[0001] L'invention est relative à un procédé de détection de défauts lors de la fabrication
de l'écran d'un tube de télévision en couleurs notamment du type à masque perforé.
[0002] Un écran de tube de télévision en couleurs comporte des substances cathodo-luminescentes
ou luminophores déposées sur la surface interne de la partie frontale du tube de verre
appelée dalle. Ces dépôts sont effectués lorsque la dalle n'est pas encore assemblée
au reste du tube. Par cet assemblage la dalle présente un rebord qui permet son raccord
par soudage au reste du tube.
[0003] Le dépôt de chaque luminophore s'effectue de la façon suivante : ce luminophore -
destiné à produire une couleur déterminée (rouge, vert ou bleu) par excitation d'un
faisceau d'électrons est incorporé dans une solution d'une matière photosensible
susceptible de durcir après qu'elle ait été exposée à un rayonnement ultraviolet
(UV), et cette solution est appliquée sur la surface interne de la dalle, à la fois
sur la partie utile, qui sera visible par le spectateur, et sur le rebord. Pour permettre
l'accrochage ultérieur des luminophores sur la partie utile de la surface interne
de la dalle, cette partie utile est préalablement recouverte d'une pellicule transparente
d'une matière photorésistante; mais la surface interne du rebord est dépourvue d'un
tel revêtement. La solution de matière photosensible et de luminophore qui est déposée
sur le rebord est éliminée par lavage et le liquide de lavage ainsi utilisé est traité
pour récupérer le luminophore. Après ce lavage la surface utile, devant laquelle est
disposé le masque perforé qui permet la sélection des couleurs lors du fonctionnement
normal du tube, est exposée au rayonnement ultraviolet à travers les fentes du masque,
aux emplacements où doivent se trouver les luminophores de la couleur déterminée.
La surface ainsi exposée est ensuite nettoyée après chauffage et séchage, les parties
non exposées au rayonnement UV étant éliminées par le lavage tandis que les parties
de l'écran qui ont été illuminées conservent les luminophores. Cette dernière étape
est souvent appelée le développement. De telles opérations sont effectuées pour chaque
couleur ainsi que pour les bandes de graphite noir déposées, dans un tube dit "Matrix",
entre les bandes de luminophore pour améliorer le contraste de l'image.
[0004] Un contrôle visuel est effectué pour chaque dépôt de phosphore ou de graphite noir
sur la surface-écran, immédiatement après l'opération de développement. Ce contrôle
consiste à observer à l'oeil nu l'écran éclairé par une source lumineuse du côté interne
de la dalle. Si l'observateur constate des défauts, par exemple des lignes de luminophore
interrompues, la dalle est nettoyée et de nouveau soumise au procédé de fabrication
de l'écran.
[0005] L'invention résulte de la constatation que certains défauts de l'écran sont difficilement
visibles à l'oeil nu lors du contrôle mentionné ci-dessus alors qu'ils apparaissent
lors du contrôle en fin de fabrication. En effet ce contrôle final consiste à faire
fonctionner le tube dans les conditions usuelles, notamment par observation d'une
image ou mire, et les défauts de celle-ci sont plus aisément détectables que des défauts
des luminophores proprement dits surtout lorsqu'ils ne sont pas excités. Il va de
soi qu'il est préférable de détecter le défaut lors de la fabrication de l'écran plutôt
que lors du contrôle final car, dans ce dernier cas, le recyclage du tube est beaucoup
plus onéreux que le simple lavage de la dalle dans le premier cas.
[0006] L'invention permet donc d'augmenter notablement la probabilité de détection de défauts
des luminophores lors du contrôle visuel en cours de fabrication de l'écran.
[0007] Elle est caractérisée en ce que le lavage du rebord de la dalle est effectué à l'aide
d'une solution opaque au rayonnement ultraviolet et/ou d'une couleur ou teinte contrastée
par rapport à la couleur ou teinte du matériau à déposer sur l'écran de façon que
les projections (indésirées) de cette solution de lavage sur la surface- écran produisent
un effet nettement visible lors du contrôle visuel de l'écran au cours de sa fabrication.
[0008] On a découvert que l'origine des défauts provient de la projection de liquide de
lavage contre la surface interne de la dalle lors du lavage du rebord pour l'élimination
des luminophores en solution sur ce rebord. Lorsque ce liquide de lavage est constitué
par de l'eau, comme dans la technique antérieure, les gouttes qui parviennent sur
la surface interne de la dalle-écran provoquent, là où elles se trouvent, la dilution
du luminophore et il en résulte, après développement, une quantité plus faible de
luminophore. De plus, ces gouttes d'eau dispersent la lumière lors de l'illumination
par le rayonnement ultraviolet, ce qui entraîne une perte de contrôle de l'illumination
et, ainsi, des parties de l'écran sont exposées au rayonnement UV de façon indésirée.
Mais ces défauts ne sont pas forcément visibles lors du contrôle visuel. Ainsi l'invention
consiste à améliorer la visibilité des défauts résultant des projections de liquide
de lavage de façon à éliminer ces défauts à une étape relativement peu avancée du
procédé de fabrication du tube.
[0009] Si le liquide de lavage est une solution absorbant les rayonnements ultraviolets
les gouttes de cette solution qui atteignent la surface interne de la dalle recouverte
d'une couche photodurcissable forment un écran pour le rayonnement UV et empêchent
ainsi le durcissement. Après le développement l'emplacement sera donc totalement dépourvu
de luminophore; un tel défaut est aisément repérable lors du contrôle visuel.
[0010] De même si la solution de lavage présente une couleur ou teinte contrastée par rapport
à celle des luminophores (en général les luminophores sont, en l'absence d'excitation
par le faisceau d'électrons, d'une couleur blanche ou grise), après développement
les projections de la solution de lavage qui ont atteint la dalle-écran seront aisément
repérables lors du contrôle visuel. Il est cependant préférable que la solution de
lavage du rebord constitue un colorant pour la couche transparente de matière photorésistante
sur la partie utile de l'écran mais non pour le verre lui-même.
[0011] Par ailleurs il est préférable que la solution de lavage ne réagisse pas avec les
luminophores et puisse être aisément séparée de ces derniers afin de pouvoir récupérer
facilement ces luminophores.
[0012] Des résultats satisfaisants ont été obtenus avec, comme produit de lavage du rebord
de la dalle, de l'eau contenant environ 0,5 %, de préférence entre 0,02 et 0,5 %
d'éosine C₂₀ H₆ O₉ N₂ Br₂. En effet cette substance est opaque au rayonnement ultraviolet;
en outre elle constitue un colorant rouge pour la couche transparente photorésistante
sur la partie utile de l'écran. Enfin l'éosine se trouvant dans les eaux de lavage
du rebord de la dalle est aisément séparée des luminophores qui eux, sont récupérés
par centrifugation.
[0013] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront avec la description
de certains de ses modes de réalisation, celle-ci étant effectuée en se référant aux
dessins ci-annexés sur lesquels :
- la figure 1 est un schéma montrant le lavage des bords de la dalle après le dépôt
de la suspension de luminophore, et
- la figure 2 est un schéma d'un écran avec un défaut rendu visible avec le procédé
conforme à l'invention.
[0014] Pour fabriquer l'écran d'un tube de télévision en couleurs du type à masque perforé
on dépose d'abord sur la face interne 10 de la dalle de verre 11 qui constituera,
après son assemblage au reste du tube, la partie avant de ce tube, une pellicule transparente
d'une matière photorésistante appelée "photorésist" adhérant au verre et sur laquelle
peuvent adhérer les luminophores et le graphite. Une telle pellicule n'est cependant
pas déposée sur la face interne du rebord 12 de la dalle 11. Ensuite, pour chaque
type de luminophore et pour le graphite noir, on effectue les opérations suivantes
:
[0015] Sur la pellicule de la face 10 de la dalle de verre 11 on dépose une solution contenant
une matière photosensible, durcissable après illumination par un rayonnement UV, et
un luminophore ou du graphite. Cette solution se dépose également sur la face interne
du rebord 12. Etant donné que seule la face interne 10 doit être recouverte on procède
donc ensuite au nettoyage du rebord de la dalle et, après cette étape, le liquide
de lavage 13 est recueilli pour récupérer les luminophores.
[0016] Dans l'exemple de réalisation décrit, le liquide de lavage 13 est de l'eau contenant
de l'éosine à une concentration comprise entre 0,02 % et 0,5 %.
[0017] Après lavage du rebord de la dalle 11, à cette dernière on associe un masque perforé
dans la position qu'il occupera définitivement, c'est-à-dire parallèle à la face
frontale de la dalle. Ensuite on expose la face 10 à un rayonnement ultraviolet grâce
à un appareillage (non représenté) comprenant une source de rayonnement ultraviolet,
un objectif simulant le déviateur du tube et un filtre atténuateur qui réduit l'intensité
des rayons selon l'axe dans une plus grande mesure que les rayons latéraux afin que
l'intensité du rayonnement sur toute la surface 10 soit sensiblement constante. L'appareil
d'illumination est disposé dans une position telle que seuls sont exposés les emplacements
où doivent se trouver les bandes de luminophore de la couleur déterminée.
[0018] Après cette exposition la dalle est chauffée et séchée de manière à durcir la matière
photosensible. Ensuite on lave la surface. Au cours de ce dernier lavage seules les
parties de matière photosensible (contenant le luminophore de la couleur déterminée)
qui ont été illuminées restent collées contre la pellicule transparente adhérant au
verre alors que les autres parties - qui n'ont pasété soumises au rayonnement UV -sont
évacuées avec l'eau de lavage.
[0019] Bien entendu ces diverses opérations sont répétées pour chacun des luminophores et
pour le graphite noir.
[0020] Si lors du lavage du rebord 12 de la dalle, des gouttes d'eau de lavage sont projetées
sur la surface-écran 10, la matière photosensible se trouvant sous ces gouttes ne
recevra pas de rayonnement ultraviolet car l'éosine en solution dans l'eau constitue
un écran opaque à ce type de rayonnement. Ainsi après le développement, c'est-à-dire
après le dernier lavage, il subsistera sur l'écran un emplacement 14 (figure 2) dépourvu
de luminophore, ce qui sera aisément repérable à l'opérateur contrôlant la dalle après
le développement. En effet, comme montré dans l'exemple, la projection d'eau de lavage
du rebord de la dalle sur la surface-écran produit une interruption nette d'une bande
de luminophore 15. En outre l'éosine colore en rouge la couche de matière photorésistante
transparente disposée sur la face 10 préalablement au dépôt de solution de matière
photosensible et de luminophore. Ainsi le défaut apparaîtra comme une tache rouge
sur un fond blanc ou gris.
[0021] Il est à noter que la coloration rouge de l'éosine affecte seulement la matière photorésistante
mais non le verre à nu. De cette manière le rebord 12 de la dalle n'est pas coloré
en rouge par le premier lavage.
[0022] Quand un défaut a été ainsi détecté par l'opérateur la dalle est lavée pour remettre
le verre à nu, puis est de nouveau soumise au traitement de fabrication de l'écran.
[0023] Pour séparer les luminophores de l'eau de lavage contenant de l'éosine on effectue
une centrifugation.
[0024] Les luminophores ainsi récupérés sont encore nettoyés avec de l'eau déionisée pour
éliminer les éventuels résidus d'éosine.
1. Procédé de fabrication de l'écran d'un tube à rayons cathodiques en couleurs,
notamment du type à masque perforé, au cours duquel chaque luminophore, ou du graphite,
en solution avec une matière photosensible durcissable après exposition à un rayonnement
ultraviolet, est appliqué sur la face interne de la dalle du tube, cette solution
est ensuite éliminée du rebord de la dalle à l'aide d'un liquide de lavage, puis la
surface-écran (10) est exposée au rayonnement UV aux emplacements où doit se trouver
le luminophore ou le graphite et, ensuite, la face-écran est nettoyée afin que ne
subsiste que le luminophore ou le graphite aux emplacements soumis au rayonnement
UV, caractérisé en ce que le liquide de lavage (13) du rebord de la dalle est opaque
au rayonnement UV et/ou constitue un colorant pour le revêtement du verre de la face-écran
afin que les projections de liquide de lavage sur la solution provoquent des défauts
nettement visibles après développement.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le liquide de lavage du
rebord de la dalle contient de l'éosine.
3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le liquide de lavage comprend
de l'éosine à une concentration de l'ordre de 0,5 % dans l'eau.
4. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le liquide de lavage comprend
de l'éosine à une concentration comprise entre 0,02 et 0,5 %.
5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le liquide de lavage du
rebord de la dalle constitue un colorant seulement pour le revêtement transparent
du verre de la surfaceécran mais non pour le verre proprement dit.
6. Procédé de fabrication de l'écran d'un tube à rayons cathodiques en couleurs,
notamment du type à masque perforé, au cours duquel chaque luminophore, ou du graphite,
est mélangé à une matière photosensible durcissable après exposition à un rayonnement
ultraviolet, est appliqué sur la face interne de la dalle du tube, cette solution
est ensuite éliminée du rebord de la dalle à l'aide d'un liquide de lavage, puis la
surface-écran (10) est exposée au rayonnement UV aux emplacements où doit se trouver
le luminophore ou le graphite et, ensuite la face-écran est nettoyée afin que ne subsiste
que le luminophore ou le graphite aux emplacements soumis au rayonnement UV, caractérisé
en ce que le liquide de lavage (13) du rebord de la dalle présente de propriétés telles
que des projections de ce liquide sur la solution contenant la matière photosensible
et le luminophore ou du graphite provoquent des défauts nettement visibles après développement.