[0001] La présente invention concerne un procédé pour fabriquer un rail à haute résistance,
ainsi qu'un dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé. Ce procédé comporte un
traitement thermique du rail dès sa sortie du laminoir, c'est-à-dire dans la chaude
de laminage.
[0002] Par suite de la tendance actuelle à l'accroissement des charges et de la vitesse
des convois ferroviaires, les rails sont soumis à des sollicitations de plus en plus
sévères qui requièrent des niveaux de propriétés toujours plus élevés. A cet égard,
il est particulièrement important que les rails présentent une rectitude aussi parfaite
que possible ainsi que des niveaux élevés de résistance à l'usure, de résistance à
la rupture fragile, de ductilité, de résistance à la fatigue et aux chocs, et de dureté.
Enfin, ils doivent encore présenter une soudabilité satisfaisante.
[0003] D'un point de vue économique, il convient encore de maintenir leur prix à un niveau
raisonnable, notamment en évitant ou en limitant le recours à des éléments d'alliages.
[0004] Les propriétés de résistance précitées sont spécialement importantes dans le bourrelet
du rail, car c'est cette partie,et particulièrement sa zone supérieure, qui est soumise
aux sollicitations les plus élevées, notamment en matière d'usure et de chocs.
[0005] On sait que pour présenter les propriétés requises, le bourrelet du rail doit être
constitué de perlite fine exempte de ferrite proeutectoïde et de martensite et contenant
éventuellement un faible pourcentage de bainite, et qu'il convient en outre que le
gradient de dureté dans le bourrelet soit aussi faible que possible.
[0006] Les aciers utilisés pour la fabrication de rails à haute résistance contiennent généralement
de 0,4 % à 0,85 % de carbone, de 0,4 à 1 % de manganèse et de 0,1 % à 0,4 % de silicium,
le reste étant essentiellement du fer.
[0007] Dans une proposition antérieure qui fait l'objet notamment du brevet belge n
o 899.617, le présent Demandeur a décrit un procédé consistant à régler la longueur
de la rampe de refroidissement, la vitesse de défilement du rail et la densité moyenne
des flux calorifiques appliqués au bourrelet, à l'âme et au patin du rail de telle
façon qu'il ne se forme de martensite en aucun point de la section du bourrelet et
que moins de 60 % de la section du bourrelet aient subi la transformation allotropique
austénite-perlite à la sortie de la rampe de refroidissement.
[0008] Ce procédé permet de produire économiquement des rails bien droits, présentant les
propriétés désirées, en particulier une dureté Brinell de l'ordre de 380, avec des
aciers ayant la composition rappelée plus haut.
[0009] Actuellement, ce niveau de dureté n'est cependant plus suffisant dans tous les cas
et les utilisateurs imposent de plus en plus des duretés Brinell d'environ 400.
[0010] Le procédé précité ne permet pas de répondre à cette nouvelle exigence, car il ne
peut pas assurer un refroidissement suffisant pour atteindre la dureté requise sans
former de la martensite.
[0011] On a alors cherché à augmenter la dureté du bourrelet en ajoutant à l'acier des éléments
d'alliage, par exemple de 0,1 % à 0,5 % de chrome et jusqu'à 1 % de silicium.
[0012] Il est cependant apparu qu'une telle addition ne permettait pas d'atteindre le résultat
désiré, c'est-à-dire une dureté Brinell 400 sans formation de martensite dans le bourrelet,
en appliquant le procédé précité. Pour atteindre ce résultat, il faudrait en effet
simultanément réduire fortement l'intensité du refroidissement jusqu'à un niveau incompatible
avec le procédé et le dispositif du brevet belge précité et accroître dans des proportions
importantes la durée du refroidissement. Celle-ci devrait par exemple être cinq fois
plus longue, ce qui entraînerait soit une diminution correspondante de la vitesse
du rail, soit une augmentation de la longueur de la rampe de refroidissement et par
conséquent de l'encombrement de l'installation et des dépenses d'investissement nécessaires.
[0013] Par ailleurs, il n'est pas souhaitable de réduire fortement la vitesse du rail, car
il en résulterait un séjour trop long de la queue du rail dans l'air et l'apparition
d'un début de transformation allotropique avant le commencement du refroidissement
contrôlé.
[0014] La présente invention propose un procédé permettant de produire des rails à haute
résistance, présentant une dureté Brinell d'environ 400 au moins dans la zone supérieure
du bourrelet, tout en évitant les inconvénients rappelés plus haut.
[0015] Le procédé qui fait l'objet de la présente invention s'applique au rail, immédiatement
après sa sortie du train de laminoir. Il est basé sur une constatation surprenante
faite par le Demandeur, selon laquelle le refroidissement du bourrelet du rail est
influencé dans une mesure appréciable par le régime de refroidissement de l'âme du
rail.
[0016] A cet égard, le Demandeur souhaite préciser ce que l'on entend, dans la pratique,
par l'expression "immédiatement après la sortie du rail du train de laminoir". On
sait que le rail sortant du laminoir présente des extrémités de forme irrégulière
qui doivent être coupées; à cet effet, le rail est envoyé à un poste de sciage à chaud
situé entre la sortie proprement dite du laminoir et l'installation de refroidissement
contrôlé. Pendant cette opération de sciage à chaud, le rail subit inévitablement
un certain refroidissement dans l'air, mais pendant une durée insuffisante pour que
la température du rail baisse au point de provoquer un début de transformation allotropique
dans le rail. C'est après ce refroidissement dans l'air que commence le refroidissement
contrôlé qui fait l'objet de l'invention.
[0017] Au cours de ses recherches en vue d'accroître la dureté du bourrelet du rail, le
Demandeur a constaté avec suprise qu'un refroidissement intensif de l'âme du rail,
combiné au refroidissement propre du bourrelet, pouvait entraîner dans celui-ci l'apparitition
d'une structure perlitique favorable ainsi que l'accroissement désiré de la dureté.
[0018] Dans ces conditions, le procédé pour fabriquer un rail à haute résistance, qui fait
l'objet de la présente invention, dans lequel à sa sortie du laminoir à chaud, on
soumet le rail en défilement continu à un refroidissement contrôlé, à partir d'une
température au moins égale au point de transformation A₃ de l'acier, et on refroidit
ensuite le rail jusqu'à la température ambiante, est essentiellement caractérisé en
ce que le dit refroidissement contrôlé consiste simultanément :
(a) à refroidir le bourrelet du rail jusqu'à une température qui n'est pas inférieure
au point Ms de l'acier constituant le rail et à une vitesse inférieure à la vitesse
critique de trempe dudit acier, de telle façon que le bourrelet acquière une structure
perlitique fine;
(b) à refroidir superficiellement l'âme du rail jusqu'à une température égale ou inférieure
audit point Ms de l'acier et à une vitesse supérieure à la vitesse de refroidissement
du bourrelet, de façon à obtenir dans l'âme du rail une couche superficielle constituée
de martensite et/ou de bainite, ledit refroidissement superficiel de l'âme étant réglé
de telle façon qu'à la fin de ce refroidissement, les parties intérieures de l'âme,
non transformées en martensite et/ou en bainite, conservent une quantité de chaleur
suffisante pour assurer, par conduction, un revenu de la couche superficielle transformée
de l'âme au cours dudit refroidissement final;
(c) et à refroidir le patin du rail avec une vitesse proportionnée à la vitesse de
refroidissement de l'âme, afin d'éviter toute différence de déformation thermique
entre l'âme et le patin du rail, de façon à garantir la rectitude du rail.
[0019] Conformément à la présente invention, le refroidissement final jusqu'à la température
ambiante consiste en un séjour du rail dans l'air calme au cours duquel la couche
superficielle de l'âme subit un revenu sous l'action de la chaleur qu'elle soutire,
par conduction, des parties intérieures de l'âme. Egalement par conduction, celles-ci
extraient de la chaleur du bourrelet, refroidi moins intensément que l'âme. Pendant
ce refroidissement final, les parties intérieures de l'âme se transforment en perlite.
[0020] Ce refroidissement complémentaire du bourrelet, conformément au procédé de l'invention,
permet d'atteindre la dureté désirée de 400 Brinell tout en évitant toute formation
de martensite dans le bourrelet.
[0021] Dans le cadre de la présente invention, les intensités de refroidissement seront
exprimées par la densité moyenne de flux calorifique caractérisant ces refroidissements.
Il s'agit de la quantité de chaleur (Joules) extraite du rail par unité de temps (seconde)
et par unité d'aire (m²) de la surface soumise au refroidissement; elle s'exprime
en MJ/s.m² ou MW/m².
[0022] La présente invention sera mieux comprise et d'autres particularités de celle-ci
apparaîtront à la lecture de la description qui va suivre d'un mode de réalisation
préféré, donné à titre d'exemple avec référence aux dessins annexés dans lesquels
la
- figure 1
- illustre, de façon schématique, les différents refroidissements appliqués simultanément
au rail dans une zone de refroidissement contrôlé, avec indication des structures
résultantes dans l'âme; la
- figure 2
- montre fortement simplifiée, une installation de refroidissement contrôlé de rails
à la sortie du laminoir à chaud; et la
- figure 3
- représente schématiquement le circuit de l'eau de refroidissement dans un dispositif
conforme à la présente invention.
[0023] La figure 1 représente, en coupe transversale, un rail composé d'un bourrelet 1,
d'une âme 2 et d'un patin 3. Au cours du refroidissement contrôlé conforme à l'invention,
les parties constitutives du rail sont soumises à des intensités de refroidissement
respectives φ₁, φ₂ et φ₃, symbolisées par des flèches. La densité moyenne de flux
calorifique du bourrelet, φ₁, assure un refroidissement qui donne lieu à la transformation
perlitique dans le bourrelet 1, sans formation de martensite. Dans l'âme 2, cette
densité moyenne de flux calorifique φ₂ est beaucoup plus élevée que φ₁ et elle donne
lieu à une véritable trempe superficielle de l'âme; il se forme, dans les deux faces
de l'âme 2, des couches superficielles 4 trempées, c'est-à-dire constituées de martensite
et/ou de bainite. Enfin, la densité moyenne de flux calorifique φ₃ dans le patin 3
est proportionnée à φ₂ de façon à éviter toute différence de déformation thermique
entre l'âme et le patin et à assurer ainsi la rectitude du rail pendant et après le
traitement. Le refroidissement énergique de l'âme 2 a pour effet de soutirer de la
chaleur du bourrelet 1 et de contribuer au refroidissement de ce dernier. Cet effet
n'est cependant pas brutal et il n'entraîne pas de formation de martensite dans le
bourrelet. Il permet néanmoins de réduire la densité moyenne de flux calorifique φ₁
et d'adoucir ainsi le refroidissement extérieur du bourrelet.
[0024] Après ce refroidissement différentiel contrôlé, le rail subit un refroidissement
dans l'air calme au cours duquel la chaleur restant dans la partie non trempée de
l'âme 2 assure le revenu des couches superficielles 4.
[0025] La présente invention porte également sur un dispositif pour la mise en oeuvre du
procédé de refroidissement contrôlé qui vient d'être décrit.
[0026] La figure 2 montre, de façon fortement simplifiée, un tel dispositif installé à la
sortie d'un train à rails. Dans le sens du déplacement du rail 5 sortant du laminoir
6, l'installation comprend successivement une scie 7 d'éboutage ou de mise à longueur
du rail, un dispositif 8 de refroidissement contrôlé et un équipement 9 de refroidissement
dans l'air calme. De façon connue en soi, le rail circule en continu, sur un convoyeur
à rouleaux, à travers la scie 7 et le dispositif de refroidissement 8, jusqu'au refroidissoir
9.
[0027] La figure 3 représente schématiquement le dispositif de refroidissement contrôlé
du rail, conforme à l'invention, avec le circuit de l'eau de refroidissement. On a
volontairement omis de représenter les équipements qui ne sont pas essentiels pour
la compréhension de l'invention.
[0028] Autour du rail 5, vu ici en coupe transversale, sont disposées des boîtes de refroidissement
équipées, de façon connue en soi, de gicleurs 10, 11, 12 assurant respectivement le
refroidissement du bourrelet 1, de l'âme 2 et du patin 3 (voir figure 1) du rail.
L'eau de refroidissement du rail est ensuite recueillie dans une cuve 13 à niveau
constant, d'où elle est renvoyée par une pompe 14 vers une vanne mélangeuse 15. Celle-ci
est raccordée à une source d'eau d'appoint non représentée. L'eau est ensuite renvoyée
vers les gicleurs 10, 11, 12 à travers une pompe 16 et un filtre 17. Le dispositif
comprend encore un appareil 18 de mesure de la température de l'eau envoyée aux gicleurs,
et un régulaleur 19 qui, en fonction de la température de l'eau, règle la position
de la vanne mélangeuse 15, afin d'ajuster la quantité d'eau d'appoint à ajouter pour
maintenir la température désirée.
[0029] Dans la figure 3, les canalisations d'eau sont représentées en traits pleins et les
conducteurs électriques sont représentés en traits interrompus.
[0030] Selon l'invention, la température de l'eau de refroidissement est avantageusement
comprise entre 40°C et 70°C.
[0031] Cette modalité, associée à un réglage approprié du débit des gicleurs, permet d'ajuster
la densité moyenne de flux calorifique dans les différentes parties du rail; elle
permet en particulier d'abaisser la valeur de φ₁ au niveau requis pour éviter la formation
de martensite dans le bourrelet.
[0032] Selon l'invention, l'eau de refroidissement circule en circuit fermé. Lorsque cela
est nécessaire, on ajoute une certaine quantité d'eau, à la température ambiante,
par la vanne mélangeuse 15,afin que la température de l'eau mesurée en 18 reste dans
la gamme précitée de 40°C à 70°C. L'excès d'eau éventuel est évacué par un trop-plein
prévu dans la cuve 13.
[0033] Egalement selon l'invention, on augmente le débit d'eau des gicleurs 11 dans la mesure
requise pour compenser la diminution de φ₂ liée à l'utilisation d'eau à température
relativement élevée et ainsi obtenir l'intensité de refroidissement nécessaire pour
assurer le refroidissement superficiel intense de l'âme du rail.
[0034] Le procédé conforme à l'invention permet de produire en continue des rails dont le
bourrelet présente une dureté Brinell de 400, sans aucune altération des autres propriétés
mécaniques ou géométriques mentionnées dans l'introduction de la présente demande.
1. Procédé pour fabriquer un rail à haute résistance dans lequel on soumet le rail en
défilement continu à un refroidissement contrôlé à partir d'une température au moins
égale au point de transformation A₃ de l'acier, immédiatement après sa sortie du laminoir
à chaud, et on refroidit finalement le rail jusqu'à la température ambiante, caractérisé
en ce que ledit refroidissement contrôlé consiste simultanément :
(a) à refroidir le bourrelet du rail jusqu'à une température qui n'est pas inférieure
au point Ms de l'acier constituant le rail et à une vitesse inférieure à la vitesse
critique de trempe dudit acier, de telle façon que le bourrelet acquière une structure
perlitique fine;
(b) à refroidir superficiellement l'âme du rail jusqu'à une température égale ou inférieure
audit point Ms de l'acier et à une vitesse supérieure à la vitesse de refroidissement
du bourrelet, de façon à obtenir dans l'âme du rail une couche superficielle constituée
de martensite et/ou de bainite, ledit refroidissement superficiel de l'âme étant réglé
de telle façon qu'à la fin de ce refroidissement, les parties intérieures de l'âme,
non transformées en martensite et/ou en bainite, conservent une quantité de chaleur
suffisante pour assurer, par conduction, un revenu de la couche superficielle transformée
de l'âme au cours dudit refroidissement final;
(c) et à refroidir le patin du rail avec une vitesse proportionnée à la vitesse de
refroidissement de l'âme afin d'éviter toute différence de déformation thermique entre
l'âme et le patin du rail, de façon à garantir la rectitude du rail.
2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'on réalise le refroidissement
contrôlé différentes parties du rail par projection d'eau sur lesdites parties du
rail.
3. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce que la température de l'eau
de refroidissement est comprise entre 40°C et 70°C.
4. Procédé suivant l'une ou l'autre des revendications 2 et 3, caractérisé en ce que
l'eau de refroidissement circule en circuit fermé.
5. Procédé suivant l'une ou l'autre des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que l'on
mesure la température de l'eau de refroidissement avant sa projection et en ce que
l'on ajuste cette température par l'addition éventuelle d'eau à la température ambiante.
6. Dispositif pour fabriquer un rail à haute résistance par le procédé qui fait l'objet
de la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comporte :
- des moyens de projection d'eau (10, 11, 12) disposés autour du rail (5);
- une cuve (13) à niveau constant, destinée à recueillir l'eau provenant des moyens
de projection (10, 11, 12);
- des moyens (14 ;16) pour prélever l'eau de la cuve (13) et la faire circuler vers
les moyens de projection (10, 11, 12);
- des moyens (15) pour ajouter de l'eau d'appoint à l'eau provenant de la cuve (13);
- un système de régulation de la température de l'eau de refroidissement, comprenant
un appareil de mesure (18) de la température de l'eau avant lesdits moyens de projection
et un régulateur (19) raccordé d'une part à l'appareil de mesure de la température
(18) et d'autre part aux moyens (15) d'addition d'eau d'appoint.
7. Dispositif suivant la revendication 6, caractérisé en ce que la cuve (13), les moyens
(14; 15; 16; 18; 10; 11; 12) sont montés en série et constituent un circuit fermé.
8. Dispositif suivant l'une ou l'autre des revendications 6 et 7, caractérisé en ce que
ledit système de régulation (19) est monté en parallèle entre les moyens (15) d'addition
d'eau d'appoint et les moyens de projection (10, 11, 12).
9. Dispositif suivant l'une ou l'autre des revendications 6 à 8, caractérisé en ce qu'un
filtre (17) est monté en série entre les moyens de circulation (16) et les moyens
de projection de l'eau (10, 11, 12).
1. Method for manufacturing a high-strength rail, in which the rail is subjected under
continuous movement to a controlled cooling from a temperature at least equal to the
A₃ critical point of steel immediately after its exit from the hot-rolling mill, and
the rail is finally cooled to ambient temperature, characterised in that the said
controlled cooling consists simultaneously :
(a) in cooling the head of the rail to a temperature which is not less than the Ms
point of the steel constituting the rail and at a rate which is less than the critical
quenching rate of the said steel in such a manner that the head acquires a fine perlitic
structure;
(b) in surface-cooling the web of the rail to a temperature equal to or less than
the Ms point of the steel and at a rate greater than the rate of cooling of the head
so as to obtain in the web of the rail a surface layer consisting of martensite and/or
bainite, the said surface-cooling of the web being adjusted in such a manner that,
at the end of this cooling, the inner parts of the web, not transformed to martensite
and/or to bainite, retain an amount of heat which is sufficient to ensure, by conduction,
a tempering of the transformed surface layer of the web during the said final cooling;
(c) and in cooling the base of the rail at a rate in proportion to the rate of cooling
of the web in order to prevent any difference in thermal deformation between the web
and the base of the rail, so as to guarantee the straightness of the rail.
2. Method according to Claim 1, characterized in that the controlled cooling of the various
parts of the rail is performed by spraying water on the said parts of the rail.
3. Method according to Claim 2, characterized in that the temperature of the cooling
water is between 40°C and 70°C.
4. Method according to either of Claims 2 or 3, characterized in that the cooling water
circulates in a closed circuit.
5. Method according to any one of Claims 2 to 4, characterized in that the temperature
of the cooling water is measured before it is sprayed, and in that this temperature
is adjusted by the possible addition of water at ambient temperature.
6. Device for manufacturing a high-strength rail by means of the method which forms the
subject of Claim 5, characterised in that it comprises :
- means (10, 11, 12) for spraying water, arranged around the rail (5);
- a vessel (13) with a constant level, intended for collecting the water coming from
the spraying means (10, 11, 12);
- means (14; 16) for drawing off the water from the vessel (13) and causing it to
circulate towards the spraying means (10, 11, 12);
- means (15) for adding reserve water to the water coming from the vessel (13);
- a system for regulating the temperature of the cooling water, comprising an apparatus
(18) for measuring the temperature of the water before the said spraying means and
a regulator (19) connected, on the one hand, to the apparatus (18) for measuring the
temperature and, on the other hand, to means (15) for adding reserve water.
7. Device according to Claim 6, characterized in that the vessel (13), the means (14;
15; 16; 18; 10; 11; 12) are mounted in series and constitute a closed circuit.
8. Device according to either of Claims 6 or 7, characterized in that the said regulation
system (19) is mounted in parallel between the means (15) for adding reserve water
and the spraying means (10, 11, 12).
9. Device according to any one of Claims 6 to 8, characterized in that a filter (17)
is mounted in series between the circulation means (16) and the means (10, 11, 12)
for spraying water.
1. Verfahren zur Herstellung einer hochfesten Schiene, wobei man die Schiene in kontinuierlicher
Bewegung unmittelbar nach Verlassen des Warmwalzwerkes einem kontrollierten Abkühlen,
beginnend bei einer Temperatur, die mindestens so hoch ist wie der Transformationspunkt
A₃ des Stahls, unterzieht und die Schiene schließlich bis auf Umgebungstemperatur
abkühlt, dadurch gekennzeichnet, daß jenes kontrollierte Abkühlen gleichzeitig aus:
(a) Abkühlen des Schienenkopfes auf eine Temperatur, die nicht unterhalb des Ms-Punktes des Stahls liegt, aus dem die Schiene besteht, und mit einer Geschwindigkeit,
die geringer ist als die kritische Abschreckgeschwindigkeit jenes Stahls, so daß der
Schienenkopf eine Perlitfeinstruktur erhält;
(b) oberflächlichem Abkühlen des Schienenstegs auf eine Temperatur, die bei oder unterhalb
des Ms-Punktes des Stahls liegt, und mit einer höheren Geschwindigkeit als der Abkühlungsgeschwindigkeit
des Schienenkopfes, so daß sich in dem Schienensteg eine Oberflächenschicht aus Martensit
und/oder Bainit ausbildet, wobei jenes oberflächliche Abkühlen des Stegs so reguliert
wird, daß die inneren, nicht in Martensit und/oder Bainit umgewandelten Teile des
Stegs am Ende des Abkühlens noch eine genügend große Wärmemenge aufweisen, damit im
Verlauf jenes abschließenden Abkühlens Anlassen der umgewandelten Oberflächenschicht
des Stegs durch Leitung garantiert wird;
(c) sowie Abkühlen des Schienenfußes mit einer der Abkühlungsgeschwindigkeit des Stegs
proportionalen Geschwindigkeit, damit jeglicher Unterschied in thermischer Verformung
zwischen dem Schienensteg und -fuß vermieden wird, so daß die Geradheit der Schiene
gewährleistet ist, besteht.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das kontrollierte Abkühlen
der verschiedenen Teile der Schiene durch Aufsprühen von Wasser auf jene Teile der
Schiene erfolgt.
3. Verfahren nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, daß die Temperatur des Kühlwassers
zwischen 40°C und 70°C liegt.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 2 und 3, dadurch gekennzeichnet, daß das Kühlwasser
in einem geschlossenen Kreislauf umläuft.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 2 bis 4, dadurch gekennzeichnet, daß man die Temperatur
des Kühlwassers vor dessen Aufsprühen mißt, und daß man jene Temperatur gegebenenfalls
durch Zugabe von Wasser auf die Umgebungstemperatur einstellt.
6. Einrichtung zur Herstellung einer hochfesten Schiene nach dem Verfahren nach Anspruch
5, dadurch gekennzeichnet, daß sie:
- um die Schiene (5) herum angebrachte Mittel (10, 11, 12) zum Aufsprühen von Wasser;
- einen Tank (13) mit konstanter Füllhöhe, der das aus den Aufsprühmitteln (10, 11,
12) stammende Wasser aufnehmen soll;
- Mittel (14; 16) zur Entnahme des Wassers aus dem Tank (13) und dessen Umlauf in
Richtung der Aufsprühmittel (10, 11, 12);
- Mittel (15) zur Zugabe von Wasser zum Auffüllen des aus dem Tank (13) stammenden
Wassers und
- ein System zur Temperaturregulierung des Kühlwassers, bestehend aus einem Gerät
(18) zur Messung der Wassertemperatur vor jenen Aufsprühmitteln sowie einem einerseits
mit dem Gerät zur Temperaturmessung (18) und andererseits mit den Mitteln (15) zur
Zugabe des Auffüllwassers verbundenen Regler (19) umfaßt.
7. Einrichtung nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, daß der Tank (13) und die Mittel
(14; 15; 16; 18; 10; 11; 12) hintereinander angeordnet sind und einen geschlossenen
Kreislauf darstellen.
8. Einrichtung nach einem der Ansprüche 6 und 7, dadurch gekennzeichnet, daß jenes Reglersystem
(19) parallel zwischenden Mitteln (15) zur Zugabe des Auffüllwassers und den Aufsprühmitteln
(10, 11, 12) angeordnet ist.
9. Einrichtung nach einem der Ansprüche 6 bis 8, dadurch gekennzeichnet, daß ein Filter
(17) zwischen den Umlaufmitteln (16) und den Mitteln zum Aufsprühen des Wassers (10,
11, 12) zwischengeschaltet ist.