[0001] La présente invention concerne un électrolyseur pour l'extraction d'une substance
d'un bain électrolytique. Elle s'applique notamment à la fabrication de métaux alcalins
tels que le lithium, le sodium et le potassium ou alcalino-terreux tels que le beryllium,
le magnésium, le calcium, le strontium et le baryum, par exemple à partir de chlorures
de ces métaux.
[0002] On connaît déjà un électrolyseur permettant de fabriquer du lithium à partir d'un
bain électrolytique contenant du chlorure de lithium. Cet électrolyseur connu, représenté
schématiquement sur la figure 1a, comprend essentiellement, dans le corps 2 de l'électrolyseur
destiné à être rempli du bain électrolytique 3, une anode 4, une cathode métallique
6 entourant l'anode, un collecteur métallique 8 en forme de gouttière renversée,
surmontant l'extrémité supérieure de la cathode, et un diaphragme métallique 10 qui,
placé entre l'anode et la cathode, est électriquement isolé de celles-ci et s'étend
vers le bas à partir du bord interne de la gouttière 8.
[0003] Ce diaphragme a pour fonction d'empêcher le lithium formé à la cathode, d'être entraîné
par les courants de convexion du bain, en dehors de l'espace délimité par le diaphragme,
la cathode et le collecteur 8.
[0004] Un conduit 12 formant une surverse, traverse le corps 2 pour déboucher dans la gouttière
et permet l'évacuation du lithium formé par électrolyse et accumulé dans cette gouttière
(car sa densité est inférieure à celle du bain électrolytique). Une sortie 14 du
chlore formé au cours de l'électrolyse, est prévue à la partie supérieure du corps
2 et un conduit 16 qui débouche dans ce corps 2 également à la partie supérieure
de celui-ci, est prévu pour l'introduction d'un gaz inerte tel que l'argon ou l'hélium
dans le corps 2 afin d'empêcher la recombinaison du chlore et du lithium et de permettre
l'évacuation du chlore grâce à une pression appropriée de gaz inerte.
[0005] L'électrolyseur représenté sur la figure 1a peut comporter en outre (figure 1b) une
anode auxiliaire 18 prévue pour polariser le diaphragme 10 par rapport au bain électrolytique
afin de diminuer la corrosion de ce diaphragme et du collecteur 8 qui sont portés
au même potentiel.
[0006] L'électrolyseur connu que l'on vient de décrire présente l'inconvénient suivant :
le diaphragme 10 et la cathode 6 sont très souvent mis en court circuit durant l'électrolyse,
par la poussée, sur la cathode, de dendrites de lithium qui finissent par atteindre
le diaphragme. Le lithium se forme alors sur ce dernier qui est dans ces conditions
au même potentiel que la cathode. De ce fait, le lithium peut se détacher du diaphragme
dans l'espace défini par celui-ci et l'anode et gagner la surface du bain électrolytique
où il se recombine en partie au chlore.
[0007] La présente invention a pour but de remédier à cet inconvénient.
[0008] Elle a pour objet un électrolyseur pour l'extraction, d'un bain électrolytique, d'une
substance moins dense que ce bain, cet électrolyseur comprenant une anode et une
cathode qui plongent dans le bain, la cathode, à laquelle se forme la substance, s'étendant
verticalement et entourant l'anode, l'électrolyseur comprenant en outre des moyens
de confinement de la substance au voisinage de la cathode et de guidage de cette
substance le long et vers l'extré mité supérieure de la cathode, et des moyens de
recueillement de la substance en cette extrémité, électrolyseur caractérisé en ce
que les moyens de confinement et de guidage comprennent au moins une couche d'un
grillage fait d'un matériau résistant au bain et aux produits de l'électrolyse, chaque
couche étant disposée au voisinage de la cathode, entre celle-ci et l'anode, et s'étendant
le long de la cathode.
[0009] La substance (par exemple le lithium dans le cas de l'électrolyse du chlorure de
lithium) est ainsi maintenue au voisinage de la cathode et conduite vers les moyens
de recueillement d'où elle peut être évacuée. On empêche ainsi la substance de gagner
la surface du bain : dans le cas de l'électrolyse d'un chlorure de métal alcalin,
on empêche l'atteinte de cette surface par le métal formé et donc la recombinaison
de celui-ci avec le chlore.
[0010] La ou les couches de grillage forment en quelque sorte un doublage intérieur de la
cathode. Chaque couche peut être électriquement conductrice (par exemple en un métal
inoxydable tel que l'acier inoxydable) et électriquement reliée à la cathode, ce qui
se produit lorsque la substance est électriquement conductrice (cas des métaux alcalins
qui sont liquides dans le bain électrolytique) et que l'extrémité supérieure des
couches trempent dans cette substance accumulée dans les moyens de recueillement.
La substance formée à la cathode ou sur le grillage est ainsi confinée dans et entre
les couches de grillage puis conduite par ces dernières vers les moyens de recueillement
où elle s'accumule.
[0011] On peut utiliser plusieurs couches de grillage coaxiales, par exemple plusieurs
grilles disposées suivant des cylindres coaxiaux, ou un grillage enroulé suivant
un cylindre à base en forme de spira le, la grille unique ainsi utilisée, vue en
coupe perpendiculaire aux génératrices du cylindre, ayant alors une forme de spirale.
[0012] Dans le cas où les moyens de confinement et de guidage comprennent plusieurs couches,
les hauteurs respectives des extrémités inférieures des couches, comptées partir du
bas de la cathode, peuvent augmenter à partir de la couche la plus proche de la cathode,
pour tenir compte d'une accumulation de substance, allant en augmentant de bas en
haut de la cathode. Ainsi, dans le cas de l'enroulement du grillage suivant un cylindre
à base en forme de spirale, le bord inférieur du grillage a-t-il la forme d'une hélice
enroulée sur un cône qui va en se rétrécissant vers le haut.
[0013] De préférence, les moyens de recueillement comprennent une gouttière tournée vers
le bas, qui est placée au dessus de la cathode et dont le bord externe longe l'extrémité
supérieure de celle-ci, et l'extrémité supérieure de chaque couche de grillage est
suffisamment proche de la gouttière pour tremper dans la substance accumulée dans
cette gouttière lorsque l'électrolyseur est en fonctionnement, afin que la "pompe"
formée par chaque couche de grillage vis-à-vis de la substance, ait un bon débit.
[0014] Enfin, dans un mode de réalisation préféré de l'électrolyseur objet de l'invention,
cet électrolyseur comprend en outre des moyens d'alimentation en continu en un composant
du bain, qui contient la substance.
[0015] La présente invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit,
d'un mode de réalisation particulier de l'électrolyseur objet de l'invention, donné
à titre purement indicatif et nullement limitatif, en référence à la figure 2 des
des sins annexés dont les figures 1a et 1b représentant des électrolyseurs connus
ont déjà été décrites.
[0016] L'électrolyseur selon l'invention, représenté sur la figure 2, est par exemple destiné
à la fabrication de lithium à partir de chlorure de lithium et comprend une cuve 20
par exemple cylindrique, maintenue dans un support de cuve 21 et destinée à contenir
un bain mixte de chlorure de lithium /chlorure de potassium fondus, la cuve étant
portée à une température appropriée par des moyens de chauffage tels que des colliers
chauffants 22 entourant la cuve 20. La cuve 20 est en outre ouverte à sa partie supérieure
(et fermée à sa partie inférieure).
[0017] L'électrolyseur de la figure 2 comprend également une cathode 24 cylindrique, coaxiale
à la cuve, disposée à l'intérieur de celle-ci et une anode 26 de forme allongée, disposée
suivant l'axe de la cuve. Cette cathode peut être en métal, par exemple en nickel.
La cuve est prolongée inférieurement par un conduit 28 fermé en son extrémité inférieure,
disposé suivant l'axe de la cuve et débouchant dans celle-ci. L'anode traverse ce
conduit pour s'étendre dans la cuve jusqu'à mi-hauteur de la cathode par exemple.
La partie 29 de l'anode, située dans la cuve, peut être renflée. Le conduit 28 est
muni de moyens de refroidissement 30 qui consistent par exemple en une circulation
d'air, et également de moyens de chauffage 32 tels que des colliers chauffants disposés
le long du conduit 28. Une canalisation 34 destinée à la vidange du bain est prévue
à la base du conduit 28, communique avec celui-ci et comporte une vanne de vidange
36.
[0018] Excepté dans sa partie 29, l'anode 26 est munie d'une gaine de céramique 38 dont
la partie inférieure recouvre la base ou extrémité inférieure du conduit 28. L'extrémité
inférieure de l'anode est fi letée et dépasse de la base du conduit 28. Une bague
40 électriquement isolante est montée sur cette extrémité de l'anode et un écrou
42 vissé la base de l'anode permet de maintenir la bague 40 contre la céramique 38,
par l'intermédiaire d'une rondelle métallique 44.
[0019] Le pôle positif d'une source de courant électrique continu (non représentée) est
relié à l'extrémité inférieure de l'anode et le pôle négatif de cette source est
relié la cathode, à travers un passage électriquement isolant (non représenté) traversant
la cuve 20, qui est par ailleurs électriquement isolée de l'anode et de la cathode.
[0020] Le pourtour externe d'un collecteur en forme de gouttière circulaire 46 tournée vers
le bas est raccordé au bord supérieur de la cathode. Un conduit 48 formant une surverse
traverse le support 21 et un passage étanche (non représenté) prévu sur la cuve pour
déboucher, par une extrémité, dans la gouttière 46. L'autre extrémité de la surverse
48 pénétre, à travers un soufflet d'étanchéité 50, dans une enceinte étanche 52 telle
qu'une boîte à gants, remplie d'un gaz ne réagissant pas chimiquement avec le lithium,
l'argon par exemple. Un récipient 54 est placé, dans l'enceinte 52, sous l'autre extrémité
de la surverse 48 et peut reposer sur un appareil de pesée continue 56. L'enceinte
52 est munie d'un sas 58 permettant d'intervenir dans cette enceinte et d'en extraire
le récipient 54.
[0021] Plusieurs grilles 60 cylindriques, coaxiales, s'étendent le long et au voisinage
de la paroi interne de la cathode située en regard de l'anode, à partir de l'intérieur
de la gouttière 46 jusqu'au bas de la cathode, les hauteurs respectives des extrémités
inférieures des grilles, comptées à partir du bas de la cathode, allant en augmentant
à partir de la grille la plus proche de la cathode.
[0022] A titre indicatif et nullement limitatif, les grilles se touchent, l'intervalle entre
elles étant nul, et la grille la plus proche de la cathode touche cette dernière,
chaque grille ayant une épaisseur de 0,6 cm et étant réalisée à partir de fils de
0,25 cm de diamètre, formant des mailles carrées de 0,5 cm de côté.
[0023] La partie supérieure de la cuve 20 est fermée de façon étanche par un couvercle
62 en forme de hotte dont le sommet est relié de façon étanche à un conduit 64. L'extrémité
d'une canalisation 66, qui est prévue pour l'alimentation du bain en un composant
de celui-ci, contenant la substance, et qui traverse la hotte 62 par un passage étanche
non représenté, aboutit à la partie supérieure de la cuve, au-dessus de la surface
du bain électrolytique qui remplit la cuve en recouvrant l'anode, la cathode, la gouttière
et la partie 68 de la surverse présente dans la cuve.
[0024] Le bain est animé de courants de convexion montant et descendant respectivement le
long des parois interne et externe de la cathode, des passages étant prévus entre
cette dernière et le fond de la cuve pour la circulation du bain.
[0025] Lors de l'électrolyse, le chlore qui se dégage à l'anode est évacué par le conduit
64. Le lithium (liquide) formé à la cathode monte le long de celle-ci et des grilles
60 pour s'accumuler dans la gouttière 46 d'où il est évacué par la surverse 48. Le
lithium tombe alors dans le récipient 54 que l'on peut extraire de l'enceinte 52 par
le sas 58 lorsqu'une quantité suffisante de lithium, mesurée par les moyens de pesée
continue 56, est contenue dans le récipient 54.
[0026] La cuve 20, son support 21, le couvercle 62, le conduit 28, la cathode 24, l'anode
26, la gouttière 46 et les grilles 60 sont par exemple réalisés en acier inoxydable.
[0027] L'absence d'obstacle au mouvement ascendant des bulles de chlore dans la partie du
bain située entre l'anode et la surface du bain - l'arrivée du courant de l'anode
se faisant par le bas de l'électrolyseur - procure une vitesse ascensionnelle suffisante
du bain dans cette partie pour assurer, entre la cathode et la paroi interne de la
cuve, une bonne circulation descendante de l'électrolyte, et de ce fait, un excellent
renouvellement du bain dans la zone d'électrolyse, comprise entre l'anode et la cathode.
[0028] Afin de diminuer le coût de l'électrolyseur, la cathode, le collecteur 46 et la partie
68 de la surverse, qui sont constamment immergés dans le bain, peuvent être réalisés
en un métal moins noble que la cuve et le couvercle, ce métal étant par exemple de
l'acier ordinaire.
[0029] Si l'on est capable, par ailleurs, d'éviter la dilution par un gaz du chlore formé,
et par conséquent son éventuelle humidification, on diminue de ce fait la corrosion
de la cuve et de son couvercle. La compression, le stockage et la commercialisation
du chlore formé sont alors envisageables.
[0030] La couche de lithium présente dans le collecteur ne doit pas descendre trop bas
dans celui-ci, au risque d'en échapper par la partie basse (ouverte) de ce collecteur.
[0031] Il est préférable que la hauteur du bain, qui dépend de la position de la surverse
et de la densité apparente du bain au niveau du collecteur 46, densité fonction de
la quantité de chlore présente à ce niveau, ne varie pas de plus d'un centimètre envi
ron. Aussi est-il préférable d'alimenter continûment le bain en chlorure de lithium
sec par le conduit 66.
[0032] L'électrolyseur selon l'invention, décrit en référence à la figure 2, a un excellent
rendement global en lithium, autorise une fabrication continue de ce métal, en empêchant
la formation de courts-circuits entre l'anode et la cathode. Dans cet électrolyseur,
la corrosion de la cathode, des grilles et du collecteur 46 est fortement réduite.
Enfin, la commercialisation du chlore produit en même temps que le lithium est possible.
1. Electrolyseur pour l'extraction, d'un bain électrolytique, d'une substance moins
dense que ce bain, cet électrolyseur comprenant une anode (26) et une cathode (24)
qui plongent dans le bain, la cathode, à laquelle se forme la substance, s'étendant
verticalement et entourant l'anode, l'électrolyseur comprenant en outre des moyens
(60) de confinement de la substance au voisinage de la cathode et de guidage de cette
substance le long et vers l'extrémité supérieure de la cathode, et des moyens (46)
de recueillement de la substance en cette extrémité, électrolyseur caractérisé en
ce que les moyens de confinement et de guidage comprennent au moins une couche d'un
grillage (60) fait d'un matériau résistant au bain et aux produits de l'électrolyse,
chaque couche étant disposée au voisinage de la cathode (24), entre celle-ci et l'anode
(26), et s'étendant le long de la cathode.
2. Electrolyseur selon la revendication 1, caractérisé en ce que les moyens de confinement
et de guidage comprennent plusieurs couches de grillage coaxiales (60).
3. Electrolyseur selon la revendication 1, caractérisé en ce que le grillage est enroulé
suivant un cylindre à base en forme de spirale.
4. Electrolyseur selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce
que les moyens de confinement et de guidage comprennent plusieurs couches de grillage
(60) et en ce que les hauteurs respectives des extrémités inférieures des couches,
comptées à partir du bas de la cathode, augmentent à partir de la couche la plus proche
de la cathode.
5. Electrolyseur selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractéri$é en ce
que les moyens de recueillement comprennent une gouttière (46) tournée vers le bas,
qui est placée au dessus de la cathode (24) et dont le bord externe longe l'extrémité
supérieure de celle-ci, et en ce que l'extrémité supérieure de chaque couche de
grillage est suffisamment proche de la gouttière pour tremper dans la substance accumulée
dans cette gouttière lorsque l'électrolyseur est en fonctionnement.
6. Electrolyseur selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce
qu'il comprend en outre des moyens (66) d'alimentation en continu en un composant
du bain, qui contient la substance.