[0001] Les carrures de boîtes de montre-bracelet connues, dont la tranche est inrayable,
conformément au préambule de la revendication 1, portent une coiffe en un matériau
inrayable ou sont faites entièrement en un tel matériau. Dans le premier cas, la coiffe
en question est une pièce de fabrication coûteuse et délicate, en raison de sa forme
et du retrait que subissent les matériaux durs, en principe frittés. De plus, la fixation
de cette coiffe à la carrure de la boîte n'est pas aisée, si on la veut amovible et
néanmois suffisamment forte pour éviter une séparation accidentelle. Dans le second
cas, la fabrication est encore plus malaisée et coûteuse, du fait que la pièce en
matériau inrayable doit encore présenter des moyens permettant d'y fixer un mouvement
de montre. Par ailleurs, une telle pièce, faite tout entière en matériau dur, est
sujette à rupture par suite de choc. Il s'ensuit que son fabricant s'expose à devoir
remplacer un nombre non négligeable de boîtes entières, pour assurer un service après
vente digne de ce nom.
[0002] L'invention vise à éviter ces inconvénients, en protégeant la tranche de la carrure
d'une boîte de montre-bracelet par des moyens tout aussi efficaces que les moyens
connus, mais nettement plus simples, donc moins coûteux. Une carrure présentant les
particularités définies par la revendication 1 est convenablement protégée, du fait
que les éléments protecteurs qui en garnissent la tranche font saillie de celle-ci.
Ils tiennent ainsi les objets étrangers à l'écart du corps de la carrure, qui peut
même être fait en un matériau relativement tendre, très facilement usinable et bon
marché. Cet effet de protection est déjà atteint en utilisant des éléments protecteurs
relativement peu saillants, comme cela ressort de la forme de ces éléments, qui est
définie dans la caractéristique de la revendication 1. Des éléments protecteurs émergeant
de deux dixièmes de millimètre du corps de la carrure donnent des résultats satisfaisants,
en particulier dans le cas où un verre saphir recouvre entièrement la face supérieure
de la carrure, ainsi que cela est décrit dans les demandes de brevet suisse N° 4228/80-0,
2858/81-8, 2859/81-0 et où les parties découvertes du corps de la carrure, au-dessus
et au-dessous des éléments protecteurs ont une hauteur égale au plus à un demi millimètre.
Enfin, la surface des éléments protecteurs, qui est engagée dans un logement de forme
correspondante du corps de la carrure, est suffisamment étendue pour assurer une fixation
satisfaisante de ces éléments.
[0003] Il a déjà été prévu de garnir la tranche d'une carrure de boîte de montre à l'aide
d'éléments engagés en partie dans une gorge de la carrure (CH-A-312'654) . La fabrication
séparée des éléments décoratifs et leur fixation subséquente à un corps de carrure,
qu'il était possible d'obtenir simplement par décolletage, permettait de réaliser
des boîtes avec décorations différentes plus aisément, donc à meilleur compte, qu'en
usinant une carrure avec décors en une pièce. Les éléments décoratifs pouvaient, en
effet, être fabriqués entièrement par étirage, tronçonnage, matriçage, pliage et polissage,
de sorte qu'après leur soudage au corps décolleté de la carrure, cette dernière était
terminée.
[0004] Pour soumettre ces éléments décoratifs aux dites opérations, ils devaient être faits
en un métal malléable, donc relativement tendre. Cette proposition ne suggérait donc
nullement l'idée d'utiliser des éléments en matière assez dure pour être inrayable
et encore moins celle de protéger les flancs d'une carrure de boîte de montre en n'occupant
qu'une partie de leur aire et en n'en saillant qu'à peine.
[0005] Il a aussi été prévu de fixer par collage des plaquettes décoratives en saphir, résistant
donc aux frottements, sur la face supérieure des boîtes de montre, des maillons de
bracelets ou d'autres pièces de bijouterie (DE-A-2f921'597).
[0006] Cette proposition ne suggère cependant pas la forme particulière de ces éléments,
qui est définie par les présentes revendications, dans le but de protéger la tranche
des carrures de boîtes de montres-bracelets et, accessoirement, de conférer à ces
carrures une apparence de hauteur notablement réduite en créant, dans le corindon,
une zone centrale de forte luminosité, par réflexion de la lumière incidente.
[0007] Le mode de fixation des éléments protecteurs défini par la revendication 2 est particulièrement
simple et très efficace. Il existe, en effet des colles sur le marché qui résistent
à la plupart des agents chimiques, y compris l'acide fluorhydrique. Elles assurent,
en outre, une adhérence de 3,5 à 4,5 kilogrammes-force par millimètre carré.
[0008] Les formes spéciales d'exécution définies par la revendication 3 sont particulièrement
intéressantes du fait que les éléments protecteurs qu'elles comprennent sont extrêmement
bon marché et que leur mise en place est aussi aisée que rapide.
[0009] L'invention n'est pas limitée à la protection de la tranche de carrures polygonales,
ainsi que cela ressort de la revendication 4. Bien que la mise en place des éléments
protecteurs soit plus laborieuse que dans les formes d'exécution définies par la revendication
3, ces exécutions sont encore très intéressantes en raison du coût réduit des dits
éléments protecteurs.
[0010] De préférence, les éléments protecteurs de la tranche de la carrure seront faits
comme le définit la revendication 5, car ils confèrent à cette carrure un aspect très
attrayant, surtout si sa face supérieure est entièrement recouverte par le verre,
comme décrit dans les demandes de brevet suisse N° 4228/80-0, 2858/81-8, 2859/81-0,
car, dans ce cas, il est possible d'assortir l'aspect de la tranche de la carrure
à celui du bord du verre.
[0011] Dans ces dernières formes d'exécution, il est même possible d'affiner encore l'aspect
de la tranche de la carrure à l'aide des particularités définies par la revendication
6. Les réflexions dans le corindon transparent de la lumière incidente créent, en
effet une zone centrale de forte luminosité, qui confère à la carrure une apparence
de hauteur notablement réduite, en particulier lorsque les éléments protecteurs sont
en forme de baguettes.
[0012] La carrure selon l'invention est avantageusement fabriquée selon le procédé défini
par la revendication 7. Il est, en effet, aisé de fabriquer des éléments cylindriques
ou sphériques en matériau dur au diamètre voulu. Comme la carrure est brute lors de
leur collage, les manipulations que cette dernière opération implique ne risquent
pas de l'altérer. Il en va de même du meulage subséquent des éléments protecteurs.
Cette opération ne touche d'ailleurs pas le corps de la carrure. Enfin, les traitements
de terminaison appliqués ensuite au corps de la carrure, qui comprennent habituellement
un polissage final et un traitement de surface, n'affectent plus les éléments protecteurs,
qui sont beaucoup plus durs que le corps de la carrure et que les moyens utilisés
pour polir ce dernier.
[0013] Il a déjà été prévu d'éliminer certaines parties de pièces collées sur des pierres
fines par meulage jusqu'à fleur de la pierre, afin de ne laisser subsister que des
incrustations dans celle-ci (FR-A-1'393'525).
[0014] Dans ce cas, le meulage élimine une matière relativement tendre - l'or - pour ne
laisser que des incrustations de cette matière dans une pièce dure - la pierre -,
et non inversément, une matière très dure - le corindon -, collée à un support relativement
tendre, en laiton, par exemple.
[0015] Le procédé spécial, défini par la revendication 8, produit des carrures conformes
à celles définies par la revendication 6, cela de façon particulièrement simple.
[0016] Le dessin représente schématiquement et à simple titre d'exemple deux formes d'exécution
de la carrure de boîte de montre-bracelet selon l'invention et il illustre un exemple
de mise en oeuvre du procédé selon l'invention.
La Fig. 1 est une vue en plan d'une montre-bracelet équipée d'une carrure selon la
première forme d'exécution;
la Fig. 2 est une vue en perspective à échelle agrandie d'une partie coupée de la
Fig. 1;
la Fig. 3 est une vue en élévation à plus grande échelle de la montre de la Fig. 1;
la Fig. 4 est une vue en plan semblable à celle de la Fig. 1, qui représente une montre
équipée d'une carrure selon la deuxième forme d'exécution;
la Fig. 5 est une vue en élévation de la montre de la Fig. 4, qui est semblable à
celle de la Fig. 3;
la Fig. 6 est une coupe médiane de la carrure de la Fig. 5, perpendiculairement à
son axe;
la Fig. 7 illustre une étape du mode de mise en oeuvre du procédé selon l'invention,
et
[0017] la Fig. 8 illustre une autre étape de ce mode de mise en oeuvre.
[0018] Comme dans le cas des boîtes de montres décrites en particulier dans la demande de
brevet suisse N° 4228/80-0, la carrure 1 (Fig. 2) de la boîte de la montre représentée
aux Fig. 1 à 3 a sa face supérieure 2 entièrement recouverte par le verre saphir 3,
qui est fixé à la carrure 1 par engagement à force dans l'ouverture 4 de celle-ci,
avec interposition d'une manchette 5, d'une plaque centrale 6, transparente, également
en saphir ou faite en verre minéral trempé, qui est collée sous le verre 3. La périphérie
de ce dernier porte un cadre décoratif opaque 7, qui détermine l'aspect de la face
supérieure de la montre, en conjugaison avec le cadran 8, visible à l'intérieur du
cadre 7.
[0019] Le verre de la montre représentée pourrait naturellement aussi être agencé et fixé
à la carrure 1 de l'une ou l'autre des façons décrites dans les demandes de brevet
suisse N° 2858/81-8 et 2859/81-0.
[0020] Comme cela ressort de la Fig. 1, la carrure 1 a un contour rectangulaire à coins
9 coupés à 45°. La partie inférieure des petits côtés 10, 11 de la carrure 1, s'étendant
respectivement en regard de "12 h" et de "6 h", est évidée de la façon bien connue
des hommes du métier, de manière à former des cornes permettant d'attacher un bracelet
à la boîte de la montre représentée. Sur les longs côtés rectilignes 12, 13 de la
boîte, s'étendant respectivement en regard de "3 h" et de "9 h", la tranche 14 de
la carrure 1 présente des creusures semicylindriques 15, qui s'étendent d'un bout
à l'autre de ces faces planes de la tranche 14 de la carrure.
[0021] Dans les montres électroniques, dont l'épaisseur des mouvements usuels, fabriqués
en grandes séries, est actuellement d'un ordre de grandeur voisin de 2 mm, les dimensions
des creusures 15 peuvent être choisies de façon à ne laisser subsister, au-dessus
et au-dessous d'elles, que des parties des longs côtés 12, 13 de la tranche 14 de
la carrure 1, dont la hauteur n'excède pas quelques dixièmes de millimètre. On remarquera
par ailleurs que ces creusures 15 peuvent être usinées sans difficulté, à l'aide d'une
fraise de forme.
[0022] Des baguettes 16, 17, 18 en corindon monocristallin transparent sont collées dans
les creusures 15. En section, ces baguettes ont la forme de segments circulaires s'étendant
sur un peu plus de 180°, de façon à sortir des creusures 15 et à présenter des parties
d'environ deux dixièmes de millimètre d'épaisseur en saillie sur la tranche 14 de
la carrure 1. Sur un peu moins de 180°, la partie des baguettes 16, 17, 18, qui est
collée dans les creusures 15, est revêtue d'une mince couche métallique réfléchissante
19. Cette couche 19 est déposée sur les baguettes 16, 17, 18 par vaporisation sous
vide de façon bien connue des hommes du métier. L'adhérence d'une couche déposée de
cette façon est remarquable. Il n'est, en effet, plus possible de l'enlever sans.
prendre en même temps une partie du corindon.
[0023] Le côté de la carrure 1 s'étendant en regard de "9 h" est muni de deux baguettes,
17, 18, pour faire place, entre ces dernières, à la couronne 20, qui est disposée
de ce côté de la boîte, afin que la baguette 16, disposée de l'autre côté et visible
au porter, ne soit pas interrompue. La couche 19 a, en effet, la propriété de concentrer
dans une zone centrale des baguettes 16, 17, 18, les rayons d'un faisceau de lumière
incidente, comme le montrent les flèches a et b (Fig. 2), de sorte qu'en observant
ces baguettes à la lumière, on aperçoit, au milieu de leur face plane 21, un "trait"
22 de très grande luminosité par rapport au reste des baguettes. Chose curieuse, ce
trait 22 confère, en apparence, d'abord à la carrure, mais aussi à la montre elle-même,
l'épaisseur d'une montre avec boîte dont la carrure est environ un millimètre moins
épaisse.
[0024] L'emplacement choisi de la couronne 20 a donc aussi pour effet de ne pas interrompre
le phénomène optique mentionné sur le côté de la tranche de la carrure tourné vers
la main du porteur de la montre, qui est précisément celui qui sort des manches du
porteur et est, de ce fait, le plus visible. La position décrite de la couronne 20
n'est pas désavantageuse. Au contraire, à cet endroit, elle est moins exposée au risque
d'être arrachée. Dans une montre à quartz, par ailleurs, cette couronne ne sert qu'aux
mises à l'heure, qui se font à la seconde près, en avançant les aiguilles des minutes
et des secondes et en les arrêtant sur une heure déterminée, en attendant le "top"
correspondant de l'horloge parlante. Si la montre est équipée d'un mécanisme de calendrier,
la couronne 20 sert, en outre, à la mise à jour de ce dernier, après les mois de moins
de trente-et-un jours. Or, ces opérations commandées par la couronne, qui sont relativement
délicates et doivent être effectuées avec beaucoup de doigté, ne se font pour ainsi
dire jamais en gardant la montre au poignet. Lorsqu'elle en est retirée, l'emplacement
de la couronne sur l'un ou l'autre des longs côtés de la boîte est manifestement indifférent.
[0025] Les extrémités des baguettes 16, 17, 18, qui sont adjacentes aux cornes de fixation
du bracelet, sont taillées à 45°, de façon à se trouver à fleur des coins 9 de la
boîte. Par ailleurs, différents métaux, tels par exemple que le chrome, l'argent,
l'or, et certains carbures tels, par exemple, que ceux de titane ou de bore, peuvent
servir à former les couches 19. Il est ainsi possible d'assortir l'apparence des baguettes
16, 17, 18 au reste des parties visibles de la carrure (en platine, en or, en argent
rhodié, en acier inoxydable ou chromées, nickelées, plaquées) ou à l'apparence du
cadre 7. A cette dernière fin, il est aussi possible d'utiliser des baguettes en corindon
fritté, coloré. De telles baguettes seraient alors en général opaques. Il n'y aurait
donc plus lieu de déposer une couche réfléchissante sur leur surface collée à la carrure.
Par conséquent, l'effet optique des baguettes en corindon transparent, revêtues d'une
couche réfléchissante, ne se produirait plus. En revanche, la couleur de ces baguettes
pourrait constituer un rappel heureux de celle du cadre 7. Si ce dernier était fait
en métal dur, tel qu'un carbure de titane, par exemple, les baguettes 16, 17, 18 pourraient
aussi être confectionnées à l'aide du même métal dur.
[0026] Afin de protéger convenablement la tranche de la carrure, on choisira dans tous les
cas pour les baguettes 16, 17, 18 un matériau pratiquement inrayable, c'est-à-dire
qui ne se raye pas, lorsque la montre est portée normalement. Vu que les baguettes
16, 17, 18 font saillie de la carrure 1, les parties de la tranche de cette dernière
qu'elles laissent apparaître sont maintenues à l'abri des contacts avec des objets
étrangers, qui pourraient en altérer l'état de surface. Vu le peu de prise à de tels
objets qu'offrent les baguettes 16, 17, 18 elles-mêmes, celles-ci ne risquent pratiquement
ni rupture ni égrisure. Il est ainsi possible de donner à la tranche de la carrure
d'une boîte de montre-bracelet une apparence extrêment soignée, que le porteur de
la montre n'aura pas le dépit de voir bientôt s'altérer.
[0027] Pour fabriquer la carrure représentée aux Fig. 1 à 3, on confectionne des éléments
cylindriques 23 (Fig. 7), rectifiés en plongée sans centres et parfaitement polis.
La longueur des éléments 23 dépassera quelque peu celle des côtés de la carrure. Un
certain nombre d'éléments 23 est alors placé dans les alvéoles semicylindriques 24
d'un support 25, qu'on introduit dans une installation de vaporisation sous vide.
L'exposition des éléments 23 à la vaporisation 26, produit sur eux la couche 19, qui
s'étend sur un peu moins de 180°. Comme la surface des éléments 23 est parfaitement
polie, cette couche est automatiquement réfléchissante. On remarquera que l'orientation
des éléments 23 sur le support 25 est indifférente. Il n'y a donc aucune précaution
à prendre pour garnir les alvéoles 24 de ce support.
[0028] Les éléments 23, garnis de la couche 19, peuvent alors être collés à la carrure 1
(Fig. 8). Ce faisant il convient de veiller que la partie métallisée des éléments
23 disparaisse à l'intérieur de la rainure 15 de la carrure 1. Comme la métallisation
s'étend sur un arc de la section des éléments 23, qui est un peu plus petit que 180°,
il n'est pas nécessaire de recourir à des dispositions spéciales pour orienter les
éléments 23 par rapport à la carrure 1 de façon que leur partie métallisée soit bien
tout entière à l'intérieur de la rainure 15. Lorsque la colle utilisée est entièrement
polymérisée, les éléments 23 ne peuvent plus être séparés de la carrure 1 qu'en les
détruisant.
[0029] Ces éléments 23 sont ensuite soumis à l'action d'une meule 27, qui enlèvera leur
segment extérieur jusqu'à la ligne c en traits mixtes, située à environ deux dizièmes
de millimètre de la tranche 14 de la carrure 1. Les extrémités des éléments 23, adjacentes
à la fixation du bracelet, sont aussi meulées à ce moment-là à fleur des coins 9 de
la carrure.
[0030] Si, au lieu d'éléments 23 en corindon monocristallin transparent, on utilise des
éléments opaques, en corindon fritté ou en métal dur, on procèdera de la même façon,
en supprimant toutefois l'étape illustrée par la Fig. 7.
[0031] La seconde forme d'exécution (Fig. 4 à 6) se distingue essentiellement de la première
par le fait que les longs côtés de la boîte et par conséquent aussi de la carrure
sont cambrés. Au lieu de fraiser une rainure continue dans ces faces cambrées de la
tranche de la carrure 28, on forme dans ces faces des rangées d'alvéoles 29 hémisphériques,
aussi rapprochés que possible l'un de l'autre et dont le diamètre est approximativement
égal à la largeur des rainures 15 de la première forme d'exécution.
[0032] Cette carrure est fabriquée comme décrit précédemment, en référence aux Fig. 7 et
8. On part toutefois de billes, en lieu et place des éléments 23 cylindriques. Après
avoir collé ces billes dans les alvéoles 29 de la carrure 28 et en avoir éliminé une
partie un peu inférieure à la moitié par meulage, c'est un chapelet de calottes sphériques
qui garnit la tranche des longs côtés de la carrure 28.
[0033] Si les billes utilisées dans cette forme d'exécution sont faites en corindon monocristallin
transparent, puis revêtues d'une couche réfléchissante, comme illustré par la Fig.
7, un phénomène optique analogue à celui qui a été décrit en référence aux Fig. 2
et 3, se produit aussi dans cette seconde forme d'exécution. Toutefois, au lieu d'un
"trait" de forte intensité lumineuse, c'est une série de points 30 qui apparaît, chacun
d'eux se trouvant au centre de la face plane 31 des éléments protecteurs 32.
[0034] Comme l'effet optique en question est beaucoup moins marqué dans le cas des éléments
protecteurs en forme de calottes sphériques, que dans celui des éléments en forme
de segments cylindriques, on évitera les premiers dans la mesure du possible. Dans
bien des cas, une cambrure telle que celle représentée aux Fig. 4 et 6, pourrait être
remplacée par deux ou trois faces planes, de façon à créer une carrure de contour
polygonal à côtés rectilignes. Les parties de la tranche d'une telle carrure, à garnir
d'éléments protecteurs, comprendraient alors autant d'éléments en forme de segments
cylindriques que de faces planes.
[0035] Vu le degré de protection conféré à la tranche de la carrure par les éléments décrits,
il n'est pas nécessaire que celle-ci soit faite en un matériau particulièrement dur.
Pour en faciliter l'usinage, on en confectionnera le corps de préférence en laiton.
1. Carrure de boîte de montre-bracelet à tranche inrayable, caractérisée en ce que
sa tranche (14) est garnie d'éléments protecteurs saillants (16, 17, 18; 32), faits
en un matériau pratiquement inrayable, et qui, en section dans un plan axial ou parallèle
à l'axe de la carrure (1, 28) et perpendiculaire à la tranche (14) de celle-ci, ont
au moins approximativement la forme d'un segment circulaire légèrement supérieur à
180°, la partie médiane du segment de chacun des dits éléments étant engagée sur 180°
au plus et fixée dans un logement (15, 29) de forme correspondante, creusé dans la
tranche (14) de la carrure (1, 28).
2. Carrure selon la revendication 1, caractérisée en ce que la partie de chacun des
dits éléments (16, 17, 18; 32) qui est engagée dans un logement (15, 29) de la tranche
(14) de la carrure (1, 28) est collée aux parois du dit logement dans toute son étendue.
3. Carrure selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisée
- en ce que son contour est polygonal
- et en ce que seuls ses côtés s'étendant des cornes de l'une des paires à celles
de l'autre sont garnies d'éléments inrayables (16, 17, 18), ces derniers ayant la
forme de segments cylindriques et étant engagés dans des creusures longitudinales
(15) de chaque face plane de la tranche (14) de la carrure (1), qui ont un profil
semicylindrique.
4. Carrure selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisée
- en ce que ses côtés s'étendant d'une paire de cornes à l'autre sont arqués et en
ce que les dits éléments (32) ont la forme de calottes sphériques s'étendant sur un
peu plus d'un hémisphère et en ce que l'hémisphère central de chacun de ces éléments
est logé dans une creusure hémisphérique (29) des dits côtés de la carrure (28), ces
derniers présentant un chapelet d'éléments protecteurs (32) s'étendant tout le long
des dits côtés.
5. Carrure selon l'une ou l'autre des revendications précédentes, caractérisée en
ce que les dits éléments protecteurs (16, 17, 18; 32) sont en corindon fritté ou monocristallin,
transparent ou coloré.
6. Carrure selon la revendication 5, caractérisée en ce qu'une partie de la surface
des éléments protecteurs transparents (16, 17, 18; 32), légèrement inférieure à celle
qui est engagée dans la creusure (15, 29) de la tranche (14) de la carrure (1, 28),
est revêtue d'une couche métallique réfléchissante (19).
7. Procédé de fabrication de la carrure selon la revendication 1, caractérisé
- en ce qu'on forme des éléments cylindriques ou sphériques (23) en un matériau dur
au diamètre voulu,
- en ce qu'on les colle dans des creusures respectivement semicylindriques (15) ou
hémisphériques (29) de la tranche (14) d'une carrure brute (1, 28), sortant d'usinage,
- en ce qu'on meule la partie saillante de ces éléments de façon à n'en laisser subsister
qu'une petite partie
- et en ce qu'on soumet ensuite la carrure aux traitements de terminaison.
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé
- en ce que les dits éléments (23) qu'on forme, sont faits en corindon transparent
- et en ce qu'avant de les coller à la carrure (1, 28), on revêt un peu moins de la
moitié de leur surface d'une couche réfléchissante (19) par vaporisation sous vide,
en les déposant dans des alvéoles semicylindriques ou hémisphériques (24) d'un support
(25).