenid
ein pulverförmiges Ammoniumchlorid ist und im Einsatzmittel in einer Konzentration
von 0,5-1,5% vorliegt.
3. Verfahren nach Anspruch 1, das auf Stähle mit einem Kohlenstoffgehalt von mehr
als 0,35% anwendbar und dadurch gekennzeichnet ist, daß das im Einsatzmittel enthaltene
Halogenid einpulverförmiges Magnesiumchlorid ist und im Einsatzmittel in einer Konzentratior
von 0,5-1,5% vorliegt.
4. Verfahren nach Anspruch 1, das auf Stähle mit einem Kohlenstoffgehalt von mehr
als 0,35% anwendbar und dadurch gekennzeichnet ist, daß das im Einsatzmittel enthaltene
Halogenid ein pulverförmiges Ammoniumfluorid ist und im Einsatzmittel in einer Konzentration
von 0,5 -1,5% vorliegt.
5. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet,
daß das bei der unter Verwendung von Gas angewendeten Inchromierungsbehandlung eingesetzte
Ferrochrom einen Kohlenstoffgehalt von 2% aufweist.
1. A process for chromising steels with a carbon content of more than 0.2%, which
consists of three successive treatments: ionic nitriding of a surface layer with a
thickness of between 100 and 350 micrometres, carried out in an atmosphere consisting
of a mixture of nitrogen and hydrogen, at a temperature between 450°C and 650° C and
for a period of between 5 and 40 hours so as to obtain between 1.5% and 2.5% of nitrogen
in the nitrided layer; gas chromising carried out for a period of between 5 and 30
hours at temperatures between 850° and 1100°C; and a heat treatment comprising quenching
of the chromised part in oil followed by tempering at a temperature between 600° and
650° C for a period of between 30 minutes and 10 hours; the said process relating
to a gas chromising treatment employing a pulverulent case-hardening agent based on
a halide and on a ferrochromium with a chromium content between 50% and 75%, having
a particle size between 0.5 millimetre and 4 millimetres and not containing an alumina
or magnesia binder, and characterised in that a ferrochromium having a carbon content
of between 1% and 3% is chosen.
2. A process according to Claim 1, applicable to steels with a carbon content between
0.20% and 0.35%, characterised in that the halide of the case-hardening agent consists
of ammonium chloride powder at a concentration of between 0.5% and 1.5% in the said
case-hardening agent.
3. A process according to Claim 1, applicable to steels with a carbon content greater
than 0.35%, characterised in that the halide of the case-hardening agent consists
of magnesium chloride powder at a concentration of between 0.5% and 1.5% in the said
case-hardening agent.
4. A process according to Claim 1, applicable to steels with a carbon content greater
than 0.35%, characterised in that the halide of the case-hardening agent consists
of ammonium fluoride powder at a concentration of between 0.5% and 1.5% in the said
case-hardening agent.
5. A process according to any one of Claims 1 to 4, characterised in that the ferrochromium
employed in the gas chromising treatment has a carbon content of 2%.