[0001] La présente invention a trait aux mécaniques pour la formation de la foule sur les
machines à tisser et elle vise plus particulièrement les ratières du type rotatif,
c'est-à-dire dans lesquelles la commande du déplacement vertical alternatif de chaque
cadre de lisses est assurée à l'aide d'une bielle oscillante dont une extrémité est
attelée audit cadre tandis que l'extrémité opposée, découpée d'une ouverture, est
engagée sur un excentrique d'actionnement.
[0002] Par le brevet français N
o 80 06545/2 478 682 déposé le 20 Mars 1980 au nom de la Demanderesse, on connaît des
ratières rotatives dans lesquelles l'excentrique, monté fou sur un arbre animé d'un
mouvement de rotation avec arrêt tous les 180°, est solidaire latéralement d'un plateau
débordant formant support pour un organe d'accouplement destiné à lier angulairement
au moment opportun l'arbre à l'excentrique afin d'opérer le déplacement de la bielle
et du cadre attelé à cette dernière. Cet organe d'accouplement, ainsi placé à l'extérieur
de l'excentrique, est en fait constitué par un crochet articulé qui est soumis, à
l'encontre de moyens élastiques de rappel, à l'action de l'un ou de l'autre de deux
leviers sélecteurs pivotants actionnés par le dispositif de lisage de la ratière,
en fonction du programme incorporé audit dispositif. Chacune des deux extrémités opposées
du crochet comporte un bec propre à coopérer avec l'une ou l'autre de deux encoches
pratiquées dans un disque d'entraînement angulairement solidaire de l'arbre à rotation
saccadée.
[0003] On comprend que lorsque l'un des becs du crochet est engagé par les moyens élastiques
de rappel à l'intérieur de l'une des encoches du disque d'entraînement, l'excentrique
est lié angulairement à l'arbre et opère l'actionnement de la bielle. Au contraire,
lorsque l'un des leviers sélecteurs pivotants vient porter contre le crochet, il n'y
a plus accouplement et l'excentrique n'est donc pas déplacé par l'arbre, de telle
sorte que la bielle n'est elle-même pas commandée ; comme à cette position l'autre
bec du crochet est engagé dans une entaille pratiquée dans un bossage annulaire de
la bielle, cette dernière est liée angulairement à l'excentrique à travers le crochet
et est en conséquence immobilisée, en évitant de la sorte tout déplacement parasite
de la bielle sous l'effet du poids du cadre de lisses correspondant.
[0004] La présente invention a pour objet de simplifier la construction des ratières rotatives
suivant le brevet français susmentionné, sans nuire à la fiabilité du fonctionnement.
[0005] Conformément à l'invention, chacun des crochets articulés est profilé sur son bord
extérieur afin de coopérer, lorsqu'il est actionné au désaccouplement, avec l'un ou
l'autre de deux verrous de retenue montés en deux points diamétralement opposés par
rapport à l'arbre de la ratière.
[0006] Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention,
les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de
procurer :
Fig. 1 est une coupe transversale d'une ratière rotative suivant l'invention, montrant
l'agencement de l'un des ensembles de celle-ci destinés à la commande des cadres de
lisses.
Fig. 2 est une coupe axiale partielle de l'un de ces ensembles.
Fig. 3 et 4 sont des vues de détails illustrant le fonctionnement du crochet basculant
d'accouplement.
Fig. 5 est une coupe transversale analogue à celle de fig. 1, mais correspondant à
une variante de mise en oeuvre de l'invention.
[0007] En fig. 1, la référence 1 désigne le bâti de la ratière, qui supporte l'arbre principal
2 animé du mouvement de rotation saccadé, lequel arbre est destiné à assurer la commande
d'une série de bielles oscillantes 3 dont chacune est attelée par un levier 4 à l'un
des cadres de lisses 5 de la machine à tisser associée à la ratière considérée.
[0008] Comme plus particulièrement montré en fig. 2, chacune des bielles 3 est découpée,
à l'opposé de son point d'attelage avec son levier 4, d'une ouverture 3
a qui est engagée, avec interposition d'un roulement 6, sur la périphérie cylindrique
d'un excentrique d'actionnement 7 ; ce dernier est monté fou sur l'arbre 2 par l'intermédiaire
d'un roulement 8. A chaque bielle 3 est associé un disque d'entraînement 9 angulairement
solidaire de l'arbre 2 et l'on observera que la périphérie de ce disque 9 est découpée
de deux encoches 9
a, diamétralement opposées l'une à l'autre. Ces deux encoches 9
a sont destinées à coopérer avec un crochet articulé d'accouplement 10 monté sur un
petit axe 11 porté par un plateau débordant 7
a, solidaire latéralement de l'excentrique 7.
[0009] Fig. 3 et 4 font bien ressortir le profil du crochet 10 qui présente, de part et
d'autre de son axe d'articulation 11, un bras de sélection 10ʹ et un bras d'accouplement
10ʺ. Le bord de ce bras 10ʺ qui est tourné en direction du disque 9 comporte un bec
en saillie 10
a, propre sous l'effet de moyens élastiques de rappel constitués par un ressort 12
interposé entre le plateau 7
a et l'extrémité du bras 10ʺ dudit crochet, à porter en permanence contre le bord libre
du disque 9 et à s'engager, lors de chaque arrêt de l'arbre 2, à l'intérieur de l'une
ou de l'autre des deux encoches 9
a.
[0010] Le crochet 10 est commandé, à l'encontre du ressort 12, par l'extrémité de deux leviers
sélecteurs 13 (fig. 1) portés à pivotement par deux axes fixes 14 orientés parallèlement
à l'arbre 2. Ces leviers pivotants 13 sont attelés l'un à l'autre par une biellette
15 et l'un d'eux (celui de droite en fig. 1) comporte un prolongement sur lequel s'articulent
deux tiges 16 qui sont déplacées transversalement à leur axe par deux aiguilles 17
commandées axialement par un dispositif de lisage à programme 18 à fonctionnement
électronique ou mécanique. A la manière usuelle, le déplacement transversal des tiges
16 sous l'effet des aiguilles 17 permet, en fonction du programme incorporé au dispositif
18, auxdites tiges soit de coopérer avec deux poussoirs 19 à mouvement alternatif
en assurant de la sorte l'actionnement des deux leviers pivotants 13, soit d'échapper
à l'action desdits poussoirs 19 en restant alors immobiles.
[0011] On observera qu'un ressort 20, interposé entre l'un des leviers 13 et le bâti 1,
tend à rappeler élastiquement en permanence en direction de l'arbre 2 l'extrémité
du levier 13 auquel il est associé, et au contraire à maintenir l'extrémité du levier
13 opposé écartée dudit arbre, de telle sorte que l'action de ce ressort 20 s'exerce
de manière antagoniste par rapport à celle des poussoirs 19. Une butée fixe 21 limite
le basculement des leviers 13 sous l'effet du ressort 20.
[0012] Le fonctionnement de la ratière ci-dessus décrite se comprend aisément.
[0013] Si, lors de l'arrêt de l'arbre 2, le levier sélecteur 13 qui se trouve alors disposé
au niveau du crochet 10 ne reçoit aucune action du dispositif de lisage 18 (cas de
fig. 3), le ressort 12 associé audit crochet 10 engage élastiquement le bec 10
a de celui-ci dans l'encoche 9
a du disque d'entraînement qui est alors placée en vis-à-vis ; il y a en conséquence
accouplement de l'arbre 2 et de l'excentrique 7 à travers le crochet 10 et le disque
9, de telle sorte que la bielle 3 est commandée.
[0014] Si au contraire, lors de l'arrêt, l'un des deux leviers sélecteurs 13 exerce une
action sur le crochet 10 qui est alors repoussé jusqu'à ce que son bras 10ʹ vienne
au contact du disque 9, à la manière illustrée en fig. 4, le bec 10
a est dégagé de l'encoche 9
a et il n'y a aucun accouplement ; l'excentrique 7 ne peut alors actionner la bielle
3.
[0015] Toutefois, il est indispensable d'assurer à ce moment là l'immobilisation positive
de l'ensemble bielle-excentrique et c'est à cet effet qu'on a prévu, dans le bord
extérieur du bras 10ʺ du crochet 10 et au-delà du doigt 10
a, une entaille 10
b qui est destinée à coopérer avec le bec terminal 22
a de l'un ou de l'autre de deux verrous 22. Comme montré en fig. 1, ces deux verrous
22, orientés à l'opposé l'un de l'autre, sont montés sur des supports longitudinaux
23 fixés au bâti 1 de façon à se trouver diamétralement opposés l'un à l'autre par
rapport à l'arbre 2.
[0016] On comprend que lorsque l'un des leviers sélecteurs 13 vient actionner le crochet
10 à la manière illustrée en fig. 4, le bras 10ʺ de celui-ci est projeté vers l'extérieur,
de telle sorte que l'entaille 10
b vient naturellement se crocheter contre le bec 22
a du verrou considéré ; celui-ci assure de la sorte, à travers le crochet 10, l'immobilisation
angulaire de l'excentrique 7 et de la bielle 3. Dès que l'action du levier sélecteur
13 sur le crochet 10 cesse, le ressort 12 associé à celui-ci opère le dégagement de
l'entaille 10
b hors du bec 22
a du verrou 22.
[0017] En fonctionnement normal, les verrous 22 restent parfaitement immobiles puisque c'est
le crochet articulé 10 qui vient s'accrocher par son entaille 10
b. Toutefois, en vue de constituer une sécurité apte à fonctionner de manière automatique,
chacun de ces verrous 22 est monté à pivotement sur son support 23 et reçoit l'action
d'un ressort 24 qui tend à le maintenir appliqué contre une butée fixe 25. Dans ces
conditions, si à la suite d'un défaut de fonctionnement le bec 10
a du crochet 10 venait à rester partiellement engagé dans l'une des encoches 9
a du disque 9 alors que le verrou correspondant 22 assurerait encore la retenue dudit
crochet, par suite du profil tronconique conféré à cet effet au bec 22
a et à l'entaille 10
b, l'effort exercé par le crochet sur le verrou provoquerait le basculement de ce dernier
à l'encontre de son ressort 24 et la libération totale dudit crochet.
[0018] On observera que l'immobilisation angulaire de la bielle 3 telle qu'assurée conformément
à l'invention présente une très grande simplicité tout en se révélant parfaitement
efficace. Le plateau 7
a de l'excentrique 7 et le crochet 10 lui-même peuvent être constitués par des pièces
plates ne comportant aucune cambrure ou pliage. On notera que les fonctions d'accouplement
et d'immobilisation sont regroupées dans le même bras 10ʺ du seul crochet 10, ce qui
permet d'obtenir une très grande précision. En outre, et le point mérite d'être souligné,
il n'y a action sur le crochet 10 que lors de l'immobilisation angulaire de la bielle
3, ce qui limite l'usure dans une mesure considérable.
[0019] Il convient de relever qu'un résultat identique serait obtenu en montant les verrous
22, non plus sur des supports communs 23 solidaires du bâti fixe 1 de la ratière,
mais sur des supports individuels 26 prévus sur chacune des bielles 3 elle-mêmes,
à la manière illustrée en fig. 5. L'immobilisation angulaire de chaque bielle 3 est
alors assurée en reliant celle-ci à son excentrique d'actionnement 7, comme dans le
brevet français antérieur mentionné au début des présentes.
1. Ratière du type rotatif pour machines à tisser, du genre dans laquelle chacune
des bielles oscillantes (3) attelées aux cadres de lisses (5) est montée sur un excentrique
d'actionnement (7) qui tourne librement sur un arbre (2) à rotation saccadée mais
qui peut être lié angulairement à celui-ci à travers d'une part un disque d'entraînement
(9) solidaire dudit arbre et d'autre part un crochet articulé (10) comprenant un bras
de sélection (10ʹ) et un bras d'entraînement (10ʺ) prévus de part et d'autre de son
axe d'articulation (11), lequel crochet, porté par un plateau (7a) de l'excentrique (7), est placé sous la commande de l'un ou de l'autre de deux leviers
sélecteurs pivotants (13) associés à un dispositif de lisage (18) en vue d'agir à
l'encontre de moyens élastiques de rappel (12) tendant à engager le bec (10a) du bras d'accouplement (10ʺ) dans l'une ou l'autre de deux encoches (9a) du disque (g), la bielle (3) étant immobilisée angulairement lorsque le levier (13)
considéré agit sur le crochet (10) pour le désaccoupler dudit disque (9), caractérisée
en ce que le bras d'accouplement (10ʺ) du crochet articulé (10) comporte, substantiellement
à l'opposé du bec d'entraînement (10a), un profil propre à venir coopérer, au moment du retrait de ce bec (10a), avec l'un ou l'autre de deux verrous extérieurs de retenue (22) qui assurent de
ce fait l'immobilisation angulaire de l'excentrique (7) et de la bielle (3) considérée.
2. Ratière suivant la revendication 1, caractérisée en ce que le bord extérieur du
bras d'accouplement (10ʺ) du crochet (10) est découpé d'une entaille (10b) établie à un profil tronconique, tandis que chaque verrou (22), pourvu d'un bec
d'accrochage (22a) établi au même profil, est mobile à l'encontre de moyens élastiques de rappel (24)
de façon à constituer un système de sécurité assurant le déplacement automatique du
verrou et la libération du crochet dans le cas où par suite d'un basculement incomplet
ledit crochet (10) serait encore lié angulairement au disque d'entraînement (9).