[0001] Le nouveau soubassement, qui fait l'objet de l'invention, concerne les fours utilisés
en métallurgie et, plus particulièrement, ceux qui comportent un creuset dans lequel
se rassemble un métal ou alliage liquide porté à température élevée.
[0002] Il concerne plus particulièrement les hauts fourneaux et les fours d'électrométallurgie
et, tout spécialement, ceux qui comportent au-dessous du garnissage du creuset, un
fond refroidi dont le niveau de température est contrôlé par circulation d'un fluide
tel que de l'eau, de l'huile ou tout autre fluide. Il concerne enfin les fours de
métallurgie qui comportent un creuset dont le garnissage réfractaire est constitué,
au moins en partie, de blocs de graphite et/ou de carbone assemblés à joint vif. L'expérience
a montré, en particulier dans le cas des hauts fourneaux, qu'un te) mode de construction
permet d'obtenir une très longue durée de vie des creusets, à condition que l'assemblage
des blocs de ganirs- sage soit réalisé avec une très grande précision et demeure parfaitement
stable dans le temps.
[0003] Pour cela, il est important que le soubassement sur lequel sera monté le garnissage
réfractaire du creuset présente une bonne planéité et une bonne tenue mécanique dans
le temps. Ceci est d'autant plus nécessaire qu'on sait aujourd'hui usiner les faces
planes des blocs carbonés avec une précision de ±0,2 mm.
[0004] Par ailleurs, on a constaté qu'il était nécessaire de favoriser un certain refroidissement
du garnissage du creuset de façon à empêcher les infiltrations de métal liquide qui
attaquent à la longue le garnissage et, éventuellement, provoquent un percement de
celui-ci et un écoulement de métal liquide vers l'extérieur du four.
[0005] Ce refroidissement est particulièrement important dans les zones voisines de l'axe
du four. Le soubassement doit donc permettre un bon écoulement du flux thermique,
entre les blocs de graphite et/ou de carbone constituant le garnissage, et les moyens
de refroidissement.
[0006] Plusieurs méthodes ont été proposées pour réaliser des soubassements susceptibles
de convenir pour le montage de garnissages réfractaires de ce type, en particulier
dans le cas des garnissages des creusets des hauts fourneaux.
[0007] Deux types principaux de soubassement sont particulièrement connus.
[0008] Le premier type est un béton réfractaire constitué par des granulats à base d'oxydes,
tels que, par exemple, les réfractaires silicoalumi- neux liés par un ciment. De tels
bétons sont relativement faciles à mettre en place et durcissent par prise hydraulique.
[0009] Même si des soins particuliers sont pris pour égaliser la surface de la couche de
béton, après coulée de celle-ci, de façon qu'elle soit sensiblement plane et horizontale,
l'expérience a montré que des dénivellations de plusieurs millimètres sont quasi inévitables
d'un point à l'autre. Si, donc, on désire pouvoir monter avec précision un garnissage
constitué de blocs usinés, sur un tel soubassement, il est nécessaire de meuler celui-ci
pratiquement sur toute sa surface pour éliminer les inégalités, ce qui représente
un travail considérable. Il est très difficile d'arriver à une planéité suffisante.
Par ailleurs, la conductivité thermique d'un tel soubassement est faible, de l'ordre
de 1 W - m
-1 · K -
1; il est possible de la doubler en utilisant un granulat à base de corindon, mais
une telle solution est très coûteuse et, de plus, l'opération du meulage est rendue
encore bien plus difficile à cause de la cureté de ce matériau.
[0010] Un deuxième type de soubassement est constitué par un dallage de carreaux réfrectaires
de quelcues centimètres d'épaiseur posés, par exemple, sur un lit de ciment.
[0011] Le brevet FR 2104389 décrit une méthode permettant d'ajuster avec précision de tels
carreaux de façon que leur surface supérieure se trouve dans un même plan. Pour cela,
on met en place, à des intervalles bien déterminés, des carreaux de référence sur
un lit de ciment ou de mortier qui a été au préalable étendu sur la tôle de fond.
On règle le niveau de ces carreaux en les enfonçant plus ou moins dans le mortier
de façon que leur surface se confonde avec un plan de référence qui est contrôlé par
des moyens optiques bien connus de l'homme de l'art. A partir de ces points de référence,
l'ajustage des carreaux intermédiaires peut être effectué simplement en contrôlant,
au moyen d'une règle plate, que leur face supérieure se trouve dans le plan de référence.
Une telle méthode permet de réaliser un soubassement présentant un plan de référence
qui peut être d'une grande précision si la qualité de surface des carreaux est satisfaisante
et si la pose a été exécutée avec un soin suffisant. Afin d'améliorer la conductivité
du soubassement, on peut réaliser le dallage au moyen de carreaux en matière carbonée
et, en particulier, en graphite.
[0012] Une telle solution est cependant coûteuse car les carreaux minces en graphite sont
d'un prix de revient élevé et, comme celà a été dit plus haut, la pose doit être effectuée
avec beaucoup de soins pour obtenir une surface de référence parfaitement plane permettant
la mise en place des blocs constituant le garnissage avec la précision voulue. Il
peut être nécessaire, dans bien des cas, d'effectuer une opération supplémentaire
de meulage des carreaux qu'il n'a pas été possible d'ajuster au niveau de référence,
par exemple, en utilisant une fraise pendulaire qui aura cependant tendance à donner
une légère courbure à la surface de référence.
[0013] D'une façon générale, les deux types de soubassement qui viennent d'être décrits
nécessitent, pour arriver à un résultat satisfaisant, un long travail de mise en place
et le résultat obtenu dépend, pour une large part, de l'habileté des exécutants. Par
ailleurs, le conductivité thermique de ces soubassements est souvent insuffisante
à cause de l'utilisation de mortiers ou de bétons réfractaires de relativement faible
conductivité. Le remplacement du mortier ou du béton par un pisé à base de matière
carbonée permet d'améliorer la conductivité thermique mais ne résout pas les problèmes
de planéité.
[0014] On a cherché à mettre au point un nuveau type de soubassement pour les fours métallurgiques
qui comportent un fond refroidi, la surface supérieure de ce soubassement devant constituer
un plan horizontal de référence présentant des écarts par rapport au plan théorique
de très faible amplitude, ce soubassement pouvant être réalisé de façon rapide et
économique par une méthode simple, facile à mettre en oeuvre et donnant des résultats
parfaitement reproductibles.
[0015] On a cherché aussi à réaliser un soubassement ayant une conductivité themrique élevée
de façon à abaisser la température du garnissage.
[0016] On a cherché, enfin, à réaliser un soubassement permettant d'assurer une excellente
liaison thermique avec les moyens de refroidissement du fond du four, par exemple
dans le cas d'un refroidissement par circulation d'air au-dessous d'une tôle de fond,
ou bien dans celui d'un refroidissement par circulation de liquide dans des canalisations
disposées au-dessus d'une tôle de fond.
[0017] Le soubassement qui fait l'objet de l'invention est constitué d'une couche d'un pisé
en contact direct avec le fond refroidi, contenant au moins 80% en poids de graphite
et un liant à base de résine synthétique, et d'une mince couche d'un coulis de nivellement
qui recouvre le pisé et contient au moins 40% en poids de fines de graphite et un
liant à base de résine synthétique.
[0018] Comme on le verra ci-après, l'invention concerne également le procédé de mise en
place de ce soubassement.
[0019] Le pisé à base de graphite contient soit du graphite naturel tel que le graphite
de Ceylan ou de Madagascar, soit du graphite artificiel, soit encore un mélange de
ces deux qualités de graphite.
[0020] On utilise comme liant une résine telle que, par exemple, une résine thermodurcissable
à une teneur d'environ 8 à 15% en poids. On ajoute en général un catalyseur qui permet
au pisé de faire prise à température ambiante. La couche de pisé qui est déposée dans
le fond du haut fourneau doit présenter une épaisseur suffisante pour constituer,
après durcissement, une base indéformable. Cette épaisseur dépend dans une certaine
mesure du diamètre du haut fourneau et de la disposition des moyens de refroidissement.
[0021] Dans le cas fréquent où les canalisations de fluide de refroidissement sont disposées
au-dessus d'une tôle de fond, ce pisé doit entourer et recouvrir ces canalisations.
[0022] Dans la pratique, l'épaisseur de la couche de pisé après compactage sera de l'ordre
de 5 à 20 cm suivant les cas. Il sera nécessaire de rendre la surface supérieure relativement
plane et horizontale afin de limiter au minimum l'épaisseur de la couche de coulis
de nivellement qui sera déposée sur ce pisé.
[0023] Différentes méthodes peuvent être utilisées pour obtenir un bon compactage du pisé,
permettant de réaliser un excellent contact avec la tôle de fond ainsi qu'éventuellement,
avec les canalisations de refroidissement, et aussi d'obtenir une surface supérieure
aussi proche que possible du plan de référence et présentant un minimum de défauts
de planéité.
[0024] Un procédé de mise en place du soubassement, particulièrement efficace pour arriver
à ce résultat, a été développé. Ce procédé fait partie de l'invention et sera décrit
plus loin.
[0025] On obtient suivant l'invention un soubassement présentant une surface supérieure
constituant un plan horizontal presque parfait en recouvrant la couche de pisé d'une
mince couche de nivellement d'une coulis fluide. Un tel coulis se répartit très facilement
en comblant les petites inégalités et les zones en dépression et permet d'obtenir
un plan de référence parfaitement horizontal. L'épaisseur de ce coulis est limitée
au minimum nécessaire. La valeur moyenne de cette épaisseur est, en général, comprise
entre 1 et 5 mm. Ce coulis contient environ 40 à 70% en poids de graphite naturel
ou artificiel en poudre, sous forme de fines de grosseur de grains inférieure à 0,3
mm.
[0026] Le reste est une résine thermodurcissable additionnée en général d'un solvant pour
accroître sa fluidité.
[0027] On incorpore le plus souvent au coulis un catalyseur convenable permettant la prise
à température ambiante.
[0028] Le procédé de mise en place du soubassement qui a été développé suivant l'invention,
permet d'obtenir un soubassement dont la surface supérieure, après durcissement du
coulis, est constituée par un plan horizontal qui présente en tous points des écarts
par rapport à un plan moyen idéal généralement inférieurs au millimètre. Ce procédé
sera décrit plus loin.
[0029] Les mesures de caractéristiques mécaniques effectuées sur le soubassement suivant
l'invention ont montré qu'il présente une résistance minimale à l'écrasement de 8
MPa quand il est à base de graphite naturel, cette valeur minimale atteignant 20 MPa
quand il est à base de graphite artificiel.
[0030] La conductivité thermique de ce soubassement dépend, dans une certaine mesure, de
l'épaisseur relative de la couche de pisé et de la couche de coulis.
[0031] La conductivité thermique du coulis étant inférieure à celle du pisé, il est très
important de réduire au minimum l'épaisseur de ce coulis et l'un des avantages essentiel
du procédé de mise en place du soubassement, qui fait également l'objet de l'invention,
est la possibilité de réduire l'épaisseur moyenne de ce coulis à quelques millimètres
seulement.
[0032] La conductivité thermique du soubassement est alors généralement comprise entre 10
et 20 W - m-
1 . K-
1 suivant la nature du graphite utilisé la composition du pisé en % en poids et le
degré de compactage.
[0033] Ce procédé consiste à déposer au-dessus du fond, à une distance moyenne égale à l'épaisseur
du pisé qu'on se propose de réaliser, des barres de réglage rectilignes horizontales
à distance convenable les unes des autres, de façon à diviser la surface à revêtir
en secteurs. On pourra, suivant les cas, disposer les barres en lignes parallèles
sensiblement équidistantes, ou encore en un réseau carré ou d'une autre façon appropriée.
Le réglage en hauteur de ces barres est effectué en réalisant, entre elles et le fond,
des liaisons réglables démontables qui perme- tront d'ajuster les distances verticales
qui les séparent de ce fond, de façon que la surface supérieure de l'ensemble de ces
barres se trouve dans un même plan horizontal. Pour atteindre ce but, une méthode
simple consistera à pourvoir le fond de moyens de fixation bien connus de l'homme
de l'art, tels que des écrous à axe vertical, soudés à une tôle de fond à des emplacements
déterminés, avec lesquels seront solidarisées les extrémités de moyens de liaison
tels que des tiges filetées verticales. Les extrémités supérieures de ces moyens de
liaison seront raccordées aux barres horizontales de façon que celles-ci soient réglables
en hauteur. Dans le cas de l'utilisation de tiges filetées, on pourra engager les
extrémités supérieures de celles-di dans des trous prévus aux extrémités des barres
horizontales, le réglage de la hauteur de celles-ci étant effectué par exemple au
moyen d'écrous de façon bien connue de l'homme de l'art. Une fois les barres horizontales
ajustées au niveau d'un premier plan de référence, qui correspondra à la surface supérieure
du pisé, celui-ci est mis en place de façon habituelle, par couches successives, en
utilisant par exemple des moyens de compactage pneumatique bien connus de l'homme
de l'art.
[0034] La couche de pisé est ajustée de façon à atteindre en tous points le niveau des barres
de réglage. On peut utiliser de façon connue des régies mobiles horizontales, qu'on
déplace en faisant glisser leurs extrémités sur les barres de réglage, de façon à
ajuster le niveau du pisé entre ces barres.
[0035] On réalise un nouveau réglage des barres horizontales de façon à les amener au niveau
d'un deuxième plan de référence, décalé vers le haut par rapport au premier, qui correspondra
au niveau supérieur définitif du soubassement. La distance entre ce deuxième plan
et le premier correspondra donc en moyenne à l'épaisseur du coulis de nivellement
qui sera déposé sur le pisé.
[0036] Le réglage des barres sera effectué en ajustant leur position le long des moyens
de liaison réglables. Lorsque ceux-ci sont des tiges filetées, ce réglage sera effectué
en agissant sur les écrous qui solidarisent les barres avec ces tiges.
[0037] Dans bien des cas, étant donné la précision recherchée, on utilisera pour la réalisation
du premier plan de référence des barres de précision moyenne, relativement peu coûteuses
et, au lieu d'utiliser les mêmes barres pour réaliser le deuxième plan de référence,
on les remplacera par un deuxième jeu de barres de précision qui seront ajustées avec
un très grand soin. Un tel ajustage pourra être fait par des moyens bien connus de
l'homme de l'art, tels que niveaux à eau et/ou dispositifs optiques de nivellement.
On mettra ensuite en place la mince couche de coulis de nivellement qui, étant donné
sa grande fluidité, sera très facilement égalisée, de façon à affleurer en tous points
la surface supérieure des barres de réglage. Après la prise du coulis, on démontera
en général les barres de réglage et les moyens de liaison et on remplira les vides
ainsi créés par de petites quantités de pisé et/ou de coulis.
[0038] De nombreuses modifications peuvent être apportées au procédé qui vient d'être décrit,
qui présente l'avantage considérable d'une très grande simplicité de mise en oeuvre,
qui garantit à la fois une exécution très précise et très rapide.
[0039] Il convient de noter, en effet, que, dans la grande majorité des cas, on recherche
une grande rapidité d'exécution pour limiter au minimum la durée de réfection des
fours de très grande capacité. En effet, dans le cas des hauts fourneaux modernes
par exemple, dont effectue la réfection, la période d'interruption de fonctionnement
représente une perte de production considérable qu'il est impératif de limiter au
strict minimum.
[0040] L'exemple ci-après décrit de façon non limitative un soubassement de haut fourneau
suivant l'invention qui a été réalisée de façon expérimentale.
La figure 1 est une vue en plan du dispositif suivant l'invention.
La figure 2 est une coupe A-A de la figure 1.
La figure 3 est une vue du soubassement suivant l'invention après démontage des barres
et des tiges de liaison.
[0041] Les figures 1 et 2 représentent une partie d'une tôle de fond de haut fourneau (1)
sur laquelle sont disposés des tubes de refroidissement en acier tels que (2) fixés
de distance en distance à la tôle par des colliers tels que (3), des écrous (4) soudés
à la tôle servent de point de fixation à des tiges filetées (5).
[0042] Des barres de réglage telles que (6), percées de trous, sont traversées par l'extrémité
supérieure des tiges (5) et le réglage de ces barres, suivant le plan de référence,
est effectué au moyen d'écrous tels que (7) et (8) qui enserrent les barres. On comprend
qu'en vissant plus ou moins les écrous sur les tiges filetées, on peut ajuster le
niveau de la face supérieure (9) des barres de façon à les faire coïncider avec le
premier plan de référence horizontal qui se trouve à une distance moyenne d'environ
12 cm de la tôle de fond. Ce réglage est contrôlé au moyen de niveaux et par visée
optique de façon bien connue de l'homme de l'art. On met ensuite en place un pisé
constitué de 87% en poids de graphite artificle, 10% en poids de résine phénol formol
et 3% d'un catalyseur de prise. On compacte ce pisé par couches successives au moyen
d'une dame pneumatique comportant une semelle plate d'environ 20 x 20 cm. Ce compactage
est effectué de façon à atteindre une densité d'environ 1,7. On ajuste de la façon
décrite plus haut l'épaisseur du pisé de façon que sa surface coïncide aussi bien
que possible avec le premier plan de référence défini par la surface supérieure des
barres de réglage.
[0043] Après durcissement du pisé, on démonte les barres utilisées pour la définition de
ce premier plan de référence et on les remplace par un deuxkème jeu de barres de mêmes
dimensions, mais plus précises, leur flèche ne dépassant pas 0,1 mm/m. On règle ces
barres en hauteur après introduction de leurs extrémités dans les tiges filetées de
façon que leur face supérieure coïncide avec un deuxième plan horizontal de référence
situé à une distance moyenne d'environ 3 mm au-dessus du premier. Les mêmes moyens
de réglage sont utilisés pour le deuxième jeu de barres que pour le premier.
[0044] On coule ensuite à la surface du pisé un coulis de nivellement. Celui-ci est constitué
de 60% en poids de fines de graphite artificiel de grosseur de grains inférieure à
0,3 mm, 30% d'une résine phénol-formol et 10% d'un catalyseur de prise. Au moyen d'une
règle d'égalisation qu'on fait glisser sur les bords supérieurs des barres, on répartit
le coulis dans les espaces compris entre les barres de façon que son niveau affleure
le bord supérieur de celles-ci. On laisse ensuite durcir ce coulis. On enlève alors
les barres de réglage et les tiges filetées, puis on remplit le logement de ces barres
au moyen de petites quantités de coulis de façon à obtenir un plan parfaitement lisse.
Les éventuelles aspérités sont meulées. On dispose alors d'un soubassement tel que
celui représenté figure 3, qui comporte un pisé (10) recouvert d'une couche de coulis
(11) dont la surface supérieure (12) est parfaitement horizontale. Sur cette surface,
le montage du fond de creuset peut être exécuté avec une très grande précision. La
qualité de cette surface permet, en particulier, la mise en place de blocs de graphite
ou semi-graphite, ou encore de blocs carbonés usinés avec une grande précision et
assemblés à joints vifs sans aucun liant de façon à garantir une très longue durée
d'utilisation sans déformation sensible. Un tel assemblage permet une excellente transmission
du flux thermique dans la zone axiale du haut fourneau, en direction de la tôle de
fond, grâce au bon contact thermique existant entre, d'une part, ce soubassement et
la tôle de fond et, d'autre part, ce soubassement et les blocs de graphite ou autres
matières carbonées. Des mesures de conductivité thermique, effectuées sur des échantillons
du soubassement ainsi réalisé, ont donné une conductivité moyenne de 18 W . m-
! · K--
1.
[0045] De nombreux autres modes de réalisation du soubassement qui fait l'objet de l'invention
peuvent être envisagés, qui ne sortent pas pour autant du domaine de l'invention.
1. Soubassement pour creuset de haut fourneau, caractérisé en ce qu'il est constitué
d'une couche d'un pisé (10), en contact direct avec le fond du four (1), ce pisé contenant
au moins 80% en poids de graphite et un liant à base de résine synthétique, et en
ce que ce pisé est recouvert d'une mince couche d'un coulis de nivellement (11) contenant
au moins 40% en poids de fines de graphite et une résine synthétique diluée dans un
solvant.
2. Soubassement suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'épaisseur de la
couche de pisé est de 5 à 20 cm et celle de la couche de coulis, de 1 à 5 mm en moyenne.
3. Procédé de réalisation de soubassement pour creuset d'un haut fourneau, caractérisé
par les opérations successives suivantes:
a) on dispose au-dessus du fond du four, à distance convenable, un ensemble de barres
horizontales (6) dont les bords supérieurs définissent un plan horizontal de référence
(9)
b) on effectue un premier réglage des barres horizontales (6) suivant ce premier plan
de référence (9)
c) on met en place et on compacte, entre le fond du four et ce premier premier plan
de référence (9) un pisé (10) à base de graphite que l'on laisse durcir
d) on règle la position des barres horizontales (6) suivant un second plan horizontal
de référence situé à une distance d'au moins 1 mm au-dessus du premier
e) on recouvre le pisé (10) d'une mince couche d'un coulis de nivellement (11) au
niveau du second plan de référence.
4. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce que le réglage en hauteur
des barres horizontales (6) est effectué en solidarisant avec le fond du four des
moyens de fixation (4) à intervalles déterminés, auxquels on raccorde l'extrémité
inférieure de moyens de liaison (5), l'extrémité supérieure de ces moyens de liaison
étant reliée de façon réglable en hauteur aux extrémités de ces barres.
5. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce que, après mise en place
du pisé (10), on remplace les barres horizontales (6) utilisées pour la détermination
du premier plan de référence, par des barres de précision de flèche inférieure ou
égale à 0,1 mm/m pour définir le deuxième plan de référence.
6. Procédé suivant l'une des revendication 3 à 5, caractérisé en ce que, après prise
du soubassement, les barres horizontales (6) sont enlevées.
7. Procédé suivant l'une des revendications 3 à 6, caractérisé en ce que le fond du
four comporte une tôle de fond (1).
8. Procédé suivant l'une des revendications 3 à 7, caractérisé en ce que le fond du
four comporte des moyens de refroidissement (2) par circulation d'un fluide liquide
et/ou gazeux.
9. Procédé suivant la revendication 8, caractérisé en ce que les moyens de refroidissement
sont des tubes (2) disposés au-dessus de la tôle de fond (1
1. Fundament für Hochofenschacht, dadurch gekennzeichnet, daß es aus einer Schicht
aus Stampfmasse (10) in direktem Kontakt mit dem Boden des Ofens (1) gebildet ist,
welche Stampfmasse wenigstens 80 Gewichtsprozent Graphit und ein Bindemittel auf Kunstharzbasis
enthält, und daß diese Stampfmasse mit einer dünnen Schicht aus Nivellierschlichte
(11) bedeckt ist, die wenigstens 40 Gewichtsprozent Graphitfeinteilchen und ein in
einem Lösungsmittel verdünntes Kunstharz enthält.
2. Fundament nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Dicke der Stampfmassenschicht
5 bis 20 cm und die der Schlichteschicht im Mittel 1 bis 5 mm ist.
3. Verfahren zur Herstellung eines Fundaments für Hochofenschacht, gekennzeichnet
durch die folgenden nacheinander ablaufenden Schritte:
a) man ordnet oberhalb des Bodens des Ofens in geeignetem Abstand eine Gruppe horizontaler
Leisten (6) an, deren Oberkanten eine horizontale Bezugsebene (9) definieren,
b) man nimmt eine erste Regulierung der horizontalen Leisten (6) nach dieser ersten
Bezugsebene (9) vor,
c) man bringt an Ort und Stelle und man kompaktiert zwischen dem Boden des Ofens und
dieser ersten Bezugsebene (9) eine Stampfmasse (10) auf Graphitbasis, die man erhärten
läßt,
d) man reguliert die Lage der horizontalen Leisten (6) nach einer zweiten horizontalen
Bezugsebene, die in einem Abstand von wenigstens 1 mm über der ersten liegt,
e) man bedeckt die Stampfmasse (10) mit einer dünnen Schicht einer Nivellierschlichte
(11) auf Höhe der zweiten Bezugsebene.
4. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß die Höhenregulierung der
horizontalen Leisten (6) durchgeführt wird, indem man mit dem Boden des Ofens Befestigungsmittel
(4) in bestimmten Abständen fest verbindet, mit denen man das untere Ende von Verbindungsmitteln
(5) verbindet, wobei das obere Ende dieser Verbindungsmittel mit den Enden dieser
Leisten höhenregulierbar verbunden ist.
5. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch ge kennzeichnet, daß man nach Anbringung der
Stampfmasse (10) die zur Bestimmung der ersten Bezugsebene verwendeten horizontalen
Leisten (6) durch Präzisionsleisten einer Durchbiegung unter oder gleich 0,1 mm/m
zur Definition der zweiten Bezugsebene ersetzt.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 bis 5, dadurch gekennzeichnet, daß die horizontalen
Leisten (6) nach Verfestigung des Fundaments entfernt werden.
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 bis 6, dadurch gekennzeichnet, daß der Boden
des Ofens eine Bodenplatte (1) aufweist.
8. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 bis 7, dadurch gekennzeichnet, daß der Boden
des Ofens Mittel (2) zum Kühlen durch Umlauf eines flüssigen und/oder gasförmigen
Fluids aufweist.
9. Verfahren nach Anspruch 8, dadurch gekennzeichnet, daß die Kühlmittel oberhalb
der Bodenplatte (1) angeordnete Rohre (2) sind.
1. A sub-foundation for a blast furnace hearth, characterized in that it comprises
a layer of a pisé (10) in direct contact with the bottom of the furnace (1), the pisé
containing at least 80% by weight of graphite and a synthetic resin-base binder, and
that said pisé is covered by a thin layer of a levelling grout (11) containing at
least 40% by weight of graphite fines and a synthetic resin diluted in a solvent.
2. A sub-foundation according to claim 1 characterized in that the thickness of the
layer of pise is from 5 to 20 cm and the thickness of the layer of grout is from 1
to 5 mm on average.
3. A process for producing a sub-foundation for a blast furnace hearth, characterized
by the following successive operations:
a) an assembly of horizontal bars (6) is disposed at a suitable distance above the
bottom of the furnace, the upper edges of the bars defining a horizontal reference
plane (9),
b) a first adjustment is effected in respect of the horizontal bars (6) in accordance
with the first reference plane (9),
c) a graphite-base pisé (10) is set in position and compacted between the bottom of
the furnace and said first reference plane, and said pisé is left to harden,
d) the position of the horizontal bars (6) is adjusted in accordance with a second
horizontal reference plane disposed at a distance of at least 1 mm above the first,
and
e) the pisé (10) is covered with a thin layer of a levelling grout (11) to the level
of the second reference plane.
4. A process according to claim 3 characterized in that the adjustment in respect
of height of the horizontal bars (6) is effected by securing fixing means (4) to the
bottom of the furnace at given spacings, the lower end of connecting means (5) being
connected to said fixing means (4) and the upper end of said connecting means being
connected to the ends of said bars in such a way as to provide for adjustment in respect
of height thereof.
5. A process according to claim 3 characterized in that, after the pisé (10) has been
set in place, the horizontal bars (6) used for determining the first reference plane
are replaced by high-precision bars with an amount of sag of less than or equal to
0.1 mm/m to define the second reference plane.
6. A process according to one of claims 3 to 5 characterized in that, after the sub-foundation
has set, the horizontal bars (6) are removed.
7. A process according to one of claims 3 to 6 characterized in that the bottom of
the furnace comprises a bottom sheet metal member (1).
8. A process according to one of claims 3 to 7 characterized in that the bottom of
the furnace comprises cooling means (2) comprising circulation of a liquid and/or
gaseous fluid.
9. A process according to claim 8 characterized in that the cooling means are tubes
(2) disposed above the bottom sheet metal member (1).