[0001] L'invention a pour objet un procédé de séparation du fer à partir d'une solution
organique contenant de l'uranium.
[0002] Plus généralement, l'invention a pour objet un procédé d'extraction de l'uranium
présent dans les solutions d'acide phosphorique, notamment dans les solutions d'acide
phosphorique obtenues à partir de minerais phosphatés contenant du fer.
[0003] On sait que les minerais phosphatés contiennent généralement des quantités d'uranium
qui peuvent être récupérées au cours de l'attaque des minerais phosphatés par l'acide
sulfurique.
[0004] Cette récupération est intéressante, compte tenu du tonnage important des minerais
phosphatés traités par l'acide sulfurique.
[0005] Lors de l'attaque des minerais par l'acide sulfurique, l'uranium passe en solution
dans l'acide phosphorique obtenu et les procédés pour récupérer l'uranium à partir
de l'acide phosphorique font appel à des solvants organiques appropriés tels que ceux
décrits dans le brevet français n
o 2 396 803, constitués par un mélange synergique d'extractants.
[0006] Le procédé mis au point avec ces solvants permet l'extraction et la purification
de l'uranium en un seul cycle, et le fer est éliminé des décanteurs sous forme de
précipité, lorsqu'on réextrait l'uranium à l'aide de carbonate d'ammonium.
[0007] On a également mis au point de nouveaux solvants, décrits dans le brevet français
n
o 2 442 796, le certificat d'addition n
o 2 459 205 et le brevet français n
o 2 494 258.
[0008] Ces nouveaux solvants sont constitués par des couples synergiques plus puissants.
Ces nouveaux solvants extraient davantage d'uranium, mais également plus de fer,
ce qui rend difficile la réextractation alcaline de l'uranium, étant donné la présence
gênante des hydroxydes de fer qui précipitent en milieu alcalin.
[0009] On a également envisagé d'utiliser des solvants organiques tels que l'oxyde de trioctylphosphine
et l'acide di-2-ethyl hexylphosphorique avec de l'acide phosphorique dilué et sensiblement
exempt de fer, mais ce procédé présente l'inconvénient soit d'entraîner une coextraction
importante de l'uranium avec le fer et donc de perdre de l'uranium qui passe en phase
aqueuse, soit d'opérer en milieu acide phosphorique dilué nécessitant par la suite
une reconcentration de l'acide phosphorique ou une perte de celui-ci (cf. brevet français
n
o 2 459 837).
[0010] L'invention a pour objet un procédé d'extraction d'uranium à partir d'une solution
organique le contenant et contaminée par du fer.
[0011] L'un des aspects de l'invention est de proposer un procédé de séparation du fer
contaminant une solution organique contenant de l'uranium, lequel procédé permet
également d'extraire l'uranium à un taux élevé.
[0012] L'un des autres aspects de l'invention est de proposer un procédé permettant l'utilisation
aisée de solvants susceptibles d'extraire l'uranium avec un rendement élevé, tout
en éliminant les problèmes dûs à la présence du fer.
[0013] L'un des autres aspects de l'invention est de proposer un procédé d'extraction d'uranium
ne comportant qu'un seul cycle d'extraction-réextraction, évitant un deuxième cycle
de purification et la double opération de réduction-oxydation pour réextraire l'uranium,
tout en s'affranchissant des difficultés de conduite de l'opération de réextraction
alcaline directe de l'uranium.
[0014] L'un des aspects de l'invention est de proposer un procédé de séparation du fer
contaminant une solution organique contenant de l'uranium, lequel procédé ne nécessite
à aucun moment de changer ni la valence de l'uranium, ni celle du fer.
[0015] L'un des aspects de l'invention est de proposer un procédé de déferrisation de l'acide
phosphorique, applicable industriellement et avantageusement intégrable dans une
usine de fabrication d'acide phosphorique à partir de phosphates naturels dans laquelle
on souhaite également récupérer l'uranium contenu dans lesdits phosphates.
[0016] Le procédé de séparation du fer selon l'invention à partir d'une solution organique
initiale uranifère contenant au moins 1 g/l de fer, laquelle solution organique
initiale contient un solvant organique comprenant un système d'extractants constitué
par :
un oxyde neutre de phosphine de formule :

ou de formule (R₁) ₃-P=O
dans laquelle
. R₁ et R₂ identiques ou différents, représentent un radical alcoyle linéaire ou
ramifié comportant de 4 à 10 atomes de carbone, de préférence 6 ou 8,
. m est un nombre entier allant de 1 à 3 et valant de préférence 1,
. n est un nombre entier allant de 4 à 10 et valant de préférence 7,
et un composé organophosphoré acide répondant à la formule :

dans laquelle R₃, R₄, R₅, R₆ identiques ou différents représentent un radical alcoyle
linéaire ou ramifié ayant au moins 4 atomes de carbone, de préférence de 4 à 10 atomes
de carbone, avantageusement de 4 à 6 atomes de carbone, ou un radical aryle de 6 à
10 atomes de carbone,
lequel procédé comprend la réaction de la susdite solution organique uranifère sur
un acide choisi parmi l'acide oxalique, un mélange d'acide phosphorique et sulfurique
ou un mélange d'acide phosphorique déferrisé et d'acide sulfurique, l'uranium restant
dans la solution organique initiale et le fer passant en solution aqueuse.
[0017] On s'est aperçu de façon tout à fait inattendue, qu'en utilisant un acide choisi
parmi ceux cidessus mentionnés, dans une solution organique initiale contenant de
l'uranium et du fer, il y avait une séparation suffisante entre l'uranium et le fer
telle que la majeure partie ou la totalité de l'uranium reste en phase organique et
la majeure partie ou la totalité du fer soit extraite de la solution organique initiale
et passe en phase aqueuse, ce qui permet de réextraire l'uranium de la phase organique
sans que le procédé de réextraction de l'uranium soit gêné par la présence de fer,
qui pourrait par exemple précipiter, et sans qu'il y ait de perte en uranium par passage
de celui-ci en phase aqueuse.
[0018] La quantité d'uranium qui reste dans la phase organique correspond à au moins environ
85 %, et est d'environ 85 % à environ 95 % de la quantité totale d'uranium contenue
dans ladite solution organique initiale, mais généralement la quantité d'uranium
qui passe en phase aqueuse ne dépasse pas environ 10 %.
[0019] La quantité de fer qui passe en solution aqueuse correspond à environ au moins 60-70
% de la quantité totale de fer contenue dans la solution organique initiale.
[0020] Dans la solution organique initiale, le fer est à la valence 3 et est avantageusement
sous forme de Fe (PO₄R₂)₃ , R représentant le radical du composé organophosphoré acide
ci-dessus défini et l'uranium est à la valence 6, et avantageusement sous forme UO₂(PO₄R₂)
₂, R représentant le radical du composé organophosphoré acide ci-dessus défini.
[0021] Le procédé selon l'invention s'applique avantageusement aux solutions organiques
initiales, dans lesquelles le rapport entre le fer et l'uranium, Fe/U, est égal ou
supérieur à environ 0,8, notamment à environ 1, sans limite supérieure.
[0022] Le procédé selon l'invention s'applique avantageusement aux solutions organiques
initiales, dans lesquelles la valeur du rapport Fe/U varie d'environ 0,8 à environ
2,5, et notamment d'environ 1 à environ 2,5.
[0023] Pour les valeurs du rapport Fe/U inférieur à environ 0,8, le procédé de l'invention
s'applique également.
[0024] Le procédé de l'invention s'applique avantageusement aux solutions organiques initiales
contenant au moins environ 1 200 mg/l de fer et au moins environ 1 200 mg/l d'uranium,
car il permet d'éliminer les problèmes dûs à la précipitation ultérieure du fer.
[0025] Les susdites valeurs ne sont pas critiques car le procédé de l'invention s'applique
également aux solutions organiques initiales contenant moins d'environ 1 200 mg/l
d'uranium et qui peuvent par exemple contenir environ 400 mg/l d'uranium.
[0026] Selon un mode de réalisation préféré du procédé de l'invention, les solutions organiques
initiales contiennent d'environ 0,3 à environ 3 g/l d'uranium, notamment d'environ
0,4 à environ 1,5 g/l d'uranium et d'environ 1 à environ 4 g/l de fer, notamment environ
1,2 g/l de fer.
[0027] Selon un mode de réalisation préféré du procédé de l'invention, la solution organique
initiale est constituée d'un mélange de deux extractants choisi parmi l'oxyde de tri
octyl phosphine (TOPO), l'oxyde de di n hexyl octyl methoxy phosphine (DinHMOPO),
l'acide bis dibutoxy 1,3 propyl 2 phosphorique (BIDIBOPP) et l'acide bis dihéxyloxy
1,3 propyl 2 phosphorique (BIDIHOPP) et notamment les couples suivants :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BIDIHOPP).
[0028] Selon un mode de réalisation avantageux du procédé de l'invention, la solution organique
initiale contenant le fer et l'uranium provient d'une solution d'acide phosphorique
de départ, contenant de l'uranium, notamment à raison d'environ 50 à environ 300 mg/l,
et du fer, notamment à raison d'environ 1 à environ 15 g/l, notamment d'environ 1
à environ 10 g/l.
[0029] Dans la solution d'acide phosphorique de départ, le rapport U/Fe est généralement
d'environ 1/100 à 1/15, et passe à environ 1/1 par addition d'un système d'extractants
cité ci-dessus, pour constituer la solution organique initiale, l'uranium passe dans
la solution organique initiale, le fer passe en majeure partie avec l'acide phosphorique
et une partie du fer reste dans la solution organique initiale et doit en être éliminé.
[0030] En ce qui concerne l'acide utilisé pour extraire le fer à partir de la solution organique
initiale, lorsqu'on a de recours à de l'acide oxalique, celui-ci, sur les composés
organiques d'uranium et de fer, conduit aux réactions suivantes :
1) UO₂(PO₄R₂)₂ + H₂C₂O₄ ---> UO₂(PO₄R₂)₂ + H₂C₂O₄,
R représentant le radical du composé organophosphoré acide ci-dessus défini,
en d'autres termes, il n'y a pas déplacement de l'uranium et celui-ci reste dans la
solution organique initiale,
2) 2Fe(PO₄R₂)₃+3H₂C₂O₄ ---> Fe₂(C₂O₄)₃+6HPO₄R₂
R représentant le radical du composé organophosphoré acide ci-dessus défini,
l'oxalate de fer passe en solution aqueuse.
[0031] L'acide oxalique est avantageusement utilisé, dans la mise en oeuvre du procédé de
l'invention, à raison d'environ 8 à environ 10 kg par kg de fer à extraire.
[0032] Il est également possible d'avoir recours à des quantités en acide oxalique (exprimées
en kg) inférieure à environ 8 kg par kg de fer à extraire.
[0033] L'acide oxalique est généralement utilisé à une concentration d'environ 5 à environ
50 g/l, notamment d'environ 5 à environ 30 g/l et de préférence d'environ 20 g/l.
[0034] L'acide oxalique peut être régénéré, par exemple par utilisation d'hydroxyde de calcium
Ca (OH)₂, à raison d'environ 1 à environ 4 kg, et d'acide sulfurique, à raison d'environ
2 à environ 8 kg, par kg d'acide oxalique.
[0035] L'acide oxalique est particulièrement avantageux dans la mesure où il permet une
séparation efficace du fer et de l'uranium, telle que la totalité de l'uranium reste
dans la solution organique initiale.
[0036] Selon un autre mode de réalisation avanatageux du procédé de l'invention, on peut
également avoir recours à un mélange d'acide phosphorique et d'acide sulfurique, ci-après
désigné par un mélange sulfophosphorique.
[0037] On s'est, en effet, aperçu qu'en modifiant la proportion entre l'acide phosphorique
et l'acide sulfurique, on obtient un comportement du fer et de l'uranium différent.
[0038] Selon un mode de réalisation avantageux de l'invention, l'acide phosphorique utilisé
dans le mélange sulfophosphorique est désuranié. Par acide phosphorique désuranié,
on désigne de l'acide phosphorique contenant moins d'environ 10 mg/l d'uranium.
[0039] On a constaté que le mélange d'acide sulfurique et d'acide phosphorique, avantageusement
désuranié, peut être utilisé sans qu'il soit nécessaire d'effectuer une étape de reconcentration
de l'acide sulfophosphorique, et sans entraîner une co-extraction trop importante
de l'uranium.
[0040] On a avantageusement recours à un mélange d'acide phosphorique et d'acide sulfurique
de normalité totale comprise de 12 N à 20 N.
[0041] La normalité de l'acide sulfurique peut varier de 3 N à 12 N, et la normalité de
l'acide phosphorique peut varier de 3 N à 12 N.
[0042] De façon avantageuse, on a recours à un mélange d'acide sulfurique de normalité
3 N et d'acide phosphorique de normalité 9 N, lorsque la teneur en fer contenu dans
l'acide phosphorique est égale ou inférieure à environ 1,5 g/l.
[0043] Lorsque la teneur en fer de l'acide phosphorique est supérieure à environ 1,5 g/l,
on peut procéder à une augmentation de la concentration en acide sulfurique, celle-ci
étant alors avantageusement supérieure ou égale à 9 N.
[0044] Le rapport H₂SO₄/H₃PO₄ en normalité peut alors avantageusement varier de 3 à 1/3.
[0045] Lorsque la teneur en fer de l'acide phosphorique est supérieure à environ 1,5 g/l,
on peut également procéder à une déferrisation préalable de l'acide phosphorique,
avantageusement désuranié, c'est-à-dire contenant moins d'environ 10 mg/l d'uranium,
avant de faire le mélange sulfophosphorique.
[0046] Lorsque la teneur en fer de l'acide phosphorique est supérieure à environ 1,5 g/l,
on peut procéder à une augmentation de la concentration en acide sulfurique et conjointement
à une déferrisation de l'acide phosphorique, avantageusement désuranié.
[0047] Selon un autre mode de réalisation du procédé de l'invention, on peut donc avoir
recours à un mélange sulfophosphorique dans lequel l'acide phosphorique a été préalablement
déferrisé, et avantageusement préalablement déferrisé et désuranié.
[0048] Dans la mise en oeuvre du procédé de l'invention, on peut obtenir de l'acide phosphorique
désuranié et déferrisé, destiné à la préparation du mélange sulfophosphorique, en
prélevant de l'acide phosphorique désuranié, obtenu à partir de l'acide phosphorique
uranifère contenant du fer, après l'extraction de l'uranium à l'aide d'un des solvants
définis ci-dessus.
[0049] L'avantage présenté par l'acide phosphorique désuranié et déferrisé est que cet acide
phosphorique peut intervenir dans le procédé de l'invention, notamment lorsque la
solution organique initiale provient d'une solution d'acide phosphorique uranifère,
provenant elle-même de minerais phosphatés.
[0050] La quantité d'acide phosphorique prélevé correspond au maximum à environ 10 % de
la quantité d'acide phosphorique obtenu à partir de l'acide phosphorique désuranié
contenant du fer.
[0051] On fait ensuite réagir cet acide phosphorique désuranié sur l'un des solvants neufs
ou régénérés définis ci-dessus.
[0052] Le fer contenu dans l'acide phosphorique désuranié est extrait de l'acide phosphorique
désuranié et passe dans le solvant neuf ou régénéré, et on obtient de l'acide phosphorique
désuranié et déferrisé.
[0053] De façon pratique, la préparation de l'acide phosphorique déferrisé est réalisée
par extraction à contre-courant, par exemple, en cinq étages, avec un solvant organique
choisi parmi ceux mentionnés précédemment et neuf ou régénéré sur de l'acide phosphorique
désuranié.
[0054] On définit par solvant neuf ou régénéré, le solvant pratiquement exempt d'uranium
et de fer, c'est-à-dire contenant moins d'environ 100 mg/l de fer, notamment moins
d'environ 10 mg/l de fer et moins d'environ 10 mg/l d'uranium, et contenant notamment
environ 2 à 3 mg/l d'uranium.
[0055] On considère qu'un solvant est régénéré lorsqu'il a subi une réextraction alcaline,
notamment à l'aide de carbonate d'ammonium et d'ammoniaque avant d'être réutilisé
soit à l'extraction de l'uranium, soit à la déferrisation de l'acide phosphorique.
[0056] L'acide phosphorique déferrisé et avantageusement désuranié utilisé dans la préparation
du mélange sulfophosphorique intervenant dans le procédé de l'invention, a généralement
une concentration d'environ 1 M à 3 M.
[0057] On a constaté que la déferrisation de l'acide phosphorique avantageusement désuranié
est d'autant plus efficace que la concentration de l'acide phosphorique avantageusement
désuranié à déferriser est faible.
[0058] C'est ainsi que l'on a constaté que l'utilisation d'un acide phosphorique désuranié
à déferriser, de concentration d'environ 3M, conduit à l'obtention d'un acide phosphorique
désuranié et déferrisé, à l'aide d'un solvant neuf ou régénéré, généralement en un
ou deux étages, tandis qu'un acide phosphorique désuranié à déferriser de concentration
supérieure, par exemple d'environ 4,5M, nécessite 3 à 5 étages pour être déferrisé.
[0059] Ce qui est dit à propos de la déferrisation de l'acide phosphorique, notamment désuranié,
contenant une quantité supérieure à 1,5 g/l de fer s'applique à l'acide phosphorique
contenant de 0 à 1,5 g/l de fer.
[0060] Après déferrisation, l'acide phosphorique déferrisé entrant dans la constitution
du mélange sulfophosphorique utilisé dans le procédé de l'invention contient d'environ
50 mg/l à environ 600 mg/l de fer.
[0061] L'acide phosphorique déferrisé entrant dans la composition du mélange sulfophosphorique
est avantageusement d'environ 3 N à environ 5 N.
[0062] De façon avantageuse, on a recours à un mélange d'cide sulfurique de normalité 9
N et d'acide phosphorique déferrisé de normalité 3 N, ou à un mélange d'acide sulfurique
de normalité d'environ 12 N et à d'acide phosphorique de normalité 4 N.
[0063] Le choix de la valeur de la normalité de l'acide sulfurique et de celle de l'acide
phosphorique déferrisé ou non dépend de la nature de l'acide phosphorique utilisé,
et notamment de sa teneur en fer.
[0064] On peut également avoir recours à un mélange d'acide sulfurique et d'acide phosphorique
dans lequel une partie de l'acide phosphorique est déferrisé. A titre d'exemple, non
limitif on peut avoir recours à de l'acide sulfurique de normalité 12 N, de l'acide
phosphorique de normalité 2 N, contenant plus d'environ 1,5 g/l de fer, et de l'acide
phosphorique déferrisé (contenant moins d'environ 0,6 g/l de fer) de normalité 2 N.
[0065] Selon un mode de réalisation préféré du procédé de l'invention, la concentration
de l'acide sulfophosphorique est d'environ 450 g/l, compte tenu du fait que l'acide
sulfurique présente deux fonctions acides et que l'acide phosphorique présente trois
fonctions acides.
[0066] L'avantage du mélange sulfophosphorique de la normalité et concentration choisie,
permet :
- de ne pas avoir à effectuer de reconcentration du mélange sulfophosphorique qui
peut être directement réutilisé à l'attaque des phosphates,
- de limiter la coextraction en uranium.
[0067] Selon un mode de réalisation préféré de l'invention, le procédé de l'invention comprend
les étapes suivantes :
- on fait agir un solvant choisi parmi les systèmes d'extractants suivants :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BidiHOPP),
sur une solution d'acide phosphorique de départ contenant de l'uranium et du fer,
et dont le rapport en poids U/Fe est d'environ 1/10 à environ 3/1000 pour obtenir
- d'une part une solution organique initiale constituée du susdit solvant, contenant
au moins environ 95 % de la quantité d'uranium contenu dans l'acide phosphorique de
départ et au moins 1 g/l de fer dans laquelle le rapport en poids Fe/U est supérieur
ou égal à environ 0,8, notamment compris d'environ 1/1 à environ 2,5/1,
- et d'autre part une phase aqueuse désuraniée contenant l'acide phosphorique et environ
80 % à environ 90 % du fer contenu dans la solution d'acide phosphorique de départ
;
- on fait agir sur la susdite solution organique initiale un acide choisi parmi l'acide
oxalique, un mélange d'acide phosphorique et sulfurique, ou un mélange d'acide phosphorique
déferrisé et d'acide sulfurique pour obtenir
- d'une part une phase aqueuse contenant environ 50 % à environ 90 %, notamment environ
70 %, du fer contenu dans la solution organique initiale et
- d'autre part une phase organique contenant au moins 85 % en poids de l'uranium
contenu dans la solution organique initiale.
[0068] Selon un autre mode de réalisation préféré de l'invention, le procédé de séparation
du fer à partir d'une solution d'acide phosphorique de départ contenant de l'uranium
et du fer est caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BIDIHOPP),
sur la solution d'acide phosphorique de dpéart contenant de l'uranium et du fer, et
dont le rapport en poids U/Fe est d'environ 1/10 à environ 3/1000 pour obtenir
- d'une part solution organique initiale contenant le susdit solvant contenant au
moins environ 95 % de la quantité d'uranium contenu dans l'acide phosphorique de
départ, et au moins 1 g/l de fer dans laquelle le rapport en poids Fe/U est supérieur
ou égal à environ 0,8, notamment compris d'environ 1/1 à environ 2,5/1,
- et d'autre part une phase aqueuse désuraniée contenant l'acide phosphorique et environ
80 % à environ 90 % du fer contenu dans la solution d'acide phosphorique de départ,
- on fait agir sur la susdite solution organique initiale un acide choisi parmi l'acide
oxalique, un mélange d'acide phosphorique et sulfurique, ou un mélange d'acide phosphorique
déferrisé et d'acide sulfurique pour obtenir
- d'une part une phase aqueuse contenant environ 50 % à environ 90 %, notamment environ
70 % du fer contenu dans la solution organique initiale et
- d'autre part une phase organique contenant au moins 85 % en poids de l'uranium
contenu dans la solution organique initiale.
[0069] En pratique, la déferrisation de la solution organique initiale a lieu généralement
en faisant circuler l'un des acides mentionnés ci-dessus à contre-courant par rapport
à la circulation de la solution organique initiale.
[0070] Le nombre d'étages utilisé est d'environ 1 à 6, et de préférence 2 à 4.
[0071] Le temps de contact entre la solution organique initiale et l'acide est généralement
d'environ 3 à 10 minutes.
[0072] La susdite phase organique obtenue à partir de la déferrisation de la solution organique
initiale et contenant la majeure partie de l'uranium est ensuite avantageusement lavée,
notamment à l'eau, jusqu'à l'obtention d'une teneur en PO₄ dans la solution organique
inférieure ou égale à environ 1 g/l.
[0073] L'uranium est ensuite réextrait en milieu alcalin, à partir de la phase organique
lavée. L'uranium est par exemple réextrait à l'aide de carbonate d'ammonium et d'ammoniaque
pour réguler le pH. Cette réextraction permet de solubiliser dans le carbonate d'ammonium
une quantité d'uranium correspondant à environ 95 % à environ 100 % de la quantité
totale contenue dans la solution organique initiale.
[0074] Le procédé de l'invention qui permet la séparation entre le fer et l'uranium et
l'élimination du fer, limite la précipitation du fer dans le milieu de carbonate d'ammonium.
[0075] Dans le procédé de l'invention, on peut également préciser les détails pratiques
suivants.
[0076] En pratique, dans le procédé de l'invention, le solvant parcourt une boucle.
[0077] Le solvant est dans une première étape mis en contact avec une solution d'acide phosphorique
de départ (acide phosphorique uranifère contenant du fer) pour extraire l'uranium).
[0078] Le solvant ainsi chargé d'uranium mais également de fer constitue la solution organique
initiale définie ci-dessus.
[0079] Cette solution organique initiale est déferrisée dans une deuxième étape, et le
solvant ainsi déferrisé est soumis, dans une troisième étape, à un lavage pour être
ensuite soumis dans une quatrième étape, à une réextraction, pour réextraire l'uranium.
[0080] Le solvant ainsi désuranié est ensuite soumis dans une cinquième étape à une acidification,
car l'étape de réextraction précédemment citée a lieu généralement en milieu alcalin.
[0081] L'acidification est généralement constituée par l'acide phosphorique, avantageusement
déferrisé ou par l'acide sulfurique, qui peut provenir des effluents obtenus à l'issue
de la première étape d'extraction.
[0082] Il n'est toutefois pas nécessaire de faire une purge en fer du solvant ainsi acidifié
par de l'acide phosphorique contenant du fer, car lorsque le solvant acidifié est
mis en présence de la solution de l'acide phosphorique de départ, les équilibres en
fer ne sont pas modifiés.
[0083] On a schématisé l'une des variantes préférées du procédé de l'invention sur la figure
1.
[0084] L'influent (a), contenant essentiellement des phosphates et contenant également de
l'uranium et du fer, est traité, notamment par de l'acide sulfurique, pour être transformé
en acide phosphorique (b). L'étape de préparation de l'acide phosphorique est représentée
en (1).
[0085] L'acide phosphorique contenant de l'uranium et du fer est soumis à une étape d'extraction
représentée en (2), à l'aide d'un des solvants (s) cités ci-dessus, introduit à
contre-courant pour conduire
- d'une part à des effluents désuraniés (d) contenant du fer,
- et d'autre part à la solution organique initiale (e) qui s'est constituée à partir
du solvant (c) qui s'est chargé en uranium et également en fer.
[0086] La solution organique initiale (e) contenant de l'uranium et du fer est soumis à
une étape de déferrisation (3), à l'aide d'un des acides (f) mentionnés ci-dessus,
introduit à contre-courant.
[0087] Cette déferrisation conduit à une solution organique déferrisée, représentée par
(g) et à de l'acide chargé en fer, représenté par (t).
[0088] La solution organique déferrisée (g) contenant l'uranium est ensuite soumise à l'étape
de lavage représentée par (4) à l'aide d'eau (h) introduite à contre-courant.
[0089] La solution organique déferrisée (g) contenant l'uranium est représenté par (i)
à l'issue de l'étape de lavage.
[0090] La solution organique (i) est soumise à une étape de réextraction représentée en
(5), à l'aide de carbonate d'ammonium et d'ammoniaque (j) introduit à contre-courant.
On obtient d'une part un éluat de carbonate d'ammonium riche en uranium (k), et d'autre
part le solvant désuranié (m) sortant de l'étape de réextraction.
[0091] Le solvant (m) est soumis à une étape d'acidification représentée en (6), notamment
à l'aide d'acide phosphorique (d₁), introduit à contre-courant et provenant des effluents
désuraniés (d).
[0092] Le solvant ainsi acidifié (s) est repris dans l'étape d'extraction (2).
[0093] L'invention sera mieux comprise, grâce aux exemples ci-après, donnés pour illustration
et à titre non limitatif.
EXEMPLE 1 : Déferrisation par l'acide oxalique -
[0094] Cet exemple est relatif au procédé de l'invention dans lequel on utilise l'acide
oxalique pour extraire le fer à partir d'une solution organique initiale.
[0095] Il n'y a pas de réaction entre l'uranium et l'acide oxalique, l'uranium reste donc
dans la solution organique et l'oxalate de fer passe en solution aqueuse.
[0096] Cette opération a été réalisée à contre-courant en continu sur 5 étages, dans les
conditions expérimentales indiquées ci-après.
[0097] . Concentration en H₂C₂O₄, 2H₂O..... 23 g/l
. Nombre d'étages................... 5
. Rapport organique/aqueux (en volume).... 1/2,7
. Débit de la solution organique initiale ... 0,1 1/h
. Débit de la solution d'acide oxalique...... 0,27 1/h
. Recyclage interne de la phase aqueuse..... 0,126 1/h
. Temps de fonctionnement................... 62 h
. Taux moyen d'élimination.............. 80 à 85% en Fe
. Consommation d'acide oxalique.......8 à 10 kg/kg de Fe
[0098] Les résultats obtenus sur cinq étages avec trois solutions organiques initiales ayant
des teneurs en fer différentes sont les suivants :

[0099] Pendant cette opération, l'uranium n'est pas du tout réextrait. A la dispersion analytique
près, les teneurs du solvant en uranium sur tous les étages sont identiques.
[0100] L'extraction du fer par l'acide oxalique donne, sur le plan technique, des résultats
remarquables, et nécessite entre environ 8 et environ 10 kg d'acide oxalique pour
éliminer 1 kg de fer.
[0101] On peut ensuite régénérer l'acide oxalique en transformant l'oxalate de fer en oxalate
de calcium par la chaux et ce dernier en acide oxalique par action de l'acide sulfurique.
Les réactions sont les suivantes :
Fe₂(C₂O₄)₃ + 3 Ca(OH)₂ ---> 2 Fe(OH)₃ + 3 CaC₂O₄ + 3H₂O
CaC₂O₄ + H₂SO₄ ---> CaSO₄ + H₂C₂O₄
[0102] La figure n
o 2 est un schéma de principe du procédé de l'invention, avec élimination du fer par
l'acide oxalique. Les chiffres sont donnés à titre indicatif pour un e usine traitant
80 m³/h d'acide phosphorique.
[0103] On a représenté en (1), l'étape d'extraction de l'uranium à partir de l'influent
(a) constitué d'acide phosphorique (442 g/l dʹH₃PO₄), contenant de l'uranium (0,08
g/l) et du fer (1,31 g/l), et dont le débit est de 80 m₃/h.
[0104] Cette extraction est effectuée à l'aide d'un solvant (s) introduit à contre-courant.
[0105] Après l'extraction de l'uranium, on obtient un effluent d'acide phosphorique (b)
contenant du fer et exempt d'uranium, et le solvant contenant l'uranium et du fer
(c) et que l'on a précédemment désigné par solution organique initiale.
[0106] Cette solution organique initiale (c) est soumise à une étape de déferrisation représentée
en (2), à l'aide d'une solution d'l'acide oxalique (d) introduite à contre-courant,
au débit de 3,5 m³/h, pour conduire d'une part à un oxalate de fer (d₁), au débit
de 3,5 m₃/h, et d'autre part à la solution organique déferrisée contenant l'uranium
(e).
[0107] On lave ensuite la solution organique déferrisée contenant l'uranium (e) à l'étape
(3), à l'aide d'eau neutre (f), au débit de 1,5 m³/h, ce qui conduit à une eau acide
(g) de débit 1,5 m³/h et à la solution organique lavée déferrisée contenant de l'uranium
(h).
[0108] L'uranium est réextrait de la solution organique déferrisée (h) à l'étape de réextraction
représentée en (4), à l'aide d'une solution de carbonate d'ammonium (i), introduit
à contre-courant de débit 0,6 m₃/h, ce qui conduit
- d'une part à un éluat uranifère (j), dans lequel l'uranium est à l'état UO₂(CO₃)₃
(NH₄)₄ et est présent à raison d'environ 10 g/l
- et d'autre part au solvant désuranié (k).
[0109] Le solvant désuranié (k) est ensuite acidifié à l'étape (5) à l'aide d'acide phosphorique
non déferrisé (b¹), introduit à contre-courant, au débit de 1,5 m³/h provenant d'une
partie d'effluent phosphorique (b).
[0110] A l'issue de l'étape (5), on obtient une solution de phosphate d'ammonium (m), et
le solvant acidifié (s), au débit de 4,9 m³/h qui est réintégré dans l'étape d'extraction
d'uranium (1).
EXAMPLE 2 : Procédé de déferrisation de l'acide phosphorique
[0111] Cet exemple est relatif à la préparation d'acide phosphorique déferrisé, avantageusement
désuranié entrant dans la préparation d'un mélange sulfophosphorique.
[0112] Le procédé de l'invention dans lequel on a recours à de l'acide sulfophosphorique
dans lequel l'acide phosphorique est préalablement déferrisé et avantageusement comprend
les étapes suivantes :
- une préparation de l'acide phosphorique désuranié à contre-courant avec du solvant
"neuf" ou régénéré, (exempt de fer et d'uranium),
- le mélange de l'acide sulfurique et de l'acide phosphorique déferrisé,
- une élimination du fer à partir du solvant organique, à contre-courant, à l'aide
du mélange sulfophosphorique dans lequel l'acide phosphorique a été déferrisé.
[0113] L'acide phosphorique désuranié contient généralement toujours dans quantités importantes
de fer. On peut disposer d'une certaine quantité de cet acide exempt de fer, en réalisant
une opération continue sur un nombre d'étages approprié.
[0114] Les essais de déferrisation sont réalisés sur deux acides phosphoriques : un effluent
d'acide phosphorique désuranié, sans dilution, dont la concentration est de 4,62
M, et un effluent d'acide phosphorique désuranié, dilué avec une partie des eaux de
lavage pour aboutir à une concentration de 3,4 M. Les cinétiques de réaction sont
les suivantes :
1) sur l'acide phosphorique désuranié à 4,62 M dont les caractéristiques sont les
suivantes :
. U : < 3 mg/l
. Fe : 1 290 mg/l
. P₂O₅ : 328 g/l ;
Le temps de contact et le pourcentage correspondant de fer extrait sont les suivants
:

La teneur en fer résiduel de l'acide est de 48 mg/l ;
2) sur l'acide phosphorique désuranié à 3,4 M dont les caractéristiques principales
sont les suivantes :
. U : < 3 mg/l
. Fe : 950 mg/l
. P₂O₅ : 242 g/l
Le temps de contact et le pourcentage correspondant de fer extrait sont les suivants
:

La teneur en fer résiduel de l'acide est de 10 mg/l.
[0115] Les figures n
o 3 et 4 schématisent les étapes du procédé de l'invention, pour réaliser la déferrisation
d'une solution organique initiale, respectivement en utilisant un mélange sulfophosphorique
dans lequel l'acide phosphorique est désuranié et déferrisé.
[0116] Sur la figure n
o 3, on a représenté par (a) l'influent constitué par le mélange sulfophosphorique
contenant 1 290 mg/l de fer et de l'uranium.
[0117] En (2), on a représenté l'extraction de l'uranium à l'aide d'un des solvants (s)
cités ci-dessus, introduit à contre-courant ; ce qui conduit
- d'une part à l'obtention d'un effluent (b), constitué par l'acide phosphorique désuranié,
de concentration 4,62 M et contenant 890 mg/l de fer,
- et d'autre part à une solution organique initiale contenant 2 125 mg/l de fer et
1 375 mg/l d'uranium.
[0118] La solution organique initiale (c) est soumise à une étape de déferrisation représentée
par (3) à l'aide du mélange sulfophosporique dans lequel l'acide phosphorique a été
préalablement déferrisé, introduit à contre-courant sur 2 à 6 étages. On obtient d'une
part la solution organique déferrisée (d) (contenant environ 300 mg/l de fer) contenant
de l'uranium et un effluent constitué de mélange sulfophosphorique chargé en fer (q),
lequel est recyclé dans l'influent défini ci-dessus.
[0119] La solution organique déferrisée (d) contenant de l'uranium est soumise à une étape
de lavage représenté par (4), à l'aide d'eau (e) introduite à contre-courant et on
obtient d'une part de l'eau acide (f) et la solution organique déferrisée et lavée
(g), contenant de l'uranium.
[0120] La solution organique (g) est soumise à une étape de réextraction de l'uranium représentée
par (5), à l'aide de carbonate d'ammonium et d'ammoniaque (h) intorduit à contre-courant.
On obtient d'une part un éluat uranifère (i) et le solvant désuranié (j). On acidifie
ensuite le solvant (j) dans une étape d'acidification représentée par (6) à l'aide
d'acide phosphorique désuranié (b₂) déferrisé de concentration 4,62 M, introduit à
contre-courant et ne contenant que 48 mg/l de fer. L'acide phosphorique (b₂) est introduit
à contre-courant et on obtient
- d'une part le solvant désuranié, déferrisé et acidifié (k),
- et d'autre part du phosphate d'ammonium (m).
[0121] On a représenté par (1) l'étape de déferrisation de l'acide phosphorique désuranié
(b₁) à l'aide du solvant désuranié et déferrisé (k), introduit à contre-courant.
[0122] L'acide phosphorique désuranié (b₁) est un aliquot de l'acide phosphorique désuranié
(b), l'acide phosphorique (b₁) représentant environ 10 % en volume de l'acide phosphorique
désuranié (b).
[0123] L'étape de déferrisation conduit à de l'acide phosphorique déferrisé (b₂) de concentration
4,62 M et contenant 48 mg/l de fer, auquel on ajoute de l'acide sulfurique (l'addition
d'acide sulfurique est représentée par (p)), dans des conditions telles que l'on
obtienne la composition et l'acidité adéquates du mélange sulfophosphorique.
[0124] C'est ce mélange sulfophosphorique (p₁) qui est introduit dans l'étape de déferrisation
(3) de la solution organique initiale.
[0125] La déferrisation de l'acide phosphorique (b₁) à l'aide du solvant (k) conduit au
solvant (s) contenant 297 mg/l de fer.
[0126] La quantité de fer dans le solvant (s) par rapport à celle du solvant (k) est peu
modifiée, compte tenu du fait que le solvant (k) sert à déferriser une faible quantité
d'acide phosphorique.
[0127] Sur la figure n
o 4, on a représenté par (a) l'influent constitué par le mélange sulfophosphorique
dans lequel l'acide phosphorique a été préalablement déferrisé, contenant 1 290 mg/l
de fer et de l'uranium.
[0128] En (2), on a représenté l'extraction de l'uranium à l'aide d'un des solvants (s)
cités ci-dessus, introduit à contre-courant, ce qui conduit d'une part à l'obtention
d'un effluent (b), constitué par l'acide phosphorique désuranié à 4,2 M contenant
1 190 mg/l de fer, et d'autre part à une solution organique initiale (c) contenant
2 021 mg/l de fer et 1 313 mg/l d'uranium.
[0129] La solution organique initiale (c) est soumise à une étape de déferrisation représentée
par (3) à l'aide de mélange sulfophosphorique dans lequel l'acide phosphorique a été
préalablement déferrisé, introduit à contre-courant sur 5 étages.
[0130] On obtient d'une part le solvant déferrisé (d) (contenant environ 300 mg/l de fer)
contenant de l'uranium et un effluent constitué de mélange sulfophosphorique chargé
en fer (q), lequel est réintroduit dans l'influent défini ci-dessus.
[0131] Le solvant déferrisé (d) contenant de l'uranium est soumis à une étape de lavage
représentée par (4) à l'aide d'eau (e) introduite à contre-courant et on obtient d'une
part de l'eau acide (f) et le solvant déferrisé et lavé (g), contenant de l'uranium.
[0132] Le solvant (g) est soumis à une étape de réextraction de l'uranium représentée par
(5) à l'aide de carbonate d'ammonium et d'ammoniaque (h) introduit à contre-courant.
On obtient d'une part un éluat uranifère (i) et le solvant désuranié (j). On acidifie
ensuite le solvant (j) dans une étape d'acidification représentée par (6) à l'aide
d'acide phosphorique désuranié et déferrisé (b₂) de concentration 3,4 M et contenant
10 mg/l de fer, pour obtenir du solvant désuranié, déferrisé (k) et du phosphate d'ammonium
(m).
[0133] On a représenté par (1) l'étape de déferrisation de l'acide phosphorique désuranié
(b₁) à l'aide du solvant (k) désuranié et déferrisé.
[0134] L'acide phosphorique désuranié (b1), est un aliquot de l'acide phosphorique désuranié
(b), l'acide phosphorique (b₁) représentant environ 10 % en volume de l'acide phosphorique
(b).
[0135] Pour obtenir l'acide phosphorique (b₁), on prélève une fraction de l'acide phosphorique
(b) défini ci-dessus et on la soumet à une dilution à l'aide de l'eau de lavage (f).
[0136] L'acide phosphorique déferrisé (b₂) de concentration 3,4 M et contenant 10 mg/l de
fer est ensuite mélangé à de l'acide sulfurique introduit, représenté par (p) et c'est
le mélange sulfophosphorique (p₁), qui est introduit dans l'étape de déferrisation
(3) de la solution organique initiale.
[0137] La déferrisation de l'acide phosphorique (b₁) à l'aide du solvant (k) conduit au
solvant (s) contenant 184 mg/l de fer.
[0138] La quantité de fer dans le solvant (s) par rapport à celle du solvant (k) est peu
modifiée, compte tenu du fait que le solvant (k) sert à déferriser une faible quantité
d'acide phosphorique.
Exemple 3 : Déferrisation à l'aide d'un mélange d'acide sulfurique et phosphorique.
[0139] Ce mode de réalisation du procédé de l'invention présente l'avantage selon lequel
l'acide sulfurique, qui est le réactif complémentaire pour réaliser la déferrisation
de la solution organique initiale contenant l'uranium et le fer, peut être recyclé
à l'attaque des phosphates et le poids de celui-ci dans le bilan des réactifs pour
l'opération globale sera nul ou quasi nul.
[0140] On a constaté que l'addition d'acide sulfurique à un acide phosphorique désuranié
permet d'élever la concentration en acide et permet d'éviter d'avoir recours à l'évaporation
pour reconcentrer tout en rendant la concentration minimale nécessaire de l'acide
utilisé moins élevée.
[0141] On a également constaté l'existence de proportions appropriées entre l'acide phosphorique
et l'acide sulfurique permettant de limiter la réextraction de l'uranium.
[0142] On a constaté l'existence de mélanges sulfophosphoriques qui tiennent compte d'un
certain nombre de contraintes industrielles, à savoir
1) l'utilisation d'un mélange sulfophosphorique de concentration élevée (400 à 550
g/l) (exprimé en H₂SO₄+H₃PO₄), directement utilisable à l'attaque des phosphates ,
2) l'obtention d'une acidité finale qui soit moins élevée que dans le cas de l'acide
phosphorique pur (700 g/l) ;
3) la limitation de la coextraction de l'uranium.
[0143] On a effectué des essais de réextraction sur solvant en utilisant de l'acide sulfurique
12 N (à titre comparatif) et deux mélanges sulphophosphoriques, dans lesquels l'acide
phosphorique est déferrisé (contenant moins d'environ 50 mg/l de fer) et dans lesquels
les normalités de l'acide sulfurique et phosphorique sont respectivmeent de 9 N et
3 N et 3 N et 9 N.
[0144] Les résultats de ces essais sont rassemblés dans le tableau III ci-après.

% U : pourcentage d'U extrait du solvant
% Fe : pourcentage de Fe extrait du solvant
[0145] Les résultats de ces essais montrent l'efficacité des mélanges sulfophosphoriques
pour réextraire le fer du solvant organique. On remarque également que l'uranium
n'est coextrait qu'en faible, voire très faible, quantité, ce qui est le but recherché.
[0146] On a représenté sur la figure 5, le procédé de l'invention dans lequel on a recours
au mélange sulfophosphorique.
[0147] Sur la figure 5, on a représenté en (a) l'influent constitué de l'acide phosphorique
(442 g/l) contenant 0,08 g/l d'uranium et 1,31 g/l de fer, dont le débit est de 80
m³/h.
[0148] L'extraction de l'uranium est réalisée à l'étape représentée par (2) à l'aide d'un
des solvants organiques cités ci-dessus (s), introduite à contre-courant, pour donner
d'une part des effluents (b) constitués d'acide phosphorique désuranié et d'autre
part une solution organique initiale contenant de l'uranium et du fer (c).
[0149] La solution organique initiale (c) est ensuite déferrisée à l'étape (2), à l'aide
d'un mélange d'acide sulfurique et d'acide phosphorique, introduit à contre-courant
au débit de 4,9 m³/h (f), pour conduire d'une part à une solution organique déferrisée
(e) contenant de l'uranium, et d'autre part à un effluent de déferrisation (g) constitué
du mélange sulfophosphorique chargé en fer, qui est reconduit vers l'attaque des phosphates,
ce qui permet à l'acide sulfurique d'être réutilisé.
[0150] La solution organique déferrisée (e) est ensuite lavée à l'étape (3), à l'aide d'eau
(h) introduite à contre-courant au débit de 1,24 m³/h, ce qui donne de l'eau acide
(i) au débit de 1,24 m³/h et une solution organique lavée contenant de l'uranium (k).
[0151] La solution (k) est ensuite soumise à une étape de réextraction de l'uranium représentée
par (4), à l'aide de carbonate d'ammonium (m) introduit à contre-courant au débit
de 0,6 m³/h, pour conduire d'une part à un éluat uranifère (n) et à un solvant déferrisé
et désuranié, alcalin (p).
[0152] Le solvant (p) est ensuite acidifé à l'étape (5) à l'aide d'acide phosphorique non
déferrisé (b), introduite à contre-courant, ce qui conduit à une solution de phosphate
d'ammonium (q) et au solvant acide (s) de débit 4,5 m³/h.
[0153] L'acide phosphorique non déferrisé (b₁), provient de l'effluent d'acide phosphorique
(b). Une autre partie (b₂) de l'effluent d'acide phosphorique (b) et dont le débit
est de 3,259 m³/h, sert à former le mélange d'acide sulfophosphorique, l'acide sulfurique
(t) étant additionné au débit de 0,4 m³/h.
[0154] La formation du susdit mélange d'acide sulfophosphorique de normalité 12 N est représenté
à l'étape (6).
1. Procédé de séparation du fer à partir d'une solution organique initiale uranifère
contenant au moins 1 g/l der fer, laquelle solution organique initiale contient un
solvant organique comprenant un système d'extractants constitué par :
un oxyde neutre de phosphine de formule:

ou de formule (R₁)₃ P=O
dans laquelle
. R₁ et R₂ identiques ou différents, représentent un radical alcoyle linéaire ou ramifié
comportant de 4 à 10 atomes de carbone, de préférence 6,
. m est un nombre entier allant de 1 à 3 et valant de préférence 1,
. n est un nombre entier allant de 4 à 10, et valant de préférence 7,
et un composé organophosphoré acide répondant à la formule :

dans laquelle R₃, R₄, R₅, R₆ identiques ou différents représentent un radical alcoyle
linéaire ou ramifié ayant au moins 4 atomes de carbone, de préférence de 4 à 10 atomes
de carbone, avantageusement de 4 à 6 atomes de carbone, ou un radical aryle de 6 à
10 atomes de carbone,
lequel procédé comprend la réaction de la susdite solution organique uranifère sur
un acide choisi parmi l'acide oxalique, un mélange d'acide phosphorique et sulfurique
ou un mélange d'acide phosphorique déferrisé et d'acide sulfurique, l'uranium restant
dans la solution organique initiale et le fer passant en solution aqueuse.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le fer est sous forme
de Fe(PO₄R₂)₃, R représentant un radical du composé est sous forme de UO₂(PO₄R₂)₂,
R représentant un radical du composé organophosphoré acide ci-dessus défini.
3. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en
ce que la solution organique initiale est constituée d'un mélange de deux extractants
choisi parmi l'oxyde de tri octyl phosphine (TOPO), l'oxyde de di n hexyl octyl methoxy
phosphine (DinHMOPO), l'acide bis dibutoxy 1,3 propyl 2 phosphorique (BIDIBOPP) et
l'acide bis dihéxyloxy 1,3 propyl 2 phosphorique (BIDIHOPP) et notamment les couples
suivants :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BIDIHOPP).
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
dans la solution organique initiale l'uranium est contenu à raison d'environ 0,3
à environ 3 g/l, notamment d'environ 0,4 à environ 1,4 g/l et le fer est compris à
raison d'environ 1 à 4 g/l, notamment à raison d'environ 1,2 g/l.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que
la solution initiale oranique contenant le fer et l'uranium provient d'une solution
d'acide phosphorique de départ contenant de l'uranium à raison d'environ 50 à environ
300 mg/l, et du fer d'environ 1 à environ 15 g/l, notamment d'environ 1 à environ
10 g/l.
6. Procédé de séparation du fer à partir d'une solution d'acide phosphorique de départ
contenant de l'uranium et du fer, caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes
:
- on fait agir un solvant choisi parmi les systèmes d'extractants suivants :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BIDIHOPP).
sur la solution d'acide phosphorique de départ contenant de l'uranium et du fer, et
dont le rapport en poids Fe/U est d'environ 1/10 à environ 3/1000 pour obtenir
- d'une part une solution organique initiale constituée du susdit solvant, contenant
au moins environ 95 % de la quantité d'uranium contenu dans l'acide phosphorique de
départ et au moins 1 g/l de fer et dans laquelle le rapport en poids Fe/U est supérieur
ou égal à environ 0,8, notamment compris d'environ 1/1 à environ 2,5/1,
- et d'autre part une phase aqueuse désuraniée contenant l'acide phosphorique et environ
80 % à environ 90 % du fer contenu dans la solution d'acide phosphorique de départ
;
- on fait agir sur la susdite solution organique initiale un acide choisi parmi l'acide
oxalique, un mélange d'acide phosphorique et sulfurique, ou un mélange d''acide phosphorique
déferrisé et d'acide sulfurique, pour obtenir
- d'une part une phase aqueuse contenant environ 50 % d'environ 90 % notamment environ
70 % du fer contenu dans la solution organique initiale et
- d'autre part une phase organique contenant au moins environ 85 % en poids de l'uranium
contenu dans la solution organique initiale.
7. Procédé de séparation du fer à partir d'une solution d'acide phosphorique contenant
de l'uranium et du fer caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes :
- on fait agir un solvant choisi parmi les systèmes d'extractants suivants :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BIDIHOPP),
sur la solution d'acide phosphorique de départ contenant de l'uranium et du fer, et
dont le rapport en poids U/Fe est d'environ 1/10 à environ 3/1000 pour obtenir
- d'une part une solution organique initiale contenant le susdit solvant contenant
au moins environ 95 % en poids de la quantité d'uranium contenu dans l'acide phosphorique
de départ, et au moins 1 g/l de fer et dans laquelle le rapport en poids Fe/U est
supérieur ou égal à environ 1/1, notamment compris d'environ 1/1 à environ 2,5/1,
- et d'autre part une phase aqueuse désuraniée contenant l'acide phosphorique et environ
80 % à environ 90 % du fer contenu dans la solution d'acide phosphorique de départ,
- on fait agir sur la sudite solution organique initiale un acide choisi parmi l'acide
oxalique, un mélange d'acide phosphorique et sulfurique, un mélange l'acide phosphorique
déferrisé et d'acide sulfurique pour obtenir
- d'une part une phase aqueuse contenant environ 50 % à environ 90 %, notamment environ
70 % du fer contenu dans la solution organique initiale et
- d'autre part une phase organique contenant l'uranium contenu dans la solution organique
initiale.
8. Procédé de séparation du fer à partir d'une solution d'acide phosphorique de départ
contenant de l'uranium et du fer caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes
:
- on traite l'acide phosphorique par un solvant choisi parmi les systèmes d'extractants
suivants :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BIDIHOPP).
de façon à obtenir d'une part une solution aqueuse contenant de l'acide phosphorique
désuranié et du fer et d'autre part une solution organique initiale contenant au moins
1 g/l de fer et au moins environ 95 % en poids de l'uranium contenu dans la solution
d'acide phosphorique de départ;
- on sépare le fer de l'uranium en faisant agir sur la solution organique initiale
un acide choisi parmi l'acide oxalique, un mélange d'acide phosphorique et sulfurique,
ou un mélange d'acide phosphorique déferrisé et d'acide sulfurique pour obtenir
- d'une part une phase organique contenant au moins environ 85 % en poids de l'uranium
et
- d'autre part une phase aqueuse contenant du fer ;
- on lave la phase organique jusqu'à ce que la teneur en PO₄ soit égale ou inférieure
à environ 1 g/l,
- on réextrait en milieu alcalin, notamment de carbonate d'ammonium, l'uranium contenu
dans la phase organique lavée à l'aide de carbonate d'ammonium.
9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que lorsqu'on utilise l'acide
oxalique, celui-ci est utilisé à raison d'environ 8 à environ 10 kg par kg de fer,
et est régénéré par utilisation d'hydroxyde de calcium Ca(OH)₂, à raison d'environ
1 à environ 4 kg et d'acide sulfurique, à raison d'environ 2 à environ 8 kg, par
kg d'acide oxalique.
10. Procédé selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que l'acide utilisé
et un mélange d'acide sulfurique et d'acide phosphorique dont la normalité totale
est comprise de 12 N à 20 N.
11. Procédé selon les revendications 1 à 8 et 10, caractérisé en ce que la normalité
de l'acide phosphorique varie de 3 N à 12 N et la normalité de l'acide sulfurique
varie de 3 N à 12 N.
12. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8 et 10, caractérisé en
ce que l'acide utilisé est un mélange d'acide sulfurique de normalité 3 N et d'acide
phosphorique de normalité 9 N, l'acide phosphorique contenant une quantité en fer
égale ou inférieure à environ 1,5 g/l.
13. Procédé selon l'une des revendications 1 à 8 et 10, caractérisé en ce que l'acide
utilisé un mélange d'acide sulfurique 9 N et d'acide phosphorique 3 N, déferrisé et
contenant moins d'environ 50 mg/l à environ 600 mg/l de fer.
14. Procédé selon l'une des revendications 1 à 8 et 10 à 13, caractérisé en ce que
l'acide phosphorique utilisé dans le mélange d'acide sulfurique et d'acide phosphorique
est désuranié et contient moins d'environ 10 mg/l d'uranium.
15. Procédé de déferrisation d'acide phosphorique, notamment désuranié, contenant
du fer, caractérisé en ce que l'on fait réagir l'acide phosphorique contenant du
fer sur un solvant choisi parmi les systèmes d'extractants suivants :
(TOPO - BIDIBOPP),
(TOPO - BIDIHOPP),
(DinHMOPO - BIDIBOPP),
(DinHMOPO - BIDIHOPP),
le fer contenu dans l'acide phosphorique étant extrait de l'acide phosphorique et
passant dans le solvant.