[0001] La présente invention est relative à un procédé d'obtention d'un métal par électrolyse
d'halogénures en bain de sels fondus comportant un double dépôt simultané et continu
et à des dispositifs d'application dudit procédé.
[0002] Parmi les métaux concernés, figurent tous ceux qui présentent un point de fusion
supérieur à 1000° C et, de préférence, plusieurs états de valence tels que notamment
le titane, le zirconium, l'hafnium, le thorium, le vanadium, le niobium, le tantale,
le chrome, le molybdène, le tungstène, l'uranium, le plutonium ainsi que les métaux
des terres rares.
[0003] L'homme de l'art sait qu'on peut obtenir le dépôt d'un métal en introduisant un de
ses dérivés tels qu'un halogénure, par exemple, dans un bain de sels fondus et en
le soumettant dans son principe le plus simple à l'action de deux électrodes reliées
aux pôles d'une source de courant continu : à l'anode se dégage l'halogène et à la
cathode se dépose le métal. Cette technique dite d'électrolyse ignée a fait l'objet
de nombreuses études qui ont abouti à la conception de divers procédés se distinguant
entre eux par la composition du bain, l'état physique et chimique de l'halogénure,
la modulation du régime de courant appliqué et à la réalisation de multiples dispositifs
quant à leur structure et à leur forme, notamment au niveau des électrodes, des systèmes
d'injection d'halogénures et de récupération du métal déposé.
[0004] Il est cependant un point commun à l'ensemble de ces cellules, c'est la présence
d'un diaphragme poreux qui sépare l'anode de la cathode et partage le bain en deux
volumes distincts : l'anolyte et le catholyte. Ce diaphragme a notamment pour effet
d'éviter que l'halogène dégagé à l'anode ne réoxyde les halogénures réduits dissous
dans l'électrolyte quand le métal comporte plusieurs valences.
[0005] Ce diaphragme peut être réalisé en céramique ou par dépôt d'un métal réfractaire
sur un treillis métallique polarisé convenablement.
[0006] La présente invention met en oeuvre une cathode métallique en forme de panier qui,
tout en pouvant servir de diaphragme, sert surtout de premier récepteur du métal à'déposer.
Les brevets britannique 781 311 et des USA 3 282 822 décrivent des procédés qu'on
pourrait rapprocher de notre invention.
[0007] Le premier d'entre eux décrit une cellule de forme parallélépipédique renfermant
un bain de chlorures ; elle est partagée par une cloison verticale en deux compartiments
qui communiquent entre eux par un espace situé entre le bas de la cloison et le fond
de la cellule. Dans l'un des compartiments plonge un rondin métallique constituant
l'anode et dans l'autre un ensemble cathodique,en tôle perforée, composé d'une cathode
tubulaire et d'un panier cathodique concentrique alimenté en halogénure du métal à
déposer. Selon l'inventeur, lorsque cette cellule fonctionne avec du tétrachlorure
de titane gazeux, la distribution de courant sur les surfaces cathodiques est telle
qu'il se forme du dichlorure qui est réduit rapidement en métal, non seulement à proximité
des parois périphériques du panier, mais aussi à proximité des parois périphériques
du tube central, tandis qu'il se dépose du trichlorure entre ces deux régions. Comme
le trichlorure est réduit moins rapidement en métal que le dichlorure, il en résulte
le maintien d'une grande différence de concentration en chlorures réduits au sein
du bain, ce qui a pour effet de donner des cristaux métalliques de taille relativement
grande sur les parois cathodiques du panier. Ces cristaux sont alors récupérés, après
arrêt de la cellule, en sortant le panier du bain et en les décollant de la paroi.
On immerge à nouveau le panier pour entreprendre une nouvelle opération d'électrolyse.
[0008] L'USP 3 282 822 rappelle d'abord les difficultés rencontrées avec les procédés tel
que celui qui vient d'être décrit, notamment en ce qui concerne la formation à la
fois de cristaux très fins et donc très oxydables et d'amas de cristaux plus gros,
mais spongieux et emprisonnant entre eux des quantités importantes de bain. Pour y
parer, il enseigne la nécessité d'un meilleur contrôle des densités de courant et
d'une uniformité du courant à la surface des électrodes. Il préconise alors comme
moyen une cathode en forme de boîte cubique ayant des parois latérales perforées,
une paroi supérieure et un fond pleins. Au centre de la paroi supérieure de cette
boîte débouche une tubulure d'alimentation en tétrachlorure de titane et à l'intérieur
sont suspendues des barres cathodiques verticales. Autour de cette boîte sont réparties
symétriquement dans le bain d'autres barres verticales faisant fonction d'anodes.
Un évent placé sur le couvercle de la cellule permet l'évacuation vers l'extérieur
du chlore produit par l'électrolyse.
[0009] Cette cellule fonctionne suivant deux régimes d'alimentation en chlorures. Dans un
premier stade, on l'alimente rapidement de manière à avoir une mole TiC1
4 pour 10 à 20 Faradays. Il en résulte la formation sur les parois intérieures de la
boîte de fins cristaux de titane qui se développent pour former un dépôt plus ou moins
spongieux. Puis, la quantité de TiCl
4 est accrue de manière à avoir une mole de TiCl
4 pour 4,5 à 6,5 Faradays. Dans ces conditions, une concentration en TiCl
2 se produit et du titane métal se dépose de préférence sur les barres cathodiques
sous une forme de cristaux à ramifications. Quand la boîte est pleine de métal, l'alimentation
en TiCl
4 est interrompue, le courant prolongé pendant quelques instants pour épuiser le titane
soluble, puis la boite cathodique est sortie du bain et refroidie à l'abri de l'atmosphère.
Le métal est alors séparé de la boîte, puis lavé avec une solution d'acide dilué et
séché. Le produit obtenu renferme entre 50 et 80 % de métal ayant une dureté Brinell
de 120 environ.
[0010] Si cette cellule apporte un progrès par rapport à la précédente, comme le prétend
l'inventeur, elle présente néanmoins les inconvénients suivants :
- son fonctionnement est discontinu du fait de la nécessité pour chaque opération
de production de métal, d'utiliser successivement deux régimes de fonctionnement différents
et de sortir le panier du bain pour récupérer le métal ;
- lorsqu'on sort le bac cathodique du bain, il y a décrochage de fines particules
de titane. Ces fines s'accumulent sous forme de boue au fond de la cellule et diminuent
le rendement métal. De plus, du fait de leur bonne conductibilité électrique, elles
provoquent le by passage d'une partie du courant destiné à l'électrolyse, réduisant
ainsi le rendement électrique de la cellule. C'est pourquoi, il s'avère nécessaire
de procéder périodiquement à l'enlèvement de ces boues. Cet enlèvement se fait soit
de façon mécanique, opération très insalubre, soit par introduction de chlore comme
dans l'USP 3 607 011 (qui se réfère d'ailleurs à l'USP 3 282 822 cité plus haut), de manière à transformer le métal en TiCl4, halogénure qui s'échappe alors du bain par vaporisation et que l'on condense en
vue d'un recyclage ultérieur ;
- le produit obtenu est hétérogène puisque le dépôt initial de métal sur les parois
de la boite, au moment où la quantité de courant admise est grande, est de nature
spongieuse, alors que le dépôt ultérieur sur les barres cathodiques, à quantité de
courant réduite,est à plus gros cristaux ;
- du fait de la présence de produits spongieux, le contenu du panier retient une quantité
notable de bain dont il faut se débarrasser par un traitement en milieu acide ;
- il n'est pas facile de saisir le moment où le pouvoir d'assimilation de cette cellule
diminue, de sorte que du TiC12 et du TiCl3 apparaissent dans l'anolyte et se recombinent avec le chlore libéré à l'anode, ce
qui diminue le rendement matière de l'opération.
[0011] C'est pourquoi, le but de l'invention est de proposer un procédé dans lequel, d'une
part, on alimente et réduit les halogénures en continu et de façon simultanée tout
en maintenant constamment le panier dans le bain de manière à éviter la discontinuité
dans la marche et la formation de boues; d'autre part, on obtient un métal essentiellement
cristallisé, homogène, n'emprisonnant pas de bain ; autant d'éléments qui contribuent
à améliorer à la fois la capacité de production, les rendements matière et électrique,
les conditions de travail et la qualité des produits fabriqués.
[0012] L'invention consiste, pour l'essentiel, en un procédé d'obtention d'un métal par
électrolyse d'halogénures dans un bain d'halogénures fondus comportant un double dépôt
simultané et continu dans lequel on forme un premier dépôt en faisant circuler un
courant électrique continu Il d'un ensemble anodique vers une cathode de dépôt en
forme de panier, toutes deux étant immergées dans le bain, et on alimente le panier
avec un halogénure du métal à déposer. Ce procédé est caractérisé en ce que l'on fait
circuler simultanément un courant 1
2 du panier vers au moins une cathode complémentaire de manière à former sur celle-ci
un deuxième dépôt, que l'on extrait périodiquement du bain ladite cathode complémentaire
pour récupérer le métal obtenu et la remplace simultanément par une autre cathode.
[0013] Ainsi, à la différence du procédé de l'art antérieur, on peut accepter de déposer
sous l'influence du courant I
1 le métal sous une forme plus ou moins hétérogène. Puis, sous l'action du courant
I
2, ce métal est ionise et transporté vers la ou les cathode(s) complémentaire(s) où
il forme un dépôt essentiellement cristallin homogène, ne présentant aucune porosité
et ne retenant pratiquement pas de bain. Il suffit alors de sortir la cathode du bain
et de la laisser refroidir à l'abri de l'air pour récupérer facilement un métal bien
cristallisé, apte, sans traitement intermédiaire, à être aggloméré par fusion. Ce
procédé présente donc un avantage considérable sur celui de l'USP 3 282 822 dans lequel
on obtenait un métal réparti à la fois sur les parois perforées d'une boîte et sur
les barres cathodiques intérieures dont la récupération s'avérait mal aisée et dont
la qualité différait suivant l'endroit où il avait été prélevé ; et ce, en raison
de la formation de deux sortes de dépôts correspondant aux deux régimes successifs
d'alimentation en halogénures, sans parler de la présence d'halogénures non réduits.
[0014] Dans le procédé selon l'invention, on peut agir facilement et à tout moment sur le
rapport entre les courants Il et I
2, c'est-à-dire accroître la quantité de métal déposé dans le panier en réduisant le
transfert vers la cathode ou au contraire diminuer la quantité de métal déposé dans
le panier en augmentant le transfert vers la cathode. Si, en régime, on arrive à un
certain équilibre et donc à un volume constant dans le temps de métal déposé dans
le panier, il peut arriver qu'en raison d'irrégularités dans le débit d'halogénures
ou autres perturbations, un début de colmatage des parois du panier se produise ;
dans ce cas, il suffit d'augmenter I
2 pour dissoudre les dépôts gênants et éventuellement les boues, et rétablir une marche
correcte. A la limite, on peut pendant un temps donné interrompre soit le courant
Il soit le courant I
2 de sorte que le rapport Il / I
2 peut varier de 0 à l'infini et cela sans aucune répercussion sur la qualité du métal
produit. Ceci constitue un avantage notable sur le procédé de l'art antérieur où en
cas de colmatage, on n'avait d'autres ressources que d'arrêter l'électrolyse et de
sortir le panier du bain pour ne récupérer qu'un métal fortement pollué par les halogénures
n'ayant pu être réduits.
[0015] Le procédé tel que décrit ci-dessus correspond aux conditions de marche en régime
de croisière. Mais, il convient, lors du démarrage de l'opération, de suivre un processus
particulier consistant d'abord à constituer une réserve de métal dans le panier. Pour
cela, on fait circuler uniquement un courant Il entre l'anode et le panier, tandis
que l'on introduit plusieurs charges successives d'halogénures dans la cellule. Quand
la quantité d'électricité débitée correspond au remplissage de 1/2 à 2/3 environ du
volume du panier par du métal, on introduit dans le compartiment délimité par les
parois intérieures de la cellule et les parois extérieures du panier l'halogénure
du métal à déposer qui se réduit à la valence 0 à la cathode en une seule étape, de
manière à avoir une teneur en métal combiné comprise entre 1 et 7 % en poids ; ceci
afin d'éviter la formation de produits pulvérulents. A ce moment, on fait passer simultanément
un courant Il et un courant I
2 tout en continuant à alimenter le panier en halogénure. La cellule acquiert ainsi
son régime de croisière. Il ne reste plus alors qu'à sortir régulièrement la ou les
cathodes du bain pour récupérer le métal et à les remplacer par des cathodes vierges.
Dans le cas de n cathodes, on opère de la manière suivante : une seule cathode ayant
été mise en place dans le bain lors du démarrage, on immerge successivement les n-1
autres à des moments régulièrement espacés afin qu'au moment de l'immersion de la
n
ième, la première soit recouverte par la quantité de métal raffiné souhaitée.
[0016] La description ci-dessus fait état d'une alimentation en halogénure seul. Mais, le
procédé s'accomode aussi bien d'un mélange d'halogénure et de bain, ce dernier circulant
entre les électrodes et étant soutiré en continu et recyclé après recharge en halogénure
du métal que l'on veut déposer.
[0017] Le procédé selon l'invention permet l'alimentation en halogénure sous une forme non
seulement liquide mais également solide, ce qui est différent du procédé de l'USP
3 282 822 qui admettait seulement dans le cas du titane du tétrachlorure et de préférence
gazeux. Cet élargissement aux trois états physiques de la matière résulte de la réalisation
d'un dépôt en deux stades qui libère le procédé des contraintes de qualité du métal
présent dans le panier puisque ce dernier ne constitue qu'une phase transitoire de
son obtention.
[0018] Le procédé est applicable à la plupart des halogénures du type M (halogène)
x, où M est un métal tel que le titane, le zirconium, l'hafnium, le thorium, le vanadium,
le niobium, le tantale, le chrome, le molybdène, le tungstène, l'uranium, le plutonium,
les métaux des terres rares et X une des valences du métal considéré. Il peut également
s'appliquer aux métaux qu'il est difficile d'obtenir directement dans un état cristallin
correct.
[0019] C'est ainsi que dans le cas du titane, tous les halogénures de type TiCl
x dans lesquels X a une valeur égale ou comprise entre 2 et 4, peuvent être mis en
oeuvre. Ainsi, à la différence de l'USP cité plus haut, on peut utiliser outre du
TiCl
4, du TiCl
3 ou du TiCl
2 ou un mélange de ces derniers ou encore un produit partiellement réduit dans lequel,
par exemple, X est voisin de 2,3.
[0020] Les sous-chlorures ont l'avantage sur le TiCl
4 d'être solubles dans le bain de sels fondus et donc de donner un bain plus homogène.
Ils permettent,en outre, un meilleur contrôle de la quantité d'halogénures introduits
et donc de pouvoir limiter la teneur en titane combiné dans le panier et de réduire
ainsi la diffusion d'ions titane vers l'anode et, par suite, les pertes dues à la
réoxydation anodique.
[0021] La possibilité d'utiliser des sous-chlorures apporte donc à la technique antérieure
un progrès important, qui ne pouvait être envisagé que dans la mesure où on n'était
pas contraint d'imposer au dépôt métallique du panier des caractéristiques métallurgiques
particulières, ce qui est le cas du présent procédé et qui en fait tout l'intérêt.
[0022] Le bain de sels fondus utilisé est choisi en fonction du métal à déposer. C'est ainsi
que pour le titane, on prend de préférence un mélange de chlorures de calcium, baryum
et sodium, en proportions convenables. Ce bain a l'avantage d'avoir une composition
semblable à celle du bain utilisé pour la production électrolytique du sodium : on
peut ainsi concevoir une boucle comportant la préréduction de TiCl
4 en TiCl
x par le sodium et la recirculation du bain du compartiment anodique vers la cellule
d'électrolyse du sodium.
[0023] Quant aux intensités de courant appliquées, elles dépendent principalement des métaux
à déposer, du type d'halogénure et de la vitesse d'alimentation et font donc l'objet
d'adaptations spécifiques.
[0024] La présente invention concerne également deux dispositifs d'obtention de métaux.
Ils consistent en une cellule d'électrolyse d'halogénures du métal à déposer contenus
dans un bain d'halogénures fondus comprenant une cuve cylindrique conçue pour contenir
ledit bain à l'abri de l'atmosphère, un ensemble anodique comprenant au moins une
anode cylindrique plongeant dans le bain, une cathode en forme de panier en treillis
mécanique suspendue dans le bain, constituée par deux cylindres coaxiaux verticaux
solidaires d'un fond perforé ou non s'étendant jusqu'à l'axe, un système d'alimentation
en halogénures placé à la partie haute de la cathode et entre les deux cylindres,
des moyens d'aspiration de l'halogène dégagé, des moyens de liaison des parties hautes
de l'ensemble anodique et de la cathode respectivement aux pôles positif et négatif
d'une source de courant continu, caractérisée en ce que l'ensemble anodique est placé
au centre de la cellule et entouré symétriquement par le panier, qu'au moins une cathode
complémentaire, et de préférence deux, reliées par leur partie haute à une source
de courant de potentiel plus fortement négatif que celui du panier, sont placées dans
le compartiment délimité par les parois intérieures de la cellule et les parois extérieures
du panier de façon symétrique et équipées de moyens de sortie du bain à l'abri de
l'air.
[0025] Cette cellule comporte donc, comme dans.l'USP 3 282 822 et le GB 781 311, une cathode
en forme de panier, un ensemble anodique, des moyens d'alimentation en halogénures,
d'injection de gaz inerte et d'évacuation d'halogène, mais elle inclut également d'autres
moyens.
[0026] Tout d'abord, l'ensemble anodique occupe une position centrale dans la cellule d'électrolyse
et elle est entourée de façon symétrique par le panier cathodique, de sorte que l'ensemble
de la paroi latérale intérieure et l'ensemble de la paroi latérale extérieure dudit
panier sont chacun équidistants de l'anode. Une telle disposition crée dans l'anolyte
un champ électrique régulièrement réparti qui évite des diffusions locales d'ions
titane vers l'anode et favorise la canalisation de l'halogène dégagé.
[0027] On notera que la présence d'un fond perforé ou non à la base du panier et qui se
prolonge jusqu'à l'axe de la cellule, contribue à former un compartiment où l'anolyte
se trouve séparé électriquement du reste du bain et renforce les avantages dûs à la
symétrie panier-anode.
[0028] Mais on peut encore accentuer l'isolement de l'anolyte en réalisant un double fond
dont l'intérieur communique ou non avec le panier lui-même.
[0029] Le panier est constitué d'un treillis métallique en nickel de préférence dont les
mailles ont des dimensions telles qu'elles empêchent un passe. trop facile des particules
de métal sans pour autant être une cause de colmatage.
[0030] La partie supérieure du panier émerge du bain et peut être ouverte ou fermée. Dans
les deux cas, elle est en relation,d'une part avec le système d'alimentation en halogénures,
d'autre part avec le pôle négatif d'une source de courant par l'intermédiaire de passages
étanches pratiqués dans le couvercle de la cellule.
[0031] Quant à l'ensemble anodique central, il est constitué de préférence par une pièce
de forme cylindrique, en graphite, sculptée longitudinalement en vue de favoriser
le dégagement gazeux, reliée au pôle positif d'une source de courant et placée à l'intérieur
d'une cloche fixée de façon étanche au couvercle de la cellule et par l'intermédiaire
de laquelle l'halogénure est envoyé vers une captation extérieure.
[0032] Autour du panier se trouvent placées de façon symétrique une ou des cathodes de préférence
en fer, nickel, titane ou en métal à déposer, qui servent à recevoir le métal final.
Cette disposition permet une répartition régulière du courant de deuxième dépôt et
l'obtention d'un dépôt uniforme du métal. Elle contribue également à faciliter la
récupération du métal en raison d'une bonne accessibilité desdites cathodes. En utilisant
un nombre suffisant de cathodes, on diminue la densité de courant cathodique et favorise
la qualité du dépôt. Une telle disposition aboutit à un partage de la cellule en trois
compartiments distincts : un compartiment anodique où la teneur du bain en titane
est pratiquement nulle, un compartiment constitué par le panier où le bain est très
riche en ions titane et un compartiment cathodique délimité par les parois intérieures
de la cellule et les parois extérieures du panier, où la teneur en titane du bain
est relativement faible et de l'ordre de quelques pour cent en poids. D'où une structure
originale qui convient parfaitement à l'application du procédé selon l'invention.
[0033] Cependant, il ne s'agit là que d'un dispositif préférentiel non limitatif et toute
autre variante telle que celle, par exemple, consistant à inverser la disposition
de l'ensemble anodique et de l'ensemble cathodique par rapport au panier fait partie
de l'invention. Ce dernier dispositif a l'avantage de regrouper les cathodes au centre
de la cellule, ce qui a pour résultat, notamment, de diminuer le nombre de dispositifs
d'extraction desdites cathodes.
[0034] Dans le cas où on désire alimenter la cellule avec un mélange de bain et d'halogénure
du métal à déposer, on équipe le fond de la cellule d'un piquage d'extraction du bain
qui débouche dans le compartiment anodique. Le bain est alors recyclé en continu vers
le panier après avoir été rechargé convenablement en halogénure du métal à déposer.
[0035] L'invention sera mieux comprise à l'aide des dessins ci-joints et qui représentent
à la figure 1 une coupe suivant un plan axial d'un exemple de cellule selon l'invention
et à la figure 2 une coupe de la même cellule suivant un plan horizontal de tracé
XX' sur la figure 1.
[0036] Sur la figure 1, on distingue un bac cylindrique (1) équipé extérieurement de circuits
de chauffage (2), d'un calorifugeage (3) et garni intérieurement d'un bain (4) de
sels fondus jusqu'au niveau (5) et muni sur sa paroi inférieure d'un orifice (6) de
sortie de bain. Sur le couvercle (7) de la cellule débouche une tubulure (8) d'injection
de gaz inerte. Traversant ledit couvercle et, plongeant dans le bain, on voit :
- une anode centrale (10) avec son prolongement extérieur (11) destiné à être raccordé
au pôle positif d'une source de courant continu ;
- une cloche (12) entourant l'anode et son prolongement extérieur (11) par l'intermédiaire
d'une tubulure (13) raccordée à la tubulure (8) d'injection de gaz inerte de manière
à faciliter l'entrainement de l'halogène hors de la cellule par la tubulure (9) ;
- un panier cylindrique tubulaire (14) en treillis métallique comportant une paroi
extérieure (15) et une paroi intérieure (16), un fond (17) qui s'étend jusqu'à l'axe
de la cellule, une voûte (18) de fermeture se trouvant au-dessus du niveau du bain
et équipée d'une tuyauterie (19) d'alimentation en bain et halogénure et d'un prolongement
extérieur (20) destiné à être raccordé au pôle négatif d'une source de courant continu;
le panier contient un certain volume de métal (21) ;
- deux cathodes (22) et (23) placées dans le compartiment délimité par les parois
intérieures de la cellule et par les parois extérieures du panier recouvertes d'un
dépôt de métal avec leur prolongement extérieur (24) et (25) destinés à être raccordées
au pôle négatif d'une source de courant continu à un potentiel plus négatif que (20)
;
[0037] Sur la figure 2, on retrouve certains des éléments de la figure 1, à savoir : la
cellule (1), le système de chauffage (2); le calorifugeage (3), l'anode centrale (10)
et la cloche (12), le panier et ses parois extérieure (15) et intérieure (16) contenant
le métal (21) et huit cathodes dont deux repérées (22) et (23), revêtues d'un dépôt
de métal d'épaisseur décroissante quand on tourne dans le sens des aiguilles d'une
montre à partir de (22), cathode qui a connu le temps_de séjour le plus long dans
le bain.
[0038] L'invention peut être illustrée à l'aide de l'exemple d'application suivant :
Dans une cellule en Hastelloy C, de diamètre intérieur 235 mm et hauteur 700 mm, équipée
d'un système de chauffage, et à l'intérieur de laquelle est placée une cuve cylindrique
en nickel de diamètre 220 mm et hauteur 300 mm, on a chargé 13,7 kg d'un eutectique
BaC12-caC12-NaCl (16,3 - 46,9 - 36,7 % en moles). Après mise en place d'un couvercle étanche
muni d'une anode en graphite et d'une cathode en nickel et de différentes tubulures
obturables, on a procédé à une mise sous vide de la cellule vers 550° C pour éliminer
l'humidité, puis à un traitement par l'HCl pour éliminer les oxydes, hydroxydes, et
autres impuretés contenues dans le bain, puis à une électrolyse sous une tension continue
de 2,2 V jusqu'à stabilisation du courant résiduel.
[0039] On a alors enlevé le couvercle et introduit dans le bain un panier cylindrique annulaire
réalisé au moyen d'une armature en fil de nickel de diamètre 3 mm revêtue d'une toile
métallique réalisée avec du fil de nickel de diamètre 0,28 mm tressée suivant une
maille de 35 mesh. Puis, on a replacé le couvercle équipé d'une anode centrale et
de sa cloche, de ses cathodes complémentaires, des différentes tubulures d'entrée
et de sortie de gaz et du système d'alimentation en halogénure.
[0040] On a purgé l'atmosphère de la cellule sous vide, puis sous argon, puis on a réchauffé
à 550° C. Le bain étant liquide, on y a plongé les différentes électrodes. La hauteur
du bain dans la cellule était alors de 150 mm.
[0041] Par ailleurs, on a préparé une solution de TiCl
x en bain de sels fondus, où X était égal à 2,3 par oxydation de poudre de titane par
du tétrachlorure de titane. Cette solution renfermait environ 10 % en poids de titane
sous forme d'halogénure.
[0042] Ce TiCl
x a été introduit à raison de 6 g/heure dans la cellule et on a appliqué une tension
de 3,5 V. Le courant I
1 avait alors pour valeur 2 A.
[0043] Après introduction dans le panier de 1500 g de bain de sel contenant 10 % de titane
sous forme de TiCl
X, le métal déposé dans le panier occupait environ la moitié de son volume. Un prélèvement
de bain effectué près de la cathode complémentaire montrait la présence d'un sel parfaitement
blanc, c'est-à-dire ne contenant aucune trace de sous-chlorure, résultat d'ailleurs
confirmé par l'analyse.
[0044] On a alors alimenté en TiCl
x le compartiment délimité par les parois intérieures de la cellule et les parois extérieures
du panier jusqu'à atteindre une composition comprise entre 1,5 et 2 % en poids de
titane et on a imposé une tension de - 0,9 V entre cathode et panier. Il s'est établi
un courant 1
2 de valeur moyenne 1,5 A.
[0045] Après huit heures de_marche, il s'est formé sur la cathode un dépôt de métal bien
cristallisé n'entraînant que 1 à 2 % en poids de sels fondus. Le poids recueilli était
de 2,3 g.
[0046] L'opération a été menée sur une durée de 66 heures. Les tensions, intensités et poids
de métal obtenus figurent dans le tableau suivant :

Le métal obtenu avait pour analyse en ppm :

et sa dureté Brinell était en moyenne de 80.
1. Procédé d'obtention d'un métal par électrolyse d'halogénures dans un bain d'halogénures
fondus comportant un double dépôt simultané et continu, caractérisé en ce que l'on
fait d'abord circuler un courant électrique continu Il d'un ensemble anodique vers
une cathode en forme de panier, touss deux étant immergés: dans le bain, en alimentant
le panier avec un halogénure du métal à déposer, jusqu'à ce que la quantité d'électricité
débitée corresponde au remplissage de 1/3 à 2/3 du volume du panier par le métal,
nuis on introduit,dans le compartiment délimité par les parois intérieures de la cellule
et les parois extérieures du panier,l'halogénure.du métal de manière à avoir une teneur
en métal combiné comprise entre 1 et 7% en poids, puis on fait alors circuler, simultanément
au courant I1, un courant 12 du panier vers au moins une cathode complémentaire tout en continuant à alimenter
le panier en halogénures, et on extrait nériodique- ment ladite cathode complémentaire
pour récupérer le métal obtenu et la remplace par une autre cathode.
2. Procédé selon la-revendication 1, caractérisé en ce que l'on modifie à tout moment
le rapport I1/I2.
3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'alimentation en halogénure
du métal à déposer se fait sous forme d'un mélange avec le bain que l'on fait circuler
entre les électrodes, soutire en continu et recycle après recharge en halogénures.
4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on alimente..en halogénures
à l'état solide.
5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que lors du début du fonctionnement
en régime, si on utilise n cathodes, on plonge une seule électrode dans le bain, puis
les n-1 autres successivement et périodiquement de manière que lorsqu'on plonge la
nième, la première est recouverte par une quantité de métal raffiné souhaitée.
6. Procédé selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'on met en oeuvre un
halogénure M (Halog)X d'un métal présentant un point de fusion généralement supérieur à 1000° C et de préférence
plusieurs états de valence tels que notamment le titane, le zirconium, l'hafnium,
le thorium, le vanadium, le niobium, le tantale, le chrome, le molybdène, le tungstène,
l'uranium, le plutonium ainsi que les métaux des terres rares.
7. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que dans le cas du titane,
l'halogènure est du type TiClX où X est égal ou compris entre 2 et 4.
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en en que X est compris entre 2 et
3.
9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que X est voisin de 2,3.
10. Dispositif d'électrolyse d'halogènures du métal à déposer contenus dans un bain
d'halogénures fondus comprenant une cuve cylindrique conçue pour contenir ledit bain
à l'abri de l'atmosphère, un ensemble anodique comprenant au moins une anode (10)
de forme cylindrique plongeant dans le bain (4), une cathode (14) en forme de panier
en treillis métallique suspendue dans le bain,constituée par deux cylindres coaxiaux
verticaux solidaires d'un fond (17) perforé ou non, s'étendant jusqu'à l'axe, un système
d'alimentation (19) en halogénures placé à la partie haute de la cathode et entre
les deux cylindres des moyens d'aspiration (9) de l'halogène dégagé, des moyens de
liaison (11) et (20) des parties hautes de l'ensemble anodique et de la cathode respectivement
aux pôles positif et négatif d'une source de courant continu, caractérisé en ce que
l'anode est placée au centre de la cellule et entourée symétriquement par le panier,
qu'au moins une cathode complémentaire (22) et de préférence deux reliées par leur
partie haute à une source de courant de potentiel plus fortement négatif que celui
du panier sont placées dans le compartiment délimité par les parois intérieures de
la cellule et les parois extérieures du panier et de façon symétrique et équipées
de moyens de sortie du bain à l'abri de l'air.
11. Dispositif d'électrolyse d'halogènures du métal à déposer contenus dans un bain
d'halogènures fondus comprenant une cuve cylindrique conçue pour contenir ledit bain
à l'abri de l'atmosphère, un ensemble anodique comprenant au moins une anode (10)
de forme cylindrique plongeant dans le bain (4), une cathode (14) en forme de panier
en treillis métallique suspendue dans le bain constituée par deux cylindres coaxiaux
verticaux solidaires d'un fond (17) nerforé ou non, s'étendant jusqu'à l'axe, un système
d'alimentation (19) en halogènures placé à la partie haute de la cathode et entre
les deux cylindres, des moyens d'aspiration (9) de l'halogène dégagé, des moyens de
liaison (11) et (20) des parties hautes de l'ensemble anodique et de la cathode respectivement
aux pôles positif et négatif d'une source de courant continu, caractérisé en ce qu'une
ou deux cathode(s) complémentaire(s) (22) reliée(s) par leur partie haute à une source
de courant de potentiel plus fortement négatif que celui du panier sont placées vers
le centre de la cellule et entourées symétriquement par le panier, que l'ensemble
anodique est placé dans le compartiment délimité par les parois intérieures de la
cellule et par les parois extérieures du panier.
12. Dispositif selon la revendication 10 ou 11, caractérisé en ce que le fond du panier
est double et que l'intérieur communique ou non avec le panier lui-même.