[0001] On connaît déjà des clés dynamométriques électroniques composées d'une tête d'entrainement,
liée de manière amovible à une pièce constituant capteur d'effort, d'une poignée creuse
et de jauges de contrainte disposées sur la pièce formant capteur et fournissant une
tension électrique de sortie qui, dépendant du couple exercé sur la clé, réagit sur
des moyens indicateurs de ce couple.
[0002] La plupart de ces clés sont soit volumineuses et d'un maniement malaisé, soit très
onéreuses, soit insuffisamment précises.
[0003] L'insuffisance de précision provient des variations de positionnement de la main
de l'opérateur sur la poignée, des conditions dans lesquelles le serrage est réalisé
et, en particulier, de l'existence ou non d'un effort transversal complémentaire au
couple de rotation et enfin, des conditions dans lesquelles les efforts se transmettent
entre la poignée et la pièce. faisant fonction de capteur.
[0004] La plus grande source d'imprécision provient de la prise en compte par les jauges
de contrainte de la composante parasite de l'effort transversal, composante qui n'est
pas parallèle au plan de pivotement comme les efforts mesurés mais perpendiculaire
à celui-ci.
[0005] Dans les capteurs actuels, cette prise en compte de la composante parasite s'effectue
d'autant mieux que les jauges de contrainte sont disposées sur une partie du capteur
ayant des moments d'inertie identiques par rapport à un plan transversal parallèle
au plan de pivotement et par rapport à un autre plan transversal perpendiculaire à
ce plan de pivotement.
[0006] La présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients en fournissant une
clé dynamométrique électronique qui, tout en étant peu volumineuse et très maniable,
soit, grâce à sa structure, peu sensible à des variations de sa précision de mesure.
[0007] A cet effet, dans cette clé du type précité, la poignée creuse est constituée par
un seul tube ayant une section transversale régulière de son extrémité antérieure
à son extrémité postérieure, munie de crans de positionnement de la main, tandis que
la pièce formant capteur d'efforts est monolithique et comporte d'une part, une partie
postérieure de forme générale lamellaire, parallèle au plan de pivotement, emmanchée
dans la poignée creuse, en contact avec les parois latérales de celle-ci et par des
surfaces importantes, d'autre part, une partie antérieure qui, apte à recevoir la
tête d'entrainement est sans contact avec l'extrémité antérieure de la poignée de
laquelle elle fait saillie et, de plus, un fût intermédiaire, également sans contact
avec la poignée, disposé à l'intérieur de celle-ci et présentant une forme lamellaire
perpendiculaire au plan de pivotement dont les deux grandes faces latérales planes
et parallèles entre elles, reçoivent les jauges de contrainte.
[0008] Dans cette structure, l'élément formant capteur présente une partie encastrée dans
la poignée tubulaire et deux autres parties en porte-à-faux et sans contact avec cette
poignée.
[0009] En raison de l'importance des surfaces en contact entre la poignée tubulaire et la
partie du capteur qui est encastrée dans celle-ci, le matage dans le temps est réduit,
de même que toute création de jeux désagréables et toute détérioration du capteur
ou de la poignée. En outre, cela permet d'utiliser pour la poignée un tube ayant une
moins grande résistance donc moins épais et plus léger.
[0010] Cette poignée tubulaire facilite le positionnement de la main grâce aux crans dont
elle est munie, et constitue logement pour la totalité des composants détectant, mesurant
et indiquant la valeur du couple et que le couple recherché est obtenu. Elle forme
ainsi un ensemble peu volumineux et facilement maniable.
[0011] Quant à la partie recevant les jauges de contrainte, grâce à sa forme lamellaire
et à sa disposition perpendiculaire au plan de pivotement, elle présente par rapport
à un plan transversal médian parallèle à ce plan de pivotement, un faible moment d'inertie
favorisant sa flexion et l'enregistrement des efforts de serrage mais, par contre,
présente par rapport à un plan médian transversal perpendiculaire au premier, un moment
d'inertie plus élevé grâce auquel elle est insensible aux composantes parasites d'un
éventuel effort transversal complémentaire à l'effort de serrage exercé à l'extrémité
de la clé. Cet agencement évite donc que les composantes parasites soient enregistrées
par la clé et améliore donc la précision et la régularité de la mesure.
[0012] Enfin, par sa disposition en porte-à-faux à l'extrémité de la partie emmanchée dans
la poignée, le fût portant les jauges et dans une zone où le moment fléchissant est
indépendant de la position des joints de transfert des efforts entre la poignée et
le capteur.
[0013] Dans une forme d'exécution préférée de l'invention, la poignée tubulaire a une section
transversale, de forme générale elliptique dont le grand axe est parallèle au plan
de pivotement de la clé et dont les parois latérales, de petit rayon, coopèrent localement
avec des portées complémentaires, de même rayon, ménagées de part et d'autre de la
partie postérieure lamellaire du capteur.
[0014] Indépendamment des avantages procurés au niveau de la résistance transversale de
la poignée tubulaire, cette forme elliptique améliore la préhension et le positionnement
de la main, facilite le positionnement de la partie formant capteur et procure aussi
un espace intérieur permettant de loger au mieux les composants électroniques du dispositif
de mesure.
[0015] D'autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description qui suit, en
référence au dessin schématique annexé représentant, à titre d'exemples non limitatifs,
une forme d'exécution de cette structure pour clé dynamométrique.
Figure 1 est une vue en perspective de J'ensemble de la clé,
Figure 2 en est une vue en coupe longitudinale effectuée parallèlement au plan de
pivotement,
Figure 3 en est une vue longitudinale suivant un plan perpendiculaire au plan de pivotement,
Figure 4 est une vue en perspective par l'arrière de la pièce formant capteur d'efforts,
Figure 5 est une vue en coupe transversale de la clé montrant plus particulièrement
la disposition des composants électroniques dans la poignée de section elliptique.
[0016] Cette clé dynamométrique électronique est composée d'une poignée tubulaire creuse
(1) et d'une pièce (2) constituant capteur d'efforts et apte à recevoir une tête d'entrainement
amovible (3).
[0017] Selon l'invention, la poignée tubulaire (1) est constituée par un seul élément, élément
ayant une section transversale régulière sur toute sa longueur et, de préférence,
une section transversale elliptique comme représentée à la figure 5. A son extrémité
postérieure, la poignée (1) comporte des déformations (4) en forme de crans assurant
le bon positionnement de la main sur la poignée. Cette poignée est disposée de manière
que son grand axe (x'-x) soit parallèle au plan de pivotement de la clé. Pour faciliter
la suite de la description, les parties de la poignée (1) ayant un grand rayon de
courbure seront désignées par grandes parois (la), tandis que les parties ayant un
petit rayon de courbure seront désignées par parois latérales (1 b).
[0018] A proximité de sa zone de préhension, la poignée creuse (1) comporte, débouchant
de sa grande paroi (la) qui, normalement, doit être supérieure, une ouverture (6)
formée dans un défoncement (7) constituant logement pour une série de touches de commande
(8) et un écran (9) associé à un afficheur numérique (10).
•L'extrémité postérieure de la poignée (1), opposée au capteur (2), est obturée par
un bouchon amovible (12) portant une cage (13). Cette cage assure le verrouillage
du bouchon dans la poignée en coopérant avec les crans (4) et positionne une pile
électrique (14) fournissant l'énergie électrique aux différents composants électroniques
(11).
[0019] Le capteur (2) constitué par un corps monolithique métallique est composé, comme
montré figure 5, d'une partie antérieure (2a), d'une partie postérieure (2b) et d'un
fût intermédiaire (2c). La partie antérieure (2a) est munie axialement d'un alésage
borgne (15), visible figures 2 et 3, apte à recevoir la broche de la tête d'entrainement
amovible (3). Elle comporte également des moyens d'encliquetage aptes à assurer le
calage en translation de cette broche. Avantageusement, cette partie (2a) a une section
transversale variable qui, comme montré à la figure 2, l'a fait passer d'une forme
cylindrique, à son extrémité antérieure, à une forme elliptique à son extrémité postérieure.
Cette forme elliptique est identique à celle de la poignée (1) et est destinée à venir
dans le prolongement d'elle avec son grand axe (x'-x) dans le même plan. En raison
de cette forme, la partie antérieure (2) possède un accroissement régulier de l'épaisseur
de ses seules parois latérales recevant les efforts de serrage et en conséquence,
présente la forme d'un solide d'égale résistance.
[0020] La partie postérieure (2b) a une forme générale lamellaire c'est à dire présente
la forme d'un parallélépipède dont les deux plus grandes faces (16), disposées de
part et d'autre du plan médian longitudinal du capteur, sont parallèles entre elles
et parallèles au plan longitudinal du capteur contenant le grand axe (x'-x) de la
section elliptique de la partie antérieure (2a).
[0021] Les petites faces (17) de la partie (2b) sont convexes suivant un rayon (r) de même
valeur que celui intérieur des parois latérales (Ib) de la poignée (1). Le rapport
entre la longueur (L) et la largeur (d) de la partie (2b) est supérieur à 1 et, par
exemple, de l'ordre de 1,5 de manière que les faces (17) aient une surface de portée
importante.
[0022] Le fût (2c), qui relie la partie antérieure (2a) à la partie postérieure (2b), a
aussi une forme lamellaire dont les deux plus grandes faces (18) sont parallèles entre
elles et perpendiculaires au plan transversal contenant le grand axe (x'-x) de la
section elliptique de la partie antérieure (2a). Ces faces sont destinées à recevoir
des jauges de contrainte (19).
[0023] Le capteur (2) est emmanché par sa partie lamellaire (2b) à l'extrémité antérieure
de la poignée (1) de manière que, comme montré aux figures 2 et 3, sa partie intermédiaire
(2c) soit disposée à l'intérieur de la poignée tubulaire, et que sa partie antérieure
(2a) soit disposée en porte-à-faux à l'extérieur de cette poignée et sans contact
avec elle. Le joint (20), représenté aux figures 2 et 3, a uniquement pour effet de
protéger le mécanisme intérieur de la poussière. Dans ces conditions, le grand axe
(x'-x) de l'ellipse de la poignée et du capteur est parallèle au plan de pivotement
de la clé.
[0024] Grâce à l'emmanchement s'effectuant sur une grande portée et à la disposition en
porte-à-faux de la partie (2a), mais aussi de la partie intermédiaire (2c) portant
les jauges de contrainte (19), la mesure effectuée n'est pas affectée par des variations
de la position des points de transmission de l'effort entre la poignée tubulaire et
la partie postérieure lamellaire. De plus, grâce à la grande surface de contact provenant
de la grande longueur des faces latérales (17), le contact entre le capteur et la
poignée n'est pas sensible à des phénomènes de matage de la poignée, ce qui permet
d'avoir recours à un tube ayant une moins grande résistance locale, donc de plus faible
épaisseur et, en conséquence, plus léger.
[0025] Lorsqu'il est ainsi positionné dans la poignée, le capteur (2) est immobilisé en
translation par une vis transversale (23) constituant également organe de fixation
pour une plaquette longitudinale (24) portant un circuit imprimé et les composants
électroniques de la clé. Cette plaquette de largeur (S) inférieure à la dimension
intérieurement (T) de la poignée mesurée sur le grand axe (x'-x) est rapportée contre
l'une des grandes faces (16) de la partie postérieure (2b) du capteur et plus précisément,
dans un décrochement (25) prolongeant cette face (16). En raison de cette fixation,
la plaquette (24) est décalée d'un côté par rapport au plan médian transversal de
la poignée et par rapport au grand axe (x'-x) de la section elliptique comme représenté
à la figure 5. De par sa largeur (S), elle vient reposer sur les parois latérales
(Ib) de la poignée et délimite dans celle-ci deux logements de volumes inégaux, à
savoir un petit logement (26) et un grand logement (27). Cette disposition particulière
présente un grand intérêt car elle permet, tant lorsque la clé est montée que lors
de l'introduction de la plaquette (24) et des composants dans la poignée, d'assurer,
d'une part, la protection des composants électroniques (11) disposés dans le grand
logement (27), et, d'autre part, la protection des bornes (lla) des composants dépassant
de l'autre côté de la plaquette. En d'autres termes, le recours à une section elliptique
et à une plaquette décalée pour porter les composants, permet, dans un volume réduit,
de loger parfaitement les composants tout en protégeant leurs bornes et les soudures
les liant au circuit imprimé. Il est à noter que la section elliptique permet aussi
d'améliorer la préhension de la poignée et, de façon connue, de procurer le meilleur
module d'inertie transversal.
[0026] Il ressort de ce qui précède que, grâce à la forme de la section transversale de
la poignée, à la structure du capteur, au mode d'emmanchement du capteur dans cette
poignée et au mode de montage du circuit électronique dans le corps de poignée, la
clé, selon l'invention, présente une excellente maniabilité, un poids inférieur à
celui des clés similaires actuelles et une plus grande insensibilité aux imprécisions
de mesure consécutives aux erreurs de manipulation et aux phénomènes de matage entre
pièces recevant et transmettant les efforts.
[0027] Enfin, le recours à une seule vis (23) pour assurer le calage en translation longitudinale
de la pièce (2) et la fixation de la plaquette (24) portant les composants électroniques
(11), facilite le démontage de la clé et la maintenance de ces composants et, éventuellement
des jauges (19) fixées sur le capteur (2).
1. Structure de clé dynamométrique électronique du type composé d'une tête d'entrainement
(3) montée de manière amovible dans une pièce (2) constituant capteur d'efforts, d'une
poignée creuse (1) et de jauges de contrainte (19) disposées sur la pièce (2) formant
capteur et fournissant une tension électrique de sortie qui, dépendant du couple exercé
sur la clé, réagit sur des moyens (9) indicateurs de couple caractérisée en ce que
la poignée creuse (1) est constituée par un seul tube métallique de section transversale
régulière jusqu'à son extrémité postérieure, formant poignée, et munie de crans (4),
tandis que la pièce (2) formant capteur d'efforts est monolithique et comporte, d'une
part, une partie postérieure (2b), de forme générale lamellaire, parallèle au plan
de pivotement, emmanchée dans la poignée (1), en contact uniquement avec les parois
latérales (Ib) de celles-ci et par des surfaces importantes, d'autre part, une partie
antérieure (2a) qui, apte à recevoir la tête d'entrainement (3), est sans contact
avec l'extrémité antérieure de la poignée de laquelle elle dépasse, et, de plus, un
fût intermédiaire (2c) sans contact avec la poignée (1), disposé à l'intérieur de
celle-ci et présentant une forme lamellaire perpendiculaire au plan de pivotement
dont les deux grandes faces latérales (18), planes et parallèles entre elles reçoivent
les jauges de contrainte (19).
2. Clé dynamométrique électronique selon la revendication 1 caractérisée en ce que
la poignée (1) a une section transversale de forme générale elliptique dont le grand
axe (x'-x) est parallèle au plan de pivotement de la clé et dont les parois latérales
(Ib), ayant un petit rayon, coopèrent localement avec des portées complémentaires
(17), de même rayon, ménagées sur la partie postérieure lamellaire (2b) du capteur
(2).
3. Clé dynamométrique électronique selon l'une quelconque des revendications 1 et
2 caractérisée en ce que le capteur (2) est calé en translation dans la poignée (1)
au moyen d'une vis transversale (23).
4. Clé dynamométrique électronique selon l'ensemble des revendications 1 à 3 caractérisée
en ce que la vis transversale (23) constitue organe de fixation pour une plaquette
longitudinale (24) qui, ayant une largeur inférieure (S) à la plus grande dimension
transversale intérieure (T) de la poignée (1), portant un circuit imprimé (24) et
supportant les composants électroniques, est rapportée contre l'une des grandes faces
(la) de la partie lamellaire du capteur, est décalée d'un côté par rapport au plan
médian transversal de la poignée contenant le grand axe (x'-x) de la section transversale
elliptique et délimite ainsi, dans la poignée, d'une part, un petit logement (26),
apte à recevoir sans contact et à protéger les bornes soudées des composants disposées
de l'autre côté de la plaquette et, d'autre part, un grand logement (27) apte à recevoir
sans contact les composants électroniques.
5. Clé dynamométrique électronique selon la revendication 1 et l'une quelconque des
revendications 2 à 4 caractérisée en ce que la partie antérieure (2a) du capteur (2),
munie d'un alésage borgne axial (15), a une section transversale variable passant
progressivement de son extrémité libre à son extrémité postérieure jouxtant le fût
intermédiaire (2c), d'une forme cylindrique à une forme elliptique, avec accroissement
de l'épaisseur de ses seules parois latérales soumises aux efforts de serrage.
6. Clé dynamométrique électronique selon la revendication 1 et l'une quelconque des
revendications 2 à 5 caractérisée en ce que le rapport entre la longueur (L) et la
largeur (d) de la partie postérieure (2b) du capteur est supérieur à 1.