[0001] L'invention se rapporte à un panneau d'affichage à matrice de diodes électroluminescentes,
formant typiquement un journal lumineux et elle concerne plus particulièrement un
tel panneau à la fois plus économique et plus lumineux que les systèmes analogues
connus, tout en permettant un affichage plus rapide.
[0002] Un journal lumineux classique se compose d'une matrice de diodes électroluminescentes,
d'un nombre correspondant de mémoires (typiquement des bascules bi-stables) intercalées
entre lesdites diodes et un registre à décalage dans lequel circulent les informations
représentatives d'une image à afficher. Ces informations sont délivrées au rythme
d'une horloge par une unité de commande associée à une mémoire programme. L'unité
de commande et la mémoire programme sont généralement situées dans un boîtier séparé
du panneau et reliées à ce dernier par un toron de fils conducteurs. Cet agencement
est avantageux lorsque le panneau de diodes est destiné à être placé à l'extérieur
et soumis aux intempéries. Dans ce cas, les composants les plus fragiles, contenus
dans l'unité de commande, peuvent être placés dans un endroit abrité et plus facilement
accessibles pour la modification ou l'actualisation des messages à reproduire. Jusqu'à
présent, il a été assez difficile d'adapter les caractéristiques des mémoires à celles
des diodes électroluminescentes. On a ainsi cherché à alimenter les diodes à travers
des résistances de charge, mais ce type de circuit a l'inconvénient d'une consommation
de puissance dans les résistances, non directement utile pour l'affichage. Le prix
de revient est par ailleurs élevé, non seulement en raison du nombre de résistances
nécessaire, mais aussi du coût de main-d'oeuvre pour leur câblage. On a tenté d'alimenter
les diodes électroluminescentes directement par le courant délivré par les mémoires,
mais cela aboutit généralement à faire travailler lesdites mémoires hors des caractéristiques
prévues par le constructeur de ces circuits intégrés. Un tel mode de réalisation est,
à la limite, concevable pour l'affichage de messages défilants, car les diodes ne
sont utilisées que pendant une faible partie du temps. Ceci devient plus difficile
à envisager pour l'affichage de messages fixes, notamment des graphismes, où certaines
diodes peuvent être allumées en permanence pendant des intervalles de temps relativement
longs, d'où des conditions de fonctionnement beaucoup plus défavorables pour les mémoires
qui les alimentent.
[0003] L'invention permet notamment de résoudre ce problème. Le principe de base de l'invention
résulte de la recherche d'une meilleure adaptation entre les circuits intégrés disponibles,
constituant les mémoires et les diodes électroluminescentes habituellement utilisées
pour une telle application. En analysant les caractéristiques de circuits intégrés
récents de la technologie CMOS rapide, on a ainsi constaté que les constructeurs de
ces circuits intégrés conçus pour des applications de calcul numérique à grande vitesse,
avaient été amenés à en abaisser la tension d'alimentation, tout en admettant un
courant plus important, pour que les circuits puissent être pilotés à une fréquence
horloge plus élevée. L'une des particularités de l'invention est de proposer une
nouvelle application de ce type de composants, pour alimenter directement une diode
électroluminescente.
[0004] Dans cet esprit, l'invention concerne donc essentiellement un panneau d'affichage
à matrice de diodes électroluminescentes, par exemple du type journal lumineux, chaque
diode étant alimentée par l'intermédiaire d'une mémoire, caractérisé en ce que les
mémoires sont réalisées en technologie CMOS rapide, en ce que les diodes sont directement
connectées aux sorties de leurs mémoires respectives, et en ce que la tension d'alimentation
desdites mémoires est choisie pour fixer la valeur du courant dans lesdites diodes.
[0005] Un autre problème résolu par l'invention est lié à la structure même des panneaux
d'affichage. Il s'agit de transmettre efficacement l'horloge haute-fréquence à tous
les circuits, malgré les dimensions importantes de la matrice de diodes. En effet,
il n'est pas possible de prévoir une horloge commune à tous les circuits intégrés.
Les capacités parasites qui en résulteraient ne permettraient pas le transfert des
informations à la fréquence choisie, c'est-à-dire de l'ordre de 2 MHz. On est donc
amené à prévoir, de proche en proche, des moyens d'amplification ou de régénération
du signal d'horloge, lesquels peuvent désynchroniser les différents circuits du registre
à décalage. Selon un autre aspect de l'invention, on prévoit des moyens pour que le
registre à décalage fonctionne correctement sans que le signal d'horloge soit réellement
synchronisé en tous les points du registre.
[0006] Dans ce but, le panneau d'affichage défini ci-dessus est aussi caractérisé en ce
que les étages du registre à décalage sont agencés en groupes d'étages adjacents
les uns des autres, en ce qu'un moyen d'amplification et de remise en forme est intercalé
dans la liaison d'horloge entre deux groupes adjacents quelconques et en ce qu'un
moyen retardateur est intercalé entre la sortie de données et la sortie de données
de ces mêmes groupes adjacents.
[0007] Une autre particularité de l'invention consiste à alimenter le panneau d'affichage
avec une horloge de fréquence réduite et à régénérer l'horloge de fréquence élevée
dans le panneau d'affichage même, ce qui permet de disposer d'une longueur de câble
conducteur plus importante entre l'unité de commande et l'horloge haute-fréquence
proprement dite, et le panneau d'affichage.
[0008] L'invention apparaîtra plus clairement à la lumière de la description qui va suivre,
donnée uniquement à titre d'exemple et faite en référence au dessin annexé, dans
lequel :
- la figure 1 illustre partiellement un schéma de principe de l'ensemble des mémoires
et du registre à décalage associé aux diodes électroluminescentes;
- la figure 2 est un schéma de branchement possible entre une diode électroluminescente
et sa mémoire;
- la figure 3 est une variante de branchement;
- la figure 4 présente le schéma d'un circuit réducteur de fréquence d'horloge; et
- la figure 5 représente le schéma d'un circuit multiplicateur de fréquence d'horloge
[0009] En se reportant au dessin, on a représenté une partie d'un panneau d'affichage de
diodes électroluminescentes 11, respectivement connectées à des mémoires 12 réalisées
en technologie CMOS rapide, aujourd'hui commercialisées sous la référence HCMOS par
la plupart des constructeurs de semiconducteurs. Chaque mémoire est composée d'une
bascule bi-stable et, selon l'invention, la diode 11 correspondante est directement
connectée à sa sortie, c'est-à-dire notamment sans résistance série. Il existe deux
possibilités de branchement de la diode par rapport à la bascule, soit en utilisant
le transistor du canal N, la diode étant branchée entre la sortie de la mémoire et
la masse (fig. 2), soit en utilisant le transistor du canal P, la diode étant raccordée,
cette fois, à la borne d'alimentation (fig. 3).
[0010] En se reportant à nouveau à la figure 1, on voit que les mémoires 12 sont connectées
pour être chargées par les sorties d'un registre à décalage de type série, c'est-à-dire
à entrées de données série et sorties parallèles, ces dernières étant reliées aux
entrées de chargement des mémoires 12. La progression des informations dans le registre
se fait au rythme d'une horloge haute-fréquence, appliqué par une liaison d'horloge
14. Le transfert des informations des entrées vers les sorties des mémoires 12 est
commandé lorsque le train d'informations correspondant à une image complète est parvenu
jusqu'au dernier étage du registre à décalage 13. A ce moment, un signal de commande
est appliqué sur un BUS de chargement 15 common à toutes les mémoires 12. Pratiquement,
on réalisera avantageusement le système de pilotage de la matrice de diodes 11 par
un montage en cascade d'un nombre convenable de circuits intégrés du type 74 HC 4094
B incorporant à la fois des étages 13a du registre à décalage et un nombre correspondant
(huit dans l'exemple) de mémoires 12 reliées aux sorties de ces étages de registre.
Les sorties accessibles desdites mémoires 12 sont reliées directement à des diodes
électroluminescentes 11, respectivement; selon le montage de la figure 2 ou celui
de la figure 3. La sortie du dernier étage du registre d'un circuit intégré donné
est relié à l'entrée du premier étage d'un autre circuit intégré du même type, situé
à proximité. Le courant de chaque bascule formant mémoire 12 est suffisant pour alimenter
de façon optimale la diode électroluminescente, laquelle nécessite typiquement un
courant de l'ordre de 25 mA. En effet, ce circuit intégré admet d'être alimenté sous
une tension plus faible que les autres circuits de type MOS et celle-ci peut varier
dans des limites assez larges. On met donc à profit cette particularité pour régler
ou déterminer le courant circulant dans les diodes, en choisissant la tension d'alimentation
en conséquence. Typiquement, avec le type de circuit intégré mentionné plus haut,
la tension est choisie aux environs de 4 V, pour obenir un courant de l'ordre de 25
mA dans chaque diode. Pour cette valeur de courant, la tension aux bornes de la diode
est voisine de 1,8 V. La puissance dissipée dans chaque mémoire est donc de l'ordre
de 0,062 W. Comme chaque circuit intégré contient huit mémoires, la puissance maximum
dissipée par ledit circuit intégré (correspondant à huit diodes allumées) est de 0,5
W, ce qui correspond à la puissance admissible par ce type de circuit intégré. Si
on admet un taux d'utilisation des diodes de l'ordre de 35 %, la puissance moyenne
dissipée par chaque circuit n'est donc en fait que de 0,175 W.
[0011] Selon une autre caractéristique importante de l'invention, les étages 13a du registre
à décalage sont agencés en groupes d'étages adjacents les uns des autres (c'est-à-dire
topologiquement voisins sur le panneau d'affichage) et un moyen d'amplification et
de remise en forme 18 est intercalé dans la liaison d'horloge entre deux tels groupes
adjacents quelconques, tandis qu'un moyen retardateur 19 est intercalé entre la sortie
de données et l'entrée de données de ces mêmes groupes adjacents. Ainsi, le signal
d'horloge haute-fréquence est toujours exploitable d'une extrémité à l'autre du panneau
d'affichage, malgré les capacités parasites réparties sur toute la distance, grâce
aux moyens 18 disposés de proche en proche. La désynchronisation qui en résulte est
sans conséquence grâce au retard apporté simultanément dans le transfert des informations,
de groupe en groupe. Le retard entre deux groupes devra être supérieur au retard de
l'horloge entre ces mêmes groupes. Pratiquement, chaque amplificateur pourra être
réalisé par deux inverseurs en cascade, par exemple disponibles dans des circuits
intégrés de la même catégorie, portant la référence 74 HCU 04. Des moyens retardateurs
19 sont en outre disponibles dans chaque circuit intégré de type 74 HC 4094 B renfermant
les registres et les mémoires. Dans l'exemple de la figure 1, on a représenté par
souci de simplification un amplificateur 18 et un moyen retardateur 19 associé à chaque
circuit intégré, c'est-à-dire pour huit diodes. En fait, on pourra les "espacer" beaucoup
plus, le nombre d'étage de chaque groupe pouvant être compris entre dix et quarante
et de préférence voisin de trente. Enfin, comme mentionné précédemment, on prévoit
de transmettre le signal d'horloge sous une fréquence réduite dans le toron de fils
conducteurs reliant le panneau d'affichage et son unité de commande renfermant le
générateur d'horloge haute-fréquence, non représenté. Ainsi, le dispositif de la figure
4 connecté à la sortie du générateur d'horloge haute-fréquence, donc à distance du
panneau, fournit un signal dont la fréquence est réduite de moitié. Il se compose
d'une bascule 20 rebouclée sur son entrée par un inverseur 21 dont le signal de sortie
est amplifiant 22 avant d'être appliqué à la ligne d'horloge. Le dispositif de la
figure 5 est un multiplicateur de fréquence conçu pour doubler la fréquence du signal
qu'il reçoit. Il se compose d'un amplificateur 24 distribuant son signal de sortie
à deux monostables 25, 26, montés en parallèles et déphasés par un inverseur 27.
Les sorties des deux monostables sont reliées aux deux entrées d'une porte OU 28 dont
la sortie restitue la fréquence originale.
[0012] Le système qui vient d'être décrit permet l'affichage d'images successives à très
grande vitesse, jusqu'à mille images par seconde. Ces performances peuvent être mises
à profit pour l'affichage en continu d'une image fixe comportant des diodes allumées
avec des niveaux lumineux différents, obtenus par allumage et extinction rapide et
successive de ces diodes. A titre d'exemple, pour une fréquence minimale de vingt
images par seconde, on peut obtenir jusqu'à cinquante niveaux lumineux différents.
1. Panneau d'affichage à matrice de diodes électroluminescentes (11), par exemple
du type journal lumineux, chaque diode étant alimentée par l'intermédiaire d'une mémoire
(12), caractérisé en ce que les mémoires sont réalisées en technologie CMOS rapide,
en ce que les diodes (11) sont directement connectées aux sorties de leurs mémoires
respectives et en ce que la tension d'alimentation desdites mémoires est choisie pour
fixer la valeur du courant dans lesdites diodes.
2. Panneau d'affichage selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdites mémoires
(12) sont réalisées à partir de circuits intégrés de la série HCMOS, de préférence
à partir de circuits du type 74 HC 4094 B.
3. Panneau d'affichage selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que chaque
mémoire (12) est connectée pour être chargée par un étage (13a) correspondant d'un
registre à décalage (13) de type série, recevant pour chaque image une succession
d'informations générées par une unité de commande au rythme d'une horloge, une liaison
de chargement (15) étant commune à toutes les mémoires.
4. Panneau d'affichage selon la revendication 3, caractérisé en ce que les étages
(13a) du registre à décalage sont agencés en groupes d'étages adjacents les uns des
autres, en ce qu'un moyen d'amplification et de remise en forme (18) est intercalé
dans la liaison d'horloge entre deux groupes adjacents quelconques et en ce qu'un
moyen retardateur (19) est intercalé entre la sortie de données et l'entrée de données
de ces mêmes groupes adjacents.
5. Panneau d'affichage selon la revendication 4, caractérisé en ce que le nombre d'étages
de chaque groupe est compris entre dix et quarante, de préférence voisin de trente.
6. Panneau d'affichage selon l'une des revendications 3 à 5, dans lequel l'horloge
précitée est située à distance et reliée à la matrice de diodes par une liaison d'une
certaine longueur, caractérisé en ce que ladite horloge est associée à un circuit
réducteur de fréquence (figure 4) pour émettre un signal d'horloge de fréquence réduite
et en ce que ladite matrice de diodes électroluminescentes est associée à un multiplicateur
de fréquence (figure 4) recevant ledit signal d'horloge de fréquence réduite et susceptible
de régénérer un signal d'horloge haute-fréquence.