[0001] Les ouvrages de retenue, mieux connus sous le nom de MURS DE SOUTENEMENT font partie
de la catégorie des constructions les plus anciennes réalisées par l'homme.
[0002] De temps immémorial, la pierre et le bois ont été utilisés comme matériaux pour retenir
le glissement des masses en terre ou pour réaliser la retenue des eaux.
[0003] L'antiquité gréco-romaine nous est un témoignage des magnifiques réalisations du
genre.
[0004] De nos jours, qu'il s'agisse de petits murs de souténement au bord de la route, de
murs de sous-sol de maison ou de grands barrages, les ouvrages de souténements sont
présents partout et les sommes investies dans ce domaine sont de plus en plus considérables.
[0005] A notre époque moderne, la diversité des ouvrages de souténement et des matériaux
utilisés est très grande. Généralement, les ouvrages de retenue se réalisent avec
l' un ou plusieurs des matériaux suivants : la pierre, le bois, le béton, le métal
et bien entendu la terre.
[0006] Dans un souci de rationalisation maximale, les conceptions modernes de réalisation
des ouvrages de souténement utilisent de plus en plus les caractéristiques de résistance
de la masse à retenir, soit la terre, dans le but de réduire au maximum les éléments
structuraux.
[0007] Le présent exposé montre un concept nouveau pour la réalisation des ouvrages de retenue,
concept qui peut remplacer dans bien des cas les murs de souténement classiques à
meilleur compte.
[0008] Pour la compréhension du principe, procédons par analogie.
Imaginons le courant d'une rivière qui transporte des débris ou de la glace pendant
la débâcle. Un câble flottant à travers le cours d'eau, accroché par les extrémités
sur les deux rives retiendra tous les débris ou la glace (fig.1)
[0009] Suite à la poussée horizontale des débris ou des glaces le câble prendra une courbe
(1). La forme de cette courbe sera fonction de la longueur du câble par rapport à
la distance entre les points de fixation. Le câble sera sollicité à un effort de traction
pure.
[0010] Les extrémités (2) fixées aux plaques d'ancrage (3) résisteront par le cisaillement
du massif en terre. Par contre, si les extrémités (2) étaient sans plaque d'ancrage
tout en ayant une longueur suffisante, elles assureraient la stabilité par frottement
entre la terre et le câble.
[0011] Le câble décrit ci-dessus et représenté sur la figure 1 peut être considéré comme
une structure de retenue plane.
[0012] Sur la base de ce principe, développons la troixieme dimension. En remplaçant le
câble par une membrane mince du type tôle ondulée et les débris ou la glace par du
remblai en terre, on réalise un ouvrage de retenue ou de souténement.
[0013] Ainsi le type d'ouvrage proposé peut être classé dans la catégorie des ouvrages avec
structure métallique se caractérisant par le fait que la stabilité est assurée par
la collaboration entre la masse à retenir et les éléments structuraux.
[0014] Un ouvrage de cette catégorie est décrit par exemple dans le brevet US-A-3316721.
[0015] L'invention a pour but d'apporter des améliorations à la technique antérieure par
des dispositions plus simples et plus performantes. A cet effet, l'invention a pour
objet un ouvrage selon la revendication 1 annexée; certaines modalités particulières
de mise en oeuvre font l'objet des autres revendications. D'autres caractéristiques
et les avantages qui en découlent ressortiront mieux au vu de la description qui suit
donnée à titre d'exemple en référence aux figures des dessins annexés.
[0016] L'élément de base pour la structure du type d'ouvrage proposé est une membrane mince
ondulée (profilée) en plan vertical et courbée en plan horizontal, pour former un
élément spatial autostable pendant la construction. On peut réaliser un tel élément
à partir d'une tôle ondulée et pliée en forme de "U". Ainsi, nous obtenons un " ELEMENT
MINCE A DOUBLE COURBURE " * (fig.2).
[0017] Un élément DC (fig.2) se caractérise par sa partie centrale courbe (1) et par les
deux extrémités droites (2). Les bouts des extrémités droites peuvent être prévus
avec ou sans plaques d'ancrage (3).
[0018] Les éléments DC définis à la figure 2 et juxtaposés suivant la figure 3 représentent
la structure des ouvrages de retenue. Le remblayage par couches successives nous permet
de réaliser l'association entre les éléments DC et la terre. C'est ainsi que le type
d'ouvrage de retenue proposé est effectué (fig.4).
TECHNOLOGIE
[0019] La réalisation des ouvrages est conditionnée par la disponibilité de deux matériaux
de base : la terre (le remblai) et les éléments DC.
[0020] Le remblai est un matériau local que l'on trouve sur place avec toutes les granulométries,
depuis le tout-venant, en passant par le granulaire jusqu'à la terre argileuse. Tout
matériau qui peut produire un grand frottement sur les éléments DC convient; celui
qui dispose d'une résistance élevée au cisaillement convient également ainsi que tout
matériau qui permet d'éviter la possibilité d'un développement de pressions interstitielles
à l'intérieur de l'ouvrage. Ceci écarte à priori l'utilisation des sols avec un grand
pourcentage d'argile ou carrément les argiles. Le remblai doit être exempt de matières
organiques et doit répondre à certaines conditions électrochimiques vis-à-vis de la
corrosion des éléments DC. Généralement, le remblai doit être
chimiquement stable.
* Dans ce qui suivra l'ELEMENT MINCE A DOUBLE COURBURE sera identifié par l'abréviation
: élément (s) DC.
[0021] Comme principe de base, on peut dire que les matériaux qui satisfont les conditions
pour un remblai routier peuvent convenir. Lorsque le remblai est différent au sens
défini ci-dessus, ainsi que pour les ouvrages d'une certaine importance, les essais
de laboratoire sont nécessaires.
[0022] L'élément structural principal de l'ouvrage, l'élément DC (fig.2 et 3) doit être
fabriqué en usine à partir de matériaux qui ont une grande résistance en traction
et d'autres caractéristiques préétablies par les conditions architecturales,d'environnement,
de la destination de l'ouvrage et bien entendu de la qualité du remblai.
[0023] Les éléments DC peuvent être avec ou sans plaques d'ancrage. Les choix de la géométrie
et de l'épaisseur des éléments DC résultent du calcul de la stabilité locale et de
la stabilité d'ensemble, de manière à minimiser le coût de la réalisation de l'ouvrage.
Les caractéristiques géométriques ainsi que l'épaisseur des éléments DC peuvent varier
sur la hauteur de l'ouvrage.
[0024] La durabilité des ouvrages dépend essentiellement de la résistance des éléments structuraux
au phénoméne de la corrosion. La vitesse de la corrosion des éléments DC est liée
à la nature des matériaux enterrés et aux caractéristiques des sols.
[0025] Le choix des matériaux pour les éléments DC, ou pour leur protection, doit se faire
en fonction du PH de l'eau interstitielle et de la résistivité du matériau de remblai.
On peut considérer à priori que les matériaux granulaires non argileux, tel que définis
pour les routes, sont compatibles avec tous les matériaux pour les éléments DC.Dans
certains cas, pour empêcher le phénoméne de corrosion, les éléments DC peuvent être
protégés par l'application de couches de peinture à base de bitume, époxi,etc... à
condition de s'assurer d'un ancrage suffisant.
[0026] Les principaux matériaux envisagés pour la fabrication des éléments DC sont : l'acier
galvanisé ou non, l'acier inoxydable, l'acier cor-ten, les alliages d'aluminium, les
matériaux plastiques, les matériaux composits, treillis en acier ou plastiques.
[0027] En fonction de possibilités de transport et de montage, les éléments DC peuvent se
présenter en une seule unité ou à plusieurs composantes, multi-plaques assemblées
sur place par boulonnage (fig. 5 et 6). L'assemblage peut être réalisé étanche ou
non.
[0028] On peut conclure que les éléments DC, utilisés comme structure de l'ouvrage proposé,
se caractérisent par leur sollicitation en traction pure, un ancrage développé grâce
au frottement (cisaillement) avec le remblai, ainsi qu'une bonne durabilité.
[0029] Un élément DC peut être réalisé d'une seule qualité de matériau ou de plusieurs à
condition d'avoir une compatibilité électrochimique entre les composantes.
[0030] Les éléments DC peuvent être les seuls éléments structuraux de l'ouvrage où ils peuvent
être associés à des armatures horizontales réalisées avec des treillis métalliques,
des membranes textiles, etc...
[0031] Dans certains cas de fortes sollicitations, l'utilisation des éléments DC, renforcés
avec armatures ou câbles, peut être envisagée.
[0032] Les plaques d'ancrage (3)peuvent être métalliques ou en béton préfabriqué.
[0033] Les ouvrages réalisés avec éléments DC (fig.4) se prêtent bien à recevoir sur le
parement un revêtement en éléments de béton préfabriqué, en briques et surtout en
béton projeté.
[0034] Sur les versants rocheux, dans le but de réduire le volume d'excavation, les éléments
DC peuvent être utilisés en association avec des ancrages boulonnés dans le massif
du roc.
[0035] Les éléments DC sont autostables pendant la construction et déformables après la
réalisation de l'ouvrage étant capables de suivre les déformations du terrain de fondation.
[0036] Généralement, la surface de fondation doit être horizontale. Dans des cas bien déterminés,
elle peut être inclinée et même sous le niveau de l'eau.
[0037] Le remblai d'un ouvrage réalisé avec éléments DC doit être exécuté comme un remblai
routier, par couches successives plus ou moins épaisses. Le compactage doit se réaliser
avec des engins appropriés; cependant, il n'est pas nécessaire pour la bonne tenue
de l'ouvrage. Le compactage sert à limiter les tassements et les déformations en fonction
de la destination de l'ouvrage.
DIMENSIONNEMENT
[0038] Pour la réalisation des ouvrages de retenue avec des éléments DC, comme pour tout
ouvrage du genre, il s'agit de résoudre : la stabilité d'ensemble et la stabilité
interne.
[0039] Dans le premier cas (tassement, poinçonnement du sol de fondation, glissement, renversement,
etc...) on se trouve devant les problèmes classiques de la mécanique des sols et il
faudra s'y référer.
[0040] Dans le deuxième cas, il s'agit de s'assurer de la bonne tenue des éléments à double
courbure et de leur bonne collaboration avec le remblai.
[0041] Les éléments DC peuvent être mis hors d'usage par cassure ou déchirure causée par
un trop grand effort de tractation dans le parement (1), ou par l'arrachement de la
partie encastrée dans le massif en terre (2).
Caractéristiques géométriques
[0042] Caractéristiques géométriques de l'élément DC (fig.7) ainsi que les éléments essentiels
pour le dimensionnement de l'ouvrage (fig.8) sont :
- H
- la hauteur de l'élément DC
- B
- la largeur de l'élément DC
- L
- la longueur du plan d'encastrement
- b
- la profondeur du parement
- PAREMENT
- la partie centrale courbe 1 de l'élément DC définie par B, b et H,
- PLAN D'ENCASTREMENT
- les extrémités 2 de l'élément DC définies par L et H,
- PLAN DE REFERENCE
- la plan vertical, y o z 4
- PLAN DE GLISSEMENT
- défini sur la figure 8 courbe 5 ou plan 6 selon le cas ou e est l'angle de frottement
interne,
- ZONE ACTIVE
- la partie de l'ouvrage qui a la tendance à disloquer suivant la surface de glissement
7,
- ZONE PASSIVE OU RESISTANTE
- la zone stable du massif où se réalise la transmission des sollicitations à la terre
par frottement ou cisaillement 8
Poussée des terres
[0043] Les théories de la poussée des terres sont largement traitées dans la littérature
de spécialité à laquelle il faut se référer.
[0044] Pour le présent exposé, les hypothèses suivantes sont prises en considération : surface
de glissement plane (Coulomb), poussée des terres appliquée sur le plan de référence,
frottement entre le remblai et les éléments DC égal à l'angle de frottement interne.
[0045] La poussée des terres, verticale ou horizontale est constante sur un plan horizontal,
mais variable linéairement avec la profondeur (fig.9).
[0046] Suivant le cas, d'autres hypothèses de calcul peuvent être prises en considération.
Contraintes unitaires
[0047] Pour déterminer l'état des contraintes unitaires à l'intérieur du massif, nous allons
prendre en considération, en particulier sur le plan de référence (le plan vertical
y o z) un point quelconque M (o y z) déterminé par l'intersection des droites M' M''
et M1 M2 parallèles aux axes (fig.9). Les droites M' M'' et M1 M2 peuvent être considérées
en même temps comme l'intersection d'un plan horizontal respectivement vercal avec
le plan de référence. Ainsi au point M les contraintes unitaires normales sont : la
contrainte verticale, égale au poids propre de la terre au-dessus du point considéré

la contrainte horizontale normale au plan de référence représentant la poussée des
terres sur le parement

la contrainte horizontale normale au plan d'encastrement peut être appelée contrainte
d'étau ou de serrage

ou

sont les coefficients de poussée active et où γ est le poids spécifique du remblai,
ce qui nous permet d'écrire

[0048] En pratique, pour le dimensionnement, la poussée horizontale Pz est considérée constante
sur la hauteur ΔH, tel que montré sur la figure 10.
[0049] Les contraintes dans la structure en éléments DC seront déterminées comme il suit.
[0050] Dans une première étape, nous allons prendre en considération à la profondeur Z les
sollicitations horizontales perpendiculaires au plan de référence et sur la largeur
B de l'élément DC (fig.11). Les sollicitations horizontales σ
x=p
z sont appliqués selon M' M'' et l'épaisseur élémentaire dz sera égale à ΔH , tel que
défini sur les figures 9, 10 et 11.
[0051] Le parement semi-circulaire adopté sur la figure 11 peut être assimilé à une coque
cylindrique où le plan de référence se confond avec le diamètre.
[0052] L'épaisseur du parlement d'un élément DC étant faible comparativement au rayon de
courbure, on peut obtenir les contraintes avec une précision suffisante en négligeant
la flexion de la paroi, c'est-à-dire en supposant que les contraintes de traction
dans les parois sont uniformément réparties suivant l' épaisseur. La grandeur des
contraintes peut se calculer alors aisément à partir des relations de LAPLACE dans
la théorie de membrane.
[0053] A la profondeur Z pour un élément de hauteur ΔH l'effort de traction dans le parement
est :


[0054] Dans une deuxième étape, sera analysé l'état de contraintes sur le plan d'encastrement
dans la zone résistante, représentée par le point N de la figure 11.
[0055] Normalement, l'angle de frottement ρ' entre le remblai et les éléments DC doit être
près de la valeur de l'angle de frottement interne ρ :


[0056] Ainsi, pour éviter le glissement et assurer l'encastremement on peut soit concevoir
les surfaces concernées des éléments DC. En conséquence, soit prévoir des plaques
d'ancrage (fig.2) donc φ ≈ φ
[0057] De ce fait, le plan de glissement peut être assimilé au plan de cisaillement (10)
(fig. 12)


[0058] Pour les contraintes tangentielles τ , la loi linéaire de Coulomb a été prise en
considération, ainsi : pour les matériaux sans cohésion, terrain pulvérulent sec

pour les matériaux avec cohésion, terrain cohérent

[0059] Remarque : les remblais en granulaire n'ont pas de cohésion ou elle est très faible
et incertaine; par contre, la cohésion peut être créée artificiellement.
[0060] Le plan d'encastrement, étant une prolongation du parement doit être capable de transmettre
les sollicitations à la masse du remblai par frottement ou par cisaillement. A chaque
point de contact de la partie en encastrement avec la terre, on doit s'assurer que
le frottement (cisaillement) existe réellement sans glissement. Il doit satisfaire
la relation 11)

ou éventuellement 12)

[0061] En introduisant le coefficient de sécurité à l'arrachement l'inégalité 11) devient
: 13)

[0062] Revenant à la relation 6) et à la figure 11, l'effort de traction du parement Tz
est transmis au plan d'encastrement. Pour préserver l'équilibre Tz doit être annulé
par la somme des contraintes tangentielles τ . Pour y parvenir le point N (fig. 11)
sera isolé sur une surface élémentaire de dimensions dl et ΔH , tel que montré sur
la figure 13.
[0063] La condition d'équilibre de l'éléments nous permet d'exprimer la valeur de la contrainte
tangentielle en fonction de Tz 14)

[0064] Tenant compte du principe que les contraintes sur un plan horizontal a la profondeur
Z sont constantes (fig.9) et des relations 5) et 13) on peut intégrer l'équation 14)
comme suit : 15)

[0065] Ceci nous permet d'obtenir la longueur d'encastrement dans la zone résistante ou
passive : 16)

[0066] Dimensions de l'élément DC.
[0067] Parement : nous avons déterminé auparavant l'effort de traction dans le parement
de circulaire (fig. 11). Tenant compte de la relation 6, on peut écrire :

où
- σa =
- la contrainte admissible du matériau de de l'élément DC
- te =
- l'épaisseur équivalente du parement
[0068] Pour obtenir l'épaisseur effective il faudra tenir compte de l'ondulation de l'élément
DC (fig. 14).

avec le coefficient µ>1
[0069] Ainsi l'épaisseur effective t de l'élément DC sera obtenue à partir de l'équation
17) tenant compte des relations 5), 6), et 18). A la profondeur Z 19)


A la base de l'ouvrage pour Z = H 20)

[0070] Selon les formules 19) et 20) pour une largeur préétablie, l'épaisseur théorique
de résistance variera de zéro au sommet de l'ouvrage à sa valeur maximale à la base.
En pratique, on ne peut pas avoir une épaisseur variable par rapport à la hauteur,
une épaisseur unique correspondant à l'équation 20 sera employée pour toute la hauteur,
ou parfois, il pourra être économique de faire varier l'épaisseur par tronçon de nauteur.
[0071] Généralement, pour les applications pratiques la hauteur de l'ouvrage H est une donnée
de base, par contre la largeur B des éléments DC est à la discrétion du concepteur.
Selon l'équation 20) on aura intérêt de choisir B le plus petit possible. Cependant
B a une limite optimale déterminée par la longueur du plan d'encastrement . Pour son
choix, il faudra tenir compte des possibilités de production, de transport et surtout
de mise en oeuvre et de réalisation de l'ouvrage.
[0072] Pour

on peut écrire 22)

[0073] Avec diverses valeurs du B on peut tracer des abaques pour t en fonction du H .
Plan d'encastrement.
[0074] Comme montré auparavant, le plan d'encastrement est une prolongation logique du parement.
L'effort développé dans le parement sera transmis au massif en terre par le plan d'encastrement.
Mécaniquement, le plan d'encastrement doit être capable d'une part de reprendre la
totalité de l'effort de traction transmis par le parement et, d'autre part, de transmettre
sans désordre les sollicitations au massif en terre par frottement ou par cisaillement.
[0075] Le plan d'encastrement doit assurer par sa longueur, la stabilité de l'ensemble de
l'ouvrage : à l'arrachement, au renversement, au glissement.
a) Condition de non arrachement. L'état des contraintes entre la masse en terre et
le plan d'encastrement a été montré auparavant. Pour déterminer la longueur totale
de résistance à l' arrachement La il faudra suivre le cheminement de la figure 15.
L'étendue de la zone active a sera déterminée géométriquement : 23)

a est fonction de z et varie de zéro à la base à sa valeur maximale au sommet 24)

La longueur d'encastrement L dans la zone passive ou résistante a été établie auparavant
avec la formule 10) à laquelle il faut se reférer. Si dans l'équation 10 on remplace
la valeur de l'effort Tz par sa valeur donnée par 0 la longueur L a la base de l'ouvrage
devient la longueur maximale La du plan d'encastrement pour résister à l'arrachement
ainsi : 25)

Le coefficient de securité à l'arrachement ηa peut être différent sur la hauteur de l'ouvrage si cela est justifié.
Pour réduire la longueur du plan d'encastrement il faudra choisir les matériaux du
remblai avec un angle de frottement interne élevé ou employer des nappes d'armature
dans le remblai.
b) Condition de non renversement. Dans le cas des murs de souténement classiques en
béton armé ou non, il est absolument nécessaire de vérifier le renversement du mur
sous l'influence du moment dû à la force de poussée des remolais ou de l'eau.
Si le renversement pour les murs en béton est un phénoméne très important, dans les
ouvrages avec éléments DC, ce type de de rupture est très improbable.
Le phénoméne de renversement pour les ouvrages avec les éléments DC peut se produire
par le déversement de la partie supérieure de l'ouvrage lorsque la longueur du plan
d'encastrement est insuffisante.
En supposant la formation de voûtes en plan horizontal, entre les plans d'encastrement,
la masse du massif sera mobilisée pour empêcher le phénoméne de renversement.
Avec un coefficient de sécurité au renversement ηr préétabli, la longueur du plan d'encastrement Lr pour assurer la stabilité au renversement
sera : 26)

c) Condition de non glissement. La philosophie à suivre est la même que pour le renversement.
[0076] Supposant la formation de voûtes en plan horizontal, entre les plans d'encastrement
la longueur de ceux-ci doit être suffisante pour empêcher le glissement sur la base.
[0077] Avec un coefficient de sécurité au glissement η
g préétabli, la longueur du plan d'encastrement Lg pour assurer la stabilité au glissement
sera : 27)

Sécurité
[0078] Pour assurer la stabilité interne on doit vérifier, d'une part que les contraintes
maximales de traction sont compatibles avec la résistance à la traction des éléments
DC et d'autre part que la surface encastrée dans la zone passive ou résistante,est
suffisante pour permettre l'équilibre entre les forces de frottement ou cisaillement
et les tractions maximales correspondantes, et cela d'une manière sécuritaire.
[0079] Les coefficients de sécurité pour les éléments DC travaillant en traction ainsi que
pour leur encastrement seront établis en fonction de : la nature des matériaux pour
les éléments DC (matériaux plus ou moins cassants), la nature des matériaux de remblayage
(la certitude d'un coefficient de frottement minimum, le type d'ouvrage (permanent
ou provisoire), le risque (l'ampleur des dégâts en cas de destruction) , le risque
de corrosion.
[0080] Les coefficients de sécurité pour la stabilité d'ensemble seront déterminés à partir
du : type de l'ouvrage (permanent ou provisoire), risque (l'ampleur de dégâts en cas
de destruction).
[0081] Généralement,ils ne peuvent pas être inférieurs à 1.5 pour la stabilité au renversement
et glissement et 2 pour le poinçonnement de la fondation.
Analyse d'un ouvrage de retenue.
[0082] Un ouvrage de retenue réalisé à l'aide d'éléments DC juxtaposés, de hauteur variable
de 0 à 30 métres et de longueur quelconque a été analysé en détails et représenté
sur les abaques de la figure 18 à la figure 23.
[0083] Les éléments DC sont constitués de tôles ondulées ou profilées recouvertes d'une
protection contre la corrosion (par galvanisation ou tout autre moyen éprouvé).
[0084] Pour les dimensions plus grandes, ils sont en plusieurs plaques assemblées par boulonnage.
[0085] Dans le présent exemple, le parement sera constitué d' éléments DC semi-circulaires,
réalisés en acier doux avec une résistance admissible d'environ 150 MPa.
[0086] Le remblayage est prévu en granulaire équivalent à ceux agréés pour les routes. Pour
le présent exemple, les valeurs suivantes ont été adoptées : le poids spécifique du
remblai de 18 kN|m3, le coefficient de poussée active de 0,25, 0,33 ou 0,45 selon
le cas.
[0087] L'épaisseur effective "t" de l'élément DC est déterminée par les conditions de résistance,
étant directement proportionnelle à la largeur "B" et la hauteur "H" de l'élément
DC. On peut suivre la variation de l'épaisseur "t" sur la fig.18,19,20
[0088] La longueur du plan d'encastrement "L" est généralement déterminée par la condition
de non arrachement.
[0089] Dans les divers calculs a été introduite la notion d'épaisseur spécifique "e" qui
représente l'épaisseur de l'ensemble de l'élément DC rapportée à la longueur du front
rectiligne de l'ouvrage, ainsi : e0 l'épaisseur nette sans surépaisseur pour la corrosion,
e1 l'épaisseur nette plus une surépaisseur de 0,5 mm pour chaque face, e2 l'épaisseur
nette plus une surépaisseur de 1.0 mm pour chaque face.
[0090] Les abaques des fig. 21,22,23 représentent la variation du "e0" et "e2" en fonction
de la hauteur pour divers rapports entre "B" et "H" et divers coefficients de la poussée
des terres. On peut constater que la valeur la plus économique pour "e2" correspond
à un rapport de "B"sur"H" égal ou inférieur à 05 Remarques :
a) l'épaisseur des éléments DC est déterminée pour la sollicitation maximale soit
à la base de l'ouvrage et est maintenue constante sur toute la hauteur. Pour les ouvrages
d'une certaine importance, il peut s'avérer rentable de faire varier l'épaisseur.
b) une surépaisseur comme protection vis-à-vis-de la corrosion doit être prise en
considération. Elle est de 0,5 mm ou de 1 mm pour chaque face en fonction de l'agressivité
du milieu et de l'espérance de vie attendue de l'ouvrage.
c) pour les ouvrages de peu d'importance, le plan d'encastrement est réalisé par la
juxtaposition des divers élémentsDC et aucun boulonnage n'est requis. Par contre,
pour les autres ouvrages les éléments DC multiplaques se raccordent sur une seule
feuille d'encasrement d'épaisseur appropriée.
d) dans les divers cas considérés, le remblai est supposé horizontal à la partie supérieure
et la fondation de l'ouvrage est considérée horizontale et stable. Le coefficient
de poussée active du remblai est pris égal à 0,33 mais les valeurs extrêmes de 0,25
et 0,45 ont également été considérées.
DOMAINES D'UTILISATION
[0091] Les types d'ouvrages proposés d'après leur nature sont des ouvrages de retenue ou
de souténement.
[0092] Le parement des ouvrages tenant compte des possibilités de revêtement, peut prendre
la forme et la couleur désirée. En hauteur, le parement peut être vertical, incliné
ou en terrasse.
[0093] La géométrie du parement et la gamme des couleurs sont pratiquement sans limite et
peuvent satisfaire les plus exigentes normes architecturales et d'environnement.
[0094] Les ouvrages avec structure en éléments DC peuvent être érigés comme ouvrages de
retenue étanches ou non, provisoires ou définitifs.
[0095] Par la capacité de déformation des éléments DC, les ouvrages peuvent suivre sans
difficulté les mouvements du terrain de fondation. La réalisation des ouvrages provisoires
devient tres intéressante, par la rapidité de l'éxécution, par la facilité de démolition
et la récupération totale des éléments DC.
[0096] Le type d'ouvrage proposé est très flexible aux aménagements paysagés en terrasses
pour habitation ou pour agriculture.
[0097] Les ouvrages de retenue avec structure en éléments DC 5 peuvent recevoir des surcharges
très importantes et se prêtent à la réalisation de murs de souténement pour les voies
de communication, culées de ponts, etc....
[0098] La possibilité de rendre les éléments DC étanches facilite la réalisation des ouvrages
imperméables, comme les digues ou les réservoirs.
[0099] Avec le type d'ouvrage proposé, la réalisation des digues de protection contre les
inondations peut s'avérer une application extrêmement importante tenant compte de
la rapidité d'éxécution. Les digues de faible hauteur peuvent être éxécutées avec
un remblai tout-venant.
[0100] Dans le domaine industriel, la masse à retenir peut ne pas être la terre, mais bien
des produits minérals, industriels ou végétals, dans le but d'augmenter considérablement
les stockages.
Quelques applications :
Aménagement de terrasses
[0101] Il s'agit de l'aménagement en terrasse sur les pentes accidentées. Ces aménagements
permettent le développement urbain de loisir, pour l'agriculture, voies de communications,
etc ... (fig.17). Les terres sont retenues à l'aide d'une structure réalisée avec
des éléments DC en tôle d'acier galvanisé ou autre, juxtaposés ou en multi-plaques.
Le parement est constitué d'éléments semi-circulaires, elliptiques, etc.. avec ou
sans raccordement convexe.
[0102] Il est à noter que les éléments standards ont leurs deux plans d'encastrement parallèles.
Cependant, comme les éléments DC ont une faible rigidité, ils peuvent être déformés
de manière à rendre les deux plans d'encastrement divergents ou convergents. Cette
caractéristique permet les changements de direction du parement à souhait.
Voies de communication
[0103] Les voies de communication entrainent des travaux de terrassement grandioses qui
aménent la nécessité de divers éléments de souténement. Ces derniers peuvent être
constitués à l'aide de structures en éléments DC. Cela peut aller du mur de souténement
a la culée d'ouvrages d'art.
[0104] Dans les zones urbaines ou touristiques le paremen peut recevoir un revêtement en
béton projeté ou un placage en éléments décoratifs de béton prébabriqué.
[0105] Les routes sur des pentes très raides peuvent être réalisées avec un minimum d'excavations.
Les plans d'encastrement peuvent être complétés à l'aide d'ancrage dans le massif
rocheux. L'excavation dans le terrain non rocheux est minimisée car on se contente
de réaliser quelques saignées pour les plans d'encastrement.
[0106] Dans les zones à sécurité maximale, les éléments DC à double parement présentent
des alvéoles déformables qui peuvent absorber le choc des véhicules en cas d'accident.
[0107] Les parapets réalisés avec les éléments DC sont sécuritaires étant donné leur grande
souplesse tout en étant assez lourds.
Iles - plate-formes off shore
[0108] Sur un plan d'eau on peut réaliser des îles ou presqu'îles artificielles pour fin
de récréation, contrôle des glaces, industriels, etc... L'éxécution peut se réaliser
à sec ou sous le niveau d'eau.
[0109] Une plate-forme off-shore est une île artificielle réalisée en eau peu profonde pour
explorations. Une combinaison des pieux-métalliques courts et éléments DC peut se
réaliser. Le remblayage peut se faire par dragage.
Bassins - réservoirs
[0110] Un réservoir creusé en pleine terre peut etre réalisé à l'aide d'éléments DC. Afin
de minimiser les travaux, les déblais sont à déposer autour de l'excavation; ainsi,
le réservoir créé est en partie surélevé par rapport au terrain naturel
[0111] Les éléments DC dont les parements sont demi-circulaires, elliptiques ou autres,
leurs assemblages sont réalisés de manière étanche. Quand les parements sont prévus
avec des raccords, ceux-ci peuvent être les mêmes que les premiers d'ailleurs. Le
parement ainsi réalisé a une allure de continuite plus esthétique. Les noeuds "plan
d'encastrement-raccordement" peuvent être préassemblés soit en usine, soit sur un
chantier. Une fois, ces noeuds glissés en place, la partie centrale du parement peut
être fixée.
[0112] Le fond des réservoirs est constitué d'une couche imperméable complétée si nécessaire
par une membrane synthétique. Un treillis fixé sur les divers éléments d'assemblage
permet la réalisation d'un revêtement en béton projeté. Ce dernier peut être lisse
ou recouvert de toute autre finition telle que céramique.
[0113] La gamme des bassins peut être d'une grande variété et peut servir pour des fins
municipales, industrielles ou agricoles.
Réservoirs - tanks
[0114] Une structure DC avec ses éléments assemblés d'une manière étanche, disposée selon
un contour fermé de forme circulaire, rectangulaire ou polygonale de telle manière
pour emmagasiner un volume liquide, nous permet de réaliser des réservoirs de grande
capacité. Le tout étant muni d'une toiture adéquate.
[0115] Les structures DC par leur conception nous permettent de réaliser des réservoirs
tanks enterrés. Même quand ils sont partiellement en surface, la masse de la terre
autour du réservoir est assez importante qu'on peut considérer qu'ils sont enterrés.
De ce fait, ce type de réservoir offre une très grande sécurité d'exploitation, éliminant
complétement la cuvette de sécurité et les inconvénients qui découlent.
[0116] Les réservoirs réalisés avec structures DC peuvent être érigés sur un terrain de
fondation déformable. Ces déformations n'affectent pas la partie verticale, le fond
et les parois flexibles doivent être compatibles avec les toitures rigides.
[0117] Pour prévenir la corrosion et préserver les conditions d' hygiène (pour les produits
comestibles) la structure verticale le fond ainsi que l'intrados de la toiture doivênt
être compatibles avec le liquide emmagasiné et les vapeurs qui se dégagent.
[0118] Les réservoirs tanks DC peuvent servir pour emmagasiner : produits pétroliers et
leurs dérivés, produits chimiques, eau potable et divers.
[0119] La toiture de réservoirs tanks DC sera de type classique rigide ou flexible, apparente,
flottante ou couverte de la terre. Elle sera appuyée ou ancrée sur une ceinture en
béton armé réalisée à la partie supérieure de la structure DC (la paroi).
[0120] Pour les réservoirs-tanks de grande capacité une tour centrale d'appui pour la toiture
est recommandable. Des appuis intermédiaires peuvent être envisagés.
[0121] La structure de la toiture peut être en : béton préfabriqué précontraint ,caissons
métalliques, dômes, structure sur câbles, structure gonfable, structure flottante.
Aménagements hydro
[0122] Les structures en éléments DC par le fait qu'on peut réaliser des écrans étanches
se prêtent favorablement à la réalisation des travaux de réparation (réfection), réhaussement,
surélargissement de digues et barrages. La conception des nouveaux ouvrages de retenue
(digues, barrages, évacuateurs) est possible et peut s'avérer très économique.
[0123] On peut constater que le volume de matériaux peut être réduit substantiellement.
Si la circulation sur le couronnement est importante on peut réaliser de larges voies
de circulation sans augmentation notable du remblai. Sur une fondation perméable on
peut prolonger l'écran d'échantéité, en profondeur à l'aide d'une tranchée de boue.
Les structures en éléments DC ne craignent pas les tassements. Le remblayage est très
simple et rapide d'éxécution par rapport à un ouvrage zoné. Un ouvrage déverseur peut
être réalisé sans problèmes pour la stabilité de l'ensemble de l'ouvrage.
[0124] Déversoirs ou évacuateurs de crues peuvent être réalisés pour des aménagements hydro
de moindre importance servant d'accumulation pour des fins d'irrigation ou l'implantation
de microcentrales hydroélectriques.
[0125] La possibilité de réalisation d'élargissement des ouvrages (digues et barrages) classiques
à l'endroit d'autres structures permet des économies importantes sur le volume de
remblai et sur le volume des ouvrages de souténement du remblai côté central ou évacuateur
de crues. La réalisation des canaux avec éléments DC étanches pour les parties latérales,
mariée avec une membrane étanche pour le fond peut être extrémement intéressante pour
certaines applications, notamment pour la traversée des régions désertiques.
[0126] Divers : une multitude d'autres travaux peut se réaliser avec les structures DC en
agriculture, travaux d'environnement (érosion du sol, innondations, protection de
rives), constructions domiciliaires et de loisir, aménagement des quais et ports,
etc...
1. Ouvrage de type mur de soutènement d'une masse substantiellement solide comprenant
au moins un élément structural constitué d'une membrane mince courbée en plan horizontal
en forme de "U" présentant une partie courbe (1) et deux parties droites (2), la partie
courbe du "U", sollicitée en traction, constituant par sa face externe le parement
de l'ouvrage, et les parties droites du "U" constituant des encastrements transmettant
par réaction de frottement la traction du parement dans la masse à retenir, caractérisé
en ce que lesdites parties courbe (1) et droites (2) de la membrane sont ondulées
en section verticale, constituant ainsi un élément structural à double courbure.
2. Ouvrage selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend des plaques d'ancrage
(3) agencées à l'extrémité des parties droites (2) de l'élément structural de façon
à constituer des encastrements transmettant par réaction de frottement-cisaillement
la traction du parement dans la masse à retenir.
3. Ouvrage selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il comporte une pluralité
d'éléments structuraux en "U" disposés côte à côte, un remblayage par couches successives
étant effectué à l'intérieur des "U" pour réaliser une association desdits éléments
à la masse à retenir.
4. Ouvrage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comprend
des éléments de raccordement de même type que lesdits éléments structuraux et disposés
en position convexe de façon à constituer un parement présentant une allure de continuité
sinusoïdale.
5. Ouvrage selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce qu'il comporte
une pluralité d'éléments structuraux juxtaposés au droit de leurs parties droites
(2) respectives, chaque élément structural étant formé à partir d'une membrane d'un
seul tenant.
6. Ouvrage selon l'une des revendications 1 à 4, comportant une mise en oeuvre d'éléments
structuraux de grandes dimensions, caractérisé en ce qu'il comporte une pluralité
d'éléments structuraux juxtaposés, lesdits éléments étant constitués par assemblage
sur chantier de plusieurs composants, la partie d'encastrement (2) étant réalisée
en une seule feuille d'épaisseur appropriée.
7. Ouvrage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que les éléments
structuraux à double courbure en forme de "U" sont constitués d'un ou plusieurs des
matériaux suivants: métal, matière plastique, textile synthétique, fibre de verre,
matériau composite, treillis métallique ou plastique, béton armé ou précontraint,
avec protection adéquate contre la corrosion.
8. Ouvrage selon une des revendications 2 à 7 caractérisé en ce que les éléments structuraux
sont assemblés entre eux par des moyens mécaniques (soudage, boulonnage, rivetage),
ou simplement juxtaposés, auquel cas la transmission des contraintes se réalise uniquement
par frottement.
9. Ouvrage selon une des revendications précédentes caractérisé en ce qu'il comporte
des ancrages boulonnés, des pieux, ou des palplanches, associés auxdits éléments structuraux.
10. Ouvrage selon une des revendications précédentes, caractérisé en ce que lesdits éléments
structuraux sont mis en oeuvre avec leur parement incliné ou en terrasse sur une surface
de fondation horizontale ou inclinée.
11. Utilisation de l'ouvrage selon une des revendications précédentes pour la réalisation
des aménagements de terrasses, voies de communication, îles, presqu'îles, plates-formes
offshore, bassins, réservoirs, aménagements hydrauliques, quais, ports, parcs de matières,
en association ou non avec d'autres techniques de construction.
1. Work of the wall type for retaining a substantially solid mass, comprising at least
one structural element constituted by a thin membrane curved in the horizontal plane
into a "U" shape having a curved part (1) and two straight parts (2), the curved part
of the "U", subjected to tensile stress, forming by its outer surface the facing of
the work, and the straight parts of the "U" forming embedding parts transmitting by
frictional reaction the tension of the facing into the mass to be retained, characterised
in that the said curved (1) and straight (2) parts of the membrane are corrugated
in the vertical cross-section, thus forming a structural element with double curvature.
2. Work according to Claim 1, characterised in that it comprises anchoring plates (3)
arranged at the end of the straight parts (2) of the structural element so as to form
embedding parts transmitting by frictional-shearing reaction the tension of the facing
into the mass to be retained.
3. Work according to Claim 1 or 2, characterised in that it comprises a plurality of
"U"-shaped structural elements arranged side by side, a filling by successive layers
being carried out inside the "U"s in order to produce an association of the said elements
with the mass to be retained.
4. Work according to one of the preceding claims, characterised in that it comprises
connecting elements of the same type as the said structural elements and arranged
in a convex position so as to form a facing having a continuously sinusoidal shape.
5. Work according to one of the preceding claims, characterised in that it comprises
a plurality of structural elements juxtaposed at right angles to their respective
straight parts (2), each structural element being formed from a membrane in a single
piece.
6. Work according to one of Claims 1 to 4, comprising an installation of structural elements
of large dimensions, characterised in that it comprises a plurality of juxtaposed
structural elements, the said elements being constituted by on-site assembly of several
components, the embedding part (2) being made from a single sheet of appropriate thickness.
7. Work according to one of the preceding claims, characterised in that the "U"-shaped
structural elements with double curvature are constituted by one or more of the following
materials: metal, plastic, synthetic textile, fibre glass, composite material, metal
or plastic mesh, reinforced or prestressed concrete, with adequate protection against
corrosion.
8. Work according to one of Claims 2 to 7, characterised in that the structural elements
are assembled together by mechanical means (welding, bolting, rivetting) or are simply
juxtaposed, in which case the transmission of the stresses is achieved solely by friction.
9. Work according to one of the preceding claims, characterised in that it comprises
bolted anchorages, piles, or sheet piling, associated with the said structural elements.
10. Work according to one of the preceding claims, characterised in that the said structural
elements are installed with their facing inclined or terraced on a horizontal or inclined
foundation surface.
11. Use of the work according to one of the preceding claims for the construction of terracing,
highways, islands, peninsulas, offshore platforms, artificial lakes, reservoirs, hydraulic
installations, wharfs, ports, storage facilities for materials, in association with
other methods of construction or otherwise.
1. Bauwerk nach Art einer Stützmauer aus im wesentlichen fester Masse, welches wenigstens
ein Strukturelement bestehend aus einer dünnen, in horizontaler Richtung in Form eines
"U" gebogenen Membran umfaßt, welches "U" einen gebogenen Teil (1) und zwei gerade
Teile (2) aufweist, wobei der gekrümmte Teil des "U" auf Zug belastet ist und mit
seiner Außenfläche die Verkleidung des Bauwerks bildet und wobei die geraden Teile
des "U" Einbauten darstellen, welche durch Reibung die Traktion der Verkleidung in
die zurückzuhaltende Masse übertragen, dadurch gekennzeichnet, daß der gebogene Teil
(1) und die geraden Teile (2) der Membran in vertikaler Richtung gewellt sind und
derart ein Strukturelement mit doppelter Krümmung bilden.
2. Bauwerk nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß es Verankerungsplatten (3) umfaßt,
welche so zu dem Ende der geraden Teile (2) des Strukturelementes angeordnet sind,
daß Einbauten entstehen, welche durch Reibungs-Scherkräfte die Traktion der Einbauten
in die zurückzuhaltende Masse übertragen.
3. Bauwerk nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß es eine Mehrzahl von Seite
an Seite angeordneten "U"-förmigen Elementen enthält, bei welchen durch aufeinanderfolgende
Schichten im Inneren des "U" eine Hinterfüllung erzielbar ist, um eine Verbindung
der Elemente mit der zurückzuhaltenden Masse zu erreichen.
4. Bauwerk nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, daß es Verbindungselemente
desselben Typs wie die Strukturelemente umfaßt und daß sie in konvexer Position so
angeordnet sind, daß sie Einbauten bilden, welche einen kontinuierlichen, sinusartigen
Verlauf zeigen.
5. Bauwerk nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, daß es eine
Mehrzahl von in Richtung ihrer geraden Teile (2) nebeneinanderliegenden Strukturelementen
umfaßt, wobei jedes Strukurelement ausgehend von einer einstückigen Membran gebildet
ist.
6. Bauwerk nach einem der Ansprüche 1 bis 4, welches die Herstellung von Strukturelementen
mit großen Abmessungen umfaßt, dadurch gekennzeichnet, daß es eine Mehrzahl von nebeneinanderliegenden
Strukturelementen umfaßt, wobei die Elemente durch Zusammenbau von mehreren Bestandteilen
vor Ort gebildet sind, wobei der Einbauteil (2) aus einem einzigen Blatt mit entsprechender
Dicke gebildet ist.
7. Bauwerk nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, daß die doppelt
gekrümmten "U"-förmigen Elemente aus einem oder mehreren der folgenden Materialien
gebildet sind: Metall, Kunststoff, synthetische Textilien, Glasfasern, Verbundwerkstoff,
Metall- oder Kunststoffgitter, armierter oder vorgespannter Beton, wobei ein entsprechender
Korrosionsschutz vorgesehen ist.
8. Bauwerk nach einem der Ansprüche 2 bis 7, dadurch gekennzeichnet, daß die Strukturelemente
miteinander durch mechanische Mittel (Schweißen, Verschraubung, Vernietung) verbunden
sind oder einfach nebeneinander angeordnet sind, in welchem Fall die Übertragung der
Belastungen lediglich durch Reibung realisiert wird.
9. Bauwerk nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, daß es mit
den Strukturelementen verbundene Schraubverankerungen, Pfähle oder Spundpfähle aufweist.
10. Bauwerk nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, daß die Strukturelemente
mit ihren Einbauten geneigt oder terrassenförmig auf einer horizontalen oder geneigten
Fundamentfläche ausgeführt sind.
11. Verwendung des Bauwerkes nach einem der vorhergehenden Ansprüche, gegebenenfalls gemeinsam
mit anderen Bautechniken, zur Herstellung von Terrassenanordnungen, Kommunikationswegen,
Inseln, Halbinseln, offshore-Plattformen, Becken, Reservoirs, Wasserbauwerken, Kais,
Hafen, Lagerplätzen.