[0001] La présente invention est relative à un procédé et à un dispositif d'assèchement
de boues, telles que des boues destinées à être prélevées sur un site puis à être
transportées en vue d'un traitement ultérieur.
[0002] En vue de réduire le volume des boues à transporter et donc de réduire les coût de
transport ainsi que les frais de traitement ultérieur, on a déjà proposé d'assécher
autant que possible les boues avant leur transport.
[0003] Différents procédés ont été ainsi proposés.
[0004] Parmi ceux-ci l'on peut citer la décantation naturelle ou encore la décantation par
une cloison ou un bouclier déplaçable dans une enceinte où sont introduites les boues,
la cloison étant déplaçable à jeu dans l'enceinte et comprimant la boue en exprimant
l'eau. De tels procédés sont longs à mettre en oeuvre et peu efficaces, le taux de
siccité étant faible.
[0005] On a également proposé d'assurer la séparation de l'eau par centrifugation. Cette
technique s'est dans la pratique révélée impossible à mettre en oeuvre du fait des
déchets tels que les matières plastiques; les chiffons etc .... se trouvant sur les
sites où les boues devaient être prélevées et qui tendent à obturer très rapidement
les parois du séparateur.
[0006] La présente invention se propose de fournir un procédé et un dispositif évitant les
inconvénients des procédés antérieurement connus et permettant d'assurer de manière
rapide, simple et économique l'assèchement de boues prélevées sur un site en vue de
leur transport, le dispositif selon l'invention pouvant être réalisé sous forme d'unité
mobile apte à être montée sur un châssis de camion, le camion réalisé restant de dimensions
comparables à celles des camions d'assainissement traditionnels.
[0007] Le procédé selon l'invention se caractérise essentiellement par le fait que l'on
introduit les boues par aspiration dans une enceinte tubulaire, de préférence cylindrique,
fermée, en avant d'une cloison mobile à l'intérieur de l'enceinte, guidée sur la paroi
de celle-ci, des passages étant ménagés entre ladite cloison et la paroi de l'enceinte,
que l'on déplace ladite cloison dans ladite enceinte de façon à compacter les boues,
que l'on recueille l'eau de décantation de part et d'autre de ladite cloison et que
l'on applique un vide dans ladite enceinte, en arrière de ladite cloison, pendant
au moins une partie de la course de déplacement de celle-ci.
[0008] Comme on le comprend aisément, le procédé selon l'invention associe une phase de
compactage par compression purement mécanique à une mise en dépression de l'enceinte
pendant au moins une partie de cette phase de compression mécanique, ce qui se traduit
de façon surprenante par un assèchement très complet des boues introduites dans l'enceinte.
On applique selon l'invention un vide relativement poussé de l'ordre par exemple de
98% c'est-à-dire que la pression dans l'enceinte est de l'ordre de 2 kPa.
[0009] De préférence pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, on procède, avant
le déplacement de la cloison de compactage, à une mise en surpression de l'enceinte
de manière à effectuer une décantation forcée en avant de ladite cloison.
[0010] Avantageusement également, on effectue une décantation forcée en arrière de la cloison,
aussi bien avant le déplacement de celle-ci que pendant ce déplacement, de préférence
à l'aide d'une pompe d'épuisement.
[0011] Avantageusement, l'eau séparée des boues, aussi bien en avant qu'en arrière de la
cloison, est filtrée avant d'être rejetée, un recyclage des boues filtrée en direction
de l'enceinte pouvant être prévu.
[0012] Le déplacement de la cloison de compactage s'effectue de préférence selon deux courses
successives, l'une à vitesse rapide avec une pression d'application faible, l'autre
avec une vitesse lente et une pression d'application importante.
[0013] De façon à éviter la formation de poches d'eau, l'on peut avantageusement procéder
à des mouvements d'avance et de recul alternés de la cloison.
[0014] Le dispositif pour la mise en oeuvre du procédé qui vient d'être décrit comprend
une cuve, de préférence cylindrique circulaire, munie à une extrémité d'une porte
de fermeture équipée de moyens de verrouillage et de déverrouillage, une cloison apte
à coulisser dans ladite enceinte sous l'action d'un vérin entre une première position
d'extrémité à l'opposé de la porte et une seconde position d'extrémité au niveau de
ladite porte, ladite cloison étant guidée par l'intermédiaire de patins sur la paroi
intérieure de l'enceinte, des passages étant prévus entre lesdits patins, une pompe
reliée à ladite enceinte apte à réaliser à volonté une surpression ou une dépression
à l'intérieur de ladite enceinte, des moyens d'introduction de boues dans ladite enceinte
devant ladite cloison lorsque celle-ci se trouve au voisinage de sa première position
d'extrémité, un conduit mettant en communication l'enceinte et ladite pompe et débouchant
dans ladite enceinte en un point intermédiaire du trajet de déplacement de ladite
cloison, le dispositif comportant en outre des moyens d'évacuation de l'eau devant
et derrière ladite cloison aussi bien avant que pendant sa phase de déplacement.
[0015] D'autres avantages et caractéristiques de l'invention seront mis en évidence dans
la suite de la description donnée ci-après d'un mode de réalisation nullement limitatif
en se référant au dessin schématique annexé dans lequel :
- les figures 1 et 2 sont des vues en élévation latérale très schématiques de droite
et respectivement de gauche d'un dispositif selon l'invention monté sur châssis de
camion,
- la figure 3 est une vue en coupe schématique de l'agencement de montage de la cloison
mobile du dispositif des figures 1 et 2,
- la figure 4 est une demi-vue en coupe transversale de l'agencement de la figure
3, et
- la figure 5 illustre le détail de montage d'un patin de l'agencement des figures
3 et 4.
[0016] On se réfère tout d'abord aux figures 1 et 2 dans lesquelles on a illustré le dispositif
selon l'invention monté sur la plate-forme 1 d'un camion dont on a également schématisé
la cabine 2 et les roues 3.
[0017] Sur cette plate-forme 1 est fixée une citerne tubulaire cylindrique 4 munie à son
extrémité arrière d'une porte 5 articulée en 6 à la partie supérieure, l'ouverture
et la fermeture de la porte étant assurées par des vérins 7. Il est par ailleurs prévu
un mécanisme de verrouillage et de déverrouillage rapides comportant des crochets
8 actionnés par des vérins 9.
[0018] Dans la citerne 4, une paroi fixe 10 délimite deux compartiments, à savoir un premier
compartiment constituant une bâche 11 à eau propre pour le nettoyage et les servitudes
et un second compartiment constituant une enceinte 12 dans laquelle doivent être introduites
les boues à assécher comme cela sera expliqué par la suite. A l'intérieur de l'enceinte
12 est montée une cloison mobile 13 dont l'agencement de montage est illustré aux
figures 3 à 5.
[0019] La cloison 13 constitue la paroi de fond d'un bouclier cylindrique présentant deux
ceintures annulaires 14, un moyeu central 15 et des nervures radiales de renforcement
16 reliant les deux ceintures 14 et le moyeu 15. Le diamètre extérieur des ceintures
14 est inférieur au diamètre intérieur de la paroi de l'enceinte 12. A la périphérie
des ceintures 14, sont montées deux couronnes de patins en laiton 17 assurant le guidage
du bouclier et donc de la cloison 13 sur la paroi intérieure de l'enceinte 12. Chacun
des patins 17 est monté par une cale 17ʹ réglant automatiquement l'application du
patin correspondant sur la surface de la paroi. Chaque cale 17ʹest constituée d'une
lame métallique ondulée. De tels moyens de réglage sont utiles compte-tenu des déformations
du bouclier et de la paroi de l'enceinte qui peuvent se produire à la suite d'un fonctionnement
prolongé. Les patins 17 sont agencés de façon à s'étendre sur 60 à 80% de la circonférence
intérieure de l'enceinte 12 laissant entre eux des passages pour l'écoulement de
l'eau séparée des boues lors du déplacement de la cloison 13.
[0020] Le moyeu 15 est solidaire, à son extrémité opposée à la cloison 13, de la tige d'un
vérin à double effet 18, associé à des moyens de commande, non représentés, permettant
de lui communiquer une vitesse et une pression de poussée variables. Par exemple
la vitesse peut être amenée à varier entre 0 et 3 mètres/minute et la pression de
poussée de 0 à 300 bars. La pression hydraulique peut être affichée sur un manomètre
de contrôle non représenté.
[0021] On va maintenant décrire la circuit permettant de mettre en surpression et en dépression
l'enceinte 12.
[0022] Ce circuit comporte une pompe 19 entraînée à partir du moteur du camion par une boîte
de transfert montée entre la boîte de vitesses et le pont arrière ou encore par une
prise de force, ou encore par un moteur auxiliaire. La pompe comporte un filtre à
air 20 et un silencieux sur échappement 21. La pompe est reliée au travers d'un clapet
anti-retour 22 à une vanne à quatre voies 23 commandant l'inversion du flux de la
pompe 19 pour mettre à volonté en dépression et en surpression l'enceinte 12. Par
une conduite 24 la vanne 23 est reliée à un réservoir de sécurité 25 monté à la partie
supérieure de la citerne 4, un clapet à boule 26 de protection étant prévu.
[0023] Le réservoir 25 est en outre pourvu d'une sonde de niveau 27 commandant une vanne
de mise à l'air 28 en amont de laquelle est disposée une soupape de surpression 29.
Le réservoir 25 est relié à l'enceinte 12 par une tubulure 30 débouchant à la partie
supérieure de l'enceinte. Comme on le voit sur le dessin, la tubulure 30 débouche
dans l'enceinte 12 en un emplacement disposé en avant de la cloison 13 lorsque celle-ci
se trouve dans la position de retrait maximal correspondant sensiblement à la position
représentée sur le dessin.
[0024] Pour l'introduction des boues à assécher dans l'enceinte 12, il est prévu un conduit
31 débouchant dans l'enceinte 12 et dont l'extrémité formant bouche d'admission des
boues est pourvue d'une vanne 31ʹ. Un contrôle de niveau sous forme d'un conduit transparent
32 est prévu pour contrôler le degré de remplissage et la consistance des boues introduites.
[0025] On va maintenant décrire le circuit de décantation.
[0026] Celui-ci comporte tout d'abord pour évacuer l'eau devant la cloison 13 en position
de retrait une bouche 33 d'une tuyauterie 34 isolable par un clapet 35.
[0027] Pour la décantation de l'eau se trouvant de l'autre côté de la cloison 13, il est
prévu une tuyauterie 36 débouchant dans l'enceinte 12, pourvue d'un clapet anti-retour
37, et aboutissant à une pompe d'épuisement 38. De même que la pompe 19, la pompe
38 peut être entraînée à partir du moteur du véhicule. Le conduit de refoulement 39
de la pompe 38 sur lequel débouche également le conduit 34, comporte une partie de
tuyau transparent 40 destinée à contrôler la consistance de l'eau refoulée, et débouche
dans une batterie de deux filtres 41 montés en parallèle, la commutation entre les
deux filtres s'effectuant par des vannes d'isolation 42. Une bouche d'évacuation de
l'eau séparée 43 est prévue en aval des filtres 41.
[0028] La vidange des filtres 41 peut s'effectuer manuellement par remplacement des grilles
filtrantes qu'ils contiennent ou en variante il peut être prévu un circuit de recyclage
43ʹ de boues représenté en trait mixte et débouchant dans l'enceinte 12. Pour une
évacuation de l'eau résiduelle pouvant se trouver dans l'enceinte 12 en avant de la
cloison 13, il est prévu un conduit 44 permettant de ramener l'eau dans la zone de
l'enceinte en arrière de la cloison lorsque celle-ci se trouve en position avancée
lors de sa course de compactage, comme cela sera expliqué plus loin en relation avec
le fonctionnement.
[0029] Le dispositif comporte en outre deux manomètres 45 et 46 de part et d'autre de la
cloison 13. Le dispositif comporte également un regard 47 permettant de contrôler
visuellement la consistance des boues asséchées au voisinage de porte 5 ainsi qu'un
détecteur 48 de position détectant notamment le passage de la cloison 13 en regard
de la tubulure 30.
[0030] On va maintenant décrire le fonctionnement du dispositif qui vient d'être décrit
pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention.
[0031] Le porte 5 se trouvant en position fermée et la cloison 13 se trouvant en position
arrière, correspondant aux figures 1 et 2, on met en route la pompe 19 de façon à
introduire des boues à assécher par aspiration au travers de la conduite 31. Une fois
le remplissage réalisé et contrôlé visuellement par le niveau 32, on inverse le flux
de la pompe 19 grâce à la vanne 23 de façon à mettre en surpression l'enceinte 12
de manière à provoquer l'évacuation de l'excédant d'eau au travers de la tuyauterie
34.
[0032] On inverse à nouveau le flux de la pompe 19 et l'on actionne le vérin 18 de manière
à déplacer la cloison 13 en direction de la porte 5.
[0033] Dès que la cloison 13 atteint la tubulure 30, le vide voulu se trouve créé dans l'enceinte
derrière la cloison 13. Le vérin 18 est actionné de manière que le déplacement de
la cloison 13 s'effectue d'abord à vitesse rapide et avec une pression de compactage
faible, puis au fur et à mesure de l'assèchement des boues se trouvant devant la cloison
13 à une vitesse plus lente et une pression de compactage maximale. Pour éviter la
formation de poches d'eau dans la masse des boues asséchées par action conjointe de
la pression de compactage et du vide crée, on peut effectuer des mouvements alternatifs
de la cloison 13 associés à des inversions de flux dans l'enceinte par manoeuvre de
la vanne 23. Ces opérations peuvent s'effectuer en augmentant graduellement la pression
d'appui du vérin. Pour l'évacuation de l'eau en arrière de la cloison on utilise la
pompe 38 qui peut fonctionner en permanence. Lorsque la pompe 19 est en phase d'aspiration
créant un vide dans l'enceinte 12 le clapet anti-retour 37 est fermé. Lorsqu'on inverse
le flux dans la pompe 19 ou lorsqu'on débraye celle-ci le clapet anti-retour 37 s'ouvre
et la pompe 38 évacue l'eau de décantation vers les filtres 41. L'eau résiduelle en
avant de la cloison 13 s'évacue par la conduite 44 et est réinjectée dans l'enceinte
en arrière de la cloison 13 lorsque celle-ci se trouve au voisinage de sa fin de course
vers la gauche sur la figure 1. L'operation d'assèchement sera terminée une fois que
la pression lue sur le manomètre 46 sera égale à la pression affichée par le manomètre
45 correspondant au vide réalisé.
[0034] Pour extraire de l'enceinte les boues asséchées, on ouvre la porte 5 et l'on actionne
le vérin 18, la cloison 13 jouant alors le rôle d'un piston éjecteur.
[0035] Bien que l'invention ait été décrite en liaison avec un mode de réalisation particulier,
il est bien évident qu'elle n'y est nullement limitée et qu'on peut lui apporter
différentes variantes et modifications sans pour autant sortir ni de son cadre ni
de son esprit.
1. Procédé d'assèchement de boues, caractérisé par le fait que l'on introduit les
boues par aspiration dans une enceinte (12) tubulaire, de préférence cylindrique,
fermée en avant d'une cloison (13) mobile à l'intérieur de l'enceinte, guidée sur
la paroi de celle-ci, des passages étant ménagés entre ladite cloison et la paroi
de l'enceinte, que l'on déplace ladite cloison dans ladite enceinte de façon à compacter
les boues, que l'on recueille l'eau de décantation de part et d'autre de ladite cloison
et que l'on applique un vide dans ladite enceinte, en arrière de ladite cloison pendant
au moins une partie de la course de déplacement de celle-ci.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'on procède avant
le déplacement de la cloison de compactage à une mise en surpression de l'enceinte,
de manière à effectuer une décantation forcée en avant de ladite cloison.
3. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait
que l'on effectue une décantation forcée en arrière de la cloison aussi bien avant
le déplacement de celle-ci que pendant ce déplacement.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé par
le fait que l'on filtre l'eau séparée des boues.
5. Procédé selon la revendications 4, caractérisé par le fait que l'on procède à un
recyclage des boues filtrées.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé par
le fait que le déplacement de la cloison de compactage s'effectue selon deux courses
successives, l'une à vitesse rapide et avec une pression d'application faible, l'autre
à une vitesse lente et une pression d'application importante.
7. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications
précédentes, caractérisé par le fait qu'il comprend une enceinte (12) réalisée dans
une cuve (4) de préférence cylindrique circulaire, munie à une extrémité d'une porte
de fermeture (5) équipée de moyens de verrouillage et de déverrouillage (8,9), une
cloison (13) apte à coulisser dans ladite enceinte (12) sous l'action d'un vérin (18)
entre une première position d'extrémité à l'opposé de la porte et une seconde position
d'extrémité au niveau de ladite porte, ladite cloison étant guidée par l'intermédiaire
de patins (17) sur la paroi intérieure de l'enceinte, des passages étant prévus entre
lesdits patins, une pompe (19) reliée à ladite enceinte et apte à réaliser à volonté
une surpression et une dépression à l'intérieur de ladite enceinte, des moyens d'introduction
(31) de boues dans ladite enceinte devant ladite cloison (13) lorsque celle-ci se
trouve au voisinage de sa première position d'extrémité, une tubulure (30) mettant
en communication l'enceinte (12) et ladite pompe (19) et débouchant dans ladite enceinte
en un point intermédiaire du trajet de déplacement de ladite cloison, le dispositif
comportant en outre des moyens d'évacuation de l'eau devant (33, 34) et derrière
(36), ladite cloison (13) aussi bien avant que pendant sa phase de déplacement.
8. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé par le fait que les patins (17)
sont agencés de façon à s'étendre sur 60 à 80% de la circonférence intérieure de l'enceinte
(12).
9. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 6 et 7, caractérisé par le
fait qu'il comporte une pompe d'épuisement (38) pour la décantation forcée de l'eau
en arrière de la cloison (13).