[0001] La présente invention a pour objet une tête d'impression électrostatique d'image.
De telles têtes d'impression électrostatique permettent de créer progressivement une
image électrostatique latente sur un support d'enregistrement diélectrique en mouvement
au moyen de décharges ioniques.
[0002] De manière connue, l'impression électrostatique directe nécessite un papier spécial
constitué d'une base conductrice recouverte par un film diélectrique de faible épaisseur.
Une image électrostatique latente est créée sur le papier spécial par décharge ionique
dans l'air au moyen d'une rangée d'électrodes de faibles dimensions portées à haute
tension. L'image latente est encrée, par exemple à l'aide d'une brosse magnétique
porteuse d'encre en poudre, puis fixée sur le papier spécial par pression et/ou par
cuisson.
[0003] Pour que la décharge ionique puisse se réaliser à l'extrémité des électrodes et que
les ions se déposent sur le papier spécial, une haute tension est créée entre au moins
une des électrodes et au moins une contre-électrode placée à proximité de manière
que le champ électrique résultant au niveau de l'électrode soit perpendiculaire à
la surface du papier spécial. Dans une forme de réalisation connue, les contre-électrodes
sont placées du même côté du papier spécial que les électrodes et la décharge s'effectue
par effet capacitif des contre-électrodes au travers du film diélectrique dont est
doté le papier spécial et en raison de la conduction de la base conductrice de ce
papier spécial.
[0004] Les électrodes individuelles utilisées dans la tête d'impression sont de dimensions
très faibles et en nombre élevé, pour une ligne d'image de longueur donnée, de manière
à permettre par exemple l'impression de huit points au millimètre.
[0005] La haute tension nécessaire aux décharges ioniques est préférablement partagée entre
électrodes et contre-électrodes, comme les décharges ne se produisent qu'à partir
d'une valeur de seuil de la haute tension, on s'arrange pour que la tension appliquée
isolément à une électrode ou à une contre électrode soit insuffisante pour provoquer
à elle seule une décharge et donc une impression.
[0006] Les électrodes sont alignées par paquets sur au moins une rangée, les électrodes
de même rang des paquets d'une même rangée étant interconnectées. Les contre-électrodes
sont réparties le long des paquets.
[0007] Une séparation relativement importante, par example de 0,2 à 0,5 millimètre, est
nécessaire entre contre-électrodes voisines en raison des valeurs de tension à commuter.
Ceci influe défavorablement sur l'impression lorsque la résolution demandée est élevée.
En effet malgré la conductivité de la base conductrice comportée par le papier spécial,
il y a diminution du champ électrique dans les zones où des électrodes sont en face
d'un espace entre contre-électrodes.
[0008] Il est connu de minimiser cet inconvénient par positionnement des électrodes en deux
réseaux comportant un même nombre de paquets qui s'alternent et par mise en oeuvre
de contre-électrodes décalées en position d'une valeur correspondant à un demi-paquet
le long des paquets, de manière à longer deux demi-paquets successifs, ces contres-électrodes
sont simultanément commutées de part et d'autre d'un paquet.
[0009] En écriture électrostatique indirecte, l'image latente est créée sur un film isolant
de faible épaisseur, puis révélée par encrage selon un processus identique à celui
évoqué plus haut. L'image révélée est ensuite transférée et fixée sur une feuille
de papier ordinaire par exemple par pression de la feuille sur le film isolant encré.
[0010] La disposition des électrodes retenues pour l'écriture électrostatique directe convient
également en écriture électrostatique indirecte, il n'en est généralement pas de même
en ce qui concerne la disposition des contre-électrodes puisque dans ce cas ni le
film isolant, ni le papier ne sont conducteurs.
[0011] En conséquence, la solution classique en écriture électrostatique indirecte consiste
à faire passer le film isolant, où l'image latente est créée, entre les électrodes
et les contre-électrodes qui se font face.
[0012] Toutefois cette solution présente des inconvénients, liés notamment à la complexité
du système de commande en tension de l'ensemble et à la nécessité d'un positionnement
précis des contre-électrodes par rapport aux électrodes alors qu'il est avantageux
avec cette solution de pouvoir écarter les électrodes des contre-électrodes pour placer
le film isolant ou l'ôter lors des remplacements réguliers de film que doit effectuer
l'utilisateur.
[0013] Il est donc préférable à ce point de vue de pouvoir placer les électrodes et les
contre-électrodes du même côté du film.
[0014] La présente invention propose donc une tête d'impression électrostatique d'image
sur support d'enregistrement, notamment de type papier ordinaire, dans lequel les
électrodes et les contre-électrodes nécessaires à la décharge ionique sont disposées
du même côté du support d'enregistrement.
[0015] La tête d'impression comporte classiquement, en premier lieu, au moins une rangée
d'électrodes individuelles disposées à pas régulier et organisées en n groupes répartis
dans deux réseaux, les électrodes ayant les mêmes positions dans les groupes d'un
réseau étant interconnectées entre elles. La tête d'enregistrement comporte classiquement,
en second lieu, au moins un ensemble de contre-électrodes alignées parallèlement aux
électrodes individuelles et affectées chacune à au moins un groupe d'électrodes qu'elle
longe, de manière à créer une image latente sur un support d'enregistrement isolant,
défilant au ras de ces électrodes et contre-électrodes, par décharge ionique entre
au moins une électrode et au moins une contre-électrode portées respectivement à des
potentiels haute-tension de polarités opposées par des impulsions haute-tension de
commande.
[0016] Selon une caractéristique de l'invention, la tête d'impression électrostatique comporte
une électrode rotative de couplage qui est réalisée en matériau conducteur et portée
à un potentiel continu moyenne tension, de même polarité que les impulsions haute-tension
appliquées aux contre-électrodes, ladite électrode de couplage étant plaquée contre
le support d'enregistrement au droit des électrodes et contre-électrodes, de l'autre
côté de celles-ci par rapport au support d'enregistrement.
[0017] L'invention, ses caractéristiques et ses avantages sont précisés dans la description
qui suit en liaison avec les figures répertoriées ci-dessous.
La figure 1 présente un schéma précisant la position respective des électrodes et
contre-électrodes d'une tête d'impression électrostatique à électrodes et contre-électrodes
situées du même côté du support d'enregistrement ainsi que leurs liaisons de commande.
Les figures 2 et 3 présentent chacune une coupe transversale d'une tête d'impression
électrostatique selon deux variantes différentes de l'invention.
[0018] De manière connue, décrite notamment dans la demande de brevet européen 0124856,
une tête d'impression électrostatique comporte usuellement une pluralité d'électrodes
E alignées en au moins une rangée le long de laquelle sont disposées au moins un et
ici deux rangs de contre-électrodes CE qui bordent le ou les rangs d'électrodes vues
ici en bout et par leur extrémité active, de même que les contre-électrodes.
[0019] Come indiqué plus haut les électrodes et contre-électrodes sont destinées à venir
affleurer le support d'enregistrement d'images latentes du même côté de la bande que
forme ce support.
[0020] Les électrodes E qui sont en grand nombre, par exemple au nombre de 1728, sont divisées
en n groupes répartis dans deux réseaux et comportant préférablement un même nombre
r d'électrodes par exemple 36 groupes de 48 électrodes, le nombre r étant choisi égal
à quatre sur la figure 1 pour des raisons de simplification de la figure.
[0021] Dans la forme de réalisation présentée, les électrodes E de même rang, dans les différents
groupes d'un réseau, sont interconnectées entre elles, telles par exemple les électrodes
E13, E33 ou E23, En3. La mise sous tension des électrodes de chaque réseau s'effectue
par l'intermédiaire de commutateurs 1D ou 2D qui desservent chacun un groupe d'électrodes
interconnectées, tel le commutateur 1D3 pour les électrodes E13, E33 données ci-dessus
en exemple.
[0022] Une tension nulle OV est normalement appliquée par chaque commutateur D aux électrodes
auxquelles il est relié, en l'absence de commande individuelle les concernant pour
un besoin d'impression. Lorsqu'une impression doit être effectuée par une électrode
reliée à un commutateur 1D ou 2D, ce dernier est actionné de manière à porter cette
électrode et celles qui sont interconnectées avec elle à un potentiel haute tension
-V/2, de valeur inférieure et ici moitié de la haute tension V de seuil nécessaire
à une décharge ionique d'impression.
[0023] Les contre-électrodes CE disposées de part et d'autre des électrodes E sont réparties
ici en p = n+1 groupe de deux contre-électrodes de même rang interconnectées, telles
les deux contre-électrodes CE1 et CE1'.
[0024] Les contre-électrodes CE autres que celles d'extrémité CE1, CE1' et CEP, CEP', sont
disposées le long d'électrodes appartenant à deux groupes successifs, telles les contre-électrodes
CE2, CE2' le long des électrodes E13, E14 du groupe 1 et E21, E22 du groupe 2.
[0025] La mise sous tension des contre-électrodes s'effectue par l'intermédiaire de commutateurs
C, ici référencés de C1 à Cp, qui sont montrés reliés chacun à une paire de contre-électrodes
de même rang interconnectées, tel C1 aux contre-électrodes CE1, CE1'. Une tension
nulle OV est normalement appliquée par chaque commutateur C aux contre-électrodes
aux quelles il est relié, en l'absence de commande individuelle les concernant en
vue d'une impression. Par contre une telle commande d'impression actionne le commutateur
C, concerné, de manière à porter les contre-électrodes qu'il dessert à un potentiel
haute tension +V/2.
[0026] La décharge ionique d'impression est donc obtenue par mise au potentiel -V/2 d'une
électrode et au potentiel +V/2 des contre-électrodes qui la longe.
[0027] Ceci est suffisant si le support d'enregistrement 1 est de type à couche conductrice
1C recouverte d'une couche diélectrique 1D destinée à venir se plaquer contre l'ensemble
électrodes/contre-électrodes pour emmagasiner des charges ponctuelles, la couche conductrice
servant de chemin le moins résistif entre une électrode E et les contre-électrodes
CE et CE' voisines, pour la décharge ionique, via la couche diélectrique (figure 2).
[0028] Ceci n'est pas suffisant si le support d'enregistrement 1 est un film isolant mince
utilisé à titre intermédiaire pour la formation des images latentes, ultérieurement
transférées sur un support définitif généralement en papier ordinaire.
[0029] Selon l'invention on prévoit donc une électrode de couplage EC rotative, telle EC1
sur la figure 2, qui est portée à un potentiel continu V1 de même polarité que les
impulsions de commande appliquées aux contre-électrodes, de manière à associer son
action aux leurs en cas de commande.
[0030] le potentiel continu +V1 est choisi de valeur largement inférieure à la valeur +V/2
de manière à ne pas permettre le déclenchement d'une décharge ionique entre une électrode
E et l'électrode de couplage, il est par exemple de l'ordre de cent à deux cent cinquante
volts pour une tension V de l'ordre de cinq cent à six cent volts.
[0031] L'électrode de couplage EC est disposée transversalement par rapport au sens de déplacement
du support d'enregistrement et vient recouvrir l'ensemble des électrodes E et contre-électrodes
CE, dont elle déborde les rangées d'électrodes et contre-électrodes, celles-ci étant
bien entendu elles aussi disposées transversalement par rapport au sens de déplacement
du support d'enregistrement, dans un bloc en matériau isolant 2 qui les maintient
en position les unes par rapport aux autres.
[0032] Dans la mesure où le support d'enregistrement est généralement constitué par un film
mince très lisse, on prévoit un petit intervalle d'air 3 sous les électrodes entre
celles-ci et le support d'enregistrement, cet intervalle est usuellement obtenu par
rainurage du bloc 2 au droit des électrodes E.
[0033] Dans la forme de réalisation présentée figure 2, l'électrode de couplage EC1 est
constituée par une bande sans fin en matériau résistif souple, de type élastomère
chargé, dont la résistivité est par exemple de l'ordre de 10⁶ à 10⁷ ohm.centimètre.
Cette électrode en bande s'enroule librement autour de rouleaux porteurs 4 ici au
nombre de trois qui permettent sa tension et pour deux d'entre eux son plaquage contre
le support d'enregistrement 1 sur et autour des extrémités des électrodes et contre-électrodes.
L'électrode de couplage EC1 est portée au potentiel +V1 par exemple au niveau de l'un
de ses rouleaux porteurs par contact à l'aide de moyens connus en eux-même, de type
frotteur ou connexion par bague et frotteur. L'ensemble support 2 rouleaux 4 et contre-électrode
CE1 est mécaniquement positionné dans un bâti-support usuel, non figuré qui ne sera
pas précisé ici dans la mesure où cette structure n'a qu'un rapport indirect avec
l'invention.
[0034] Dans la forme de réalisation présentée figure 3, on substitue une électrode de couplage
EC2 cylindrique à la bande sans fin prévue en figure 2.
[0035] Cette électrode de couplage EC2, disposée transversalement ou sens de déplacement
du support d'enregistrement 1 est réalisé par un tube en matériau souple présentant
par exemple une dureté inférieure à trente shores et un diamètre de l'ordre de six
centimètres.
[0036] Le tube souple obtenu est par exemple en un matériau élastomère présentant une résistivité
de l'ordre de 10⁶ à 10⁷ ohm-centimètre ; dans la variante de réalisation présentée
ici le tube souple 5, monté fou sur un axe 6, est recouvert par une couche extérieure
d'une épaisseur constante d'une valeur comprise par exemple entre 0,1 et plusieurs
millimètres qui présente la résistivité requise et qui est reliée au potentiel +V1,
par exemple par un système à bague associée au tube et frotteur fixe qui n'est par
reproduit ici en raison de son classicisme.
[0037] L'électrode de couplage EC2 est pressée mécaniquement par exemple par un système
à ressort contre le support d'enregistrement lui-même appliqué contre l'ensemble formé
par les électrodes, les contre-électrodes et la partie de bloc qui les contient, elle
se déforme sous la pression de manière à recouvrir lesdites électrodes et contre-électrodes.
[0038] Le support d'enregistrement qui frotte contre l'électrode de couplage EC1 ou EC2
lors de l'enregistrement d'images latentes, entraîne cette électrode usuellement montée
folle. Il est bien entendu envisageable d'entraîner en rotation l'électrode de couplage
par tout moyen classique pour réduire quasi-totalement le frottement du support d'enregistrement
à son niveau.
[0039] Bien entendu, une tête d'impression telle que définie ci-dessus qui permet l'impression
sur un support quelconque, après encrage de l'image électrostatique latente, par report
de cette image encrée sur le support final qui doit la porter, permet également l'impression
sur papier spécial composite comportant une couche diélectrique et une couche conductrice
accolées.
1/ Tête d'impression électrostatique comportant en premier lieu au moins une rangée
d'électrodes (E) individuelles disposées à pas régulier et organisées en n groupes
répartis dans deux réseaux, les électrodes ayant les mêmes positions dans les groupes
d'un même réseau étant interconnectées entre elles, comportant en second lieu au moins
un ensemble de contre-électrodes (CE, CE') alignées parallèlement aux électrodes
individuelles et affectées chacune à au moins un groupe d'électrodes qu'elle longe,
de manière à créer une image latente sur un support d'enregistrement (1) diélectrique
défilant au ras de ces électrodes et contre-électrodes, par décharge ionique entre
au moins une électrode et au moins une contre-électrodes portées respectivement à
des potentiels haute-tension (V/2) de polarité opposée par des impulsions haute-tension
de commande, caractérisée en ce qu'elle comporte une électrode rotative de couplage
(EC) qui est réalisée en matériau conducteur et portée à un potentiel continu moyenne
tension (V1) de même polarité que les impulsions haute-tension appliquées aux contre-électrodes,
ladite électrode de couplage étant plaquée contre le support d'enregistrement au droit
des électrodes et contre-électrodes de l'autre côté de celles-ci par rapport au support
d'enregistrement.
2/ Tête d'impression électrostatique selon la revendication 1, caractérisée en ce
que l'électrode rotative de couplage (EC1) est constituée par une bande sans fin en
matériau souple et conducteur montée sur des arbres tournants disposés transversalement
par rapport au support d'enregistrement (1) de manière à venir se plaquer contre lui
dans une zone s'étendant de part et d'autre et au droit des électrodes et contre-électrodes.
3/ Tête d'impression électrostatique selon la revendication 1, caractérisée en ce
que l'électrode rotative de couplage (EC2) est constituée par un cylindre de matériau
élastomère résistif porté par un arbre tournant disposé transversalement au support
d'enregistrement de manière à venir se plaquer partiellement contre lui dans une zone
s'étendant de part et d'autre au droit des électrodes et contre-électrodes.
4/ Tête d'impression électrostatique selon la revendication 1, caractérisée en ce
que l'électrode rotative de couplage est constituée par un revêtement élastomère résistif
recouvrant un cylindre en matériau souple isolant porté par un arbre tournant disposé
transversalement au support d'enregistrement de manière à venir se plaquer contre
lui dans une zone s'étendant de part et d'autre et au droit des électrodes et contre-électrodes.