[0001] La présente invention a pour objet un dispositif d'affichage électroluminescent utilisant
du silicium amorphe hydrogéné et carboné.
[0002] Bien que le dispositif de l'invention ne soit pas nécessairement à effet mémoire,
comme on le comprendra mieux par la suite, c'est tout de même cette propriété qui
est le plus souvent recherchée dans la pratique. On peut donc rappeler brièvement
en quoi elle consiste. On dit qu'un dispositif d'affichage est à effet mémoire si
sa caractéristique électro-optique (courbe luminance-tension) présente un hytérésis.
Pour une même tension située à l'intérieur de la boucle d'hystérésis, le dispositif
pourra ainsi avoir deux états stables : éteint ou allumé. Les écrans à plasma et à
excitation alternative présentent une telle caractéristique de bistabilité, qui est
aujourd'hui couramment exploitée.
[0003] Les avantages d'un affichage à effet mémoire sont appréciables : pour afficher une
image fixe, il suffit d'appliquer simultanément et continûment à tout l'écran une
tension dite d'entretien. Cette dernière peut être un signal sinusoïdal ou en forme
de créneaux par exemple. Mais surtout, la forme et la fréquence de ce signal d'entretien
peuvent être choisies indépendamment de la complexité de l'écran, notamment du nombre
de lignes de points d'affichage. Il n'y a donc en principe pas de limite à la complexité
d'un écran d'affichage à effet mémoire. Ainsi, on trouve sur le marché des écrans
à plasma et à excitation alternative de 1200×1200 pixels.
[0004] Par ailleurs, la technologie de l'affichage par élctroluminescence en couches minces
et à couplage capacitif (en abrégé ACTFEL) est maintenant parvenue pratiquement à
maturité sur le plan industriel. On peut doter cette technologie d'un effet mémoire
dit inhérent mais au prix d'une dégradation sensible des performances électro-optiques.
Une méthode plus attrayante consiste à connecter une structure photoconductrice (PC)
en série avec une structure électroluminescente (EL) et à coupler optiquement ces
deux structures.
[0005] Un tel dispositif est décrit par exemple dans l'article de A.H. KITAI et G.J. WOLGA
intitulé "Hysteretic Thin Film EL Devices Utilizing Optical Coupling of EL Output
to a Series Photoconductor" publié dans les Comptes Rendus de la Conférence SID 84,
pages 255, 256.
[0006] On peut ainsi produire un effet mémoire de type extrinsèque que l'on appellera effet
mémoire PC-EL- dont le principe est le suivant. Quand le dispositif est dans l'état
éteint, le photoconducteur est peu conducteur et retient une partie importante de
la tension V appliquée à l'ensemble. Si l'on augmente V jusqu'à une valeur Von telle
que la tension présente aux bornes de la couche électroluminescente excède le seuil
d'électroluminescence, le dispositif PC-EL bascule dans l'état allumé. Le photoconducteur
est alors éclairé par la structure électroluminescente et passe à l'état conducteur.
La tension à ses bornes chute et il en résulte une augmentation de la tension disponible
pour la structure électroluminescente. Pour éteindre un dispositif PC-EL, il suffit
de diminuer la tension totale V jusqu'à une valeur Voff inférieure à Von : on obtient
ainsi une caractéristique luminance-tension comportant un hystérésis.
[0007] Une nouvelle structure PC-EL a été décrite récemment dans le document FR-A-2 574
972 et dans l'article des inventeurs intitulé "Monolithic AC-EL Photoconductor Thin
Film Structure with Extrinsic Memory by Optical Coupling" et publié dans les Comptes
rendus de l'International Display Research Conference de 1985, pages 177-181.
[0008] Cette structure est illustrée sur la figure 1. Elle comprend un substrat de verre
10 sur lequel est déposée une électrode 12, par exemple en ITO (oxyde d'étain et d'indium),
une première couche diélectrique 14, une couche électroluminescente 16, par exemple
en ZnS:Mn, une seconde couche diélectrique 18, une couche photoconductrice 20 constituée
d'un empilement de couches n⁺-n-n⁺, en silicium amorphe hydrogéné a-Si:H et enfin
une électrode 22, par exemple en aluminium. Les électrodes 12 et 24 sont reliées à
une source de tension 24. Dans cette réalisation les couches PC et EL sont des couches
minces, dont l'épaisseur est de l'ordre du micron. On rappelle que les couches n⁺,
fortement dopées n et de très faible épaisseur (20 nm typiquement) ont pour rôle de
permettre une injection électronique quasi-ohmique dans la couche n dite intrinsèque.
Pourvu que cette injection quasi-ohmique soit obtenue, ce sont les caractéristiques
électriques et photoconductrices de la couche intrinsèque qui déterminent en premier
lieu le comportement de l'empilement n⁺-n-n⁺, appelé ici "couche photoconductrice",
et les caractéristiques de mémoire du dispositif PCEL.
[0009] Une telle structure est simple à réaliser car elle ne nécessite pas d'écran optique
ni d'étapes de gravure supplémentaires. Par ailleurs, le comportement courant-tension
du photoconducteur en couche mince dans l'obscurité est fortement non-linéaire et
reproductible. Les conséquences bénéfiques en sont que l'allumage électrique du dispositif
est toujours aisé, que l'hystérésis ne dépend que faiblement de la fréquence d'excitation
et que la reproductibilité de la marge d'hystérésis d'une fabrication à l'autre est
garantie.
[0010] A la suite de ces premiers résultats encourageants, les inventeurs ont poursuivi
leurs travaux pour mieux saisir les phénomènes mis en jeu dans de telles structures
et pour mieux définir les contraintes imposées par la structure PC-EL. Ils ont pu
ainsi énoncer clairement les conditions à satisfaire pour obtenir un dispositif performant
:
1) - Il est préférable que la couche photoconductrice soit le plus mince possible
(épaisseur inférieure à 2 µm) de manière à limiter les perturbations qu'elle risque
de produire sur la structure électroluminescente sur laquelle elle est déposée. Ces
perturbations consistent par exemple en contraintes mécaniques pouvant induire un
décollement des couches ou en une mauvaise cicatrisation des claquages électriques
intervenant dans la structure électroluminescente.
2) - Le fait que la couche photoconductrice doive supporter, dans l'état éteint, une
tension de 30 à 50 Volts appliquée perpendiculairement au plan des couches, associé
à la contrainte évoquée ci-avant d'une épaisseur faible, impose à la couche photoconductrice
de pouvoir supporter des champs électriques pouvant aller jusqu'à 10⁶ V/cm. Le matériau
doit donc être d'une résistivité élevée.
3) - Il convient de fixer la photoconductivité à une valeur suffisamment faible pour
annuler pratiquement toute influence de la lumière ambiante sur le fonctionnement
du dispositif PC-EL en tirant parti au mieux de l'écart important entre le niveau
d'éclairement ambiant (inférieur à 1000 lux typiquement) et celui qui est engendré
par la couche électroluminescente (de l'ordre de 20000 lux typiquement).
4) - Les mécanismes gouvernant la conduction dans a-Si:H, posent également certains
problèmes. Des études théoriques ont été publiées sur ce sujet où il apparaît que
le mécanisme de conduction dans des structures n⁺-n-n⁺ en a-Si:H est du type "conduction
limitée par la charge d'espace" ou SCLC en abrégé (pour Space Charge Limited Conduction).
Cela signifie que la conduction dans la couche n dépend bien sûr de la résistivité
R de la couche en régime ohmique, mais aussi et surtout de la charge d'espace distribuée
dans toute la profondeur de la couche. Dans un article de I. Solomon et al, intitulé
"Space-Charge-Limited Conduction for the determination of the midgap density of states
in amorphous silicon : Theory and Experiment" publié dans "The American Physical Society",
vol. 6, No6, pp.3422-3429, les auteurs ont défini un modèle théorique précis pour le comportement
courant-tension (I-V) d'une structure n⁺-n-n⁺ en régime de quasi-équilibre (tension
appliquée continue). Ils ont aussi déterminé l'influence de la résistivité R et de
la densité d'états au quasi-niveau de Fermi appelée (DOS) de la couche n sur la courbe
I-V. La formule suivante permet de rendre compte approximativement de cette dépendance
:

où L est l'épaisseur de la couche n, g(EF) la DOS au quasi-niveau de Fermi et ª une constante.
De ces résultats théoriques (qui, il faut le souligner, ne concernent en rien
l'application aux dispositifs PC-EL), les inventeurs ont déduit que, pour un courant
de conduction donné (cas du fonctionnement du PC dans une structure PC-EL à l'état
éteint), la tension aux bornes de la structure n⁺-n-n⁺ est pratiquement proportionnelle
à la DOS, d'une part, et au logarithme de la résistivité d'autre part.
5) - Les inventeurs se sont également penchés sur la question du spectre de sensibilité
d'un matériau photoconducteur. Ce spectre est directement lié à la largeur de la bande
interdite du matériau utilisé et son intensité dépend des caractéristiques des centres
de recombinaison des paires électrons-trous engendrées par photo-excitation (profondeur
en énergie, section efficace de capture, temps de dépiégeage, etc.). Pour un effet
mémoire PC-EL optimal, il serait souhaitable d'adapter le spectre du photoconducteur
à celui de la structure électroluminescente, de manière à améliorer le couplage optique
entre les couches EL et PC. Mais dans un système utilisant a-Si:H, il n'y a aucune
possibilité d'effectuer cette adaptation.
[0011] En résumé, les inventeurs, s'appuyant tant sur leurs travaux personnels que sur certaines
études théoriques effectuées sur a-Si:H, ont pu poser clairement certains problèmes
rencontrés pour les dispositifs électroluminescents à photoconducteur. Le choix du
matériau photoconducteur devrait permettre de commander à des valeurs appropriées
:
- la résistivité,
- la densité d'états au quasi-niveau de Fermi,
- la photoconductivité,
- le spectre de la couche photoconductrice.
[0012] Or, les matériaux conventionnels comme CdS ou CdSe ou a-Si:H ne peuvent pas satisfaire
à toutes ces conditions de manière reproductible, n'étant intrinsèquement pas suffisamment
résistif et trop photoconducteur en général. Pour réaliser la structure PC-EL décrite
dans la dernière référence par exemple, les inventeurs avaient dû déposer la couche
de a-Si:H sur un substrat maintenu à une température relativement élevée : entre 350°
et 400°C. Mais alors la reproductibilité de caractéristiques comme la densité d'états
et la résistivité, posait des problèmes considérables, du fait de la très forte dépendance
de celles-ci vis-à-vis de la température de dépôt dans cette gamme.
[0013] Ayant pu poser ainsi clairement le problème, les inventeurs ont trouvé un matériau
qui permet de remplir toutes (ou tout au moins un grand nombre de) ces conditions.
Ce matériau est le silicium amorphe hydrogéné et carboné dont la formule est a-Si
xC
1-x:H.
[0014] De façon plus précise, l'invention a pour objet un dispositif d'affichage électroluminescent
comprenant, sur un support isolant une couche électroluminescente et une couche photoconductrice,
ces couches étant empilées l'une sur l'autre, l'ensemble de ces deux couches étant
intercalé entre deux systèmes d'électrodes connectées à une source de tension électrique
permettant l'excitation de certaines zones de la couche électroluminescente, ce dispositif
étant caractérisé par le fait que la couche photoconductrice est en silicium amorphe
hydrogéné et carboné a-Si
xC
1-x:H
[0015] Plus précisément, la couche photoconductrice sera constituée d'une couche intrinsèque
n de silicium amorphe hydrogéné et carboné a-Si
xC
1-x:H, insérée éventuellement entre deux couches n⁺ d'injection quasi-ohmique, aussi
en silicium amorphe hydrogéné et carboné a-Si
yC
1-y:H.
[0016] De toute façon, l'invention sera mieux comprise à la lumière de la description qui
va suivre, faite en référence à des dessins annexés sur lesquels :
- la figure 1, déjà décrite, représente une coupe d'un dispositif d'affichage électroluminescent
à couche photoconductrice,
- la figure 2 est une courbe montrant les variations de l'indice de réfraction de
la couche photoconductrice en fonction de la concentration en méthane dans le mélange
gazeux utilisé pour déposer a-SixC1-x:H,
- la figure 3 représente la variation du spectre de cette même couche en fonction
de cette même concentration.
[0017] La photoconductivité chute aux courtes longueurs d'onde (énergies élevées) du fait
de l'absorption du rayonnement dans le matériau. Une caractéristique du spectre de
photoconductivité du a-Six C
1-x:H est l'énergie E₀₄ (en eV) à laquelle le coefficient d'absorption α vaut 10⁴cm⁻¹.
C'est cette énergie qui est représentée sur la figure 3.
[0018] Selon l'invention, 1-x est de préférence compris entre 0,05 et 0,50. Autrement dit,
la concentration en carbone [C]/[C]+[Si] est comprise entre 5% et 50%.
[0019] Le choix plus précis de 1-x dans cette plage dépend des buts poursuivis et des applications
envisagées. On peut définir 4 plages différentes, comprises dans la fourchette 0,05-0,50
:
1. Si 1-x est augmenté de 0 à 0,35, la DOS et R augmentent, avec un optimum situé
autour de 0,10.
2. Si 1-x est augmenté de 0,10 à 0,35, la photoconductivité diminue ; un optimum peut
être défini en fonction du point précédent.
3. Si 1-x est augmenté de 0 à 0,50, le spectre de sensibilité de la photoconductivité
se déplace :E₀₄ va de 1,9 à 2,7 eV.
4. Si 1-x est augmenté de 0 à 0,40, l'indice de réfraction diminue de 3,6 à environ
2,0.
[0020] On comprend qu'on possède ainsi, selon l'invention, un degré de liberté supplémentaire
(la concentration en carbone) pour ajuster certaines caractéristiques, ce que ne permettrait
pas le a-Si:H.
[0021] A titre d'exemple, en prenant 1-x=0,10, les inventeurs ont obtenu de manière reproductible
une conductivité dans l'obscurité située dans la gamme allant de 10⁻¹¹ à 10⁻¹⁰Ω⁻¹cm⁻¹
et une DOS située dans la gamme allant de 30 à 40.10¹⁶ eV⁻¹cm⁻³. Ces caractéristiques
ont permis l'obtention de marges d'hystérésis supérieures à 25V à 1kHz de fréquence
d'excitation.
[0022] En ce qui concerne l'adaptation du spectre du photoconducteur, on sait que les longueurs
d'onde d'émission utilisées pour l'affichage polychrome vont d'environ 450 nm pour
le bleu à environ 640 nm pour le rouge. On peut obtenir une adaptation à de tels spectres
en prenant 1-x égal respectivement à 0,50 pour le bleu et 0,05 pour le rouge.
[0023] Outre l'effet mémoire qu'elle procure dans un dispositif PC-EL, la couche photoconductrice
peut donner à une structure électroluminescente un contraste d'affichage excellent
en raison de l'effet de "couche noire" qui l'accompagne. La couche photoconductrice
masque en effet les électrodes arrière en aluminium, absorbe la lumière ambiante et
empêche la réflexion de celle-ci sur les électrodes. Une application de l'invention
est donc la réalisation de dispositifs d'affichage électroluminescent à contraste
élevé, sans effet mémoire.
[0024] Le principe de l'utilisation d'une couche absorbante est naturellement connu. Il
est décrit par exemple dans la publication des inventeurs citée plus haut, ainsi que
dans le brevet américain US-A-3,560,784. Mais dans ces documents antérieurs, la "couche
noire" est tantôt du a-Si:H, tantôt un diélectrique, autrement dit des corps de composition,
donc de propriété, donnée. On ne peut donc pas jouer librement sur les propriétés
optiques de ces corps. Dans l'invention, on peut fixer l'indice de réfraction dans
une gamme étendue (2,0 à 3,6) en agissant sur 1-x et adapter optiquement la couche
noire aux autres couches, par exemple à la couche diélectrique qui la jouxte et qui
peut être du Ta₂O₅ d'indice 2,1 ou à la couche électroluminescente, qui peut être
du ZnS d'indice 2,35. On minimise ainsi les réflexions de la lumière ambiante par
le dioptre couche photoconductrice -couche sous-jacente (isolant ou couche électroluminescente).
[0025] Pour ce qui concerne les couches n⁺, l'incorporation de C a certains avantages spécifiques
que l'on décrit ci-après.
[0026] Le dopage d'une couche de a-Si:H au phosphore (P) permet d'augmenter très sensiblement
la densité des porteurs libres : jusqu'à 10¹⁸-10¹⁹ cm⁻³. C'est cette densité élevée
de porteurs libres qui assure une injection électronique quasi-ohmique dans la couche
intrinsèque. Cependant, la conductivité ohmique de telles couches n⁺ est si élevée
(10⁻² à 10⁻³Ω⁻¹.cm⁻¹) qu'elle provoque des phénomènes de conduction latérale parasites
dans les écrans PCEL matriciels. L'incorporation de C dans la couche n⁺ permet d'en
diminuer significativement la conductivité sans modifier sensiblement la densité de
porteurs libres. Ainsi, par exemple, avec un mélange de 50% [SiH₄]-50% [CH₄] (teneur
y en C dans la couche de ≃ 0,14), on réduit la conductivité ohmique de la couche n⁺
dopée P à 10⁻⁵-10⁻⁶Ω⁻¹.cm⁻¹ typiquement et les effets électriques parasites dans les
écrans PCEL matriciels disparaissent.
[0027] En résumé, l'incorporation de carbone dans le a-Si:H a des effets positifs importants
à la fois pour la couche intrinsèque n et pour les couches n⁺ éventuellement introduites
dans la structure photoconductrice.
[0028] Pour ce qui est des conditions pratiques à utiliser pour mettre en oeuvre l'invention,
on peut se référer à deux articles : le premier de M.P. SCHMIDT et al intitulé "Physics
of Low Density-Of-States a-Si
1-xC
x films" publié dans Journal of Non-Crystalline Solids 77 and 78, pp. 849-852 ; le
second de M.P. SCHMIDT et al intitulé "Influence of Carbon incorporation in amorphous
hydrogenated silicon" publié dans "Philosophical Magazine" B, 1985, vol 51, n
o6, pp. 581-589.
[0029] Dans la technique décrite dans ces documents, les couches de silicium amorphe hydrogéné
et carboné sont déposées par décharge luminescente ("glow discharge") à partir d'un
mélange de silane (SiH₄) et de méthane (CH₄). Lorsque la teneur du mélange en CH₄
varie dans une gamme allant de 0 à 60%, la teneur en carbone 1-x dans la couche déposée
varie de 0 à 0,2. En faisant varier la teneur en CH₄ du mélange gazeux, on obtient,
de manière reproductible, des valeurs de conductivité dans le noir et de DOS s'étendant
sur des gammes aussi étendues que 10⁻⁶-10⁻¹³ (Ωcm)⁻¹ pour la conductivité et 2.10¹⁵-10¹⁸
cm⁻³eV⁻¹ pour la DOS. C'est grâce à cette propriété que les inventeurs ont pu, en
choisissant une teneur de 35% en CH₄ obtenir une valeur d'environ 0,10 pour 1-x et
obtenir de manière reproductible une conductivité de la couche photoconductrie de
10⁻¹⁰ Ω⁻¹cm⁻¹ et une DOS d'environ 4.10¹⁷ eV⁻¹cm⁻³. Dans des travaux récents, la gamme
d'étude de la concentration en CH₄ dans le mélange gazeux SiH4-CH4 a été étendue
à 95% et il a été possible d'obtenir par cette méthode des valeurs de 1-x supérieures
à 0,5 donc dépassant les exigences de l'invention.
[0030] Les figures 2 et 3 permettent de mieux préciser les conditions expérimentales à mettre
en oeuvre pour obtenir certaines performances. Sur ces figures, l'axe des abscisses
correspond à la concentration C de méthane à utiliser dans le mélange gazeux méthane-silane.
Autrement dit C=[CH4]/[CH4]+[SiH4].
[0031] L'axe des ordonnées correspond à l'indice de réfraction n sur la figure 2 et à l'énergie
E04 de la bande d'absorption du photoconducteur exprimée en électrons-volts sur la
figure 3.
[0032] Ces courbes correspondent à une température du substrat comprise entre 250 et 290°C.
[0033] Naturellement, l'ajustement de 1-x pour optimiser la DOS, la résistivité, la photoconductivité,
le spectre, l'indice, etc. n'exclut en aucune manière le réglage des conditions opératoires
de dépôt (température du substrat, puissance du plasma, etc.). Ce réglage permet de
parfaire les effets de la présence de carbone, ou au contraire, de compenser cette
action. C'est le cas par exemple lorsqu'on a choisi 1-x pour ajuster le spectre de
photoconductivité et/ou l'indice et qu'on veut corriger en plus la DOS, la résistivité
et la photoconductivité qui résultent de ce choix.
[0034] L'action sur 1-x peut donc avantageusement être combinée aux ajustements classiques
sur les conditions opératoires pour satisfaire simultanément à toutes les conditions
énoncées plus haut.
[0035] Les couches n⁺ de a-Si
1-yC
y:H seront obtenues par exemple en ajoutant au mélange de [SiH₄]-[CH₄] une concentration
adéquate de [PH₃] (0,5% typiquement).
[0036] L'invention est applicable à tout type de structure électroluminescente en couches
minces ou à base de poudre, et à excitation continue ou alternative, ceci bien que
l'exemple décrit concerne l'électroluminescence en couches minces à excitation alternative.
1. Dispositif d'affichage électroluminescent comprenant, sur un support isolant (10)
une couche électroluminescente (16) et une couche photoconductrice (20), ces couches
étant empilées l'une sur l'autre, l'ensemble de ces deux couches étant intercalé entre
deux systèmes d'électrodes (12, 22) connectées à une source de tension électrique
(24) permettant l'excitation de certaines zones de la couche électroluminescente,
ce dispositif étant caractérisé par le fait que la couche photoconductrice est en
silicium amorphe hydrogéné et carboné a-SixC1-x:H
2. Dispositif d'affichage selon la revendication 1, caratérisé par le fait que 1-x
est compris entre 0,05 et 0,50.
3. Dispositif d'affichage selon la revendication 1, caractérisé par le fait que 1-x
est compris entre 0,10 et 0,35.
4. Dispositif d'affichage selon la revendication 3, caractérisé par le fait que la
couche photoconductrice a une épaisseur inférieure à 2 microns, et que le dispositif
est doté de l'effet mémoire de type PC-EL.
5. Dispositif d'affichage selon la revendication 1, caractérisé par le fait que 1-x
est choisi dans l'une des plages suivantes : 0,05-0,15 / 0,10-0,35 et 0,25-0,50, le
spectre de sensibilité de la couche photoconductrice étant alors adapté au spectre
de la lumière émise par la couche électroluminescente, ce spectre correspondant à
l'une des trois couleurs primaires rouge, vert, bleu respectivement et l'effet mémoire
PC-EL pouvant alors être produit dans chaque couleur.
6. Dispositif d'affichage selon la revendication 1, caractérisé par le fait que 1-x
est compris entre 0,20 et 0,50.
7. Dispositif selon la revendication 6, caractérisé par le fait que 1-x est choisi
en outre pour que la résistivité de la couche photoconductrice soit supérieure à 10¹¹
Ω.cm, que la photoconductivité de cette couche soit pratiquement nulle et que son
indice de réfraction soit inférieur à 3, la couche photoconductrice jouant alors le
rôle de couche absorbante permettant un affichage à contraste élevé.