[0001] La présente invention est relative à la fabrication de tubes en fonte à graphite
sphéroïdal par coulée centrifuge et plus particulièrement à un traitement thermique
consécutif é la coulée centrifuge visant à doter le tube centrifugé d'une structure
permettant son allègement.
[0002] Les tubes - c'est-à-dire les tuyaux cylindriques d'épaisseur constante - en fonte
à graphite spéroï- dal ont actuellement, après coulée par centrifugation et traitement
thermique, une structure ferritique qui présente deux avantages: d'une part, cette
structure leur confère de bonne caractéristiques mécaniques (résistance élastique
et ductilité); d'autre part, cette structure ferritique est facilement obtenue par
traitement thermique après la coulée centrifuge, soit dans une coquille pourvue intérieurement
d'un revêtement épais d'un mélange pulvérulent de silice et de bentonite en suspension
dans l'eau (revêtement dit «wet-spray»), soit dans une coquille dépourvue d'un tel
revêtement.
[0003] Dans le cas de la présence d'un revêtement de «wet-spray» sur la coquille, on soumet
le tube, extrait de sa coquille et rapidement introduit dans un four avant qu'il ne
soit trop fortement refroidi, à un traitement thermique dit de «maintien de ferritisation»
à une temperature de l'ordre de 750°C, pendant un temps de l'ordre de 20 à 25 minutes,
puis on le laisse se refroidir naturellement.
[0004] Dans la cas d'absence de revêtement de «wet-spray» sur la coquille, on extrait le
tuyau de sa coquille de coulée et on l'introduit rapidement dans un four où on lui
fait subir un recuit de graphitisation à une température de l'ordre de 950°C pendant
un temps de l'ordre de 20 à 25 minutes, puis un maintien de ferritisation à une temperature
de l'ordre de 750°C pendant un temps de l'ordre de 15 à 20 minutes.
[0005] La Demanderesse s'est posé le problème d'obtenir économiquement des tubes en fonte
coulés par centrifugation qui soient plus légers que les tubes actuels, sans perte
sensible de caractéristiques mécaniques.
[0006] La Demanderesse a cherché à obtenir ce résultat en conférant au tube en fonte à graphite
sphéroidal, au lieu de la structure ferritique habituelle, une structure bainitique,
qui présente une résistance à la traction et une caractéristique d'allongement ainsi
qu'une caractéristique de résilience égales ou supérieures à celles de la structure
ferritique.
[0007] La structure ferritique est obtenue dans des tuyaux en fonte à graphite sphéroïdal
suivant le brevet FR 2 337 765 en centrifugeant une fonte contenant, notamment en
poids, 3, 4% de carbone, 2,6% de Silicium, 0,4% de manganèse et 0,04% de magnésium,
en laissant le tuyau centrifugé se refroidir dans son moule de centrifugation jusqu'à
une température supérieure à 800°C, en transportant le moule de centrifugation contenant
le tuyau encore rouge jusqu'à un poste de traitement de recuit où le moule de centrifugation,
entraîné en rotation, est obturé à ses extrémités et où le tuyau moulé est soumis
à l'action de gaz chauds en trois zones de températures, successivement décroissantes
jusqu'à environ 700°C, de manière que le tuyau se refroidisse lentement, et enfin
en démoulant le tuyau et en le laissant se refroidir à l'air libre.
[0008] La structure bainitique de la fonte sphéroïdale a déjà été recherchée pour des pièces
en fonte coulées en coquille, notamment pour des organes méchani- ques d'automobiles,
comme le montre par exemple le brevet FR 1 056 330, en raison des bonnes caractéristiques
mécaniques conférées par une telle structure.
[0009] Dans un article de la revue «Hommes et Fonderie» n ° 84 d'Avril 1978, est décrit
un traitement thermique d'obtention de cette structure bainitique. Le traitement thermique
décrit est celui dit de «la trempe étagée» qui permet d'aboutir à la structure bainitique
en passant par l'austénitisation par des phases successives de refroidissement à vitesses
différentes, dont une trempe, en partant de la pièce chaude, telle qu'elle vient d'être
moulée. Ce traitement présente l'avantage de ne pas nécessiter un chauffage initial
d'austénitisation.
[0010] Cependant, suivant la technique décrite dans cet article, étant donné la faible aptitude
à la trempe de la fonte à graphite sphéroïdal, non seulement il faut un contrôle très
serré des teneurs en carbone, en silicium et en manganèse de la fonte, mais encore,
si l'on veut traiter des pièces relativement épaisses, il faut apportér des éléments
d'alliages coûteux tels 'que le molybdène, particulièrement efficaces, même en quantités
modestes, pour accroïtre l'aptitude à la trempe de la fonte dans une mesure suffisante
pour que la trempe étagée évite la formation de perdite et aboutisse à la formation
de bainite.
[0011] La Demanderesse s'est au contraire posé le problème d'obtenir des tubes centrifugés
en fonte bainitique à graphite sphéroïdal sans apport d'éléments spéciaux onéreux
en faible quantité, tels que le molybdène.
[0012] A cet effet, l'invention a pour objet un tube centrifugé en fonte à graphite sphéroïdal,
du type dont la fonte possède la composition suivante en poids:

cette fonte ayant une structure bainitique.
[0013] Pour réaliser un tel tube, suivant l'invention, on part, comme connu, d'une fonte
à graphite sphéroïdal ayant la composition indiquée, on coule cette fonte dans une
coquille de centrifugation pourvue d'un revêtement réfractaire et refroidie extérieurement
par de l'eau, on laisse le tube centrifugé se refroidir en coquille jusqu'à une température
de l'ordre de 800 à 1000°C pour acquérir une structure austénitique, puis, suivant
l'invention toujours en coquille, on le refroidit énergiquement et uniformément sur
toute sa longueur par pulvérisation d'eau ou d'un mélange air et eau sur sa paroi
interne, jusqu'à environ 250 à 450°C, de manière à lui conférer une structure austénitique
ou bainitique, puis on démoule le tube de la coquille et on le place à l'intérieur
d'un four maintenu entre 250 et 450°C en vue de créer ou de maintenir une structure
bainitique, et l'on retire le tube du four pour le laisser refroidir à l'air.
[0014] L'expérience montre que le tube suivant l'invention possède un poids unitaire sensiblement
réduit et une pression de service sensiblement accrue, au prix d'une ovalisation plus
élevée sous le poids propre du tube, mais restant dans les limites acceptables.
[0015] L'invention est exposée ci-après plus en détail à l'aide des dessins annexés, qui
en représentent seulement un mode d'exécution. Sur ces dessins:
la Fig. 1 est une vue schématique partielle en coupe longitudinale d'une machine à
centrifuger des tubes en fonte, équipée d'un dispositif d'arrosage pour la mise en
oeuvre du procédé suivant l'invention, la machine étant en position de fin de coulée;
la Fig. 2 est une vue analogue à la Fig. 1 de la machine pendant la phase d'arrosage
du tube en coquille du procédé suivant l'invention;
la Fig. 3 est une vue en coupe transversale suivant la ligne 3-3 de la Fig. 2;
la Fig. 4 est une vue schématique en coupe transversale illustrant la phase de maintien
de bainitisation, à l'intérieurd'un four, du procédé de l'invention;
les Fig. 5 et 6 sont des diagrammes comparatifs du traitement thermique du procédé
de l'invention (courbes en trait plein) par rapport à des traitements thermiques antérieurs
connus, respectivement pour l'obtention d'une structure bainitique avec chauffage
d'austénitisation et pour l'obtention d'une structure ferritique dans la fabrication
classique des tubes en fonte centrifugés, ces courbes correspondant à des tubes de
diamètre nominal 1600 mm;
Les Fig. 7 et 8 sont des micrographies d'une structure de paroi de tubes centrifugés
en fonte à graphite sphéroïdal, respectivement à structure bainitique au grossissement
1000, et à structure ferrito-perlitique au grossissement 100.
[0016] Suivant l'exemple d'exécution des Fig. 1 à 3, l'invention est appliquée à la fabrication
de tubes en fonte à graphite sphéroïdal par coulée centrifuge.
[0017] Le procédé conforme à l'invention consiste à partir d'une composition de fonte à
graphite sphéroïdal qui est la suivante, en pourcentage en poids:

[0018] Cette composition de fonte a été modifiée par rapport à celle qui sert habituellement
à la fabrication de tuyau en fonte à graphite sphéroïdal à structure ferrito-perlitique
par rapport des éléments Ni et Cu qui n'existaient pas et par apport, de préférence,
d'un notable supplément de Mn, la fonte de base habituelle n'en contenant que 0,1
à 0,2%. Les éléments Ni, Cu, Mn ont la propriété d'améliorer la trempabilité de la
fonte.
[0019] On coule par centrifugation cette composition de fonte à graphite sphéroïdal dans
une machine à centrifuger illustré schématiquement aux Fig. 1 à 3.
[0020] Cette machine comprend essentiellement un chariot A mobile en translation grâce à
un vérin B. Ce chariot A porte une coquille métallique 1 de centrifugation, d'axe
X-X à peu près horizontal, par l'intermédiaire de galets C dont l'un au moins est
entraîné par un moteur M. La coquille 1 offre une cavité de moulage cylindrique de
même diamètre d'une extrémité à l'autre en vue d'obtenir un tube T de diamètre et
d'épaisseur de paroi constants sur toute sa longueur, donc sans emboîtement. Lu tube
T a par exemple une longueur de 6 à 8 m pour un diamètre intérieur qui peut aller
de 60 mm à 2000 mm suivant la machine à centrifuger et la coquille 1 utilisées.
[0021] La machine est pourvue, comme connu, d'un dispositif de refroidissement extérieur
de la coquille 1. Il peut s'agir de rampes de pulverisation d'eau réparties autour
de la coquille 1, à l'intérieur d'un carter ou d'une carrosserie enveloppant cette
coquille, ou bien d'une enveloppe d'eau circulant d'une extrémité à l'autre de la
coquille, et à l'extérieur de celle-ci, en circuit fermé. Dans un but de schématisation,
le dispositif de refroidissement extérieur de la coquille 1, quel qu'il soit, étant
connu en soi, n'a pas été représenté.
[0022] Par ailleurs, étant donné que l'invention s'applique de préférence, mais non exclusivement,
à la fabrication de tubes en fonte de grands diamètres, c'est-à-dire de diamètres
supérieurs à 700 mm et pouvant aller jusqu'à 2000 mm, on a représenté à côté de la
machine, à droite de la Fig. 1, une silhouette humaine S pour bien montrer le diamètre
important de la coquille 1 dans laquelle doit être coulé le tube T.
[0023] Bien que, pour les raisons exposées plus loin, c'est pour les grands diamètres que
le procédé de l'invention est le plus avantageux, ce procédé est également applicable
à la fabrication de tubes en fonte de petits et moyens diamètres, c'est-à-dire de
diamètres compris entre environ 50 et 600 mm.
[0024] A l'intérieur de la coquille 1 peut pénétrer à peu près parallèlement à son axe X-X
un canal de coulée E muni à l'amont d'un déversoir G alimenté en fonte liquide par
une poche basculante H.
[0025] L'ensemble du canal E et de son déversoir G est monté en porte à faux sur un chariot
2 mobile transversalement par rapport à l'axe X-X, c'est-à-dire suivant une direction
de bout par rapport au plan de la Fig. 1. Le chariot transversal 2 porte également
en porte à faux une longue conduite rigide ou rampe 3 de pulvérisation d'eau reliée
à une alimentation en eau sous pression non représentée. La conduite rigide 3 a une
longueur correspondant à celle du canal E, donc de la coquille 1, et est également
à peu près parallèle à l'axe X-X de la coquille 1. Elle est montée sur le chariot
transversal 2 avec un décalage par rapport au canal E d'une distance transversale
telle que par déplacement transversal du chariot 2, lorsque le canal E est à l'intérieur
de la coquille 1, la conduite rigide 3 est à l'extérieur et réciproquement.
[0026] La conduite rigide ou rampe 3 est pourvue sur toute sa longueur de paires de buses
jumelées 4 de pulvérisation d'eau. Les ajutages des buses 4, opposés deux à deux,
ont des sections réglables et réglées de manière à fournir chacune un débit d'eau
approprié en fonction de l'épaisseur du tube, qui est sensiblement constante surtoute
la longueur du tube T. Les moyens de réglage des sections des ajutages des buses 4,
connus en soi, ne sont pas représentés.
[0027] La coquille 1 est pourvue, avant chaque coulée, d'un revêtement réfractaire la dit
de «wet-spray», c'est-à-dire d'un mélange de poudre de silice et de bentonite en suspension
dans l'eau. Ce revêtement a par exemple une épaisseur comprise entre 0,05 et 0,8 mm.
Les constituants de ce mélange de revêtement sont dans les proportions suivantes:
500 à 3000 g de poudre de silice de granulométrie comprise entre 40 et 100 microns
et 10 à 40 g de bentonite per litre d'eau. Les organes de pulvérisation de ce revêtement,
connus en soi, n'ont pas été représentés.
[0028] Il est à noter qu'à la Fig. 1, ou le canal E se trouve en partie à l'intérieur de
la coquille 1, une partie de la conduite 3 à buses 4 n'est pas visible puisque cette
conduite est escamotée latéralement. Il faut considérer la Fig. 2 pour voir la conduite
3 avec la totalité de ses buses 4 introduites à l'intérieur de la coquille 1 en position
d'arrossage; la canal de coulée E est alors en position escamotée latéralement, devant
le plan de la Fig. 2, et n'a été représenté que partiellement, dans un but de clarté.
Ceci apparaît bien à la Fig. 3.
[0029] À l'aide de cette installation, on procède à la coulée d'un tube T par centrifugation
en introduisant dans la coquille le canal de coulée E puis en versant de la fonte
par ce canal tout en l'extrayant progressivement de la coquille. Conformément à l'invention,
on ne verse dans la coquille de centrifugation 1 qu'une quantité de fonte susceptible
de donner un tube centrifugé d'épaisseur beaucoup plus faible que l'épaisseur habituelle,
compte tenu du diamètre (voir plus loin le tableau de valeur numériques).
[0030] Lorsque la coulée du tube T est terminée, on fait subir à celui-ci le traitement
thermique suivant, qui consiste en une trempe étagée effectuée en partie à l'intérieur
de la coquille 1 de centrifugation et en partie dans un four de maintien, en vue d'obtenir
et de conserver une structure bainitique en évitant la formation de perlite.
[0031] Dans une première phase de ce traitement thermique (Fig. 5 et 6, courbe entrait plein),
on laisseletube T l'intérieur de la coquille 1 de centrifugation pour lui faire subir
une trempe de bainitisation, en passant par l'austénitisation, sans chauffage, en
profitant des calories de la coulée. On part donc d'un tube qui vient d'être centrifugé
et de se solidifier et est encore à une température de l'ordre de 1150°C (après le
passage du point a au point b sur la courbe en trait plein des Fig. 5 et 6).
[0032] Du fait que la coquille 1 est refroidie extérieurement, et que l'on laisse tourner
sur lui-même le tube T, celui-ci se refroidit lentement de a à b et de b à c, c'est-à-dire
de 1300 °C à 11 50° C et de 1150°C à 1000°C de manière pratiquement homogène; aux
alentours du point de la courbe en trait plein des Fig. 5 et 6 et même en-dessous
de ce point, par exemple jusqu'à 800°C, on note un faible écart de température entre
la paroi interne et la paroi externe, inférieur à 20°C. C'est-à-dire T à température
homogène qui se trouve ainsi austénitisé, c'est-à-dire avec une structure austénitique
au point c, sans apport de calories, mais par le refroidissement qui s'opère après
la coulée à l'intérieur de la coquille 1.
[0033] A partir de cet état homogène en température et en structure austénitique, le traitement
thermique de trempe ou refroidissement rapide est effectué à l'intérieur de la coquille
de centrifugation à l'aide de la rampe d'arrosage 3 et des buses de pulvérisation
4, par pulvérisation d'eau ou d'un mélange d'air et d'eau.
[0034] A cet effet, immédiatement après la coulée, on escamote latéralement le canal de
coulée par déplacement du chariot 2, on introduit entièrement dans la coquille de
centrifugation 1 la rampe d'arrosage 3 à buses 4, et l'on procède à l'arrosage de
la cavité du tube T qui vient d'être coulé, tout en continuant à faire tournér la
coquille 1. Bien entendu, le débit d'arrosage, théoriquement constant tout le long
du tube centrifugé, peut être ajusté localement, si l'on constate des irrégularités
locales de température de la coquille 1, bien que l'on cherche à rendre constant et
uniforme le refroidissement extérieur de celui-ci.
[0035] En procédant ainsi, lu tube T se refroidit de manière homogène. Cette phase de trempe
est représentée par le trajet c-d sur les courbes en trait plein des Fig. 5 et 6.
La température du tube T descend ainsi en quelques minutes d'environ 10006C (ou moins,
par exemple 800°C) à environ 350°C.
[0036] L'eau de pulvérisation est vaporisée à l'intérieur du tuyau en rotation et évacuée
de façon appropriée par des moyens non représentés.
[0037] En fait, la température de fin de trempe se situe entre 250°C et 450°C. Dans cette
zone de température qui se situe soit un peu au-dessus soit un peu au-dessous de la
valeur de 350°C inscrite sur les courbes des Fig. 5 et 6, le tube T a une rigidité
suffisante pour ne plus risquer d'ovalisation hors de la coquille de centrifugation.
Le tube a également obtenu grâce à la trempe c-d une structure exempte de perlite.
Sur les courbes des Fig. 5 et 6, la région correspondant à la perlite est située à
droite de cette courbe, à une certaine distance du tronçon c-d.
[0038] La seconde phase du traitement thermique consiste en un maintien en température pour
consolider ou fixer la structure bainitique (maintien de bainitisation). Pour cela,
à la suite de la phase de refroidissement rapide ou trempe précédente, on extrait
le tube T de la coquille de centrifugation, soit en arrêtant la rotation de celle-ci,
soit en continuant de la faire tourner pendant l'extraction, suivant le dispositif
extracteur dont on dispose. Comme représenté à la Fig. 4, on introduit le tube T démolé
dans un four-tunnel 5 à buses de chauffage 6, de type connu, réglé de manière à maintenir
le tuyau à une température constante comprise entre 250°C et 450°C, par exemple à
350°C, pendant 5 à 120 minutes (tronçon d-e de la turbe de trempe des Fig. 5 et 6),
ce temps de maintien étant à peu près le même pour tous les diamètres de tubes, à
10 minutes près.
[0039] Le temps de maintien en température vise à obtenir une structure bainitique homogène
offrant les caractéristiques mécaniques optimales indiquées plus loin.
[0040] Le tube T est porté dans le four 5 par une chaîne transporteuse 7 qui peut être d'un
type assurant simultanément la rotation du tube autour de son axe.
[0041] La dernière phase du traitement thermique consiste en un refroidissement rapide à
l'air libre: à l'expiration du temps de maintien de bainitisation, on retire le tube
T du four de maintien 5 et on le laisse refroidir à l'air libre suivant le tronçon
e-f des courbes en trait plein des Fig. 5 et 6, ce qui provoque un refroidissement
rapide, environ en une dizaine de minutes, à peu près jusqu'à la température ambiante.
L'ensemble des tronçons c-d-e-f de la courbe de refroidissement en trait plein représente
le trempe étagée du tube.
[0042] Les Fig. 5 et 6 illustrent les avantages du traitement thermique suivant l'invention,
représenté par les courbes en trait plein, par rapport aux traitements antérieurs
connus, représentés par les courbes en trait interrompu. On voit apparaître un important
gain de temps, mais ce n'est pas le seul avantage.
[0043] Comme le montre la courbe en trait interrompu de la Fig. 5, le traitement classique
d'obtention d'une structure bainitique d'une pièce moulée statiquement (qui n'est
donc pas un tube centrifugé) comporte un tronçon h-j-k-1 simulaire au tronçon c-d-e-f
du procédé de l'invention, mais décalé dans le temps d'environ une à deux heures en
raison des deux phases préalables 0-g de chauffage d'austénitisation, qui peut durer
de 20 minutes à 2 heures suivant les applications, et g-h de maintien d'austénitisation
à une température d'environ 1000°C, plus généralement comprise entre 800 et 1000°C.
Le traitement antérieur connu nécessite donc un apport de calories pour amener les
pièces traitées à la température d'austénitisation au lieu de traiter les pièces dans
le moule, immédiatement après leur coulée. Il est danc clair que le procédé de l'invention,
en économisant le chauffage d'austénitisation, apporte une importante économie d'énergie
par rapport à un tel traitement.
[0044] A la Fig. 6, le traitement thermique de l'invention est comparé à la technique antériere
de traitement thermique de ferritisation (recuit). Le traitement thermique antérieur
(courbe en trait interrompu) possède en commun le tronçon a-b-c avec la courbe en
trait plein de l'invention. Ensuite, le reste de la courbe c-m-n-p-q est sensiblement
différent de la courbe c-d-e-f du procédé de l'invention. Dans le processus de ferritisation,
on laisse le tube à l'intérieur de sa coquille de centrifugation suivant la courbe
a-b-c-m: ceci correspond à un refroidissement à vitesse modérée, du fait du refroidissement
extérieur de la coquille de centrifugation et du refroidissement interne naturel du
tube centrifugé. De a à c, la structure austénitique se forme. Au-delà de c- cette
structure n'est pas maintenue, mais le refroidissement continue jusqu'en m, point
où l'on procède à l'extraction hors de sa coquille du tube suffisamment refroidi pour
éviter une ovalisation notable. Il s'ensuit un refroidissement à l'air un peu plus
lent jusqu'à ce que l'on introduise le tube dans un four de recuit de ferritisation
à une température de l'ordre de 750°C. Comme on le voit, un apport de calories est
nécessaire, à l'intérieur du four de recuit, pour l'obtention de la structure ferritique,
suivant la partie ascendante m-n de la courbe, ainsi que pour le maintien en température
suivant le tronçon n:2.. Cet apport de calories est sensiblement supérieur à celui
qui est nécessaire au maintien de bainitisation suivant le tronçon d-e de la courbe
en trait plein, dans le four de maintien 5, et ce d'autant plus que la température
de maintien de bainitisation est beaucoup plus basse (350°C environ) que la température
de maintien de ferritisation (environ 750°C). On remarque en particulier que la température
de maintien de bainitisation est suffisamment basse pour que l'extraction du tube
à cette température ne pose aucun problème et qu'il ne soit pas nécessaire de réchauffer
ce tube lors de son introduction dans le four 5. En conséquence, par rapport à la
technique antérieure de traitement thermique de ferritisation des tubes en fonte centrifugés,
le procédé de l'invention permet également une économie sensible d'énergie.
[0045] Du fait de la rotation du tube pendant qu'il est encore à l'intérieur de la coquille
de centrifugation, c'est-à-dire pendant les phases de traitement thermique représentées
par les tronçons a-b-c-d des courbes en trait plein des Fig. 5 et 6, donc pendant
le refroidissement naturel et pendant la trempe par arrosage, le refroidissement du
tuyau est homogène.
[0046] La structure bainitique permet de réduire l'épaisse- ment de paroi, et donc le poids
unitaire, des tubes grâce à ses bonnes propriétés mécaniques. Cette sensible diminution
d'épaisseur est en outre avantageuse pour l'homogénéité du refroidissement pendant
les phases a-b-c-d, et en particulier pour l'aptitude à la trempe: elle assure l'efficacité
de cette trempe suivant la phase c-d de la courbe de traitement thermique, à travers
toute l'épaisseur du tube centrifugé, sans qu'il soit nécessaire d'ajouter à la composition
de la fonte des éléments métalliques coûteux ayant un effet trempant, c'est-à-dire
facilitant la trempe, tels que le molybdène. En d'autres termes, la réduction sensible
d'épaisseur des tubes de fonte centrifugés apporte une économie sensible sur la composition
de la fonte.
[0047] On a vu également que le traitement d'austénitisa- tion et de bainitisation suivant
les phases b-c-d de la courbe de traitement thermique du tube T à l'intérieur de la
coquille de centrifugation évite toute déformation du tube, donc toute ovalisation
pendant qu'il est encore à température élevée: en effet, la coquille de centrifugation,
servant de support au tube, maintient sa forme parfaitement cylindrique, et ceci malgré
la réduction notable d'épaisseur qui augmente sa tendance à l'ovalisation. Cette tendance
à l'ovalisation poserait de sérieux problèmes si le tube était extrait de la coquille
de centrifugation à une température plus élevée, par exemple au-dessus de 500°C.
[0048] La réalisation du traitement thermique suivant l'invention, et plus particulièrement
de la phase d'arrosage ou de pulvérisation d'eau à l'intérieur de la cavité du tube
suivant le tronçon c-d, est particulié- rement simple et économique par rapport à
un traitement classique de trempe en bain de sel qui nécessiterait d'ailleurs un transport
du tube hors de sa coquille alors qu'il est encore chaud et une manuten- . tion d'immersion
du tube dans un bain de sel. Le procédé de l'invention permet d'économiser cette manutention
et d'éviter en même temps le risque d'ovalisation qu'elle comporte.
[0049] Le gain sensible de temps mentionné plus haut permet d'augmenter les cadences de
fabrication des tubes centrifugés en fonte à graphite sphéroïdal à structure bainitique.
L'arrosage de l'intérieur du tuyau centrifugé pendant la phase de trempe diminue le
temps de séjour du tube centrifugé dans la coquille de centrifugation. C'est ce que
l'on voit en comparant les deux courbes de la Fig. 6, sur lesquelles l'extraction
du tube hors de la coquille se situe au point m dans la technique connue alors qu'elle
se situe au point d, 5 à 10 minutes avant, dans le procédé de l'invention.
[0050] Il en résulte avantageusement pour la coquille de centrifugation une réduction sensible
des contraintes thermiques car les calories à évacuer sont inférieures d'environ 30
à 40%, par rapport à la technique antérieure de fabrication des tubes en fonte à structure
ferritique, du fait de l'évacuation de chaleur par l'eau d'arrosage et de la diminution
de la quantité de fonte versée à l'intérieur de la coquille. En conséquence, la durée
de vie des coquilles de centrifugation, qui sont les éléments les plus importants
et les plus coûteux du matériel de centrifugation, doit être notablement allongée
par rapport à la technique antérieure.
[0051] Enfin, le tube de l'invention centrifugé en fonte à graphite sphéroïdal à structure
bainitique, malgré sa réduction sensible d'épaisseur, qui apporte un allègement facilitant
sa manutention, conserve des caractéristiques mécaniques sensiblement équivalentes
à celles des tubes antérieurs ferritiques au prix d'une plus grande sensibilité à
l'ovalisation, sensibilité restant cependant tolérable du fait que le tube ne subit
aucune manutention lorsqu'il est à température élevée sujette à l'ovalisation.
[0052] En ce qui concerne les caractéristiques mécaniques du tube suivant l'invention, le
tableau ci-après donne des exemples numériques de dimensions, de poids, de pression
de service garantie et d'ovalisation pour des tubes destinés à être enterrés sous
une épaisseur deterre de 4 m et pour des tuyaux de grand diamètre, c'est-à-dire supérieur
à 700 mm de diamètre nominal. Les valeurs concernant le tube bainitique de l'invention
sont comparées à celles de la technique antérieure concernant un tube ferritique et
un tube ferritique allégé. Dans ce tableau, le coefficient K, défini par la norme
internationale ISO 2531, caractérise l'épaisseur du tuyau suivant la formule: e =
K (0,5 + 0,001 D.N.) dans laquelle:
e = épaisseur en mm de la paroi de tube
DN = diamètre nominal.

[0053] On voit sur le tableau ci-dessus que le gain de poids unitaire que l'invention permet
d'obtenir est d'autant plus important que le diamètre du tube est plus grand.
[0054] A titre comparatif et à l'avantage du tube à structure bainitique de l'invention,
les caractéristiques mécaniques obtenues sont les suivantes:
- limite élastique 55 à 75 daN/mm2 (au lieu de 30 environ pour la structure ferritique)
- allongement supérieur à 10% (comme le tube ferritique);
- résistance à la rupture 70 à 110 daN/mm2 (tube ferritique 45 daN/mm2 environ).
[0055] La Fig. 7 représente une structure micrographique bainitique. Dans cette structure,
les plages noires que l'on aperçoit dans les angles supérieur et inférieur de gauche
sont des parties de nodules de graphite. Les formes allongées ressemblant à des fougé-
res sont des zones de ferrite; on voit qu'elles couvrent la plus grande partie de
la surface de la micrographie. Les zonee blanches les plus importantes correspondent
à de l'austénite résiduelle; on voit qu'elles ne couvrent qu'une faible partie de
la surface de la micrographie. C'est l'ensemble de cette structure, reconnaissable
seulement au grossissement 1000 et non au grossissement 100, que l'on appelle «bainitique».
[0056] A titre comparatif, suivant la micrographie de la Fig. 8 au grossissement 100, à
l'attaque au NITAL, il s'agit d'une fonte à graphite sphéroïdal ferrito-perlitique,
à 40% de ferrite et à 50% de perlite, le reste étant du graphite sphéroïdal. Les plages
noires rondes sont des nodules de graphite. Les nodules sont entourés de zones blanches
constituant la ferrite. Les zones grises restantes sont de la perlite. Il s'agit de
la structure d'un tube centrifugé de type classique.