[0001] La présente invention a pour objet un procédé de conditionnement par enrobage dans
du bitume de déchets radioactifs constitués par des résines échangeuses d'ions.
[0002] L'enrobage des déchets radioactifs dans du bitume est généralement effectué en mélangeant
une suspension aqueuse des déchets radioactifs avec du bitume à l'état fluidifié,
en procédant ensuite à une évaporation de l'eau de la suspension et en coulant le
mélange ainsi obtenu dans un récipient pour le solidifier.
[0003] Le brevet français 1 315 162 déposé le 6 décembre 1961 par le Commissariat à l'Energie
Atomique décrit un procédé de bitumage.de ce type, selon lequel on réalise le mélange
de la suspension de déchets avec du bitume fluidifié en présence d'un agent tensioactif
qui facilite la séparation de l'eau contenue dans la suspension, on sépare ensuite
la plus grande partie de cette eau soit par décantation, soit au moyen d'un dispositif
mécanique, et le produit obtenu après séparation de l'eau est alors malaxé à une température
telle qu'il soit suffisamment fluide, et finalement coulé de facon à obtenir par refroidissement
des blocs solides de plasticité convenable.
[0004] Le brevet français 2 052 093 du Commissariat à l'Energie Atomique déposé le 15 juillet
1969 décrit une installation d'enrobage d'une suspension de produits radioactifs au
moyen de bitume utilisant un évaporateur à couche mince et une pompe à engrenage pour
extraire les produits enrobés obtenus à la base de l'évaporateur.
[0005] Dans le brevet français FR-A-2 356 246, il est décrit une amélioration aux procédés
d'enrobage de déchets radioactifs dans du bitume, qui consiste à soumettre les déchets
à un prétraitement par des sels tels que les chlorures de calcium et de baryum, afin
d'améliorer la résistance à la lixiviation des produits solidifiés obtenus.
[0006] Dans ce cas, les déchets traités sont des concentrats d'évaporation et/ou des boues
de précipitation qui comportent des sels tels que les carbonates et sulfates de sodium.
[0007] On connaît également des installations d'enrobage en continu de suspensions de déchets
radioactifs utilisant une extrudeuse à double ou à quadraple vis, dans laquelle s'effectue
le mélange des déchets avec le bitume et le séchage de la suspension.
[0008] Généralement, avant de procéder à l'enrobage de la suspension de déchets, on soumet
celle-ci à un traitement de neutralisation par de la soude. En effet, il est déconseillé
d'enrober par le bitume des suspensions acides, notamment avec de l'acide nitrique
libre, pour éviter tout risque de dégradation du bitume en fin d'opération quand,
après évaporation de l'eau, le bitume se trouve en présence d'acide concentré. De
plus, la neutralisation préalable avant bitumage limite les phénomènes de corrosion
des installations.
[0009] Lorsque les déchets radioactifs sont constitués par des résines organiques échangeuses
d'ions notamment de type anionique sous forme OH- et/ou CI-, la mise en oeuvre de
ces procédés de conditionnement par enrobage dans du bitume ne permet pas d'obtenir
une capacité de traitement suffisante de l'installation de bitumage. De plus, les
enrobés bitumineux obtenus présentent l'inconvénient majeur de gonfler lorsqu'on les
immerge ensuite dans de l'eau. Dans ce cas, l'augmentation de volume des enrobés peut
atteindre 20%, et dépasser 100% dans certains cas extrêmes, ce qui conduit à une désagrégation
du déchet enrobé.
[0010] On connaît aussi des procédes de conditionnement de matériaux échangeurs d'ions dans
des résines thermodurcissables ou dans du ciment, comme cela est décrit dans le brevet
français FR-A 2361724 et dans le brevet japonais 48-28899. Selon ces procédés, pour
obtenir des produits conditionnés extempts de fissures, il est nécessaire de réaliser
un prétraitement des résines échangeuses d'ions pour remplacer les ions H
+ par d'autres cations, afin d'éviter que les résines ne puissent fixer certains des
réactifs nécessaires pour obtenir le durcissement de la résine thermodurcissable ou
la prise du ciment.
[0011] Le brevet allemand DE-A-3 102 473 décrit également un procédé de prétraitement d'un
mélange de résins échangeuses de cations et de résines échangeuses d'anions qui permet
ensuite de conditionner séparément les résines par incorporation dans du bitume ou
du ciment. Selon ce brevet, afin de séparer les résines échangeuses de cations des
résines échangeuses d'anions, on met en contact le mélange de résines avec une solution
aqueuse d'un sel, tel qu'un sulfate, un chlorure, un nitrate ou un acétate de métal
alcalin, pour remplacer les ions H
+ et/ou Na
+ des résines cationiques par du sodium et les ions OH- des résines anioniques par
d'autres anions. On peut ensuite effecteur une séparation des résines au moyen d'un
liquide qui a une masse volumique comprise entre celle des grains d'une sorte de résine
et celle des grains de l'autre sorte de résine. Ainsi, ce brevet ne traite pas du
problème de gonflement dans l'eau des enrobés bitumineux.
[0012] La présente invention à précisément pour objet un procédé de conditionnement par
bitumage des déchets radioactifs constitués soit par des résines échangeuses de cations,
soit par un mélange de résines échangeuses de cations et de résines échangeuses d'anions,
qui comprend une étape de prétraitement permettant de résoudre les problèmes évoqués
ci-dessus.
[0013] Selon l'invention, le procédé de conditionnement par bitumage de déchets radioactifs
constitués par des résines échangeuses de cations se caractérisé en ce qu'il consiste:
a) à soumettre lesdites résines à un prétraitement au moyen d'un sel pour remplacer
les ions H+ et/ou Na+ des résines échangeuses de cations par des ions choisis dans le groupe comprenant
Ca++, Sr++ et Ba++,
b) à mettre en suspension dans l'eau la ou les résines ainsi prétraitées, et
c) à soumettre ladite suspension à l'opération de bitumage.
[0014] Lorsque les déchets comprennent de plus des résines échangeuses d'anions, on réalise
le prétraitement au moyen d'un sel tel qu'on replace les ions H
+ et/ou Na
+ des résines échangeuses de cations par des ions choisis dans le groupe comprenant
Ca
++, Sr
++, et, Ba
++ et, les ions OH- et/ou CI- des résines échangeuses d'anions par un anion choisi dans
le groupe comprenant NO
3-, HCO
2- et CH
3CO
2-.
[0015] Selon une caractéristique de l'invention, on réalise le prétraitement en mettant
en contact, de préférence sous agitation, lesdites résines avec une solution aqueuse
d'un sel de calcium, de strontium ou de baryum, ledit sel étant choisi dans le groupe
comprenant les nitrates, les acétates et les formiates.
[0016] Ce mode de réalisation du prétraitement est en particulier adapté au traitement d'un
mélange de résines échangeuses de cations et de résines échangeuses d'anions car il
permet d'effecteur simultanément le remplacement des ions OH- ou CI- des résines anioniques
par des anions nitrates, acétates ou formiates et de remplacer également les ions
H
+ des résines cationiques par du calcium, du strontium ou du baryum.
[0017] Dans ce cas, on utilise généralement une solution aqueuse de nitrate ou d'acétate
de baryum pour effectuer le prétraitement. En effet, l'utilisation du nitrate de baryum
est préférable car l'anion NO
3- est généralement présent dans les effluents, en particulier dans les effluents des
centres de retraitement et des centres d'études nucléaires.
[0018] Grâce au prétraitement de l'invention, on modifie la structure du réseau tridimensionnel
des résines échangeuses d'ions en introduisant dans la chaîne moléculaire des ions
tels que Ba
++ et/ou NO
3- ou CH
aCOO-, qui occupent une place plus importante que les ions H
+, OH- et CI- présents initialement. Ceci permet d'empêcher la pénétration de l'eau
dans le réseau macromoléculaire plus dense de la résine prétraitée et de diminuer
ainsi le degré d'hydratation de la résine.
[0019] En effet, les résines échangeuses, d'ions, anioniques et cationiques présentent la
particulairité de gonfler dans l'eau de façon importante. Leur augmentation de volume
est généralement de l'ordre de 20% pour les résines anioniques sous forme OH- et/ou
CI- et supérieure à 50% pour les résines cationiques sous forme Na
+. Ce gonflement est dû à la pénétration de l'eau dans le squelette tridimensionnel
des résines, particulièrement hydrophile dans le cas des résines anioniques qui comportent
des groupements ammonium quaternaire ou amine et dans le cas des résines cationiques
qui comportent des groupements sulfonates de sodium greffés pour les deux types de
résines sur un radical de polystyrène. De ce fait, la capacité de traitement des installations
de bitumage est plus faible lorsqu'on traite des résines de ces types. De plus, les
enrobés obtenus à la suite du traitement de bitumage présentent l'inconvénient de
gonfler dans l'eau.
[0020] En revanche, lorsqu'on réalise selon l'invention un prétraitement des résines échangeuses
d'ions, on diminue la capacité d'hydratation du réseau macromoléculaire des résines,
et de ce fait on peut augmenter la capacité de traitement des installations de bitumage
et limiter le gonflement des enrobés obtenus au contact de l'eau.
[0021] Ainsi, dans le procédé de l'invention, l'étape de prétraitement des résines échangeuses
d'ions par un sel tel que le nitrate de baryum, n'a pas le même objet que l'étape
de prétraitement des procédés antérieurs (FR-A-2361724 et brevet japonais 48/28899),
puisqu'elle n'est pas destinée à empêcher que les résines échangeuses d'ions consomment
certains des réactifs nécessaires à la réaction de formation de la matrice d'enrobage.
[0022] De même, l'étape de prétraitement de l'invention n'a pas le même objet que l'étape
de prétraitement du brevet français FR-A-2 356 246. En effet, dans ce brevet des déchets
sont constitués par des concentrats d'évaporation et/ou des boues de matières radioactives
telles que les boues de précipitation chimique contenant des sels, et le problème
à résoudre est de transformer les sels tels que le sulfate et le carbonate de sodium
en sels ayant une tendance moindre à capter les molécules d'eau.
[0023] En revanche, dans l'invention les déchets sont des résines échangeuses d'ions, qui
ne comportent pas. de sels, et le problème à résoudre est de dimineur la capacité
d'hydratation du réseau macromoléculaire des résines échangeuses d'ions.
[0024] Pour l'opération de bitumage, on opère de façon classique en utilisant par exemple
les techniques décrites dans les brevets francais 1 315 162 et 2 052 903 ou le brevet
américain 3 298 961. Les dispositifs utilisés sont également d'un type classique et
peuvent être constitués par des évaporateurs à couche mince, des extrudeuses à double
ou à quadruple vis, etc...
[0025] Le procédé de l'invention s'applique notamment au traitement de résines cationiques
et éventuellement anionique à squelette polystyrénique en billes et/ou broyées.
[0026] A titre d'exemples de telles résines, on peut citer des résines sous la forme de
billes telles que Iss résines vendues sous la marque Duolite par Diaprosim ou des
résines commercialiées sous la marque Amberlite par Rohm et Haas. A titre d'exemple
de résines broyées, on peut citer les résines Microionex commercialisées par Diaprosim.
[0027] Lorsque, selon l'invention, on traite en mélange des résines anioniques et cationiques,
on peut utiliser n'importe quelle proportion de résines anioniques comprise dans l'intervalle
entre 0 et 100%.
[0028] Pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention, on réalise de préférence l'étape
de prétraitement en introduisant dans une cuve une certaine quantité d'une solution
aqueuse d'un sel de Ba
++, Ca
++ ou Sr2+ contenant des ions N0
3-, HCO
2- ou CH
3CO
2-. On met en suspension les résines à prétraiter dans la solution et on soumet le tout
à une agitation pendant une durée suffisante qui est choisie, en fonction de la concentration
en sel de la solution, de façon à obtenir le taux de saturation voulue des résines
échangeuses d'ions.
[0029] De préférence, on choisit la concentration en sel et la durée de traitement de façon
à obtenir un taux de saturation en anions: N0
3-, HCO
2- ou CH
3CO
2- des résines échangeuses d'anions voisin de 100%.
[0030] Grâce au prétraitement des résines échangeuses d'ions selon le procédé de l'invention,
on peut améliorer le procédé de bitumage en:
1) augmentant la capacité de traitement de l'installation de bitumage de 50% puisqu'on
réduit le volume des résines mises en suspension dans l'eau et qu'on augmente la capacité
d'évaporation du dispositif de bitumage,
2) supprimant dans les distillats les produits de dégradation des résines anioniques,
en particulier NH3 et CH3NH2, grâce à une stabilisation chimique des groupes fonctionnels ammonium quaternaire
ou amine tertiaire, ce qui permet de récupérer des condensats neutres et non plus
basiques, et
3) limitant le processus de gonflement des enrobés bitumineux dans l'eau, leur augmentation
de volume ne dépassant pas 5% comme on le verra ci-après.
[0031] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture
des exemples suivants donnés bien entendu à titre illustratif et non limitatif en
référence au dessen annexé sur lequel les figures 1 et 2 sont des diagrammes représentant
le pourcentage d'augmentation en volume d'enrobés bitumineux de résines échangeuses
de cations, obtenu soit par le procédé de l'art antérieur, soit par le procédé de
l'invention, en fonction du temps d'immersion dans de l'eau.
Exemple 1
[0032] Cet exemple illustre le traitement de résines échangeuses de cations Amberlite IR
120 H.
[0033] On transfère les résines au moyen d'un hydroéjecteur utilisant de l'eau déminéralisée,
dans une cuve de traitement munie d'un agitateur mécanique et d'un dispositif de détection
par ultrasons du niveau de l'interface solide-liquide.
[0034] Après décantation du mélange de résines pendant une durée qui peut aller de 24 à
48 h selon que les résines sont sous la forme de billes ou à l'état broyé, on élimine
l'eau surnageante, soit par pompage, soit par siphonnage sous vide. On transfère de
nouveau des quantités complétementaires de résines et on renouvelle les opérations
de décantation, de pompage et de siphonnage sous vide jusqu'à ce que le volume V de
résines décantées atteigne 50% du volume de la cuve.
[0035] Dans une cuve auxiliaire, on prépare une solution à 0,37 mol.l
-1 de nitrate de baryum et on introduite - dans la cuve de traitement un volume V de
cette solution, c'est-à-dire un volume identique à celui qu'occupent les résines décantées.
On soumet le tout à une agitation pendant deux heures. On laisse décanter ensuite
pendant 1 h et on élimine la solution surnageante au moyen d'une pompe ou d'un éjecteur
vapeur ou par siphonnage sous vide. Dans ce cas, le volume de la solution éliminée
correspond à 1,22 V, ce qui montre que l'on a éliminé non seulement la solution de
prétraitement mais aussi une certaine quantité de l'eau absorbée par les résines,
cette quantité représente 14% du volume initial des résines humides décantées.
[0036] On répète cette opération trois fois pour obtenir un taux de saturation en Ba" des
résines voisin de 100% en raison de la concentration en Ba (N0
3)
2 de la solution (0,37 mole.l
-1) et de la durée de mise en contact.
[0037] Le prétraitement de saturation provoque un relargage de 10 à 15% de l'activité initiale
des résines. Aussi, on renvoie la solution radioactive surnageante en tête de la station
de traitement des effluents liquides, soit en amont d'un évaporateur, soit en amont
d'une chaîne de coprécipitation chimique.
[0038] Après décantation et élimination de la solution surnageante, on lave les résines
prétraitées avec de l'eau déminéralisée en utilisant un volume d'eau de lavage égal
à 0,65 V, soit identique à celui des résines prétraitées et décantées. On ajuste le
pH de la suspension de résines à 7,5±0,2 à l'aide d'un lait de baryte à 300 g.l
-' de Ba(OH)
3. On répète cette opération de lavage à quatre reprises en contrôlant la concentration
en N0
3- des eaux de lavage après chaque opération, jusqu'à ce que l'on obtienne une concentration
en N03 des eaux de lavage inférieure à 2 g.l
-1.
[0039] En effet, il est nécessaire de laver les résines prétraitées avant de les conditionner
dans du bitume, car si du nitrate de baryum en excédent s'ajoutait à l'extrait sec
des résines, ceci présenterait l'inconvénient d'augmenter, non seulement le volume
du résidu final, mais de favoriser de plus la lixiviation de ce sel soluble dans l'eau.
[0040] Les eaux de transfert et de lavage sont très faiblement radioactives et elles sont
envoyées à la station de traitement des effluents où l'on contrôle leur degré de radioactivité.
[0041] On remet ensuite en suspension dans de l'eau déminéralisée les résines prétraitées
et lavées en utilisant 0,4 à 0,45 V d'eau pour une proportion de 0,6 à 0,55 V du mélange
de résines. On envoie ensuite la suspension de résines organiques prétraitées à l'installation
de bitumage, qui est du type à extrudeuse de séchage à quadruple vis.
[0042] On contrôle ensuite les propriétés des enrobés sortant de l'installation de bitumage.
[0043] Dans le tableau 1, on a reporté les résultats obtenus en ce qui concerne la capacité
horaire d'évaporation de l'extrudeuse et la composition de l'enrobe obtenu lors d'une
opération de bitumage réalisée avec des résines en billes.
[0044] On évalue ensuite les propriétés de gonflement dans l'eau des enrobés obtenus qui
ont été coulés et solidifiés sous la forme d'éprouvettes cylindriques de 48 mm de
diamètre et de 90 mm de hauteur.
[0045] Pour déterminer le gonflement dans l'eau, on immerge les enrobés dans de l'eau ordinaire
non renouvelée ou de l'eau déminéralisée non renouvelée, et on mesure périodiquement
l'augmentation de volume (en %) des enrobés en fonction de la durée d'immersion (en
jours).
[0046] Le rapport volume entre l'eau et les enrobés est de 4,5 et le rapport surface/volume
des enrobés est de 10,5 cm-
1.
[0047] Les résultats obtenus sont donnés sur les courbes 1 des figures 1 et 2 qui représentent
le pourcentage d'augmentation de volume des enrobés en fonction du temps (en jours).
La figure 1 illustre les résultats obtenus avec l'eau ordinaire et la figure 2 illustre
les résultats obtenus avec l'eau déminéralisée.
[0048] Au vu de ces résultats, on constate que le gonflement des enrobés après 365 jours
d'immersion dans l'eau ordinaire est de 4,2% en volume, soit de 4,45% en poids, et
qu'il est de 5,0% en volume, soit de 5,1 % en poids, après 365 jours d'immersion dans
l'eau déminéralisée.
Exemple 2
[0049] On traite comme dans l'exemple 1, des résines échangeuses de cations Amberlite IR
120H, mais en utilisant une solution aqueuse à 1,5 mol.l
-1 d'acétate de baryum au lieu de la solution aqueuse à 0,37 mol.l
-1 de nitrate de baryum.
[0050] Dans une cuve auxiliaire, on prépare une solution à 1,5 mole.l
-1 d'acétate de baryum et on introduit dans la cuve de traitement un volume V de cette
solution, c'est-à-dire un volume identique à celui qu'occupent les résines décantés.
On soumet le tout à une agitation pendant deux heures ce qui permet d'obtenir un taux
de saturation en Ba2+ des résines supérieures à 90% en raison de la concentration
en Ba(NO
3)
2 de la solution (1,5 mole.l
-1) et de la durée de mise en contact.
[0051] On laisse décanter ensuite pendant une heure et on élimine la solution surnageante
au moyen d'une pompe ou d'un éjecteur vapeur ou par siphonnage sous vide.
[0052] Dans ce cas, le volume de la solution éliminée correspond à 1,35 V, ce qui montre
que l'on a éliminé non seulement la solution de prétraitement, mais aussi une certaine
quantité de l'eau absorbée par les résines, cette quantité représente 21 % du volume
des résines humides décantées.
[0053] Après décantation et élimination de la solution surnageante, on lave les résines
prétraitées avec de l'eau déminéralisée en utilisant un volume d'eau de lavage égal
à 0,83 V, soit identique à celui des résines prétraitées et décantées.
[0054] On ajuste le pH de la suspension de résines à 7,5±0,2 à l'aide d'un lait de baryte
à 300 g.l-' de Ba(OH)
3.
[0055] On répète cette opération de lavage trois fois en contrôlant la concentration en
CH
3CO
2- des eaux de lavage après chaque opération jusqu'à ce que l'on obtienne une cnocentration
en CH
3C02 des eaux de lavage inférieure à 2 gl-'. On poursuit l'opération comme dans l'exemple
1 et on réalise l'opération de bitumage dans les mêmes conditions en utilisant du
bitume soufflé MR 90/40.
[0056] On contrôle ensuite les propriétés des enrobés sortant de l'installation de bitumage.
[0057] Les résultats obtenus sont donnés sur les courbes 2 des figures 1 et 2 qui représentent
le pourcentage d'augmentation en volume des enrobés en fonction du temps (en jours)
pendant lequel ils ont été immergés dans de l'eau ordinaire non renouvelée (figure
1) ou dans de l'eau déminéralisée non renouvelée (figure 2).
[0058] Au vu de ces figures, on constate que le gonflement des enrobés après 120 jours d'immersion
dans l'eau ordinaire est de 2,45% en volume, soit de 3,4% en poids, et que le gonflement
après 120 jours d'immersion dans de l'eau déminéralisée est de 4,9% en volume, soit
de 5,0% en poids.
Exemple 3
[0059] Dans cet exemple, on traite, comme dans l'exemple 1, des billes de résine Amberlite
IR 120H mais en utilisant une solution de soude à 1,5 mol.l
-1 au lieu d'utiliser la solution de nitrate de baryum, ce qui a pour effet d'amener
les résines sous forme Na
+. On réalise l'enrobage des résines prétraitées dans du bitume MR 90/40 dans les mêmes
conditions que celles de l'exemple 1, et on détermine ensuite les propriétés des enrobés
obtenus comme dans l'exemple 1.
[0060] Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 1 et sur les courbes 3 des figures
1 et 2, qui représentent le pourcentage d'augmentation en volume des enrobés en fonction
du temps (en jours) pendant lequel ils ont été immergés dans de l'eau ordinaire renouvelée
(figure 1) ou dans de l'eau déminéralisée renouvelée (figure 2).
[0061] Au vu de ces résultats, on constate que le gonflement des enrobés après 15 jours
d'immersion dans de l'eau déminéralisée ou dans de l'eau ordinaire est très important.
En effet, le gonflement est de 38,7% en volume, soit 25,1% en poids, dans le cas de
l'eau déminéralisée, et de 50,1% en volume, soit 45,6% en poids, dans le cas de l'eau
ordinaire.
[0062] Ainsi, on constate que, dans le procédé de l'invention, le choix du sel utilisé pour
le prétraitement exerce un effet très important sur les résultats obtenus.

1. Verfahren zur Aufbereitung durch Bituminieren von radioaktiven Abfällen, zusammengesetzt
aus lonenaustauschharzen und umfassend Kationenaustauschharze, dadurch gekennzeichnet,
daß
a) die Harze einer Vorbehandlung mit einem Salz ausgesetzt werden, um die lonen H+ und/oder Na+ der Kationenaustauschharze durch lonen, gewählt aus der Gruppe, umfassend Ca++, Sr++ und Ba++, zu ersetzen,
b) die so vorbehandelten Harze in Wasser suspendiert werden und
c) die Suspension einer Bituminierung ausgesetzt wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1, zur Aufbereitung durch Bituminieren von radioaktiven
Abfällen, zusammengesetzt aus Kationenaustauschharzen und Anionenaustauschharzen,
dadurch gekennzeichnet, daß die Vorbehandlung mit einem Salz derart durchgeführt wird,
daß die lonen H+ und/oder Na+ der Kationenaustauschharze durch lonen, gewählt aus der Gruppe, umfassend Ca++, Sr++, und Ba++, und die lonen OH- und/oder CI- der Anionenaustauschharze durch ein Anion, gewählt
aus der Gruppe, umfassend NO3-, HCO2- und CH3CO2-, ersetzt werden.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß die Vorbehandlung
durch Inberührungbringen der Harze mit einer wäßrigen Lösung eines Calcium, Strontium-
oder Bariumsalzes durchgeführt wird, wobei das Salz aus der Gruppe, umfassend die
Nitrate, Acetate und Formiate, gewählt wird.
4. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß die Vorbehandlung durch
Inberührungbringen der Harze mit einer wäßrigen Lösung von Bariumnitrat durchgeführt
wird.
5. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, da die Vorbehandlung durch Inberührungbringen
der Harze mit einer wäßrigen Lösung von Bariumacetat durchgeführt wird.
6. Verfahren nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, daß die Vorbehandlung so durchgeführt
wird, daß ein Sättigungsgrad von NO3-, HCO2- oder CH3C02- der Anionenaustauschharze von annähernd 100% erreicht wird.