[0001] La microscopie acoustique offre certains avantages par rapport à la microscopie optique
traditionnelle. Tout d'abord, elle permet d'explorer non seulement la surface d'un
corps, mais aussi les zones proches de la surface, non visibles dès lors que le corps
est opaque. De plus, pour les corps transparents, elle permet de faire apparaître
des contrastes acoustiques, là où l'optique ne donne que peu d'informations.
[0002] Ainsi, à une fréquence acoustique de l'ordre du gigahertz, on obtient une résolution
spatiale acoustique comparable à celle de l'optique, et qui ouvre des horizons nouveaux,
notamment en biologie.
[0003] A des fréquences un peu plus basses, de l'ordre de la centaine de mégahertz, la microscopie
acoustique est susceptible de procurer un moyen de contrôle non des- destructif des
matériaux dans leur volume. Mais cette voie est encore peu explorée à l'heure actuelle.
[0004] Il convient de rappeler tout d'abord que, si l'on cherche en acoustique à raisonner
comme en optique, il existe néanmoins des différences entre ces deux disciplines.
[0005] En optique traditionnelle, le mot "lentille" est associé à une forme en ménisque.
Il en est différemment en acoustique, où la fonction "lentille" est réalisée par un
dioptre, c'est-à-dire par l'interface entre un solide et un milieu de couplage. On
conservera néanmoins le mot "lentille", comme il est d'usage, pour définir le corps
solide qui porte un ou plusieurs dioptres de ce type.
[0006] Par ailleurs, il est habituel dans les raisonnements d'optique, de travailler sur
des indices de réfraction supérieurs à l'unité. On appellera donc ici "indice du dioptre"
l'indice relatif du milieu de couplage par rapport au solide, et cet indice est défini
par le rapport de la vitesse des ondes acoustiques dans le solide à celle dans le
milieu de couplage.
[0007] Il a été indiqué précédemment que l'usage de la microscopie acoustique à des fins
de contrôle non destructif des matériaux dans leur volume est peu répandu à l'heure
actuelle. Il existe en effet un préjugé, suivant lequel le franchissement du dioptre
constitué par le milieu de couplage acoustique et l'échantillon à examiner crée sur
le faisceau acoustique des aberrations qui l'empêchent d'atteindre une résolution
satisfaisante.
[0008] Le Demandeur a observé qu'en fait les "rayons" très inclinés, qui créeraient cette
aberration, sont fortement atténués à la traversée de l'interface milieu de couplage/échantil-
lon. Il est alors possible de réduire lesdites aberrations, pourvu que les aberrations
dues aux lentilles elles-mêmes ne soient pas prédominantes. Ce facteur, et d'autre
considérations développées plus loin, conduisent à préférer des lentilles d'indice
élevé, notamment supérieur à 4.
[0009] Il a été proposé dans la Demande de Brevet français n° 84 01597 du 2 Février 1984,
non encore publiée, de faire usage d'une sonde électro-acoustique focalisée, opérant
autour de 100 mégahertz.
[0010] Cette Demande de Brevet antérieure a mis en lumière une autre difficulté : lorsque
l'on observe un échantillon à l'aide d'un faisceau acoustique focalisé (pour avoir
une bonne résolution), le temps d'examen devient rapidement prohibitif si le volume
de l'échantillon est important.
[0011] Le Demandeur a constaté que, pour réaliser une image ou une détection dans tout le
volume d'un échantillon, il est nécessaire d'utiliser plusieurs lentilles dont les
profondeurs de champ permettent de couvrir la totalité de l'épaisseur de l'échantillon.
Il faudrait par exemple plus de dix lentilles pour contrôler un échantillon de céramique
d'épaisseur 10 millimètres avec une résolution uniforme.
[0012] Une autre difficulté intervient alors : la profondeur de champ et la résolution obtenues
dans le matériau de l'échantillon dépendent de l'angle d'ouverture que présente le
faisceau focalisé dans le milieu de couplage. Mais cet angle d'ouverture est à son
tour en relation avec la taille du transducteur utilisé, et par conséquent avec l'impédance
électrique de celui-ci. Or, il est souhaitable que cette impédance électrique ait
une valeur nominale de 50 ohms, qui est l'impédance interne du générateur d'excitation.
Il faut donc disposer d'un degré de liberté supplémentaire pour pouvoir rendre compatible
la profondeur de champ et la résolution désirées avec cette impédance électrique de
50 ohms.
[0013] La présente invention apporte une solution à ces problèmes, solution qui consiste
essentiellement en un dispositif acoustique à plusieurs lentilles, formant sonde capable
de grandissement et de focale variables.
[0014] Par le Brevet français publié sous le n° 2 241 228, on connaît une "lentille acoustique
complexe" comprenant une monture qui loge coaxialement au moins deux lentilles acoustiques,
et qui contient un milieu de couplage acoustique dans l'intervalle séparant ces deux
lentilles.
[0015] La présente invention fait appel à un appareil possédant une certaine parenté avec
cette lentille complexe antérieure, étant observé qu'elle s'en sert dans un contexte
tout à fait différent.
[0016] Tout d'abord, le Brevet antérieur préconise l'usage de lentilles en polystyrène,
et d'un milieu de remplissage choisi parmi les fréons, les huiles de silicone, et
les hydrocarbures fluorés. Ces choix sont fondés sur la recherche d'une vitesse de
propagation acoustique élevée, pour une fréquence de quelques mégahertz. A l'extérieur
des lentilles au moins, le brevet antérieur utilise le milieu de couplage le plus
classique, à savoir l'eau, mais des lentilles constituées des matériaux précités ne
possèdent pas un indice relatif élevé par rapport à l'eau.
[0017] A côté de cela, le dispositif décrit dans le Brevet français antérieur n° 2 241 228
n'est pas utilisable à des fréquences de l'ordre de 50 MHz ou plus. De surcroît, il
a pour but de traiter simultanément tous les points d'une image, ce qui est très défavorable
en termes de rapport signal/bruit. Enfin, il ne peut travailler à grande ouverture,
ce qui compromet sa résolution.
[0018] La présente invention fait appel à un dispositif acoustique à plusieurs lentilles
possédant la structure générale définie ci-dessus, mais dans lequel la fréquence acoustique
peut être rendue plus haute, et surtout les dioptres présentent un indice relatif
élevé, le milieu de couplage étant tel que l'eau. De plus, le dispositif est propre
à des applications d'imagerie par balayage, à haute résolution, et en particulier
il convient en microscopie acoustique.
[0019] Selon un premier aspect de la présente invention, une première lentille, constituée
d'un dioptre concave, creusé à l'extrémité d'un barreau d'un matériau solide tel que
le corindon, dont l'autre extrémité est munie d'un transducteur acoustique constitué
d'un matériau piézo-électrique, focalise le rayonnement du transducteur. Ce rayonnement
est alors constitué d'une onde acoustique plane se propageant dans le matériau de
la lentille. La seconde lentille est composée d'un dioptre concave interne (c'est-à-dire
faisant face à l'autre lentille) dont le foyer objet est voisin du foyer image du
dioptre concave de la première lentille, et d'un dioptre concave externe propre à
être couplé à l'échantillon. Enfin, la monture est agencée pour permettre un déplacement
axial relatif des deux lentilles, continûment réglable sur une plage prédéterminée.
On obtient ainsi une sonde acoustique à focale et grandissement variables.
[0020] Les lentilles sont faites en un matériau; de préférence monocristallin, qui possède
un fort indice relatif. Le matériau actuellement préféré est le corindon.
[0021] D'autres types de matériaux peuvent également convenir, comme la silice, et les céramiques
frittées telles que l'alumine ou le carbure de silicium.
[0022] Très avantageusement, ladite plage prédéterminée de réglage comprend la position
confocale des deux dioptres internes.
[0023] Les dioptres concaves peuvent être des dioptres sphériques ou cylindriques.
[0024] Selon un autre aspect de l'invention, le milieu de couplage prévu entre les deux
lentilles est, de préférence, le mercure ou le gallium liquide.
[0025] Il est alors avantageux de prévoir, entre les deux parties en mouvement relatif de
la monture, une fuite contrôlée vers un réservoir du milieu de couplage.
[0026] Il est également avantageux, du moins lorsque le milieu de couplage est le mercure,
que les dioptres internes, et de préférence les faces internes de la monture, soient
revêtus d'une couche d'or avec une sous-couche d'accrochage (Chrome ou Titane par
exemple).
[0027] De son côté, le dioptre externe de la seconde lentille est avantageusement muni d'une
couche quart d'onde, de préférence en verre, pour former adaptation avec le milieu
de couplage externe (à l'égard de l'échantillon) si ce milieu de couplage est l'eau.
[0028] Selon un autre aspect de l'invention, le transducteur, qui est en particulier un
transducteur en niobate de lithium, a une surface active telle qu'il possède une résistance
de radiation d'environ 50 ohms, et les caractéristiques des lentilles sont choisies
pour obtenir l'ouverture de faisceau désirée en respectant cette résistance de radiation.
Bien que la présente invention considère essentiellement l'usage de deux lentilles,
il va de soi que l'on pourra prévoir un nombre de lentilles plus élevé, au moins pour
certaines applications.
[0029] Dans une première famille d'applications, la combinaison des deux lentilles (ou plus)
procure un agrandissement du faisceau acoustique.
[0030] Dans une autre famille d'applications, la combinaison des deux lentilles (ou plus)
procure une réduction du faisceau acoustique.
[0031] Selon un autre aspect de l'invention, le transducteur, qui est excité en impulsions,
est choisi d'un type propre à délivrer une onde acoustique de fréquence comprise entre
quelques dizaines de mégahertz et un gigahertz.
[0032] Plus particulièrement encore, le dispositif est agencé pour délivrer dans le milieu
de couplage externe un faisceau acoustique dont l'ouverture peut être rendue optimale
par rapport à l'angle de réflexion totale sur l'échantillon.
[0033] Le dispositif de l'invention s'applique en particulier à l'examen, en volume, d'échantillons
céramiques ou métalliques.
[0034] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à l'examen de
la description détaillée ci-après, et des dessins annexés, sur lesquels
- la figure 1 illustre schématiquement une sonde acoustique classique,
- la figure 2 illustre schématiquement le couplage de la sonde de la figure 1 à un
échantillon,
- la figure 3 est le schéma de principe d'un dispositif selon l'invention, dans une
première position relative des deux lentilles qu'il contient,
- la figure 4 est le schéma du même dispositif dans une deuxième position relative
des deux lentilles,
- la figure 5 est un schéma du montage de la seconde lentille sur un tube,
- les figures 6 et 7 sont deux variantes de réalisation d'un dispositif à deux lentilles
selon l'invention,
- la figure 8 est le schéma détaillé,en coupe, d'un mode de réalisation particulier
de l'invention, tandis que les figures 8A et 8B sont des vues en demi-coupe de parties
de la figure 8, et
- les figures 9 à 11 sont des diagrammes servant à expliquer le fonctionnement du
dispositif de l'invention.
[0035] Il a déjà été fait référence au Brevet français n° 73 30024, publié sous le n° 2
241 228. Tout en visant spécifiquement l'examen d'organismes vivants, et l'imagerie
ultrasonore associée, ce brevet antérieur paraît concerner plus généralement de nombreuses
autres applications de la formation d'images et de la concentration d'ondes acoustiques.
Il est à noter encore que ce brevet antérieur permet la formation d'images relatives
à des objets macroscopiques.
[0036] Les premières propositions de microscopie acoustique ont été formulées dans les brevets
Etats-Unis n° 4 012 950 et 4 028 933.
[0037] Ces brevets font usage d'une source d'ultrasons correspondant au schéma de la figure
1. Un transducteur ultrasonore T est collé sur la face arrière plane L11 d'un barreau
cylindrique L1 dont la face avant est usinée pour former un dioptre L12, sphérique
ou cylindrique, et centré en C1.
[0038] Il en résulte une focalisation de l'onde acoustique plane émise par le transducteur
à l'intérieur du barreau L1, en un foyer F1. La distance focale image, comptée à partir
du sommet du dioptre, est donnée par la relation :

où R est le rayon de courbure du dioptre L12, tandis que n est l'indice relatif du
dioptre que porte la lentille L1, cette formule, et celles qui suivent, correspondent
à une approximation du même type que l'approximation d'optique géométrique paraxiale.
[0039] Dans les brevets Etats-Unis cités, une coupe mince de l'échantillon à examiner est
placée transversalement au niveau du foyer F1, dans un milieu de couplage acoustique
avec la lentille L1. Un dispositif récepteur, symétrique du précédent par rapport
au point F1, est placé de l'autre côté, afin de détecter les ondes acoustiques transmises
à travers l'échantillon.
[0040] Et l'excitation du transducteur T se fait en principe en ondes continues.
[0041] Ces Brevets décrivent également des variantes où l'on opère en réflexion.
[0042] La présente Demande de Brevet peut s'appliquer aussi à l'examen de coupes minces
d'échantillons, mais elle vise préférentiellement le contrôle non destructif d'échantillons
plus épais, plus exactement le contrôle non destructif à haute résolution de matériaux
dans leur volume. Cette application intéresse notamment les métaux et les céramiques.
La suite de la description s'attachera essentiellement à l'examen de matériaux céramiques,
qui mettent mieux en lumière les avantages de l'invention, car la faible ténacité
des matériaux céramiques donne, dans des conditions de sollicitation identiques, des
tailles de défaut critiques environ cent fois plus faibles que dans les métaux (typiquement
environ 0,1mm).
[0043] Dans la suite de la description, on admet aussi que les lentilles sont en corindon,
sauf mention contraire. Le milieu de couplage entre les lentilles est le mercure,
tandis que le milieu de couplage avec l'échantillon est le mercure ou l'eau, étant
observé que ces deux matériaux possèdent des vitesses de propagation acoustiques voisines.
Il est encore rappelé que le milieu de couplage, tel que le mercure ou l'eau, possède
un indice élevé, à savoir environ 7,3, par rapport au corindon.
[0044] Si l'on revient maintenant à la figure 1, il a été observé que le dispositif illustré
donne une tache focale pratiquement exempte d'aberrations de sphéricité, et dont le
diamètre à -6dB est donné par la relation suivante :

où k est une constante voisine de 1, et liée à la forme de la pupille et à son éclairement,
λ est la longueur d'onde dans le milieu de focalisation.
f est la distance focale image du dioptre déjà défini;
et a est le diamètre de la pupille avec a = 2.R.sin θ
m où 6
m est l'ouverture angulaire du dioptre.
[0045] On sait qu'en optique lumineuse, la profondeur de champ est définie comme la distance
sur laquelle la tache focale reste de même largeur, c'est-à-dire véritablement la
zone où le faisceau lumineux reste parallèle.
[0046] Le Demandeur a observé qu'en acoustique, la profondeur de champ doit être définie
différemment, car, en contrôlant la structure d'un matériau, on s'intéresse essentiellement
au fait que l'on va savoir ou non détecter l'écho. Même si l'écho est dû à un élément
de structure sur lequel il n'est pas focalisé, l'important est d'avoir pu détecter
correctement cet élément.Il apparaît donc préférable de se référer à une profondeur
d'efficacité acoustique, définie d'après la diminution de l'amplitude du champ créé
par la lentille.
[0047] A partir de là, le Demandeur a pu observer que la profondeur d'efficacité 2p est
donnée, pour une diminution de l'amplitude du champ acoustique de 6 dB par la formule
:

où k' est une constante de forme voisine de 1.
[0048] Comparativement, en optique, la profondeur de champ eût été donnée par la formule
2λf
2/a
2.
[0049] Il convient encore de souligner que cette évaluation de la profondeur d'efficacité
de la lentille correspond à une zone de milieu de propagationpouvant donner des échos
acoustiques pour une géométrie de lentille fixée. En dehors de cette zone, les conditions
de mise en phase des échos, au niveau de la lentille, n'étant plus suffisamment respectées,
la détection de défaut dans le milieu analysé sera difficile (on n'observe des échos"que
dans certains cas), voire même impossible.
[0050] La profondeur d'efficacité ainsi obtenue est bien entendu limitée. Pour réaliser
une image ou une détection dans tout le volume d'un échantillon, il apparaît donc
nécessaire d'utiliser plusieurs lentilles dont les profondeurs d'efficacité respectives
permettent de couvrir la totalité de l'épaisseur de l'échantillon. On peut ainsi établir
qu'il faudrait plus de dix lentilles pour contrôler un échantillon de céramique sur
une épaisseur de dix millimètres en conservant la même résolution quelle que soit
la profondeur d'investigation.
[0051] En effet, l'angle de réflexion totale sur la céramique est d'environ 7°, dans les
conditions fixées. Pour avoir un diamètre de tache focale mesurant environ une longueur
d'onde à mi-hauteur, il est nécessaire de prendre une ouverture de lentille d'environ
5°. Cette ouverture donne, dans les céramiques, une profondeur d'efficacité à mi-hauteur
qui est d'environ neuf à dix longueurs d'onde.
[0052] Il est maintenant fait référence à la figure 2, où l'on note a
i l'ouverture du faisceau à l'entrée dans le matériau constitutif de l'échantillon
EC. d est la profondeur équivalente que parcourrait l'onde à partir de l'interface
entre le milieu de couplage MC1 et l'échantillon EC, en l'absence de l'échantillon,
tandis que θm est l'angle d'ouverture qui reste alors le même que précédemment. d'
est la distance que va parcourir effectivement l'onde compte tenu de la présence de
l'échantillon EC, tandis que θi est l'angle d'ouverture modifié du fait de la réfraction.
Enfin n
m est l'indice relatif de l'eau par rapport au matériau de l'échantillon
EC.
[0054] Il en résulte qu'à l'angle d'ouverture initial θ
m = 5° correspond l'angle d'ouverture modifié θi = 32° dans le matériau, ce qui amène
2p = 9,7 λ
m,où λ
m est la longueur d'onde acoustique dans la céramique à la fréquence de 100.mégahertz,
soit environ 0,1 millimètre. Ceci donne bien une profondeur de champ d'environ 1 mm
pour chaque lentille, d'où la nécessité d'avoir une dizaine de lentilles pour couvrir
la totalité de l'épaisseur d'un échantillon de 10mm. Au foyer, la résolution est alors
donnée à 6dB par

où d' est la distance de focalisation dans le matériau. Dans le milieu de couplage,
qui est par exemple de l'eau, on observe que la résolution est de l'ordre de 6 à 7
longueurs d'onde (longueurs d'onde acoustiques dans l'eau).
[0055] Dans le matériau de l'échantillon, on observe, pour un faisceau dont l'ouverture
est de 5° à l'intérieur du milieu de couplage, une résolution dans le matériau même
de l'échantillon qui est de l'ordre de la longueur d'onde de propagation dans le matériau.
[0056] Il va de soi que cette nécessité d'utiliser un grand nombre de lentilles pose un
problème majeur à l'homme de l'art.
[0057] La Demande de Brevet français n° 84 01597, non encore publiée, a proposé une première
solution consistant à usiner plusieurs dioptres à la sortie d'un barreau tel que celui
de la figure 1. Bien que cette solution permette certains progrès, elle n'est pas
sans poser aussi des problèmes, notamment de réalisation et de mise en oeuvre, lorsque
les dioptres doivent avoir des rayons de courbure voisins.
[0058] La présente invention offre une autre solution, dont le schéma de principe est illustré
sur la figure 3.
[0059] Un générateur d'impulsions haute fréquence G10 est relié par un coupleur directif
CD aux deux électrodes d'un transducteur ultrasonore T. Les échos reçus par ce transducteur
sont transmis par le coupleur CD à un circuit de réception et d'analyse des échos
noté R10.
[0060] Pour le reste, ce dispositif possède en commun avec celui de la figure 1 le fait
qu'une lentille L1 est formée d'un barreau cylindrique dont la face antérieure L11,
plane, reçoit le transducteur d'ultrasons T. Sa face postérieure L12 est usinée comme
un dioptre sphérique ou cylindrique centré en Cl. Le point de focalisation image associé
à ce dioptre L12 est en F sur la figure 3.
[0061] Mais au lieu d'être appliqué directement à l'échantillon, le rayonnement acoustique
issu de cette première lentille L1 est appliqué à une seconde lentille L2, qui est
ici une lentille biconcave, formée de deux dioptres sphériques ou cylindriques, L21
du côté intérieur, et
L22 du côté extérieur, tourné vers l'échantillon EC.
[0062] Le dioptre interne L21, centré en C2, est positionné ici de façon que son point focal
objet soit le point focal image F du dioptre interne L12. La lentille acoustique L2
est alors traversée par un faisceau acoustique parallèle, en d'autres termes une ondeplane,
qui transite dans le matériau constitutif de la lentille L2, à savoir du corindon.
[0063] La combinaison des lentilles L1 et L2 permet d'obtenir une focalisation à distance
variable.
[0064] On observera tout d'abord que le dioptre interne L12 de la première lentille L1;
associé au dioptre interne
L21 de la seconde lentille L2, constitue un système élargisseur de faisceau dans l'application
présentée, qui est l'inspection acoustique d'un échantillon de matériau céramique.
Il peut être également utilisé en réducteur de faisceau en d'autres applications comme
la mesure d'épaisseur de revêtements (peintures).
[0065] Par ce moyen consistant à élargir ou diminuer la taille du faisceau acoustique sur
la lentille L2, il devient possible de rendre compatibles les deux exigences suivantes
:
- obtenir l'ouverture de faisceau désirée sur le dioptre de sortie L22 de la seconde
lentille. En l'espèce, cette ouverture est θm = 5° environ, ce qui, pour un rayon de courbure R3 donné du dioptre L22, impose :

- conserver une résistance de rayonnement du transducteur T qui soit proche de 50
ohms (impédance interne du générateur d'émission G10 de la figure 3), afin d'en faciliter
l'adaptation d'impédance électrique.
[0066] On s'intéressera maintenant à la variation de focalisation que permet le dispositif
de l'invention.
[0067] Lorsque les deux lentilles sont dans la position relative afocale, comme montré sur
la figure 3, le faisceau acoustique est sensiblement parallèle à l'axe du système
à l'intérieur de la lentille L2, et la profondeur de focalisation est donnée par :

où e est l'épaisseur du milieu de couplage, que l'on peut négliger en pratique. Par
ailleurs, n désigne ici l'indice relatif de la lentille L2, n désigne l'indice du
milieu de couplage relativement au matériau de l'échantillon examiné.
[0068] Avec l'approximation consistant à négliger l'épaisseur e du milieu de couplage, on
obtient :

[0069] Dans le cas où la lentille L2 est en corindon, et où l'échantillon est en céramique,
on a n = n =7, ce qui donne une distance de focalisation à peu près égale à un sixième
du rayon de courbure R
3. En conséquence, pour une distance d'observation moyenne de 5 millimètres, il vient
un rayon de courbure du dioptre de sortie L22 de valeur R
3.= 30 millimètres.
[0070] Pour les raisons précédemment indiquées, il convient que l'ouverture du faisceau
6
m soit égale à 5° environ, afin d'obtenir dans le matériau une résolution voisine de
λ
m = 0,1 millimètre à 100 mégagertz dans la céramique.
[0071] Le diamètre du dioptre de sortie L22 est alors donné par la relation :

[0072] Un transducteur en niobate de lithium qui présenterait la forme de la figure 1, et
qui devrait éclairer une pupille aussi grande, présenterait une résistance de rayonnement
d'environ 2 ohms. Par l'obtention d'un facteur d'expansion a = 5, l'invention permet
de réaliser ladite pupille, tout en conservant l'adaptation d'impédance électrique
requise pour le transducteur, à la valeur habituelle de 50 ohms.
[0073] Il vient maintenant :

où D et a sont les largeurs de faisceau dans les lentilles L
1 et L
2 (figure 3).
[0074] Le rapport entre les rayons de courbure des dioptres L21 et L12 est donc égal à 5.
[0075] Mais l'optimisation de la géométrie du dispositif demande encore que l'on minimise
la distance entre les lentilles L1 et L2, afin de réduire dans toute la mesure du
possible le temps de parcours des ondes acoustiques à l'intérieur du dispositif. En
effet, en microscopie acoustique, comme en toute autre application d'imagerie, il
faut conserver un nombre suffisant de points sur chaque ligne de l'image.
[0076] La création d'images à l'aide du dispositif selon l'invention peut se faire de la
manière décrite dans la Demande de Brevet français n° 84 01597 déjà citée. Son contenu
descriptif est à cet égard intégré à la présente demande de brevet. En bref, le balayage
ligne est obtenu en faisant vibrer l'objet ou échantillon à examiner, à l'aide d'un
montage du genre diapason. Le balayage d'image s'effectue à l'aide d'un déplacement
micrométrique contrôlé (table motorisée) de l'échantillon.
[0077] Ainsi, il a été possible de faire fonctionner un dispositif selon l'invention avec
une fréquence de balayage ligne de 80 hertz. Le nombre de points sur une ligne était
fixé à 512. Cela implique une fréquence de répétition des impulsions ultrasonores
au moins égale à 40 kHz, ce qui correspond à une période maximale de 25 microsecondes
environ. Le temps de transit dans l'ensemble de la sonde de l'invention doit donc
être bien inférieur à cette valeur. Ce temps de transit T
p s'écrit :

où e
1 et e
2 sont respectivement les épaisseurs des lentilles L1 et L2, v est la vitesse de propagation
des ultrasons dans le corindon, les deux lentilles étant supposées réalisées en corindon
dans cet exemple, à est l'écart que présentent les deux lentilles par rapport à la
position confocale, et v
H est la vitesse de propagation des ondes acoustiques dans le milieu de couplage entre
les lentilles L1 et L2.
[0078] Cette formule introduit une relation supplémentaire entre R
1 et R
2. Ces valeurs se trouvent alors fixées, car, comme on le verra plus loin, l'épaisseur
de la lentille de sortie est imposée par la variation de la distance de focalisation
qui est souhaitée en fonction de l'écartement Δ. Pour sa part, l'épaisseur de la lentille
L1 est choisie de telle manière que les échos multiples donnent une périodicité égale
ou supérieure à celle des échos multiples dans la lentille L2, d'où il résulte e
1 supérieur ou égal à e
2'
[0079] Le corindon présente différents avantages dont celui d'offrir une atténuation acoustique
excessivement faible. Il n'en résulte donc pas de contrainte sur les dimensions maximales
à donner aux lentilles L1 et L2. Et l'on peut même faire fonctionner celles-ci à des
fréquences beaucoup plus élevées que 100 mégahertz. Par contre, de telles contraintes
sur les dimensions pourront intervenir si l'on réalise la lentille de sortie L2 en
silice ou en alumine frittée.
[0080] Le corindon présente encore la particularité d'être un matériau anisotrope, contrairement
à la silice ou à l'alumine frittée,et il appartient au système cristallographique
trigonal. On choisit de faire propager l'onde acoustique suivant l'axe Z du système
trigonal, qui est un axe de mode pur. Pour la lentille émettrice L1, l'onde acoustique
est pratiquement une onde plane.
[0081] Il a également été observé que, suivant son axe Z, le corindon présente une coupe
légèrement focalisante pour l'énergie, c'est-à-dire que la diffraction est moins importante
que prévu, et que les performances sont un peu meilleures que ce qui est donné par
les relations exposées plus haut.
[0082] La situation est un peu différente dans la lentille de sortie L2. En particulier,
si celle-ci est également réalisée en corindon, lorsque l'on fait varier la distance
A entre les foyers des lentilles L1 et L2, le faisceau acoustique prend des inclinaisons
importantes dans la lentille de sortie L2 par rapport à l'axe Z. L'homme de l'art
comprendra que l'angle entre le vecteur d'onde k et la direction de l'énergie devient
alors également important. Il en résulte que la longueur focale image globale F du
dispositif, exprimée dans le milieu de couplage diffère un peu de celle que l'on peut
prévoir d'après la relation suivante :

[0083] Dans cette relation, A est comme précédemment la distance entre le foyer du dioptre
L12 de là lentille L1, et celui du dioptre L21 de la lentille L2; d est l'épaisseur
de la lentille de sortie, R
2 est le rayon de courbure du dioptre L21, R
3 est le rayon de courbure du dioptre L22, et n est l'indice de réfraction (supposé
le même) associé aux dioptres L12, L21 et L22.
[0084] La figure 4 illustre les mêmes lentilles L1 et L2 dans une position relative différente,
où le foyer F1 du dioptre L12 est écarté du foyer F2 du dioptre L21. Il en résulte
la courbure précitée de la propagation des ondes dans le matériau de la lentille L2,
et le fait que la focalisation dans l'échantillon EC s'effectue plus près de l'interface
entre cet échantillon EC et le milieu de couplage MC2 qui le relie à la lentille L2.
Le trait tireté épais M schématise provisoirement la monture qui va relier les lentilles
L1 et L2 pour permettre leur déplacement relatif, comme on le verra ci-après.
[0085] La figure 9 illustre la relation entre la distance de focalisation f, comptée à partir
du sommet du dioptre L22 de la lentille L2 et l'écartement Δ entre les foyers F1 et
F2, cet écartement étant positif lorsque
F2 est à la droite de F1. La figure 10 fait de même pour une lentille L2 en silice,
étant observé que l'on a fixé dans les deux cas les rayons de courbure de L21 et L22
respectivement à R
2 = 10 mm et R
3=30 mm. Il apparaît que, dans les deux cas, on dispose d'une zone assez large dans
laquelle la variation de la distance focale f en fonction de Δ est sensiblement linéaire.
Si l'on examine plus particulièrement la figure 9, il apparaît qu'une lentille L2
d'épaisseur 5 mm permet d'obtenir la variation de focale voulue. En particulier, pour
une variation de Δ qui va de +3 à -6 mm, la distance focale équivalente de la lentille
dans l'eau varie de 0 (focalisation sur le dioptre de sortie L22) à 7 cm. Il correspond
à cela une variation de la distance de focalisation dans un échantillon céramique
qui va pratiquement de la surface de l'échantillon jusqu'à 10 mm en profondeur, ce
qui résoud le problème posé.
[0086] Pour une utilisation satisfaisante du dispositif, il est nécessaire de minimiser
les pertes à l'intérieur de la sonde, tout en conservant l'indice de la lentille équivalent,
afin de conserver aussi une tache focale dont les dimensions sont proches de la longueur
d'onde dans le matériau, pour minimiser les aberrations. Il a été observé que cette
condition peut être remplie en utilisant comme milieu de couplage MC1 du mercure ou
encore du gallium. Le mercure est particulièrement intéressant, en ce qu'il constitue
un liquide dont la vitesse de propagation est pratiquement égale à celle de l'eau,
alors que son impédance acoustique est élevée. Il en résulte une diminution considérable
des pertes à la transmission dans chaque interface entre le milieu de couplage et
la lentille.
[0087] Par exemple, si on utilise des lentilles en corindon couplées avec de l'eau,les pertes
à chaque franchissement de dioptre sont de 9 dB environ. Avec du mercure, elles se
réduisent à moins de 1 dB.(Si l'on passe à des lentilles en silice, ces pertes seraient
respectivement de 4,5 dB et 0,2 dB).La meilleure transmission qui résulte de ce choix
du milieu de couplage s'accompagne également d'une diminution importante de l'amplitude
des échos multiples dans la sonde.
[0088] Enfin, le mercure présente également l'avantage d'atténuer très peu les ondes acoustiques,
ce qui autorise de grandes variations du paramètre Δ sans qu'il s'ensuive une modification
notable des pertes dans la sonde. En particulier, pour la variation précitée de +3
à -6 mm, les pertes dans la sonde ne varieraient que de 4,5 dB environ.
[0089] Il est donc important d'utiliser comme milieu de couplage MC1 entre la lentille L1
et la lentille L2 un milieu liquide, de faible vitesse de propagation, de grande impédance
acoustique, et présentant une faible atténuation aux ondes acoustiques. Il a été observé
que le mercure et éventuellement le gallium satisfont ces conditions.
EXEMPLE DE REALISATION PARTICULIER
[0090] Les dioptres L21 et L22 sont sphériques ou cylindriques, et de centre situé sur l'axe
de la sonde Z. Alors que le centrage du dioptre L22 n'est pas excessivement critique,il
est apparu que toute imprécision sur la position du centre de courbure du dioptre
L21 entraîne des pertes très importantes. En effet, travaillant à 100 mégahertz, la
lentille concentre dans le mercure l'énergie acoustique sur une tache focale de moins
de 50 micromètres, qu'il faut recueillir à une distance n R
2/(n-1)à l'aide de la lentille L2 (avec typiquement R = 5 à 10 mm). On prend par exemple
R 1 mm.
[0091] Comme le montre la figure 5, la lentille L2 possédant un dioptre L21 de rayon
R2 = 10 mm et un dioptre L22 de rayon R
3 = 30 mm est placée dans une partie de monture M22 qui est un tube cylindrique d'acier
inoxydable par exemple, de telle manière que les axes des dioptres L22 et surtout
L21 soient confondus avec l'axe Z de la monture.
[0092] A l'aide d'une couche quart d'onde en verre déposée par évaporation, la lentille
L22 est adaptée mécaniquemen- au milieu de couplage avec l'échantillon, qui est de
l'eau. Cette couche quart d'onde réalise une fonction an- ti-reflet. Elle n'est pas
nécessaire avec du mercure.
[0093] Le dioptre L21 est recouvert d'une couche de quelques centaines de nanomètres d'un
alliage chrome-or, qui facilite le mouillage du mercure sur sa surface par formation
d'un amalgame. On fait de même pour la face intérieure de la monture M22, ainsi que
de la monture M21 (figure 6) qui coopère avec elle, et le dioptre intérieur L12 de
la lentille L1.
[0094] La lentille L1, pour sa part, peut être du type des lentilles classiques utilisées
en microscopie acoustique. Un barreau de corindon est muni à l'une de ses extrémités
d'un transducteur piézo-électrique, par exemple en niobate de lithium, muni d'armatures
convenables, et propre à engendrer une onde plane longitudinale à l'intérieur du barreau.
A l'autre extrémité,on usine un dioptre L12 qui est poli, et rigoureusement centré
sur l'axe du barreau de corindon. Le dioptre 12 est également bien centré sur sa monture
M21, qui se déplace autour de la monture M22 dans le mode de réalisation de la figure
6.
[0095] On peut bien entendu concevoir un mode de réalisation inverse, comme illustré sur
la figure 7, dans lequel la monture M32 associée à la lentille L2 est extérieure et
sert à guider la monture M31 associée à la lentille L1.
[0096] En pratique, on usine d'abord le dioptre L12, de façon qu'il soit centré sur l'axe
du cylindre de corindon L1. On évapore l'électrode sur la face L11 du barreau de corindon.
On place le transducteur sur cette électrode. On évapore alors une contre-électrode
sur le transducteur T, en prenant soin que cette contre-électrode soit bien centrée
sur l'axe du cylindre de corindon. Le barreau de corindon est ensuite placé dans la
monture M21 ou M31 de façon que l'axe de celle-ci soit confondu avec celui de la monture
coopérante M22 ou M32 suivant le cas.
[0097] Une variante de réalisation consiste à usiner la lentille L1 une fois montée dans
sa monture
M31, et à faire de même pour l'évaporation de la contre-électrode.
[0098] Les expérimentations menées ont montré qu'il n'est pas souhaitable d'utiliser une
lentille L1 de grande ouverture, car son faible rayon de courbure rend alors difficile
et dans certains cas aléatoire l'établissement du contact acoustique avec l'autre
lentille L2. De plus, compte tenu du grandissement du faisceau acoustique, il n'est
pas nécessaire en fait de travailler à grande ouverture : avec les valeurs numériques
précitées, une ouverture de 20° sur le dioptre L21 (ou la lentille L1) donne une ouverture
utile 8
m du faisceau de sortie (dans le milieu de couplage) qui varie de 3,5° à 9° pour une
distance de focalisation allant de 12 à 70mm.
[0099] Les figures 8, 8A et 8B illustrent un mode de réalisation détaillé du dispositif
de l'invention, dans lequel on prévoit une fuite contrôlée du milieu de couplage,
celui-ci étant typiquement le mercure. Le montage est semblable à celui de la figure
7. Le barreau L1 de corindon est monté sur la monture M41, dont un filetage externe
410 coopère avec un filetage interne 420 d'une partie élargie 425 de la monture
M42 de la lentille biconcave L2. Une fuite existe entre les montures M41 et M42, par
un ou plusieurs méplats 415 de la monture M41. Cette fente aboutit dans le réservoir
400 ménagée entre 425 et M41. On évite ainsi la quasi-totalité des problèmes rencontrés
avec le mercure, compte tenu du volume variable qui va exister entre les lentilles
L1 et L2. Enparticulier, la présence de bulles d'air, ou l'introduction de vibratiohs
serait très dommageable, notamment pour les applications d'imagerie.
[0100] L'alésage 417 reçoit un corps d'adaptation du transducteur T, maintenu par une vis
transverse 418 (figure 8B). L'alésage terminal 419, plus important, sert à loger l'électronique
d'adaptation du transducteur.
[0101] Des mesures ont été réalisées pour déterminer les variations de la distance focale.
Pour un échantillon d'épaisseur connue e, on a relevé l'amplitude de l'écho réfléchi
sur sa face arrière (qui serait situé à droite sur les figures 3 et 4) en fonction
de l'écart à par rapport à la position afocale des deux lentilles, tout en maintenant
constante la distance entre la sonde et l'échantillon. La position du maximum d'amplitude
de l'écho sur la partie arrière de l'échantillon permet de déduire la distance focale
équivalente F de la lentille. Les résultats illustrés sur la figure 11 pour le corindon
montrent la possibilité de focaliser un faisceau acoustique dans des échantillons
céramiques d'épaisseur comprise entre 10 et 1 mm, avec le type de lentille décrit.
Cette figure 11 correspond aux conditions suivantes :
- Rayons de courbure : R1 = 1mm, R2 = 10 mm, R3 = 30 mm.
- Ouvertures (dans le milieu de couplage, qui est du mercure) θ1 = 20°, θ2 = 20°, θ3 = 7°.
- Lentilles L1 et L2 en corindon, l'épaisseur de L2 étant 4,5 mm.
[0102] Les amplitudes A (en millivolts) sont illustrées en fonction de Δ, pour des épaisseurs
d'échantillon e = 10,5 mm, 5,2 mm, 3,1 mm et 0,7 mm.
1. Dispositif à lentilles acoustiques, du type dans lequel deux lentilles acoustiques
(L1, L2) sont logées coaxialement dans une monture (M), laquelle contient également
un milieu de couplage acoustique (MC1) entre les faces internes (L12, L21) des lentilles,
tandis que la face externe (L11) de la première lentille est destinée à être couplée
acoustiquement à un transducteur (T), et que la face externe (L22) de la seconde lentille
est destinée à être couplée acoustiquement (MC2) à un échantillon (EC) que l'on souhaite
examiner,
caractérisé en ce que la première lentille (L1) constituée d'un dioptre concave (L11)
creusé à l'extrémité d'un barreau (L1) dont l'autre extrémité est munie du transducteur
acoustique (T), focalise le rayonnement de ce transducteur.
en ce que la seconde lentille (L2) est composée d'un dioptre concave interne (L21)
dont le foyer objet (F2) est voisin du foyer image du dioptre concave (L12) de la
première lentille, et d'un dioptre concave externe (L22) propre à être couplé acoustiquement
à l'objet, et
en ce que la monture (M) est agencée (M21, M22; M31, M32; M41, M42) pour permettre
un déplacement axial relatif des deux lentilles (L1, L2), continûment réglable sur
une plage prédéterminée,
ce qui définit une sonde acoustique à focale et grandissement variables.
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les lentilles (L1, L2)
sont faites en un matériau, de préférence monocristallin, avec lequel le milieu de
couplage définit un fort indice relatif.
3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'une au moins des lentilles
(L1, L2) est en corindon.
4. Dispositif selon l'une des revendications 2 et 3, caractérisé en ce que l'une au
moins des lentilles (L1,L2) est en silice.
5. Dispositif selon l'une des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que l'une au
moins des lentilles (L1,L2) est en céramique frittée.
6. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le transducteur
(T) est excité en impulsions pour délivrer une onde acoustique de fréquence comprise
entre quelques dizaines de Mégahertz et un Gigahertz environ.
7. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que ladite plage
prédéterminée de réglage comprend la position confocale des deux dioptres internes
(L12, L21).
8. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que les dioptres
concaves (L12, L21, L22) sont des dioptres sphériques ou cylindriques.
9. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que le transducteur
(T), qui est en particulier un transducteur au Niobate de Lithium, a une surface active
telle qu'il possède une résistance de radiation d'environ 50 ohms, et en ce que les
caractéristiques des lentilles (L1, L2) sont choisies pour obtenir l'ouverture de
faisceau désirée en respectant cette résistance de radiation.
10. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que le milieu
de couplage (MC1) prévu entre les deux lentilles est le Mercure ou le Gallium liquide.
11. Dispositif selon la revendication 10, caractérisé en ce qu'il est prévu, entre
les deux parties (M41, M42) en mouvement relatif de la monture, une fuite contrôlée
vers un réservoir (M40) du milieu de couplage.
12. Dispositif selon l'une des revendications 10 et 11, dans lequel le milieu de couplage
est le mercure, caractérisé en ce que les dioptres internes (L12, L21) ainsi que de
préférence les faces internes de la monture (M), sont revêtues d'une couche d'or avec
sous-couche d'accrochage.
13. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que la combinaison
des deux lentilles (L1,L2) procure un agrandissement du faisceau acoustique.
14. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que la combinaison
des deux lentilles (L1, L2) procure une réduction du faisceau acoustique.
15. Application du dispositif selon l'une des revendications précédentes pour l'examen,
en volume, d'échantillons céramiques ou métalliques.