[0001] La présente invention concerne les klystrons à faisceaux multiples.
[0002] Les klystrons à faisceaux multiples sont bien connus de l'art antérieur ; dans la
description des figures 1 et 2 le principe de ces klystrons et leur structure seront
rappelés.
[0003] Un grand avantage de ces klystrons est qu'ils sont particulièrement adaptés à un
fonctionnement à grande puissance.
[0004] En effet, on démontre que pour une même puissance haute fréquence, la tension d'accélération
appliquée entre l'anode et une cathode du klystron est beaucoup plus faible dans un
klystron à faisceaux multiples que dans un klystron à un seul faisceau. Or quel que
soit le type de klystron, la nécessité de moduler la vitesse du faisceau d'électrons
impose à cette tension d'accélération une même limite supérieure à partir de laquelle
le faisceau n'est plus modulable. En conséquence, on peut obtenir avec un klystron
à faisceaux multiples une puissance haute fréquence beaucoup plus élevée que celle
qu'il est possible d'obtenir avec un klystron à un seul faisceau.
[0005] Le problème qui se pose est qu'il n'est pas possible avec les klystrons à faiceaux
multiples de l'art antérieur d'obtenir des grandes puissances à des fréquences élevées.
[0006] En effet aux fréquences élevées, les dimensions des klystrons deviennent très petites.
On est alors limité par les dimensions des tubes de glissement des cavités dont les
orifices doivent être suffisamment grands pour permettre le passage d'un faisceau
d'électrons, dont la densité ne doit pas atteindre un niveau prohibitif, et cela
d'autant plus qu'on veut obtenir des puissances élevées.
[0007] En pratique, des problèmes se posent lorsque l'on cherche à produire des puissances
de plusieurs dizaines de mégawatts, à des fréquences de plusieurs milliers de mégahertz.
[0008] La présente invention permet de réaliser des klystrons à faisceaux multiples, de
très grande puissance, et à des fréquences très élevées.
[0009] Selon l'invention un klystron à faisceaux multiples, comportant plusieurs cavités
résonnantes, est caractérisé en ce que ces cavités sont dimensionnées de telle façon
que le klystron fonctionne, de façon optimale, en mode TM
On (n : nombre entier supérieur à 1) et en ce que les tubes de glissement du klystron
traversent les cavités en passant par une région où, même en l'absence de ces tubes,
le champ électrique passerait par un maximum absolu.
[0010] D'autres objets, caractéristiques et résultats de l'invention ressortiront de la
description suivante, donnée à titre d'exemple non limitatif et illustrée par les
figures annexées qui représentent :
- la figure 1, une vue en coupe longitudinale d'un mode de réalisation d'un klystron
à faisceaux multiples ;
la figure 2, une vue en coupe selon la direction AAʹ indiquée sur la figure 1 ;
- les figures 3 et 5, la variation du champ électrique longitudinal dans une cavité,
respectivement, dans le cas d'un klystron fonctionnant en mode TM₀₁ et en mode TM₀₂
;
- les figures 4 et 6, une vue en coupe d'une cavité d'un klystron à faisceaux multiples
dans laquelle a été représentée la distribution des champ électrique et magnétique,
respectivement, dans le cas d'un klystron fonctionnant en mode TM₀₁ et en mode TM₀₂.
[0011] Sur les différentes figures, les mêmes repères désignent les mêmes éléments, mais,
pour des raisons de clarté, les cotes et proportions des divers éléments ne sont pas
respectées.
[0012] Les klystrons à plusieurs faisceaux sont des klystrons perfectionnés pour lesquels
on cherche à la fois la compacité, le haut rendement tout en n'utilisant qu'une faible
tension accélératrice.
[0013] On sait qu'avec la conception conventionnelle des klystrons, ces trois dernières
exigences sont contradictoires. En effet, le haut rendement ne peut être obtenu qu'avec
un faisceau de faible pervéance, c'est-à-dire de haute tension. Or, la longueur des
klystrons croît comme la racine carrée de la haute tension.
[0014] Pour contourner cette difficulté, on peut diviser le faisceau en plusieurs faisceaux
élémentaires.
[0015] Le principe peut être expliqué comme suit : soit un faisceau divisé en N faisceaux
élémentaires, de courant I, accéléré à une tension V et soit p la pervéance et n le
rendement de conversion entre la puissance d'alimentation VI et la puissance de haute
fréquence P. Les relations suivantes sont vérifiées :
I = p V
3/2
P = np V
5/2
[0016] Si l'on accélère N de ces faisceaux élémentaires, en parallèle, par la même tension
V, la puissance de haute fréquence totale P
TOT égale :

[0017] Pour une même puissance de haute fréquence, la tension d'accélération appliquée entre
l'anode et la cathode est donc divisée par le facteur N
2/5.
[0018] Pour N = 6, la tension d'accélération est divisée par 6
2/5, c'est-à-dire sensiblement par un facteur 2.
[0019] La figure 1 représente de façon schématique une vue en coupe longitudinale d'un mode
de réalisation d'un klystron à plusieurs faisceaux.
[0020] Ce tube comporte un canon à électrons avec des cathodes qui portent la référence
1 et une anode qui porte la référence 2. Cette anode est percées de trous disposés
en face des cathodes.
[0021] Ce klystron comporte quatre cavités de résonnance 3 qui servent à moduler les faisceaux
en vitesse. Des tubes de glissement 4 relient les cavités entre elles et permettent
d'assurer l'étanchéïté.
[0022] Les cavités de résonnance 3 sont de type ré-entrant. Elles interagissent avec le
champ électromagnétique excité dans ces cavités, par une source extérieure, non représentée
dans le cas de la première cavité qui est la plus proche du canon à électrons, ou
par ces faisceaux eux-mêmes dans les cavités suivantes.
[0023] La focalisation des faisceaux est réalisée par un ensemble de bobines 5, disposées
autour des cavités 3. On voit sur la figure 1 qu'on a disposé de part et d'autre de
l'ensemble de bobines 5, deux plaques de blindage 6, en matériau magnétique, par exemple
en fer doux. Ces plaques sont percées de trous de diamètre très voisin de ceux des
faisceaux, de façon à permettre le passage des faisceaux des canons à électrons dans
les cavités puis des cavités vers le collecteur 7.
[0024] Sur la figure 1, on a représenté deux faisceaux d'électrons 8 et 9.
[0025] Ces plaques 6 sont des surfaces équipotentielles d'un point de vue magnétique et
contribuent à créer le long du tube un champ magnétique aussi constant que possible.
[0026] La plaque de blindage 6 située du côté des canons permet d'empêcher le champ de fuite
des bobines d'atteindre les cathodes.
[0027] Pour cela les orifices que porte cette plaque de blindage 6 comportent un renflement
10 dirigé vers les cathodes. De plus, un cylindre 11 en matériau magnétique est accolé
à cette plaque de blindage 6. Ce cylindre 11 est relié à d'autres pièces 12, qui sont
en céramique, pour des raisons d'isolation. Enfin, on peut utiliser une anode 2 en
matériau magnétique pour parfaire le blindage des cathodes.
[0028] La figure 2 est une vue en coupe selon la direction AAʹ indiquée sur la figure 1.
On voit sur cette coupe que le klystron de la figure 1 comporte six tubes de glissement
4, donc comporte six faisceaux d'électrons. On a représenté les extrémités d'une cavité
3, mais le dispositif de focalisation n'a pas été représenté.
[0029] Les tubes de glissement sont disposés selon un cercle centré sur l'axe longitudinal
XXʹ du tube. L'écart angulaire entre les tubes est constant. Ainsi, le champ électrique
a une configuration identique, dans chaque cavité, entre les parties des tubes de
glissement qui se font face.
[0030] Les klystrons à faisceaux multiples connus de l'art antérieur fonctionnent toujours
en mode TM₀₁, c'est-à-dire à la fréquence la plus basse.
[0031] Il est d'usage dans les tubes hyperfréquences de fonctionner au mode fondamental.
[0032] La figure 3 montre la variation du champ électrique longitudinal E
z, après l'introduction de tubes de glissement, dans une cavité lorsqu'on se déplace
selon un axe r, qui partage la cavité en son milieu et qui est perpendiculaire à l'axe
longitudinal XXʹ du klystron, tel qu'il est représenté sur la figure 1.
[0033] Ce champ présente deux maxima situés dans l'espace d'interaction séparant les tubes
de glissement comme cela se comprend en considérant la figure 4, où l'on a représenté,
de façon schématique, et en correspondance avec la figure 3, la distribution des
champs électrique et magnétique dans une cavité, vue en coupe. Avant l'introduction
des tubes de glissement le champ E
z présente un seul maximum qui est situé sur l'axe XXʹ et les tubes de glissement sont
placés aussi près possible de ce maximum pour éviter de perturber le champ ; ils perturbent
cependant le champ puisqu'ils ne peuvent, du fait de leur nombre et de leurs dimensions
être placés selon XX4.
[0034] Les klystrons à faisceaux multiples selon l'invention fonctionnent en mode TM₀₂.
[0035] L'ensemble du klystron, et les cavités en particulier, sont dimensionnés pour que
le klystron fonctionne de façon optimale en mode TM₀₂.
[0036] La modification des dimensions des cavités entraîne nécessairement des modifications
des autres parties du klystron, telles que par exemple les cathodes ou le dispositif
de focalisation.
[0037] Ainsi, à dimensions égales, et donc pour une puissance maximum donnée, les cavités
résonnent à une fréquence au moins deux fois plus élevée que dans le cas d'un fonctionnement
en mode TM₀₁.
[0038] Il est également possible si l'on conserve la même fréquence que dans le cas d'un
fonctionnement en mode TM₀₁ d'augmenter les dimensions des cavités pour obtenir plus
de puissance.
[0039] Le fonctionnement en mode TM₀₂ permet donc d'obtenir des klystrons à faisceaux multiples,
de plus grande puissance, et à une fréquence plus élevée, que ne le permet le fonctionnement
en mode TM₀₁.
[0040] Les figures 5 et 6, établies dans le cas d'un klystron à faisceaux multiples fonctionnant
en mode TM₀₂, correspondent aux figures 3 et 4 établies dans le cas d'un fonctionnement
en mode TM₀₁.
[0041] La figure 5 représente donc les variations du champ électrique longitudinal E
z selon l'axe r, aussi bien avant qu'après l'introduction des tubes de glissement dans
la cavité.
[0042] La figure 6 représente la distribution des champs électrique et magnétique dans une
cavité vue en coupe.
[0043] Avant même l'introduction des tubes de glissement dans la cavité, le champ électrique
longitudinal E
z présente deux maxima selon l'axe r, c'est à dire que le champ est maximum dans une
région en forme de cylindre d'axe XXʹ ; les tubes de glissement traversent la cavité
en passant par cette région, c'est à dire en passant là où le champ électrique est
aussi constant que possible.
[0044] Dans les espaces d'interaction situés entre les tubes de glissement le champ magnétique
est pratiquement nul, ce qui est favorable au maintien des trajectoires des faisceaux
d'électrons dans la bonne direction.
[0045] Dans le cas d'un fonctionnement en mode TM₀₂ les axes YYʹ et ZZʹ des tubes de glissement
sont relativement plus éloignés de l'axe XXʹ que dans le cas d'un fonctionnement en
mode TM₀₁. Les tubes de glissement sont donc relativement plus écartés les uns des
autres dans le cas d'un fonctionnement en mode TM₀₂. Il est donc possible d'augmenter
le diamètre de leur orifice à travers lequel se propage un faisceau d'électrons, ce
qui permet de monter en puissance.
[0046] En conséquence, le mode TM₀₂ facilite la réalisation de klystrons à faisceaux multiples
par rapport au mode TM₀₁.
[0047] Dans le cas des klystrons à faisceaux multiples, on peut sans problème choisir de
fonctionner en mode TM₀₂ car les faisceaux modulés ne contiennent pas de sous-harmoniques.
On ne risque donc pas un fonctionnement en mode TM₀₁, avec de mauvaises performances.
Même s'il y a des sous-harmoniques, on peut éviter aisément qu'ils soient égaux à
la fréquence du mode TM₀₁.
[0048] Il est à noter que cette invention n'est pas limitée au cas d'un klystron fonctionnant
en mode TM₀₂ mais peut s'étendre à tous les modes TM
0n, avec n entier supérieur à 1 ; les tubes de glissement seront alors placés dans la
zone d'un maximum absolu (c'est à dire d'une valeur positive ou négative maximum)
du champ électrique comme c'est le cas décrit avec le mode TM₀₂.