[0001] L'invention se rapporte à un procédé et un dispositif d'identification d'un objet
en vue en particulier de son repérage ultérieur.
[0002] Dans le domaine de la protection contre le vol d'objets comme des meubles ou des
bibelots, on connaît divers systèmes d'alarmes principalement installés pour la détection
de toute intrusion dans un local. Ils complètent éventuellement les systèmes généraux
de fermeture utilisant des serrures ou moyens analogues ou les systèmes particuliers
de protection d'objets ou de meubles tels que des coffres, des chaînes de fixation
ou autres mécanismes de verrouillage destinés à rendre difficiles leur transfert.
[0003] Ces différents moyens largement employés dans les lieux publics comme les musées
et les salles d'exposition, sont plus difficilement utilisables par des particuliers
ne serait-ce que du fait de leur coût. Certes, chaque propriétaire prend soin de
protéger du vol les objets dont il dispose, par tout moyen de fermeture approprié,
mais cela n'exclue malheureusement pas les cambriolages d'objets et surtout les meubles
anciens ou objets de valeurs, particulièrement recherchés. Il arrive parfois que certains
meubles soient retrouvés chez des revendeurs, mais la plupart du temps, et même si
l'ancien propriétaire a repéré l'objet qui lui a été dérobé, il lui est difficile
souvent de l'identifier avec certitude et d'en prouver la provenance.
[0004] A cet effet, certains objets notamment des bibelots, ou des tableaux sont munis d'un
sceau marquant leur origine, voire leur implantation, mais ces inscriptions sont apparentes
et par conséquent destructibles ou falsifiables.
[0005] L'invention apporte à ce problème une solution qui évite les inconvénients inhérents
aux moyens connus en proposant un procédé d'identification d'un objet, non visible
et indestructible et qui permette son repérage ultérieur en cas de vol, cela de façon
simple à mettre en oeuvre et tout à fait efficace même dans le temps.
[0006] Le procédé selon l'invention, utilisable particulièrement mais non exclusivement
à l'identification de meubles en vue de leur repérage ultérieur consiste à percer
ou utiliser dans ledit objet au moins un petit trou à un endroit quelconque, à insérer
au fond du trou un élément actif du genre élément magnétique ou radioactif de dimension
correspondante, à obturer l'orifice pour le rendre non visible, à repérer l'emplacement
de l'élément actif sur au moins une face de l'objet, et à déterminer en coordonnées
x, y, z l'emplacement de cet élément par rapport à un système de référence lié à l'objet.
[0007] Selon une autre caractéristique du procédé, on détermine les coordonnées (x,y,z)
d'une trace marquée de façon effaçable sur l'extérieur de l'objet où a été décelé
le maximum d'émission fournie par l'élément actif.
[0008] Le dispositif objet de l'invention permettant la mise en oeuvre dudit procédé comporte
essentiellement un moyen de repérage de l'élément actif à l'aide d'une sonde déplaçable
le long de la surface de l'objet et un moyen de détermination de l'emplacement ainsi
repéré à l'aide d'un système articulé, positionné par rapport à l'objet à identifier
et muni de pièces mobiles permettant de localiser la trace grâce à des graduations.
[0009] D'autres caractéristiques particulières et avantages de l'invention apparaîtront
à la lecture de la description qui va suivre d'un exemple non limitatif de réalisation
faisant référence aux dessins annexés qui représentent :
Figure 1 : une vue partielle en perspective d'un meuble sur lequel est mis en oeuvre
le procédé d'identification.
Figure 2 : une vue en coupe à plus grande échelle d'un élément de meuble.
Figure 3 : une vue schématique en perspective d'une sonde utilisée dans le dispositif
de mise en oeuvre.
Figure 4 : une vue partielle en perspective et à plus grande échelle du meuble de
la figure 1 muni du dispositif articulé de localisation faisant partie du dispositif
de mise en oeuvre.
[0010] On a représenté à la figure 1 un meuble 1 tel qu'une commode sur lequel on a percé
des petits trous 4, en trois points A,B et C quelconques, mais de préférence dans
une zone où le bois est suffisamment épais pour que les trous puissent être percés
jusqu'à 1 ou 2 cm de profondeur. Ainsi, le trou A a-t-il été percé sur la face latérale
du meuble, le trou B sur la face avant et le trou C sur le dessus.
[0011] On utilise à cet effet une perceuse munie d'une mèche de très faible calibre et l'on
peut également utiliser comme amorce de trous les piquages déjà existants sur certains
meubles anciens.
[0012] Puis on introduit au fond des trous 4 un petit aimant ou un élément magnétique 2
tel que le montre le dessin agrandi de la figure 2. Cet élément de forme cylindrique
terminé par une surface plane et de quelques millimètres de diamètre, a une longueur
choisie en fonction de son implantation et donc de la profondeur du trou. Il est en
matériau du genre Samarium-cobalt pratiquement impossible à désaimanter. Un cylindre
métallique complémentaire 3 placé en bout de l'élément magnétique 2 assure une bonne
orientation du flux. Un matériau de rebouchage 5 du genre colle à bois de teinte appropriée
est ensuite placé pour obturer le trou 4, et le rendre invisible.
[0013] Le meuble est ainsi muni de ses trois éléments magnétiques, qui sont dans la zone
des points A,B,C, mais pas forcément au droit de ces points, puisque les trous peuvent
être percés obliquement. Il faut donc localiser avec précision la position de chaque
élément magnétique. L'appareil utilisé à cet effet et illustré à la figure 3 est un
fluxmètre dont la sonde 5 d'un type connu en soi est montée sur un support 6 dont
la base 7 portant un moyen de repérage peut être déplacée sur une face du meuble 1
et vient en appui sur sa paroi. La sonde est reliée à un indicateur 8.
[0014] L'utilisateur peut donc, en déplaçant la base 7 de la sonde 5 au voisinage de chacun
des trous A,B ou C ou sur une face voisine du meuble à proximité des points en question,
localiser les points a,b et c au centre de la base 7 et sur une des faces du meuble,
où est décelé le maximum de champ magnétique émis par l'élément correspondant, et
constaté par l'indicateur 8. Il peut ainsi marquer provisoirement à la craie l'emplacement
c sur la face avant du meuble (alors que le trou C a été percé sur le dessus) b sur
la face latérale (alors que le trou B a été percé sur la face avant) et a à proximité
du trou A sur la face latérale.
[0015] Il convient maintenant de pouvoir enregistrer les coordonnées exactes de chaque emplacement
par rapport à un point référence lié à l'objet.
[0016] A cet effet, on utilise à titre d'exemple un système articulé tel que représenté
à la figure 4. Celui-ci comporte une première barre horizontale 9 en appui sur le
sol par l'intermédiaire de patins 10. Deux autres barres 11 et 12 perpendiculaires
à la barre 9, coulissent sur cette dernière et sont également en appui sur le sol
par des patins 13 à leur extrémité opposée. Enfin une règlette verticale 14 coulisse
dans un plan vertical sur la barre horizontale 12. Chacune de ces barres porte des
graduations.
[0017] Dans l'exemple représenté à la figure 4 on a mis en appui la barre horizontale 9
contre un pied avant 15 du meuble 1, la barre 11 qui lui est perpendiculaire étant
également en appui contre le pied avant 15 et le pied arrière 16. On fait en sorte
que la graduation 0 de la barre 9 soit en bordure de la barre 11. On a ainsi défini,
par rapport au meuble, un point 0 fixe origine des coordonnées de l'emplacement marqué
qui sert de point de référence. Dans ce cas, ce point est voisin du pied du meuble.
La deuxième barre horizontale 12 est ensuite déplacée sur la barre 9 pour que la réglette
verticale 14 puisse coulisser le long de la paroi latérale du meuble. Cette dernière
est positionnée au ras du marquage a. On lit donc les coordonnées de cet emplacement
en repérant l'abcisse x
a sur la barre 9 à la limite de la barre 12, l'ordonnée y
a sur la barre 12 à la limite de la réglette 14 et la hauteur z
a sur la réglette 14 au droit du point a.
[0018] On répète l'opération pour les autres emplacements B et C, en disposant au sol le
sytème articulé dans la position la plus commode pour effectuer les mesures.
[0019] Les données ainsi recueillies pour chaque emplacement d'élément magnétique, sont
la localisation de son point de référence (ou la position du point zéro du système
articulé) et ses coordonnées (x,y,z). Ces données sont ensuite archivées avec une
description sommaire du meuble, et éventuellement d'autres indications, comme par
exemple toutes données résultant de calculs fournissant les positions géométriques
des trois points, indépendamment de toute position d'un quelconque système articulé
de référence des mesures simultanées des positions des éléments, pour constituer
une bibliothèque des meubles identifiés en vue de leur repérage ultérieur.
[0020] On a décrit le procédé sur la base de trois emplacements d'élément magnétique, ceci
pour pallier à une éventuelle détérioration du meuble entraînant la disparition d'un
élément magnétique ou sa désaimantation. Mais pour certains objets un seul élément
magnétique suffirait à assurer une identification correcte, par exemple si le système
articulé peut être positionné par rapport au meuble de manière totalement bi-univoque.
[0021] Après effaçage des marques a, b, et c, il ne reste sur le meuble aucune trace visible
des emplacements d'élément magnétique.
[0022] Quand il s'agit alors de repérer un meuble volé et de l'identifier, il suffit de
rechercher l'emplacement des éléments magnétiques en promenant sur le meuble la sonde
5. On arrive rapidement à localiser les emplacements de champ magnétique maximum qui
sont donc marqués à la craie.
[0023] Puis on met en place au sol le système articulé en positionnant les barres horizontales
de la façon répertoriée pour le meuble considéré, puis en déplaçant les barres ou
réglettes on lit rapidement les coordonnées de l'élément magnétique. Ces coordonnées,
ou toutes autres grandeurs indépendantes du système articulé, comparées à celles
archivées permettent l'identification du meuble. Certes, un voleur aurait pû déceler
lui-même la présence de cet élément magnétique et l'ôter du meuble pour éviter l'identification.
Mais du fait de l'implantation de cet élément et de sa finesse, il est obligé -pour
l'extraire- de détruire la partie voisine et de procéder ensuite à une restauration
délicate et difficilement invisible, avant de pouvoir négocier le meuble.
[0024] L'invention ne se limite pas à l'exemple de réalisation précédemment décrit mais
en englobe aussi toute variante constructive. C'est ainsi que l'on peut remplacer
l'élément magnétique par une pièce à émission radioactive du genre d'une aiguille
radioactive dosée de telle sorte que l'émission ne dépasse évidemment pas un seuil
critique au-dessus de la surface de l'objet. Sur cette pièce pourrait en outre être
imprimé un mot codé ou une marque qui constituerait un moyen supplémentaire d'identification.
Le détecteur utilisé est naturellement approprié à ce genre d'émission.
[0025] Le dispositif précédemment décrit en référence à l'identification d'un meuble du
genre d'une commode est applicable à toutes sortes d'objets comme des bibelots ou
statues, et comporte à cet effet des éléments articulés appropriés.
1. Procédé d'identification d'un objet devant permettre son repérage ultérieur caractérisé
en ce qu'il consiste à percer ou utiliser dans ledit objet au moins un petit trou
4 à un endroit quelconque, à insérer au fond du trou un élément actif du genre élément
magnétique ou radioactif 2 de dimension correspondante, à obturer l'orifice pour
le rendre non visible, à repérer l'emplacement de l'élément actif sur au moins une
face de l'objet, et à déterminer en coordonnées x, y, z l'emplacement de cet élément
par rapport à un système de référence lié à l'objet.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on détermine les coordonnées
(xa, ya, za) d'une trace a marquée de façon effaçable sur l'extérieur de l'objet où
a été décelée le maximum d'émission fournie par un élément actif A.
3. Procédé selon les revendication 1 et 2, caractérisé en ce que l'on archive les
coordonnées (x,y,z) de l'élement actif et/ou toutes autres données caractéristiques
de la position spatiale relative de cet élément avec d'autres points de marquage de
l'objet ainsi que la localisation de son système de référence pour constituer une
bibliothèque des objets identifiés, en vue de leur repérage ultérieur.
4. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon les revendications 1 et 2, caractérisé
en ce que le repérage de l'élément actif est assuré par une sonde 5 déplaçable le
long de la surface de l'objet et reliée à un indicateur 8.
5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la sonde 5 est montée
sur un support 6 dont la base 7 vient en appui sur la paroi de l'objet.
6. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon les revendications 1 et 2, caractérisé
en ce que la détermination des coordonnées (x, y, z) de l'emplacement (A, B ou C)
d'un élément actif est assuré par un système articulé, positionné par rapport à l'objet
à identifier et muni de pièces mobiles permettant de localiser l'élément ou sa trace
grâce à des graduations portées sur ces pièces.
7. Dispositif selon la revendication 6 caractérisé en ce que le système articulé à
pièces mobiles est constitué d'au moins une barre horizontale 9 définissant l'abcisse
x de la trace sur laquelle coulisse au moins une barre horizontale et perpendiculaire
12 définissant l'ordonnée y de la trace, et en ce que une règlette verticale 14 coulissant
sur la barre 12 défini la hauteur de la trace.
8. Dispositif selon la revendication 7 caractérisé en ce qu'un autre barre horizontale
11 coulissant sur la barre 9 est en appui contre les pieds (15,16) de l'objet.
9. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon les revendications 1 et 2 caractérisé
en ce que l'élément actif introduit dans le trou 4 est un petit aimant ou élément
magnétique 2.
10. Dispositif selon la revendication 9 caractérisé en ce que l'élément magnétique
2 placé au fond du trou 4 est coiffé par un cylindre métallique complémentaire 3.
11. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon les revendications 1 et 2 caractérisé
en ce que l'élément actif introduit dans le trou 4 est une pièce à émission radioactive.