[0001] L'instruction du personnel militaire aux matériels d'artillerie s'effectue actuellement
avec des munitions classiques, démunies de leur charge explosive, mais équipées de
chargements et de dispositifs pyrotechniques permettant de visualiser l'impact (fumigène,
poudre noire).
[0002] Deux inconvénients majeurs en résultent, spécialement en ce qui concerne les matériels
d'artillerie lourde. D'abord le coût d'une munition d'instruction est élevé. S'agissant,
par exemple, d'un obus de 155 mm explosif, seule la charge explosive est remplacée,
dans le cas d'un obus d'instruction, par un lest inerte et une charge de poudre noire,
tous les autres éléments constitutifs de l'obus restant identiques : corps d'obus,
ceinture, charge supplémentaire, fusée, ... Une munition similaire est décrite par
exemple dans FR-A-1077913.
[0003] Ensuite les gabarits de sécurité de la plupart des champs de tir ne permettent pas
l'utilisation de munitions classiques en tir courbe à forte charge. En effet, lors
du tir à hausse maximale, la portée de ces munitions se révèle trop importante. Par
exemple, un obus de 155 mm à culot creux tiré au canon de 155 AU FI en charge 7 à
l'angle de portée maximale, réalise une portée de 23 300 m. Cependant, tirer à des
angles de hausse moins importants, afin de réduire la portée ne résout pas le problème
posé par les gabarits de sécurité. En effet, dans ce cas on augmente le risque de
ricochet de l'obus. Dans certains cas, particulièrement défavorables (angle très faible,
sol dur,...) les dimensions des gabarits de sécurité doivent être multipliées par
un coefficient pouvant aller jusqu'à 1,5 afin de s'affranchir des risques provenant
de ricochets éventuels propres à un obus classique.
[0004] On peut donc dire que les tirs d'instruction sont généralement coûteux puisqu'on
utilise du matériel classique et les conditions de tir sont assez restreintes puisque,
si l'angle de hausse est trop faible, il y a risque de ricochet et que, pour des angles
de hausse situés autour de 45°, on ne peut tirer qu'en charge faible.
[0005] La présente invention concerne une munition d'instruction pour matériel d'artillerie
du type connu selon le préambule de l'unique revendication et présentant notamment
les avantages suivants :
diminution très importante du coût de l'obus d'instruction par rapport aux obus d'exercice
actuels,
élargissement des conditions de tir, sans augmentation des gabarits de sécurité,
fiabilité accrue de visualisation par absence de dispositif pyrotechnique de visualisation
à l'impact habituellement utilisé.
[0006] La munition d'instruction suivant l'invention est caractérisée selon la partie caractérisante
de l'unique revendication.
[0007] Les divers caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description
qui va suivre, de deux de ses formes possibles de réalisation. Cette description est
faite en référence au dessin annexé sur lequel les Fig. 1 et 3 sont des vues en coupe
longitudinale axiale de munitions suivant l'invention, et la Fig. 2 est un diagramme
comparant les trajectoires d'une munition classique et d'une munition suivant l'invention.
[0008] Le corps de la munition est constitué par un tube 1, ouvert à ses deux extrémités
dans l'exemple traité à la Fig. 1. Ce tube est en acier banal à faibles caractéristiques
mécaniques. Seul l'extérieur du tube est usiné, la surface interne du tube restant
brute. Les faibles caractéristiques mécaniques de l'acier utilisé permettent de réaliser
la ceinture de forcement 2 dans l'acier même du corps d'obus, ce qui entraîne la suppression
des opérations habituelles d'usinage de la gorge, de moletage des adents, de sertissage
de la ceinture, d'usinage de finition de la ceinture sertie et des opérations de contrôle
qui leur sont associées.
[0009] Ainsi, le corps de la munition peut être réalisé au moindre coût.
[0010] Une fermeture 3 obture le tube au voisinage de son extrémité antérieure sur laquelle
est monté un pot cylindrique 4 fermé par un bouchon 5 et qui contient une substance
ou composition fumigène 6. Avantageusement cette composition peut consister en du
tétrachlorure de titane formant, avec l'humidité de l'air, une épaisse fumée blanche,
lors de l'impact au sol de la munition, qui provoque la destruction du pot sous l'effet
de sa compression entre la fermeture 3 et le sol.
[0011] La constitution de la munition sous la forme d'un tube fermé seulement au voisinage
de son extrémité permet aux gaz de la charge propulsive de se développer dans une
chambre de volume important, ce qui entraîne, pour une charge propulsive et un canon
donnés, une diminution de la pression maximum au culot (fermeture 3 de la munition),
une diminution de la vitesse initiale et une diminution de la portée de la munition.
D'autre part, la forme générale de la munition et du pot qui l'équipe est telle qu'elle
détermine une très nette augmentation de la traînée par rapport à celle des munitions
d'instruction actuellement utilisées, d'où résultent une diminution notable de la
portée et une augmentation de l'angle de chute, donc la diminution du risque de ricochet.
[0012] On a comparé, à ces propos, sur la Fig. 2, la trajectoire A d'une munition classique
et celle B d'une munition suivant l'invention, tirées par une même arme, sous la même
vitesse initiale (V
o = 400 m/s) et sous un même angle de tir (30°). Le graphique de la Fig. 2 sur lequel
ont été portées en abscisse la portée et, en ordonnée, l'altitude (toutes deux en
m) montre, pour la munition d'instruction usuelle A une portée surabondante (10000
m) et un angle de chute faible (36°) propre au ricochet de la munition, alors que,
pour la munition B suivant l'invention, la portée est réduite à 5 000 m
. (bien suffisante) avec un angle de chute s'établissant à 51°, réduisant au minimum
le risque de ricochet.
[0013] Il importe d'ajouter que la dotation de la munition suivant l'invention d'un pot
fumigène, pour la visualisation de l'impact, en remplacement des artifices pyrotechniques
habituellement utilisés, augmente la sécurité et la fiabilité de la munition suivant
l'invention.
[0014] La munition représentée à la Fig. 3 diffère seulement de celle de la Fig. 1 par le
fait que le corps 1 et la fermeture 2 sont en une seule pièce obtenue par tout moyen
quelconque convenable, avantageusement par forgeage.
Munition d'instruction pour matériel d'artillerie, constituée par un tube (1) en acier
banal de faible résistance mécanique, caractérisée en ce que seule la surface externe
du tube est usinée de façon à obtenir en une seule opération les saillies, notamment
la ceinture de forcement (2) que doit présenter la munition, en ce que le tube comporte
à son extrémité antérieure une fermeture (3) sur laquelle s'appuie un pot (4) contenant
une composition ou substance fumigène, la munition présentant ainsi une forte traînée
aérodynamique et son corps formant une chambre, de volume important, pour le développement
des gaz de propulsion.
Übungsgeschoß für Geschütze, bestehend aus einem Rohr (1) aus Stahl mit geringer mechanischer
Festigkeit, dadurch gekennzeichnet, daß es auf der äußeren Seite des Rohres bearbeitet
ist, und zwar in der Weise, daß in einem Arbeitsgang alle Ringe erhalten werden, insbesondere
der Führungsring (2), den das Geschoß aufweisen muß, und daß das Rohr an seinem vordern
Ende ein Verschlußteil (3) aufweist, auf dem ein Behälter (4) angeordnet ist, der
ein rauchbildendes Gemisch oder eine rauchbildende Substanz enthält, wobei das Geschoß
einen großen aerodynamischen Widerstand aufweist und der Geschoßkörper eine großvolumige
Kammer für die Entwicklung des Treibgases bildet.