[0001] La Littérature technique a Largement décrit, ces dernières années, Les "cages froides"
ou "creusets froids" utilisés dans des applications phi- sico-chimiques ou de métallurgie
spéciale, notamment en vue de La fusion par induction à haute ou moyenne fréquence
de métaux ou alliages spéciaux, ou matériaux isolants réfractaires ou non, se déroulant
souvent à température élevée. La plupart des creusets froids décrits comportent un
nombre plus ou moins grand de segments, soit droits, soit disposés en épingle. GénéraLement,
ces segments sont réalisés en cuivre, qui convient parfaitement si l'opération de
fusion est effectuée sans contact direct avec Le creuset sous ambiance protectrice,
ou si Le cuivre du creuset se trouve protégé du bain Liquide par une couche protectrice
de Laitier solide ou encore par une carapace naturelle du matériau Liquide (isolant
dans Les conditions normales) fondu par induction à fréquence appropriée et dont une
mince pellicule est solidifiée au contact du creuset froid.
[0002] Cet état de La technique connu est représenté sur La figure 1 qui montre en perspective-élévation
un creuset froid dont La cage froide 1 est composée d'un certain nombre de segments
tels que 2 en cuivre. Cette cage 1 est refroidie par une circulation d'eau schématiquement
représentée par des entrées 3 et des sorties 4 mettant en communication L'intérieur
de chaque segment 2 avec l'extérieur. Sur La figure 1 on a représenté en outre Le
bobinage inducteur 5 qui est chargé de réaliser La fusion du matériau 6 par induction
magnétique à fréquence élevée. Ce matériau 6 enfermé dans Le creuset 1, rendu intérieurement
étanche par une croûte solidifiée 7, constitue ainsi en quelque sorte Le secondaire
d'un transformateur dont L'inducteur 5 est Le primaire. C'est sous l'influence des
courants secondaires à haute fréquence qui se développent dans Le matériau 6 que celui-ci
s'échauffe puis parvient à La fusion recherchée.
[0003] Toutefois, dans un certain nombre d'opérations de plus en plus nombreuses du fait
de L'accroissement considérable des applications potentielles de La fusion ou des
traitements physico-chimiques ou métallurgiques en creuset froid, il peut se produire,
Lorsque Le creuset est plongé dans un environnement physiquement ou chimiquement agressif,
une altération du cuivre soit par attaque chimique, soit par entraînement de particules
ou d'atomes de cuivre par effet d'érosion ou de désorption superficielle. Ces effets
sont très gênants dans La mesure où ils sont susceptibles d'une part d'occasionner
une usure prématurée du creuset ou d'autre part d'engendrer une pollution du matériau
traité dans Le creuset Lorsque celui-ci est utilisé pour l'élaboration de matériaux
de très haute pureté.
[0004] Ces phénomènes néfastes Liés à La présence du cuivre en tant que métal de base de
La cage froide sont encore amplifiés quand celle-ci est utilisée, et Les cas d'appLication
en sont de plus en plus nombreux, comme enceinte de confinement ou d'entretien d'un
plasma inductif ; de telles torches à plasma inductif sont en effet de plus en plus
utilisées pour La préparation de métaux, alliages ou matériaux nobles ultra purs :
silice, quartz, alumine, silicium, titane, etc...
[0005] La présente invention a précisément pour objet une cage froide pour creuset à fusion
par induction électromagnétique qui permet de remédier aux inconvénients préalables
de L'art antérieur tout en conservant Les avantages bien connus de La fusion ou du
traitement physico-chimique en creuset froid.
[0006] Cette cage froide pour creuset à fusion par induction électrique qui comporte de
façon connue une série de segments creux parcourus par de L'eau de refroidissement,
entourée d'un bobinage inducteur à haute ou moyenne fréquence, et dans LaqueLLe sont
confinés Les produits à fondre, se caractérise en ce qu'au moins une partie des parois
de chaque segment de La cage est constituée d'au moins deux couches de matériaux adjacentes,
dont L'une résistant à La corrosion est en contact avec Les produits à fondre, et
dont L'autre est bon conducteur de l'électricité, et en ce que Les épaisseurs relatives
de ces couches ainsi que La fréquence d'alimentation de L'inducteur électrique sont
choisies de façon telle que Les courants de Foucault induits dans La cage se développent
principalement dans une couche bonne conductrice de l'électricité.
[0007] On voit donc que la structure de La cage froide objet de L'invention consiste essentiellement
à réaliser Les segments du creuset, non plus uniquement en cuivre, mais en une structure
composite comportant au moins deux métaux étroitement appliqués L'un contre l'autre,
l'un bon conducteur de l'électricité, donc à faibles pertes Joule, l'autre plus résistif
électriquement mais caractérisé par une plus grande résistance à La corrosion : ladite
structure composite ou sandwich est appliquée soit à La totalité de La cage, soit
au moins à La paroi interne de celle-ci plus particulièrement exposée aux effets de
corrosion ou d'agression physico-chimiques ou même hydrodynamiques dans Le cas des
plasmas.
[0008] La disposition essentielle de La structure selon l'invention consiste par conséquent
à choisir Les épaisseurs respectives de métal anti-corrosion et de métal bon conducteur
pour que Les courants de FoucauLt induits dans La cage sous L'infLuence du bobinage
inducteur primaire et dont on sait que La profondeur à LaqueLLe ils se situent dépend
de La fréquence de l'induction, se développent pour La plus grande part dans une couche
bonne conductrice de L'éLectricité de façon à rendre minimales Les pertes par effet
JouLe du système.
[0009] SeLon l'invention, Le métal jouant le rôle anticorrosion du creuset et présent sur
La face du segment tournée vers l'intérieur du creuset est constitué par un acier
inoxydable bien connu pour sa résistance en milieu agressif. Mais il est aussi connu
que, si L'épaisseur de L'acier inox est égale ou supérieure à La profondeur de pénétration
des courants à La fréquence de travail dans ce métal, soit environ 5 mm à 10 kHz ou
5/10e de mm à 1 MHz, Les pertes Joule développées dans La couche externe en acier
inoxydable sont six à sept fois supérieures à ceLLes observées dans La paroi aux dimensions
identiques qui serait réalisée en cuivre. Ceci est très préjudiciable à L'obtention
du rendement électrique acceptable du traitement effectué dans un tel creuset et L'invention
permet d'éviter cet écueil.
[0010] Les dispositions pratiques de La cage selon l'invention permettent donc par un choix
judicieux des épaisseurs de couches de cuivre et d'acier inoxydable en présence et
des fréquences d'induction, de réaliser un creuset froid possédant à La fois une excellente
résistance à La corrosion et des pertes JouLe compatibLes avec un rendement électrique
acceptable.
[0011] De toute façon, L'invention sera mieux comprise en se référant à La description qui
suit de plusieurs exemples de mise en oeuvre d'une cage froide pour creuset à fusion
par induction électrique, description qui sera faite en se référant aux figures 2
à 5 ci-jointes sur lesquelles:
- La figure 2 représente en coupe élévation (figure 2a) et en coupe vue de dessus
(figure 2b) un segment rectangulaire bimétal de cage froide conforme à l'invention;
- La figure 3 représente en coupe perpendiculaire à L'axe du creuset une partie des
segments de La cage froide dans Le cas d'une structure bimétallique Limitée à La paroi
interne du creuset ;
- La figure 4 représente également en coupe partielle selon un plan perpendiculaire
à L'axe une partie des segments de La cage froide dans une autre forme de structure
bimétallique à deux couches ;
- La figure 5 représente en coupe selon un plan perpendiculaire à l'axe du creuset,
une partie des segments constituant La cage froide dans L'hypothèse d'une réalisation
multicouches en sandwich des parois des segments.
[0012] Sur Les figures 2a et 2b (vue en coupe selon Le plan horizontal AA de La figure 2a)
on a représenté La constitution possible selon l'invention d'un segment 2 d'une cage
froide pour creuset à fusion par induction électrique.
[0013] Dans ce premier mode de réalisation revendiqué par l'invention, La paroi interne
8 des segments du creuset est réalisée en cuivre d'épaisseur appropriée, généralement
située entre 1 et 3 mm. La paroi externe 9 en acier inox est faite sous La forme,
par exemple, d'un revêtement régulier et uniforme en acier inoxydable, dont L'épaisseur
est notablement inférieure à La profondeur de pénétration des courants dans L'inox.
On appliquera par exemple un revêtement de 20 à 40 µm au-dessus de 1 MHz, 50 à 100
µm entre 500 kHz et 1 MHz. Le calcul et L'expérience montrent que Les creusets réalisés
conformément à cette disposition résistent bien à La corrosion tout en présentant
des pertes JouLe seulement légèrement supérieures à celles d'un creuset froid en cuivre.
Le revêtement 9 en acier inoxydable est effectué en appliquant Les procédés physico-chimiques
bien connus tels par exempLe que Le "sputtering" quand il s'agit de dépôts de faible
épaisseur, inférieure à 200 µm par exemple. Pour des épaisseurs Largement supérieures
et notamment de quelques 1/10e de mm à quelques mm, on peut appLiquer Les méthodes
également bien connues du "shoopa- ge".
[0014] A titre de variante de La réalisation précédente, La figure 3 représente également
une structure bimétallique de réalisation des segments de La cage froide dans LaqueLLe
La couche de métal bon conducteur 8, généralement en cuivre, n'est revêtue que sur
La face tournée vers L'intérieur du creuset, d'un dépôt protecteur 9 en acier inoxydable.
Cette structure simplifiée par rapport à La précédente peut être utilisée lorsque
La face interne du creuset située vis-à-vis de La charge corrosive est seule exposée
à La corrosion, en raison notamment du bon isolement des autres faces des segments
vis-à-vis du matériau fondu.
[0015] Dans un second mode de réalisation représenté sur La figure 4, Les segments de La
cage froide sont réalisés en acier inoxydable 9. Un dépôt de cuivre 8 d'épaisseur
égale ou Légèrement supérieure à La pénétration des courants dans Le cuivre à La fréquence
de travail est appliqué sur Les trois faces du profilé d'acier inoxydable non exposées
à L'agression du miLieu. L'épaisseur du dépôt est d'une vingtaine de microns entre
1 et 5 MHz, autour d'une cinquantaine de microns entre quelques centaines de Khz et
1 MHz, et de quelques centaines de microns autour de 10 kHz. Dans ce mode de réalisation,
Les pertes JouLe ne sont que faiblement accrues par rapport à celles d'un creuset
en cuivre, au seul prorata de La Longueur effective de l'acier inoxydable présent,
rapportée à la périphérie totale du segment.
[0016] Enfin, et toujours dans Le cadre de L'invention, il n'est pas exclu, par des modes
de réalisation plus évolués et pour Les applications sélectives, de combiner les deux
réalisations de creusets précédentes telles que décrites en figure 3 et figure 4 pour
réaLiser une autre structure de creuset originale, laquelle n'est autre qu'une structure
"trimétal" cuivre-inox-cuivre ou inox-cuivre-inox (figure 5) où Les couches de cuivre
sont référencées 8 et Les couches d'acier inoxydable 9.
[0017] Les creusets froids décrits sont capables de Larges applications dans des domaines
scientifiques ou industriels très variés qui vont de La fusion par induction ou "autocreuset"
des isolants tels que Les verres, oxydes réfractaires, à La fusion en présence de
Laitier de métaux ou alliages conducteurs : titane, zirconium, inox, etc... ainsi
qu'à La réalisation de torches à plasma inductif exploitées en milieu fortement agressif
: plasma de milieu hydrogéné, halogéné, etc...
[0018] IL va de soi que l'invention n'est pas limitée aux seuls exemples précédents, en
particulier en ce qui concerne La forme des segments constituant Le creuset froid
; tout profil autre que rectangulaire, par exemple circulaire, trapézoidal, etc...
doit être considéré comme rentrant dans Le cadre de l'invention.
[0019] Enfin, l'invention s'applique également à toute forme de creuset froid autre que
La forme cylindrique telle que présentement décrite par exemple aux creusets froids
de forme tronconique, cylindroconique etc... permettant notamment dans le cas des
utilisations de plasma des effets dynamiques sélectifs en concordance avec L'objectif
physicochimique ou métallurgique recherché.
1. Cage froide pour creuset à fusion par induction éLectromagnétique à fréquence élevée
comportant, de façon connue, une série de segments creux (2) parcourus par de L'eau
de refroidissement, entourée d'un bobinage inducteur (5) à haute ou moyenne fréquence,
et dans LaqueLLe sont confinés Les produits à fondre (6), caractérisée en ce qu'au
moins une partie des parois de chaque segment (2) de La cage (1) est constituée d'au
moins deux couches de matériaux adjacentes, dont L'un résistant à La corrosion (9)
est en contact avec les produits à fondre (6), et dont l'autre (8) est bon conducteur
de l'électricité, et en ce que Les épaisseurs relatives de ces couches ainsi que La
fréquence d'alimentation de l'inducteur électrique (5) sont choisies de façon telle
que Les courants de FoucauLt induits dans La cage se développent principaLement dans
une couche bonne conductrice de L'éLectricité.
2. Cage froide selon La revendication 1, caractérisé en ce que Le matériau résistant
à La corrosion est de l'acier inoxydable et Le matériau bon conducteur de l'électricité
est du cuivre.
3. Cage froide selon L'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisée en ce
que chaque segment (2) est réalisé en matériau bon conducteur (8) revêtu, sur La face
tournée ves L'intérieur de La cage, d'une couche de matériau (9) résistant à La corrosion.
4. Cage froide selon L'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisée en ce
que chaque segment est réalisé en matériau résistant bien à La corrosion (9) et revêtu,
sur Les faces non en contact avec Le matériau fondu, d'une couche du matériau bon
conducteur de l'électricité (8).
5. Cage froide selon La revendication 4, caractérisée en ce que chaque segment (2)
comporte, en outre, un revêtement interne (8) en matériau bon conducteur de l'électricité.