[0001] L'invention concerne les soupapes d'inspiration- expiration compensées destinées
à être utilisées dans les dispositifs d'alimentation en gaz respiratoire, notamment
pour les équipages d'avions susceptibles de voler à haute altitude. Elle concerne
plus particulièrement les soupapes d'inspiration-expiration compensées du type destiné
à être monté sur un masque à surpression ou un casque pressurisé et dont l'organe
de commande de passage de gaz comporte une membrane déformable de révolution, ayant
une cuvette dont le fond est muni d'une lèvre sensiblement radiale d'appui sur un
siège d'expiration.
[0002] On connaît déjà (brevet FR 1 557 809) des clapets comportant une membrane déformable
du genre ci-dessus, qui ont l'avantage d'assurer tout à la fois les fonctions de clapet
d'expiration et d'organe de compensation lors du fonctionnement en surpression, nécessaire
lors des vols à haute altitude. La compensation est assurée en exerçant une pression
pneumatique appropriée contre le fond de la cuvette, dans une direction tendant à
appliquer la lèvre sur son siège.
[0003] Cette solution s'est montrée pleinement satisfaisante jusqu'aux altitudes couramment
atteintes par les avions de combat jusqu'à ces dernières années. Mais les altitudes
et les accélérations susceptibles d'être atteintes par les avions en cours de développement
conduisent cette membrane à atteindre ses limites. En particulier, il n'est guère
possible de dépasser une valeur de 50 mbars pour la pression de compensation agissant
sur la cuvette et l'application de facteurs de charge élevés peut provoquer une déformation
de la membrane troublant son fonctionnement.
[0004] L'invention vise à fournir une soupape répondant mieux encore que celles antérieurement
connues aux exigences de la pratique, notamment en ce qu'elle est susceptible de fonctionner
de façon sûre, fidèle et reproductible sous des surpressions extrêmement élevées et
que son fonctionnement n'est pas troublé par des facteurs d'accélération importants,
du fait notamment de la faible masse des parties mobiles.
[0005] Dans ce but, l'invention propose notamment une soupape d'inspiration-expiration du
type ci-dessus défini, caractérisée en ce que la cuvette est annulaire et délimite,
avec le boîtier de la soupape, un espace torique soumis à la pression de compensation.
[0006] Pour limiter les déformations de la membrane, une bague rigide de raidissement est
avantageusement fixée à cette membrane de façon à transmettre les efforts entre la
cuvette et la lèvre d'appui sur le siège d'expiration. Cette bague de raidissement
peut être fixée à une extension cylindrique reliant le fond de la cuvette et la lèvre
et à la portion de la lèvre allant approximativement jusqu'au cercle d'appui de la
lèvre sur le siège d'expiration.
[0007] La cuvette peut comporter une partie plate et deux plis ronds fixés au boîtier par
des rebords. La forme des plis ronds peut être telle que l'aire d'action de la pression
de compensation sur la membrane soit sensiblement égale, ou légèrement supérieure
pour assurer une surcompensation, à celle délimitée par l'appui de la lèvre sur le
siège d'expiration. La bague rigide de raidissement fixée à la membrane et une butée
prévue dans le boîtier peuvent être disposées de façon à limiter le gonflement de
la cuvette, constituée avantageusement de façon que le centre du pli rond(qui correspond
approximativement à la limite de l'aire d'action de la pression de compensation)se
déplace peu dans le sens radial lors des modifications de la pression de compensation.
La surcompensation doit rester positive, mais aussi'faible que possible dans toute
la plage des pressions de compensation. Elle s'ajoute aux pertes de charges expiratoires.
L'invention permet d'éviter l'augmentation de la surcompensation avec la pression
de compensation qui intervient en général.
[0008] Un clapet inspiratoire peut être intégré à la membrane sous forme d'une seconde lèvre,
dirigée dans le sens radial à l'opposé de la lèvre d'appui sur le siège d'expiration.
Au prix d'une légère augmentation du diamètre de la membrane, on peut ainsi réaliser
l'ensemble des fonctions de la soupape à l'aide d'une seule pièce.
[0009] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit de modes
particuliers d'exécution, donnés à titre d'exemples non limitatifs. La description
se réfère aux dessins qui l'accompagnent, dans lesquels :
- la Figure 1 est une vue schématique, en coupe suivant un plan passant par l'axe,
d'une soupape d'inspiration-expiration compensée suivant l'invention, destinée à être
alimentée par un régulateur à la demande,
- la Figure 2 est un schéma à grande échelle, destiné à montrer les modifications
de forme de la membrane lorsque la pression de compensation augmente,
- la Figure 3 est un schéma, similaire à la Figure 1, montrant une variante de réalisation
dont la membrane est dans une oosition inversée par rapport à celle de la Figure 1.
[0010] La soupape d'inspiration-expiration compensée montrée en Figure 1 est logée dans
un boîtier 6 en plusieurs pièces assemblées muni d'un embout 7 de liaison avec un
masque respiratoire 8 et d'un raccord 9 de liaison avec une source de gaz respiratoire,
constituée par un régulateur à la demande et à surpression (non représenté). A l'intérieur
de l'embout 7 est fixée une pièce évasée délimitant un passage de liaison avec l'intérieur
du masque et formant à sa partie haute un siège de clapet expiratoire 10.
[0011] L'élément essentiel de la soupape est constitué par une membrane déformable 11 d'une
seule pièce, en matériau souple (élastomère siliconé en général) de forme complexe,
sensiblement de révolution. Cette membrane 11 peut être regardée comme comprenant
une cuvette 12 de forme annulaire, dont les bords circulaires concentriques sont munis
de rebords radiaux externe 14 et interne 16. Les rebords 14 et 16 sont maintenus appliqués
de façon étanche contre une pièce annulaire 18 de façon que la pièce 18 et la cuvette
12 définissent un espace torique de compensation 20. Des trous calibrés 21 percés
dans la pièce 18 mettent l'espace torique 20 en communication avec l'intérieur du
raccord 9 et tendent à établir la pression d'admission dans l'espace de comoensation
20.
[0012] Le rebord 14 est pincé entre la pièce 18 et une bague 22 appartenant au boîtier.
La bague 22 forme également butée et limite la déformation radiale de la cuvette 12
vers l'extérieur, comme on le verra plus loin.
[0013] Le rebord 16 est pincé entre la pièce 18 et une coiffe 24 percée d'ouvertures d'arrivée
de gaz respiratoire, fixée à la pièce 18 par des moyens tels que des vis 26. Un siège
de clapet inspiratoire 28 est fixé à la coiffe 24 par des moyens permettant de régler
la position du siège, par exemple par une liaison filetée 30.
[0014] La cuvette 12 de la membrane 11 se prolonge, à l'opposé de l'espace de compensation
20, par un tronçon tubulaire, approximativement cylindrique, qui se divise en une
lèvre 32,constituant clapet d'expiration coopérant avec le siège 10,et une lèvre 34
constituant clapet d'inspiration et coopérant avec le siège 28.'Dans le cas illustré
sur la Figure 1, les lèvres 32 et 34 sont respectivement dirigées vers l'extérieur
et vers l'intérieur, dans le sens radial.
[0015] La lèvre externe 32, plate ou, de préférence, légèrement conique, et le tronçon tubulaire,
l'un et l'autre minces, sont munis d'une bague de raidissement 36 qui sera généralement
métallique et rapportée sur la membrane. La bague de raidissement 36, qui ne s'étend
que sur une fraction de la saillie radiale de la lèvre 32, habituellement jusqu'au
cercle d'appui étanche de la lèvre 32 sur son siège 10, est destinée à transmettre
les efforts et, notamment, ceux dûs à la pression de compensation, entre la cuvette
et la lèvre 32. On verra plus loin que la bague de raidissement 36 coopère également
avec la butée 22 pour remplir une fonction de guidage et de limitation du gonflement
de la cuvette 12 lorsque celle-ci est soumise à une pression de compensation élevée.
[0016] La lèvre interne 34 a avantageusement une forme étagée du genre montré sur les Figures
1 et 2, forme qui permet d'obtenir une grande souplesse. Cette forme n'est cependant
pas la seule possible. On a constaté qu'il est possible, en utilisant la forme montrée
en Figure 2, d'arriver à un poids,pour l'ensemble constitué de la membrane 12 et de
la bague de raidissement 36, qui ne dépasse pas 300 mg. Cette grande légèreté, jointe
au fait que la membrane présente de nombreux appuis, lui permet de supporter des accélérations
élevées sans déformation troublant son fonctionnement. On a constaté que ce fonctionnement
reste correct sous des facteurs de charge dépassant 15 g.
[0017] La Figure 2 montre en détail les caractéristiques de la membrane qui permettent de
l'utiliser avec des pressions de compensation élevées, pouvant atteindre ou même dépasser
200 mbars. On voit que la cuvette 12 présente une partie plate à partir de l'extension
tubulaire et vers l'extérieur. Cette partie plate se raccorde à deux plis ronds. Lorsque
la membrane n'est soumise à aucune pression, et présente la forme montrée en traits
pleins sur la Figure 2, le centre du pli rond externe se trouve en 38. La membrane
est dimensionnée de façon que la surface efficace d'action de la pression de compensation,
dont le diamètre s'étend pratiquement jusqu'au centre 38, soit égale à celle du cercle
d'appui de la lèvre 32 sur le siège 10, ou légèrement supérieure de façon à assurer
une légère surcompensation. L'épaisseur de la partie plate et du pli rond externe
de la cuvette est choisie de façon que lorsque la déformation qui se produit lorsque
la surpression expiratoire, et donc la pression de compensation, augmente et atteint
sa valeur maximale, le centre du pli rond reste sensiblement à la même distance de
l'axe pour venir en 38a. L'obtention d'un gonflement sans'modification notable de
la distance entre le centre du pli et l'axe est obtenue également grâce à la présence
de la bague 22 dont la paroi interne cylindrique constitue butée limitant la déformation
du pli. La bague 36 de son côté permet de maintenir la partie centrale de la zone
plate et, donc, de limiter le gonflement à la zone externe, contribuant ainsi au maintien
d'une compensation satisfaisante.
[0018] Du fait que l'espace 20 ne communique avec la pression d'inspiration que par un passage
calibré 21 qui peut être de petit diamètre (habituellement 0,5 à 1 mm), on obtient
un effet d'amortissement ou de dashpot. L'effet d'amortissement peut être dosé en
agissant en particulier sur le diamètre du trou et sur la surface représentée par
la zone annulaire de largeur 1 sur la Figure 2.
[0019] La soupape montrée en Figure 1 comprend encore un clapet antiretour de sécurité 40,
interposé sur le trajet des gaz expirés de la soupape d'expiration vers l'atmosphère.
Le clapet 40 montré en Figure 1 est constitué par une membrane étagée dont un renflement
interne 42 est fixé au boîtier 6 et dont la partie périphérique vient s'appliquer
élastiquement contre un siège 44 prévu sur la pièce 22. Ce clapet peut également être
conçu pour assurer une protection NBC (nucléaire- bactériologique-chimique) en le
constituant en un élastomère approprié, de type connu.
[0020] La disposition montrée en Figure 1 n'est pas la seule possible. Dans le cas montré
sur la Figure 3, où les organes correspondant à ceux de la Figure 1 portent le même
numéro de référence, la disposition est inversée. La lèvre 32 coopérant avec le siège
expiratoire 10 est placée, dans le sens radial, à l'intérieur de la lèvre 34 coopérant
avec le siège inspiratoire 28.
1. Soupape d'inspiration-expiration compensée destinée à être utilisée dans un dispositif
d'alimentation en gaz respiratoire, comprenant une membrane déformable de révolution
(11), ayant une cuvette (12) dont le fond est fixé à une lèvre sensiblement radiale
(32) d'appui sur un siège d'expiration (10), caractérisée en ce que ladite cuvette
(12) est annulaire et délimite un espace torique (20) soumis à la pression de compensation.
2. Soupape selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comporte une bague
rigide de raidissement (36) fixée à la membrane pour transmettre les efforts entre
la cuvette (12) et la lèvre (32).
3. Soupape selon la revendication 2, caractérisée en ce que ladite bague (36) est
fixée à une extension cylindrique reliant le fond de la cuvette (12) et la lèvre (32)
et à la portion de la lèvre (32) allant jusqu'au cercle d'appui de la lèvre sur le
siège d'expiration.
4. Soupape selon la revendication 1, 2 ou 3, caractérisée en ce que la cuvette comporte
une partie plate et deux plis ronds fixés par des rebords (14, 16) au boitier de la
soupape, de forme telle que l'aire d'action de la pression de compensation sur la
cuvette soit sensiblement égale ou légèrement supérieure à celle délimitée par l'appui
de la lèvre (32) sur le siège d'expiration (10).
5. Soupape selon la revendication 4, caractérisée en ce que le boitier comporte une
butée (22) de limitation du gonflement de la cuvette dans le sens radial.
6. Soupape selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en
ce que le fond de la cuvette est également muni d'une seconde lèvre (34) dirigée à
l'opposé de la lèvre d'appui sur le siège d'expiration et constituant clapet d'inspiration.
7. Soupape selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en
ce que l'espace torique (20) est relié à la pression d'inspiration par l'intermédiaire
d'un orifice calibré (21) de façon à constituer un amortisseur.
8. Soupape selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en
ce qu'elle comporte un clapet antiretour (40) interposé sur le trajet des gaz expirés
entre le siège expiratoire (10) et l'atmosphère.
9. Soupape selon la revendication 6, caractérisée en ce que la lèvre d'appui sur le
siège d'expiration est située à l'intérieur de la lèvre coopérant avec le siège d'inspiration,
dans le sens radial.
10. Soupape d'inspiration-expiration compensée destinée à être utilisée dans un dispositif
d'alimentation en gaz respiratoire, comprenant une membrane déformable de révolution
(11), ayant une cuvette d'une seule pièce (12) dont le fond est fixé à une lèvre approximativement
radiale (32) d'appui sur un siège d'expiration (10), caractérisée en ce que ladite
cuvette (12) est annulaire et délimite un espace torique (20) soumis à la pression
de compensation, en ce que le fond de la cuvette est relié à la lèvre par un tronçon
tubulaire raide et en ce que la cuvette comporte une partie plate et deux plis ronds
fixés par des rebords (14, 16) au boîtier de la soupape.