[0001] La présente invention concerne un diaphragme pour faisceau de radiations électromagnétiques
et son utilisation dans un dispositif de collimation de ce faisceau.
[0002] Elle s'applique notamment dans le domaine médical aux dispositifs d'imagerie à rayons
X.
[0003] Actuellement les diaphragmes ou iris des appareils de collimation de rayonnement
électromagnétiques sont réalisés suivant le principe du diaphragme de l'appareil photographique,
où l'agent limiteur de faisceaux est disposé en plaques articulées qui en se déplaçant,
délimitent une zone du passage du faisceau, laquelle a, à peu près, la forme d'un
disque. La forme de ces plaques est très précise et dépend de la variation souhaitée
sur la section de passage, ce qui conduit, pour une grande plage de variation de la
section, à utiliser de grandes plaques rigides, et à un encombrement important. Le
corrollaire de cette contrainte géométrique est la difficulté d'obtenir de petites
sections. De plus, les tolérances mécaniques doivent rester très faibles.
[0004] Ces difficultés ont conduit à envisager pour les faisceaux à haute énergie des diaphragmes
à déplacement de fluide, formés par exemple par une matrice de canaux perpendiculaires
aux faisceaux qui sont remplis indépendamment les uns des autres. Cependant ces diaphragmes
ont l'inconvénient qu'ils nécessitent des moyens compliqués pour contrôler le déplacement
du fluide dans chacun des canaux.
[0005] Le but de l'invention est de pallier les inconvénients précités.
[0006] A cet effet, l'invention a pour objet, un diaphragme pour faisceau de radiations
électromagnétiques caractérisé en ce qu'il est constitué par au moins une enceinte
transparente aux radiations dans laquelle circule un matériau déformable atténuateur
du faisceau de radiations, l'enceinte étant conformée pour permettre au matériau atténuateur
d'être introduit de l'extérieur de l'enceinte et d'entourer à l'intérieur de l'enceinte
la zone de passage du faisceau de manière que, la surface de la zone de passage varie
de façon continue avec le volume du matériau présent dans l'enceinte.
[0007] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront ci-après à l'aide
de la description faite en regard des dessins annexés qui représentent :
- les figures 1A et 1B des représentations d'un diaphragme respectivement en vue de
face et en coupe, formé par deux canalisations en spirale juxtaposées ;
- la figure 2 un dispositif permettant d'alimenter en fluide opacifiant les canalisations
du diaphragme représenté aux figures 1A et 1B ;
- les figures 3 à 6 des modes de réalisation différents du dispositif de la figure
2 ;
- la figure 7 un mode de réalisation d'un diaphragme muni sur une de ces faces d'un
réservoir transparent aux radiations ;
- la figure 8 un mode de réalisation d'un bouchon pour isoler une colonne de mercure
du milieu extérieur à l'intérieur d'une canalisation ;
- la figure 9 un mode de réalisation d'un diaphragme rectangulaire ;
- la figure 10 un mode d'assemblage de plusieurs diaphragmes selon l'invention pour
collimater un faisceau à haute énergie ;
- les figures 11 et 12 d'autres modes de réalisation de diaphragmes rectangulaires
;
- la figure 13 une autre variante de réalisation d'un diaphragme selon l'invention
;
- la figure 14 une adaptation d'un diaphragme selon l'invention à un dispositif de
collimation de rayons X ;
- la figure 15 un exemple d'application du diaphragme selon l'invention à l'acquisition
d'images stéréoscopiques ;
- la figure 16 une mise en oeuvre du principe représenté à la figure 15.
[0008] Un diaphragme pour faisceau de radiations électromagnétiques selon l'invention est
représenté aux figures 1A et 1B. Il est constitué par une enceinte 1 dans laquelle
circule un matériau déformable 2, fluide ou solide, opaque au faisceau de radiations,
guidé dans deux canalisations 3 et 4 en forme de spirales. Ce diaphragme est représenté
placé devant une source de radiations électromagnétiques 5 émettant en direction du
diaphragme un faisceau de radiations 6. Le matériau 2 est introduit de façon continue
par des extrémités 7 et 8 des canalisations situées à la périphérie des spirales,
il est poussé ou tiré à l'intérieur de celles-ci en direction de leur centre 9. De
cette façon, le cheminement du matériau 2 dans les canalisations 3 et 4 vient continûment
entourer une section de passage 10 du faisceau 6 au travers du diaphragme qui est
ainsi constitué. La section 10 peut ainsi varier de façon continue avec le volume
du matériau 2 présent dans chaque canalisation 3 et 4 depuis la périphérie du diaphragme
où sont situées les extrémités 7 et 8 des canalisations 3 et 4 jusqu'au centre 9 des
deux spirales. A titre d'exemple, le matériau 2 peut être constitué, pour des applications
de radiodiagnostics, notamment par du mercure ou encore par un câble d'acier ou filin.
[0009] Pour assurer une parfaite opacité du diaphragme au faisceau de radiations 6 lorsque
le matériau 2 est présent, les deux spirales peuvent être avantageusement juxtaposées
et décalées l'une par rapport à l'autre de la façon représentée sur la vue en coupe
de la figure 1B où les spires formées par la canalisation 3 viennent masquer le rayonnement
traversant l'espace entre spires de la canalisation 4.
[0010] Egalement, il va de soi que pour assurer une bonne transparence de la section de
passage 10 au rayonnement, les parois des canalisations doivent être formées par un
matériau qui est lui-même transparent à ce rayonnement. A ce titre on pourra utiliser
le plexiglass dans les applications médicales de radiodiagnostic pour réaliser cette
transparence.
[0011] Pour fonctionner correctement, il est nécessaire d'adjoindre, au diaphragme qui vient
d'être décrit, des moyens d'actionnement pour déplacer le matériau 2 dans les canalisations
3 et 4.
[0012] Dans le cas où le matériau 2 est un solide, et est constitué par exemple par un câble
d'acier, une extrémité du câble d'acier peut être fixée à tous moyens d'actionnement
connus, non représentés, capable de pousser ou de tirer le câble à l'intérieur des
canalisations 3 et 4.
[0013] Par contre, dans le cas où le matériau 2 est un fluide les moyens d'actionnement
doivent permettre d'aspirer ou de refouler de façon continue et à volonté le fluide
dans les canalisations 3 et 4 pour permettre le réglage de la section de passage 10
des radiations.
[0014] Ces moyens d'actionnement sont constitués sur la figure 2, par une pompe aspirante
et refoulante 11 couplée entre les extrémités 7 et 8 des canalisations 3 et 4 et par
un réservoir d'alimentation en fluide 12, la pompe 11 étant actionnée par des moyens
de commande électrique 13.
[0015] Dans le cas, d'une utilisation du mercure comme fluide absorbeur, les sorties centrales
des spirales pourront être soit fermées, le mercure restant en contact avec le vide
ou avec un gaz inerte sous faible pression, soit ouvertes, pour assurer éventuellement
la circulation d'un fluide transparent aux radiations dont l'indice optique est adapté
à celui de la structure qui le contient. Dans ce dernier cas, le dispositif de la
figure 2, ainsi que la partie centrale 9 du diaphragme pourront être modifiées suivant
les exemples représentés aux figures 3 à 7 où les éléments similaires à ceux des figures
1A, 1B et 2 ont été représentés avec les mêmes références.
[0016] Sur la figure 3, l'alimentation d'une spirale en fluide opaque contenue dans le réservoir
12 est réalisée par la pompe 11 placée à une extrémité 7 ou 8 d'une canalisation et
l'alimentation en fluide transparent contenu dans un réservoir 14 est réalisée par
une pompe 15 couplée à la canalisation au centre 9 de la spirale.
[0017] Les pompes 11 et 15 poussent à tour de rôle le fluide opaque ou le fluide transparent
à l'extrémité de la canalisation à laquelle elles sont branchées.
[0018] Sur la figure 4, une seule pompe 11 aspirante et refoulante est couplée en circuit
fermé entre un réservoir de fluide opaque 12 et un réservoir de fluide transparent
14, tous deux étant en communication l'un avec une extrémité 7 ou 8 d'une canalisation,
l'autre, avec l'autre extrémité de la canalisation située au centre 9 de la spirale.
Suivant une autre variante de réalisation, le dispositif de la figure 4 représenté
à la figure 5, les deux réservoirs 12 et 14 sont confondus dans un seul réservoir
mixte 16.
[0019] Plutôt que de disposer des réservoirs à l'extérieur du diaphragme une autre solution
qui est représentée aux figures 6 et 7 consiste à prévoir directement au centre 9
à la sortie d'une spirale un réservoir 17 en communication directement à cette sortie
et transparent au faisceau de radiations. Par exemple, dans le cas d'un diaphragme
alcool-mercure, le réservoir 17 qui est accolé aux spires du diaphragme pourra contenir
avantageusement l'alcool qui est le fluide transparent aux radiations et dans ce cas
la pompe 11 pourra fonctionner en circuit fermé entre le réservoir d'alimentation
en mercure 12 et le réservoir 17 d'alcool directement accolé au diaphragme.
[0020] On notera cependant que, selon encore une autre variante de réalisation de l'invention
représentée à la figure 8, le liquide transparent pourra être réduit à l'état d'un
bouchon 18 situé à l'avant de la colonne le liquide opaque se déplaçant avec elle,
le but de ce bouchon d'alcool étant d'éviter l'oxydation qui produit le vieillissement
du mercure et le dégagement de vapeur nocive du mercure.
[0021] Le diaphragme selon l'invention n'est pas non plus limité à la forme des canalisations
qui viennent d'être décrites, en effet, les canalisations 3 et 4 au lieu d'être enroulées
à la manière d'une spirale, peuvent être repliées plusieurs fois à angle droit dans
le même sens pour former dans un même plan des spires rectangulaires jointives de
la façon représentée à la figure 9, et obtenir un diaphragme rectangulaire.
[0022] Egalement comme ceci est représenté à la figure 10 plusieurs diaphragmes peuvent
être montés juxtaposés les uns aux autres de la façon représentée à la figure 10 chaque
diaphragme étant relié à un dispositif de pompage, du type précédemment décrit, ce
qui permet de réaliser indifféremment des collimations rectangulaire ou circulaire
du faisceau de radiations.
[0023] D'autres formes de diaphragmes rectangulaires peuvent également être obtenues en
organisant les canalisations non pas sous forme de spirales ou sous forme de spires
repliées à 90° comme ceci à été précédemment décrit mais sous la forme de serpentins
se croisant suivant une organisation matricielle du type représenté aux figures 11
et 12, ce qui permettra éventuellement de définir des champs d'irradiations rectangulaires
non centrés.
[0024] Enfin, suivant encore une autre variante réalisation d'un diaphragme selon l'invention
qui est représentée à la figure 13, l'enceinte peut comporter une structure alvéolée
alimentée à sa périphérie en mercure et en son centre en alcool. Dans l'exemple de
la figure 13, l'enceinte est constituée par une cloison cylindrique 19 qui renferme
un espace compris entre deux plaques planes parallèles 20 et 21. L'espace entre les
deux plaques 20 et 21 est compartimenté par des cloisons 22 délimitant sur chacune
des plaques des secteurs circulaires régulièrement répartis autour du centre des plaques
20 et 21. Un trou 23
a percé au centre de la plaque 21 met en communication l'enceinte avec un réservoir
d'alcool 23
b accolé à la plaque 21. Le mercure est amené à la périphérie de l'enceinte par un
ajutage 24 traversant la cloison cylindrique 19. Les cloisons 22 sont séparées de
la cloison 19 par un espace suffisant pour permettre au mercure de pénétrer dans chacun
des espaces délimités par les cloisons 22.
[0025] Une adaptation d'un diaphragme selon l'invention à un dispositif de collimation de
rayons X pour appareil de radiodiagnostic est représenté à la figure 14.
[0026] Sur la figure 14 le dispositif de collimation comporte de façon connue différentes
plaques opaques aux rayons X non référencées, réalisant une collimation selon un
format rectangulaire d'un faisceau de rayons X issu d'un foyer 24 pour adapter ce
faisceau aux formes des détecteurs rectangulaires (films) ou des organes des patients
irradiés.
[0027] Un diaphragme à iris à fluide 25 selon l'invention, réalise une collimation du faisceau
de rayons X émis par le foyer 25 selon une forme circulaire adaptant le faisceau de
rayons X aux formes des détecteurs des appareils et notamment à celles des amplificateurs
de brillance ou à celles des organes à irradier. Un faisceau lumineux 26 émis par
une source 27 au travers d'une plaque semi-transparente 28 permet d'éclairer le diaphragme
25 avec la géométrie que le faisceau de rayons X émis par la source 24 pour centrer
l'objet à examiner dans le faisceau, dans ce réglage la transparence de l'alcool et
la non transparence du mercure permettent la collimation du faisceau lumineux par
le diaphragme 25.
[0028] La faible masse mise en mouvement (mercure) permet une dynamique rapide pour adapter
la dimension du faisceau à la dimension d'un objet 29 à examiner. Par exemple dans
le cas d'acquisition d'images stéréoscopiques on peut utiliser de la façon représentée
figure 15, un tube de rayons X dont deux foyers F₁ et F₂ sont séparés. La prise de
clichés 30 s'effectue alternativement sur l'un et l'autre foyer, mais une limitation
de la cadence d'acquisition pourra provenir entre autre de la mise en mouvement due
à l'inertie des moyens de collimation 25 qui ont à se déplacer d'un faisceau à l'autre
en synchronisme avec l'émission des rayons X.
[0029] Une solution représentée à la figure 16 permet en commandant soit une pompe P₁ soit
une pompe P₂ de régler la collimation d'un faisceau de rayons X par un diaphragme
25 à la dimension de l'objet examiné. Puis en commandant les deux pompes P₁ et P₂
en même temps dans un sens puis dans l'autre, de suivre le faisceau de rayons X issu
du foyer F₁ puis du foyer F₂.
1. Diaphragme pour faisceau de radiations électromagnétiques caractérisé en ce qu'il
est constitué par au moins une enceinte (1) dans laquelle circule un matériau déformable
atténuateur (2) du faisceau de radiations, l'enceinte (1) étant conformée pour permettre
au matériau atténuateur (2) d'être introduit de l'extérieur de l'enceinte et d'entourer
à l'intérieur de l'enceinte la zone de passage du faisceau de manière que, la surface
de la zone de passage varie de façon continue avec le volume du matériau présent dans
l'enceinte (1).
2. Diaphragme selon la revendication 1, caractérisé en ce que le matériau atténuateur
(2) est constitué par un solide déformable à l'intérieur de l'enceinte.
3. Diaphragme selon la revendication 1, caractérisé en ce que le matériau atténuateur
(2) est un fluide.
4. Diaphragme selon les revendications 1 et 3, caractérisé en ce que l'espace de la
canalisation non occupée par le mercure est rempli par un fluide transparent aux rayons
X.
5. Diaphragme selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que
le fluide transparent aux rayons X a un indice optique adapté à celui de la structure.
6. Diaphragme selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que
le matériau atténuateur (2) est du mercure.
7. Diaphragme selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que
l'enceinte comprend une canalisation (3, 4) enroulée sur elle-même en forme de spirale.
8. Diaphragme selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'il
comprend deux canalisations (3, 4) en forme de spirales juxtaposées l'une à l'autre
dans une direction perpendiculaire à leur plan et décalées l'une par rapport à l'autre
pour que les spires d'une spirale recouvrent entièrement l'espace entre spires de
l'autre spirale, de façon à assurer une parfaite opacité aux radiations de la partie
des spirales parcourues par le matériau atténuateur (2).
9. Diaphragme selon les revendications 2 et 6, caractérisé en ce que les extrémités
des canalisations situées au centre (9) des spirales sont fermées.
10. Diaphragme selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce
que l'enceinte est constituée par une canalisation (3, 4) plusieurs fois repliée à
angle droit sur elle-même et dans un même plan.
11. Diaphragme selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'enceinte
est constituée par au moins une canalisation en forme de serpentin permettant de définir
des champs d'irradiations rectangulaires non centrés.
12. Diaphragme selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce
que l'enceinte (1) comprend une structure alvéolée (22) alimentée à sa périphérie
(24) en mercure et en son centre (23) en alcool.
13. Utilisation du diaphragme selon l'une quelconque des revendications 1 à 12 à
un dispositif de collimation d'un faisceau de radiations électromagnétiques.