[0001] L'invention a trait à un boîtier antivol réutilisable pour l'offre en vente en libre
service d'articles, comprenant un couvercle maintenu par un verrou à déclenchement
combiné mécanique et électromagnétique provoqué. par l'action d'un dispositif-clé.
[0002] L'invention a été conçue pour tenir compte des particularités de la vente en libre
service, telle qu'elle est pratiquée notamment dans les magasins dits en grande surface,
où les articles et marchandises sont offerts en vente dans différents rayons à la
clientèle, qui constitue elle-même l'ensemble des articles et marchandises qu'elle
veut acquérir, et parachève la vente en se présentant à une caisse où est effectué
le paiement. Ce mode d'offre en vente a l'avantage d'augmenter sensiblement le volume
de vente par agent, et de donner à la clientèle une sensation de liberté de choix.
Par contre l'inconvénient majeur est de faciliter le vol, surtout d'articles de petite
taille qui peuvent être aisément dissimulés pour franchir les caisses.
[0003] Pour réduire ce type de vol, dit parfois démarque inconnue, il est d'usage d'offrir
en vente les articles de petite taille dans des emballages constitués par une feuille
de base en carton ou analogue recouverte d'une feuille d'un plastique transparent
formée pour ménager des logements pour les articles. Ce type d'emballage est souvent
dit "blister". Pratiquement la feuille de base est sensiblement rectangulaire, avec
un moyen de suspension, oeillet ou crochet formé dans un prolongement d'un petit côté
du rectangle, le rectangle ayant souvent des dimensions supérieures à celles d'une
poche usuelle de vêtement.
[0004] Mais de tels emballages d'offre en vente sont du type perdu ; ils doivent être aisément
destructibles pour que les acquéreurs puissent avoir accès aux articles sans outillage
particulier. Lorsque les articles qu'ils enferment ont une valeur intrinsèque relativement
élevée, ou une valeur d'attraction particulière pour une clientèle à moyens réduits,
ces emballages perdus n'offrent pas pour le magasin une sécurité suffisante, car ils
peuvent être ouverts pour récupérer l'article contenu, puis jetés, tandis que l'article
est dissimulé, à distance suffisante des caisses pour que la tentative de vol ne soit
pas vue. Ainsi il est très rare que soient présentées en libre service des montres
ou des cassettes magnétiques enregistrées, au moins dans des magasins non spécialisés
où la surveillance est moins active.
[0005] On a créé et utilisé des boîtiers, dont la forme générale est celle des emballages
perdus, mais qui sont réutilisables car ils présentent un couvercle maintenu par un
verrou qui est ouvert à l'aide d'un dispositïf-clé. situé à la caisse. En principe
cette disposition augmente sérieusement la sécurité contre le vol suivant le processus
indiqué plus haut. Il est clair que le dispositif réutilisable peut être plus cher
que les emballages à jeter.
[0006] Mais le degré de sécurité obtenu est directement fonction de l'inviolabilité du verrou.
Un verrou classique à clé serait inefficace, la nécessité d'ouverture rapide à n'importe
quelle caisse suppose à la fois que tous les verrous correspondent à la même clé,
et que celle-ci soit réalisée à nombre d'exemplaires ; la réalisation de fausses clés
serait inéluctable.
[0007] Dans une disposition connue, le verrou est constitué par un dispositif électromagnétique
analogue à une gâche électrique; le dispositif-clé, situé aux caisses, comporte donc
une source d'énergie électrique pour la commande du verrou. Pour éviter des ouvertures
frauduleuses les éléments de connexion du dispositif-clé au verrou de boîtier ont
une forme inusuelle, notamment pour rendre difficilement accessibles les bornes sur
le boîtier. En outre la partie mâle de la fiche de connexion portée par le dispositif-clé
est adaptée à chasser un verrou auxiliaire mécanique qui condamne la manoeuvre du
verrou électromagnétique.
[0008] Cette disposition, prévue pour rendre très difficiles les ouvertures frauduleuses,
s'est révélée à l'usage susceptible d'être forcée. En effet la force applicable à
l'armature mobile d'une gâche électrique est très limitée, ce qui nécessite des démultiplications,
et rend la fermeture très sensible aux chocs. En outre le verrou auxiliaire mécanique
peut être sollicité de l'extérieur, en introduisant une pointe dansle logement ménagé
dans le boîtier pour l'entrée de la partie mâle, portée par le dispositif-clé, de
la fiche de connexion ; en résultat le boîtier peut être ouvert.
[0009] L'invention a pour objet un boîtier antivol, à ouverture combinée électromagnétique
et mécanique, qui ne présente pas ces inconvénients.
[0010] A cet effet l'invention propose un boîtier antivol réutilisable pour l'offre en vente
en=libre service d'articles, comprenant un couvercle maintenu par un verrou à déclenchement
combiné mécanique et électromagnétique provoqué par l'action d'un dispositif-clé adapté,
caractérisé en ce que le verrou comporte un moyen de pêne adapté à être rétracté en
réponse à la poussée d'une tige profilée portée par le dispositif-clé et pénétrant
dans le boîtier par une ouverture profilée complémentaire de la tige, une masselotte
en matériau ferromagnétique, disposée en sorte d'interdire la rétraction du moyen
de pêne, étant apte à libérer celui-ci en s'effaçant à l'encontre d'un ressort sous
l'action d'un champ magnétique créé par le dispositif-clé.
[0011] On comprendra que la commande mécanique, par l'intermédiaire de la tige profilée
portée par le dispositif-clé, autorise la manoeuvre d'un verrou à relativement longue
course et pratiquement insensible au choc. Par ailleurs, l'effacement de la masselotte
ferromagnétique implique l'application d'un champ magnétique de direction et intensité
convenables, ce qui suppose la mise en oeuvre d'un appareillage inusuel.
[0012] De préférence le moyen de pêne comprend un ressort formé de deux arcs de concavités
opposées, réunis par leurs extrémités et en appui sur des butées solidaires du boîtier.
La poussée de la tige profilée est appliquée à une pièce de poussée disposée au sommet
d'un premier arc, du côté convexe, tandis qu'une traverse porte-pênes est fixée au
sommet du second arc. La poussée sur la pièce de poussée, à l'encontre des appuis
d'extrémités sur les butées provoque la réduction de la flèche du premier arc, et
conjointement l'extension de la corde ; celle-ci étant commune aux deux arcs, la flèche
du second se réduit, entraînant en arrière la traverse porte-pênes.
[0013] De préférence la masselotte est de forme de révolution et disposée à l'intérieur
du ressort, pour s'effacer latéralement suivant son axe de révolution sous l'effet
du champ magnétique, en sorte, au repos, d'interdire la déformation du ressort par
action sur la pièce de poussée. Une saillie au sommet du premier arc, du côté concave,
est apte à pénétrer dans une gorge de la masselotte dès que la pièce de poussée est
sollicitée. Ainsi la masselotte ne peut plus s'effacer, si l'effacement n'a pas précédé
l'action sur la pièce de poussée. L'appui des extrémités du ressort sur les butées
n'est positif qu'à l'encontre d'une poussée sur la pièce de poussée, en sorte que
la fermeture du couvercle, en repoussant la barre de pêne, soit possible sans l'aide
d'un dispositif-clé.
[0014] Les caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront d'ailleurs de la description
qui va suivre à titre d'exemple, en référence aux dessins annexés dans lesquels :
la figure 1 est une vue générale en plan d'un boîtier selon l'invention ;
la figure 2 est une coupe suivant le plan II-II de la figure 1 ;
la figure 3 est une coupe suivant le plan III-III de la figure I ;
la figure 4 est une coupe suivant le plan IV-IV de la figure 1 ;
la figure 5 est une vue perspective d'un boîtier ouvert ;
la figure 6 est une perspective partiellement arrachée d'un dispositif-clé pour l'ouverture
du boîtier selon l'invention.
[0015] Selon la forme de réalisation choisie et représentée figures 1 à 4, le boîtier 1
dans son ensemble comprend une plaque de base 10, sensiblement rectangulaire avec
des angles arrondis, et un prolongement trapézoïdal 10a, décroché par rapport au plan
de la plaque de base 10, au milieu d'un petit côté, une lumière en crochet 10b permettant
de suspendre le boîtier 1.
[0016] Dans la plaque de base 10 sont ménagées, par moulage, deux dépressions parallélépipédiques,
soit un logement 20 pour l'article, et une cuvette 12 pour le dispositif de verrou,
logement 20 et cuvette 12 étant contigus par une paroi 10c de séparation. Un couvercle
11, articulé sur la plaque de base 10 par un axe 19, proche du petit côté de la plaque
de base opposé au prolongement 10a comporte des rebords (figure 5) lla, llb, llc qui
se placent adjacents respectivement à la paroi 10c et les deux parois adjacentes du
logement 20, lorsque le couvercle 11 est rabattu à fleur de la plaque de base 10.
[0017] La cuvette 12 sert de logement au mécanisme de verrou du boîtier, et est fermée par
une plaquette 12a, scellée par soudure aux ultrasons, et venant à fleur de la plaque
de base 10. Dans la cuvette 12 on trouve un ressort de verrou 13, constitué de deux
arcs 13a et 13b de concavités opposées reliés par leurs extrémités, celles-ci venant
en appui sur deux butées 18 et 18' solidaires du boîtier 1. Le premier arc 13a porte
à son sommet, du côté convexe une pièce de poussée 14, tenue parallèlement au grand
axe de la plaque de base 10, en regard d'ouvertures profilées 14a pratiquées dans
le petit côté de la plaque de base 10, en dessous du prolongement d'attache 10a. Le
second arc 13b porte à son sommet une traverse 15 qui porte deux pênes 15a et 15'a
qui traversent la paroi 10c pour pénétrer dans des gâches ménagées dans le rebord
lla. On notera que l'appui des extrémités de ressort 13 est positif à l'encontre de
sollicitations d'enfoncement de la pièce de poussée 14.
[0018] A l'intérieur du ressort 13 est disposée une masselotte 17 en métal ferromagnétique
de forme générale de révolution, capable de se déplacer suivant son axe perpendiculairement
à la plaque de base 10, sous l'action d'un champ magnétique qui l'attire vers cette
plaque de base 10, à l'encontre d'un ressort 17a qui maintient la masselotte dans
le plan du ressort 13.
[0019] L'arc 13a porte à son sommet, du côté concave une saillie 16, en regard d'une gorge
périphérique 17b usinée dans la masselotte 17.
[0020] L'axe d'articulation de couvercle 19 est disposé dans un compartiment du couvercle
11, constitué par la face de celui-ci, un fond lld perpendiculaire au plan général
du couvercle 11, et un retour Ile parallèle à ce plan général, et à égale distance
de ces trois éléments de paroi. Des voiles 19a et 19'a, circulaires et coaxiaux à
l'axe 19, viennent tangents aux trois éléments de paroi 11, lld, lle précités ; ainsi
l'articulation comporte deux guidages coopérants. On précisera plus loin le rôle de
cette disposition.
[0021] La figure 5, qui montre le boîtier 1 ouvert en perspective, facilitera la compréhension
du fonctionnement de l'ouverture, conjointement avec la figure 6 qui représente un
dispositif-clé 25 dans son ensemble.
[0022] Pour l'ouverture le boîtier 1 est présenté, fermé, sur le dispositif-clé 25, plaque
de base sur le dessus, en sorte que le prolongement 10a pénètre dans la fente 29,
à plat sur la platine 25a. La tige cruciforme 26 s'engage dans l'ouverture 14a, qui
est suivie d'un diaphragme non référencé qui présente une ouverture en croix. Avant
que la tige 26 vienne en contact avec la pièce de poussée 14, le prolongement 10a
a sollicité l'organe mobile d'un interrupteur 28, afin de mettre sous tension un bobinage
disposé dans une carcasse ferromagnétique, dont on voit l'émergence du noyau en 27.
La masselotte 17 s'aimante dans le champ de l'armature, et, comprimant le ressort
10a, s'efface de devant la saillie 16. En poursuivant l'engagement du boîtier, on
amène la tige 26 à repousser la pièce d'appui 14 tandis que la saillie 16 passe au-dessus
de la masselotte 17. L'arc 13a s'écrase, en écartant ses extrémités en appui sur les
butées 18 et 18', ce qui entraîne l'écrasement de l'arc 13b et la rétraction des pênes
15a, 15'a. Le couvercle 11, sollicité en ouverture par une légère précontrainte, peut
s'ouvrir pour donner accès à l'article.
[0023] On remarquera que les dispositions relatives du couvercle 11 dans son ensemble, et
du logement 20 sont telles qu'une feuille mince et rigide, par exemple une lame de
canif ou de rasoir de sûreté, engagée dans les feuillures entre couvercle et logement,
ne peut avoir accès aux parties sensibles du boîtier ; les pênes 15a, 15'a ne présentent
pas de rampes pour la fermeture automatique du boîtier, les rampes étant ménagées
en retrait dans le rebord lla, en dessous des pênes. Par ailleurs les voiles 19a,
19'a, qui participent au guidage en pivotement du couvercle font obstacle à l'accès
à l'axe 19.
[0024] A propos de la fermeture du boîtier après logement d'un article, on remarquera que
l'appui unilatéral des extrémités de ressort 13 sur les butées 18, 18' autorise le
recul des pênes 15a, 15'a sans que les arcs 13a, 13b se déforment symétriquement par
rapport à l'alignement des butées 18, 18', car les extrémités du ressort s'écartent
des butées.
[0025] Dans la réalisation décrite ici, toutes les pièces du boîtier, à l'exception des
organes de verrou, sont réalisées par moulage de polycarbonate cristal coloré, afin
notamment de rendre visible l'article. En effet l'offre en vente de l'article ne serait
pas commercialement loyale si cet article était invisible ou indiscernable.
[0026] On précise par ailleurs que le boîtier décrit, prévu pour l'offre en vente de cassettes
de bandes magnétiques enregistrées, comporte un logement d'article 20 adapté au format
de l'article, tandis que la plaque de base mesure environ 21 sur 17 centimètres, afin
que le boîtier ne puisse être dissimulé dans une poche usuelle. Mais bien entendu
les dimensions du logement et de la plaque de base sont adaptables respectivement
pour se conformer à l'article, et pour tenir compte des moyens de dissimulation qu'il
serait tentant de mettre en oeuvre, en relation avec la valeur de l'article.
[0027] Il est donc évident que l'invention n'est pas limitée aux exemples décrits, mais
en englobe toutes les variantes d'exécution.
1. Boîtier antivol réutilisable pour l'offre en vente en libre service d'articles,
comprenant un couvercle (11) maintenu par un verrou à déclenchement combiné mécanique
et électromagnétique provoqué par l'action d'un dispositif-clé (25) adapté, caractérisé
en ce que le verrou comporte un moyen de pêne (13, 14,15,16) adapté à être rétracté
en réponse à la poussée d'une tige profilée portée par le dispositif-clé et pénétrant
dans le boîtier (1) par une ouverture profilée (14a) complémentaire de la tige, une
masselotte (17) en matériau ferromagnétique, disposée en sorte d'interdire la rétraction
du moyen de pêne (13,14,15,16), étant apte à libérer celui-ci en s'effaçant à l'encontre
d'un ressort (17a) sous l'action d'un champ magnétique créé par le dispositif-clé
(25).
2. Boîtier selon la revendication 1, caractérisé en ce que le moyen de pêne comprend
un ressort (13), formé de deux arcs (13a,13b) de concavités opposées, réunis par leurs
extrémités, et en appui par ces extrémités sur des butées (18,18') solidaires du boîtier,
une pièce de poussée (14) pour ladite tige profilée étant disposée au sommet d'un
premier arc (13a) du côté convexe, tandis qu'une traverse (15) porte-pênes (15a,15'a)
est fixée au sommet du second arc (13b).
3. Boîtier selon la revendication 2, caractérisé en ce que ladite masselotte (17),
de forme générale de révolution autour d'un axe, est disposée entre lesdits arcs (13a,13b)
de ressort avec son axe perpendiculaire au plan général qu'ils définissent, et comporte
une gorge périphérique (17b) en regard d'une saillie (16} formée dans le premier arc
(13a) en prolongement de ladite pièce de poussée (14) du côté concave, l'appui des
extrémités d'arcs de ressort n'étant positif qu'à l'encontre d'une poussée sur la
pièce de poussée (14).
4. Boîtier selon une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'il
comporte une plaque de base (10) généralement rectangulaire, un logement parallélépipédique
(20) pour l'article avec un fond et des parois latérales (21,21') formée dans la plaque
de base, ledit couvercle (11) venant compléter le logement (20) à fleur de la plaque
(10) de base, et une cuvette (12) venue de moulage dans la plaque de base (10), contiguë
au logement d'article (20) par une paroi (10c), contenant le verrou et fermée par
une plaquette (12a) scellée à fleur de la plaque de base (10).
5. Boîtier selon la revendication 4, caractérisé en ce que le couvercle présente des
rebords (11a,11b,11c) se juxtaposant intérieurement aux parois (10c,21,21') du logement
(20), en position fermée.
6. Boîtier selon la revendication 4 ou la revendication 5, caractérisé en ce que le
couvercle (11) est articulé sur la plaque de base (10) par un axe (19), du côté du
logement (20) opposé à la paroi commune (10c) avec la cuvette (12) logeant le verrou,
l'articulation étant disposée dans un compartiment (1l,lld,lle) terminant le couvercle,
avec un fond perpendiculaire (lld) au plan général du couvercle (11) et un retour
(lle) parallèle à ce plan, ce retour (lle) se plaçant à fleur du fond de logement
(20) en position fermée du couvercle (11).
7. Boîtier selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'axe d'articulation (19)
étant disposé équidistant du plan général du couvercle (11), et du fond (lld) et du
retour (lle) du compartiment d'articulation, des voiles (19a,19'a) à profil circulaire
solidaires de la plaque de fond sont disposées coaxiaux à l'axe d'articulation, et
tangents aux trois côtés (11,11d,11e) du compartiment d'articulation.
8. Boîtier selon une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'au
moins le couvercle (11) est constitué d'une matière plastique transparente.
9. Boîtier selon une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la
plaque de base (10) est munie d'un moyen de suspension (10a,10b) en prolongement d'un
de ses petits côtés.
10. Boîtier selon une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que la
plaque de base (10) présente un format d'au moins 21 centimètres sur 17 centimètres.