[0001] La présente invention concerne un procédé pour le traitement métallurgique de l'acier
en poche, ainsi qu'une installation pour la mise en oeuvre de ce procédé.
[0002] Depuis plusieurs années, et notamment en raison de l'introduction de la coulée continue,
de plus en plus d'aciéries procèdent à des traitements métallurgiques dans la poche
destinée au transport de l'acier du convertisseur ou du four électrique vers les installations
de coulée. Ces traitements sont de différentes natures. Les procédés les plus couramment
employés sont:
1. Les procédés de déphosporation;
2. Les procédés de désulfuration par injection au moyen d'un gaz neutre ou réducteur
de matières désulfurantes sous forme métallique telles que p. ex. le calcium-silicium,
ou sous forme de laitiers, tels des laitiers Perrin ou des laitiers constitués p.ex.
de chaux et de spath-fluor etc.; d'autres matières telles que le magnésium ou le carbure
de calcium, peuvent également être utilisées;
3. Les procédés de désoxydation par addition ou par injection d'aluminium, de ferro-silicium,
de calcium-silicium etc.; les processus de désulfuration et de désoxydation peuvent
d'ailleurs être combinés;
4. Les procédés de réchauffage par arc électrique ou par induction;
5. Les procédés d'affinage ou de purification de l'acier, soit'par le vide, soit par
simple barbotage avec ou sans ajoutes de laitier.
[0003] Le déposant s'occupe depuis de nombreuses années à l'élaboration respectivement au
perfectionnement de ces méthodes, si bien qu'il a acquis de profondes connaissances
se rapportant notamment à la régulation des réactions métallurgiques entre les laitiers
et le métal.
[0004] Le but de l'invention consiste à exploiter ces nouvelles connaissances. Ainsi il
a été trouvé que la formation, in situ, de laitiers réactifs, que l'on prépare par
combustion au moyen d'oxygène d'éléments métalliques, auxquels on ajoute éventuellement
des éléments non-métalliques, conduit à une accélération et à une amélioration des
réactions de désulfuration, de désoxydation et d'épuration, tout en permettant simultanément
une augmentation notable et facilement réglable de la température du bain métallique.
L'opération selon l'invention peut s'effectuer dans le four d'élaboration de l'acier
ou tout autre appareil, mais s'applique d'une manière particulièrement efficace dans
la poche à acier.
[0005] Le procédé suivant l'invention consiste donc à ajouter au métal liquide et au moyen
d'une lance, des matières combustibles telles que l'aluminium métallique, le carbure
de calcium, le calcium-silicium, le calcium-aluminium ainsi qu'éventuellement des
matières scorifiantes, telles que la chaux et/ou le spath-fluor, véhiculées par un
gaz porteur neutre ou réducteur, d'injecter parallèlement au même point d'impact de
l'oxygène, tout en réglant les quantités des ajoutes et de l'oxygène de manière à
former au point d'impact dans la poche les laitiers ayant la composition souhaitée.
[0006] Le procédé selon l'invention conduit simultanément à la formation d'un laitier très
chaud et particulièrement réactif et à une augmentation substantielle de la température
de l'acier contenu dans la poche, à condition de réaliser également une convection
de la chaleur créée à travers le bain.
[0007] Il fut trouvé en effet selon l'invention que la simple insufflation, telle qu'elle
est décrite ci-dessus, peut donner lieu à une augmentation de la température du bain,
à condition que celui-ci soit agité ou mis en mouvement par l'insufflation d'un gaz
auxiliaire neutre ou réducteur, insufflé soit par un ou plusieurs éléments perméables
logés dans le fond de la poche, sensiblement en-dessous du point d'impact de la lance
d'injection, soit par une lance auxiliaire débitant également sensiblement en-dessous
de ce même point d'impact.
[0008] Une autre caractéristique du procédé suivant l'invention consiste dans l'utilisation
simultanée de moyens en vue d'éviter le contact immédiat entre la scorie qui recouvre
le métal, avec les laitiers formés au cours du processus. Ces moyens qui seront décrits
plus en détail par la suite, sont essentiellement un-tube plongeur qui permet d'avoir
accès au métal dans la poche, tout en évitant la présence dans la zone de travail
des scories entraînées lors du transvasement du métal dans la poche.
[0009] Il est également prévu, suivant l'invention, de ne démarrer le processus qu'après
avoir déposé au point d'impact, en-dessous de la tête de lance, une quantité suffisante
de laitier de départ. En effet il n'est pas à recommander de démarrer une réaction
du type proposé sur une surface de métal nue, mais de prévoir un coussin de laitier
qui peut être p.ex. de la chaux, du laitier préfabriqué solide ou liquide, ou un autofondant
comme de la poudre exothermique.
[0010] La scorie qui recouvre le métal après coulée en poche est enlevée dans la mesure
du possible. Pour atténuer les effets des restes de scories, on recouvre la surface
du bain avec une couche protectrice qui est de préférence de la chaux. Ensuite on
abaisse sur les rebords de la poche un couvercle qui fait partie de l'installation
suivant l'invention et on démarre le processus de traitement, éventuellement après
avoir protégé la partie de la surface du bain qui est exempte du mélange scorie/chaux,
par du laitier de départ, comme décrit plus haut.
[0011] L'installation suivant l'invention consiste en une poche métallurgique qui est caractérisée
en ce qu'elle comporte des moyens pour délimiter une zone de travail dans le bain,
les dits moyens coopérant avec des moyens pour injecter dans la dite zone des matières
solides et gazeuses et qu'il est prévu des moyens pour introduire dans le bain un
courant ascendant de gaz de barbotage, dirigé sur la dite zone. Les moyens délimitant
la zone de travail consistent essentiellement en un tube plongeur, connu en soi, qui
est muni éventuellement d'un capuchon en vue de permettre une pénétration à travers
la couche de scories et la mise à nu d'une zone du bain. Ce tube plongeur peut être
soit un tube à compartiment unique, soit un tube subdivisé en plusieurs compartiments.
Les moyens d'injection des matières solides et gazeuses sont une ou plusieures lances
verticales débitant par le haut, tandis que les moyens destinés à fournir le gaz de
barbotage sont constitués par des éléments perméables logés dans le fond de la poche
et/ou par une lance submergée.
[0012] D'autres avantages du procédé et de l'installation suivant l'invention ressortiront
de la description des dessins schématisés qui représentent des formes d'exécution
possibles de l'installation.
[0013] La fig.1 montre une coupe à travers une forme d'exécution de l'installation, mettant
en oeuvre un tube plongeur à compartiment unique. La fig.2 montre une coupe à travers
un tube plongeur à deux compartiments. Les fig.3 et 4 montrent deux variantes d'exécution
de l'installation représentée en fig.l.
[0014] En fig.l on distingue la poche 1 munie d'une couche de réfractaire non repésentée;
dans le fond de la poche est logé un élément perméable 2 servant à injecter le gaz
de barbotage inerte ou réducteur G. Un unique élément 2 a été représenté pour des
raisons de commodité. On distingue également le couvercle 4 qui recouvre la poche
pour éviter les pertes thermiques et pour empêcher l'entrée de l'air ambiant et qui
sertit le tube plongeur 5; ce dernier présente à sa base un capuchon 5e en tôle fine,
destiné à traverser la couche de scories qui nage sur l'acier 3 dans la poche pour
éviter que ces scories pénètrent dans le tube 5. Après l'enfoncement du tube 5 dans
le bain 3, c.à d. après la pose du couvercle 4 sur la poche 1, le capuchon 5e ayant
traversé la couche de scories, fond dans le métal liquide. Le barbotage obtenu par
un gaz injecté par le bas, permet dans bien des cas d'éviter l'utilisation du capuchon
5e en créant une zone libre de scorie dans la région du tube 5. Le tube 5 est muni
d'un couvercle 5c qui présente des échappements pour gaz 5d. Ce couvercle sertit une
lance 6 servant à l'introduction de matières solides et gazeuses.
[0015] Le tube 5 comporte également un revêtement de protection intérieur et extérieur (non-représenté).
Au cours d'essais il fut en effet constaté que le tube plongeur était soumis à une
usure relativement importante provoquée d'un côté par la température élevée régnant
à l'intérieur du tube et d'un autre côté par l'attaque des composés particulièrement
réactifs auxquels il est exposé. Pour augmenter la durée de vie de ces tubes, on peut
évidemment les recouvrir sur leur surface interne de revêtements réfractaires spéciaux
contenant p.ex. des composés de zirconium ou de chrome-magnésie. Or ces revêtements
ne sont pas seulement chers, mais également difficiles à déposer. En outre, étant
donné les conditions d'emploi de ces tubes, de tels revêtements ne doivent pas seulement
supporter des températures élevées, être insensibles à des laitiers d'une réactivité
élevée, mais également bien adhérer au tube lors de chutes resp. d'élévations brusques
de température. Il s'est avéré particulièrement avantageux d'utiliser un revêtement
composé de matériaux dégageant soit sous l'action de températures élevées, soit par
réaction avec le bain métallique respectivement les laitiers et/ou avec l'oxygène
de combustion, un gaz capable de diminuer respectivement d'éliminer le contact entre
conteneur et contenu. On peut utiliser en principe n'importe quels matériaux présentant
les qualités précédemment décrites qui n'aboutissent pas, par suite de leur décomposition,
à l'introduction de matières indésirables dans le bain de métal. Il est évidemment
avantageux de choisir ou d'inclure des matériaux qui se décomposent partiellement
en composés ayant un effet bénéfique sur le traitement métallurgique en cours.
[0016] Des revêtements protecteurs adéquats peuvent être obtenus par dépôt de carbonate
de calcium, de magnésium, de soude, etc. mélangé à'des liants, qui seront projetés
selon des méthodes connues sur la surface du récipient métallurgique ou du dispositif
qu'on va introduire dans le métal liquide. Ces matières, au contact de la chaleur
des réactions respectivement du bain métallique ou des laitiers, dégageront leur C0
2, tout en provoquant une réaction endothermique qui contrarie l'effet corrosif des
hautes températures engendrées par la réaction.
[0017] Le revêtement protecteur pourra également être constitué de matières combustibles
telles que du bois, des agglomérés de bois et/ou de carton. Il ne sort pas du cadre
de l'invention de constituer des revêtements protecteurs au moyen d'un mélange de
matières combustibles et de carbonates en employant p.ex. du bois aggloméré respectivement
des cartons additionnés et/ou imprégnés de carbonates de préférence basiques.
[0018] Dans le cas où le revêtement ne peut pas être appliqué par projection ou des techniques
équivalentes, on peut concevoir la forme géométrique du matériau à protéger de manière
telle, que le revêtement protecteur combustible soit automatiquement maintenu en place
par la pression statique du métal respectivement du laitier. Dans cet ordre d'idées,
on donnera par exemple à un tube plongeur une forme qui s'évase légèrement en entonnoir
vers le bas.
[0019] On peut utiliser soit une seule lance, qui devra donc être un engin multiflux, capable
de débiter par des canaux séparés des matières solides et gazeuses éventuellement
non-compatibles et dont le contact avant la sortie de la lance doit être évité. En
effet, on peut facilement imaginer qu'il faut éviter que la poudre d'aluminium métallique
et l'oxygène n'entrent en contact dans la lance d'insufflation elle-même. Pour éviter
la mise en oeuvre d'une lance complexe on peut également prévoir deux lances, dirigées
vers un même point d'impact et dont l'une servira à injecter les matières combustibles
véhiculées par du gaz inerte et l'autre à fournir l'oxygène.
[0020] En fig.l il est représenté une seule lance 6 multiflux, approvisionnée en oxygène
par une conduite 11 et en matières combustibles par une conduite 7. Ces matières sont
stockées dans des réservoirs 8 munis de doseurs alvéolaires 9; la conduite 7 est raccordée
à une source de gaz inerte G qui peut être un gaz neutre ou réducteur. Il est également
représenté une lance 10 destinée à fournir du gaz de barbotage G et qui peut se substituer
à l'élément perméable 2 ou le compléter dans le cas où le débit du ou des éléments
perméables 2 s'avérait insuffisant pour distribuer la chaleur créée par vote chimique
à travers le bain et pour effectuer une épuration valable du bain par un contact étendu
entre le métal et les laitiers épu- rants créés in situ. Enfin la poche 1 est munie
d'un système de trou de coulée 20.
[0021] La fig.2 représente un tube plongeur 50 dont la principale particularité consiste
en ce qu'il est subdivisé en deux compartiments 5a et 5b. Le compartiment 5a délimite
la zone de travail dans laquelle on introduit par l'intermédiaire de la lance 6 des
matières solides et de l'oxygène. Quant au compartiment 5b il communique avec le compartiment
5a par l'ouverture 30 qui est pratiquée dans la cloison de séparation entre les deux
compartiments. Le compartiment 5a est muni à sa base d'un fond 12 qui présente une
ouverture 12a de faible envergure, tandis que le compartiment 5b est ouvert vers le
bas. On distingue également le revêtement de protection thermique intérieur. 51 et
extérieur 52.
[0022] Le but de la forme d'exécution représentée en fig.2 est d'obtenir une combustion
aussi complète que possible des matières injectées dans le compartiment 5a, l'opération
de chauffage et d'affinage du métal ayant lieu essentiellement dans le compartiment
5b, qui ne contient que le laitier chauffant et affinant à très faible teneur en matières
désoxydantes. Ce double tube est utilisé lorsqu'on veut fabriquer des aciers à très
basse teneur en matières désoxydantes. Dans ce cas, on veillera à ce que les éléments
perméables 2 respectivement la lance 10, fournissant le gaz de barbotage G, se trouvent
en dessous du compartiment 5b, dans lequel a lieu l'opération d'affinage ainsi que
la transmission calorifique. Ainsi le laitier formé en 5a déborde dans la partie 5b
où il se fait un barbotage intense entre le métal et le laitier chaud.
[0023] Dans le cas de l'emploi du double tube, il n'est par ailleurs pas nécessaire d'injecter
le mélange chauffant et affinant au moyen d'une lance et d'un gaz porteur dans la
zone 5a; en effet il suffit en principe de laisser s'écouler ce mélange, p. ex. en
chute libre dans la zone 5a et d'injecter l'oxygène nécessaire à la copbustion des
éléments thermogènes dans cette zone, en veillant à y créer une turbulence suffisante.
[0024] Un tube plongeur, tel que représenté en fig.2, est de construction assez complexe
et d'un entretien difficile et coûteux. Un moyen simple permettant d'éviter le contact
entre le bain métallique, d'une part, et les matières combustibles ainsi que de l'oxygène,
d'autre part, réside en un plateau ou cuvette, disposé au point d'impact respectivement
de chute des matières combustibles et l'oxygène; il doit être disposé d'une manière
telle que les réactions entre les matières combustibles et l'oxygène aient lieu sur
le plateau respectivement dans cette cuvette et que le laitier formé déborde de ce
plateau respectivement de cette cuvette, et entre en contact avec le bain métallique,
grâce à la mise en mouvement du bain métallique par l'insufflation du gaz auxiliaire
neutre ou réducteur, insufflé soit par un ou plusieurs éléments perméables logés dans
le fond de la poche, soit par une lance auxiliaire débitant également sensiblement
en-dessous de ce même point d'impact.
[0025] En fig.3, les éléments semblables à ceux représentés en fig.l sont munis des mêmes
références. Un plateau 13, sur lequel les matières combustibles réagissent avec l'oxygène,
est suspendu à la goulotte 6. Les matières combustibles et les fondants sont stockés
dans des réservoirs 8, munis à leur base de doseurs vibrants 9a débitant dans une
goulotte vibrante 7a, cette opération pouvant également se faire en chute naturelle
par un guidage 7a débitant par l'intermédiaire d'un sas (non représenté) dans la goulotte
6. La goulotte 6 sera de préférence refroidie à l'eau; un gaz neutre ou réducteur
G empêchera les pénétrations de gaz, de laitier ou de métal. Le tube 5 est muni dans
sa partie intérieure par un revêtement protecteur 5f en bois imprégné de magnésie
de 2 cm d'épaisseur.
[0026] Dans une autre variante d'exécution représentée en fig.4 on introduit l'oxygène dans
le tube plongeur 5 au moyen de deux lances lla, éventuellement refroidies à l'eau.
Les lances lla, qui sont reliées à la conduite d'oxygène 11, ainsi que la goulotte
6 servant dans ce cas uniquement à l'introduction des matières solides, aboutissent
en regard d'une cuvette 13a flottant dans la couche de laitier 14: La cuvette a des
pièces d'écartement (non représentés) permettant de la centrer. Elle est munie d'un
cône dont la pointe est dirigée vers le bas, de manière à obtenir un mouvement de
bain propice, grâce au gaz insufflé par le bas.
[0027] Ci-après quelques exemples convenant particulièrement à une mise en oeuvre à l'aide
d'installations représentées en fig. 1 ou 2.
[0028] 120 tonnes d'acier se trouvent dans une poche. Après décrassage soigneux on remplace
la scorie par de la chaux en poudre. La température du métal est de 1.610°C; la teneur
en soufre est de 0,015 X. On veut abaisser cette teneur et chauffer le métal à 1.670°C
pour pouvoir couler le métal en continu pendant 50 minutes.
[0029] L'élément thermogène insufflé sera de l'aluminium sous forme de poudre ou de granules,
mélangé à du carbure de calcium, également en poudre ou en granules, dans une proportion
de 1,6 kg de CaC
2 à 0,74 kg d'Al, ainsi qu'éventuellement 3 à 10 % de CaF
2 destiné à améliorer la fluidité de la scorie.
[0030] Il fut trouvé qu'en injectant par tonne d'acier 1 kg de ce mélange avec 0,7 à 0,9
m
3 d'oxygène, on augmente la température du bain mé
- tallique de 18°. Pour aboutir à l'augmentation de la température de 60°C, il faut
injecter 3,3 kg de mélange par tonne d'acier, soit 400 kg de mélange Al CaC
2, sans tenir compte des 20 kg de fluorure de calcium destinés à régler la viscosité
de la scorie. Les 400 kg sont injectés en 20 minutes, ce qui correspond à une augmentation
de température de 3°C par minute. Pendant toute la durée de l'opération, un intense
courant d'argon est injecté par l'élément perméable 2 et/ou par la lance 10. L'injection
d'argon est poursuivie pendant 5 minutes après l'injection. Après cette opération
la température visée de 1.670°C était atteinte et le métal ne contenait plus que 0,004
Z de soufre, tout en ayant une excellente pureté micrographique.
[0031] Les proportions ainsi que les quantités à ajouter sont évidemment fonction des matières
à injecter. Ainsi, pour fabriquer suivant l'invention un laitier Perrin in situ, en
vue d'une épuration et d'un chauffage simultané, on peut ajouter un mélange de 35
% d'Al et de 65 % CaO. La température augmente d'environ 20°C par kg d'aluminium ajouté
par tonne d'acier. Il faut prévoir 0,6-0,7 Nm
3 d'oxyène par kg d'aluminium ajouté.
[0032] On peut également mettre en oeuvre un alliage Ca-Al pour fabriquer un laitier épurant
et rechauffer simultanément l'acier. Dans ce cas, il faut prévoir l'addition d'un
mélange titrant sensiblement 50 % de Ca-Al et 50 % de CaO, avec une addition de 5
à 10 % de spath-fluor comme fluidifiant. Ce mélange fournira une augmentation de 16
à 20°C par kg de Ca-Al ajouté par tonne d'acier, tout en donnant lieu à un acier titrant
moins de 0,004 X de S et ayant une grande pureté micrographique.
[0033] Exemples convenant particulièrement pour une mise en oeuvre à l'aide d'installations
représentées en fig. 3 ou 4.
[0034] La poche 1 contient 100 tonnes d'acier provenant d'un convertisseur où l'acier avait,
dans le convertisseur, une température de 1.610°C, le métal contenu dans la poche
a reçu les additions de ferromanganèse, d'aluminium, de silicium etc. nécessaires
à l'obtention de son analyse finale et a été décrassé de la majeure partie de la scorie
provenant du convertisseur. La température dans la poche est en ce moment de 1.575°C.
La poche est ensuite recouverte d'une couche de chaux en poudre qui neutralise le
reste du laitier surnageant la poche. On procède ensuite à un barbotage en introduisânt
un gaz neutre G par le bouchon poreux 2 et/ou la lance de barbotage 10. On obtient
de cette manière une zone exempte de scories et de chaux au milieu de la poche et
on introduit le tube plongeur 5 muni inférieurement et extérieurement de réfractaires.
Une couche de 50 kg de laitier préfabriqué est ensuite introduite dans le tube 5 et
on commence l'addition d'un mélange de carbure de calcium et de bauxite à haute teneur
en A1
20
3 et titrant environ 70% d'Al
2O
3 préalablement calciné dans une proportion de 1 kg de carbure de calcium pour 1,25
kg de bauxite, de manière à obtenir un laitier titrant environ 50% de Ca0 et 50% d'Al
2O
3, sans tenir compte des impuretés. On introduit parallèlement de l'oxygène par les
lances 11a dans le jet des produits combustibles et scorifiants. La température finalement
atteinte devra être de 1.605°C, alors que les pertes thermiques au cours de l'opération
sont de 1,3°C par minute. Le mélange injecté avec l'oxygène permet une augmentation
de la température de 8°C par kg de CaC
2 par tonne d'acier et on recherchera une augmentation effective de la température
de 3°C par minute. On injectera donc au total 6,25 kg par tonne d'acier de CaC
2 et 7,8 kg/t de bauxite ainsi que 3,75 m d'oxygène par tonne d'acier et on formera,
grâce au brassage obtenu par le gaz neutre G, un effet épurateur remarquable et l'augmentation
de la température souhaitée.
[0035] Lors de la fabrication de nombreuses nuances d'acier, il ne sera d'ailleurs pas nécessaire
ou même utile d'employer des laitiers cal- cico-alumineux, un laitier calcique seul
conduisant déjà à une désulfuration et à une désoxydation remarquable du métal sans
entrai- ner l'introduction de traces d'aluminium dans le bain métallique dont l'effet
sur certaines nuances d'acier peut être perturbateur.
[0036] Ci-après, un exemple d'application lors de l'utilisation de carbure de calcium, seul
ou avec l'addition éventuelle de faibles quantités de spath-fluor, en vue d'améliorer
la fluidité du laitier obtenu. L'exemple s'appliquera à un acier de nuance à haut
carbone, mais on aura soin d'éviter l'addition d'aluminium, étant donné qu'on veut
fabriquer un acier, p.ex. pour étirage ultra fin, dans laquelle toute addition d'aluminium
sera prohibée.
[0037] La température des 100 tonnes d'acier dans le convertisseur sera, comme dans l'exemple
précédent, de 1.610°C et de 1.535°C dans la poche décrassée, mise à nuance et recarburation
comprises; on procédera exactement comme dans l'exemple précédent, la couche de laitier
préfabriqué étant remplacée par un mélange de 60 kg de chaux et de
10 kg de spath-fluor introduit dans le tube 5 et on commence l'addition du carbure
de calcium, en grains de 2-4 mm, auquel on ajoutera 10% de spath-fluor. On introduit
parallèlement de l'oxygène par la lance lla dans le jet du carbure de calcium, en
ayant soin de ne pas brûler totalement le carbure de calcium dans le laitier finalement
formé, de façon à maintenir à ce laitier un effet désoxydant et désulfurant. La température
finale sera d'environ 1.560°C.
[0038] Le carbure de calcium injecté avec son addition de spath-fluor et l'oxygène, injecté
de manière à obtenir un laitier réducteur, en- traine une augmentation de la température
de 7°C par kg de CaC
2 par tonne d'acier. L'augmentation des 50°C recherchée (dont 30°C pour rechauffage
effectif et 20°C pour compenser les pertes thermiques encourues par la durée de l'opération,
environ 1,3°C/minute) nécessitera l'addition de 7 kg de CaC
2 et de 3,64 m
3/O
2 par tonne d'acier et on formera, grâce au brassage obtenu par le gaz neutre G, un
effet épurateur important sans traces d'Al dans l'acier et l'augmentation de la température
souhaitée.
1. Procédé pour le traitement de l'acier en poche, par l'intermédiaire de laitiers,
caractérisé en ce que l'on forme dans la poche- même des laitiers réactifs d'une composition
donnée, par-combustion au moyen d'oxygène d'éléments métalliques et éventuellement
non-métalliques, en proportions correspondant à la composition désirée des dits laitiers,
et que l'on effectue simultanément un brassage du bain en vue d'y répartir la chaleur
créée par la dite combustion.
2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'on ajoute dans le bain
par le haut des matières combustibles telles que l'aluminium métallique, le carbure
de calcium, le calcium-silicium, le calcium-aluminium, ainsi qu'éventuellement des
matières scorifiantes, telles que la chaux et/ou le spath-fluor et que l'on ajoute
au même point d'impact de l'oxygène, tout en réglant les quantités des matières ajoutées
de manière à former au point d'impact dans la poche les laitiers ayant la composition
désirée.
3. Installation pour la mise en oeuvre du procédé suivant une des revendications 1
ou 2, caractérisée en ce qu'une poche métallurgique (1) comporte des moyens pour délimiter
une zone de travail dans le bain, les dits moyens coopérant avec des moyens pour injecter
dans la dite zone des matières solides et gazeuses et qu'il est prévu des moyens pour
introduire dans le bain un courant ascendant de gaz de barbotage, dirigé sur la dite
zone.
4. Installation suivant la revendication 3, caractérisée en ce que les moyens délimitant
la zone de travail consistent essentiellement en un tube plongeur (5,50) muni d'un
capuchon (5e) qui est destiné à traverser les scories pour fondre ensuite dans le
métal liquide et pour mettre à nu la dite zone, lequel tube (5,-50) est serti dans
un couvercle (4) qui recouvre la poche (1).
5. Installation suivant la revendication 3, caractérisée en ce que les moyens d'injection
des matières solides et gazeuses sont au moins une lance (6) multiflux débitant par
le haut, approvisionnée en oxygène par une première conduite (11) et en matières solides
par une deuxième conduite (7), ces matières étant stockées dans des réservoirs (8)
munis de doseurs alvéolaires (9), la deuxième conduite (7) étant raccordée à une source
de gaz porteur neutre ou réducteur (G), laquelle lance (6) étant sertie dans un couvercle
(5c) recouvrant le tube plongeur (5,50).
6. Installation suivant la revendication 3, caractérisée en ce que les moyens destinés
à fournir le gaz de barbotage sont constitués par des éléments perméables (2) logés
dans le fond de la poche et/ou par une lance submergée (10).
7. Installation suivant la revendication 4, caractérisée en ce que le tube plongeur
est un tube (5) à compartiment unique.
8. Installation suivant la revendication 7, caractérisée en ce qu'elle comporte à
l'intérieur du tube plongeur (5), en regard de l'embouchure des moyens servant à injecter
des matières solides et gazeuses dans la zone de travail, un plateau (13) ou une cuvette
(13a).
9. Installation suivant la revendication 4, caractérisée en ce que le tube plongeur
est un tube (50) subdivisé en un compartiment (5a) dans lequel aboutissent les moyens
fournisseurs de matières solides et gazeuses et en un compartiment (5b) qui communique
avec le compartiment (5a) par une ouverture (30) pratiquée dans la cloison de séparation;
le compartiment (5b) étant ouvert vers le bas et les moyens (2,10) destinés à fournir
le courant ascendant de gaz neutre ou réducteur (G) étant disposés en-dessous du compartiment
(5b).
10. Installation suivant la revendication 4, caractérisée en ce que le tube plongeur
(5,50) est recouvert au moins partiellement de matériaux qui sont le siège d'un dégagement
gazeux lorsqu'ils sont en contact ou avoisinent les laitiers ou les métaux en fusion.