[0001] La présente invention concerne un caillebotis formant les joints entre des éléments
de dallage.
[0002] Plus spécialement, ce caillebotis est applicable à la constitution d'un revêtement
de circulation sur la couche de désolidarisation en sable par exemple, d'un revêtement
d'étanchéité d'une structure porteuse telle qu'une terrasse.
[0003] Jusqu'à présent, plusieurs techniques peuvent être mises en oeuvre pour réaliser
le revêtement de circulation.
[0004] Une première technique consiste à couler sur la couche de désolidarisation une chape
en mortier de ciment dont l'étendue est divisée par des joints de fractionnement.
L'inconvénient de cette chape continue est qu'elle n'est pas démontable et qu'il n'est
pas possible d'éviter la démolition par casse de la chape dans son ensemble lorsqu'un
sinistre lié à un défaut d'étanchéité se produit et qu'une vérification du revêtement
d'étanchéité s'impose.
[0005] Une deuxième technique consiste à poser des dallettes préfabriquées sur la couche
de désolidarisation. L'inconvénient de ces dallettes est que leur manutention est
pénible en raison de leur poids et de leur encombrement ; en outre, des découpes multiples
sont nécessaires pour couvrir n'importe quelle surface. Dès lors, ce revêtement de
circulation est peu économique.
[0006] Une troisième technique consiste à poser sur la couche de désolidarisation des moules
en matière plastique formant coffrage perdu et à remplir ces moules sur place de mortier
de ciment. L'inconvénient de ces moules est qu'ils sont coûteux et grèvent lourdement
le prix de revient du revêtement de circulation. Mais cette technique a l'avantage
sur les précédentes de permettre le démontage des dallettes ainsi moulées individuellement
lors d'une recherche de fuite ; de plus, le travail est bien moins pénible et l'adaptation
à la forme de la surface à recouvrir est très facile.
[0007] La présente invention vise à perfectionner la troisième technique, en remédiant à
ses inconvénients, en conservant ses avantages et en en faisant apparaître d'autres.
[0008] Elle propose à cet effet de remplacer les moules plastiques par un caillebotis original.
[0009] Elle a alors pour but :
- de constituer avec le caillebotis un coffrage latéral perdu.
- de rendre possible le démontage d'une dallette en permettant très facilement le
tronçonnage des côtés de la case correspondante du caillebotis.
- de compenser le retrait du mortier après coulée des dallettes, lors de la prise.
- de former des joints de dilatation intervenant de façon étanche aussi bien lorsque
la température extérieure s'élève que lorsqu'elle s'abaisse.
- de calfeutrer les joints entre dallettes en permettant ainsi, d'une part, de limiter,
voire d'annihiler, la circulation de l'eau sur le revêtement. d'étanchéité, d'autre
part, d'éviter le développement de végétation et de concrétions.
[0010] Il est intéressant de noter que ce caillebotis permet de former les joints dans tous
les cas et il est dès lors utilisable, avec la plupart des avantages précités, lorsque
les éléments de dallage, au lieu d'être des dallettes en mortier coulées sur place,
sont des dallettes en mortier préfabriquées, des briquettes, des carrelages, des pavés
ou autres.
[0011] Pour atteindre ce but et conformément à l'invention, le caillebotis comporte des
règles creuses en matière plastique extrudée présentant une section à deux axes perpendiculaires
de symétrie, en particulier en forme de losange, pour éviter de privilégier un sens
de pose, les noeuds de croisement de ces règles étant obtenus par emboîtement de celles-ci
préalablement entaillées à mi-hauteur.
[0012] Les règles présentent en saillie, de préférence lorsque les éléments de dallage sont
en mortier coulé sur place, sur chacune de leurs faces longitudinales, deux nervures
d'ancrage inclinées vers les deux chants sur lesquels la face considérée aboutit.
[0013] En outre, les parois longitudinales de chaque règle sont en forme de dièdre presque
plat et sont reliées par au moins une cloison interne de raidissement.
[0014] Lorsque le caillebotis est disposé dans un espace délimité par des joints de fractionnement,
ces joints sont constitués par des profilés tubulaires en matière plastique dont la
hauteur est égale à celle des règles et par conséquent des éléments de dallage, les
faces longitudinales de ces profilés étant brisées en forme de dièdres rentrants.
[0015] Chaque face longitudinale des profilés formant joints de fractionnement est raccordée
aux chants par des rebords à becs permettant l'ancrage dans le mortier et l'accrochage
des nervures latérales d'une éventuelle règle contigûe.
[0016] Les profilés tubulaires formant joints de fractionnement coopèrent, dans les angles,
avec des plots dont les côtés de leur section carrée ont une largeur égale à l'épaisseur
(E) de ces profilés et dont la hauteur est égale à celle de ces derniers.
[0017] Chaque plot est rendu solidaire, par une semelle notamment, de quatre chapes conformées
pour l'emboîtement des profilés tubulaires formant joints de fractionnement.
[0018] Divers autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortent d'ailleurs
de la description détaillée qui suit.
[0019] Une forme de réalisation de l'objet de l'invention est représentée, à titre d'exemple
non limitatif, sur le dessin annexé.
[0020] Sur ce dessin :
- la figure 1 est une perspective en partie arrachée montrant le caillebotis, selon
l'invention, posé sur une terrasse avant coulée du mortier.
- la figure 2 est une perspective en . vue synoptique illustrant un noeud du caillebotis
désigné par un rond sur la figure 1, ainsi que les deux règles qui se recoupent selon
ce noeud.
- la figure 3 est une perspective partielle d'un profilé formant joint de fractionnement
de l'aire sur laquelle le caillebotis doit être posé.
- la figure 4 est une perspective de l'un des plots définissant un noeud de fractionnement.
[0021] Ainsi que cela ressort de la figure 1, 1 désigne une dalle de terrasse en béton armé,
2 un muret entourant cette terrasse et 3 un rebord avec goutte d'eau faisant saillie
à l'intérieur du muret.
[0022] La dalle 1 et le muret 2 sont recouverts par un revêtement d'étanchéité 4. sur lequel
est déposée une couche de désolidarisaiion 5, en sable par exempte.
[0023] Selon l'invention, il s'agit de constituer un dallage sur la couche 5 et, à cet effet,
la surface à protéger est divisée par des joints de fractionnement 6 en plusieurs
surfaces de base 7 (carrées ou rectangulaires) dans chacune desquelles sont disposés
des caillebotis 8. Ceux-ci sont constitués par des règles 9, 10 identiques entre elles
et se croisant à angle droit afin de délimiter des espaces élémentaires carrés 11
ayant le volume d'une dallette. Du mortier de ciment est alors coulé dans ces espaces
afin de former, après prise, des dallettes 12 parfaitement accrochées aux règles 9,
10 et aux joints de fractionnement 6.
[0024] Comme le montre la figure 2, chaque règle 9, 10 d'un caillebotis 8 est constituée
par un profilé tubulaire creux en matière plastique extrudée. Sa section est symétrique
suivant deux axes de symétrie perpendiculaires V et H ; dans l'exemple représenté,
cette section présente la forme d'un losange ; dès lors que cette condition est remplie,
aucune précaution n'est à prendre pour usiner et poser une règle, car aucune différenciation
n'apparaît entre le haut et le bas, entre le côté gauche et le côté droit ; il en
résulte que l'entaillage décrit dans ce qui suit pour pouvoir croiser les règles (figure
2) peut être exécuté à partir de n'importe quel chant 13, 14 d'une règle et que pour
effectuer les emboîtements il suffit simplement de présenter les règles 9 avec leurs
entailles 15 ouvertes en bas et les règles 10, absolument identiques aux précédentes,
avec leurs entailles -16 ouvertes en haut.
[0025] Ainsi donc, dans cet exemple, chaque règle 9, 10 comporte deux chants 13, 14 dont
la largeur "e" correspond à celle du joint à ménager entre les dallettes 12, et deux
parois longitudinales 17, 18 conformées en dièdres relativement plats faisant saillie
vers l'extérieur, la hauteur "h" de cette règle étant égale à l'épaisseur des dallettes
12. Le profilé tubulaire constituant ces règles étant creux, il est déformable de
façon relativement élastique, ce qui lui permet de compenser le retrait du mortier
lors de sa prise après coulée des dallettes, ce qui lui permet aussi de constituer
un joint de dilatation efficace intervenant de façon étanche aussi bien lors d'une
élévation,que d'un abaissement de la température ambiante.
[0026] Bien entendu, il ne faut pas que les règles soient trop souples ; il faut au contraire
qu'elles possèdent une certaine raideur, un certain ressort. A cet effet, les parois
longitudinales 17, 18 sont reliées, dans l'exemple choisi, par deux petites cloisons
internes 19, 20 venues d'extrusion.
[0027] Par ailleurs, il faut que les règles soient bien ancrées dans le mortier pour suivre
parfaitement les variations dimensionnelles précitées, de très faible grandeur d'ailleurs,
des dallettes. Dès lors, les parois longitudinales 17, 18 de chaque règle présentent
en saillie des nervures 21 et 22, 23 et 24 inclinées vers l'extérieur et les deux
chants 19 et 20 respectivement.
[0028] En ce qui concerne le croisement des règles, les entailles 15, 16 sont absolument
identiques et usinées à mi-hauteur "h/2" sur une largeur correspondant sensiblement
à l'épaisseur moyenne des règles. Etant donné la symétrie précitée que respecte aussi
cette entaillage, toutes les règles peuvent être entaillées en même temps sans aucun
respect du sens de présentation ; pour réaliser un noeud de croisement, il suffit,
comme le montre la figure 2, de présenter les règles 10 avec leurs entailles 16 ouvertes
en haut et perpendiculairement les règles 9 avec leurs entailles 15 ouvertes en bas,
en mettant ces entailles 15 et 16 en regard les unes des autres, puis de rapprocher
lesdites règles pour emboîter dans lesdites entaitles,les parties pleines 25 et 26
que celles-ci laissent subsister.
[0029] Les joints de fractionnement 6 précités sont, eux aussi, constitués par des profilés
tubulaires en matière plastique extrudée dont la hauteur h est égale à celle des règles
9, 10 et par conséquent à l'épaisseur des dallettes 12. Ces joints tubulaires 6 présentent
des chants 27, 28 et des parois longitudinales 29, 30 qui sont conformées en dièdres
relativement plats, rentrant à l'intérieur desdits joints. Les chants 27, 28 sont
raccordés aux parois 29, 30 par des rebords à becs 31 prévus pour assurer, en coopération
avec la conformation rentrante desdites parois, un ancrage efficace dans le mortier
des dallettes; en outre, ces rebords sont positionnés de façon que les nervures 21
à 24 des règles 9, 10 puissent s'y accrocher lorsqu'il est nécessaire, en raison de
la forme et des dimensions particulières de la terrasse, de placer côte à côte un
joint de fractionnement et une règle.
[0030] Bien entendu, un tel joint 6 est également symétrique suivant deux axes perpendiculaires
H et V.
[0031] Le croisement des joints de fractionnement 6 est réalisé différemment de celui des
règles 9, 10. Chaque noeud de croisement des joints 6 délimitant les surfaces de base
7 fait application d'un plot 32 illustré par la figure 4. Ce plot présente une section
carrée dont les côtés ont une largeur "1" égale à l'épaisseur "E" des joints de sorte
que les faces des plots prolongent rigoureusement celles desdits joints de plus, la
hauteur h de ce plot est égale à celle de ces joints, de sorte que le dessus des plots
affleure la face apparente du dallage.
[0032] Pour poser les plots 32 dans les angles des surfaces de base 7, puis les joints 6
à la limite de celles-ci, des moyens particuliers ressortant de la figure 4 sont mis
en -oeuvre. Chaque plot 32 est rendu solidaire, par une semelle 33 par exemple, de
quatre chapes orthogonales 34 à 37 s'étendant à hauteur limitée et destinées à recevoir,
pour les centrer, les extrémités des joints de fractionnement 6 qui y aboutissent.
[0033] Lorsqu'il s'agit de démonter une dallette 12, il suffit de tailler, à la limite de
celle-ci, avec une meule de tronçonneuse, une saignée le long des règles correspondantes
pour séparer les nervures d'ancrage supérieures de ces dernières, puis d'extraire
avec un pied de biche, soit directement la dallette considérée, soit les morceaux
de règles contigus puis la dallette.
1.- Caillebotis (8) formant les joints entre des éléments de dallage (12) tels que
des dallettes en mortier coulées sur place ou préfabriquées, des briquettes, des carrelages,
des pavés ou autres, posés sur la couche de désolidarisation (5) (en sable notamment)
d'un revêtement d'étanchéité (4) d'une structure porteuse (1) telle qu'une terrasse,
afin de constituer un revêtement de circulation, caractérisé en ce qu'il comporte
des règles creuses (10, 11), en matière plastique extrudée présentant une section
à deux axes perpendiculaires de symétrie (H, V), en particulier en forme de losange,
pour éviter de privilégier un sens de pose, les noeuds de croisement de ces règles
étant obtenus par emboîtement de celles-ci préalablement entaillées à mi-hauteur (15,
16, 25, 26).
2.- Caillebotis selon la revendication 1, applicable de préférence aux éléments de
dallage (12) en mortier coulé sur place, caractérisé en ce que les règles (10, 11)
présentent en saillie, sur chacune de leurs faces longitudinales (17, 18), deux nervures
d'ancrage (20 à 24) inclinées vers les deux chants (13, 14) sur lesquels la face considérée
aboutit.
3.- Caillebotis selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que les parois longitudinales
(17, 18) de chaque règle (9, 10) sont en forme de dièdre presque plat et sont reliées
par au moins une cloison interne de raidissement (19, 20).
4.- Caillebotis selon la revendication 1, disposé dans l'espace (7) délimité par des
joints de fractionnement (6), caractérisé en ce que ces joints (6) sont constitués
par des profilés tubulaires en matière plastique dont la hauteur (h) est égale à celle
des règles (10, 11) et par conséquent des éléments de dallage (12), les faces longitudinales
(29, 30) de ces profilés étant brisées en forme de dièdres rentrants.
5.- Caillebotis selon les revendications 4 et 2, caractérisé en ce que chaque face
longitudinale (29, 30) des profilés formant joints de fractionnement (6) est raccordée
aux chants (27, 28) par des rebords à becs (31) permettant l'ancrage dans le mortier
et l'accrochage des nervures latérales d'une éventuelle règle contigüe.
6.- Caillebotis selon la revendication 4, caractérisé en ce que les profilés tubulaires
formant joints de fractionnement (6) coopèrent, dans les angles, avec des plots (32)
dont les côtés de leur section carrée ont une largeur (I) égale à l'épaisseur (E)
de ces profilés et dont la hauteur (h) est égale à celle de ces derniers.
7.- Caillebotis selon la revendication 6, caractérisé en ce que chaque plot (32) est
rendu solidaire, par une semelle (33) notamment, de quatre chapes (34 à 37) conformées
pour l'emboîtement des profilés tubulaires formant joints de fractionnement (6).