(57) La présente invention est relative à un cylindre de travail composite en acier, notamment
pour cages finisseuses d'un train à bandes à chaud ou pour cages quarto à tôles fortes
dont la zone externe de travail est réalisée en un acier au chrome, molybdène, caractérisé
en ce que l'acier au chrome molybdène de la zone externe de travail contient de 1,0
à 1,8 % en poids de carbone, de 5 à 8 % en poids de chrome, de 3 à 8 % en poids de
molybdène, la somme de la teneur en chrome et en molybdène de l'acier étant comprise
entre 8 et 15 % en poids, le reste étant constitué de fer et d'éléments habituellement
présents.
[0001] La présente invention concerne les cylindres bimétalliques ou composites de travail
de laminoirs destinés à équiper notamment les cages finisseuses d'un train à bandes
à chaud, ainsi que les cages quarto à tôles fortes.
[0002] Les modes d'usure des cylindres de travail à chaud sont multiples, outre le mécanisme
de banding bien connu, et qui a pour origine le bris et le déchaussement des carbures
de la surface de travail. Le frottement de glissement métal-cylindre variable le
long de l'arc de contact et les conditions de laminage peuvent conduire au cisaillement
plastique superficiel qui se caractérise par un régime de travail en grippage continu.
[0003] Les manifestations négatives de ce régime de grippage continu sont la formation à
la surface du cylindre d'un relief en forme de chevrons et au delà, l'apparition d'un
phénomène d'usure adhésive catastrophique : le collage. L'un et l'autre au même titre
que le banding sont dommageables pour le rendement d'un cylindre exprimé en tonnes
par millimètre usé et pour le produit laminé caractérisé par des rebuts ou des déclassements.
[0004] Le brevet français N
o 79 27 952 donne déjà des solutions intéressantes qui se traduisent par un développement
industriel important sur la plupart des laminoirs à chaud du monde, en améliorant
considérablement la résistance au bris des carbures de la surface de travail et
à la fatigue thermique, en ajustant la morphologie des carbures eutectiques M7 C3
par un choix judicieux de la teneur des éléments chrome et carbone et de leur rapport.
[0005] Cependant, le carbure M7 C3 construit sur l'élément chrome donne une matrice riche
en chrome qui conduit à une faible cinétique d'oxydation, notamment quand la température
de contact cylindre-bande diminue, ce qui est le cas dans les dernières cages finisseuses.
[0006] Or, la calamine du matériau laminé a une capacité de déformation plastique insuffisante,
notamment lorsque la température diminue pour assurer une couverture uniforme de
la tôle dans l'emprise et les contacts métal-cylindre peuvent se produire là où le
métal est à nu. Si de son côté, le cylindre n'est pas à son tour recouvert d'une couche
d'oxyde, le collage devient inévitable.
[0007] On a également proposé de réaliser la couche externe des cylindres de travail pour
train à chaud en acier à haut chrome additionné de molybdène. Cependant ces cylindres
comme les précédents tout en améliorant certaines propriétés de surface ne permettent
pas de résoudre les problèmes liés à la présence d'une couche d'oxyde insuffisante,
qui sont dus aux teneurs relativement élevées en chrome.
[0008] Ainsi, lorsque la couche d'oxyde du cylindre est insuffisante, la conduction thermique
devient importante et la température superficielle du cylindre croît, ce qui a pour
conséquence de diminuer sa limite élastique et d'accélérer le mécanisme de formation
des chevrons par le cisaillement plastique superficiel.
[0009] Le problème qui vise à résoudre l'invention est, par conséquent, de fournir des cylindres
de laminage destinés à équiper les cages finisseuses d'un train à bandes à chaud
ayant des durées d'utilisation accrues en donnant un produit laminé de meilleure qualité.
[0010] Les critères que devront remplir ces nouveaux cylindres sont les suivants :
- la morphologie de la phase carbure doit être satisfaisante, c'est-à-dire présenter
un degré de dissociation suffisant;
- sa cinétique d'oxydation, notamment dans les conditions de laminage de la dernière
cage, c'est-à-dire aux environs de 500°C doit être suffisante ;
- sa limite élastique à chaud doit être la plus élevée possible pour résister au fluage
superficiel.
[0011] La présente invention a ainsi pour objet un cydindre de travail composite en acier,
notamment pour cages finisseuses d'un train à bandes à chaud ou pour cages quarto
à tôles fortes, comportant un coeur en fonte nodulaire et dont la zone externe de
travail est réalisée en un acier au chrome, molybdène, caractérisé en ce que l'acier
au chrome molybdène de la zone externe de travail contient de 1,0 à 1,8 % en poids
de carbone, de 5 à 8 % en poids de chrome, de 3 à 8 % en poids de molybdène, la somme
de la teneur en chrome et en molybdène de l'acier étant comprise entre 8 et 15 % en
poids, le reste étant constitué de fer et d'éléments habituellement présents.
[0012] Selon un mode de réalisation préféré, la teneur en molybdène est comprise entre 5
et 8 % en poids.
[0013] En variante, la zone externe de travail contient en outre de 1 à 2 % en poids de
vanadium.
[0014] L'invention a également pour objet une cage de laminoir dans un train à chaud, caractérisée
en ce qu'elle comporte au moins un cylindre de travail répondant à la définition
donnée ci-dessus.
[0015] La solution préconisée repose sur une approche originale qui consiste à associer
le chrome et le molybdène comme éléments d'alliage susceptibles de former un eutectique
à haud degré de dissociation, tout en ajustant la quantité de cette phase eutectique
par une teneur définie en carbone. La teneur en chrome, dans ce cas de figure, est
limitée à 8%, de façon à ce que la teneur en chrome de la matrice soit relativement
faible et conduise à une bonne cinétique d'oxydation. Elle est aussi limitée pour
éviter la ferrite δ . Elle est, cependant, au minimum de 5 %, le chrome devant intervenir
dans la formation des carbures M7 C3 et M2 C et afin de conserver une résistance à
l'oxydation minimum indispensable au traitement thermique.
[0016] Le molybdène peut varier entre 3 % et 8 %. Sa teneur maximum étant limitée par des
considérations économiques et métallurgiques, afin d'éviter notamment la formation
de M6 C relativement fragile. La somme Mo + Cr doit être comprise entre 8 et 15 %.
[0017] Enfin, la teneur en carbone doit varier entre 1 et 1,8 %. Pour une teneur inférieure
à 1 %, la quantité de carbures eutectiques est insuffisante et la résistance à l'usure
par abrasion s'en ressent. En outre, un carbone de moins de 1 % conduit à une quantité
importante de phase δ impossible à durcir.
[0018] Le carbone doit, en outre, être inférieur à 1,8%, afin d'éviter la formation de carbures
massifs et insuffisamment dissociés, ce qui aurait pour conséquence de diminuer la
résistance aux incrustations et à la fatigue thermique.
[0019] Enfin, la dureté à chaud déjà très améliorée par la présence de molybdène dans la
matrice peut encore être améliorée par l'addition de 1 à 2 % de V. Ceci n'a pas néanmoins
de caractère indispensable et ne constitue en tout état de cause qu'une amélioration.
[0020] On a pu aussi constater qu'un cylindre réalisé suivant ces règles de composition
présente une structure très favorable avec une teneur en carbures eutectiques dissociés
de l'ordre de 10 %, c'est-à-dire proche de la structure des aciers à haut chrome utilisé
pour les cylindres à chaud, pour lesquels le pourcentage de carbures varie entre 4
et 9 %. Sa dureté est encore de 540 HV après revenu à 580°C, alors que les meilleurs
matériaux connus jusqu'à présent pour les cylindres de laminoirs finisseurs, en l'occurence
la fonte au chrome a une dureté de 450 HV, après revenu à 580°C.
[0021] Enfin, la cinétique d'oxydabilité mesurée par simulation à 600°C en atmosphère saturée
humide est deux fois plus rapide que celle de l'acier à haut chrome.
[0022] A titre d'exemple, un cylindre de ce type ayant la composition suivante a été réalisé
:
C = 1,20 ;
Si = 1,25 ;
Mn = 0,47 ;
Ni = 0,54 ;
Cr = 7,4 ;
Mo = 6,9 ;
V = 0,3.
[0023] Cette composition est évidemment celle de la table de travail ou zone externe du
cylindre, dont le coeur peut être réalisé en fonte nodulaire, par coulée centrifuge.
Le traitement thermique peut être réalisé par traitement subcritique ou par traitement
de réausténitisation.
[0024] La dureté d'un tel cylindre dépasse 80 Shores C.
1. Cylindre de travail composite en acier, notamment pour cages finisseuses d'un train
à bandes à chaud ou pour cages quarto à tôles fortes comportant un coeur en fonte
nodulaire et dont la zone externe de travail est réalisée en un acier au chrome,
molybdène, caractérisé en ce que l'acier au chrome molybdène de la zone externe de
travail contient de 1,0 à 1,8 % en poids de carbone, de 5 à 8 % en poids de chrome,
de 3 à 8 % en poids de molybdène, la somme de la teneur en chrome et en molybdène
de l'acier étant comprise entre 8 et 15 % en poids, le reste étant constitué de fer
et d'éléments habituellement présents.
2. Cylindre suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la teneur en molybdène
est de préférence de 5 à 8 % en poids.
3. Cylindre suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'acier de la
zone externe de travail contient en outre de 1 à 2 % en poids de vanadium.
4. Cage de laminoir, dans un train à chaud, caractérisée en ce qu'elle comporte au
moins un cylindre suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3.