[0001] L'invention concerne un dispositif d'érosion d'une surface solide par un écoulement
cavitant.
[0002] On sait que l'érosion d'une surface par cavitation résulte de déplacements rapides
et désordonnés d'une interface liquide-vapeur au voisinage de cette surface, à l'occasion
de la condensation d'une vapeur produite en amont dans un écoulement liquide. Elle
peut notamment résulter de l'implosion brutale de bulles de vapeur au sein d'un liquide
au contact de cette surface, une telle implosion résultant de l'application a ce liquide
d'une pression supérieure à la pression de vapeur à la température ambiante.
[0003] Quoique l'érosion par cavitation soit souvent considérée comme un phénomène néfaste
limitant la durée d'utilisation de certains équipements hydrauliques, on sait qu'une
telle érosion peut par exemple permettre le décapage d'une couche superficielle d'une
paroi métallique. Le liquide de travail classiquement utilisé est l'eau à la température
ordinaire, et en présence d'une pression ambiante voisine de la pression atmosphérique.
D'autres liquides, températures et pressions ambiantes pourraient cependant être utilisés.
[0004] L'érosion par cavitation peut par exemple être utilisée lors du démantèlement d'une
centrale nucléaire pour la décontamination des pièces dont la plus grande partie de
l'activité radioactive est localisée dans une mince couche de surface. Ces pièces
sont actuellement traitées par des méthodes chimiques, électrochimiques ou par des
jets d'eau; l'avantage de l'érosion par cavitation par rapport à ces methodes est
qu'elle peut être mise en oeuvre uniquement avec de l'eau, sans produire d'aérosols
ou d'effluents chimiques radioactifs.
[0005] On connaît déjà, par exemple par le brevet US-A 3 807 632 (Johnson), un dispositif
d'érosion d'une surface solide par un jet cavitant. Ce dispositif connu comporte
- une source d'un liquide de travail sous haute pression, ce liquide étant vaporisable
à la température ambiante sous une pression inférieure à la pression ambiante,
- une buse alimentée par cette source, cette buse constituant une tuyère convergente
dans laquelle le liquide s'écoule selon une direction "longitudinale" pour former
un jet à grande vitesse tout en abaissant la pression du liquide, et pour diriger
ce jet vers la surface à éroder selon cette direction longitudinale,
- et des moyens de cavitation liés à cette buse et agissant sur ce jet pour y abaisser
localement la pression, vaporiser partiellement le liquide, et créer des déplacements
violents du liquide lors de la recondensation de la vapeur en aval, dans une zone
de condensation où la pression est remontée et qui est au contact de la surface solide
à éroder. Le préambule de la revendication 1 est basé sur cet état de la technique.
[0006] Dans ce dispositif de nombreuses bulles da vapeur sont formées dans le jet liquide
à distance de la surface à éroder. Le jet contenant ces bulles arrive sur cette surface
perpendiculairement à celle-ci. Lorsque la pression est remontée les bulles implosent
c'est-à-dire se condensent brutalement. Certaines d'entre elles seulement implosent
au contact de la surface à éroder. Seules celles-la sont donc utiles. Il en résulte
que le rendement de ce dispositif est faible, ce rendement pouvant être mesuré par
le rapport de la masse de matière enlevée à l'énergie mise en oeuvre.
[0007] La présente invention a pour but la réalisation d'un dispositif d'érosion simple
et plus efficace.
[0008] Le dispositif tel qu'il est défini dans la revendication 1 permet d'atteindre ce
but.
[0009] Une originalité du dispositif de l'invention par rapport aux dispositifs connus à
jets cavitants actuellement utilisés industriellement est donc de produire la cavitation
dans un écoulement sensiblement parallèle à la surface à éroder, ce qui permet de
localiser un plus grand nombre de cavités agressives à proximité de cette surface,
certaines de ces cavités pouvant prendre la forme de bulles en cours d'implosion.
[0010] En fait, le mécanisme d'érosion selon l'invention est essentiellement dû à des phénomènes
d'implosion de bulles alors que les jets cavitants connus provoquent des successions
de surpressions/dépressions qui sont moins favorables à la décontamination des micro-
fissures superficielles.
[0011] L'invention a également pour objet un procédé d'érosion d'une surface solide par
des écoulement cavitants. Un tel procédé est donc connu du document US-A-3 807 632
qui décrit un procédé selon le préambule de la revendication 9. L'invention a pour
but de rendre un tel procédé plus simple et plus efficace. Ce but est atteint par
le procédé tel que défini dans la revendication 9.
[0012] A l'aide des figures schématiques ci-jointes on va décrire ci-après, à titre non
limitatif, comment l'invention peut être mise en oeuvre. Il doit être compris que
les éléments décrits et représentés peuvent, sans sortir du cadre de l'invention,
être remplacés par d'autres éléments assurant les mêmes fonctions techniques. Lorsqu'un
même élément est représenté sur plusieurs figures il y est désigné par le même signe
de référence.
La figure 1 représente un dispositif de décapage intérieur d'un tuyau pollué, ce dispositif
comportant plusieurs têtes érodantes constituant chacune un dispositif selon l'invention,
ce dispositif de décapage étant vu en coupe par un plan axial.
La figure 2 représente une tête du dispositif ci-dessus, vue en coupe par un plan
passant par l'axe de cette tête et l'axe de ce dispositif, à échelle agrandie, sous
la forme d'un détail Il de la figure 1.
La figure 3 represente une vue en perspective eclatée de l'extremité de la même tête
du côté de la surface à éroder.
La figure 4 représente une vue d'une tête à jet laminaire selon l'invention, en perspective
avec coupe par un plan perpendiculaire à la lame du jet et à la surface à éroder.
[0013] Les dispositifs selon l'invention représentés sur les figures 1, 2 et 3 comportent
des éléments connus qui sont:
- une source 2 d'un liquide de travail sous haute pression, ce liquide étant vaporisable
à la température ambiante sous une pression inférieure à la pression ambiante,
- et une buse B alimentée par cette source et formant une tuyère convergente T de
direction "axiale" pour former avec ce liquide un jet à grande vitesse tout en abaissant
la pression du liquide, et ensuite pour transformer ce jet en un écoulement radial
parallèle"à la surface à éroder S.
[0014] Plus particulièrement. la direction axiale est représentée par une fléche F1 et constitue
dans ce cas la direction "longitudinale" précédemmemt mentionnée, chaque direction
radiale constituant par ailleurs une dite direction "latérale".
[0015] Le liquide de travail est de l'eau et sa source est une pompe 2 représentée sur la
figure 1 et alimentant plusieurs buses B en parallèle.
[0016] Conformément à la présente invention le phénomène de cavitation est provoqué à l'aide
d'un déflecteur D présentant une surface d'appui D1 venant en appui contre la surface
à éroder S de manière à constituer lesdits moyens pour le positionner. Ce déflecteur
reçoit le jet en sortie de la buse B et le défléchit vers des directions "radiales"
parallèles à cette surface. Son bord aval constitue une arête "active" D2 propre à
provoquer un décollement du jet et la formation d'une poche de vapeur PV immédiatement
en aval de cette arête entre le jet décollé et la surface à éroder.
[0017] Lesdites directions radiales sont représentées par des flèches F2. La zone de condensation
ZC est située immédiatement en aval de la poche de vapeur PV. C'est dans cette zone
que la surface S est érodée.
[0018] De préférence, et comme représenté, la buse B comporte en sortie et en continuité
avec la tuyère convergente axiale T un profil de guidage G s'inclinant vers les directions
radiales en regard du déflecteur D, créant un minimum local de la section de passage
du liquide sensiblement au droit de l'arête active D2 du déflecteur tout en se rapprochant
de la surface à éroder, puis faisant croître progressivement cette section de passage
en aval du déflecteur et en regard de la surface à éroder S pour faire remonter la
pression et fixer ainsi l'emplacement de la zone de condensation.
[0019] Le profil de guidage G présente, dans une zone à section de passage accrue en aval
de la zone de cavitation suivant le déflecteur D, des ailettes d'appui radial G1 s'étendant
selon la direction axiale pour venir en appui sur la surface à éroder S et maintenir
des distances prédéterminées entre ce profil et cette surface tout en facilitant le
glissement des buses sur cette surface.
[0020] Les dispositions qui viennent d'être décrites à propos de la tête à jet axial représentée
sur les figures 2 et 3 se retrouvent de manière analogue dans la tête à jet laminaire
représentée sur la figure 4.
[0021] Dans le cas de la tête à jet axial la buse B et le déflecteur D présentent des formes
générales de révolution autour d'un même axe longitudinal A1.
[0022] La surface d'appui D1 du déflecteur D est perpendiculaire à cet axe. L'arête active
D2 est circulaire et coaxiale à la buse. La croissance progressive de la section de
passage du liquide en aval du déflecteur résulte au moins partiellement de la croissance
du périmètre des cercles coaxiaux à la buse lorsque le liquide s'éloigne de cet axe.
[0023] Dans l'exemple représenté, la partie aval, c'est-à-dire radialement externe, du profil
de guidage G est plane et parallèle à la surface à éroder S de manière à faciliter
la fabrication de la buse. La croissance progressive de la section de passage du liquide
indiquée ci-dessus résulte donc seulement de la croissance du périmètre des cercles
coaxiaux à la buse lorsqu'on s'éloigne de l'axe de celle-ci. Cette croissance est
de préférence au moins égale à 50% sur une distance de 5 mm à partir de l'arête active.
[0024] De préférence, le déflecteur D est lié à la buse B par des ailettes de liaison D3
fixées au déflecteur dans des plans passant par l'axe de la buse A1, réparties angulairement
autour de cet axe et pénétrant dans des rainures B1 creusées dans la buse (voir figure
3).
[0025] Plus précisément le deflecteur D presente la forme d'un disque circulaire à deux
faces planes parallèles, la face plane en regard de la buse portant quatre ailettes
de liaison D3 décalées angulairement de 90° autour de l'axe de la buse et laissant
libre entre elles un volume central. Ce volume central peut être.équipé d'un déviateur
de jet non représenté pour améliorer l'écoulement.
[0026] L'invention peut être appliquée au décapage de la surface intérieure S d'un tuyau
métallique pollué par des produits radioactifs (voirfigures 1 et 2).
[0027] Dans ce cas et dans d'autres, de préférence, le dispositif comporte plusieurs buses
B munie chacune d'un déflecteur D, montées dans la paroi E1 d'une même enceinte E
avec leurs sorties dirigées vers l'extérieur de cette enceinte, le volume intérieur
de celle-ci étant alimenté par une source de liquide de travail sous haute pression
2 commune à toutes ces buses. Ces buses sont montées coulissantes dans cette paroi
pour que la pression régnant dans ce volume intérieur maintienne les ailettes d'appui
G1 de toutes ces buses au contact permanent de la surface à éroder S.
[0028] L'enceinte E est de révolution autour de l'axe A2 du tuyau et coulisse le long de
celui-ci tout en tournant sur elle-même. Elle porte par exemple 40 buses B. Celles-ci
coulissent selon leur axe longitudinal A1 et donc perpendiculairement à l'axe A2,
dans la paroi de l'enceinte, grâce à un joint torique d'étanchéité B2. Le joint d'étanchéité
est placé sur un diamètre convenable pour ajuster la force de contact à une valeur
convenable. Le logement des buses dans la paroi de l'enceinte forme une butée B3 limitant
le déplacement de la buse vers l'extérieur. L'enceinte E présente un diamètre légèrement
inférieur à celui du tuyau, et elle est introduite dans celui-ci avant sa mise sous
pression, ce qui permet la rétractation des buses vers l'intérieur de l'enceinte.
[0029] De préférence, la section minimale de passage de l'eau dans la buse B munie de son
déflecteur D est inférieure à 100 mm pour obtenir un rendement d'érosion élevé.
[0030] En effet, l'efficacité du dispositif est accrue par la réduction des dimensions générales
de l'écoulement. Pour un même débit d'eau et une même section de passage critique,
il est toujours plus avantageux de mettre en oeuvre deux têtes cavitantes de petites
dimensions plutôt qu'une seule tête parfaitement semblable, mais de plus grande dimension.
[0031] Plus précisément, à titre d'exemple, la buse B peut être constituée de laiton, le
diamètre de sortie de sa tuyère T peut être 8 mm, le déflecteur D peut être constitué
de laiton et présenter un diamètre de 10 mm et une épaisseur de 1 mm, la section de
passage de l'eau au droit de l'arête active D2 étant haute de 1 mm.
[0032] Dans ces conditions les essais ont montrés que la mise en oeuvra.du procédé permettrait
de nettoyer en 4 heures une surface de 0,25 m
2 d'acier inoxydable sur une épaisseur supérieure à 10 microns avec une pression de
300 bars et un débit de 10 I/s. De plus, les essais ont également montré que la buse
et le déflecteur n'ont pas été érodés et que l'aréte D2 n'a pas été érodée non plus.
[0033] L'invention peut être mise en oeuvre non seulement avec des buses à jet axial à section
circulaire, mais aussi avec des buses en forme de dièdre formant un jet laminaire,
à l'aide du dispositif représenté sur la figure 4.
[0034] La buse B' s'étend alors, perpendiculairement au plan de cette figure, sur une largeur
beaucoup plus grande que son épaisseur, cette dernière seule étant représentée, la
forme de la tuyère T', du déflecteur D'et du profil de guidage G' restant constant
sur toute la largeur utile de la buse, et formant une arête active rectiligne D'2
et une surface d'appui D'1. Des ailettes d'appui de la buse sont représentées en G'1.
La buse B' est constituée par deux blocs cylindriques (non de révolution), à génératrices
perpendiculaires au plan de la feuille. L'un de ces blocs forme à sa partie inférieure
le profil de guidage G', et l'autre, à sa partie inférieure également, le déflecteur
D'. Ces deux blocs sont réunis par des plaques d'extrémité 4. Dans ce cas la croissance
progressive de la section de passage de l'eau en aval du déflecteur résulte du fait
que le profil de guidage G' s'écarte de la surface à éroder S. La divergence de l'écoulement
assurant la remontée de pression est plus difficile à réaliser que dans la réalisation
de révolution.
1/ Dispositif d'érosion d'une surface solide par un écoulement cavitant, ce dispositif
comportant
- une source (2) d'un liquide de travail sous haute pression, ce liquide étant vaporisable
à la température ambiante sous une pression inférieure à la pression ambiante,
- une buse (B) alimentée par cette source, cette buse constituant une tuyère convergente
(T) dans laquelle le liquide s'écoule selon une direction "longitudinale" pour former
un jet à grande vitesse tout en abaissant la pression du liquide, et pour diriger
ce jet vers la surface à éroder (S) selon cette direction longitudinale,
- et des moyens de cavitation liés à cette buse et agissant sur ce jet pour abaisser
localement la pression du liquide, le vaporiser partiellement, et créer des déplacements
violents du liquide lors de la recondensation de la vapeur en aval dans une zone de
condensation (ZC) où la pression est remontée et qui est au contact de la surface
à éroder,
- ce dispositif étant caractérisé par le fait que les moyens de cavitation comportent
un déflecteur (D) muni de moyens (D1) pour le positionner au voisinage de la surface
à éroder (S), ce déflecteur recevant le jet en sortie de la buse (B) et le défléchissant
vers une direction "latérale" fortement inclinée par rapport à ladite direction longitudinale,
de manière à former un écoulement parallèle à cette surface, le bord aval de ce déflecteur
constituant une arête "active" (D2) propre à provoquer un décollement de cet écoulement
et la formation d'une poche de vapeur (PV) immédiatement en aval de cette arête entre
l'écoulement décollé et la surface à éroder, la buse (B) comportant en sortie et en
continuité avec ladite tuyère convergente longitudinale (T) un profil de guidage (G)
s'inclinant vers ladite direction latérale en regard du déflecteur (D), créant un
minimum local de la section de passage du liquide sensiblement au droit de l'arête
active (D2) du déflecteur tout en se rapprochant de la surface à éroder (S), puis
faisant croître progressivement cette section de passage en aval du déflecteur et
en regard de cette surface (S) pour faire remonter la pression et fixer ainsi l'emplacement
de la zone de condensation (ZC).
2/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le profil de guidage
(G) présente, dans une zone à section de passage accrue en aval du déflecteur (D),
des ailettes d'appui (G1) parallèles à ladite direction latérale et s'étendant selon
ladite direction longitudinale pour venir en appui sur la surface à éroder (S) et
maintenir des distances prédéterminées entre ce profil et cette surface.
3/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que la buse (B) et
le déflecteur (D) présentent des formes générales de révolution autour d'un même axe
parallèle à ladite direction longitudinale (A1), une surface d'appui (D1 ) du déflecteur
(D) sur la surface à éroder (S) étant perpendiculaire à cet axe, l'arête active (D2)
étant circulaire et coaxiale à la buse, ladite direction latérale étant une direction
radiale par rapport à cet axe et tournant donc lorsqu'on tourne autour de celui-ci,
la croissance progressive de la section de passage du liquide en aval du déflecteur
résultant au moins partiellement de la croissance du périmètre des cercles coaxiaux
à la buse lorsque le liquide s'éloigne de cet axe.
4/ Dispositif selon la revendication 3, caractérisé par le fait que le déflecteur
(D) est lié à la buse (B) par des ailettes de liaison (D3) fixées au déflecteur dans
des plans passant par l'axe de la buse (A1), réparties angulairement autour de cet
axe et pénétrant dans des rainures (61) creusées dans la buse.
5/ Dispositif selon la revendication 4, caractérisé par le fait que le déflecteur
(D) présente la forme d'un disque circulaire à deux faces planes parallèles, la face
plane en regard de la buse portant quatre ailettes de liaison (D3) décalées angulairement
de 90° autour de l'axe de la buse.
6/ Dispositif selon la revendication 2, caractérisé par le fait qu'il comporte plusieurs
buses (B) munie chacune d'un déflecteur (D), montées dans la paroi (E1) d'une même
enceinte (E) avec leurs sorties dirigées vers l'extérieur de cette enceinte, le volume
intérieur de celle-ci étant alimenté par une source de liquide de travail sous haute
pression (2) commune à toutes ces buses, ces buses étant montées coulissantes dans
cette paroi pour que la pression régnant dans ce volume intérieur maintienne les ailettes
d'appui (C1 ) de toutes ces buses au contact permanent de la surface à éroder (8).
7/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le fluide de travail
est de l'eau.
8/ Dispositif selon la revendication 7, caractérisé par le fait que la section minimale
de passage de l'eau dans la buse (B) munie de son déflecteur (D) est inférieure à
100 mm2 pour obtenir un rendement d'érosion élevé.
9/ Procédé d'érosion d'une surface solide par des écoulements cavitants, procédé dans
lequel un liquide de travail vaporisable à la température ambiante sous une pression
inférieure à la pression ambiante est d'abord mis sous haute pression, et dans lequel
on forme avec ce liquide, dans une tuyère convergente (T), un jet à grande vitesse
et à pression abaissée, et on dirige ce jet selon une direction longitudinale vers
la surface à éroder, puis on abaisse une nouvelle fois localement la pression pour
vaporiser partiellement le liquide et créer des déplacements violents du liquide lors
de la recondensation de la vapeur en aval dans une zone de condensation (ZC) où la
pression est remontée et qui est au contact de la surface solide à éroder, ce procédé
étant caractérisé par le fait que pour abaisser la pression ladite nouvelle fois,
on défléchit le jet en sortie de ladite tuyère au voisinage de la surface à éroder
(S), vers une direction parallèle à cette surface, à l'aide d'un déflecteur dont le
bord constitue une arête "active" (D2) propre à provoquer un décollement de l'écoulement
et à favoriser la formation d'une poche de vapeur (PV) immédiatement en aval de cette
arête entre l'écoulement décollé et la surface à éroder, et on crée un minimum de
la section de passage du liquide sensiblement au droit de cette arête.
1. A device for the erosion of a solid surface by a cavitating flow, this device consisting
of:
- a source (2) of a working liquid at high pressure, this liquid being vaporizable
at ambient temperature at a pressure lower than the ambient pressure,
- a nozzle (B) supplied by this source, and forming a converging tube (T) in which
the liquid flows along a longitudinal direction, to form a high speed jet, while the
pressure of the liquid is lowered, and to direct this jet to the surface (S) to be
eroded along this longitudinal direction,
- and cavitation means connected to this nozzle to lower locally the pressure of the
liquid, to vaporize it partially, and to create violent displacements of the liquid
on the recondensation of the vapor downstream in a condensation area (ZC) where the
pressure rises again and which is in contact with the surface to be eroded,
- this device being characterized by the fact that the cavitation means include a
deflector (D), fitted with means (D1) for its positioning in the neighbourhood of
the surface (S) to be eroded, this deflector receiving the jet from the outlet of
the nozzle (B) and deflecting it into a "lateral" direction which is strongly inclined
with respect to said longitudinal direction, to form a flow parallel to that surface,
the downstream edge of the deflector forming an "active" ridge (D2) suitable for causing
separation of said flow and the formation of a pocket of vapour (PV) immediately downstream
of this ridge between the separated flow and the surface to be eroded, the nozzle
(B) having at its outlet and in continuation of the said converging longitudinal tube
(T), a guide profile (G) turning towards the said lateral direction opposite to the
deflector (D), creating a local minimum of the liquid passage cross-section noticeably
to the right of the active ridge (D2) of the deflector while approaching the surface
(S) to be eroded, then gradually causing this passage cross-section to increase, downstream
of the deflector, and opposite to this surface (S) to cause the pressure to rise again
and so to fix the position of the condensation zone (ZC).
2. A device according to claim 1, characterized by the fact that the guide profile
(G) shows support fins (G1) in an area of increased passage cross-section downstream
of the deflector (D), these fins being parallel to said lateral direction and extending
along said longitudinal direction to come into contact with the surface (S) to be
eroded and to maintain predetermined distances between this profile and that surface.
3. A device according to claim 1, characterized by the fact that the nozzle (B) and
the deflector (D) are rotationally symmetric about a common axis parallel to said
longitudinal direction (A1), a support surface (D1) of the deflector (D) on the surface
(S) to be eroded being perpendicular to that axis, the active ridge (D2) being circular
and coaxial with the nozzle, said lateral direction being a radial direction with
respect to that axis and thus turning when turned around the latter, the gradual increase
of the liquid passage cross-section downstream of the deflector resulting at least
partially from the increase in the circumference of the coaxial circles at the nozzle
when the liquid becomes more remote from that axis.
4. A device according to claim 3, characterized by the fact that the deflector (D)
is joined to the nozzle (B) by junction fins (D3) fixed to the deflector in planes
passing through the axis of the nozzle (A1), disposed angularly around this axis and
penetrating into grooves (B1) cut into the nozzle.
5. A device according to claim 4, characterized by the fact that the deflector (D)
has the form of a circular disk with two plane parallel faces, the plane face opposite
the nozzle carrying four junction fins (D3) spaced angularly by 90° around the axis
of the nozzle.
6. A device according to claim 2, characterized by the fact that it contains several
nozzles (B) each fitted with a deflector (D) mounted in the wall (E1) of a common
enclosure (E) with their outlets directed to the outside of this enclosure, the internal
volume of the latter being supplied by a source of working liquid under high pressure
(2) common to all the nozzles, these nozzles being mounted so as to slide in this
wall so that the pressure present in this internal volume keeps the support fins (G1)
of all the nozzles in permanent contact with the surface (S) to be eroded.
7. A device according to claim 1, characterized by the fact that the working fluid
is water.
8. A device according to claim 7, characterized by the fact that the minimum cross-section
for the passage of the waterin the nozzle (B) fitted with its deflector (D) is less
than 100 mm2, in order to obtain a high erosion efficiency.
9. A method for eroding a solid surface by cavitating flows, in which a working liquid
which is vaporizable at the ambient temperature at a pressure below the ambient pressure
is first brought to a high pressure, and in which a stream at high speed and at reduced
pressure is created with this liquid in a converging tube (T), this stream being directed
along a "longitudinal" direction onto the surface to be eroded, the pressure then
being again locally lowered for partially vaporizing the liquid and for creating violent
displacements of the liquid on the recondensation of the vapor downstream in a condensation
zone (ZC) where the pressure is again raised and which is in contact with the solid
surface to be eroded, this method being characterized by the fact that, in order to
lower the pressure again, the stream is deflected at the tube outlet close to the
surface (S) to be eroded towards a direction parallel to said surface, by means of
a deflector, the edge of which forms an "active" ridge (D2) suitable for causing a
separation of the flow and the formation of a pocket of vapour (PV) immediately downstream
of this ridge between the separated flow and the surface to be eroded, and that a
minimum of the liquid passage cross-section is created substantially opposite that
edge.
1. Vorrichtung zur Erosion einer festen Oberfläche mit Hilfe einer Kavitationsströmung,
- mit einer Quelle (2) einer unter hohem Druck stehenden Arbeitsflüssigkeit, die bei
Umgebungstemperatur und niedrigerem Druck als Atmosphärendruck verdampft werden kann,
- mit einer Düse (B), die von dieser Quelle gespeist wird, und ein konvergierendes
Rohr (T) bildet, in dem die Flüssigkeit entlang einer "Längs"-Richtung fließt, um
eine Strahl großer Geschwindigkeit unter gleichzeitiger Absenkung des Flüssigkeitsdrucks
zu bilden und um diesen Strahl auf die zu erodierende Oberfläche (S) gemäß dieser
Längsrichtung zu lenken,
- und mit Kavitationsmitteln, die mit dieser Düse verbunden sind und auf den Strahl
so einwirken, daß sie den Druck der Flüssigkeit örtlich absenken, die Flüssigkeit
teilweise verdampfen lassen und heftige Verschiebungen der Flüssigkeit während des
erneuten Kondensierens des Dampfes stromabwärts in einer Kondensationszone (ZC) zu
erzeugen, in der der Druck angestiegen ist und die mit der zu erodierenden Fläche
in Berührung steht,
- dadurch gekennzeichnet, daß die Kavitationsmittel einen Deflektor (D) mit Mitteln
(D1) zu dessen Positionierung in der Nähe der zu erodierenden Fläche (S) aufweisen,
wobei dieser Reflektor den Strahl am Ausgang der Düse (B) empfängt und ihn in eine"Seiten"-Richtung
umlenkt, die bezüglich der Längsrichtung stark geneigt ist, so daß sich eine zu der
Flache parallele Strömung ergibt, wobei der Hinterrand des Deflektors eine "aktive"
Kante (D2) bildet, die geeignet ist, ein Ablösen der Strömung und die Bildung einer
Dampftasche (PV) unmittelbar hinter dieser Kante zwischen der abgelösten Strömung
und der zu erodierenden Fläche hervorzurufen, wobei die Düse (B) einen Ausgang und
in Kontinuität mit dem konvergenten Längsrohr (T) ein Führungsprofil (G) aufweist,
das sich zu der Seitenrichtung gegenüber dem Deflektor (D) hinneigt und ein örtliches
Minimum des Durchlaßquerschnitts für die Flüssigkeit im wesentlichen in Höhe der aktiven
Kante (D2) des Deflektors erzeugt und sich dabei an die zu erodierende Fläche (S)
annähert, worauf der Durchlaßquerschnitt hinter dem Deflektor und gegenüber dieser
Fläche (S) zunehmend größer wird, um den Druck wieder anzuheben und somit die Lage
der Kondensationszone (ZC) festzulegen.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das Führungsprofil (G)
in einer Zone vergrößerten Durchlaßquerschnitts hinter dem Deflektor (D) Stützrippen
(GI) aufweist, die parallel zur Seitenrichtung liegen und sich in Längsrichtung erstrecken,
um auf der zu erodierenden Fläche (S) aufzuliegen und vorgegebene Abstände zwischen
diesem Profil und dieser Fläche aufrechtzuerhalten.
3. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Düse (B) und der Deflektor
(D) allgemein drehsymmetrische Formen bezüglich einer gemeinsamen zur Längrirhfiyn
"1) parallelen Richtung besitzen, wobei eine Stützfläche (D1) des Deflektors (D) auf
der zu erodierenden Fläche (S) senkrecht zu dieser Achse liegt und die aktive Kante
(D2) kreisförmig und koaxial zur Düse angeordnet ist, wobei die Seitenrichtung eine
Radialrichtung bezüglich dieser Achse ist, die also bei einer Drehung um diese Achse
mitgedreht wird, wobei die zunehmende Vergrößerung des Durchlaßquerschnitts für die
Flüssigkeit hinter dem Deflektor mindestens zum Teil aus der Vergrößerung des Umfangs
der zur Düse koaxialen Kreise resultiert, wenn die Flüssigkeit sich von dieser Achse
entfernt.
4. Vorrichtung nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß der Deflektor (D) über
Verbindungsrippen (D3) mit der Düse (B) verbunden sind, wobei die Rippen am Deflektor
in durch die Achse der Düse (AI) verlaufenden Ebenen verbunden sind und winkelmäßig
um diese Achse verteilt sind und in Rinnen (B1) eindringen, die in die Düse eingeschnitten
sind.
5. Vorrichtung nach Anspruch 4, dadurch gekennzeichnet, daß der Deflektor (D) die
Form einer Ringscheibe mit zwei zueinander parallelen ebenen Seiten besitzt, wobei
die ebene Seite, die zur Düse hinweist, vier Verbindungsrippen (D3) besitzt, die einen
gegenseitigen Winkelabstand von 90° um die Achse der Düse herum besitzen.
6. Vorrichtung nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, daß sie mehrere Düsen (B)
mit je einem Deflektor (D) aufweist, wobei die Düsen in der Wand (E1) eines gemeinsamen
Behälters (E) so montiert sind, daß ihre Ausgänge nach außen weisen, wobei das Innenvolumen
des Behälters aus einer für alle Düsen gemeinsamen Hochdruckquelle (2) für Arbeitsflüssigkeit
gespeist wird und die Düsen in der Wand gleitend gelagert sind, so daß der in dem
Innenvolumen herrschende Druck die Stützrippen (G1) aller Düsen dauernd mit der zu
erodierenden Oberfläche (S) in Berührung hält.
7. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Arbeitsflüssigkeit
Wasser ist.
8. Vorrichtung nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, daß der Mindestdurchlaßquerschnitt
für das Wasser in der mit ihrem Deflektor (D) versehenen Düse (B) geringer als 100
mm2 ist, um einen hohen Erosionswirkungsgrad zu erreichen.
9. Verfahren zum Erodieren einer festen Oberfläche durch kavitierende Strömungen,
bei dem eine bei Umgebungstemperatur und einem Druck unterhalb des Atmosphärendrucks
verdampfbare Arbeitsflüssigkeit zuerst auf Hochdruck gebracht wird, und bei dem mit
dieser Flüssigkeit in einem konvergierenden Rohr (T) ein Strahl hoher Geschwindigkeit
und verringerten Drucks gebildet wird, der dann gemäß einer Längsrichtung auf die
zu erodierende Oberfläche gelenkt wird, worauf erneut lokal der Druck abgesenkt wird,
um die Flüssigkeit teilweise zu verdampfen und heftige Flüssigkeitsverschiebungen
während der erneuten Kondensation in einer stromabwärts liegenden Kondensationszone
(ZC) zu erzeugen, in der der Druck ansteigt und die mit der zu erodierenden festen
Fläche in Berührung steht, dadurch gekennzeichnet, daß der Strahl zur erneuten Absenkung
des Drucks am Ausgang des Rohrs in der Nähe der zu erodierenden Fläche (S) in eine
zu der Fläche parallele Richtung mithilfe eines Deflektors abgelenkt wird, dessen
Rand eine "aktive" Kante (D2) bildet, die geeignet ist, ein Ablösen der Strömung hervorzurufen
und die Bildung einer Dampftasche (PV) unmittelbar hinter dieser Kante zwischen der
abgelösten Strömung und der zu erodierenden Fläche zu begünstigen, und daß ein Minimum
des Durchgangsquerschnitts für die Flüssigkeit im wesentlichen gegenüber dieser Kante
erzeugt wird.