[0001] La présente invention concerne l'oxydation de couches sédimentaires souterraines
contenant des matières hydrocarbonées.
[0002] Il existe différentes méthodes pour oxyder les couches sédimentaires souterraines
contenant des matières hydrocarbonées parmi lesquelles les méthodes dites "thermiques"
qui consistent à oxyder les couches souterraines à l'aide d'un gaz oxydant, d'air,
d'air enrichi en oxygène ou d'oxygène pur. Selon ces méthodes, l'oxydation des couches
hydrocarbonées est :
- soit partielle (gazéification du charbon) faisant intervenir des réactions du type
:



- soit totale (récupération assistée du pétrole par combustion in situ).
[0003] La plupart des installations de mise en oeuvre des méthodes utilisées actuellement
comportent un puits d'injection débouchant dans la couche souterraine hydrocarbonée
et au moins un puits de production situé à une certaine distance du puits d'injection.
Le puits d'injection comprend un tube central dit "tubing" dans lequel on injecte
le gaz contenant de l'oxygène et un tube concentrique audit tubing dans lequel on
injecte, par exemple, de l'eau dite eau de réaction. Ceci entraîne soit une modification
de la viscosité des matières hydrocarbonées contenues dans la couche souterraine (cas
du pétrole), soit leur oxydation partielle (cas du charbon), ce qui, dans les deux
cas, favorise l'écoulement desdites matières hydrocarbonées vers le ou les puits de
production.
[0004] L'un des problèmes essentiels rencontrés dans ces méthodes d'oxydation des couches
souterraines de matières hydrocarbonées provient du fait que les pressions d'injection
du gaz oxydant et de l'eau dans le puits d'injection sont le plus souvent très élevées
du fait, soit de la valeur de la pression hydrostatique de fond, soit de la volonté
de travailler à haute pression. Ainsi, les pressions d'injection des produits peuvent
atteindre des valeurs telles que les cinétiques d'oxydation sont accélérées au point
de pouvoir rendre les réactions explosives. C'est pourquoi, dans un but de sécurité,
on cherche à limiter le plus possible ces risques d'explosion lors de la mise en oeuvre
de ces procédés.
[0005] Parmi les procédés d'oxydation de couches souterraines selon lesquels on cherche
à limiter les risques d'explosion, on peut citer le procédé décrit dans le brevet
européen n° 82.400.150.7 selon lequel le tube central d'injection du gaz oxydant comporte
à son extrémité inférieure un ajutage dont les dimensions sont calculées de façon
à ce que la vitesse d'arrivée dudit gaz oxydant soit telle que, s'il se produit une
explosion au fond du puits d'injection, il n'y ait pas retour de flamme. On peut également
citer le procédé décrit dans la demande de brevet européen n° 82.401.680.2 qui consiste
à injecter de l'oxygène dans un conduit séparé et éloigné d'une certaine distance
du conduit d'injection d'air ou d'eau.
[0006] L'invention a pour objet un procédé d'oxydation de couches souterraines hydrocarbonées
qui permet également de résoudre ce problème de sécurité et présente l'avantage d'être
d'une mise en oeuvre simple.
[0007] Le procédé d'oxydation de couches sédimentaires souterraines contenant des matières
hydrocarbonées conforme à l'invention consiste à injecter un gaz contenant de l'oxygène
dans au moins un puits d'injection partant de la surface et débouchant dans ladite
couche souterraine de façon à provoquer l'oxydation partielle ou totale desdites matières
hydrocarbonées et l'écoulement desdites matières hydrocarbonées à l'état de fluides
vers au moins un puits de production situé à distance dudit puits d'injection et débouchant
également dans ladite couche souterraine, ledit puits d'injection étant constitué
d'un premier tube central dans lequel on injecte un gaz contenant de l'oxygène, d'un
deuxième tube concentrique au premier définissant un premier espace annulaire dans
lequel on injecte de l'eau de réaction, et d'un cuvelage concentrique audit deuxième
tube définissant un deuxième espace annulaire et s'étendant plus en profondeur dans
la couche souterraine que lesdits premier et deuxième tubes, lesdits premier et deuxième
tubes débouchant dans la partie inférieure dudit cuvelage après avoir traversé un
joint annulaire d'étanchéité dit "packer", placé entre le deuxième tube et le cuvelage.
Ce procédé se caractérise en ce que, dans une première étape, on injecte dans le tube
central un gaz de purge contenant pas ou peu d'oxygène, puis, dans une deuxième étape,
on injecte dans ledit tube central un gaz oxydant et on augmente progressivement la
concentration en oxygène dudit gaz oxydant, et, au cours de ladite deuxième étape,
on contrôle la réaction en remplaçant, si nécessaire, l'eau injectée dans le premier
espace annulaire par un fluide de sécurité, les fluides de réaction injectés pénétrant
dans la couche souterraine par des perforations régulièrement réparties, ménagées
dans la paroi latérale de la partie inférieure du cuvelage.
[0008] Selon l'invention, le fluide de sécurité est constitué, par exemple, par de l'azote,
de l'anhydride carbonique, ou de l'eau dite "eau de noyage", c'est-à-dire de l'eau
injectée en très grande quantité.
[0009] Selon une caractéristique de l'invention, au cours de la deuxième étape, dans un
premier stade, on augmente la concentration en oxygène du gaz injecté dans le tube
central dans une proportion d'environ 1 % à environ 30 % d'oxygène, et dans un deuxième
stade, on augmente la concentration en oxygène dudit gaz jusqu'à une proportion maximum
comprise entre 75 % et 99,5 %.
[0010] Selon une autre caractéristique du procédé de l'invention, on établit une circulation
d'eau froide dans le deuxième espace annulaire.
[0011] Les avantages et caractéristiques de l'invention seront mieux compris à la lecture
de la description qui suit en référence à la figure jointe qui représente un mode
de réalisation d'un puits d'injection permettant la mise en oeuvre du procédé objet
de l'invention.
[0012] Un puits d'injection 1 part de la surface libre 2 du terrain concerné et débouche
dans la couche souterraine 3 contenant des matières hydrocarbonées. Le puits 1 comprend
un tube central 4, un deuxième tube 5 concentrique au tube 4 et un cuvelage 6 concentrique
au tube 5. Le tube 5 définit avec le tube 4 un premier espace annulaire 7, et le cuvelage
6 définit avec le tube 5 un deuxième espace annulaire 8. Le cuvelage 6 s'étend plus
en profondeur dans la couche souterraine 3 que les tubes 4 et 5. Les tubes 4 et 5
débouchent dans l'extrémité inférieure du cuvelage 6 après avoir traversé un joint
annulaire d'étanchéité 9 dit "packer". La paroi latérale de la partie inférieure du
cuvelage 6 qui est dans la couche souterraine 3 est munie de perforations 10 régulièrement
réparties. Des moyens d'injection, de régulation et de maintenance, dits "arbre de
Noël", placés à la surface 2 sont symbolisés en 11. Le tube central 4 est un tube
bobiné déroulé à partir d'une bobine 12 fixée en surface sur un dispositif approprié
(non représenté sur la figure) ; le tube 4 peut également être constitué par des éléments
tubulaires vissés les uns au autres. Toutefois, on préfère utiliser un tube bobiné
déroulé qui présente l'avantage de pouvoir être -installé et retiré rapidement. Ce
tube 4 est, de préférence, en métal inoxydable ou réfractaire.
[0013] La mise en oeuvre du procédé de l'invention est la suivante.
[0014] On injecte tout d'abord, dans le tube 4, un gaz inerte ou peu oxydant de façon à
purger le fond du puits, ce qui permet, lors de l'étape suivante, de démarrer l'oxydation
dans une zone où les risques d'explosion sont minimes.
[0015] Une fois cette première étape de purge terminée, on injecte dans le tube 4 un gaz
contenant de l'oxygène et on augmente progressivement la concentration en oxygène
dudit gaz jusqu'à une proportion maximum comprise entre 75 % et 99,5 X. Simultanément,
on injecte de l'eau de réaction dans l'espace annulaire 7 ; par "eau de réaction",
on entend de l'eau sous forme, soit de liquide, soit de vapeur, soit de mousse. De
plus, on établit une circulation d'eau froide dans l'espace annulaire 8 de façon à
éviter un échauffement trop important du "packer" 9 (en effet, le packer, qui est
constitué d'éléments hydrocarbonés, type caoutchouc, ne supporte pas des températures
trop élevées). Cette circulation d'eau de refroidissement peut de façon avantageuse
être mise en place dans l'espace annulaire 8 grâce à un dispositif classique (non
représenté sur la figure) du type "Coiled Tubing" (tube bobiné déroulé) ou "Snubbing"
(éléments tubulaires vissés).
[0016] Grâce à un système de détection approprié (non représenté sur la figure) placé en
surface, si l'on décèle une variation de pression correspondant à un danger d'explosion,
on arrête immédiatement l'injection des fluides de réaction et on injecte à la place,
dans l'espace annulaire 7, un fluide de sécurité tel que de l'azote, de l'anhydride
carbonique ou de l'eau de noyage. Après contrôle de l'incident, on reprend la séquence
d'injection à zéro.
[0017] A titre d'exemple, la première étape de purge dure environ quelques jours, le premier
stade de la deuxième étape d'oxydation (concentration en oxygène du gaz injecté dans
le tube 4 augmentant d'environ 1 % à environ 30 %) est d'environ 15 jours et la durée
du deuxième stade de cette deuxième étape (augmentation de la concentration en oxygène
du gaz injecté dans le tube 4 pouvant aller jusqu'à environ 99,5 %) est d'environ
350 jours à 700 jours. En cas d'incident, l'injection d'un fluide de sécurité dans
l'espace annulaire 7 est d'environ 1 heure.
[0018] Toujours, à titre d'exemple, on signale que le débit d'injection du gaz oxydant dans
le tube 4 peut aller de 1000 à 10000 m
3/h et que le débit d'injection de l'eau de réaction dans l'espace annulaire 7 peut
être de 10 litres par m
3 de gaz oxydant injecté dans le tube 4.
[0019] Ainsi, le procédé conforme à l'invention permet d'éviter tout risque d'explosion
lors de de l'oxydation de couches souterraines contenant des matières hydrocabonées,
d'une part grâce à la première étape de purge, d'autre part grâce à la possibilité
de contrôle des réaction par injection d'un fluide de sécurité en cas d'incident.
1. - Procédé d'oxydation de couches sédimentaires souterraines contenant des matières
hydrocarbonées selon lequel on injecte un gaz contenant de l'oxygène dans au moins
un puits d'injection partant de la surface et débouchant dans ladite couche souterraine
de façon à provoquer l'oxydation partielle ou totale desdites matières hydrocarbonées
et l'écoulement desdites matières hydrocarbonées à l'état de fluides vers au moins
un puits de production situé à distance dudit puits d'injection et débouchant également
dans ladite couche souterraine, ledit puits d'injection étant constitué d'un premier
tube central dans lequel on injecte un gaz contenant de l'oxygène, d'un deuxième tube
concentrique au premier définissant un premier espace annulaire dans lequel on injecte
de l'eau dite eau de réaction, et d'un cuvelage concentrique audit deuxième tube définissant
un deuxième espace annulaire et s'étendant plus en profondeur dans la couche souterraine
que lesdits premier et deuxième tubes, lesdits premier et deuxième tubes débouchant
dans la partie inférieure dudit cuvelage après avoir traversé un joint annulaire d'étanchéité
dit "packer", placé entre le deuxième tube et le cuvelage, caractérisé en ce que,
dans une première étape, on injecte dans le tube central un gaz de purge contenant
pas ou peu d'oxygène, puis, dans une deuxième étape, on injecte dans ledit tube central
un gaz oxydant et on augmente progressivement la concentration en oxygène dudit gaz
oxydant, et, au cours de ladite deuxième étape, on contrôle la réaction en remplaçant,
si nécessaire, l'eau injectée dans le premier espace annulaire par un fluide de sécurité,
les fluides de réaction injectés pénétrant dans la couche souterraine par des perforations
régulièrement réparties, ménagées dans la paroi latérale de la partie inférieure du
cuvelage.
2. - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le fluide de sécurité
est constitué par de l'azote, de l'anhydride carbonique, de l'eau dite eau de noyage.
3. - Procédé selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que, au cours
de la deuxième étape, dans un premier stade, on augmente la concentration en oxygène
du gaz injecté dans le tube central dans une proportion d'environ 1 % à environ 30
%, et dans un deuxième stade, on augmente la concentration en oxygène dudit gaz jusqu'à
une proportion maximum comprise entre 75 % et 99,5 %.
4. - Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'on établit
une circulation d'eau froide dans le deuxième espace annulaire.
5. - Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'on injecte
le gaz de purge, puis le gaz oxydant dans le tube central, ledit tube central étant
amovible.
6. - Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que ledit tube central est
constitué par un tube bobiné déroulé.
7. - Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que ledit tube central est
formé d'éléments tubulaires vissés les uns aux autres.
8. - Procédé selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que la durée
de la première étape est de quelques jours, la durée du premier stade de la deuxième
étape est d'environ 15 jours et la durée du deuxième stade de ladite deuxième étape
est d'environ 350 jours à 700 jours.
9. - Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que la durée d'injection
d'un fluide de sécurité dans le premier espace annulaire est d'environ une heure.
10. - Procédé selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'on injecte
le gaz oxydant dans le tube central à un débit de 1000 à 10000 m3/heure.
11. - Procédé selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisé en ce qu'on injecte
l'eau dans le premier espace annulaire à un débit de 10 litresim3 de gaz oxydant injecté dans le tube central.