[0001] La présente invention se réfère aux mécaniques d'armure à double lève dans lesquelles
les crochets pris par l'un des deux cadres de griffes qui se déplacent verticalement
en sens inverse l'un de l'autre, se décalent angulairement autour de l'axe de leur
tige de manière à échapper à l'autre cadre sans qu'on ait à prolonger à cet effet
la durée de ce qu'on appelle la presse, c'est-à-dire de la phase durant laquelle lesdits
crochets sont sélectivement repoussés par les aiguilles correspondantes.
[0002] Cette mécanique, dont on peut dire qu'elle est à crochets orientables, a été décrite
dans le brevet français 72 13495 du 11 Avril 1972. Grâce à la réduction du temps de
presse, elle s'est avérée pouvoir fonctionner à des cadences nettement supérieures
à celles des mécaniques classiques. Toutefois l'expérience a montré qu'avec des métiers
marchant à très grande vitesse on assistait parfois à des fautes de sélection. Grâce
à une étude minutieuse du comportement des crochets sur de tels métiers, on a pu déterminer
que cela provenait d'une orientation défectueuse de ceux-ci sur les lames du cadre
de retenue. Ces lames devraient normalement amener les becs qu'elles supportent à
se trouver orientés exactement dans des plans verticaux perpendiculaire à elles ;
or on relève parfois de légères déviations angulaires momentanées qui sur les métiers
du genre en question peuvent atteindre des valeurs telles que la levée sélective des
crochets s'en trouve affectée.
[0003] La présente invention vise à remédier à cet inconvénient.
[0004] Conformément à l'invention l'on assure la retenue des crochets à la position basse
de repos non plus par un cadre coopérant avec des becs de retenue, mais bien à l'aide
d'une planche de fond fixe pourvue pour chaque crochet d'une dépression à entrée évasée
au fond de laquelle l'extrémité inférieure de la tige du crochet, conformée en oeillet
ou analogue vient se centrer à une position angulaire précise par rapport à l'axe
de la tige.
[0005] Suivant une autre caractéristique de l'invention l'on complète ce moyen d'orientation
du crochet considéré en interposant entre l'extrémité inférieure de celui-ci et la
lisse correspondante une lamelle élastique qui coulisse par ailleurs dans une fente
d'une planche de guidage fixe prévue au-dessous de la planche de fond précitée. Ainsi
cette lamelle tend constamment à rappeler le crochet à l'orientation de repos prévue.
Son élasticité permet les rotations de 45° de la tige autour de son axe sans leur
opposer une résistance gênante, mais elle détermine un couple de rappel qui évite
ou limite toute rotation exagérée et contribue à. ramener le crochet à son orientation
de repos.
[0006] Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention,
les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de
procurer :
Fig. 1 est une vue schématisée d'une mécanique suivant l'invention, un seul des crochets
de celle-ci étant représenté.
Fig. 2 est une vue en élévation de ce crochet.
Fig. 3 en est une vue en plan.
Fig. 4 est une vue en perspective à grande échelle montrant la partie basse d'un crochet,
la lamelle élastique qui lui est attachée, ainsi que la planche de fond et la planche
de guidage qu'elle traverse.
Fig. 5 et 6 sont des coupes à encore plus grande échelle suivant V-V et VI-VI.
Fig. 7 est une vue en plan de la dépression montrée en fig. 5 et 6.
[0007] On a schématisé en fig. 1 une mécanique comportant application de la présente invention.
Celle-ci comprend des crochets à tige unique dont un seul a été représenté en 1. Chacun
d'eux est commandé à la sélection par une aiguille 2 comportant une boucle 2a qui
entoure sa tige. Les aiguilles 2 traversent une plaque 3 et reçoivent l'action sélective
de butoirs 4 guidés par une autre plaque perforée 5. A chaque aiguille 4 est associée
une aiguillette 6, laquelle est propre à coopérer avec le papier perforé 7 de la mécanique.
Lorsqu'une aiguillette 6 rencontre un plein du papier, elle est soulevée et le butoir
4 entre ainsi en contact avec une butée 8 qui oscille horizontalement, l'aiguille
2 est alors repoussée à l'encontre de la réaction d'un ressort R en entraînant le
crochet 1 considéré.
[0008] Dans le cas d'un trou palpé par l'aiguillette le butoir 4 échappe à l'action de la
butée 8 si bien que le crochet n'est pas poussé par l'aiguille 2.
[0009] En fig. 2 et 3 l'on a référencé 9 la tige d'un crochet. Celle-ci porte à son extrémité
supérieure un premier bec principal 10 (fig. 2), puis un peu plus bas un second bec
principal 11, orienté en plan (fig. 3) à 90° du précédent, 'puis beaucoup plus bas
encore un bec de retenue 12 disposé en plan suivant la bissectrice de l'angle des
becs précédents. L'extrémité inférieure de la tige 9 est enfin recourbée sur elle-même
sous la forme d'un oeillet 13, lequel est incomplètement fermé dans la forme d'exécution
représentée, cet oeillet étant destiné à être relié à la lisse correspondante 14 (fig.
1) à la façon qu'on exposera plus loin.
[0010] Les becs principaux 10 et 11 sont destinés à coopérer avec les lames respectives
15 du cadre de griffes supérieur 16 et 17 du cadre de griffes inférieur 18, ces deux
cadres allant et venant verticalement en sens inverse l'un de l'autre. Quant au bec
de retenue, il coopère de son côté avec l'une des lames 19 du cadre fixe de pas ouvert
20.
[0011] Telle qu'on l'a décrite jusqu'ici la mécanique à crochets orientables suivant la
présente invention est semblable à celle décrite dans le brevet mentionné plus haut.
[0012] Toutefois dans cette mécanique antérieure les crochets 1 non soulevés étaient supportés
par le moyen d'un second cadre fixe situé au-dessous du cadre de pas ouvert 20 et
sur les lames duquel les becs 12 venaient reposer, ces lames assurant leur orientation
de repos indiquée en fig. 3, c'est-à-dire le bec de retenue 12 considéré se trouvant
exactement dans un plan vertical perpendiculaire aux lames 15, 17 et 19. Au lieu de
celà, conformément à la présente invention il est prévu à cet effet une planche de
fond 21 creusée de dépressions 22 dans lesquelles les oeillets 13 viennent se disposer.
Comme montré fig. 4 à 7, chaque dépression 22 présente en plan un profil d'entrée
grossièrement elliptique référencé 22a en fig. 7, ce profil comportant un grand axe
22b. La largeur de la dépression 22 va en diminuant à mesure qu'on se rapproche de
son fond de sorte que dans un plan vertical transversal au grand axe 22b, son profil
est celui d'une cupule, comme indiqué en 22c en fig. 6. Dans le plan vertical du grand
axe 22b ce profil est une demi-circonférence identique à celle de la périphérie inférieure
de l'oeillet 13.
[0013] Le fond de la dépression 22 est perforé d'une ouverture circulaire 23 dont le profil
vient s'inscrire à l'intérieur de celui 22a de l'entrée de la dépression 22.
[0014] Bien entendu les grands axes 22b sont orientés de façon que lorsqu'un oeillet 13
repose sur le fond de la dépression 22 correspondante, le bec de retenue 12 du crochet
dont cet oeillet est solidaire se trouve bien lui-même orienté comme indiqué en fig.
3.
[0015] A l'oeillet 13 de chaque crochet est par ailleurs accrochée une lamelle élastique
24 (fig. 4) qui traverse l'ouverture 22 et à l'extrémité inférieure de laquelle est
fixée la lisse 14 correspondante.
[0016] Au-dessous de la planche de fond 21, mais encore au-dessus de l'extrémité inférieure
des lamelles 24 correspondant à des crochets en position haute c'est-à-dire qui ont
été soulevés par l'un des cadres de griffes (16, 18), il est prévu une planche de
guidage 25 (fig. 4) percée de fentes étroites 26 pour le passage desdites lamelles
24. Les fentes 26 sont orientées de façon telle que lorsqu'un crochet repose sur le
fond de la dépression 22 correspondante de la planche de guidage 21, sa lamelle 24
ne comporte aucune torsion.
[0017] Le fonctionnement est le suivant :
Lorsqu'un crochet 1 est au repos, son oeillet inférieure 23 repose dans la dépression
22 correspondante de la planche de fond 21 qui assure son orientation exacte à un
très faible jeu près. On est donc assuré que dans une vue en plan telle que celle
de fig. 3 le bec de retenue 12 est bien situé dans un plan vertical perpendiculaire
aux arêtes des lames 15, 17, 19.
[0018] A partir de cette position de repos, lorsque le crochet 1 considéré a été sélectionné,
tout se passe comme indiqué dans le brevet précité, la partie de la lamelle 24 située
entre la planche de guidage 25 et l'oeillet 13 n'opposant qu'une très faible réaction
de torsion à la rotation de 45° de la tige 9 autour de son axe dans un sens ou dans
l'autre. Donc quand l'un des becs principaux, 10 par exemple, a été pris par un cadre
de griffes et est soulevé puis abaissé par celui-ci, l'autre 11 est pratiquement orienté
parallèlement aux lames et ne risque nullement d'être accroché par l'une de celles
de l'autre cadre.
[0019] Lorsque le crochet revient en position basse, son oeillet inférieur 13 s'engage dans
l'entrée elliptique 22a de la dépression 22 qui assure son centrage, de sorte que
même si en raison de la vitesse de marche et des résistances passives, le bec de retenue
12 n'était pas parfaitement orienté perpendiculairement aux lames, cette erreur serait
automatiquement corrigée par action des parois de la dépression sur l'oeillet lors
de l'enfoncement de ce dernier dans celle-ci.
[0020] Par ailleurs la lamelle élastique 24 exerce sur l'oeillet 13 un couple de rappel
qui tend à précisément ramener le crochet à la position angulaire de fig. 3 et qui
contribue donc à assurer cette orientation correcte de celui-ci au repos. En outre
cette lamelle, dont le couple de réaction augmente rapidement avec l'angle de torsion,
s'oppose à toute rotation exagérée de la tige 9 qui pourrait aboutir à ce que l'un
des becs principaux puisse rencontrer une lame destinée à un autre crochet (par exemple
la lame
.située au-dessus de la tige 9 en fig. 3).
[0021] L'invention a donc bien permis de réaliser une mécanique à crochets orientables dans
laquelle l'orientation correcte des crochets en position basse ou de repos soit assurée
de façon certaine en dépit des vibrations, effets d'inertie et autres actions parasites,
ce qui permet de la faire fonctionner à des vitesses plus élevées que celles atteintes
jusqu'ici, sans risque de voir apparaître des défauts de sélection.
[0022] On pourrait éventuellement se dispenser de la lamelle élastique 24 et de la planche
de guidage 25, le rappel de l'oeillet 13 et de la tige 19 à la position angulaire
voulue n'étant assuré que par la dépression 22. Il serait également possible de combiner
la planche de guidage 25 avec celle de fond 21 au prix, bien entendu, d'un raccourcissement
des lamelles 24. On notera encore que l'invention resterait applicable même si la
mécanique ne comportait pas de cadre de pas ouvert 20, les becs de retenue 12 étant
alors supprimés. Enfin on pourrait aussi utiliser un collet plat sans boucle.
1. Mécanique d'armure à double lève à crochets orientables, du genre dans lequel chacun
desdits crochets comprend une tige unique solidaire de deux becs principaux décalés
angulairement l'un par rapport à l'autre d'environ 90° autour de l'axe de la tige
et propres à coopérer avec l'un ou l'autre des deux cadres de griffes de la mécanique,
ainsi qu'un oeillet inférieur ou analogue destiné à assurer la liaison avec la lisse
correspondante, tandis qu'il est prévu des moyens pour retenir verticalement les crochets
se trouvant à la position abaissée de repos et pour assurer que leurs becs principaux
soient orientés à environ 45° dans un sens et dans l'autre par rapport aux lames des
cadres précités, caractérisée en ce que lesdits moyens de retenue sont constitués
par une planche de fond (21) dans laquelle est creusée pour chaque crochet (1) une
dépression (22) à entrée évasée propre à recevoir l'extrémité inférieure ou oeillet
(13) de celui-ci et à l'amener avec sa tige (19) et ses becs principaux (10, 11) à
l'orientation exacte prévue pour la position de repos précitée, le fond de cette dépression
(22) comportant une perforation (23) pour le passage de la liaison avec la lisse correspondante
(14) à la façon connue dans les planches d'arcade.
2. Mécanique suivant la revendication 1, caractérisée en ce que chaque dépression
(22) comporte une entrée à profil en plan (22a) grossièrement elliptique dont le grand
axe (22b) se trouve substantiellement dans le plan moyen de l'oeillet (13) quand la
tige (19) du crochet (1) considéré est à l'orientation correspondant exactement à
la position de repos de ce dernier, cette entrée aboutissant progressivement à un
logement propre à recevoir ledit oeillet (13) avec un jeu de débattement angulaire
réduit.
3. Mécanique suivant la revendication 2, caractérisée en ce que dans le plan vertical
du grand axe (22b) de l'entrée (22a) de la dépression (22), le profil de celle-ci
correspond à celui de la partie inférieure de la périphérie de l'extrémité inférieure
ou oeillet (13), du crochet (1).
4. Mécanique suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée
en ce qu'entre l'oeillet (13) ou analogue de l'extrémité inférieure de chaque crochet
(1) et la lisse correspondante (14) est interposée une lamelle élastique (26) et en
ce qu'entre la planche de guidage (21) et le niveau de l'extrémité inférieure de cette
lamelle (24) quand le crochet intéressé (1) est en position levée, il est prévu une
planche de guidage fixe (25) percée de fentes individuelles (26) pour le passage desdites
lamelles (24), l'orientation de ces fentes (26) étant telle que les lamelles (24)
ne soient soumises à aucun couple de torsion quand le crochet (1) se trouve à sa position
abaissée de repos.